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rilSTORIQUE EX THEORIQUE
X
ES COMETE
Par M. PiNQRÉ, Chanoine Régulier if Bibliothécaire de Sainte-
Geneviève, Chancelier de rUniverfité de Paris ,
de l'Académie Royale des Sciences,
Tome Premier.
A P
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DE L^I M p R I M E RIE RO Y A L E,
M. DCCLXXXIIL
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I N T R O D U C T 10
à VHifloire des Comètes*
J-JES mouvemcns des Planètes du premier ordre avoient
été continuellement obfervés depuis la naifTance de Y Kx-
tronomie ; on avoit découvert dans le dernier fiècle , &
on avoit obfèrvé depuis , les Planètes du fécond ordre ;
Copernic, Kepler, Newton avoient élevé, comme par
parties , l'édifice d'un fyflème général fondé fur les prin-
cipes les plus fimples &: les plus folides ; les phénomènes
les plus furprenans venoient comme d'eux-mêmes iè
ranger à la fuite àc et iyllème ; la Géométrie concouroit
avec TAflronomie pour fonder les myftères de la Nature
ies plus nobles & les plus cachés. Qui n'eut penfé que
l'Aflronomie alloit bientôt atteindre au point de perfec-
tion dont elle efl fufceptible ! Hélas , pouvons-nous dire
au contraire, qu'elle en efl encore éloignée! -que le
nombre des Planètes que nous connoiffons efl petit en
comparaifon du nombre de celles dont nous ignorons les
mouvemens î & combien s'écoulera-t-il de fiècles avant
que l'homme ait acquis , avant qu'il ait perfeélionné cette
connoiiTance ! Les Comètes admirées autrefois comme
des corps nouvellement formés, reléguées par l'igno-
rance dans la clafïe des météores, regardées avec effroi
par la fuperflition , comme f-gnes de la colère célelle ,
comme avant - coureurs des plus affreux défaflres ; les
a 7/
IJb. vil,
Qu. nat. c. I.
Ihld, c. 2. ''
iv Introduction.
Comètes, dis -je, font enfin généralement reconnues
pour être des Aflres auffi anciens que le monde : ce font
autant d'anneaux de la chaîne qui unit toutes les parties
de ce vafte Univers : c'eil une nouvelle branche de
l' Aflronomie , dont pre/que tous les rameaux échappent
encore à nos regards. Peut -il être un objet plus digne
de notre curiofité ! « Non, en vérité, difbit autrefois
Sénèque, je ne connois pas de recherche plus noble,
de fcience plus utile que ctWç, qui fe propofe la connoiA
fànce des Aflres pour objet; mais, ajoutoit-il, pour
perfectionner cette fcience , n^efl-il pas à propos d'exa-
miner fi la nature des Comètes diffère de celle des autres
corps céleflesî fi nous réfléchiffons fur leurs mouvemens,
fur les viciffitudes de leur lever & de leur coucher, fur
leur lumière & leur éclat, nous ferons frappés de l'ana-
logie que nous apercevrons entr'elles & ces autres corps.
Il efl au refte néceffaire d'avoir une hidoire exa6le des
Comètes qui ont paru autrefois ; car enfin (c'eft toujours
Sénèque qui parle) la rareté de leurs apparitions ne nous
permet pas de décider fi leurs mouvemens font réglés ;
nous ignorons fi décrivant des orbites confiantes , elles
doivent reparoître dans des temps périodiques 6l déter-
minés. » Nous ne doutons plus maintenant de cette
vérité. Une Comète a reparu au temps précis que TAf-
îronomie & la Géométrie avoient déterminé pour fon
retour. La conféquence paroît naturelle : les Comètes
font de même nature que les Planètes. Nous n'en con-
noifiTons encore qu'une feule , ou deux tout au plus :
Introduction. t
nous entrevoyons feulement 1 orbite de quelques autres:
ie temps, les obfervations , l'application , le calcul met^
iront nos fuccelTeurs en état de faire de plus grands
progrès dans cette vaile carrière. C'efl principalement
dans la vue de faciliter leurs fuccès> que j'ai entrepris cet
ouvrage. Halley n'annonça d'abord que comme en trem-
blant, le retour de la Comète de 1 682. Il avoit cependant
calculé la route des Comètes de i j 3 i & de 1 607 : cette
route refiembloit afTez à celle de la Comète de 1682,
pour que l'on pût prononcer avec afTurance que ces trois
Comètes ne différoient point entr'elles, ou plutôt que
ce n'étoient point trois Comètes , mais trois apparitions
d'une feule & même Comète. Mais Halley craignoit de
s'avancer trop : la première période de 1531a i 607,
avoit été d'un an plus longue que celle de 1(^0-7 à 1682.
Halley feuilleté les annales des Comètes ; il y lit que les
années 1456, 1380, 130J ont été marquées par des
apparitions de Comètes. Les obfervations , il efl vrai, iè
refufènt au calcul ; mais le peu que Ton fait des Comètes
de 1456 <5l de 1305, s'accorde fort bien avec la théorie
de la Comète de 1682. Halley fe raffure, il ne doute
plus que ce ne foit la même Comète, dont les révo-
lutions ont été alternativement de foixante-quinze & de
foixante-feize ans : il devine même, au moins en partie,
îa caufe de cette différence dans les temps périodiques;
il conclut que la nouvelle révolution , commencée en
11682, durera plus de foixante-feize ans : fà conjedure
efl appuyée par les calculs d'un habile Géomètre , &
Yj Introduction.
confirmée par révènement. Nicolas Striiyck , favantPro-
feiïeur de Mathématiques en Hoilande, de la Société
royale de Londres , & Correspondant de l'Académie des
Sciences de Paris, a donné en 1740, en hollandois,
une hiiloire générale des Comètes , bien plus exa6le que
toutes celles qui avoient paru jufqu'alors ; il a cm y dé-
couvrir plufieurs retours de Comètes , & û fès conjeélures
n'ont pas le même degré de certitude que les prédirions
de Halley, il faut au moins reconnoître qu'elles ne font
pas deflituées de toute vraifemblance.
Une connoiffance générale des Comètes ne peut être
que d'une extrême utilité. Je ne dirai point qu'il y a
€u telle Comète qui parcourpit en un jour dans le ciel
40 degrés d'un grand cercle de la fphère , & qui nous
ofFroit en conféquence le moyen le plus fur & le plus
facile de déterminer les longitudes terreftres : la rareté
de ces occafions doit néceffairement en diminuer le prix.
Mais fuppofons le cours de toutes les Comètes parfai-
tement connu ; qu'une d'entr'elies pafTe à une diftance
de la Terre beaucoup moindre que celle de Mars & de
Vénus périgées ; l'cbièrvation exaéle de fà parallaxe fera
connoître celle du Soleil , & par conféquent la diftance du
Soleil à la Terre , & les diilances refpeélives de toutes les
Planètes , avec plus de précifion qu'on n'en peut attendre
des obfervations réitérées de Mars & de Venus faj» La
(a) Ceci fuppofe que le noyau de la Comète fera allez net , afîez
exaclenjent déterminé, pour qu'on puiiTe obfèrver Tes paflages avec
une prccifioa ruffifante^
Introduction. \ïj
Chronologie fera ftns doute auffi perfecSlionnée par une
Cométographie exade. Quels fecours ne retire-t-elle
pas des éclipfes du Soleil & de laXune! les retours
périodiques des Comètes bien déterminés lui promettent
les mêmes avantages. Je fais que les obfervations des
Comètes avant le feizième fiècle, font marquées au fceau
de la négligence la plus impardonnable ; cependant elles
luffifènt fouvent pour reconnoître les Comètes. Je trouve
dans les hiftoriens flj, qu'en 1456 à la fin de Mai & au
commencement de Juin , il parut une Comète ; que le
6 Juin elle étoit vers le pied de Perfée , qu'elle s'avança
enfiiite, contre l'ordre des figues, vers la tête de Médufè ;
qu'elle paroiflbit alors le foir après le coucher du Soleil ;
qu'elle parut eniuite le matin avant fon lever; qu'enfin
on ceflà de la voir vers la fin de Juin : cette defcription
eft plus que fiifiifante pour me faire reconnoître la
Comète de 1759, qui pafla en fon périhélie vers le S
Juin. Si les Chronologiftes font partagés fur l'année de
l'apparition, je calcule la période félon la méthode de
Clairaut ; le réfultat eft que la Comète a du paroître en
l'année 1456, & que par conféquent c'eft à l'année 1456
qu'il faut rapporter tous les évènemens, qui, félon le
témoignage des Hiftoriens, ont immédiatement précédé
Sl fuivi l'apparition de cette Comète.
Lorfqu'une Comète paroît, l'efTentiel ejfl de hiem
obferver fon cours apparent ; de ce cours apparent on
{bj Voyei ces Auteurs cités dans ia féconde partie^ fur i'an i^jd.
'i^ i^ ^ n é B ù cf^ 'fo'-^.
èBîicfdt: le célâfs 'reëT, mais dànâ'Xitfe^bfbite fiaràbolique.
Si ce cdûh réel efl le mênie que celtii de quelque
Comète pré eééfemrïierït otfervée , on prononee avec
confiance qtîe Ces deux Comètes n'eîi font ^qu'une feule :
ie temps de j^ révolution périodique efl connu : on con-
hoît donc le demi -grand axe de fbn orbite , & en
combinant ces connoifTances avec les obfervations , on
peut découvrir, par le calcul, la grandeur, la pofition^
en un mot tous les élémens de Tellip/è que décrit la
Comète. Ce fécond calcul donnera des réfultats bien
plus conformes aux obfervations , que ne pouvoient être
ceux qu'on avoit déduits de Thypothèfe d'une orbite
parabolique. Il' y â eu même des Géomètres qui. fe font
perfuadés que les obforvations feules fuffifoient pour dé-
terminer la nature dé la courbe que les Comètes décri-
vent, fans qu'il fût néceffaire de connoître le temps
périodique dé iêûr révolution: leurs méthodes, bonnes
dans la théorie, pâToifîènt bien délicates dans Texécution,
i'erreur'd'un petit nombre de fécondes dans fobferva-
tion, pouvant en occafionner une de plufieurs fiècles
dans le temps de la révolution.
Lorfqu'on attend une Comète, & qu'il en paroît une,
l'impatience nous faifit naturellement ; on voudroit déjà
fa voir fi la Comète qui paroît efl la même que la Comète
attendue. Une feule obfèrvation ou deux tout au plus,
fuffifent pour s'en affurer; le calcul n'en efl ni bien
long, ni difficile.
Une Comète a paru ; on a calculé fa route dans une
orbite
Introduction. îx
orbite parabolique : fes élémens fe trouvent les mêmes
que ceux d'une Comète antérieurement obfervée. Quel
abîme de calculs , s'il faut fur nouveaux frais déterminer
fes mouvemens dans l'elîipfe ! Non , cela n'eft pas né-
ceflaire, on peut, à beaucoup moins de frais, réduire à
i'ellipfe , les calculs antérieurement faits pour la parabole.
Tels font les principaux objets que je me propofè
dans cet Ouvrage ; l'hifloire des Comètes & la théorie
des calculs néceffaires pour déterminer leurs orbites. J'ai
cru qu'on me fauroit gré de commencer l'hifloire des
Comètes par l'hifloire des opinions des Philofophes fur
îa nature de ces Aflres. Cette partie peut avoir fon
utilité : on conviendra du moins qu'elle ne fera pas M
moins curieufe de cette Cométographie ; on y verra
jufqu'où les préjugés d'une fauffe philofophie peuvent
égarer l'efprit humain : des étincelles de vérité fè feront
remarquer au travers des ténèbres trop permanentes de
i'erreur ; la vérité même paroîtra enfin , cWq fe manifef-
tera comme par degrés, & les aiïàuts qu'on lui livrera,
ne ferviront qu'à rendre fon triomphe plus éclatant.
Cet Ouvrage fera divifé en quatre parties.
Dans la première j'expofèrai les progrès des connoiA
fances humaines fur le lieu & la nature des Comètes.
La féconde renfermera l'hifloire de toutes les Comètes
dont on trouve quelque mention dans les Écrits des
Hiftoriens ou des Philofophes.
Dans la troifième je traiterai des diverfès queflions
relatives aux Comètes, comme de leur retour, des effets
Tome L b
X Introduction.
qu'elles peuvent produire fur les Planètes, Je leur dd-
tination ; enfin des phénomènes & de la nature de leurs
queues 6c de leurs chevelures.
Enfin , la quatrième <Sc dernière partie , roulera toute
entière fiir la théorie du mouvement des Comètes.
Comme je crois que les trois premières parties feront
à la portée de tout le monde, & que ceux qui ne
s'appliquent point particulièrement aux Mathématiques,
peuvent fe di/j^enfer de lire la quatrième ; pour leur
faciliter l'intelligence des trois autres , je commence par
un chapitre préliminaire , dans lequel j'explique le plus
fommairement & le plus clairement qu'il m'ed poffible
ce qui regarde le fyftème de l'Univers,
TABLE DES CHAPITRES.
V-^HAPITRE PRELIMINAIRE. IJee générale de l'Umvers ;
Aivîfîon des Afîres , leurs mouvemens ; hypo-
thèfes pour expliquer ces mouvernens» Page i
Première Partie,
DocT RIN E des Phïlofophes fur la nature & le lien des
Comètes , . . . , 2, 5
C H A p. I. Des Comètes en général , & de leurs principaux
phénomènes Ibid»
C H A P. IL Sentimens des anciens Chaldéens & des anciens
Egyptiens fur la nature des Comètes . , 36
C H A P. II L Faujfes opinions des Grecs fur la nature des
Comètes 4,2,
Chap. ÏV. Quelques Pythagoriciens , Diogène , Hippocraîe
de Chïo j Efchïle, devinent la nature des Co-
mètes ; leur hypothèfe efl perfeâionnée par
quelques Chaldéens & par Apollonius de
Mynde : fentiment & prédiéîion de Sénèque»
53
Chap. Y. Le fyftème d'AriJlote prévaut ; on y ajoute des
opinions encore plus infoutenahles ; on dé-
daigne d'olferver les Comètes : état de
î' Aftronomie jufque vers la fin du feiiième,
fiècle , . 6©
Chap. V I. Ohfervations perfeéîionnées & multipliées ; ajfauts
livrés au J-eripatétifme. De Tycho , Mejllin ^
Kepler, G a jfendi, Def cartes & autres , juj que
y ers k milieu du dix-feptième fiècle , , , j^
xîj TABLE.
Chap. VII. ComètesAei6^2,i66^&i66^,SetJiWard
en Angleterre , Pierre Petit en France , Jean-
Dominique Cajfini en Italie , rétabli ffent le
fyjîème d'Apollonius de Mynde fur la nature
des Comètes 105
Chap. VIIÎ. Syjlème d'He'vélius expofé & réfute' . . . 118
Chap. IX. Grande Comète de 1680: Doérfell en explique
les mouvemens d'une manière fatisfaifante,
Syfème de Newton ; Calculs & prédiâion
d'Halley ; travail de Clair aut . .... 143
Chap. X. Nouveaux fyflèmcs. Progrès des vraies notions
furie mouvement des Comètes dans l'Académie
des Sciences : la théorie de Newton efl enfin
généralement admije 162
Seconde Partie.
Histoire générale des Comètes . ............ 180
Quelques notions générales fur la Chronologie & l'Aflronomie
Chinoife i ^ i
Table des Citations abrégées , employées dans l' Hifloire générale
des Comètes, & leur fgnif cation . , , . 201
Sectio.n. I. Hifloire générale des Comètes dont l'apparition
a précédé l' Ère Chrétienne . 244
Section IL Hifloire des Comètes qui ont paru durant les
./ ' feiip premiers fiècles de l'Ère Chrétienne., 283
Supplément à l' Hifloire précédente 5 6 y
Supplément aux notions fur la. Chronologie ^& T Ajlronomie des
Chinois . 5 (58
COMÉTOGRAPHÏE.
COMETOGRAPHIE.
wm.iMxm.'mmuytmt-itj^-y.mEm
CHAPITRE PRÉLIMINAIRE.
Idée générale de l'Univers; Dïvifion des Ajlres;
Mouvernens auxquels Us paroîjfent ûjjujeitis ;
Hypothèfes pour expliquer ces inouvemens,
J_j'Univers, àhs fà liai (Tance , offrit aux hommes un
ipeélacle digne d'attention ; ie ciel , jfèmé d'une multitude
innombrable d'Aflres, piqua bientôt fans doute la curiofitér
on ne tarda pas à s'apercevoir que la connoiiTance du ciel
ne fèroit pas moins utile qu'agréable. Deux Aftres fe faifoient
fur-tout diftinguer par leur grandeur & par leur éclat : le
Soleil , par fa préfence , éclairoit & échaufFoit la Terre ; il
fut bientôt reconnu pour principe de la lumière & de la
chaleur; la fucceffion périodique de fa préfence & de fou
abfence, diflingua naturellement le temps du travail & celui
du repos , le jour & la nuit.
La lumière de la Lune efl plus douce; elle ne paroît pas
un globe de matière embrafée , comme le Soleil; fa blancheur
fait tout fon éclat. Le Soleil préfide au jour; la Lune ne
préfide point avec autant d'exaditude à la nuit; elle difpai'oît
quelquefois entièrement, mais ce n'efl que pour très-peu de
jours ; bientôt on la voit reparoître le foir , du côté de
l'Occident, en forme de croiffant très-délié : ce croiffant fè
remplit de jour en jour; la Lune devient ronde; elle éclair^
Tome I. A
2 Système
toute la nuit : on dit alors qu'elle eft pleine. Le plein Je îa
Lune dure peu; fa rondeur s'altère bientôt: tile redevient
croiiîànt ; on ne ia voit plus que le matin vers i'Orient :
enfin on ceiïe abfolument de ia voir, & l'on dit alors qu'elle
eii nouvelle. D'une nouvelle Lune à la nouvelle Lune fuivanîe ^
il y a environ vingt-neuf jours & demi : cette révolution
a donné nailTance à la diflinélion à^s mois ; car les Anciens
ne connoiffoient guère que les mois lunaires, ils les compo-
foient alternativement de vingt-neuf & de trente jours.
Tous les autres Allres , répandus dans fimmenfité de
l'efpace , font nommés Etoiles. Ils ne font pas tous d'un
même éclat; il en eft qui fe font diilinguer par une lumière
plus vive ; on dit qu'ils font de ia première grandeur. Les
autres Étoiles font ainfi diftiuguées par ordre de grandeurs ,
jufqu'à la huitième grandeur inclufivement; les plus petites
font nommées télefcopiques , parce qu'on ne peut l^s découvrir
à la vue fimple, il faut emprunter le fecours dçs lunettes ou
éQs téiefcopes.
Le ciel nous paroît exaélement rond, comme fi ce n'étoit
qu*une boule ou une fphère immeniè , de laquelle nous ne
pourrions cependant voir que la moitié. Nous jugeons ia
Terre au centre de cette fphère ; les Aftres nous lemblent
fuipendus à ia circonférence : quelques Philolophes ont
réellement prétendu qu'ils y étoient attachés à peu -près
comme àts clous pourroient l'être à une voûte. Si nous
nous en rapportons au témoignage de nos fens , tous ces
aftres, d'un mouvement commun & uniforme, (ont emportés
d'orient en occident autour de la Terre dans i'eiJ3ace
d'environ un jour naturel ou vingt -quatre heuref. Il y a
feulement cette différence , que les cercles qu'ils décrivent
ne font point égaux , vu qu'ils font parallèle^ entr'eux.
Quelques Aftres ont leur mouvement dans un grand cercle
de la iphère (d); au-delà & en-deçà, les cercles du mouvement
(a) Un cercle tel qu'en fuivant fa trace, on couperoit la fphère en deux
parties parfaitement égales, fe nomme grand cercle de la fphère»
DE l' U N I r E R S, ~ 3
Jes autres Aflres diminuent ; ils deviennent d'autant pîus
petits , qii'iii s'écartent plus du grand cercle de part & d'autre ;
ils fe réduiient enfin en deux points également diflans du
grand cercle : ces deux points font appelés les pôles du
monde ; une ligne droite, qu'on fuppofe tirée d'un pôle
à l'autre , en palîant par le centre de ia Terre , efl dit axe
du monde, & ie grand cercle efl nommé équateur. On
peut facilement concevoir tout ceci , en marquant fur une
boule deux points diamétralement oppofés , qui tiendront
iieu de pôles ; d'autres points placés indiftincflement fur la
fuperficie de ia boule repréfenteront les Ailres : que par les
deux pôles on fixe cette boule entre les pointes d'un tour,
& que l'on mette le tour en jeu ; il efl clair que dans le
même efpace de temps, chaque point marqué fur la fuper-
ficie décrira un cercle d'autant plus petit qu'il fera plus voifin
d'un àç^s pôles; d'autant plus grand qu'il fera plus éloigné
de l'un & de l'autre : les points qui feront à égale diflance
de l'un & de l'autre pôle , décriront le plus grand cercle
polTible, & c'efl ce cercle qui tiendra lieu d'équateur.
Comme ce mouvement général àe^ Aflres d'orient en
occident fê fait dans fefpace d'un jour ou de vingt-quatre
heures , on l'a appelé mouvement journalier ou mouvement
diurne (h).
Le Soleil étant dans féquateur vers le 2 i Mars, il décrit
le grand cercle de i'équateur par fon mouvement diurne ;
mais on a remarqué qu'il s^w écartoit fenfiblement en peu
de jours : fon cercle de mouvement diurne diminue ; ii
approche du pôle feptentrional : le jour qui étoit égal à la
nuit, le 21 Mars, augmente en longueur (c) ; cet accroif^
fement dure jufque vers le 2 1 Juin ; les jours ceffent alors
d'augmenter; ie Soleil s'éloigne du pôle, retourne vers
(b) Diurnus en latin, lignifie
journalier,
(c) J'écris dans un pays fepten-
triona.1; & fi l'on me fait l'honneur
de lire mon Ouvrage, ce fera plutôt des premiers Aftronomes
A ij
en -deçà de I'équateur qu'au-delà.
Ceux qui demeureront au - delà ,
peuvent fe fuppofer en France, ou
s'ils veulent , en Chaldée , demeure
4 S r s T È M £
i'éqiiateur, & décrit de pius grands cercles. Le 23 Septembre
ie jour a teilement diminué qu'if eft devenu égal à la nuit:
le Soleil a regagné l'équateur ; tout eft au même état qu'au
2. 1 Mars. Les jours continuent enfuite de diminuer; le Soleii
s'écarte de l'équateur, mais du côté de l'autre pôle ou du
pôle auftral ; les cercles , qu'il décrit chaque jour , deviennent
plus petits , jufque vers le 2 1 Décembre. Alors les jours
font les plus courts de l'année; mais bientôt ils recommencent
à croître : le Soleil s'écarte du pôle, & retourne à l'équateur;
il s'y retrouve vers le 2 i Mars.
Ces différentes variations du mouvement diurne du Soleil
ont occafionné la diftinélion des quatre faifons. La pofition
du Soleii dans léquateur fè nomme e^uhwxe ; ce terme eft
originairement latin, il fignifie égûlite de mût; la nuit en
eftèt fe trouve alors égale au jour. Les deux plus petits
cercles, que le Soleil décrit en fes deux plus grandes diftances
de l'équateur , /ont appelés tropj(]ues ; ce terme eft grec , ii
peut fe traduire par cercle de retour ; lorfque le Soleil eft
arrivé à un àes tropiques , il retourne ve^'s l'équateur. La
pofition du Soleil dans un des tropiques eft woinmée folflïce ;
ce terme latin fignifie flatïon du Sokiî. Le Soleil en effet ,
qui traver/e rapidement l'équateur, femble s'arrêter piufieurs
jours à chaque tropique : depuis le 17 jufqu'au 25 Juins
& pareillement depuis le 17 jufqu'au 25 Décembre, nous
ne nous apercevons pas d'un changement bien fenfible dans
îa durée du jour ou de la nuit. L'équinoxe du 20 ou du
a I M^rs , eft nommé équinoxe de printemps ; & celui du 22
ou 23 Septembre, équinoxe d'automne: le folftice du 21
Juin eft z^^elé foljUce d'été; & celui du 2 i D écemhve fol/lice
d'hiver: ces deux équinoxes & ces deux folftiees commencent
les faifons dont ils portent le nom : la coileélion des quatre
fiifons forme l'année. Il étoit naturel de commencer l'année
par un de ces points principaux ; cependant notre ufage
aduel eft de la commencer dix ou onze jours après le folftice
d'hiver.
La coutume de divifer le temps en femaines , ou en
DE L* U N I V E R S. 5
révolutions périodiques de fept jours , a été toujours prefque
univerfeilement reçue : cet ul'age efl û arbitraire qu'il auroit
rtéceffairement varié , s'il n'eût été fondé fur quelque raifoii
de fait; on en trouve une bien naturelle dans le premier
chapitre de la Genèiè.
Le jour naturel, c'elT:-à-dire , compofé du jour & de îa
nuit, fe divife en 24 heures; une heure en 60 minutes;
une minute en 60 fécondes; on pourroit auffi divifer, mais
par la penfee feulement, une féconde en 60 tierces. Ces
divifions font pareillement arbitraires^ on a probablement
choifi ces nombres , parce qu'ils peuvent facilement fe divifer
en plufieurs parties égaies : on peut en prendre la moitié,
ie tiers, le quart, la fixième partie, &c.
Lorfqu'un Aftre, pai* fon mouvement diurne, commence
à paroître, on dit qu'il fe lève, qu'il monte fur l'horizon;
pareillement on dit qu'il fe couche ou qu'il defcend fous
l'horizon lorfqu'il ceffe de paroître. L'horïipn ell le grand
cercle , qui lepare la moitié du ciel que nous voyons de
celle que nous ne voyons pas.
Le point du ciel qui efl immédiatement au-deflus de
notre tête, fe nomme i/nith ; ce terme a été emprunté des
Arabes. Si l'on fuppofe un grand cercle qui paffe par le zénith
& les pôles du monde , ce cercle fera appelé méridien. Le
méridien divife en deux également la partie de tous \q%
cercles de mouvement diurne, qui efl: au-defîiisde l'horizon;
en conféquence, lepaffage d'un Aflre par ce cercle détermine
ie milieu du temps de fon apparition. Un Aflre doit-il être
quatorze heures fur l'horizon ; on peut affurer qu'il s'écoulera
iëpt heures depuis fon lever jufqu'à ion pafîàge par le méridien j
& fept autres heures depuis ce palfage julqu'à fon coucher (d).
Il eft facile de conclure que le palfage du Soleil par le
méridien détermine' la moitié du jour ou l'heure de midi.
On conçoit que les habitans de la Terre étant épars fur
(d) On croit pouvoir ici ne pas faire attention à une petite diiférencê
qu'occafionne quelquefois le changement de décîinaifon.
6 Système
toute fa fiirface , on doit voir dans les difFérens pays les pôles
diverfement élevés. Lorfque ies pôles ne font pas fitués dans
l'horizon même , mais que l'un des deux étant élevés fur
l'horizon , 4'autre eft abailîe delîbus ; on doit voir en entier
les cercles du mouvement diurne , qui font moins éloignés
du pôle élevé que ce pôle ne l'elt de l'horizon : les Allres
qui décriront ces cercles nous feront continuellement vifibles ;
ils pafferont deux fois par le méridien , une fois en leur plus
grande hauteur au-delTus du pôle, Sl une féconde fois en leur
plus grand abailTement au-delfous du pôle. Au contraire nous
ne verrons jamais les Aftres, qui feront plus près du pôle abaiffé
fous l'horizon , que ce pôle ne i'ell: de l'horizon même.
Le Soleil revient au méridien dans chaque efpace de
vingt-quatre heures. On a dû bientôt s'apercevoir que tous
ies Ailres n'étoient pas fujets à cette loi : les Etoiles n'em-
ploy oient pour la plupart que 2 3 heures 5 6 minutes environ
à faire leur révolution : il arrive de -là que le Soleil paroît
répondre liicceirivement à diverles parties du ciel étoile.
S'il paiïè un jour au méridien au même inftant qu'une Etoile ,
il y paiïe le lendemain 4. minutes environ plus tard : ces
Étoiles confervent perpétuellement entr'eiles la même difpo-
fition , les mêmes diftances ; mais le Soleil en couvre fuccef^
fivement piufieurs ; il s'approche d'elles par un mouvement
d'occident en orient , contraire par conféquent au mouvement
diurne de toute la machine. On remarqua qu'il employoit
un an à revenir au même point du ciel , d'où il fembloit
être parti : ce mouvement particulier du Soleil fut appelé
.. mouvement propre, par oppofition au mouvement diurne,
qui étoit commun à tous les Aftres,
Nous avons dit que , depuis un équinoxe jufqu'au fblilice
fuivant, le Soleil s'écartoit de i'équateur vers un des pôles,
& qu'il retournoit enfuite à i'équateur : nous avons ajouté
que les cercles que le Soleil paroiffoit décrire par fon mouve-
ment diurne, dans Ces plus grandes digreffions de I'équateur,
ctoient appelés tropiques. Cela pofé, on a imaginé dans le
ciel un cercle qui coupoit obliquement i'équateur en deux
DE l' Univers. 7
points dîamétraiement oppofcs , & qui sç:Vi écartoit de part
& d'autre jufqu'aux tropiques : ce cercle fut nommé édiptïqiie ,
parce que ies éciipfes de Lune & de Soleii n'ont iieu que
iorfque la Lune eii: dans le voifinage de ce cercle. Les deux
points où i'éclipîique coupe i'équateur, ont été tellement
ehoifis , que le Soleil fe rencontre réellement en l'un de cqs
points , à i'iniiant de chaque équinoxe : au moment des
iblftices , il fe trouve au point où i'écliptique , touchant un
à^s tropiques, efl en une de Tes plus grandes diilances de
I'équateur. Les quatre points principaux de i'écliptique font
nommés po//;/j équinoxiaux è^ points folftiîïaiix , ils diflinguent
Iqs, quatre faiibns. . _
La Lune avoit un mouvement propre, trop fenfible polir
n'être pas bientôt aperçu: on connut qu'elle revenoit dans
la même partie du ciel , & qu'elle achevoit fa révolution
autour de la Terre en vingt -fept jours & demi, dans le
même fens que le Soleil, c'eft-à-dire, d'occident en orient.
Mais on s'aperçut auffi qu'elle s'écartoit de I'équateur , tantôt
plus, tantôt moins que ie Soleil; ou, ce qui revient au
même, que fon orbite, c'ell-à-dire;, le cercle qu'elle décrit,
coupe I'écliptique en deux points oppofés , & s'en écarte de
part & d'autre d'environ 5 degrés» Les points où l'orbite de
la Lune coupe I'écliptique lont appelés nœuds : ils font fujets
à variation.
On s'aperçut bientôt que parmi ies étoiles il y en avoit
cinq qui varioient de lieu, ou de difpofition avec les autres:
on les nomma Planètes , ou Etoiles errantes ; car telle efl la
fignifïcation du terme Planètes , qui eft originairement grec.
Le Soleil & la Lune furent mis au nombre à^s, Planètes:
on donna des noms particuliers aux cinq litres»
Mercure eu la plus petite de toutes, 11 tourne en un an
autour de la Terre: fon mouvement eft, aijifi que celui des
quatre autres Planètes, d'occident en orient. îl ell difficile
de le découvrir, parce qu'il s'écarte peu du Soleil. Lorique
l'on peut le voir, il n'efl guère poifible de ie diflinguer
d'une Etoile de ia première grandeur.
8 Système
Vénus furpaiTe en éclat tous les autres Aflres , excepté îe
Soleil & la Lune ; elle étincelle , comme îa plupart des
étoiles, c'eft-à-dire , que fa lumière n'eft point iixe; elle
fèmble trembloter; elle lance comme des éclats de feu, qui
le rallentiiîent & le redoublent fucceiïivement; elle s'écarte
du Soleil plus que Mercure ; elle paroît le matin à i'orient
durant fîx à lept mois; elle fe perd enfuite dans les rayons
du Soleil; elle eft invifible pendant cinq à fix mois; elle
reparoît le foir à l'occident , & eft encore vifible durant
fix à fèpt mois : enfin elle fe perd encore une fois dans les
rayons du Soleil; elle y refte cachée quinze jours ou un
mois au plus, pour reparoître enfuite le matin comme
auparavant : cette période , en fa totalité , eft de dix-neuf à
vingt mois ; d'ailleurs la révolution apparente de Vénus
autour de la Terre eft d'un an, l'un portant l'autre.
Mars fait fa révolution en près de deux ans. Il s'éloigne
du Soleil, de manière à lui être quelquefois diamétralement
oppofé. On peut affez facilement le reconnoître dans le ciel;
il étincelle peu , ou même point du tout ; fa lumière n'efl
point blanche, mais rougeâtre; il varie en éclat. En oppo-
fition avec le Soleil, il égale prefque Jupiter; lorfqu'ii eft
plus près du Soleil , on le prend à peine pour une étoile de
îa première grandeur.
Jupiter varie aufti en grandeur, mais beaucoup moins que
Mars, il peut être oppofé au Soleil; fa révolution eft de
près de douze ans ; oh le reconnoît facilement : prefque aufti
éclatant que Vénus, il n'étincelle pas comme elle; fa lumière
eft blanche Sl mate.
Saturne achève la révolutîbn en vingt-neuf ans & demi.
II s'écarte du Soleil autant que Mars & Jupiter ; on le
confond facilement avec les étoiles de la première grandeur :
M eft cependant facile de l'en diflinguer par là couleur pâle
& livide , & parce qu'il n'étincelle point du tout.
Le mouvement des Planètes n'eft pas uniforme; celui du
Soleil & de la Lune eft tantôt plus lent , tantôt plus prompt :
911 remarque que plus le mouvement de l'un ou de l'autre
eft
DEL* Univers, 9
efl précipité, plus l'Aflre paroît grand; & ii diminue de
grandeur apparente , à proportion que ie mouvemeiit le
ralentit. On en a conciu que la diilance de i'Allre à la Terre
lî'étoit pas toujours la même. Le lieu de ia plus grande
proximité de l'Aflre à la Terre eft nommé le périgée de cet
Aftre , & le lieu de fon plus grand éloignement en eil
^apogée : ces termes font d'origine grecque; ils fignifient ,
près de la Terre , loin de la Terre.
Les autres Planètes font bien plus irrégulières dans leur
mouvement apparent : dans leur apogée , elles précipitent
leur mouvement d'occident en orient ; on dit alors que
leur mouvement eft dire6l. Lorfqu'elies approchent de leur
périgée, elles font /latio/maires ; c'elV à-dire , qu'elles femblent
n'avoir aucun mouvement, elles n'avancent ni ne reculent;
enfin vers leur périgée même, leur mouvement eu rétrograde;
elles retournent fur leurs pas d'orient en occident, jufqu'à
ce qu'elles aient paffé leur périgée; elles redeviennent alors
une ièconde fois flationnaires , & reprennent peu après leur
direction naturelle. On a remarqué que les rétrogradations de
Mars , Jupiter & Saturne eoneouroient toujours avec leur
oppofitlon au Soleil, & que ces trois Planètes accéléroient
d'autant plus leur mouvement direél , qu'elles approchoient
davantage de leur conjonétion avec le Soleil. Comme Vénus
& Mercure s'écartent trop peu du Soleil , pour être en
oppofition avec lui, ces deux Planètes font direéles dans
ieur conjonétion avec le Soleil , rétrogrades dans la con-
jonélion fuivante , direéles dans la troifième conjonélion ,
rétrogrades dans la quatrième , & ainfi de fuite dans un
ordre confiant.
Les Planètes ne fuîvent pas précifément i'écliptîque ; elles
s'en écartent de part & d'autre , les unes plus , les autres moins;
leur orbite coupe cependant i'écliptique en deux points
oppofés , que fon appelle leurs nœuds. Toutes les Planètes
n'ont pas les mêmes nœuds ; chacune a Iç^s fiens particuliers ;
i'un€ traverfera f écliptique vers les points écjuinoxiaux , fautre
y^rs les points Iblfliciaux. Pour renfermer le cours de toutes
Tome L B
.10 ^ s Y s T è M E
\qs Planètes JaDS un même efpace , on sq^ avifé d'élargir
i'écliptlqoe de part & d'autre ; on en a fait comme une erpèop
de ceinture, à laqueiie on a donné le nom de loàiaque ;
* c'eft encore un terme emprunté du grec , & qui fignifie
forte-animaux. Nous verrons bientôt qu'on s'eft figuré difFé-
rentes efpèces d'animaux fur toute Ja longueur du zodiaque.
L'écliptique divife la largeur du zodiaque en deux parties
égales; on y rapporte le mouvement de toutes \qs Planètes,
&. l'on regarde le point équinoxial du printemps comme le
premier point de l'éciiptique. A commencer de ce point,
on divife l'écliptique, comme tous Xq^ autres cercles, en
260 degrés ou parties égales ; chaque degré petit fe divifer
en 60 minutes, & chaque minute en 60 fécondes. La dif-
tance d'une PLmète au point équinoxial du printemps ,
mefurée lur l'écliptique, eft nommée longitude de cette Planète;
fa latitude eft fa diflance à l'éciiptique : la longitude fe compte
toujours d'occident en orient ; la latitude fè compte de
i'éclipiique vers les pôles, & elle fe nomme feptentnonale
ou auflrak , fuivant qu'elle tend vers le pôle feptentrionai
ou vers le pôle aulbal. Ainfi , lorfque ion dit qu'une Planète
a 200 degrés de longitude, & 3 degrés & demi de latitude
feptentrionaie , cela lignifie, qu'en comptant d'occident en
orient, il y a 2,00 degrés ou parties de l'écliptique,
depuis le point équinoxial du printemps, juiqu'au point de
I'éclipiique le plus voilin de cette Planète; que la dillance de
cette Planète au point le plus voifin de l'écliptique , eil
égale à trois degrés &. demi , ou à trois parties &: demie de
l'écliptique ; & qu'enhn la Planète s'écarte de l'écliptique du
côté du pôle feptentrionai.
Pour compter plus facilement les longitudes, on a divife
l'écliptique & le zodiaque en douze panies égales, que l'on
nomme fignes. Ainii , un figne n'eil autre chofe qu'une
douzième partie du zodiaque; chaque figne a par coniéqueijî
30 degrés, puifque le zodiaque en a douze fois 30 , ou j 60 :
on a donné à ces fignes des noms d'animaux, & c'efl de-Ià
que ie zodiaque a tiré ion nom. Le premier figne a toujours
DE l' Univers, iï
commencé, 6l commencera toujours au point équinoxiai du
printemps, que ion appelle auffi feâion du Bélier, parce que
ce premier ligne fe nomme le Bélier ; les autres , en allant
toujours d'occident en orient, font le Taureau ^ les Gémeaux ,
l'ÉcrevijJe, le Lion, la Vierge, la Balance, celui-ci efl: le
feul qui ne porte point un nom d'animal , le Scorpion , le
Sagittaire, le Capricorne , le Verfeau & les Poijfons. Ainfi ,
au lieu de dire qu'une Planète a 200 degrés de longitude,
on dira qu'elle ell: en 20 degrés du feptième Signe ou de la
Balance ; car \qs 180 autres degrés font précifément la valeur
de 6 Signes , ou fix fois 3 o degrés.
Les Étoiles , qu'on a jugé n'avoir aucun mouvement
propre , ont été appelées Etoiles fixes : on peut déterminer
leur longitude & leur latitude , comme on détermine celles
dQS Planètes.
Pour diflinguer les Planètes, on leur a donné à^s noms;
il n'étoit pas ïi facile de fe procurer le même avantage par
rapport aux Étoiles fixes ; on ne peut les diflinguer par
leur mouvement particulier; elles n'en ont point; plufieurs
ont la même grandeur &: le même éclat ; enfin , elles font
en fi grand nombre , que les noms qu'on leur auroit donnes ,
n'auroient pu manquer de furcharger la mémoire de la
plupart des Agronomes. Voici le moyen ingénieux qu'on
a imaginé : on a féparé les Etoiles en plufieurs amas ; & ces
amas ont été appelés Conftellations ; ce terme fignifie amas
d'Etoiles : on a donné des noms d'hommes , d'animaux ,
d'inflrumens , &c. à ces Conflellations. Après avoir repré-
fenté fur un globe les Étoiles que l'on voit au ciel , en
obfervant , comme de raifon , les proportions de leurs dif-
tances refpeélives , tant entr'elles qu'à l'égard de i'écliptique ,
on a tracé fur ce globe les figures des Conftellations , relati-
vement aux noms qu'on leur avoit donnés : on étoit convenu ,
par exemple, de donner le nom de Lion à un certain amas
d'Étoiles ; fur le globe, on a repréfenté un lion , qui com-
prenoit tout cet amas. Après cette opération , il s'eft trouvé
dans la région du coeur de ce lion une belle Étoile de la
Bi;
12 Système .
première grandeur ; on l'a appelée cœur du Uon : d'autres
Étoiles , relativement à leur fituation repréfentative fur cette
même figure, ont été nommées queue du lion, œil du lion,
cou du lion , & ainfi àes autres. Je ne fais pas pourquoi
cette partie du Ciel a été appelée lion ^ plutôt que tigre ou
mdifon ; mais je fais que cette invention eft d'un ufage
très-commode pour diftinguer les Etoiles , pour connoître
]e Ciel. Sur Terre nous avons plufieurs états , plufieurs
royaumes ; au Ciel nous diftinguons plufieurs Conllellations ;
chaque royaume a {t% provinces ; chaque Conftellaîion i^^
parties : dans chaque province on remarque à^s villes , àt%
bourgs, à^i villages, àQ?> hameaux; dans chaque partie,
par exemple, dans la jambe d'une Conflellation, on diftingue
des Étoiles de différente grandeur „ l'une au genou , l'autre
au gras de la jambe, une troifième à la cheville du pied , &c»
Pour mieux diftinguer les Étoiles d'une même Conflellation,
Jean Bayer, Aftronome d'Au (bourg , imagina, vers le com-
mencement du dix-feptième fiècle , de leur affigner à chacune
une àti lettres de l'alphabet. Celle que Bayer a regardée
comme la plus brillante d'une Conflellation , a été défignée
par la première lettre de l'alphabet grec ; ia féconde lettre
du même alphabet, a été afhgnée à celle que Bayer a jugé
mériter cet honneur ; lorfque l'alphabet grec a manqué ,
i'alphabet latin y a fuppîéé. Bayer n'a peut-être pas toujours
bien jugé à^s grandeurs ; mais fon invention étoit trop
utile pour ne pas devenir d'un ufage général.
On diflingue les Confleilations en trois claflès ; les unes
font nommées ipdiacales , les 2>.\\Xxes feptentrionales , les der-
nières aujîraJes. Les Conftellations zodiacales font au nombre
de douze; elles portent les mêmes noms que les fignes du
zodiaque, elles n'en étoienî pas même autrefois diflinguées:
mais on sQik aperçu que les Etoiles s'éloignoient àQs points
équinoxiaux par une révolution d'occident en orient, laquelle
s'accompliffoit dans l'elpace d'environ vingt-cinq mille ans;
cette révolution n'efl point un mouvement propre & réel
des Étoiles ; car les Étoiles faes , généralement parlant , font
D E L' U N I V E R s, 13
iixes; ce ne font pas elles qui s'éloignent réellement du
point équinoxial du printemps ; c'eil plutôt ce point équi-
noxiai qui s'éioigne d'elles dans un fens contraire & rétro-
grade, c'ef[-à-dire , d'orient en occident, & c'efl ce qu'on
appelle préceJjJofi des équïnoxes. Il ne faut donc pas confondre
le figne du Bélier avec la conflellation du Bélier : le figne du
Bélier eil une douzième partie du zodiaque, qui commence
préciiément au point équinoxial du printemps , Se qui fë
termine à 3 o degrés à l'orient de ce point : la conflellation
du Bélier eft un amas d'Étoiles vers le zodiaque; cet amas
fe trouvoit autrefois dans le figne du Bélier, mais il fe trouve
à préfent prefque tout entier dans le figne du Taureau,
Celte équivoque ne peut occafionner d'erreur; en la fuppri-
mant, on rifqueroit de ne plus entendre les Auteurs anciens;
on prend le parti de la laifier fubfjfler. La conflellation du
Bélier va donc parcourir tous \qs fignes du zodiaque; il fe paffera
.vingt- deux à vingt^trois mille ans avant qu'elle fe retrouve
dans le figne dont elle porte le nom : alors l'équivoque ceflera
pour recommencer bientôt. Mais combien d'autres changemens
pourront avant ce temps déranger la prédiélion !
Les Conflellations fèptentrionales font celles que l'on a
imaginées dans la partie du ciel qui eft au ieptentrion du
zodiaque; & pareillement celles qui font au iiid du zodiaque,
portent le nom de Conjîelldtions aujlrales*
Voilà à peu-près ce que les Anciens ont d'abord connu
du ciel ; voilà ce qu'ils ont imaginé pour en rendre l'étude
plus facile. Comment toutes ces connoifTances fe font-elles
développées \ Quels ont été dans les premiers fiècles du
monde les progrès de l'Aflronomie ! C'ell ce qu'on ne décidera
pas fans doute facilement. Josèphe l'hillorien (e) , rapporte
l'invention de l'Aftronomie aux petits-fils du Patriaixhe Seîh j,
fils d'Adam. Selon cet auteur , ces petits-fils de Seth , craignant
que leurs connoiffances aftronomiques ne tombaiïent dans
(e) Antiq. liv. I, chap, m. Veidlejr réfute fort bien Josèphe, Hifi^
Ajiron, liy. II ; n. ^
I ^ Système
l'oubli , gravèrent leurs découvertes fur deux colonnes^,
dont une (iibfiftoit encore du temps de Jofeph»
II paroît certain que ies Chaldéens &: les Égyptiens ont
cuitivé l'Adronomie de très-bonne heure; mais je crois
qu'on auroit maintenant bien de la peine à trouver des gens
aiïez crédules pour ajouter foi aux fabies que l'on a débitées
fur l'antiquité de leurs obfervations. Les Chaldéens les faifoient
remonter, au rapport de Cicéron (f), jufqu'à quatre cents
foixante-ciix mille ans ; lèlon Diodore de Sicile (g) , lorfque
Alexandre-le-Grand s'empara de Babylone, ils le vantoient
d'obferver le Ciel depuis quarante-trois mille ans feulement,
ou depuis quarante -huit mille huit cents foixante- trois ans,
félon Diogène-Laè'rce (h),
Du peu de monumens qui nous refient de la fcience des
anciens Chaldéens, il nous fera facile de conclure, comme
on le verra Partie r\ chapitre ii , qu'ils n'ont pas fu tirer
parti de leurs obfervations , & que leur propre honneur efl
intérelTé à ce qu'on leur difpute l'ancienneté dont ils pré-
tendent décorer leur Aflronomie : nous porterons à peu-près
le même jugement de la (cience àtï> Egyptiens.
Les Grecs étudièrent l' Agronomie en Egypte &en Chaldée:
ils ne fe contentèrent pas d'obferver \^s mouvemens des Aftres;
ils tentèrent de réduire leurs connoiffances en fyflèmes. Ils
fuivoient fans doute en cela l'exemple de leurs maîtres ; mais
ils perfeélionnèrent probablement les fyflèmes Egyptiens &
Chaldéens ; peut-être aulfi les abandonnèrent-ils mal-à-propos.
On attribue aux Egyptiens d'avoir découvert que Mercure
& Vénus faifoient leur révolution autour du Soleil : il ne
paroît pas que les Grecs aient reconnu cette vérité fi niani-
fefle; la plupart ont fait tourner ces Planètes autour de la
Terre. Ce n efl point mon defîèin de m'étendre ici fur \qs
découvertes & fur les imaginations àts Philofophes grecs;
(f) De Divin, lib. I , cap. XIX,
{gj Livre II, chapitre VIII.
(h) In Proœmio,
DEL' Univers. 15
un voiume fuffiroit à peine pour expliquer & pour réfuter
les hypothèfes, par lelqueiies ils ont prétendu rendre raifon
i\Q$ difTérens mouvemens , àçs différens phénomènes que
nous avons ci - deffus remarqués dans \çs Aftres. Il en ell
d'ailleurs plufieurs , entre ces fyflèmes , que je me ferois
fcrupule de tirer de l'oubli ; mais je ne puis me difpenfer
de donner une légère idée dts trois principaux fyllèmes du
monde : cela me paroît au moins très-utile pour entendre ce
que j'ai à dire d^s Comètes. Cependant , il faut auparavant
dire un mot des nouvelles découvertes.
Vers la fin du leizième fiècie , TAf^ronomle étoit encore
au berceau: quiconque favoit ce que j'ai dit ci -deffus Aqs
mouvemens d.Qs Aflres, devoit paiîer pour Aftronome; ce
qu'on y ajoutoit de plus , n'éîoit qu'un fatras de rêveries
Âflrolcgiques , ou d'hypothèfes inventées fans raifon, multi--
pliées lans nécefiité , débitées avec effronterie , crues fur le
fondement feui de l'autorité : 1 ignorance étoit prefcjue pré-
férable à celte fciencea Tycho commença à débrouiller ce
chaos. Vers le commencement du fiècle lui vaut, on inventa
les lunettes d'approche ou télefcopes. On découvrit quatre
petites Planètes autour de Jupiter, & dans le même fiècfe
on en découvrit cinq autour de SatLirne : on appela ces
Planètes qui tournent autour d'une autre , Planètes fécond
daires ou Satellites. On s'aperçut que Vénus 3c Mercure
étoient lujets aux mêmes phales que la Lune; c'efl-à-dire ^
qu'ils n'étoient pas toujours ronds ou pleins , mais que leur
dilque paroifîoit quelquefois en croillant comme celui de la.
Lune, & que pour lors ils étoient beaucoup plus gros que
dans leur plein: on en conclut non- leuiement que ces
Planètes recevoient leur lumière du Soleil , ce qui n'étoit
point contefté; mais encore qu'elles failoient l'une & l'autre
leur révolution autour du Soleil & non point autour de la
Terre ; vérité qui n'étoit point encore généralement reconnue.
On obierva que Mars , vers fa conjonétion & vers fon
oppohiion, paroifîoit en fon plein; en d'autres fituations,
fa rondeur s'altère un peu : il fut même déAiiontié que.
\
i6 Système
cette Planète , en Ton oppofition au Soîeil , efl pîus voîfme
de la Terre que le Soieii, On diftingua des taches fur le
Soieil, la Lune, Jupiter, Mars Se Vénus: Mercure, trop
voifin du Soleil ; Saturne , trop éloigné de la Terre , n'ont
point encore offert le môme lpe6lacle. De ces taches on a
conclu que les Planètes font des corps raboteux , entre»
coupés de montagnes & de vallées, à peu -près tels que la
Terre que nous habitons. Ces taches nous ont encore procuré
ia connoifîance d'une autre vérité ; c'eft que ces Altres
tournent continuellement fur leur axe , comme une boule
que l'on feroit tourner ou pirouetter entre les pointes d'un
tour : ce mouvement eft appelé mouvement Je rotation, pour
le dilîinguer de celui par lequel une Planète change de lieu
dans le Zodiaque, & qui eft appelé mouvement de tranjlatïoit
ou de révolution. Le Soleil paroît tourner en vingt-fepî jours
environ ; dans la réalité, fa rotation s'accomplit en vingt-
cinq jours & demi ; celle de la Lune, en vingt- fept jours
& demi; celle de Vénus , en 23 heures 20 minutes; celle
de Mars, en 24 heures 40 minutes; celle de Jupiter enfin,
en p heures ^6 minutes.
Claude Ptolémée fîeuriffbit à Alexandrie en Egypte , fous
i empire d'Adrien &.»fous celui de Tite Antonin ; il paiîe
pour avoir ofé le premier réduire l'Aftronomie en corps de
fyftème : des connoifîances fupérieures à celles de tous les
Aflronomes qui f avoient précédé , le flattoient fans doute
du fuccès. Outre qu'il poifédoit les obfervations d'Hipparque ,
célèbre Aflronome de Nicée en Bithynie, qui vivoit trois
cents ans environ avant lui , il en avoit fait lui-même un grand
nombre avec un foin , avec une précifion inconnue peut-
être jufqu'alors ; il fe perfuada que la comparaifon de ces
obiervations lui fuffiroit pour pénétrer ie fecret de la Natures
il (e trompa ; il lui manquoit bien d^s fecours néceifaires^
D'ailleurs , un fyflème fondé fur une Phyfique auiîi peu
faine que celle de Ptolémée , ne pouvoit manquer de s'écrouler
bientôt; il le foutint néanmoins quelque temps, par l'imbé-
^Hité d^^ difcipks de ce grand homme: ceux-ci crurent
apparemment
D E L' U N I V E R s. in
apparemment que ie privilège de penfer n'avoît jamais pu
être accordé qu'à Ariftoîe & à Ptoiémëe» Le fyilème tomboit
en ruine ; chaque nouvelle découverte en fappoit le fon-
dement : ils n'osèrent rebâtir; ils fe contentèrent d'étayer;
mais il efl facile de juger fi de tels Architeéles iavoient cboifir
à^s étais bien folides. Je vais expofer ce fyftème, tel qu'il
étoit encore en vigueur vers la fin du feizième fiècle : le
(jftème le plus fimple , par lequel on peut expliquer les
opérations de la Nature , efl fans doute le meilleur ; on va voir
que jamais Mécanicien , ignorant & préfomptueux , n'a fait
MWQ machine fi compofee que le monde de -Ptolémée.
La Terre & l'Eau font immobiles au centre de l'Univers :
ia fphère de i'air entoure la Terre; elle eft divifée en trois
régions; la baile, que nous refpirons ; la moyenne, qui ell
extrêmement froide; & la haute , qui eft plus pure & moins
froide. Autour de i'air eft la région du feu : ce feu nous efb
snvifible; mais fur ia parole d'Ariftote, nous devons croire
<^ï\ exiile» Toute cette partie , excepté la Terre , efl fluide ,
& par conféquerit fufceptible de génération & de corruption;
c*e(l-à-dire, qu'il peut %'y former de nouvelles produélions,
&: que \qs anciennes peuvent être détruites. Les Cieux , dans
iefquels nous allons entrer , font inaltérables , folides , tranf^
parens comme le criflal le plus pur : le premier Ciel efl
celui de la Lune; il efl; (uivi de ceux de Mercure , de
Vénus , du Soleil &" de Mars. Cela pôfé , nous ne pourrions
voir Mercure, ni Vénus au-delà du Soleil, & ilell: certain
que nous les y voyons : Mars ne (eroit pas quelquefois plus
près de la Terre que le Soleil , & c'efl cependant ce que
les obfervations ont conflaté. Quelques-uns ont placé \qs
Cieux de Mercure & de Vénus au-delà de celui du Soleil;
mais ia difficulté refle la même, puifque qqs deux Planètes
ne parohTent pas feulement au-delà du Soleil , mais aufîi
fouvent en -deçà : d'ailleurs , ia di.Hculié auguiente pour
Mars. Au-delà du Ciel de Mars , Ptolémée place les Cieux
de Jupiter & de Saturne , & un feut Ciel pour toutes les
Etoiles fixes : celui-ci efl appelé Firmament. Le firmament
Tgme I, - ~ C
1 8 Système.
efl entouré Je deux Cieux tranfparens, qui ne portent aucune
Étoile, & auxquels on a donné le nom de CryffdUïiis ; le
tout efl: environné du Premier Mobile , au-delà duquel plu-
lieurs ont placé KEmpyrée ou le féjour à^$ Bienheureux:
tous ces Cieux jufqu'au premier mobile font ibiides , comme
nous l'avons dit; ils fe touchent, ils font par -tout d'une
égale épailTeur ; ils font en coniequence concentriques à la
Terre, c'efl-à-dire qu'ils ont tous la Terre pour centre:
voilà le fyftème.
Voici maintenant comment on explique \qs mouvemens
èiÇ:^ Aflres dans ce fyflème : le premier mobile efl emporté
rapidement d'orient en occident dans l'eipace de 23 heures
5 6 minutes 4 fécondes ; & par une vertu qu'il eft difficile
de concevoir, il communique le même mouvement à tous
ies Cieux inférieurs. Outre ce mouvement général , toujours
égal, toujours uniforme, chaque Ciel en a un particulier,
qui efl: ordinairement contraire au premier ; un cryftallin fe
balance très-lentement du midi au leptenlrion, du fepten-
trion au midi; & l'autre en fait autant de l'orient à l'occidentj
de l'occident à l'orient , l'un & l'autre communique fon
balancement au firmament : ce jeu a été inventé long-temps
après Ptolémée, pour rendre railon de quelques phénomènes
qui lui étoient inconnus. Le firmament fait fa révolution
d'occident en orient en trente -fix, félon d'autres en vingt-
cinq mille ans : le Ciel de Saturne achève la fienne en vingt-
neuf ans ci demi, celui de Jupiter en douze ans, cekii de
Mars en deux ans; ceux du Soleil, de Vénus & de Mercure
en un an, celui de la Lune en vingt-fept jours & demi : cçs
Cieux en tournant ainfi , emportent les Aftres qui y font
fermement attachés & comme cloués.
Pour expliquer l'apogée & le périgée du Soleil & de fa
Lune , ainfi que l'apogée , le périgée , \qs direél:ions , \qs
ftations, \^s rétrogradations à^s Planètes, Ptolémée a divife
l'épaiffeur de chaque Ciel en trois parties : la partie du milieu
efl: excentrique à la Terre, c'efl-à-dire qu'elle n'a pas la Terre
pour centre ; elle en eif plus éloignée d'un côté , étant à la
DE l' Univers, ip
partie fupérîeure de fon Ciel ; elle en efl pius voifme de
l'autre , vu qu'elle fe trouve alors à la partie inférieure de
ce même Ciel ; c'efl une elpèce de couliiïë à laquelle
Ptolémée a donné le nom di Excentrique. Cela Jie fuîTifoit
pas ; dans cet excentrique , il a encore fallu travailler une
efpèce de boule ou de cerceau , auquel on a donné le nom
aÉpïcycJe : c'eft à cet épicycle que la Planète efl; attachée.
L'épicycle roule dans l'excentrique ; celui-ci coule dans fon
Ciel : le Ciel efl: emporté en ^^ws contraire par le premier
mobile. Je n'expliquerai pas plus au long cette belle doc-
trine ; ceci doit fuffire pour concevoir combien ^Vi.^ doit
être embarrafîante & embarrafTée : j'ajouterai leulement que
ce fyrtème n'explique pas tout , malgré k multiplicité de
QQi reflorts. On pourroit ablolument fauver les phénomènes
de Vénus & de Mercure; mais dans l'hypothèfe de la foli-
dité à^s Cieux , il fera toujours impolîible d'expliquer
comment Mars peut defcendre au-dellbus du Ciel à\x Soleil:
je pa(îe au fyflème de Copernic.
Ce fyllème efl ancien. Phiiolaiis de Crotone , difcipîe
de Pylhagore, Ariflarque de Samos, peut-être Pythagore
iui-même & plufieurs autres Anciens , avoient placé le Soleil
au centre de l'Univers: félon eux, la Terre doit être mife
au nombre des Planètes. Ce fyftème pouvoit être conforme
à la raifon; mais il fembloit contraire aux témoignages des
ièns : il fut combattu , anathématifé (i), oublié. Nicolas
Copernic, Chanoine de Fravenberg dans la PrufTe Poionoiie,
déièlpérant d'allier d'une manière fatisfaifante les phéno-
mènes céleftes avec l'hypothèfe de l'immobilité de la J erre,
entreprit de rétablir le fyflème de Phiiolaiis. L'ouvrage
dans lequel il i'expofe , fut imprimé pour la première fois à
Nuremberg en i 543 ; il ell dédié au Pape Paul IIÏ. Copernic
mourut la même année : il eut peu de feélateurs dans le
feizième iiècie. Les découvertes faites au fiècle fuivant,
(i) Arillarque fut accufé d'impiété par Cléanthes , pour avoir ofé
déplacer les Dieux tutélaix-es de l'Univers & Velia. Plut, in fragm, (U
fade in orbe Lunw,
C ii
20 Système
pulvérisèrent le fyflème de Ptoiémée , & parurent une fuilQ
naturelle de celui de Copernic. Ce dernier fyflème eut en
conféquence pour défenfeurs les Aflronomes les plus célèbres,
ies Phyficiens les plus éclairés : on auroit honte aujourd'hui
de (outenir férieufement l'immobilité de la Terre.
Dans le fyûème de Copernic , perfe61ionné par Newton ,
les Cieux font fluides, ou plutôt ils ne forment qu'un grand
elp^vce, incapable d'oppofer la moindre réfiilanoe au mou-
vement des corps qui le traverfent. Le Soleil n'a aucun
mouvement feniible ; il tourne ieulement fur ion centre en
vingt-cinq jours & demi : le Soleil efl: le centre , ou plutôt
un foyer commun des orbites de toutes les Planètes. L'orbite
des Planètes n'eft pas tout- à-fait circulaire, mais elliptique;
ie lieu de l'orbite où une Planète eft dans fa plus grande
proximité du Soleil, le nomme Pénhélie ; le point oppofé
eft appelé Aphélie : ces termes , grecs d'origine , figniiient
près du Soleil , loin du Soleil. La i'ianèie également diilante
de fon aphélie ^ de fon périhélie , efl dite être en fes
moyennes diflanees.
Six Planètes tournent autour du Soieil , d'occident en
orient, en des temps d'autant plus grands, que leurs moyennes
diflances du Soleil lont plus grandes : ces fix Planètes lont
Mercure, qui lait la révolution en quatre-vingt-huit jours;
Yénus , en deux, cents vingt-quatre jours dix-huit heures;
la Terre, en un an; Mars, en un an & trois cents vingt-
deux jours; Jupiter, en onze ans & trois cents treize jours;
& Saturne en vingt-neuf ans & cent cinquante-cinq jours.
Le plan de l'orbiîe que décrit la PeTre, le nomme écliptique :
les orbites des autres Planètes coupent l'éclipîique en deux
points oppofés, qu'on appelle Nœuds de ia Planète. Au-delà
de Saturne lont \es Etoiles hives , qui lont autant de Soleils,
autour deiquels peuvent tourner des Planètes qui nous font
inconnues : celle oe toutes les Étoiles qui efl le plus près
de nous , efl cependant fi éloignée , que le double de la
diflance du Soleii à la Terre n'efl qu'un point en comparaifoîi
de la diilance de cette Étoile,
DE L' U N T V E R S. 2 1
La iTsérne ici qui emporte les Planètes autour du Sofeif,
peut faire tourner dçs Planètes ieconciaires ou d^s Satellites
autour d'une Planète principale ; ainli la Lune , Sateiliie de
la Terre, tourne autour d'elle en vingt-iept jours & demi.
Jupiter a quatre Satellites & Saturne cinq. Jupiter , Saturne
& la Terre font les plus groiîes Planètes; on n'a point encore
découvert de Satellites autour de Vénus , de Mars & de
Mercure ; il eil: probable que ces trois petites Planètes n'en,
ont point. La même proportion qu'on remarque entre \qs
moyennes diflances des Planètes au Soleil , & les temps
qu'elles emploient à achever leurs révolLitions , s'obferve
pareillement à l'égard de plufieurs Satellites qui tournent
autour d'une même Planète.
La plupart des Planètes & le Soleil lui-mêmie ont cer-
tainement un mouvement de rotation fur leur axe; il n'y a
donc aucune abfurdité à attribuer à la Terre, ainfi qu'à ion
atmofphère ou à l'air groffier qui nous environne , un mou-
vement pareil d'occident en orient, dans l'efpace de 23 heures
56 minutes 4 fécondes': ce mouvement ne le fait pas dans
i'écliptique même ; l'axe de la Terre fur lequel le fait le
mouvement , efl incliné à I'écliptique ( k). On remarque
une femblable inclinaifon dans l'axe du Soleil & dans celui
des autres Planètes.
Voilà tout l'eîTentiel du fyflème de Copernic : il efl bien
fimple ; il fuiht cependant pour rendre railon de tous les
phénomènes ; ils en font une fuite néceffaire. La Terre
tournant fur elle-même d'occident en orient, le Soleil, les
Planètes , les Etoiles , en un mot tout ce qui eit hors de
notre atmofphère , doit paroître tourner en lens contraire :
ainfi, tranfportés vers f orient par le mouvement d'un bateau,
nous nous imaginons preique que \qs objets fitués fur le
rivage, font emportés vers l'occident par un mouvement
oppofé. La Terre faifant fa révolution autour du Soleil en
(k) C'eft-A-dîre penché vers I'écliptique: foii E C , figure i, I'éclip-
tique, l'axe de la Terre ne fera point O X^ qui efl droit ou perpendiculaire
fw EC f mais AX^ ^ui eft penché ou incliné du côic de C,
22 Système
un an , ie Soîeîi doit nous paroître faire la fienne autour de
nous dans ie même temps & dans ie même fens : ies varia-
lions du mouvement à^s Planètes, leurs dire(îlions, flations,
rétrogradations ; leur apogée , ieur périgée , tout cela n'eft
qu'une fuite naturelle du fyllème : ie mouvement très-fimple
de la Terre, combiné avec le mouvement très -fimpie des
autres Planètes , doit néceffairement produire cqs déran-
gemens apparens. Les ennemis \gs plus déclarés de ce
iyflème , font convenus qu'il étoit impolTible d'expliquer
plus heureufement cqs> phénomènes.
On propofa contre ce fyflème àes difficultés plus puériles
que foiides. On objeéla que nous ne nous apercevions pas
du mouvement de la Terre; c'efl: parce que ce mouvement
eft très -uniforme : on ne s'aperçoit du mouvement des
voitures que par les balancemens , les cahots, ies inégalités
auxquelles il eil fujet ; le mouvement d'un Vaifîeau efî;
înfenfîble hors ie cas du roulis ou du tangage. On ajouta
que nous avions donc la tête tantôt en haut & tantôt en bas;
cette difficulté pou voit embarraller dans le temps où l'on
ïgnoroit que nous euffions à^s Antipodes, Mais , dit-on ,
à quoi fert cet efpace immenfe que nous fbmmes obligés
d'admettre entre Saturne & les Etoiles l on répondoit que
l'ignorance où l'on étoit de i'ufage de cet eljiace , n'étoit
pas une raiion fuffifante pour en nier l'exiflence: on répondra
dorénavant que i'ufage de cet efpace eft de contenir une
infinité de Comètes , tant celles qui tournent autour de
notre Soleil que celles qui font leur révolution autour des
Étoiles fixes.
L'objeélion la plus Ipécieufe que l'on ait propofee , efî:
tirée à^s Livres faints : on a prétendu que l'immobilité de
la Terre avoit été confacrée par TElprit de vérité. Il a été
facile de répondre que cet Elprit de iàgeffie n'a point pré-
tendu nous donner des leçons de Phyfique &: d' Agronomie;
il déclare lui-même (l) avoir abandonné le monde à nos
(l) Ecclef. JII, II,
DEL* Univers, ±^
recherches : fe propofant d'enfeigncr , de ccrriger , de
reprendre, d'inflruire de ce qui peut conduire à la piété &
à la JLîflice {mj ; û Toccafion s'efl préfentée de parler des
fecrets de la Nature , il s'ell en quelque forte abaiiié à la
portée de ceux qu'il vouloit inftruire, à la manière de penfèr
de ceux qu'il daignoit infpirer, UEgliie , fidèle dépofitaire
de la Foi , ennemie nécelîàire de toute nouveauté qui
pourroit y donner atteinte ,^ craignit d'abord ; elle arrêta la
promptitude de quelques Ecrivains : elle crut fans doute
cette précaution néceflàire , pour empêcher que les foibles
ne fuifent fcandaiifés. Mais on s'efl familiarile depuis avec
ie fyfcème ; de nouvelles découvertes lui ont concilié le
plus grand degré de certitude; ie danger d'ailleurs a ceffé:
î'Eglife ne s'oppofe plus à ce fyftème ; elle permet que,
dans ie centre même de la Religion , on le foutienne , au
moins comme la plus probable de toutes les hypothèïès.
Je parlerai plus au long , dans un autre chapitre , du plus
grand reftaurateur de l'Aflronomie au feizième fiècle , du
célèbre Tycho-Brahé; mais je ne puis me diipenler de
donner ici une légère idée de fon fyftème. Tycho éîoit
convaincu de la Iblidiîé de celui de Copernic ; mais l'au-
torité de l'Écriture -lainîe lui paroiiîoit décifive contre le
mouvement de la Terre: d'un autre côté, les Cieux folides
Sl incorruptibles de Ptolémée devenoient de jour en jour
plus infoutenables. Tycho prit le parti de faire quelque
changement au fyftème de Copernic, ou plutôt il en reftuiP-
cita un que Copernic attribue à Apollonius de Perge.
Dans le fyftème de Tycho , les Cieux font fluides : la
Terre eft au centre immobile. La Lune en vingt-fept jours
& demi, le Soleil en un an, fes Étoiles en vingt-cinq
mille ans , tournent autour de la Terre , félon le plan de
l'écliptique , duquel cependant la Lune s'écarte un peu : les
autres Planètes tournent autour du Soleil , comme dans le
fyftème de Copernic. Tous les Aftres d'ailleurs tournent en
^jnj IL Tim. m , i6,
2_t SyS TÈM E DE l'UnIVERS.
fens contraire, ou d'orient en occident autour de ia Terre;
5c ce mouvement commun s'achève en moijis de vingt-quatre
heures: enfin, outre ce mouve;ment commun, outre le mou-
vement propre àç^s cinq Planètes autour du Soleil , cet Ailre
leur en communique encore un abfolument égal & fembiable
à celui qui l'emporte autour de la Terre. Cette multiplicité
de mouvemens e(t-elie bien naturelle l Peut- elle avoir une
caufe phyfique! Comment le Soleil agit-il fur Mars, Jupiter
& Saturne, fans agir fur la Terre qui le trouve fou vent entre
ces Planètes & lui ! Les Planètes emploient pour leur révo-
lution autour du Soleil à^s temps proportionnés à leurs
diftances , pourquoi l'Etoile la plus éloignée n'empîoie-t-elle
pas plus de temps que l'Aflre le plus proche , à achever fa
révolution diurne autour de la-Terre ! Enfin , quelle préci-
pitation dans ce mouvement diurne I elle efl plus grande que
celle de la lumière. Il eft facile de prouver que dans le
iyllème de Tycho, n'admettant entre les Etoiles fixes & la
Terre que la diftance néceffaire au mouvement à^s Comètes ,
il y a à^s Etoiles qui parcourent un million de lieues dans
i'elpace d'une féconde, c'efl-à-dire dans le court intervalle
de deux battemens de cœur. Il y a déjà long -temps qu'on
a prononcé que ce fyflème n'avoit point été diélé par la
Nature, mais inventé feulement pour obvier à à^s difficultés
iàns doute chimériques : je me tiens à ce jugement ; & dans
t^ut le cours de cet Ouvrage , je fuppoferai la vérité du
ème de Copernic.
^^i-"^,
PREMIERE
liilH I II I jiii I ji«Mi»utwJtbiiwj5>t-jii-i^K'-f ^^A^A^.iL'jm?jai:!t.j^u!S^^
PREMIERE PARTI E.
^Expojîtioii de la do£lnne des Philofophes j fur la
nature &" le lieu des Coinctes,
CHAPITRE PREMIER.
Des Comètes en général , &" de leurs principaux phénomènes.
E S premiers Aflronomes , après avoir acquis une con-
îioifl'ance générale du mouvement des corps céleiles , furent
bientôt frappés par de nouveaux fpeélacles que ie Ciel
parut leur offrir : tantôt un arc éclatant préfentoit à leurs
regards furpris les couleurs les plus vives & \qs plus diverfi-
ïïtQs ; tantôt un cercle lumineux , mais d'une couleur plus
douce & moins variée , fembloit , comme une elpèce de
couronne, entourer la Lune & le Soleil : quelquefois même
ces Afîres principaux fe multipiioient en quelque forte ; à
quelque diftance d'eux , on voyoit leur image repréfentée
avec leurs couleurs & prefque avec leur éclat naturels : ici ,
le Soleil plongé fous l'horizon, lançoit le long de l'Ecliptique
comme une longue trace de lumière ; là , le Ciel paroifloit
tout en feu ; ÔlQs colonnes , à^s jets de flamme fè fuccédant
avec la plus grande vivacité, frappolent d'admiration f Obfer-
vateur : on chercha fans doute la caufe de ces phénomènes.
Il ne fut pas difficile de s'apercevoir que l'iris ou arc- en-ciel,
ies couronnes , \ç:s parhélies & les parafélènes , ne dévoient
leur exiftence qu'à la différente modification de la lumière : ou
ies nomma Météores. En générai, on donna ce nom à tout
ce que l'on crut engendré de nouveau dans l'air , tels que les
éclairs , les globes de feu , \qs étoiles tombantes , \^s feux
follets, Sec. Je doute que l'on ait bien obfervé la lumière
zodiacale: quant à l'Aurore boréale ^ on la regarda comme
Tome L D
i6 Doctrine des Philosophes
un prodige ; c'étoit le Ciel en feu , c'étoit des flambeaux
ardens qui menaçoient;^ la Terre, c'étoient des armées rangées
en ordre de bataille ; fouvent même on s'imaginoit entendre
le cliquetis àes armes & des boucliers.
Un autre phénomène parut plus furprenant que tous ceux
dont je viens de faire i'énumération : de nouvelles Etoiles
s'ofîl'oient de temps à autre aux regards de i'Oblervateur ;
leur durée s'étendoit à plufieurs jours , plufieurs iemaines ,
plufieurs mois ; cela feul devoit les faire diftinguer des
météores , dont la durée efl en quelque forte momentanée :
mais on remarqua de plus que leur lieu dans le Ciel étoit
indépendant de celui de tous les Aftres connus ; il n'étoit
point déterminé à fEcliptique, comme la lumière zodiacale;
aux parties leptentrionales du Ciel, comme l'Aurore boréale:
on ne \qs obfervoit pas toujours dans une oppofition confiante
au lieu du Soleil , comme les iris ; elles n'accompagnoient point
perpétuellement le Soleil & la Lune , comme les halons ou
couronnes. Toutes les parties du Ciel leur éîoient en quelque
forte indifférentes ; il n'y en avoit point où ces nouvelles
Etoiles ne puiTent paroître & ne parufftnt effeélivemeM (û).
Ces nouvelles Etoiles font de deux fortes ; les unes^
fembiables en tout aux Étoiles fixes , ont le même éclat i
emportées d'orient en occident par le mouvement diurne
commun à tous les Aftres , elles n'ont d'ailleurs aucun mou-
vement propre ; tant qu'elles- paroiflent , elles obfervent tou--
jours la même pofition entre \qs autres Etoiles. Lorfqu'elles
ont atteint le plus grand éclat dont elles font fufceptibles
(a) Pline, Hifl. nat. liv. Il,
n. 22, chap. XXV , fait dire à Ariftote
qu'on ne voit jamais de Comète dans
Ja partie occidentale du Ciel : on a
déjà remarqué que Piine n'avoit pas
faifi la penfée d'Ariftote. Toutes les
Ccmètes que nous avons vues , dit
ce Philofophe , ont difponi de dejfus
rhoriipn fans Je coucher : il parle
manifeflement du coucher héliaque.
II ne s'agit ici que d'un fait : il efl
très-poffible que les Comètes obfer-»
vées , ou plutôt vues par Ariftote ,
aient difparu par leur trop grand éloi-
gnement de la Terre , & ne fe foient
pas plongées dans les rayons du Soleil ,
ce qui auroit fait leur coucher hé-
liaque : c'efl ainfi que nous avons
vu difparoître les Comètes de 1758;,
de 1759, & bien d'autres,
SUR LES Comètes. 2.j
ielon les circonflances de leur apparition , elles diminuent
de jour en jour, & fembient enlin rentrer dans le néant
dont elles avoient paru fortir : telles furent les belles Etoiles
obfervées en i 572 par Tycho dans Caiîiopée, & en i 604,
par Kepler dans le Serpentaire. Les plus fages Philofophes font
perfuadés que ces Etoiles ne s'anéantiffent pas , qu'elles ne
fe dilTipent pas même ; que félon des loix confiantes , mais
inconnues , elles peuvent paroître & difparoître dans des
temps réglés : en effet , on en a découvert dans le Cygne &
dans la Baleine deux, dont les retours périodiques font déter-
minés. Ces Etoiles n'ont point d'autre nom que celui d'Étoiles
nouvelles ; lorfque la période de leur apparition efl connue,
on les appelle Etoiles changeantes ou variables.
Les Étoiles nouvelles de la féconde efpèce ont des carac-
tères plus diilinélifs : le premier & le principal efl que,
outre le mouvement diurne commun à tous les Aflres, elles
ont toutes un mouvement propre ; caraétère qui leur efl
commun avec les Planètes. Ce mouvement propre n'a point
de direélion déterminée ; ces fortes d'Etoiles font emportées
quelquefois d'occident en orient comme les Planètes ; quel-
quefois d'orient en occident, dans une direélion abfolument
oppofee ; il en efl qui dirigent leur marche du midi au
feptentrion ou du feptentrion au midi : la direélion du mou-
vement des autres efl moyenne entre ces diredions principales^
Mais ce qui a dû paroiU'e d'abord plus furprenant, c'efl que
ces fortes d'Etoiles ne font point confiantes dans leur mou-
vement: elles faccelèrent, elles le retardent, elles changent
même de direétion ; telle qui tendoit d'abord vers l'orient,
s'arrête dans fa courfe, déclir.e au midi, & prend enfin fa
route vers l'occident. L'inattention, le préjugé, l'ignorance
ont jugé qu'elles erroient au hafàrd : la raifon a découvert
une vérité , le mouvement de la Terre ; l'irrégularité du
mouvement des Comètes a difparu : ces variations apparentes
ne font plus qu'une fuite nécefîaire de la Phyfique la plus
fimple & la plus fage.
Secondement, ces nouvelles Etoiles doivent avoir quelque
Di]
28 Doctrine des Philos ophes
durée; autrement ii feroit difficile de ne les pas ranger dans
Ja claffe àes météores : ainfi, Jorfque nous iifons dans Thifloire,
qu'il parut en i 527 une Comète effrayante, qui ne dura que
cinq quarts d'heure ; ce peu de durée décide le météore ,
nous ne pouvons l'admettre dans la cladë des Etoiles dont
ii s'agit ici : c'efl abufivement que \qs hilioriens de ce fiècle
iui ont donné ie nom de Comète. Ce n'eft pas qu'il ne foit
poffible qu'une vraie Comète ne foit vue qu'une feule nuit;
mais il faut alors que fa difparition puiiïe être rejeîée lur le
mauvais temps , flir l'entrée dans les rayons du Soleil , fur la
trop grande diflance à la Terre , diftance à laquelle l'Aflre
ne peut parvenir que par degrés. Au refle , ce caraélère n'eft
elTentiel que pour reconnoître les Comètes dont les Anciens
font mention ; le mouvement diurne, joint à un mouvement
propre réglé, nous iuiiit maintenant pour exclure toute idée
de météore.
Troifièmement , l'éclat de ces fortes d'Etoiles diffère ordi-
nairement beaucoup de celui des Étoiles fixes. On diflingue
aflez fouvent au milieu un point lumineux & très-éclatant ;
mais ce point efl toujours environné d'une efpèce de nébu-
iofité mai terminée , qu'on nomme chevelure ; & de- là ces
fortes d'Etoiles ont été nommées Comètes : le terme efl grec
& figniiie Etoiles chevelues. Le point lumineux efl appelé
noyau ; & le noyau , conjointement avec la chevelure ou
î'efpèce de nuage blanc qui l'environne , eft nommé îéte de
ia Comète : outre cela , les Comètes font ordinairement
précédées ou fuivies d'une longue trace de lumière blan-
châtre , affez femblable à celle de leur chevelure : cette trace
de lumière eft connue fous le nom de queue. On diflmguoit
autrefois la trace qui fuivoit ia Comète ou c]uî étoit dirigée
vers f orient , de celle qui la précédoit ou qui s'étendoit
vers l'occident ; la première portoit ie nom de queue , on
donnoit celui de harhe à la féconde : nous verrons bientôt
une autre diflinétion de la chevelure & de la barbe.
Quatrièmement , on a remarqué qu'une même Comète
ne confervoit ni fon éclat, ni fa forme durant ie temps de
SUR LES Comètes. 29
^n apparition : piufieurs font d'abord fimpiemenî chevelues »
on n'y diflingue point de queue; elles en acquèrent au bout
de quelques jours, & cette queue devient quelquefois d'une
Joiioueur prodigieufe; mais il femble que ce foit aux dépens
de la chevelure , qui paroit diminuer à proportion. La queue
perd enfuite elle-même tous les jours de fa grandeur & de
fon éclat: la tête devient également plus petite; l'une &
i'autre décroît de manière que le phénomène échappe enfin
à nos yeux. C'eil généralement ainfi que dllparoitrent toutes
les Comètes , à moins qu'elles ne fe perdent dans les rayons
du Soleil, avant qu'elles aient atteint le dernier période de
ieur petitefTe fenfible. On a cru long-temps que les Comètes
paroiifoient tout-à-coup dans leur plus grand éclat i c'eil qu'on
ne les cherchoit pas ; c'efl qu'on ne les voyoit que quand
elles ofiLifquoient en quelque façon les regards : piufieurs
expériences nous ont convaincus qu'elles ont des degrés
d'accroitfement comme elles en ont de décroiiièment.
On a dû remarquer dès le commencement, que les Comètes
paroilîent d'autant plus grandes & d'autant plus éclatantes que
leur mouvement propre apparent eft plus précipité , il étoit
naturel d'en conclure qu'elles étoient alors plus voifines de
la Terre : on ne l'a pas fait. La diminution de leur grandeur
& de leur beauté obferve une forte de proportion avec Je
ralentiflement de leur mouvement: font-elles fur le point de
difparoîire, leur mouvemenî: iemble ceffer, ou même le plus
louvent il fe courbe , & prend une direélion oppofée à celle
qu'il avoit fuivie julqu'alors.
Gaffendi fùj prétend que depuis le temps auquel un©
Comète a été vue dans fon plus grand éclat , elle ne femble
parcourir dans le Ciel qu'un quart de grand cercle au plus %
h chofe arrive ordinairement ainfi; mais il peut y avoir &
il y a réellement des exceptions à cette règle.
{bj Pli/f, feâ, II, lib, Vf ds nat. ù" loco Ccmetarum, cap, i ^ tom> Ij,
operum,
30 Doctrine des Philosophes
En attendant que nous démontrions que les Comètes
font de vraies Planètes , nous définirons , d'après Claude
Comiers (c) , une Comète , un corps lumineux qui paraît de
nouveau dans le Ciel avec une durée remarquable : il feroit à
propos d'ajouter que ce corps lumineux doit avoir quelque
mouvement propre, ou du moins qu'on doit y remarquer
quelque chevelure ou quelque queue, afin de ne pas con-
fondre les Comètes avec Iqs Etoiles nouvelles. Mais {qs
Comètes quelquefois n'ont point de queue ; les Anciens ont
fouvent négligé de remarquer le miouvement propre des
Comètes ; les Etoiles nouvelles paroiffent rarement : il y a
donc lieu de croire que la plupart au moins des corps
iumineux, que les Hiftoriens nous difent avoir paru de nou-
veau dans le Ciel avec une durée remarquable, ont été de
véritables Comètes. D'ailleurs , dans la féconde Partie de cet
ouvrage, nous rapporterons fidèlement les termes à^s Anciens;
chacun fera en état de porter fon jugement fur la nature à^s
phénomènes qui s'y trouveront décrits.
Les Anciens partagepient les Comètes en dificrentes claffes :
ia figure , ia longueur , i'éclat de la queue , étoit ordinai-
rement l'unique fondement de ces diflinélions. Mon premier
delîëin étoit de les patfer fous filence , comme inutiles &
abfolument imaginaires : mais le même principe qui vient
de me dicter une définition imparfaite des Comètes, m'en-
gage à donner une légère idée des différentes claffes que
leur affignoient les Anciens ; nous ferons plus en état de
décider fi les phénomènes dont ils nous ont tranfmis quelque
connoiffance , méritent d'occuper une place dans i'hifloire
des Comètes proprement dites. La définition de Comiers
lîous autorifera à exclure plufieurs phénomènes auxquels ils
ont donné mal-à-propos le nom de Comètes : la divifion de
Pline nous donnera peut-être lieu de regarder comme vraies
Comètes , des phénomènes auxquels ils n'ont pas cru devoir
xJonner ce nom.
(c) La Nature i;^ prêfage des Comètes, chap, i,
SUR LES Comètes, 31
Pline fJJ diflingiie douze eijpèces de Comètes : « On voit
àes Comètes proprement dites; elles effrayent par leur cri-
nière de couleur de fang : leur chevelure hériiîee ie porte
vers le haut du Ciel. Les Barbues f Pogonia ) lailfent
defcendre en bas leur chevelure , en forme d'une barbe
majeftueufe. ^ (Ces deux premières efpèces peuvent être ran-
gées dans la même clalTe, puirqu'elles ne diffèrent que par la
diredion de leur queue). « Le Javelot (Aconûas) femble fe
lancer comme un trait ; auffi l'effet le plus prompt fuit de
près fon apparition : fi la queue eft plus courte & fe termine
en pointe, on l'appelle Epée ( Xiphias) ; c'efl la plus pâle de
toutes les Comètes; elle a comme l'éclat d'une épée fans aucun
rayon. Le Plat ou le Dilque ( Difceiis) porte un nom con-
formée à fa figure ; fa couleur eft celle de f ambre : il naît
quelques rayons de {qs bords , mais en petite quantité. Le
Tonneau (Pitheus) a réellement la figure d'un tonneau , que
l'on concevroit enfoncé dans une fumée pénétrée de lumière.
La Cornue ( Ceraùas ) imite la figure d'une corne, & la
Lampe ( Lawpadïas ) celle d'un flambeau ardent. La Che-
valine ( Hîppeiis ) repréfente une crinière de cheval qu'on
agiteroit violemment par un mouvement circulaire, ou plutôt
cylindrique. Telle Comète paroît auffi d'une hnguiière blan-
cheur , avec une chevelure de couleur argentine ; elle eff
tellement éclatante, qu'on peut à peine la regarder : on y voit
l'image de Dieu fous une forme humaine. 11 y a d^s Comètes
hériflées ( hïrti , & non pas hïrcï comme plufieurs ont lu ) ;
elles reffemblent à des peaux de bêtes , garnies de leur poil ,
& font entourées d'une nébuiofité. Enfin l'on a vu la che-
velure d'une Comète prendre la forme d'une lance. « Telle
efl la divifion de Pline : je ne me flatte pas de l'avoir rendue
également intelligible en toutes ï^s parties ; mais je crois
qu'il fera plus facile de reconnoître Pline dans ma traduéfion ,
que dans la paraphrafe qu'en fait Hévéiius, & fur- tout dans
les figures qu'il a gravées de toutes ces efpèces de Comètes»
(d) Lib. 1 1 , Hïfl, natur. n. 22 ; cap. XXV.
^z Doctrine des Philosophes
Il paroît que ie principal but de ce céièbre Aflronome,^
meilieur Obfervateur que Phyficien, a été de plier ies paroles
de Piine au fyitème qu'il avoit imaginé flir la nature àç,s
Comètes ( e )» Sénèque met ie Tonneau au nombre des
météores; félon iui (f) c'efî: un vafte feu de figure fphéri que,
qui fous ia forme d'un tonneau efl emporté dans l'air , ou fe
coniume en un même lieu. La figure ronde ou fphérique que
Sénèque donne à ce phénomène, exciud néceiîairemenî l'idée
que s'en efl formé Hévéiius. La Comète Xiphias repréfente,
felon Pline, la lame d'une épée; mais il n'efl jamais venu
dans l'écrit de Pline d'y adapter une poignée fembiable à
celles qu'Hévélius a repréfèntées dans {qs planches.
Dans le chapitre fuivant, ( g ) Pline donne la defcription
à^s Flambeaux & à&s Poutres (Faces & Trahes ) ; il l^s
diflingue manifeflement àç:s Comètes; le phénomène qu'il
apporte en exemple au Flambeau , n'eft autre chofe qu'un
météore. Arifloîe (h) & Sénèque (i) avoient pareillemejit
rangé \qs Flambeaux & les Poutres dans une clalfe différente
de celle des Comètes : je ne fais cependant fi cette diflinc-
îion étoit appuyée fur à^s fondemens bien folides. Les Poutres
diffèrent à^i Comètes, félon Ariflote cité par Sénèque ^/'^^
en ce que le feu qui forme la Poutre efl continu , celui qui
conftitue la Comète ne l'efl: point ; celui de la Poutre efl
par-tout égal, fans aucun vide, fans aucune interruption; il
efl cependant plus denfè vers les extrémités. Je ne vois ici
que ia defcription d'une Comète , dont la queue feroit en
toute fon étendue d'une largeur égale à celle de la tête ; fauf
que ïi l'on VQuloit prendre trop à la lettre les paroles de
Sénèque, il faudroit reçonnoîtrje deux têtes à la Poutre, ce
qui , je penfê , feroit éloigné de la penfée de ce Philofophe.
Selon lui, d'ailleurs (l) , la Pouti-e paroît à ia partie la plus
(e) Hevel. Coînetogr, lih. Vlli ,
pag. 437 & feq.
{f^ L&.l, Nat lirai, quo'ft. c. XI V.
(g) HiJL ]Xh, Il f cap. xxyi ,
£1., 2^ , 26.
(h) Lib. î, MeteoroL
(i) S m. iib. Vil. JSatur. qiiœfi,
cap. V.
(k) Senec. ibid.
( l) H. ibi4.
élevée
s U R L E s C 0 M ETES. 33
élevée du Ciel : fixe à l'endroit où elle iè forme, elle n'elt
point le jouet du vent & de la tempête. Diodore de Sicile
rapporte (m) que peu avant la fubmerÇion àqs villes d'Hélice
& de Bura , on vit pluiieurs nuits de luiîe une lumière ardente,
qu'on appela la Poutre enflammée. Ariftote (n) prétend que
<:ette Poutre éioit une vraie Comète ; que ion trop grand
^clat fît paroître d'abord Ton feu continu ; mais que ion
ardeur s'étant ralejitie, elle parut fous la forme d'une Comète
.ordinaire. Ces paiïàges m'autorifent à croire que la différence
que les Anciens mettoi^nt entre les Poutres & \qs Comètes
^toit purement accidentelle: j'en dis autant à^s Colonnes,
qui ne difféi'oient à^s Poutres que par leur pofitioii verticale^
J'accorde donc à feu M. de Mairan que la Lumière zodiacale
&: l'Aurore boréale ont été quelquefois défignées parles Anciens
•ious les noms de Poutres , de Colonnes , de Comètes même;
inais en analylant, i'il eii permis àç.\Q. dire, les circonilances
des phénomènes rapportés par les Anciens , je crois m'être
convaincu que dans leur langage, ce font les vraies Comètes
qui iont le plus fréquemment &: le plus fpéciaiement défi-
gnées par les termes de Poutres &. de Colonnes.
J'en dis autant à.Qs Flambeaux. « Il y en a de deux iortes ,
dit Pline (0) , les Lampes ou Flambeaux proprement dits,
& les Traits (Bolides) : le Flambeau efl; une trace de lumière
dont une extrémité eil embrafée; le Trait, enflammé dans
toute fa longueur, a àçs bornes moins re(ferrées. >> La défi-
nition du Flambeau paroît convenir à une Comète dont la
tête ieroit fort brillante & la quene médiocrement longue. Une
autre raiion m'engage à faire entrer les Flambeaux dans
mon hifloire d^s Comètes , & je fuis en cela l'exemple de
Struyck : Tite-Live eft fans doute le premier des Hiilo-
riens Latins ; mais il efl en même temps le plus crédule
& le plus fuperfiiiieux de tous. Il femble s'être fait une loi
(m) Dïod. Sic. lib. XV.
(n) Ariftot. lib. I , /Jleteor. cap. VI. Senec loco ckato,
(0) Plin. loco ciîato.
Tome L
34 Doctrine des Philosophes
de raiïembler les {2h\QS îes pius groiTières , îes contes les pîos
ridicuies que les fafîes de là République ont pu iul olîrir;
en cette partie , ii ne nous fait grâce de rien ; tout ce
qui peut amufer l'inutile oifiveîé d'un ieélem* incapable de
réfléchir , tout ce qui peut ébranler le foibie cerveau d'un
enfant timide , tout trouve également ià place : ici des ani-
maux acquièrent le don de la parole , pour avertir Rome
A^s malheurs dont elle eft menacée : là , à^s ftatues ina-
nimées , tranfporlées fans le fecours de main d'homme^
annoncent les derniers délàflres : ici les fils, dont la campagne
efl fouvent couverte dans les beaux jours de l'automne , font
transformés en une pluie de laine : là , f Aurore boréale nous
eft reprélenîée comme un embrâfement général du Ciel , ou
même comme le choc de plulîeurs armées qui iè livrent en
i'air des batailles fanglantes : ailleurs , au lieu de nous dire
qu'il a dégelé , on nous apprend que les idoles des Dieux
ont été trouvées couvertes de lueur. Jules-Obféquens , auteur
qu'on conjeélure avoir vécu vers la fin du quatrième fiècle,,
a appréhendé qu'une fi précieufe partie de l'hifloire Romaine
ne pérît par la fucceffion à^s temps ; il nous l'a précieufement
conlèrvée dans un ouvrage qu'il a intitulé : des Signes & des
Prodiges. Cet ouvrage de Jules-Obféquens n'a pu parvenir
jufqu'à nous en entier; mais Lycoilhènes , auteur du feizièrae
iiècle, en a rempli {qs lacunes avec toute la fidélité poffibiep
affeélant de n'employer que les propres exprefTions de Denys
d'Halicarnalîe, de Tite-Li ve &. des autres Anciens» Or , depuis
la fondation de Rome jufqu'à l'année de la mort de Céfar^
je ne trouve aucune mention de Comètes dans aucun de
ces Auteurs : efî-il poifible qu'il n'en ait réellement parut
aucune dans i'elpace de fept cents dix ans. Efl - il vrailèm-
biable que les Romains n'aient pas mis \qs Comètes au
nombre àç^s prodiges! £ft-ii enfin croyable que ài^s Tite-
Li ve, des Jules-Oblétjuens , aient pu les paiïer fous filence!
Non , fans doute : ils ont parlé ài^s Comètes ; ils nous
apprennent qu'il a paru de temps en temps dans le Ciel à^s
flambeaux, des traits^ des boucliers ardens ; c'eil probablement
s U R L E s C O M à T E S\ J J
fbiîs c^% noms qu'ifs nous ont défigné \qs Comètes, Tel eil le
fondement fur lequel je m'appuierai pour iniérer dans mon
catalogue ài^s Comètes , ies flambeaux &: ies boucliers ardens
de Tite-Live & de Jules- Oblequens : au relie, j'empioîraî
toujours ieurs propres expreflions ; le Le^eur en portera fou
jugement avec connoifîance de caufe»
Avant que de finir ce chapitre, il efl à propos d'obvier à
une obje(5îion qu'on peut faire fur à^s Comètes , dont i'appa-
rition femble fixée à un feul lieu , quelquefois pe,u connu»
Nous verrons dans la fuite que les Comètes font de nature
à pouvoir être vues dans tout un hémifphère de la Terre : en
confequence , une Comète qui aura été vue, par exemple;,
à Prénefte, a nécefTairement été vifible à Rome. Cette réflexion
ne feroit-elle pas naître quelque doute fur un Flambeau que
Tite-Live & Jules - Obféquens nous difent avoir été vw à
Prénefte , fans ajouter qu'on le vit pareillement à Rome !
On conviendra , du moins , que ce Flambeau pafferoit bien
plus indubitablement pour une vraie Comète , fi l'on nous
afîliroit qu'il a été vu dans toute l'Italie. Il eft cependant
poffible qu'une vraie Comète n'ait été vue qu'à Prénefte ^
dans un temps où l'on ne règardoit les Comètes que comme
de fuTiples météores indignes d'obfervations fuivies , dans
un temps où il n'y avoit pas même d'Aftronomes afîez
courageux pour confacrer leurs veilles à l'étude du mouve-
ment àts Aftres: la vue à^s Comètes étoit alors en quelque
forte l'effet du pur hafàrd. Ainfi , une Comète qui peut-être
dans les grands jours de l'été n'aura paru que très -peu de
nuits dans un éclat capable tPattirer les regards, aura pu être
vue à Prénefte & non à Rome. De plus, une Comète peut
avoir été également remarquée à Rome & à Prénefte : différens
Auteurs l'auront infcrite dans \qs Annales relpeélives de leur
ville ; \^s Annales de l'Auteur de Prénefte auront feules été
connues de Tite - Live ; celui - ci , par une conléquence-
néceffaire , n'aura pas pu dire que cette Comète a pareillement
été vue à Rome. 11 y a moins de difficulté lorfque les lieux
ibnt plus diftans : le Ciel eft ordinairement plus ferein en
E ij
36 Doctrine des Philosophes
Italie qu'en France. Une Comète, plus élevée fur l'honzoïr
de Rome, de Naples, de Conflantinople que fur celui de
Paris, peut échapper à nos regards , lorlqu'eile paroîtra très-
éclatante aux Aftroiiomes de la Grèce & de ritalie. D'ailleurs,,
comme je l'ai. dit,, je rapporterai par- tout mes autorités : je
iaiiïe au Ledeur le droit d'en juger,.
C H A^ P r T R E I iv ^
Sentîmens des anciens Chaldéens è^ des anciens Egyptiens-
fur la nature des Comètes^
J_j 'Egypte, arinfi que îà Chaîdée aux environs de Babyîbne,
formoit un terrein Ipacieux & uni, qu'aucune éminence n'in-
terrompoit; aucune montagne ne nuifoit à la contemplation
du Ciel : d'ailleurs , la féréniîé afîez confiante du Ciel, invitoit
à' l'obfervation des phénomènes céleik^s^ Les Egyptiens & les
Chaldéens s'appliquèrent donc à la connoiiîànee des Ailres (a)r
i'Aftronomie leur efi fans doqte redevable de fon origine»,
Mais cette Aftronomie primitive fut-elle d'abord auffi parfaite-
que plufieurs Modernes fèmblentlefuppofer? J'ai iû Hérodote
&Diodore de Sicile fur les connoiflances de ces deux peuples;
l'en ai conclu que quelques vérités Agronomiques leur avoienî-
(été d'abord connues, mais que leur fcrence étoit fi imparfaite,,
& entre-mêlée de tant.de fables , qu'autant auroi4-il valu qu'ils
iliffent reliés dans la plus profonde ignorance: on peut en
voir le détail dans les deux Auteurs que j'ai cités ^^^. J'avoue
que j'ai eu,, en eoniéquence, beaucoup de peine à me per-
fuader que de tels, hommes aient eu quelque connoiflance du
,Vîai lieu & de la nature àçs Comètes,
Et comment les Chaldéens auroient - ils pu ie fonder flii'
(a) Cicer.de Divith lib. I. cap. XLîl.
fv) Diod.SicWh. II, cap. m & viiî. Mer s dot, Vih. Il , pa^p^mi
Yide etlam. Lucianum in libr, de AJîrologiâ,:
SUR LES Comètes. 57
ées principes foiidcs pour prédire les retours des Comètes î
Selon le témoignage d-e Diodore de Sicile, ils n'avoient rien
de fixe , rien de certain fur les éclipfes du Soleil : partagés-
en mille opinions différentes , ils craignoient de m-ettre atî^
jour ce qu'ils en penfoient ; ils ofoient encore moins \çs'
prédire Y^y. L'ancienneté de leurs Gbfervations , avant l'ar-
rivée d'Alexandre -le -Grand à Babylone , remontoit feioff
eux à quarante -huit mille huit cents foixante- trois ans; &
durant cette longue fuite de fiècles , ils n'avoient obfervé
que trois cents foixante-treize écW^^hs de Soleil & huit cenîs>
trente-deux de Lune :• c'eft Diogène - Laè'rce c|eï nous- ew
affure ( d). \\s n'obfervoient donc qu'une ï(i\\\Q éclipfe de-
Soleil en cent trente -un ans, & une fenk d© Lune en vtm
peu moins de cinquante-neuf ans.
Si la connoiifance de la nature des Comètes eût été telle'
en Egypte & en Chaldée, qu'on eût pïi prédire leur l'etourj,,
& cjue l'événement eût confirmé ia certitude de la' prédic-
tion, eft-il croyable que cette fcience fe fût' altérées, fe fût'
entièrement perdue! Nous trouvon:6 bien que du temps* de
Sénèque ,, & même auparavant , quelques Phiiofophes raii-
geoient les Comètes dans la clalîè àQ5 Planètes; mais nQ\.]s-
îi'avons aucun exemple d'une Comète prédite & qui ait paru:
au temps annoncé.- Quel triomphe pour la caufe de Sénèque:
qu'une prédidion de cette efpèce , & avec quelle eomplaifance;
ne nous en auroit-il pas tranfmis le fouvenir !
Mais, dit -on 5. Diodore de Sicile témoigne expreffémenfï
que les Chaldéens. & les Egyptiens annonçoient le retour des
Comètes. Voici le pafTage de Diodore au fu jet des Chaldéens i-
« Les Chaldéens, dit-il, par une longue fuite d'obfeTvatronSj,.
ont acquis une connoiflance fupérieure à^s mouvemens & ««
des corps céleftes ; connoiffance qui les met en éîaî d'annoncer'"
les évènemens futurs de la vie des hommes : mais, félon eux, «^
cinq Etoiles qu'ils nomment interprètes, & que ïes autres •«-
(c) Diod. loco ckato , cap. VIII,
(d) In Proœm. de vitis Philofoph,
38 DûCTRrNE DES PHILOSOPUES
nomment Planètes, méritent une confidératlon particuîîére ;
leur mouvemenj: eft d'une efficace bien fingulière, . . . Eiies
annoncent auffi l'apparidon des Comètes , ies éclîpfes du
Soieil & de la Lune, \qs îremblemens de terre ; tous ies
chaiigemens qui arrivent dans l'air, foit que ces changemens
fbient faiutaires , foit qu'ils foient pernicieux , tant aux Nations
entières qu'aux Rois & aux fnnples particuliers (e). » Ainfi \ç.s
Chaidéens , d'après \q^ difFérens alpe6ls des Planètes , pou-
voient prédire des générations de Comètes : plufieurs l'ont fait
à leur exemple jufqu'à ce fiècle-ci même (f); & fi l'événement
a quelquefois favorifé la conjeéîure , on l'attribuera, je penle,
à une elpèce de hafard , plutôt qu'à la folidité des fondemens
qui appuyoient la prédiélion.
Dans un autre livre , Diodore ayant parlé de la Poutre
enflammée qui parut vers l'an -i^j-i^ avant l'ère Chrétienne,
il ajoute : « Quelques Phyficiens rapportoient ce phénomène
à à^s caules naturelles : ils prétendoient que ces apparitions
avoient à^s retours réglés, & que les Chaidéens de Babylone
& d'autres Aftrologues , en faiioient à&s prédiélions imman-
quables ; qu'ainfi , au lieu de s'étonner de ces fortes de
Ipeélacies , ils feroient extrêmement furpris que la période
(e) Dïod. Sic. Ub. IL J'ai traduit
fur le grec , & je crois avoir rendu
ie fens du texte plus fidèlement que
r.c i'a fait M. Pabbé Ter^aflbn. Voici
fa tradudion : « Ils prétendent auffi
3> que les apparitions de Comètes ,
3> les éclipfes de la Lune & du Soleil ,
3j les tremblemens de terl-e , & tous
:>i les changemens qui arrivent dans
3> ïa nature , font des préfages de
3> bonheur & de malheur, non-feu-
33 lement pour les Nations entières ,
33 mais encore pour les Rois & les
maJridres particuliers. » Il efl facile
de voir que dans cette tradudion
même , il n'eft point dit que les
Chaidéens annonçaffent le retour des
Comètes.
(f) Marie-Marguerite "Winckel-
mann , époufe (d'ailleurs très-recom-
mandablepar fk fciencc & fes lumières)
du célèbre Godcfroi Kirch , fit impri-
mer en 171 2 un Ouvrage in - ^.*
fur la triple oppofition de Jupiter &
de Saturne en 1713 : elle prétend
prouver , par des exemples , que de
telles conjonèlions ou oppofitions
produifent toujours des Comètes. Elle
annonce , modeftemenî cependant ,
l'apparition d'une Comète pour l'au-
tomne de 1712 , à caufe de la con-
jon(51ion de Saturne & de Mars ; <Sc
comme cette conjon6lion arrive dans
le Lion , la Comète menacera de
mort un Prince puiffant, à la naifiance
duquel le figne du Lion aura préfidé :
l'événement a démenti la prédi(51ion,
, Ad a Eriidit. an, jiyj2g pag. 780
N SUR LES Comètes. 39
éternelle & conilanîe Je tout ce qui le pafie daos la Natore ,
îîe les ramenât pas dans les temps déterminés ( g)^ ^ Par
isne note que M* fabbé Terrailbii ajoute {iij, il paroll que
icîon lui les Chaidéejis regardoienî cette Foutre ou Comète
comme un météore ; & je crois qui! a railbn. Le palîàge de
Diodore /explique îiaîureiiemejit par le pafege précédent :
les Qhzlàéens auroknî été furpris que la période éternelle &
confiante de quelque conjonàioiî , de quelque oppoiitioîî,
de quelqirautre aîpeél que ce fût à^s Planètes , neût pas
ramené cette Comète dans les temps déterminés.
« Les Egyptiens, dit le même Diodore , oblêrvent l'état
& \Qi mouvemens à&s Aflres avec tout le foin poffible. Ils
confervent précieufement les oblèrvations faites chez eux
depuis un très-grand nombre d'années. Ils tiennent des notes
exaéles & détaillées de tout ce qui regarde le mouvement,
le retour périodique , le lieu à^s Planètes ; à^s forces que
chaque Planète exerce à la nailîance à^s animaux; è^i biens,
à^s maux que leur différente pofition a produits : en confé-
quence, ils prédifent fouvent aux hommes ce qui doit leur
arriver dans le cours de leur vie , & l'effet fuit la prédiélion ;
il n'eil pas rare de les entendre annoncer les maladies qui
doivent frapper les hommes ou les animaux : enfin , par d.ç^î>
obfervations accumulées depuis long -temps, ils prévoyent
les îremblemens de terre , les inondations , la naiiîànce Aqs
Comètes , & généralement tout ce qui paroît furpafîer la
portée de l'eiprit humain (i), ■>■>
Eudoxe , félon Sénèque , fut le premier qui apporta
d'Egypte en Grèce la connoiffance à^s mouvemens à^s
Planètes ; mais il ne parle point à^s Comètes : il eft naturel
d'en conclure que cette partie de l'Aflronomie étoit inconnue
aux Égyptiens mêmes, c'eft- à-dire, aux obfèryateurs \q$
plus attentifs de tous. Conon fit auffi d'amples recherches f
(g) Dwd, lib. XV. J'ai employé ici la traduétion de l'abbé TerralTon.
(h) Tome IV, pages 335 & 336.
(i) Dkd. Sk. lib. J, fea. II.
,40 DocTRrN.E 'des Pmflosophes
il raffembia. ies éclipCes du Soleii obfervées en Egypte : M
paiïe les Comètes fous fiience, ce que certainement ïï nau-
Toit pas fait, s'il eût pu puiler chez les 'Egyptiens cjueique
-fronnoiifance de ces phénomènes ( k)..
Ces pailages m'autoriient à conclure que nous devons , il
-ell vrai,, regretter la perte des obrer valions Chaidéennes &
Égyptiennes; que nous y aurions puàie de grandes con-
lîoifîànces fur ies mouveniens (Xqs Planètes, ^ fur -tout fur
Mes éclîpfes du Soleil & de la Lune; que nous aurions pu
même y rencontrer àQS apparitions de Comètes, au nombre
ÂQs effets produits par Ïqs diflèrens a{pe(5ts des autres corps
céleftes : niais que nous y aurions cherché en vain àçs obfer-
¥atioi,is de Comètes plus détaillées que celles que nous
.trouvons dans ies auteurs Grecs & Latins ; & que fur-tout
ici théorie à^s Comètes que nous y aurions puiiee, n'auroit
pvi être qu'abrolument fauitè & deflituée de tout fondement.
Je ne puis a(fez téiiioigner combien je fuis étonné de
l'oubli parfait où ell; tombi tout ce que les Chaldéens &
les Egyptiens avoient pu fnire d'utile pour le progrès de
i'Aftronomie , tandis que \çs fables ridicules de l'Aibologie
judiciaire , dont ils paroideut certainement les inventeurs ,
jont été fi généralement & fi long -temps en crédit & en
Iionneui> Et plût à Dieu qu'il ne refcât plus aucun velîige
.Je cette folie., fi hautement & Ti fouvenî démentie par i ex-
périence! Mais quelques rencontres fortuites, peut-être aufli
l'autorité à^s grands hommes que ie préjugé a autrefois
féduits, font encore impreffion fur àçs eiprits attachés à la
vérité, mais trop foibles pour réfifler aux impreiïions de
l'erreur. Pour ce qui regarde l'origine de cette Icience frivole,
je ne crois pouvoir la caraélérifer mieux, qu'en empruntant
les paroles de Pierre Petit, Intendant des fortifications : « Les
» Chaldéens, dit ce judicieux écrivain, font \qs inventeurs de
» i'Aflronomie & de TAflrologie; de celle-ci, pour abufèr
» ies peuples , le rendre recommandabies , en tirer du profit ,
- ^k) Senec. Naîur, Quœft, iifa, ^11^ cap, llî?
SUR LES Comètes. 41
& fubvenlr aux néceflités que l'étude fublime & fpéculative, «
telle que i'Aftronomie , engendre d'ordinaire. La dodrine «
de ces inventeurs de fo'ies fe répandit par fucceffion de «
temps en Egypte, en Grèce & par-tout : les habiles Princes «
y trouvèrent leur compte pour la politique; les faux Prêtres, ce
pour leurs impies religions ; beaucoup de mauvais Phyficiens «
& pauvres Agronomes, pour un fecours à leurs néceflités, «
qui leur étoit fourni par {qs riches ; les Poètes , pour de ce
beaux iujets d'exercer leur enthoufiafme poétique ; & {qs «
Hiftoriens , pour écrire au^ goût & dans le fentiment du «
vulgaire ( l)» » Petit déclame principalement contre les
Hiftorieiis : fai^nt profeflion d'être les hérauts de la vérité ,
ils ont été les échos de l'erreur ; c'eft chez eux que les
Aftrologues modernes ont trouvé des faits pour appuyer
leurs impertinentes rêveries : « Si Tite-Live vivoit encore ,
conclud-il, je ne pafl^rois jamais les monts, comme d'autres «
iîrent, pour l'aller voir & apprendre quelque choie de lui, ««
û ce n'étoit à bien parler latin fmj. » Je foufcris volontiers
à cette cendire. Je crois cependant que TAftronomie a quelque
obligation à l'AftroIogie : fi le fentiment dçs Comètes -
météores n'eût pas prévalu dans l'efprit de ceux qui ne
reconnoiflbient d'autre principe de vérité, que l'autorité des
Philofophes qui les avoient précédés; & que fUnivers entier
n'eût pas été , pour ainfi dire , infatué des rêveries Chai--
déennes & Égyptiennes flir les effets des Comètes , la Comète
de I 577, obfèrvée par le célèbre Tycho , feroit peut-être
la première dont nous aurions quelque connoiffance.
Je n'ai pas prétendu nier dans ce chapitre , que quelques
Qtinceiles de vérité n'aient lui dans la Chaldée en des fiècles
poflérieurs; au contraire, nous verrons au chapitre quatrième,
qu'avant le fiècle de Sénèque, quelques Chaldéens avoient,
je ne dis pas trouvé , mais foupçonné ou deviné le vrai
lyflème de la Nature fur le mouvement de$ Comètes.
» ' ' , .^^
C!J Petit, Differt. fur la nature de§ ConièteF; fages 82, 8 j if 84*
^m) Ibjd. page 8j,
Tome I, F
42 Doctrine des Philosophes
CHAPITRE I IL
Faujfes opinions des Grecs fur la nature des Comètes.
I E s premiers Agronomes furent àts Barbares, habitans
3» de i'Égypîe & de la Syrie : les Grecs s'appliquèrent plus tard
3> à l'étude du mouvement des corps céleïles; mais iis perfec-
3j tionnèrent beaucoup \çs connoiifances qu'ils avoient reçues
Aqs, Chaidéens &L des Égyptiens : » j'emprunte les termes
de Platon (a), 11 paroît en eftet que les Égyptiens & Ïqs
Chaldéens s'étoient contentés d'obferver , & de lier à leurs
obfervations céieiles des faits qui n'y avoient aucun rapport.
Ils avoient fans doute conclu de leurs obfervations, que le
Soleil, la Lune & \qs Planètes, achevoient en des -temps
périodiques leurs révolutions autour de la Terre j mais cette
conclufion même étoit plutôt une obfervation qu un fyftème»
On attribue aux Égyptiens d'avoir les premiers découvert
que le centre Aqs révolutions de Vénus & de Mercure devoit
être placé dans le Soleil plutôt que fur la Terre (h ) : je
m'étonne qu'un fait fi fmiple , fi intimement lié avec les
obfervations , ait trouvé dans la fuite des contradiéleurs : ce
lî'eft certainement point en cet article que les Grecs perfec-
tionnèrent l'Aftronomie des Égyptiens,
Orphée , Mufée , Mékmpus , Homère, Platon , Pytbagore,
Eudoxe , Démocrite , Conon , Épigènes , Apollonius de
Mynde & plufieurs autres Grecs (cj ^ puisèrent certainement
en Egypte ou en Chaldée les premières notions de TAitro-
nomie. L'imagination des Grecs étoit trop vive & trop
féconde pour fe contenter de la feule obfervation ; ils rédui-
firent lAdronomie en iyflème ; ils apprirent même peut-être
à leurs maîtres à joindre le raifonnement à l'expérience. Je
(a) Plato in Epinomide.
(b) Aîacrob, Somn. Scip, lib. I, cap. XIX. Vîtruy. Archit, lib. IX, cap. ly.
(c) Diod. Sic. lih. l, cap. vi. Sen, Natur, Quœfi, lib. VU; cap. iil.
SUR LES Comètes, '43
m*écarterois trop de mon fujet , û j'entreprenois d'expofer
les fyftèmes généraux des Philofophes Grecs , fur l'ordre , fur
ies mouvemens des corps épars dans la valte étendue de
i'efjDace : il ne s'agit ici que des Comètes.
On peut réduire à trois chefs principaux les différentes
opinions des Grecs fur la nature des Comètes.
ï. Piufieurs Philofophes anciens , fuivis de quelques nio-
îdernes, le font perluadés qu'une Comète n'étoit point un
être réel. « La Comète, diibit Panétius (d) , n'eft point un
Aftre, ce n'en efl qu'une faulîè apparence. » Panétius étoit
apparemment dans l'opinion de certains Philofophes anonymes,
qui croyoient , félon Piutarque (e) , que les Comètes étoient
formées par les rayons du Soleil , qui fè réfléchiffoient dans
l'étendue des cieux , comme ils auroient pu le faire fur
fe poli- d'un miroir. Ces Philofophes anonymes paroiffent
avoir été d'ailleurs de la fe(5le de Pythagore. Les difficultés
qu'ils remarquoient dans \qs autres opinions furent fans
doute le feul mo^tif qui les engagea dans une hypothèfe aufîi
infbutenable : il ne paroît pas qu'ils aient eu beaucoup de
fe<5lateurs.
En effet , ce qui n'exifle qu'en apparence ne peut exifler
iong-temps , & doit même, durant le temps de fon appa-
rition , être fujet à des variations proportionnelles aux caufes
accidentelles qui l'ont engendré : telles font ies parhélies , les
parafélènes , les couronnes , les iris , &c. Les Cpmètes , au
contraire, durent piufieurs mois : leurs variations en grandeur
& en lumière fe forment par degrés ; & on ne les peut fuppofer
proportionnelles qu'à la diflance des Comètes à la Terre ou
au Soleil.
De plus, l'image d'un objet, formée par réflexion fur une
efpèce de miroir , doit avoir des mouvemens proportionnés
à ceux de l'objet dont elle elt l'image. Mais il n'y a aucun
rapport entre le mouvement des Comètes & celui de tous
(d) 'Sen. Natiir. Qœft, lib. VII, cap. XXX.
l^) Plut, de placit, PhiloJ, lib. III , cap. II.
F ii
'44 Doctrine des Philosophes
ies Aftres vifibles : il feroit encore plus ridicule de recourir
à des Aftres invifibles , qui feroient capables de produire , par
réflexion , des images aufTi monftrueufes que les Comètes de
il 577 > de 16^2 , de i 680.
On a des exemples de Comètes qui ont été vues en même
temps, dans le même iieu du- Ciel, par des Obfervateurs
placés fur Terre à une grande diftance ies uns des autres : ceci
lî'auroit pu fe faire , fi le miroir réfléchiffant n'eût été à une
diftance très -grande de la Terre. Ceci pofé, je demande
quelle eft la nature de ce miroir ! pourquoi il n exifte pas
toujours ? ou , s'il exifte toujours , pourquoi la lumière du
Soleil , de la Lune , des autres Aftres ne s'y réfléchit pas
également, au moins dans les mêmes circonftance^ !
Quelques Anciens fe font pareillement perfuadés qu'il n'y
avoit point dans la Nature , de corps que l'on pût appeler
Comète; mais que lorfque ies Planètes fe rencontroienî, elles
confondoient enfembleleur lumière; ce qui devoiî produire
l'apparence d'un Aftre plus étendu en longueur. Pour produire
cet eftet , il n'eft pas nécelfaire que deux Planètes fe joignent
rigoureufement; leur approche feule fufîit , parce que l'intervalle
qui eft entre deux eft éclairé , eft embrafé par l'une & par l'autre i
ce long efpace paroît tout en feu ; & c'eft-ià ce qu'on appelle
Comète ffj. Mais on a vu fouvent des conjondions de
Planètes, fans qu'il en foit réfuhé aucune Comète : on a de
plus obfervé des Comètes hors de ces conjonélions. Si ces
conjonélions , ces approches des Planètes & même des Étoiles
produifoient les Comètes , on en verroit plufieurs tous les ans;
puifqu'il ne fe palîè point d'années fans de telles conjonélions.
D'ailleurs , ces conjoncT:ions ne peuvent durer long - temps i
on voit des Comètes dont la durée eft de fix mois. De plus^
il femble que dans cette hypothèfe on devroit voir une Étoile
ou une tête à chaque extrémité de la Comète , & c'eft ce qu'on
^fj L'expofitîon de ce fyftème & fa réfutation, font tirées prefque mot
pour mot de Sénèque, Natiir. Qiiœft. lïb. VU, cap. XI ^ Xii. Il paroîtj
au chapitre xix, attribuer le même fentiment à Zenon, chef de la fecte dçs
Stoïciens, de laquelle Sénèque faifoiî profeffioîj.
SUR LES Comètes. 45
ïî'a jamais aperçu. Enfin , ces Etoiles , qui nous paroiiïent en
conjoné1:ion , font dans la réalité extrêmement diftantes : elles
ne peuvent produire l'effet qu'on leur attribue. On peut voir
dans Sénèque une plus ample réfutation de cette opinion ;
j'en ai peut - être déjà trop dit.
IL Le fécond fentiment établit que les Comètes font àes
êtres réels; mais d'une durée limitée. J'aurois honte d'expoier
& de réfuter férieufement l'opinion que Bodin (g ) attribue à
Démocrite : « Je fais réflexion , dit-il , à la penfée de Démo-
crite , & je fuis porté à croire , ainfi que lui , que les Comètes
font les âmes des perfonnages illuflres qui , après avoir vécu
fur Terre durant une longue fuite de fiècles, prêtes enfin à
périr , font portées comme dans une efpèce de triomphe , ou
font appelées au Ciel des Etoiles, comme des Aftres éclatans.
C'eft pour cela que la famine , les maladies épidémiques ,
ies guerres civiles fuivent l'apparition àes Comètes ; les villes ,
ies peuples fe trouvant alors privées du fecours de cqs excellens
chefs, qui s'attachoient à appaifer \qs fureurs inteflines. " Je
n'ai point lu autre part que Démocrite ait été dans cette ridicule
opinion. Le peuple Romain crut ou ût femblant de croire
que la Comète qui parut l'an 43 avant l'ère Chrétienne ^
étoit l'ame de Jules-Céfar tranfporté au Ciel. On doit mettre
ce fait plutôt au nombre à^s baffes & indécentes flatteries
^^u'en celui àçs opinions Philofophiques.
Quelques Chrétiens, imbus d^s préjugés de fécole Péripa-
téticienne, fe figurant que l'innovation n'étoit pas moins
^dangereufe en Philofophie qu'en Théologie , défefpéranî
bailleurs de pouvoir concilier les propriétés démontrées du
mouvement des Comètes avec des opinions qu'ils fe faifoient
im point d'honneur & même de religion de ne point aban-
Idonner , prirent le parti de croire que Dieu créoit les Comètes
'dans les temps auxquels il lui plaifoit de manifefl:er fa colère
aux hommes, & qu'il chargeoit un Ange ou quelque Intelligence
fde les conduire dans les Signes , dans les Conflellations leâ
: J iJlHJyi.liJRBHÎS^WW'^
($) Sodirtf \i\i, II; Theatrlt
46 Doctrine des PmiosoptîES
plus convenables à Ton deffein (h). S/ Jean Damafcène (i)
paroît avoir été de ce fentiment ; je n'en trouve pas de veflige
plus ancien.
Quelques- uns ont cru que fes Comètes étoient des nuages
éievés , éciairés par la lumière du Soleil, de la Lune, &
même ào^ fimples Étoiles. Telle a été l'opinion d'Héraclides
du Voï\\(k), Selon la différente figure de ce nuage, il le
formoit une Comète chevelue , une Comète barbue , une
Poutre , une Colonne , un Halon ou couronne , &c. D'autres,
comme Xénophanes (l) , prétendoient que ce nuage devoit
être embrafé & non pas feulement éclairé. La penfée de
Alétrodore (m) étoit, que la violence de rin.pulfion àç^
rayons du Soleil contre la nuée en exprimoit à^s étincelles.
Je ne conçois pas bien clairement la penfée de Boè'the (n) :
ia Comète , félon lui , étoit une image repréientée par un air
dilfous; c'ell-à-dire fans doute, raréfié : je conjedurerois
qu'il éîoit du fentiment de Panétius : mais d'autres foj le
joignent à Héraclides du Pont ; d'autres fpj regardent fon
fentiment comme fort analogue à celui d'Ariflote. Enfin, nous
pouvons renfermer dans cette clafîe Straton de Lampfaque,
qui /aj regardoit les Comètes comme des lumières enfoncées
dans des nuées fort denfes ; ce qu'il comparoit à des lanternes.
Je ne perdrai point ici le temps à réfuter ces opinions , la
plupart inintelligibles. Elles n'ont pas eu beaucoup de fec-
îateurs; & en effet , je ne vois pas facilement fur quels
{h) Voyez Rkcioll, Almage/}. j /mj Plut, ibîd, Métrodore étoit
tom. Il, lib. Vllï, fed. I, cap. XVI, | difciple de Démocrite.
in undecima. opinione^
fij Lîb. Il, de fde Orthod,
^ap, Viî,
(k) Plut, de Plae. Phil. lib. îll ,
op. II. Héraclides fut dilcîple de
Platon & «nfuite d'Ariftote.
(i) Plut, ihid, Xénophanes étoit
jchef de la feéle Éléatique , vers l'an
(n ) Plut, ibid. Il y a eu plufieurs
Philo fophes du nom de Boëthe,
(0 ) Venant! us Baffus, de Cometis,
lib. i , cap. VI,
(p) Rkcicl. loco cit. in j cpinione, 1
(q) Plut, loco citatc. Straton fut
le troifiénie chef de l'écaie Péripaté»
530 avant J. C. 11 regardoit aufïi ticienne après Arîflote,
|e Soleil comme un nuage embraie. |
SUR LES Comètes. 47
principes on a pu les fonder, par quelles expériences on a
pu les confirmer. Un nuage éclairé ne peut avoir les mouve-
mens réglés que nous remarquons dans les Comètes : un nuage
enflammé ne peut pas facilement iè concevoir.
Je viens au fentiment d'Arifl:ote. La célébrité du nom de
(on Auteur , le nombre prodigieux de ceux qui ont embrafle
fa doiflrine , m'engage à m'y arrêter plus long-temps. Suivant
ce Philofophe (r) Sl [es feélateurs , l'air qui nous environne
efl divifé en trois régions. Nous connoilfons la bâtie que
nous reipirons ; elle eft comme immobile autour de la Terre t
la moyenne eft extrêmement froide, & participe à l'immo-
bilité de la région baffe : enfin , la région fupérieure efl moins
froide, comme voîfne de la région du feu; elle participe au
mouvement du Ciel , & efl en conféquence emportée d'orient
en occident autour de la Terre , dans f efpace d'environ 24
heures. Il s'élève continuellement des exhalailons de la Terre ;
&: elles peuvent monter jufqu'à la région fupérieure de l'air : le
mouvement diurne Si. précipité auquel elles participent alors
peut les unir, les condenfer, leur donner de la confiftance ;;
& foit par ia force leule du mouvement , foit par le voifmage
de la région du feu , foit même par l'aélion des Aflres &
fur-tout du Soleil , ces exhalailons prennent feu; fembrafement
dure tant qu'il le trouve des matières inflammables , ou déjà
préparées , ou qui montent fans interruption de la Terre i
le feu fe ralentit enfin , & s'éteint faute de nourriture ; &
!a Comète ceffe d'exifler. Ces exhalaifons génératrices deS'
Comètes doivent êtres chûudcs & sèches , félon Ariflote.
Toutes les nouvelles oblervations détruifent abfoiument le
fyflème d'Ariflote, qui n'eft d'ailleurs qu'un tilfu de fuppo-
fitions gratuites & inconféquentes : je ne doute point que fi
ce grand Phiioiophe eût eu les fecours & les connoilFances
que nous avons maintenant , il neiit été le premier à profcrire
fon ientiment lur la génération des Comètes. On pou voit
cependant, à ce qu'il me femble , le réfuter avec avantage,
» • •
(r) Ariji. lib.I; Meteor. cap, YÀl ôiX^ dr alibi.
:4B Doctrine des Philosophes
même en n'employant que les connoiflances acquifès de fôit
temps. Pour embarraiïer Ariftote , j'emprunte les termes de
Comiers (f), II fuffit de lui demander « comment la Terre a
« pu fournir en l'année i'y^6 , pendant les deux mois d'Août
=" & de Septembre , à^s exhafaifons à cette prodigieufe Comète,
» qui , avec une admirable clarté , courut droit de l'Equateur à
« rOurfè , puifque tous \qs bois du monde n'auroient pu faire un
fi beau feu pendant un û long temps. >> En effet , dh le temps
d'Ariilote on a voit vu dQs Comètes durer pendant plufieurs
mois: conçoit-on facilement qu'un tel embralement puiffe durer
li long-temps ! Mais, dit-on, lefeuefl lent, & la matière efl
luppofée bien denfè : au contraire, répond GafTendi^ry,
plus on fuppofera la matière denfe , plus le feu fera aélif Je
ne conçois pas d'ailleurs qu'une matière qui eft portée par l'air,
le plus pur puiiTe être d'une denlité fi extraordinaire. Mais
il furvîent continuellement de nouvelle matière. La défen/è
pourroit être admife , fi la Comète répondoit toujours direéle-
ment au même lieu de la Terre ; mais on la fuppolè emportée
dans l'elpace de vingt-quatre heures autour du globe. De pius^
on ne comprend pas qu'une Comète formée par un tel embra-
lement puifle fuivre avec tant de régularité , non-fèulement le
mouvement diurne du premier mobile, mais encore un autre
mouvement particulier , qu'Ariflote connoiffoit , & dont if
ne donne aucune raifbn fatisfaifante. Le premier mobile ,
dira- 1- on, ne peut-il pas emporter la région du feu & la
région fupérieure de l'air avec tout ce qui peut y être comprise
Mais on demandera comment & pourquoi ce premier mobile
qui , dans le même temps précis , emporte & Saturne & les.
Etoiles fixes , & la région fupérieure de l'air , ne produit aucun
mouvement (enilble iur la région inférieure & fur la moyenne*
Mais , difoit Epigènes , la Comète fuit fon aliment. Si cela
etoiî, répond GaiTendi (u) , elle devrolt toujours tendre en
(f) Claude Comiers , De la nature if préfagQ des Comètes, chapitre II»
,S.u,r Comiers , voye-^ ci-dejfoiis le chapitre reptiènic.
(t) Gajf. operunif tpm.. I; feu Phjfic, fefl. llf lifa. Y, pa^. joz,
^u) GaJ^'. ihiip
SUR LES Comètes. 49
bas, puîfque fon aliment lui vient de la Terre. Enfin, Gaiïencii
demande pourquoi la queue des Comètes eft toujours oppoiée
au Soleil : il prouve , par la dodrine des parallaxes , que les
Comètes font bien plus élevées que la région fupérieure de
i'air : on peut ajouter que des exhalailons enflammées ne
pourroient être foumifes à des retours périodiques & réglés.
Mais ces raifons fuppofent des obfervations qu'on n'avoit point
encore faites du temps d'Ariflote : nous en parlerons autre
part.
Je termine ce qui concerne Ariflote par deux réflexions.
De petits efprits croient s'être relevés beaucoup lorlqu'ils ont
répandu le fiel de leurs Hircafmes fur ceux dont la réputation
a été le plus loiidement & le plus univeriellement établie dans
tous les temps, ils ne s'aperçoivent pas que leurs futiles
difcours nuifent beaucoup plus à l'idée qu'on fè forme de
leur jugement , qu'à la gloire des grands hommes que ces
pygmées voudroient ternir. Ariilote étoit homme : il efl
certainement tombé dans l'erreur. Mais, premièrement, avec
quelle modeftie ne propofè-t-il pas [es conjeélures fur le
fyflième du monde? «Je parle des corps cél eltes , dit-il ^x^ /
mais je ne les vois que de loin ; je ne les obfèrve pas du lieu
même où ils exifl:ent : la très-grande partie de ce qui fe pafle
dans le Ciel échappe à nos lens ». Et peu après : « Si quelqu'un,
conclut-il fyj , peut donner de ces phénomènes une explication
plus certaine, &: fondée fur des principes plus naturels, il
s'acquerra un droit légitime lur notre reconnoilîance. » Enfin,
avant que de propofèr fon (yftème fur les Comètes : « Comme
nous n'en pouvons juger par les fens , dit -il f:^J, je croirai
mon explication fuffifante , fi elle ne renferme rien de contraire
aux vérités déjà connues ». Si AriHote eût vécu de nos jours ,
fi (es fens euflent été perfeétionnés par le fecours du télefcope
& d'un grand nombre d'obfervations , il auroit fans doute
(xj Ariflût. de Cœlo , lib. II, cap. III.
(y) Jbid. cap. V.
(l) Lib.I, Meteor, çdi^, yu.
Tome /. G
50 Doctrine des Philosophes
porté , comme je l'ai déjà dit , im jugement différent fur îa-
nature d^s Comètes. Mais aimer la vérité ,, la rechercher avec
foin , ne propofeî* comme certain que ce que l'on juge tel,
douter foi - même de ce que l'on lait n'être qu'une fimple
conjeélure ; c'eft ce qui conftitue le vrai Philoiophe^ & c'ell
ce qu'Ariftote a fait au fujet du mouvement des corps céleiles.
Je remarque , en fécond lieu , qu'on a fait tort à Ariilote
en lui attribuant les rêveries de [qs Dilciples. J'ai expofé fou
hypothèlè en entier ; je l'ai même un peu amplifiée , en y
ajoutant quelques termes qu'on ne trouve peut-être pas dans
Ïqs Ouvrages , mais feulement dans ceux de (es Difciples , &
que la nature de fon fyfième même fembloit demander. Mais
tout le refte appartient aux Péripatéticiens , &: non pas à leur
fage Chef. Ariftote ifa jamais imaginé que Saturne & Mars
préparaifent la matière des Comètes , l'un enTefferrantles pores
de la Terre , pour que les exhaiaifons s'accumuialîènt ; l'autre g
en les élargifîanty pour donner une libre fortie à ces exhaiai-
fons : Ariilote n'a jamais penfé que les atomes qui voltigent
avec les rayons du Soleil^ reçus par une ouverture légère dans
une chambre obfcure ,, fuffent les cendres d'une Comète
confumée. Ariilote n'a jamais attribué aux Comètes lé droit
de caufer ow d'annoncer àçs maladies , des famines , des>
Méditions , des guerres civiles , des morts de Princes ou de
perionnes conilituées en dignité, II s'efl contenté de croire
que l'apparition des Comètes pouvoiî occafionner dés vents
& des fécherefîes , fur-tout s'il en paroiffoit plufieurs en même
temps : des erabraiemens aufîi grands , aufîi longs , auifi voiiins
de la Terre que l'étoit celui des Comètes dans fon fyilème ^
lui fémbloient devoir produire naturellement ces deux effets»
Épigènes , Philofophe grec dont parle Sénèque ( a ) ^
fuivoit non-feulement fhypothèfe d'Ariifote; mais il préten-
doit de plus que tel éîoit le fentiment des Chaldéens, fous
lefquels il avoit étudié l'Ailronomie. Épigènes difFéroit
cependant d' Ariftote en un point : félon lui , la caufé de
(aj Senecr Natiir. Qu^rjî. lib. VU, cap. IIÏ Ù^ M^
SUR LES Comètes, 51
l'inflammation des Comètes e'toit un vent impétueux revenant
fur lui-même, un ouragan. II admettoit auffi dans quelques
Planètes, & lur-tout dans Saturne, une efficace fm^ulière
pour la production à^s météores, & par coniéquentpour celle
des Comètes. Ariflote n'a jamais donné dans ces futiles inepties.
Sénèque réfute fort auwng les menfonges d'Epigènes : c'efl
ainfi qu'il qualifie les fentimens de ce Grec-Chaldéen (b).
IIÎ. Enfin, il y a eu dans l'antiquité quelques PhilofopbxCs
qiui ont penfé que \qs Comètes étoient des corps éternels,
c'e(l-à-dire, auffi anciens que le monde ( c ) ; lefquels étoient
fujets à des retours périodiques, félon des loix dont ces Anciens
n'ont pu que deviner l'exiflence,
Anaxagore , Démocrite (d), quelques Egyptiens (e),
Artém.idore & quelques autres , ont cru qu'outre \^s fept
Planètes que l'on connoiffi^it alors , il en exiftoit un très-grand
nombre d'autres. Celles-ci, invilibles àcaufe de leur extrême
petiteOe , fe rencontrent quelquefois ; & s'accumulant en
nombre fuffifant, leur amas devient fènfible. Le télefcope nous
a fait découvrir de petites Planètes autour de Jupiter & de
Saturne ; par fon fecours , nous obfervons un nombre infini
d'Étoiles, dont nous n'avions aucune idée, peut-être même
aucun foupçon; mais ces prétendues petites Planètes, femences
en quelque forte des Comètes , font reliées auffii invilibles
qu'auparavant. Ne faut-il qu'un petit nombre de qqs Étoiles
pour produire l'apparence d'une Comète! Il eft pour -lors
(h) Senec. Natur, Quœft. lib. VII ,
cap. V.
(c ) Je pourrai , d'après Sénèque ,
appeler quelquefois les Comètes des
corps éternels. Maïs je m'explique
ici : je n'entendrai par ce terme qu'une
antiquité égale à celle du monde
(d) Ar'ijîot. Meteorol. lib. I,
cap. VI; Plutarch. de Placit. Philof.
lib. III, cap. 1 1 ; Senec. Natur.
Qiiœfl. lib. VJI, cap. III, &. plu-
fjeurs autres. Anaxagore fut un des
Chefs de la fecle Éléatique , qua»
îrième fucceileur de Thaïes : on
fait que Démocrite a été le maître
d'Épicure.
(e) Ariflot. loco cîtato. Ces Égyp-
tiens paroiiïent avoir éié plus parti-
cuiièrement de la première opinion.
(f) Senec. ibidem , cap. XIII,
M, \VeidIer conjecture que cet Arté-
midore vivoit environ un fiècle avant
l'ère Chréûenfie. Hifl. AJlron, cap. V^,
n. 37,
G \]
52 Doctrine des Ph i losdphes
néceffaire que l'air intermédiaire s'enflamme ou du moins
foit éclairé par la lumière de ces Etoiles concurrentes ; autre-
ment on ne pourroit fau ver \qs phénomènes que nous oblèrvons
dans \qs Comètes. Mais alors ce fentiment retombe dans celui
de Panétius (g) : nous l'avons réfuté plus haut. Dira- 1- on
que ces Planètes ne deviennent vifibles que par leur grand
nombre? J'ofe demander combien il en faut de millions pour
produire une Comète femblable à celle de 1652: elle égaloit
le Soleil en grofTeur. Que dirai -je de celle de l'an 1^7
avant l'ère chrétienne! Sa queue avoit la même étendue que
ia voie laélée. Mais , félon Ëphore, Hiflorien Grec , on a vu
la Comète de l'an 373 avant l'ère chrétienne, fe féparer en
deux Etoiles. « Ephore, répond Sénèque (h), n eft rien moins
3î que fcrupuleux dans {qs récits; fouvent il trompe , fou vent
il efl: trompé. « Je reipecle fort le grand Kepler ; mais je foufcris
à cette critique de Sénèque. Ce Philofophe avoit lu fans
doute les Ouvrages d'Éphore ; ils font aujourd'hui perdus :
Sénèque les connoifToit donc mieux que Kepler.
Nous traiterons dans un Chapitre particulier de l'hypothè/è
'des autres Philofophes qui appartiennent à cette troifième
clafle : ia vérité ne doit pas être confondue avec l'erreur : ce
dernier fentiment , confirmé par ia faine Phyfique & par des
obfervations inconteftables , mérite que nous expofions dans
tout leur jour les penlees de ceux que nous en regardons
comme les Auteurs.
(g) II y a quelque apparence que îeî étoit réellement le fentîmenî
d'Anaxagore & de Démocrite,
(h) Senec, loco citato.
CHAPITRE ï V.
Quelques Pythagoriciens , Diogène , Hippocraie de
Chio , Efchyle, devinent la nature des Comètes , leur
hypoîhèfe eft perfeéîionnée par quelques Chaldéens
if par Apollonius de A4ynde : fentiment if prédiâion
de Sénèque,
JNewton & Haîley n'ont pas feulement prétendu que
ies Comètes étoient à^s Etoiles errantes ou Aqs Planètes. Le
premier a démoniré cette vérité par à^i principes géométriques
déjà admis dans la mécanique de l'Univers. Le fécond la
confirmée par des retours périodiques de Comètes incontefta-
blement obfervés. Quel changement cette découverte n'a-t-elîe
pas produit dans la face de l'Aftronomie I Un demi - fiècle a
fuffi pour opérer une perfuafion univerfelie. Il y a déjà plus de
quarante ans que les Aftronomes fe font une loi de rapporter
à la théorie de Newton les mouvemens à^s, Comètes qu'ils
obfervent : s'il fût refté quelque nuage , le retour de la Comète
de 1682 en 1755), l'auroit fans doute dilfipé. Je ne crois pas
qu'il foit poffibie que cette théorie éprouve jamais un difcrédit j
un oubli tel que celui où éîoit tombée l'hypothèfe d'Apollonius
de Mynde. Celui-ci faifoit profeffiort de tenir à^s Chaldéens
fes principes aflronomiquesY^^/ Epigènes , contemporain, à
ce qu'il paroît, d'Apollonius (h), témoigne que l'on confervoic
en Chaldée des obfervations célefles faites dans l'elpace de fept
cents vingt ans, & gravées fur des briques (c). Sénèque ( d)
embraife le fentiment d'Apollonius; il féclaircit, il le défend
(a) Senec, Natut, Qiiœjî. lib. VII , cap. III.
(b) Je croîs que l'un &. l'autre vivoient du temps d'Alexandre - le
Grand : il paroît difficile de les placer dans un autre fiéçIe.
(e) Plin. lib, VU , cap. LVI.
(d) Sensc, kco citato, cap. xxii Ù^ f^q^
54^ DôcrniNE de^ Pmtlô^ûptïeJ
avec toute fa force , toute l'éloquence dont ce vafte & rublimé
génie éîoit capable : mais il ne parle d'aucun calcul , d'aucune
obièrvation , d'aucun retour démontré de Comètes. Les
obfervations n'avoient pas manqué fans doute à Apollonius;
mais elles étoient infuffifantes. Ce n'étoit donc pas fur elles
qu'Apollonius fe fondoit ; mais fur le raifonnement qui le
perfuadoit de l'infuffiiance à^s autres fyflèmes , lur d^s motifs
de fimple analogie, dépure convenance; en un mot, fur des
conjeélures : Sénèque n'établit pas d'autres fondemens ; l'un
& l'autre devinoient. Quelle diftance entre leurs conjedures
& les démonflrations à^s Newton & dQs Halley ! Je ne
prétends porter aucune atteinte à la gloire des Anciens :
j'accorderai même , fi l'on veut , qu'ils avoient plus de génie
que les Modernes; mais ils avoient moins d'expérience. Nous
fommes des nains, ils étoient des géans ; mais nous fommes
montés fur leurs épaules ; nous voyons plus loin qu'eux (e).
Si je ne crois pas devoir accorder aux Anciens toute la
gloire de l'invention, proprement dite, du vrai fyftème des
Comètes , je ne nie pas pour cela qu'ils ne méritent quelque
part à cette gloire. Ils ont entrevu la vérité ; c'efl quelque
chofe de bien plus glorieux que de foutenir l'erreur. Ils ont
parfaitement compris le faux des autres hypothèfes ; ils les
ont combattues avec des armes viélorieules : enfin , fi le
défaut d'obfervations ne leur a pas permis d'établir ciémonf-
îrativement leur fyftème , au moins ils ont fu lui donner les
couleurs de la vraiièmblance. Je dis plus : ils méritent fans doute
d'autant plus notre eflime , qu'ils avoient moins de fecours ; ils
ont été auifi loin que les circonftances du temps auquel ils
vivoient pouvoit le leur permettre. Ce qui m'étonne, c'efl
qu'un fv'iîème auffi fimple, auiTi naturel, auffi probable que
le leur , ait eu auffi peu de fecflateurs ; mais le préjugé de
l'horreur du vide & celui delafolidité <\qs Cieux étouffèrent
dès le commencement ces premiers rayons de lumière.
Plutarque attribue à Diogène d'avoir cru que les Comètes
«■■ I ' ." ■" ■ — ~ ————___
fej CeUe penfée eil d,s Pierre PctU, Gi^^nat'ionfur les Comités , page j q*
SUR LES Comètes. yj
ctoîent Jes Étoiles (f). Mais quel étoit, félon Diogcne, le
mouvement de ces Etoiles! pourquoi ne nous font-etles pas
toujours vifibles l Je ne trouve nulle part quel étoit à ce fujel
ie lentiment de ce Philofophe.
Quelques Pythagoriciens regardèrent pareillement les
Comètes comme Aqs Etoiles errantes ou comme des Planètes.
Elles ne paroiiïent que rarement, & leur apparition dure peu:
cela ne doit pas furprendre ; il en eil de même de la Planète
de Mercure (g)» On conjecture de-\ï que félon ces Pythago-
riciens , les Comètes étoient à^s Planètes peu disantes du
Soleil. Mais ce ientimeut ne peut plus fe foutenir; il eft
démenti par l'expérience. Nous avons vu des Comètes en
oppofition avec le Soleil ; elles s'éloignent donc du Soleil
plus que la Terre, & à plus forte railbn plus que Vénus ^
Mercure.
Hippocrate de Chio & ion diiclple Elchyle (h), embrafsèrent
ie même fentiment. On remarque cependant (i) que leur opi-
nion différoit de celle d^s Pythagoriciens , en ce que ceux-ci
croyoient que la queue failoit partie du corps de la Comète:
Hippocrate , au contraire , fe perfijadoit que cette queue
étoit ablblument accidentelle , & qu'elle étoit formée par des
vapeurs aqueufes , attirées par le corps de la Comète , &
capables de réfléchir la lumière. Nous verrons autre part que
ie fentiment d'Hippocrate approchoit plus de la vérité que
celui des difciples de Pythagore.
Diodore de Sicile ne dit point que le vrai fyftème des
Comètes ait été connu des anciens Chaldéens & des anciens
Egyptiens ; nous nous en fommes convaincus au Chapitre IL
Il paroît cependant que c'efl: en Chaldée que les premières
étincelles de la vérité ont commencé à le faire jour. Dit
temps d'Epigènes & d'Apollonius de Mynde , les Chaldéens
(f) Plut, de Placr Fini. lib. Ilî, cap. II. Ce Diogcne paroît être celux
qui fut le Chef de la feéte Ionique après Anaxagore.
(g) Arijiot. Meteor. lib, J ^ cap. vl. Plut, kco çiiat&y
(h) Ariflot, loco citatOt
^6 Doctrine des Philosophes
étoient divilés fur la nature des Comètes. Ces deux Agronomes ,^
diffërens de feiilimens , vouioient apparemment appuyer leurs
conjeélures fur l'autorité : ils le foncloiejit lun & l'autre fur
celle des Chakiéens , leurs maîtres. «Les Ci.aldéens, difoit
^ Epigènes (k) , n'ont rien d'aifuré kw le mouvement des
^ Comètes : ils les tiennent pour des corps entiammés par
" i'adion d'une efpèce de tourbillon d'air agité 6l revenant
" fur lui-même. Les Chaldéens , difoit A| oiionius , placent
""^ les Comètes au nombre des Étoiles errantes, & connoiifent
ieurs mouvemens. y> Comment accorder ces deux Auteurs \
En difant que les Chaldéens étoient alors partagés de lenti-
mens; que les uns foutenoient encore i ancienne opinion des
Comètes-météores ; que d'autres , plus éclairés par ies lumières
de la droite raifon, avoient conçu l'impoiïibiliié de la longue
durée de ces embraferaens. C'eft ce que nous pouvons pareille-
ment conclure d'un palfage de Jean Stobée , auteur Grec,
qui vivoit au iv/ ou v."" fièclé de i'ère Chrétienne : « Les
» Chaldéens, dit-il (l) , croyoient que les Comètes étoient
»> d'autres Planètes , des Etoiles qui font cachées durant quelque
» temps , parce qu'elles font trop éloignées de nous , & qui
» paroilfent quelquefois , iorfqu'elles delcendent vers nous,
» îèlon les ioix qui leur font prefcrites ; qu'elles font appelées
» Comètes par ceux qui ignorent que ce font de véritables
>» Etoiles, qui paroiffent s'anéantir iorfqu'elles retournent dans
M leur propre région , Iorfqu'elles fe replongent dans le profond
5» abîme de i'étiher , comme les poilfons au fond de la mer,
» Mais d'autres ont penfé que des vapeurs terreitres font
ïj enlevées dans l'air par le vent ou par quelque tourbillon,
9> qu'elles prennent feu ; <Sl que parvenues au lieu où féther e(î:
s> agité par un mouvement de rotation, elles font pendant un
« temps emportées avec l'Univers autour de la Terre, jufqu'à
j> ce que ies matières étant confumées par le feu , elles s'éva-^
?j nouiflènt entièrement ; & qu'enfin , e'efl-là ce que l'on appelle
(k) Senec. Nat. Quœfl. Ilb. VII, cap. III.
^l) Stob, Eçlog, Phyf, lib, I, cap. XX V 9
Comètes» »
SUR LES Comètes. jy
Comètes. « Voilà, je penfe , les fyftèmes d'Apollonius &
d'Epigènes aflez bien détaillés.
Séiièque, après avoir réfuté tous les iyflèmes, fans en
excepter celui d'Apollonius , revient à celui - ci : il i'expoie
dans le plus beau jour ; il l'appuie des plus fortes raifons
que les circonftances du temps auquel il vivoit pou voient
i'ui fournir: quoiqu'il eût lu fans doute les ouvrages d'Apol-
lonius, il avoue que le cours des Comètes, hors de la portée
de notre vue , lui efl abfolument inconnu , qu'il ignore {çs
lolx auxquelles elles font affùjetties ; il efpère que la vérité
iè montrera fans voiles aux yeux de la poflérité. Mais faifons
parler Sénèque lui-même : ce morceau né déparera point mon
Iiiiloire; je ne crains que de l'alToiblir pai' ma traduélion.
« Je ne puis me perfuader, dit ce grand Philofophe, (^nj ,
qu'une Comète foit un feu nouvellement embrafé: c'efî; plutôt «
un des ouvrages éternels de la Nature. Tout ce qui s'en- «
gendre dans l'air , dure peu ; l'élément qui le produit fuit «.-
toujours & change fans ceffe. Quelle peut être la fiabilité «
d'un corps formé dans l'air , lorfque l'air lui - même efl fi «
inconfiant! ..... (n). Les feux ordinaires que nous vovons ce
dans le Ciel , ne le détournent point du mouvement en «
ligne droite : être mû circulairement , c'efl le propre des cz
Allres feuls. Si tel a été le mouvement des autres Comètes , «
je l'ignore; celui des deux qui fe font montrées de nos «
jours, a certainement été circulaire: de plus, tout ce qui ne «
doit fbn exiflence qu'à des caufes pafTagères , périt bientôt. «
Les flambeaux céleiïes font à peine embrafés, qu'ils s'étei- «
gnent : la même foudre ne frappe qu'une feule fois ; les «
étoiles , que nous appelons tombantes , volent & traverfent «
l'air en périlîant. Les feux ne font permanens que dans leurs «
propres régions : je parle de ces feux divins, de ces feux auffi «
éternels que le Monde dont ils font partie. Us ne font pas «
formés inutilement; leurs mouvemens font réglés; ils les «
(m) Sen, Natur. Quœft. îib. VII, cap:. XXII.
(n) Cap. xxin.
Tome L H
j8 Doctrine des Philosophes
» fuivent avec exaéliîude; ils font toujours les mêir.es. En effet,
M quels chanoemens ne remarqueroit-on pas dans une Comète^
» li ce n'éîoiî qu'un amas de feu étranger , allumé par quelque
» caille pafîagère ? Sa g'roiTeur varieroit à chaque infîant , à
M proportion du plus ou du moins de nourriture qu'elle rece-
îï vroit La Comète a fa place propre entre les corps
» célefles : en conféquence elle ne ceiîë pas d'être, auflitôt qu'elle
>i a paru ; elle parcourt fa carrière ; elle ne s'éteint point , elle
w s'éloigne»
X» iMais , dîtes vous , fi la Comète étoiî une Etoile errante ,
» elle feroit dans le Zodiaque. Qui a pofë ces bornes aux
5> Planètes ! Qui ofe reiïerrer les ouvrages de Dieu dans ces
» étroites limites! Ces Aftres, que vous croyez être les ieufs
î> en mouvement , n'ont pas tous la même orbite. Pourquoi
î3 n'en exifleroit-il pas d'autres, qui fe feroient tracé des routes
» particulières! Y a-î~ii donc quelque endroit du Ciel inac-
» ceffible aux Planètes l Si vous croyez qu'il doive y^ avoir
» quelque rapport entre le Zodiaque &^ \qs routes àes Etoiles;
» je veux bien y cdhfentir : l'orbite à^s Comètes touchera le
» Zodiaque en quelqu'une de {es parties. Cela n'eil point
ï» nécelîàire ; il futtit que cela puiffë être (oj. Ne paroit-ii
« pas digne de la grandeur de l'Univers (p) , de le confidérer
» comme diilingué par un nombre prelque infini d'orbites
33 planétaires , plutôt que de n'en admettre qu'une ieule , le
S3 refie de l'étendue languiiïanî en quelque lorte dans uneoihve
5j inutilité ! Eft - il polTible de croire qu'entre tant d'Etoiles
3) répandues dans ce valle Univers , corps créés pour former
ï> le magnifique fpeéiacle de la nuit , pour empêcher que
>> l'étendue ne foit un vide immenfe, cinq Artres feuls auront
P3 le privilège de fe mouvoir , les antres, peuple vil & parelîeux ,
M croupiiTant dans la plus molle inaèlion !
S3 Quelqu'un m'arrêtera peut-être: Pourquoi, dira-t-ii,
(o) Cela iion-feulemenî peut être, mais ell, & doit nccefTairement être.
Les ohfervations manquoient à Sénèqu€ , & noR le raifoiinement.
(p) Sen. Natuf.Quo'fi.Wh, VU, cap. XXIV.
SURLESCOMETES. 59
ne peuî-on pas déterminer le cours des Comètes, commet
on détermine le mouvement des cinq Etoiles errantes! Je «
réponds que nous convenons de pluiieurs vérités qu'il nous ce
eil impoffible d'éclaircir. Eil-il quelqu'un qui révoque en ce
doute l'exiftence de notre ame! C'eft par fon ordre que nous <c
agiffons & que nous ceflons d'agir. Mais quelle eil la nature de ce
cette ame , principe & mobile de toutes nos allions \ c'eft ce «
qu'il ell auffi difficile d'expliquer , que de déterminer le lieu v.
du corps où elle exifte . . . . Comment l'homme peut-ii ie «
flatter de comprendre ce qui exille hors de lui , lorfqu'ii ne «
ie coiinoît pas encore lui-même (^)! Celions donc de «
nous étonner , fi ies loix du mouvement des Comètes ne ce
font point encore développées : elles paroifîent fi rarement , ^
leurs retours périodiques fe font fi long - temps attendre; «
comment pourrions-nous en avoir une parfaite connoiffance, «c
nous qui commençons à peine à connoître Ja çaufe des t«
Eciipfes (r) ! Le temps viendra, qu'une application affidue «
nous aura dévoilé ces vérités , qui nous font maintenant «e
cachées. La vie d'un leul homme eft trop courte pour des «
recherches û profondes , quand on laconfacreroit toute entière «
à l'étude du Ciel. Combien doit -elle être plus infuffilante, ce
iorfque nous en faifons un partage fi inégal entre l'étude & ce
ies piaifirs ! La fucceffion des fiècles développera ces myflères. ««
Le temps viendra que nos delcendans s'étonneront de notre «
ignorance fur dts vérités fi claires , fi fimples , fi naturelles, «e
On iè perfuadoit il y a peu de temps que Jupiter revenoit «
quelquefois fur ["es pas (f). De fages Philofophes nous ont ce
dit : Vous êtes dans l'erreur, fi vous croyez que quelque ce
Planète s'arrête ou recule dans fa coude : toutes lui vent ce
fidèlement la route qui leur a été une fois prefcrite. Cet «
ouvrage éternel a ks ioix irrévocables (t). Attribuez donc «
(q) Sen. Natur. Quœji. lib. Vil, cap. XXV.
^r ) J'abrège ce qui ne regarde pas dircdement les Comètes.
(f) Sen. Ibid. cap. XXVI.
(t) Sénèque n'etoit certainement pas Péripaîéticien , nî Ptolémaïcien j
il en donne des preuves dans ce livr,e même. Les paroles de Sénèque peuvent,
éc par conféquent doivent être expliquées dans le fens que je leur donne.
H ij
6o Doctrine des Phi losophes
>^ les dations , les rétrogradations àts Etoiles , à la pofitîjon
» dQs cercles & des orbites terreftres , dont les combin-aifons
w variées produifent ces irrégularités appai*entes ( u)r II efl
^ ( pareiiiemenî ) réfervé à quelqu'un de démontrer un jour
M en quel lieu Çq retirent les Comètes ; pourquoi leurs orbites
53 font fi différentes de celles des Etoiles errantes ; quelle eil
^ leur grandeur, leur nombre, leur nature. Soyons contens
w de nos connoiflances ; que la poflérité puiiîë découvrir quelque
nouvelle vérité. » Sénèque explique enfuite ce qui regarde
la queue des Comètes ; il répond à quelques objedions ; M
propofe quelques raifonnemens. Enfin il finit ainfi (^)^
« Tels font les fentimens des autres ; tels font les miens au
»» fujet àes Comètes : fi ce que j'en ai dit efl vrai , les Dieux
33 le favent , eux à la connoiffance defquels rien ne peut
s» échapper. Quant à nous, le feul parti qu'il nous foit permis
» de prendre , ell; d'étudier la Nature , de hafarder quelques
^- conje^ures , fans préfumer d'avoir atteint la connoilfance
de la vérité; mais auffi fans défeipérer d'y parvenir» »
CHAPITRE V.
Le Jyjïème d^AnJfore prévaut ; on y ajoute des- opinions
encore plus infouîenables ; on dédaigne d'obferver les
Comètes : état de F Aflronomie ji^fqiie vers la fin
du feïyème fié de ^
JLi E ientiment d'Apollonius & de Sénèque , quoique démué
du fecours des obfervations qui auroient pu le confirmer,
étoit cependant le plus raiionnable de tous : il aliroit du
prévaloir; 8c pour lors le premier devoir , le premier foiu
(u) Seu, Natur, Quœfl. lib. VII, cap, XXVI.^
(tc) Ibici, cap. XXIX.
SUR LES Comètes. 6i
^es fe(51:ateurs de ce fyflème, aiiroit fans Joute été d'accumuier
& de nous tranrmettre des obfervations fiiivies des Comètes.
De quelle utilité ne nous auroit point été un femblabie
catalogue! Mais le Phiiofophe de Rome avoit à peine fermé
ies yeux y il naquit à Alexandrie un Ailronome defliné à
retarder pendant (eize fiècies la connoiiTance de la vraie nature
des Comètes. Claude Ptoiémée fleurilToit vers le commen-
cement du fécond fiècle de i'Eglife : il obferva beaucoup; il
écrivit beaucoup : peut-être a-t-il trop peu réfléchi. Son zèle
pour l'Aftronomie mérite certainement nos éloges ; mais c'eft
un problème, û (es travaux agronomiques ont plus avancé
que retardé ies progrès de cette fcience. il a recueilli les prin-
cipales obfervations des Chaldéens & d'Hipparque; nous ne
ies trouvons plus que dans fon Almagelle féij; mais û le
recueil de Ptoiémée eût été moins eflimé ^ celui d'Hip-
parque eût été moins négligé ; il auroit pu parvenir en entier
jufqu a nous. Ptoiémée paffe pour avoir le premier réduit
iAfironomie en fyflème: de ïes propres obfervations, com-
parées avec celles des plus anciens Aflronomes,. ii a conclu
îa quantité du mouvement de chaque Planète , ôc la dures
de leurs révolutions périodiques ; il a conflruit des Tables
des mouvemens célefles; ii a enfeigné le premier la méthode
que i'on pouvoit employer, pour calculer avec facilité les
iieux du Soleil, de ia Lune & des Planètes : quoi de plus
grand, quoi de pius utile! Eft-ii furprenant qu'un "fi vafïe
génie ait eu un nom.bre fi prodigieux de difciples ! Mais ii a
été foupçonné d'avoir fait un mauvais choix des obfervations
anciennes ^ de les avoir même altérées pour ies faire quadrer
avec fon fyflème ;, mais ii n'efl pas une feule partie de ce
fyflème qui ne foit oppofé à la faine Phyfique , & même à
i'expérience ; mais le plein abfolu , ia folidité , rimpénétra-
biiiîé des Cieux qu'il faut admettre dans ce fyflème ,. rend
<v
^aj C'eil îe nom que les Arabes ont donné au plus grand Ouvrage cfe
Ptoiémée: Ptoiémée lui-même l'avoit intitulé, la grande CoriJImâilon p. iâHS
doute parce q,-'ii y îraîtoit de la conllru*5iion de l'Univers.
62 Doctrine des Philosophes
iiDDolTibie ie vrai mouvement àes Comètes ; mais il a dégradé
ies vérités Allroiiomiques, par ie mélange des rêveries Aflro-
logiques ies plus abfurdes. Que conclure ? Ptoiémée travailla
beaucoup; Ptoiémée ne réuliit pas en tout. Que Tes difciples
i'euflent imité dans l'afTiduité de Ton travail , dans l'appli-
cation de Çqs rechercties ; chiaque fiècle auroit amené quelque
nouvelle découverte : i'Aftronomie fe feroit perfeélionnée
par parties ; ie fvllème de Ptoiémée , convaincu d'infuffifance
& de faulTeté , auroit bientôt cédé la place à quelqu'autre ;
mais Ptoiémée auroit toujours eu la gloire d'avoir frayé ie
premier une route , qu'il ne s'étoit pas flaité lans doute
d'avoir franchie en entier. Cette conduite eût été bien fimple ;
on ne la fuivit pas. On prit tout dans Ariftote & dans
Ptoiémée : leur zèle feul pour de nouvelles connoilTances
fut oublié. On crut que la Nature leur avoit accordé le pri-
vilège exclufif de la connoître ; on ne l'étudia plus que dans
leurs livres : Ariitote fut l'oracle (}iQS Phyiiciens , Ptoiémée
ceiui des Aflronomes ; ce qui avoit écliappé à la connoifTance
de ces deux grands iiomme^ , fut décidé faux , ridicule ,
impie: en un mot, ia Phiiofophie entière ne fut plus qu'une
affaire de mémoire. C'efi donc moins fur i'erreur des maîtres,
que fur l'ineptie & la parelîë des dilciples, qu'il faut rejeter
cette prompte décadence de5 Sciences, dont nous relTentons
encore les triftes effets.
La féduélion ne fut pas d'abord univerfelle : le vrai fyflème
eut encore quelques partifans. Ammien Marcellin ayant parlé
de l'apparition d'une Comète fous l'empire de Julien , expofè
ies divers fentimens des Pliilofophes de ^on temps fur ia
nature de ces fortes de phénomènes. Il rapporte à peu -près
toutes les opinions que nous avons difcuîées ci-delfus; il
n'oublie pas celle de Sénèque : «Quelques-uns ont penle,-
» dit-il , que les Comètes étoient dts Etoiles , iemblables aux cinq
» que nous connoiflbns ; telles cependant , que nous ignorons
encore fur quelles ioix leur mouvement eil; réglé ( bj. » Il fè
^b) Ainm. Marc. lib, XXV.
SUR LES Comètes, 6^
pourroit faire cependant qu'Ammitn ait prctenJu rapporter
iei les fentimens des Phîfofophes tant anciens que modernes :
quoi qu ii en (oit, voilà le leiii vertige que je trouve du vrai
iydème à^s Comètes pendant i'e(pace de plus de quatorze
fiècles , c'eil-3,-dire, depuis Favorin d'Arles (c) , qui vivoit
vers le commencement du deuxième liècle à la cour de
i'empereur Adrien , jufqu'à Camérarius, Amtrbach, Cardan
& quelques autres qui fleuriffoient vers ie milieu du
feizième.
L'opinion d'Ariftote fur les Comètes-météores , fut donc
généralement embraiîée : il fut décidé que \qs Cci-Ve; ne
pouvoient s'élever juiqu'à la Lune. Quelques-uns prciendent
qu'Album'afar, Procius , Hali & quelques autres ^ aliignèrent
à quelques Comètes une région plus élevée : Riccioii ({I) les
venge du reproche d'une pareille innovation ; il prouve afTez
bien qu'on ne peut conclure de leurs exprefTions , qu'ils
aient cru ces Comètes plus élevées que la Lune. On négligea
donc d'obferver ie lieu «& ie mouvement des Comètes : en
cela on agit conféquemmenî. Nous ne facrifions pas notre
temps à confidérer ie mouvement d'un nuage, à obferver le
lieu d'où part la foudre, à mefurer avec précifion ie diamètre
d'une couronne ou à\m arc -en- ciel, à déterminer la trace
d'une étoile tombante : la confidération des météores peut
avoir Ion utilité; mais elle efl; étrangère à i'Afîronomie.
La Coniiétologie ne fut pas cependant abfolumenî négligée i
elle dut ion lalut , û je puis m'exprimer ainli , à f igiiorance
même qui fembioit avoir conjuré fa perte. Les erreurs d'Ariflote
ne fuffirent point à Ï^qs difciples ; ils y joignirent celles des
Chaldéens , ïqs folies de l'Aftrologie judiciaire» Ptoiémée leur
en avoit donné l'exemple; mais las Péripatéticiens enchérirent
de beaucoup fur leurs modèles : les Planètes acquirent de
siouveiles forces; les Comètes fur- tout devinrent \qs fignQS
(c) Favorîn paroît avoir été ou du (èntiment (FApcIlonlus , ou au
înoins de celui de Démocrite. Voyey^ Aulu-Gelle, iib. XIV, cap. l.
{d) Ahmg, Iib. Vlil, fed. I^ cap, VI in fcltoliis.
64
Doctrine des Philosophes
les plus efficaces à.ç:i évènemens les plus iibres & les pîus
importans. Les Comètes furent chargées d'annoncer \qs guerres,
les féditions , les mouvemens inteftins à^s Républiques ; \qs
Comètes préfagèrent à^s famines, àç^s pelles, à^^ maladies
épidémiques ; il fut défendu aux Princes , aux perfonnes même
conftituées en dignité , de payer le tribut à la Nature fans l'ap^
parition préalable d'une Comète : la Comète devint l'oracle
wniverfei; on ne pouvoit plus être furpris par un événement
inattendu ; l'avenir fe lifoit au Ciel aulTi facilement que le
paffé dans les hiftoires.
On auroit en effet grand tort de demander à quel figne
on reconnoiiï'oit qu'une Comète menaçoit d'une féchereife
plutôt que de la perte d'une bataille. Nous avons encore
entre les mains les codes favans dans lefquels on avoit
rédigé , avec ordre & clarté , \qs loix de la fignification àts
Comètes (e). Leur effet dépendoit du lieu du Ciel où elles
étoient engendrées ; de la nature à&s Planètes qui les avoient
produites, ce que l'on reconnoilToit à leur couleur; ôi^s pays
de la Terre qu'elles dominoient direélement par leur mou-
vement diurne; à^s Signes du Zodiaque qui mefuroient leur
longitude, des Conftellations , àes parties de Conftellations
qu'elles traverfoient ; de la figure & de la longueur de leurs
queues , du lieu où elles s'éteignoient , de mille autres cir^
confiances enfin qu'il étoit toujours bien plus facile d'indiquer
que de diflingaer, H^
Mais ne devoit-on pas fe tromper fbuvent dans les prédic-
tions que l'on fondoit fur ces beaux principes , & l'événement
démentant le préfage , ne démontroit-il point la vanité de
cette fcience imaginaire! La prédiélion fuivoit ordinairement
l'événement; alors on ne couroit aucun rifque d'être furpris.
Ainfi un Allemand avoit tiré l'horofcope de Luther, il y
avoit démontré manifeflement toutes les circonflances de
(e) Joann. B. Venaniio Bqfo deConietisj lib. III, Perufiœ, J S^° > in-4.'
Alfonfo Zoboli in Aficometologia : in Bologna fôig, 111-4..° Coinetologia SchuUri ,
f66s t în-4..° pag. 38 ; &c. &€. Mi-^aldi , Cçtuetogr, toîo iib. II, &c. &c.
la vie
su n l'^ s C 0 M ET E s, 65
îâ Vie Je cet Héréfiarque : on s'aperçut cependfaîit qu'ii
5 etoit trompé d'un an entier en déterminant l'inilant de
fa naiffimce (f). Le hafard faifoit quelquefois rencontrer
jufte; l'Aftroiogie triomphoit : d'ailleurs, on annonçoit d'or-
dinaire des guerres , des morts de Princes ou de quelque
grand Miniftre ; mais il fe pafToit alors peu d'anpées qui ne
fuflent marquées par quelque événement femblable. Les dévote
Aftrologues ( car il y en avoit beaucoup de cette elpéce ) ,
rifquoient moins que les autres : félon eux , la Comète
menaçoit de tel malheur; s'il n'arrivoit point, les larmes de
ia pénitence avoient fléchi la colère de Dieu; prêt à frapper,
il avoit remis fon épée dans le fourreau. Mais on imagina une
règle qui mit \gs Aftroiogues bien au large : on s'avifa de dire
que l'événement annoncé par l'apparition d'une Comète ,
pouvoit s'étendre à une ou plufieurs périodes de quarante
ans, ou même à autant d'années que la Comète avoit paru
de jours (g); moyennant ce principe, une Comète qui
avoit paru fix mois pouvoit ne fortir fon effet qu'après cent
quatre-vingts ans: on pouvoit lui faire prédire ce que l'on
jugeoit à propos; i'Aflrologue n'avoit pas à craindre de voii?
fa prédiélion démeiitie par l'événement.
Les plus grands efprits n'étoient pas exempts de cette
contagion. Outre Ptolémée, dont nous avons parlé, Sénèque
iui-même ne révoque point en doute ce que l'on débitoit
de fon temps fur les fignifications des Comètes; au contraire,
cette vertu des Comètes lui fournit (h) un ai'gument, félon
lui , démonflratif de la vérité de fon fyflème. Je n'ai pas
cru devoir en faire ufage : ii ma paru indigne de la fagefîè
de Sénèque. Pline rapporte allez fimplement {qs vifions des
Aftronomes de fon fiècle (i) ; il ne me paroît pas y ajouter
(f) Petit , Dîjfertatîon fur la nature des Comètes.
(g) Gemma, de Cometa ann. -r j'T'T'^ pag. 53. l^^m ds Dhims nûturi
charaélerifmis , \\h, II, cap. III i^ alii.
(h) Quœjh Natitr. Ilb. VII, cap, xxvilï.
(i) Hift. lib. II, cap, XXV^ n.° aj, ,
Tom^ L î
66 Doctrine des Philosophes
une foi entière: cependant, il regarde \çs Comètes comme
avant -coureurs des évènemens les plus fâcheux. Tacite ne
s'explique pas alTez. Tous les autres hiftoriens Romains ,
s'ils parlent des Comètes , n'en parlent qu'avec frayeur; ce
font les fignes funeftes des malheurs de la République : peu
s'en faut qu'ils ne regardent Velpaiien comme un impie.
Dix-huit mois environ avant fa mort, on lui fjt apercevoir
une Comète; on ia regardoit comme un préfage de la mort
de cet Empereur : « Les effets n'en font point à craindre ,
> dit -il, cette Comète elt chevelue , & je fuis chauve; its
menaces regardent fans doute le roi àes Parthes (h). » Le
préjugé s'enracina de plus en plus. Dans le dix-feptième fiècle,
un Kepler ne regarda pas comme au-de(îous de lui de tirer
i'horofcope de la dernière Comète de 1618 (l), Ga(fendi
fut accufè d'athéifme , pour avoir ofé dévoiler la vanité de
i'Aflroiogie (m). L'incertitude & la futilité de la Comé-
îomantie (n J , n'étôit point encore univerfellement reconnue
au commencement du fiècle où nous vivons ( 0),
Les vifions ridicules des Artrologues ftirent cependant
utiles : l'apparition d'une Comète fut regardée comme un
événement important; on crut devoir lui donner place dans
les fades de l'Hiftoire. Le fyllème d'Arillote ilolé , auroit fait
regarder \qs Comètes comme des météores alfez indifîérens :
on \qs auroit enievelies dans l'oubli où font tombés ï^s iris
&: la plupart àçs orages. Les Aflrologues prononcèrent que
la Comète étoit un figne ; ils furent crus : on tint regilh'e
de l'apparition des Comètes , fur-tout lorfqu'eile fut iuivie
de quelque malheur ; ce qui devoit ordinairement arriver.
11 ell vrai que ces apparitions font bien sèchement décrites :
( k ) Sueton, in Vefpaf. Dion.
\ïh, LXVI.
^l) De Cometis libelli treSfVih. îlî.
(in) Tackius in Cœli anomale . Joan,
Henr. Urjinus in Jerem. virga vigilante
é^ alii.
(n) Je ne fuis pas le premier qui
emploie ce terme : il efl d'origine
grecque , & fignitre la Science de
deviner par les -Ccmètes.
( 0 ) Alaria Margareta WincheU
mannia in Vorbereitung zur groffen
oppofition , &c
Spréc; 17 12; in-^,' iT'c.
A Cologne fur la
SURLESCOMÈTES. 6j
on fè contente fouvent de nous dire que tel JeTaflre fut
précédé de l'apparition d'une Comète. Mais c'efl un avantage
de connoître au moins l'exilience (Se ie temps du retour de
ces anciennes Comètes : fouvent auffi on nous apprend le
iieu du Ciel , ie temps de i'année , ie figne même dans
lequel l'Aflre s'eft fait voir; ce qui peut fervir à en conjec-
turer la révolution : quelquefois même i'Hiflorien nous donne
une légère idée du mouvement de la Comète ; & l'on peut
en conclure fà reffembiance , & foupçonner fbn identité avec
quelqu'une des Comètes obfervées depuis le rétabliffement
de l'Aflronomie. C'eil ainfi qu'il eft indubitable que la Comète
de 145 (^ eft la même que celle de 1682 : oefl: ainfi qu'on
ie croît fondé à croire que la grande Comète de 1 680 a paru
en I 106 & en l'année de la mort de Céfar: c'efl; ainfi qu'on
a calculé les élémens des orbites de la Comète de 1264»
de celle de i^27> tie la belle de 1472 & de quelques
autres , fur des obfervations fort imparfaites il efl vrai ; fufîi-
fantes néanmoins pour reconnoître ces Comètes , fi la fuite
des fiècles ies ramène à la portée de nos obfervations.
Pour acquérir la connoiffance la plus exaéle que l'on puifîe
avoir des Comètes qui ont paru avant le fiècle de Tycho ,
il fëroit inutile de feuilleter les écrits des Aflronomes : ies
Annales, les Hifloires, ies Chroniques de tous les pays &
de tous les temps; voilà les fburces où il faut puifer. Mais
"que ce travail eft immenfe 1 11 paroît par les citations de
Struyck , qu'il a confulté un très-grand nombre d'Auteurs ;
j'en ai fait autant de mon côté : je ne réponds pas qu'il
ne nous foit échappé quelque apparition de Comètes ; mais
j'ofè affurer que nos omiflions doivent être en bien petit
nombre.
Le pontificat de Léon X & le règne de François L^'^
font regardés comme l'époque de la renaiffance des Lettres
en Italie & en France. Les Sciences ne reprirent point fitôt
une nouvelle vie; le rétabliffement parfait de l'Aftronomie
étoit réfervé aux foins ôl aux recherches de Tycho & de
KépJei*. -î^ous trouvons cependant dès le milieu du feizième
68 Doctrine des Philosophes
fiècîe, quelques vertiges du fyftème de l'éternilé des Comètes;
on commençoit à oblerver les Cieux plus attentivement ; deux
découvertes qu'on venoit d'y faire ^ fembioient frayer la voie
à àes vérités qu'on ne pouvoit encore qu'entrevoir.
Pierre Appien , Aftronome de l'empereur Charies-Quint ^
avoit obfervé plus exaétement qu'on ne i'avoit encore fait^
cinq Comètes en moins de huit ans , entre le mois d'Août i 5 3 i
& celui de Mai i 539» H remarqua (p) que quel que fût le
lieu & le mouvement d'une Comète , fa queue étoit toujours
dirigée vers la partie du Ciel oppofée au Soleil. Régiomontaii
nous avoit laillé k defcription de la belle Comète de 1 472. (q) ;
il marque à chaque obfervation le lieu de la Comète ; il défigne
de plus les Etoiles vers lefquelles fa queue paroiflbit fe porter :•
ee qui le frappe principalement , eft qu'en une feule nuit la
queue eut trois directions différentes , vers l'orient ^ vers le
midi , enfin vers l'occident : la combinaifon du mouvement
exti'êmement prompt de cette Comète avec le lieu du Soleil j
fut la feule caafe de cette variation. De la defcription de
Régiomontan, ilfuitmanifeflement que la queue de la Comète
fût toujours oppofée au Soleil : cette direétion confiante échappa:
à la fagacité de Régiomoïitan ; la découverte ne devoit être
faite que foixante ans après par Appieir*
Le même Régiomontan (r) avoit ouvert à Ces fucceffeurs
Mne nouvelle route pour parvenir à la connoiffance du vrai
iieu des Comètes , mais il n'y étoit point entré ; c'étoit celle
àçs parallaxes : il fut le premier qui en appliqua la méthode
à l'obfervation du lieu des Comètes. On fait que la parallaxe
îiefl autre chofe qu'une différence d'afpecl : fufpendez une
boule au-deffous d'une voûte ; les perfonnes qui feront en
bas, à quelque diftance les unes &es autres, & qui porteront
îa vue fur la boule , la rapporteront néceffairement à différent
^p) Appiarif în Afironomico Cafareo,-
(q) Defcriptio Cometx , ann, i^-yz ad caîcem diaîexeos de nova flella
'(^57^) per Thaddœinn Hageçium ab H^/ck^ pag, 1^6 ^ ^dit, francofurû
(r) ibld.
SUR LES G 0 M ET Ë S, 6g
endroits de ia voûte : qu'on élève peu -à -peu la boule en
l'approchant de la voûte , ies endroits de ia voûte vis-à-vis
delquels on voit ia bouie , s'approclieront à proportion , jiifqu'à
€e qu'enfin tous les fpeélateurs voient la bouie au mtme
point de la voûte ; ce qui n'arrivera que lorique la boule
touchera la voûte , ou même qu'elle l'aura pénétrée» Voilà
inie légère idée de la parallaxe ; la voûte efl le Ciel ; les
ipeéiateurs font fur la Terre , l'un à Paris , l'autre à Pél^in ou à
Québec; ies plus grandes diftances produiront les plus grands
effets : enfin la boule efi un Afire ou un météore que l'on
fuppofe vu au même inftant à Paris & à Pékin ou à Québec,
Par le fecours de la parallaxe, on mefure fort exaélement la
diflance de la Terre à la Lune : il fera donc auffi facile d©
mefurer la diflance de la Comète à la Terre , fi la Comète
11' efl pas plus élevée que la Lune. La méthode étoit fort fimple :
Régiomontan fut le premier qui l'employa, mais elle ne lui
réuffit pas ; foit qu'il ne l'employât qu'une fois , & cela iorfque
ia Comète pouvoit être réellement fort près de la Terre ; foiî
qu'il ne donnât point à l'opération toute l'attention néceffaire;
foit qu'il fe fervît d'inflrumens défeélueux , & il n'y en avoit
point d'autres alors; foit enfin que toutes ces caufes Ce foient
réunies enfembie : il trouva la diflance de la Terre à k
Comète, fix fois moindre que celle de la Lune à la Terre.
Jean Vogelin , difciple de Régiomontan , fondé fur la même
méthode , porta un jugement à peu -près femblabie de la
Comète de 1532 ffj.
Je n'ai pu découvrir quel efl le premier Aflronome qui
a conclu de la méthode des parallaxes , que ies Comètes
etoient fupérieures à la Lune. Je trouve dans les Ouvrages
poflhumes de Robert Hooke, imprimés à Londres eniyoj ftj^
que Régiomontan le fervit de cette méthode en 1472 , pour
attaquer le fyflème Cométaire des difciples d'Ariflote : cette
{fJ Vogelims ibid. pag. 150 iif fequ. fed prœcipuê , pag, 159, ido
{t) Açla £ruditçrumf mui lyoy ^ pag. 152»
70 Doctrine des Philos ophes
anecdote ne fè rencontre point ailleurs ; au contraire , Régîo-
montan a paru prouver que la diftance Aqs Comètes à ia
1 erre étoit peu confidérabie. Nous verrons bien-tôt que Cardan
emploie le défaut de parallaxe fènfible , pour détruire le
(yftème des Comètes - météores ; mais il ne iè donne pas
pour auteur de cette méthode : (on témoignage prouve du
moins que vers le milieu du feizième fiècle , on s'étoit déjà
fervi avec fuccès de la parallaxe , pour déterminer que le vrai
iieu des Comètes étoit ordinairement au-delà de l'orbite de
la Lune.
Le petit nombre de ceux que le préjugé n'aveugloit pas
entièrement , fit une ierieufe attention fur les deux vérités
nouvellement découvertes ; l'une & l'autre étoient également
incompatibles avec l'opinion d'Ariftote. Si \ts Comètes font
un brafier ardent , que peut avoir de commun le Soleil avec
la direélion de leur queue! Le feu doit fuivre fon aliment,
comme les Péripatéticiens le décidoient eux-mêmes ; mais
rien ne pouvoit contraindre cet aliment, ces matières inflam-
mables, ces exhalailbns chaudes, sèches, fulfureules, grafles,
bitumineufes , à éviter les approches du Soleil avec tant de
confiance & d'uniformité. Cette direction de la queue vers
les parties oppofées au Soleil, ne dénotoit-elle pas une aélion
àiQS rayons du Soleil fur la Comète? N'étoit-il pas naturel
de penler en conféquence , que la Comète n'étoit point
embrafée, mais éclairée; que ce n'étoit point un feu, mais
un corps plus lolide qui réfléchiiïbit les rayons folaires \ C'eft
ia conclufion que tirèrent quelques Sages.
D'un autre côté, {i les Comètes font fupérieures à la Lune,
elles le font donc à toutes \ç;i vapeurs, à toutes les exhalaifons
de l'air qui nous environne; or, on ne peut pas douter que
leur lieu ne foit bien au-delà de celui de la Lune. « Nous
5» voyons à Milan, dit Cardan (u), une Comète qui eft fous le
^» tropique du Capricorne : donc la Comète n'eil; point formée
»» de vapeurs , puifcjue de fimples vapeurs ne pourroient nous
(u) De Subtilitate, iib. IV.
Sun LES Comètes. 71
être vîfibles à une (\ grande diflance. Les Comètes ne le «
forment pas non plus dans l'éther (x) : quelle matière inflam- «
mable pourrait les y produire ! Ne dites point que les Aftres ««
ont la force d'y attirer à^s exhalaifons : il y a des Comètes «
qui fublillent un, deux, trois mois & davantage; toute la «
machine de la Terre ne futiiroit pas à un tel embrafement ; «
car le feu ne peut fe perpétuer dans une même matière; il «
lui en faut inceifamment de la nouvelle .... Il n'elt rien «
de plus facile que de déterminer le lieu d'une Comète par «
la diverfité d'aipe<51; , c'eft-à-dire par la parallaxe. Le mou- «
vement des Comètes prouve auffi qu'elles font au-delà de «
ia Lune : leur queue eft toujours diamétralement oppofée au «
Soleil; elles ne paroifîent bien fouvent que dans le crépuf- ««
cule. « Cardan emploie contre les Péripatéticiens \qs mêmes
armes par lefquelles Sénèque combattoit Epigènes & Ariflote;
il en ajoute de nouvelles & de plus décifives , que l'expérience
ii'avoit pas encore fournies à Sénèque.
Cardan conclut : « 11 eft donc clair qu'une Comète efl .
un globe placé dans le Ciel & éclairé du Soleil: \qs rayons, ce
en le traverlant, y produifent l'image d'une barbe ou d'une <«
queue. Ce globe s'engendre dans le Ciel, fi le Ciel peut «
fouffi"ir de nouvelles générations : fmon , il faut dire , &■ «
c'eft le fentiment le plus vrai , que le Ciel eft plein d' Aftres «
que nous ne voyons pas. « Voilà le fentiment de Sénèque
& d'Apollonius de Mynde. Cardan devoit s'en tenir là;
mais félon lui , ces Aftres font inviftbles , parce qu'ils font
formés d'une matière extrêmement rare : û l'air vient à s'atté-
nuer, à ie fécher, les rayons que réfléchiffent les Comètes
trouvent un paftage plus libre , «Se parvenant jufqu'à nous,
ils nous font découvrir \qs Aftres defquels ils font émanés.
Cardan en conclut que les Comètes iont, non pas la caufe,
mais du moins le figne de la féchereftë, de la corruption de
(x) Par l'éther , les Phllofophes non Péripatéticiens entendoient l'air
pur qu'ils fuppofoient s'étendre au-delà de notre atmorphére jufqu'aux
limites de l'Univers, dans lequel ils faifoient nager le Soleil; les Planètes
&. les autres corps célefles.
^2 Doctrine des Philosophes
l'air, de la famine, à^i maladies, à^s morts des Princes, &c,
tant ii eft difficile de dépofer à la fois tous les préjugés î
Cardan, né à Pavie en i 508 , mourut à Milan ie 2 i Sep-
tembre 1575 , félon Weidler (y) ; feion Brpcker , il eft
mort à la fin de 157^? âgé de foixante- quinze ans moins
trois jours : il feroit donc né en i 5 o i .
Paul Fabrice , Philofophe & Médecin , Mathématicien de
l'empereur Charles-Quint , obferva la Comète de i 5 5 <3 , &
c'eft principalement fur {^s obfervations qu'on a calculé
i'orbite de cette Comète. Cet Agronome, recommandable
par i'étendue de {^?> connoiiTances , &: par un^ expérience
qu'un long exercice lui avoit acquife, femble ne pas approuver
beaucoup l'opinion ^ç^s Péripatéticiens ; il goûte plus celle
de Sénèque , auquel il attribue de croire que \^s Comètes
font à^?> Etoiles que Dieu a créées àhs le commencement, &
qu'il fait paroître dans l^^ temps déterminés pour marquer
fa puiiTance & annoncer les évènemens futurs : ce font les
termes d'André Dudithius (1). Fabrice altère un peu le
fentiment de Sénèque; mais c'efl le même dans fa partie
jeiTentielle , ou dans ce qui regarde la nature àçis, Comètes.
Ce même Paul Fabrice, dans une Lettre adreffée aux Archiducs
en l'an 1573» au fujet de l'Etoile de Çaffiopée qui avoit
commencé à paroître l'année précédente (a) , femble regarder
les Comètes comme météores; mais il n'en dit qu'un mot;
^ avertit , fans doute à deffein , que par le terme de Comètes
il entend auiTi les globes que l'on voit quelquefois brûlei'
4 ans l'air»
Arétius, dans une courte explication de la <io(^rIne des
Comètes , qu'il fit imprimer à Berne fa patrie, en i 5 5 6 , réfute
ie fentiment d'Apollonius & de Sénèque : il ajoute cependant
que cette opinion avoit alors quelques partifans. « Sénèque
j, foutenoit que les Comètes foiit des Etoiles , dit un autre
(y) Hifl. Afiron. fed. XIV, S- 5 i-
^;^^ De Coimtariim fignificatione , circa înit'mm,
(.a) Ad calcsm diakxees Ha^ecii fupra numoratœ, pag. 129 if f^q» .
- Auteur:
SUR LES Comètes, 7^
Auteur Ju même fiècle (h) ; ie plu5 bei ornement de «
l'Allemagne, Camérarius , Cardan, Amerbach &; pluiieurs <c
autres Savans , fouicrivent au fentiment de Sénèque , & penlent «
que les Comètes doivent être mifes au rang à^s Adres : elles «t
lont comme en dépôt dans quelque coin du Ciel , & paroifTent «
lorfque ies circonftances l'exigent ; ou au moins , elles font «
créées à temps par la Puiffance divine. « Cette nouvelle
création efl de trop.
Tels font les légers vertiges du vraî fyftème de la nature
à.Qï, Comètes , que nous offi'e le feizième {\h.z\ç: : c'efl une
bien foible Aurore d'un jour , qui ne devoit paroître en tout
(on éclat que vers la fin du fiècie fuivant.
Il paroît que ce fut aulTi dans le feizième fiècle que fou
commença à douter des rêveries Aflrologiques : la Comète
de 1577 en fut la principale occadon. André Dudithius,
dont nous avons déjà parlé , Thomas Erafte & Marcel Squar-
cialupus f^J écrivirent à fon fujet: leur principale but fut, à
ce qu'il paroît, de combattre ies Afirologues & les Cométo-
mantiens : ils ne furent point réfutés , mais le préjugé
fubfifta ; les Comètes furent maintenues dans le droit de
préfager les évènemens futurs : on attribua nommément à la
Comète de 1577, des prédiélions de malheurs qui n'arri-
vèrent point.
C'eil peut-être auffi vers le même temps que les Comé-
tomantiens le divisèrent en trois eff)èces de leéles ; celles
dçs Théologiens , des Aftrologues & des Phyficiens. Les
Théologiens penfoient que les Comètes n'avoient aucune
vertu naturelle pour annoncer des malheurs , encore moins
pour ies produire; mais que Dieu , par fa fouveraine puifîance,
ks créoit ou ies faifoit paroître , iorfque irrité contre les
fbj Joannes Garcœus in Aleteo-
rJogia j cap. VIII.
(c) Les Ouvrages de ces trois
Ecrivains , fur les Comètes , ont été
imprimés plufieurs fois. La pre-
mière édition eil , je penfe , celle
Tome l.
d'Heidelberg en 1580 , in - ^.'
André Bofius, dans l'édition d'Iene
en 1665 , in-^f." , y a joint plu-
fieurs autres autorités plus récentes
contre les rêveries des Aftr.ologuçs»
cométomantiens?
74 Doctrine des Philosophes
péchés à^i hommes , il vouioit ies châtier ou les rappeler
à la pénitence. « Une Comète, difoient-ils , eft un figne de
3_la colère de Dieu , gravé en caracftères de feu fur le livre
de la Nature (d), >» Il eft clair que dans ce fyftème les
Comètes ne pouvoient annoncer que des défaftres.
\j&s Aftroloo[ues admettoient non-feulement dans le Soleii
& dans la Lune , mais encore dans ies Planètes & même
dans les Etoiles fixes , des vertus dont une longue fuite
d'expériences leur avoit, diibient-ils, donné la connoilTance.
Il n'eft donc point furprenant qu'ils reconnuflent de fem-
blables qualités dans les Comètes ; foit qu'elles duffent être
comptées au nombre à^s Aftres ; loit, comme on le croyoit
alors , qu'elles ne fuifent que des météores , engendrés par
i'aétion d'une Planète ou de plufieurs : \qs Etoiles avoient
auifi leur part dans cette génération. Au refle, il eft évident
que les Comètes ainfi formées , dévoient participer aux vertus
des Aflres auxquels elles dévoient leur exiftence. Saturne
& Mars, les plus malignes de toutes les Planètes , avoient
ordinairement la principale part à la formation à^^ Comètes ;,
en conféquence , \^s Cqmètes étoient ordinairement avant-
coureurs d'évènemens liniftres : il n'étoit pas cependant
împoffible qu'elles en annonçaiîent quelquefois d'heureux :
ce dernier lyftème n'étoit pas nouveau. Chérémon, Egyptien^
de la feéte àts Stoïciens, avoit compofé un Ouvrage lur les
Comètes, cité par Origènes (e) ; il y montroit que l'appa-
rition <\ts Comètes avoit été quelquefois fuivie d'évènemens
favorables (f).
Les Cométomantiens , purement Phyficîens , rejetoient
les folies de l'Alh'ologie, & croy oient d'un autre coté, qu'il
ne falloit recourir que bien rarement aux caufes furnaturellese
Selon eux , une Comète efî un effet purement naturel ; tout
ce qu'elle fignihe , tout ce qu'elle produit , doit donc être
(d) J'ai pris cette penfée, à ce que je crois; 4ans le recueil de BofmSj,
iJont je viens de parler.
(e) Contra Cdfum t lib, I; n.° 59,
if) Ibido
SUR LES Comètes, yj
dans l'ordre de la Nature : jurqu'ici , rien de pîus /âge , rien
de plus conforme aux lolx de la faine raiibn. Mais ces^
prétendus Phyficiens éîoient Péripatéticiens , & par une
conféquence néceflaire , entêtés des préjugés \qs plus ridi-
cules. Premièrement, il falloit dire que les Comètes étoient
fuivies de fécherefles & de tempêtes : le fhiiofophe en avoifi
prononcé l'oracle (g). En lëcond lieu, on ne pouvoit pas
non plus Ce difpenfer d'attribuer aux Comètes, ou comme
figues ou comme cauies, les famines, les pefles, \qs guerres
civiles , & fur-tout les morts des Princes & des Grands ; on
avoit été élevé dans cette perfuafion ; les chaires de Philo-
fophie, de Théologie même, retentiflbient de cet axiome;
le témoignage unanime des Hiftoriens , confirmoit cette
vérité de la manière la plus convaincante , par une expé-
rience continue. Voici le beau fyftème qu'on imagina, pour
expliquer phyfiquement cette vertu des Comètes : j'en
emprunte rexpofition de Fortunius Licétus (h). Cet Auteur
infatigable n'a écrit que dans le dix-feptième fiècle; mais if
n'eft que l'écho des Phyficiens du feizième.
La lumière & le feu d'une Comète ne peuvent produire
les effets qu'on attribue à ce météore ; toute fon efficace doit
confifter dans la matière dont il efl compole : or , cette
matière pafîe par plulieurs états qu'il efl à propos de
confidérer.
Premièrement , cette matière n'efl autre chofe que des
exhalaifons terreflres , non pas cependant de ces exhalaifbns
ordinaires , que la chaleur du Soleil exprime fans ceffe d^s
parties extérieures de la Terre ; fi telle étoit la matière dts
Comètes, elles fèroient plus fréquentes en été qu'en hiver;
mais de ces exhalaifons intérieures & centrales , exhalaifons
chaudes & sèches , fuifureufes & bitumineufes , telles que
nous les voyons s'échapper par la bouche des volcans. Lorfque
ces exhalaifbns font trop abondantes , elles font effort pour
(g) Meteor, lib. I , cap. VII.
(h) De Cometa ann. j6j2 dT' i6jji cap. VU; XVin if feq,
K ij
76 Doctrine des Philosophes
fe dégager ^^s entrailles de la Terres de -là des trembïemens
de terre , à^s tempêtes fur la mer , à^i ouragans dans l'air ,
fignes infaillibles de Comètes qui vont bientôt paroître , plutôt
cjue leur effet.
z^ Les exhalaifons fe font fait jour ; elles traverfent l'air
que nous refpirons; elles 1 échauffent donc & le defsèchent :
quels effets ne doivent- elles pas produire fur les hommes
qui refpirent cet air ; principalement fur ceux dont le tem-
pérament efl fec & chaud , ou d'un mélancolique brûlé!
De -là à^s maladies, àç.s colères, i^^s haines, femences de
divifions, de guerres, deféditions, de révoltes , de conipira-
tions: ces exhalaifons font même quelquefois fi fétides, qu'elles
engendrent à.t2, pefles ou d'autres maladies épidémiques.
3." La matière de la Comète efl élevée à la région fupé-
rîeure de l'air: en cet état elle n'agit point, elle ne produit
rien. Un corps, félon le Philofophe (ï) , eft incapable d'agir
fur un autre corps qu'il ne touche point. On pourroit dire
cependant qu'elle opère quelque effet médiat, en tant qu'elle
attire continuellement de la Terre de nouvelles exhalaifons^
pour lui fervir d'aliment ou de nourriture.
4.'' De nouvelles exhalaifons s'élèvent donc fans cefTe de
la Terre, pour entretenir la Comète déjà formée; la partie
crafîe de ces exhalaifons , moins propre au mouvement ,
monte moins haut , fe mêle avec notre air & le corrompt : la
partie la plus légère , de fon côté , accroche les parties humides
de l'air; plus forte qu'elles, ûXo. Iqs atténue, \qs change en
air & \qs diffipe : c'efl ce qui occafionne la féchereffe & les
vents ; la féchereffe engendre la famine , &: altérant fe tem-
pérament des hommes, elle les rend atrabilaires. Mais le
Philofophe (k) prouve que \^h Princes fur -tout font très-
mélancoliques ; ils doivent donc être plus fujets que les autres
hommes à i'aélion Aqs Comètes.
11 arrive cependant quelquefois que les vapeurs humides^
^i) De geti. anim. lib. JI, cap. I,
(h) AriJî.Sçéî, jQ; ^^oh\^m,U
SUR LES Comètes. jj
rencontrées par ces exhaiaifons, font en fi grande quantité,
que i'aélion de ces exhaiailons en eil; émoufTce : ceiles-ci
s'apprivoifent , ciciirantur , & deviennent moins malignes.
Pour lors , l'apparition de la Comète ne fera ni précédée ,
ni accompagnée d'aucun défaftre ; mais il fuivra infaiiii-
, biement quelque malheur , même avant la difTipation totale
du météore , ^i les exhaiaifons deviennent enfin aiïez abon-
dantes pour vaincre l'obftacle qui leur étoit oppole.
5." La Comète eft embrafée ; «& comme félon Ariflote (l),
elle efl compolee de terre & d'air , le feu conflime la terre ,
atténue l'air & le change en un feu très-léger , qui monte
par la nature à la région du feu , & qui nous étant abfolument
infenfible, ne peut ni produire, ni fjgnilier les malheurs qui
nous pourroient menacer.
6,"" La partie terreufe de la Comète fe réfout en cendres;
nous voyons ces cendres tomber du Ciel fous la forme
d'atomes : cependant toutes les cendres qui defcendent de
I1iir fupérieur fur la terre , ne font pas cendres de Comètes ;
celles - ci , conformément à leur nature , defsèchent l'air de
plus en plus, & le rendent par-là plus propre à altérer nos
corps & notre caraélère. Ces cendres emploient du temps à
retomber : en conféquence , les maladies , \qs pefles , les
famines , \^s guerres , peuvent tarder de quelques mois ;
mais \qs effets de ces fortes d'apparitions font d'autant plus
trifles, qu'ils fe font fait plus long-temps attendre.
Licétus attribue les guerres & les morts à^^ Princes à leur
tempérament mélancolique (m) ; félon d'autres (n) , \^i
Comètes agiffent plus efficacement fur les Princes, parce que
le tempérament des Grands efl ordinairement très-délicat:
il en efl enfin (0) qui croient que l'air étant infeété par
(l) Anfl. 2 , de gen. t. XX VIII. part. IV, cap. XI. Venaniius Baffiis de
(m) Erafte dit qu'il feroit à fou- Cometis, 1. III, c. IX, isT alnimihi.
Iiaiter que la mélancolie & la bile ( o ) Vaje^ le Difcours fur les
des Princes fût la vraie caufe des Comètes fuivant les principes de
guerres: quelques gros de rhubarbe Defcartes , chûf, ii, page 2.^, par
épargneroient bien du fang. J. D. (Denis) P. M. Paris, 1665^
(n) Anton, Cattus de Cometis , ui-iz^
•78 Doctrine des Philosophes
l'apparition d'une Comète , tous ies hommes refpirent égaîe-
nient cette corruption ; mais que les Grands ajoutent une
féconde caufe de mort à cette première , en fe rempiiffant
de toute forte de volatiles, qui leur communiquent le poifon
cométaire qu'ils ont raflemblé de toutes ies parties de l'air.
Je ne fuivrai point Licétus dans ce qu'il dit fur la trani^
parence , ies couleurs , la grandeur & \qs figures à^s Comètes;
ce que j'en ai rapporté fuffit pour donner une idée du raifon-
nement à^s Phyficiens-cométomantiens. Je ne prendrai point
non plus la peine de le réfuter : i'expofition feule de telles
abfurdités , en eft la réfutation la plus complète. De plus,
s'il eft démontré que les Comètes ne font point des météores
fublunaires , engendrés , comme Licétus fe f eft figuré , par
des exhalaifons terreftres ; le fondement du fyftème étant
détruit , tout le fyftème doit nécefîairement s'écrouler.
Ce même fiècie enfin a vu naître quelques nouveaux
fyftèmes. Nous avons déjà parlé de celui àQs, Théologiens,
qu'on peut faire remonter jufqu'à Saint- Jean- Damafcène.
.Théophrafte-Paracelfe , fur le fondement que la Nature n'efl
point pythonifîe, prétendit que les efprits répandus dans l'air,
voulant nous avertir du bonheur que nous avons à efpérer
ou à^s malheurs qui nous menacent, rafîemblent une matière
éthérée fous la figure d'une Etoile, & la promènent dans le
Ciel par à.^s chemins propres à nous indiquer les évènemens
futurs (p). Selon Jordanus Brunus , qui pour fes impiétés
fut brûlé à Rome le 17 Février de l'an i<Soo , la Comète
eft une efpèce de terre parfaitement unie comme la glace
d'un miroir : on la voit quand elle eft tellement placée dans
fon orbite , que ies rayons qu'elle reçoit du Soleil fe réflé-
chiflènt direâement vers la Terre , félon les loix connues
de la réflexion de la lumière fur les miroirs ( q). Frédéric
Nauféa , Évêque de Vienne en Autriche , paroît être le
(p) Paraceîf, lib. I , de Meteor.
(q) Bnick. Hift. Phil. tom. V, periocj. IJI> part. II, lii). I, cap» II',
£K Heumahno Aéî. Phil. tom. II,
SUR LES CûM ET ES, 79
premier qui, joignant le fyflème dts Péripatéticîens avec
celui àQs Théologiens, a diitingué deux fortes de Comètes,
les unes naturelles , les autres furnaturelles (r) : il a eu
quelques feélateurs. On imagina peut - être encore alors
quelques autres rêveries, je les ignore; & d'ailleurs, de telles
énumérations ne font propres qu'à accumuler les preuves de
k foiblefle de i'eiprit humain.
CHAPITRE VL
Obfervatïons perfeâïonnées èr multipliées : nouveaux
ajfauts livrés au Péripatéûfme. De Tycho, Meftlïn ^
Kepler, GaQ'endi, Def cartes èr autres, jufque vers
le milieu du dix -feptieme fiède,
J_j'ANNéE 157:2 ouvre un nouveau fpecflacle. La de'cou»
verte d'Appien , \es réflexions de Cardan & de quelques
autres Philofophes, n'avoient opéré qu'une légère fenfation;
le Péripatétifme triomphoit toujours. On étoit cependant
attentif fur les phénomènes que le Ciel pou voit offiir. Les
Coperniciens commençoient à fe multiplier; ils avoient retenu
la plupart des principes de la Philofophie de leur fiècle : ib
accordoient aux Péripatéticîens que les Cieux étoient exempts-
de corruption & de génération ; mais la folidité des Cieux
étoit incompatible avec le mouvement de la Terre. Pourquoi
donc les exhaîaifons de la Terre n'auroient- elles pas pu
s'élever jufqu'à l'orbe de la Lune , jufqu'à celui de Vénus
& même au-delà! Les Péripatéticiens répondoient qu'une
telle élévation éîoit fans exemple : l'application de la doélrine
àQs parallaxes aux Comètes , paroiifoit pouvoir feule décider
ce procès 9
(r) Fndu, Nauf, de Csmefa anni 153^1.
8o Doctrine des Phi lo s op h es
D'un autre côté, le Danemarck prcparoit cà i'Ailronomie
une de Tes plus grandes lumières. Tycho-Brahé fut zélé
pour le progrès de l'ArtroDomie, alftJu dans l'étude de cette
Science, précis dans Tes obfervatioiis , judicieux dans {^s
raifonnemens. La perfuafion qu'il e(l indigne d'un Noble
de le faire imprimer , ne fut pas le feul préjugé qu'il eut à
vaincre ; s'il ne les a pas furmontés tous , au moins il a tracé
ia route qui devoit conduire à la Vérité. La vie de Tycho
a été remplie : mais la Terre qu'il avoit entrepris de défricher
étoit trop vafte , & les épines qui la couvroient étoient en
trop grand nombre pour qu'il pût réufHr à les faire entiè-
rement dilparoître.
Tycho avoit été imbu de toutes les fables Péripatéti-
ciennes, il wq\qs révoquoit point en doute; mais il vouloit s'in(^
truire par {qs yeux. Il attendoit que l'apparition d'une Comète
lui donnât ioccafion de le faire, lorfqu'au mois de Novembre
I 572 , une nouvelle Etoile, fupérieure à toutes les autres &
à Vénus même, en éclat & en beauté , fixe les regards furpris
de tous les Aftronomes : elle e(t obfervée attentivement par
Tycho , par Michel Meftlin, pour lors Minîltre dans un village
du duché de Wirtemberg; par ThaddéeHagécius, Médecin de
l'Empereur; par Paul Fabrice; par Barthélemi Reducher, Pro-
lefTeur de Mathématiques à Vienne; par Jérôme Mugnoz,
Profeiïèur de Mathématiques dans l'Univerlité de Vaience eii
Efpagne; par Cornélius Gemma, Profefiëur royal de Médecine
àLouvain; par Paul Hainzel, Patrice & Coniul d'Aufbourg,
& par une infinité d'autres; c'eft-à-dire par les plus habiles
Aflronomes du fiècle. Prefque tous conviennent que l'Etoile
n'a aucime parallaxe , aucun mouvement : quelques-uns, faute
fans doute d'inftrumens afîez parfaits^ croient avoir obfervé
quelque parallaxe , mais beaucoup moindre que celle de la
Lune; le très-illufh^e Landgrave de Heffe afîijre qu'elle n'ex-
cède pas trois minutes; Thomas Digges , Ath'onome Anglois ,
Ja trouve au-delîbus de deux minutes ; quelques-uns fe per-
fuadent qu'elle peut monter à dix -neuf ou vingt minutes:
lîi^is félon tous les Obferyîiteurs j, la parallaxe de i'Ét.oile eft
bien
SUR LES Comètes. 81*
bien certainement moindre que celle de la Lune. II faudra
donc reconnoître que le lieu de l'Etoile eft au-deflus du ciel
de la Lune , entre ceux de5 Planètes, ou même dans le ciel
àQs Etoiles fixes.
C'efl la conclufion que tirèrent en effet Tycho , Meftlin ,
Gemma , le Landgrave & plufieurs autres. Mais que ne
peuvent point les anciens préjugés ! Il fe trouva àQS André
Nolthius , des George Bufch , citoyen d'Erford ; des Théodore
Gramineus, ProfelTeur à Cologne, qui démentant le témoignage
unanime des autres , prétendirent avoir remarqué dans le
lieu de la nouvelle Etoile, une parallaxe très-fenfible : ils ne
le crurent pas feulement ; ils voulurent le perfuader aux
autres : ils écrivirent ; & l'ineptie de leurs raifonnemens
décela l'imperfeélion de leurs obfervations.
Quelques autres convinrent que l'Etoile n'avoît pas de
parallaxe , & prétendirent néanmoins qu'elle avoit toujours
été au-deiïous de la Lune : tel fut le fentiment d'Hainzel
& de Gafpard Peucer , premier Profefleur de Wittemberg,
Mais comment accorder ces deux prétentions ! C'efl ce que
ces deux Auteurs ne paroi ffent pas même avoir tenté : fans
doute il failoit les croire fur leur iimple parole.
L'Etoiie décroiffoit de jour en jour. Mugnoz en prit occa-
fion de déclamer fortement contre le fyftème d'Ariflote &
de ies dilciples : il avoit raifon dans la conféquence ; mais il
(è trompoit dans le principe. Cette Étoile n'étoit point une
Comète, elle n'avoit point de mouvement: Cyprien Léo-
vitius feul, prétendoit y avoir remarqué quelque mouvement;
inais cet Auteur étoit plus verfé dans les prédidions Aftroio-
giques que dans les obfervations Agronomiques.
La penfée la plus générale fut que ce phénomène étoit
une Etoile ; mais il y eut des divifions fur la date de fou
exiftence. Suivant Tycho, Philippe Appien, Jean Pnetorius
& plufieurs autres , c'éioit un nouveau météore engendrée
dans le Ciel : il étoit donc déraifonnable de prétejidre que
les Cieux fuffent par leur efîënce incapables de génération.
Philippe Appien, perfuadé par les obfervations de fon père,
Tome I, L
Bz DOCTUINE DES PHILOSOPHES
que les Comètes ne font point enflammées , mais éclairées
feulement , fe figuroit en conféquence qu'une Comète , <Sc
par conféquent la -nouvelle Étoile, n'étoit que ie concours
A^s rayons du Soleil ou de quelque Adre qui fe brifoient
mutuellement : cette idée reviendroit allez à celle de
Panétius.
Mais comment cette nouvelle Etoile , cette Comète , ce
nouveau météore s'eft-il formé ! Ici nos Aftronomes recourent
à la puifTance du Créateur : ainfi raifonnent Hagécius , Fabrice,
Meftlin & quelques autres. Tycho va plus loin; il compare
ce nouveau phénomène avec l'Etoile qui conduifit les Mages ,
& avec Téclipfe miraculeufe du temps de la Palfion de Jélus-
Chrift: le Landgrave eil; même porté à croire que comme
l'Étoile à'&s Mages a précédé le premier avènement du
Sauveur , la nouvelle Étoile efl l'avant-coureur du fécond.
Érafme Reinhold , jeune encore alors , crut pareillement que
îe jugement dernier étoit proche ; fur quoi Tycho fait la
réflexion qu'avant le jugement \qs Étoiles ne doivent pas fe
multiplier , mais tomber du Ciel. Gemma regardoit pareille-
ment cette Étoile comme miraculeufement créée ; mais il
croyoit que la différence de grandeur qu'on y avoit obfervée
provenoit de fa différente diflance à la Terre. Tycho ne la;
croyoit pas miraculeufement tirée du néant , mais formée de la
matière de la voie laéîée : il s'imaginoit même voir un vide
que cette Étoile avoit laiffé dans cette voie en dllparoiffant.
Enfin, quelques-uns ne pouvant fe perfuader qu'il arrivât
quelque génération dans les Cieux, prirent le parti d'accorder
à cette Étoile une exiftence égale en durée à celle de l'Univers^
Parmi ceux-ci, les uns en fbutenant que cette Etoile étoit
ia Lyre, la Chèvre, Ardurus, la planète de Vénus ou celle
de Saturne , apprirent au public qu'ils ne connoiffoient point
ie Ciel. Un Annibal Raimond de Vérone , un Cornélio Fran-
gipani , un anonyme Allemand , prétendant que c'étoit ia
onzième ou la douzième Étoile de Caffiopée , qui avoif
acquis par à^i caufes occultes un nouvel éclat , & qui s'étoiî
dérangée de deux degrés , furent démentis par tous les
SUR LES Comètes. S^
Aftronomes , qui contiiuioicnt de voir manifefîement ces
deux Etoiles aux lieux que \qs catalogues leur affigii oient.
Jean Dée , Mathématicien à Londres , & Elie Camérarius ,
Proreffeur de Aîathématiques à Francfort fur l'Oder, crurent
que cette Etoile étoit devenue vilible en s'approchant de la
Terre , & que fa grandeur diminuoit à proportion qu'elle
s ccartoit de nous , l'un & l'autre mouvement fe faifant dans
une ligne droite dirigée à la Terre : il ne paroît pas que ce
fèntiment puiiîe fe concilier avec les ioix de la faine Phy-
fique. François Vallès de Covarrubias , premier Médecin
du Roi d'Efpagne Philippe II, dans fa Philofophie facrée^
attribue \qs accroi(îemens & décroiffemens de cette Étoile à
quelque changement de milieu ; mais ceci ne peut pas
facilement fe concevoir. De tous les Auteurs dont parle
Tycho (a) , celui qui me paroît avoir penfé le plus fage-
ment , eft Bailhélemi Reifacher. Selon lui , l'Etoile étoit
auffi ancienne que le Monde: pourquoi ne favoit-on pas
encore vue jufqu'alors ! Dieu le fait , dit ce Profefleur : la
folution n'ell pas phyfique ; mais elle efl la feule vraie de
toutes celles qui furent données alors , & peut - être n'efl: - on
point encore en état d'en donner une plus fatisfaifante. Ce
qu'on peut dire avec plus de vrailemblance , c'efl que cette
Étoile tourne avec une célérité étonnante fur fon centre.
Selon les ioix de la gravitation , cette rotation précipitée a
dû faire prendre à l'Etoile une forme extrêmement aplatie :
le tranchant de l'Allre eft tourné directement vers nous ; il
efl trop mince pour que nous puiflions le découvrir. Mais
ne fe peut -il pas faire que cette Étoile foit entourée d'un
certain nombre de Planètes, lefquelles le combinant diver-
fement, acquerront enfin une telle pofition , que par leur
action réunie, l'Étoile fera redrelîee par rapport à nous, nous
préfentera toute l'étendue de fon difque, & deviendra vifible
pour quelques mois! Celle de Caffiopée fut obièrvée durant
feize mois , depuis la fin d'Oélobre ou le commencement
(a) Progymnajmatum , tom. I,
84 Doctrine des Philosophes
de Novembre 1572. jufqu'en Mars 1574 : après avoiV
diminué peu -à- peu, prefque depuis fa première appari-
tion , elle dilparut enfin totalement ; elle ne s'efl: pas montrée
depuis.
De tous les Obfervateurs de l'Étoile de 1572 , Meflliii
feui a eu le courage de ne point parier de Tes fignifications.
Les plus célèbres Agronomes ne tirèrent donc aucune
eonclufion bien certaine àes phénomènes de cette Étoile :
car je ne conviens pas plus que les Péripatéticiens qu'il fë
foit fait alors une génération dans les Cieux. Cependant deux
avantages confidérables réfuitèrent de l'apparition de cette
Étoile. On fe perfuada qu'elle étoit inccmpatible avec le
i^ftème des Péripatéticiens ; & c'étoit un grand pas vers la
."vérité, que de douter d'un fyflème qui lui étoit oppofé en
toutes fes parties. De plus , l'oblervaiion de cette Étoile exerça
les Aftronomes : ils le trouvèrent & plus difpofés à obierver
}es Comètes qui dévoient bientôt paroître ,, & plus en état
de le faire avec foin & précifion*
La belle Comète de 1577 eut les mêmes Obfervateurs
que l'Etoile de i 572. : elle parut depuis le commencement
de Novembre , jufque vers la fin du mois de Janvier de
Fannée fuivante. Tycho en obferva les raouv.emens avec
toute i'exaétitude polTible : il trouva que le ^ de Novembre
fà parallaxe avoit été de ip minutes 52 fécondes ^ & que le
2.6 Janvier fuivant elle n'avoit pas excédé deux minutes.
Cette obfervation parut décifive contre les Péripatéticiens ::
on en concluoit que le lieu à^s Comètes étoit au-delà du^
ciel de la Lune , que les Cieux étoient fufceptibles de
génération; qu'enfin, le chemin que la Comète avoit tenu-
en s'éloignant toujours de la Terre , démontroit que les Cieux
ii'avoient point cette folidité que l'École leur attribuoit»
L'obfervation de Tycho fut confirmée par celles de Meftlin ,,
du Landgrave de Heiïe , de Cornélius Gemma , &c.
Hagécius avoit foutenu d'abord que la parallaxe de la Comète
étoit plus grande que celle de la Lune : il reconnut depuis
Ingénument le vice de fon Q.bfervation },. il iè rangea ai^
SUR LES Comètes,
fentiment Je Tycho. Quelques ignorans , perfuaJés que ia
Comète n'avoit pu être plus éloignée que la Lune , fe
répandirent en clameurs , en paralogifmes , en menfonges
même : ils furent méprifés ; c'efl la feule réfutation qu'ils
méritoient.
Tycho conflruifit une hypothèfe du mouvement de la
Comète. Il plaça fon orbite circulaire au-delà de l'orbite de
lYénus par rapport au Soleil : le mouvement de la Comète
près de fon périgée , où elle fut vue d'abord , étoit aflez
ient : il s'accéléra enfuite , & devint très - lent iorfque la
Comète fut en fa moyenne diflance de la Terre. Un
mouvement toujours égal eût été plus naturel , dit Tycho (h) ,:
mais le mouvemejit de la Comète de i 577 ne fut point
tel. Tycho n'auroit - il pas mieux fait de reconnoître qu'un
fyflème , pour être bon , doit être également conforme aux
obfervalions de i'Aftronomie , & aux maximes de la faine
Phyfique! Enfin Tycho fuppofe que le Soleil communique
fon mouvement à la Comète , comme il le fait , dans fon
fyflème , aux Planètes. II faut convenir que , dans cette
hypothèfe, Tycho explique les mouvemens de la Comète
d'une manière affez conforme à (qs obfervations..
Mefllin avoit déjà fait une hypothèfe affez fèmblabîe a
eelle de Tycho : la principale différence confifîoit en ce
que Mefllin fuppofoit le mouvement de fa Terre ; en confé-
quence fon hypothèfe étoit plus fimple & plus naturelle.
On a vu des Comètes oppofées au Soleil , après avoir
été obfervées entre la Terre & le Soleil. Cette feule réflexion
fufîit pour détruire toutes les hypothèfes d'orbites circulaires j,.
qui auroient le Soleil pour centre.
Êlifée Roeflin , Médecin à Saverne en Alfàce , tentsE
d'expliquer les mouvemens de la Comète par un fyflème
tout-à-fait nouveau : fon but , autant que je puis le conjedurer^,
étoit d'ailier les anciennes opinions avec les nouvelles expé-
riences. Roeflin imagina donc une nouvelle fphère Aqs
(b) Pros,ymn» part. II. cap. vil-i^
8(S Doctrine des Philosûphes
météores céieftes : cette fphère eft déterminée par un cercle
tracé autour du pôle du monde à la diflance de 60 degrés
du côté de l'Etoile de i 572 , & avec une largeur de huit
degrés de part & d'autre; ce qui forme une Zone ou efpèce
de Zodiaque des Comètes , dont la largeur eft de 1 6 degrés.
C'eil dans ce Zodiaque que le forment les Comètes : leur
mouvement fuit les loix d'une proportion géométrique, &
eft en même temps aftreint à celles de la Mulique. Comme
on a vu beaucoup de Comètes dans des parties du Ciel
îrès-diftantes de ce prétendu Zodiaque , il faut conclure
qu'il n'a jamais exiftéque dans l'imagination de cet Aftronome-
Médecin.
Tycho fut perfuadé que ia Comète de i ^yy étoit un
météore célefte : Meftlin la crut miraculeufe , & fe donna la
peine de faire fon horoicope : quelques - uns demeurèrent
obftinés dans ie pur Péripalétifme.
La Comète de i '^yy fut bien-tôt fuivie de celle de i 580.
Celle-ci fut obfervée par Tycho , Meftlin, Roeflin , Hagécius
& Chriftophe Rothmann , Aftronome du Prince de Heffe.
,Tous prononcèrent unanimement que fa diftance à la Terre
étoit plus grande que celle de la Terre à ia Lune. Depuis
le commencement d'Oélobre jufqu'au milieu de Décembre,
elle parcourut plus de quatre ûgnes du Zodiaque par un
mouvement rétrograde & régulier ( c ).
II parut une troifième Comète en i 582 au mois de Mai:
ia queue n'étoit pas diredement oppolée au Soleil , mais à
Venus. Tycho avoit fait la même obfervation par rapport
à la Comète de i 577.
La Comète de 1585 fut obfervée avec beaucoup de foin
à CafTel par Rothmann , depuis le 8 d'Oétobre julqu'au 8 de
Novembre; elle n'avoit point de queue, étoit alfez obicure ,
environnée d'une nébulofité : vers la fin de fon apparition ,
(e ) Ce qui regarde cette Comète & les cinq fuivantes , efl; tire de
Gafleadi in vita T^ckonis » lib. II, Operum tpmt V.
SUR LES Comètes. Sy
elle reffembloit aïïez à l'Étoile nébuleufe fc^J qu'on appelle
ia crèche de l' ÊcrévijJ'e, Sa parallaxe , félon Rothmann , éîoit
infenfible , ou plutôt elle n'en avoit point du tout. Rothmann
en conféquence croit que cette Comète étoit plus éloignée
de nous que Saturne : il le trompe : fur Çqs obfervations , on
a calculé l'orbite de cette Comète : elle étoit afTez voifme de
ia Terre. Tycho , Rothmann & les meilleurs Aftron ornes
du même fiècle , caiculoient le lieu àes Comètes par leur
diftance à quelques Etoiles fixes. Cette méthode étoit la plus
parfaite qu'ils puffent employer avant l'invention des pendules
à fécondes , des télefcppes , &c : mais dans la pratique , elle
pouvoit être fujette à quelques erreurs. De plus , la doélrine
dts réfradions étoit alors fort imparfaite. La Comète de
1585 fut auffi obfèrvée à Uranibourg par Tycho, & par
Élie Oiaik, fon difciple, depuis le 28 Ocflobre jufqu'au
2.2 Novembre.
En 1590, il parut encore une Comète: fa queue étolî
direélement oppofée au Soleil ; on n'y remarqua point de
parallaxe ; le mouvement en parut régulier : elle ne fut vue
que durant douze jours , à la fin de Février & au commen-
cement de Mars (e) , vieux flyle , ou depuis le 5 jufqu'ais
[16 Mars, nouveau ftyle.
En I 55)3 , il parut une fixîème Comète : Tycho ne put
i'oblèrver à caufe des fréquentes Aurores boréales , qui fe
montrèrent alors. Un de ks Difciples l'obferva à Zerbflj,
dans la principauté d'Anhalt.
Enfin en 15 5? 6, on en vit une feptième au mois de
Juillet : Rothmann en fit quelques obfervations ; la queue
n'étoit pas bien direétement oppolee au Soleil ; elle déclinoit
tm peu vers le pôle. Tycho l'obferva auffi ; il fe propofoifi
de donnerau Public une defcription détaillée des obfervations
(d) Defcriptio Cornet, an. i^8j, per Chriftoph. Rothm. édita à Willebr.
Snellio in Offic. Elievir. ann. 161 ç. La crèche de l'Écrevifle, à la vue
fnnple , refîemble à un nuage : le télefcope a fait voir que ce n'efl auîre
ehofe qu'un amas d'Étoiles.
(ej Cajfend, ibid, lib. III,
88 Doctrine des Philosophes
de ces Comètes , comme il i'avoit fait à l'égard de rÉtoile
de Cafîiopée & de la Comète de j 577 : mais une mort
prématurée enieva ce grand Aftronome en la cinquante-
cinquième année de fon âge , le 24 Oélobre de l'année 1601 x
nous y luppléerons dans la féconde partie de cet Ouvrage.
Les obiervations paroifloient décider que les Comètes
ctoient fupérieures à la Lune , & ce fut le fenîiment de
Tycho & de quelques autres. Meftlin (f) , Rothmann (g)
& le plus grand nombre des Agronomes , crurent que les
Comètes pouvoientêtre indifféremment au-delTus & au-deflous
delà Lune. Quant à la nature même des Comètes , Meftlin (h)
eut recours au miracle; Tycho (i) parut croire qu'elles
étoient formées de quelque matière célefte ; Rothmann ( k)
s'écarta le moins qu'il lui fut pofTible de l'ancien fyftème :
félon lui , les Comètes font engendrées par It.s^exhaiaifons
terreftres : ces exhalaifons peuvent s'arrêter dans l'atmolphère
de la Terre , elles peuvent pareillement s'élever plus haut que
la Lune & les Planètes. Mais comment ces exhalailbns
fe condenfent-elies alfez pour réfléchir la lumière du Soleil !
Rothmann a pareillement recours à la toute - puilîànce de
Dieu, qui, félon fès delfeins, donne aux Comètes , quand
il veut, la denfité nécelfaire.
Mais le fentiment qui prévalut alors , fut de diftinguer
<leux fortes de Comètes , les Comètes fublunaires , & \es
Comètes fupralunaires. Les premières étoient de fimples
météores , engendrés par Aqs exhalaifons terreftres , de la
manière dont on I'avoit toujours enfeigné jufqu'alors. l^es
Comètes fupralunaires fe forment non par la voie de la
génération, mais par une hmple condenfation des paj'ties les
plus pures de la matière célefte ( l ). II eft clair qu'on ne
(f) '^y^^^' I^rogyinn, tom. Il,
jcap. X.
(g) Roihm. Defcr. Cornet, c. Vil.
(k) Rothin, loco citato,
(l) Licet. de novis Aflr'is i7' Com.
lib. Y, C2i\^. X LIX ,lr aliiinulti. Licétus
fh) Tycho, \h\<X> . prétend même prouver, /^/û', c.^Z//
' . \ if feq. qu Ariltote a reconnu des
(i) Tj/cho, ibid,, I Comètes céieltes»
pOUVOJt
SUR LES Comètes, %^
pouvoît pas facilement foutenir ce fyftème , lans abandonner
celui de la folidité des Cieux , aiiffi plufieurs le firent; d'autres
perfiftèrent dans leurs anciens principes : le Pcripatétifme fut
un peu ébranlé; mais il fe foutint encore. Kepler (m) ie
plaignoit en i 6 ip , de ce que \qs Péripatéîiciens fe fermoient
les yeux pour ne point voir ce que tout le monde voyoit:
il leur reproche leur entêtement opiniâtre au fujet des nou-
velles découvertes. « Les Anciens , félon eux , n'ont pu
rien ignorer ; toute nouvelle connoillance efl interdite aux
Modernes. Ces Philofophes aveugles continuent de regarder
\qs Comètes comme àQs flambeaux, dQs embrafemens dont
îa queue de la Comète eft la flamme &: la tête l'aliment:
comme ils l'emportent par la force de leurs clameurs , par
ie poids de l'autorité , par l'abondance d^s livres dont ils
font gémir les prefles ; comme ils fe font attribué une domi-
nation exclufive fur les boutiques d^s Libraires , & qu'en
conféquence on n'écoute qu'eux , on ne lit que leurs ouvrages,
ia raifbn fe tait &: languit dans un honteux exil. «
La raifon revenoit, mais pas à pas pour ainfi dire, de ce
long exil : Kepler étoit un de ceux que la Providence avoit
deftiné pour hâter le triomphe de la vérité fur l'erreur. Jean
Kepler étoit né à Wi\s près de Lemberg, dans le duché de
Wirtemberg , le 27 Décembre i 57 1 : abandonné pre/que dès
là tendre enfance à lui-même , un attrait naturel pour l'étude
préfida fèul à fon éducation. Il fut pour l'Aftronomie difciple de
Mefl;lin : la réputation effaça bientôt cqWq de fon maître. \[ ob~
ferva moins que Tycho ; mais il réfléchit plus que lui : héritier
des obfervations de ce grand homme, il y joignit quelques-unes
des fiennes ; il compara les unes & \qs autres, & la force de fon
génie lui fit découvrir dans cette combinaifon le vrai iyflème
de la Nature. Ce fyftème parut en i (Sop ; le titre de l'ouvrage
efl: : Phyfique célefie , expofée par des commentaires fur les
mouvemens de l'Etoile de Mars. Jufqu'alors \qs mouvemens
dts Planètes avoient été expliqués par d^s orbites circulaires;
(m) Kepl. de Ccmeîis libelli très, iib, IL
Tome L
90 Doctrine des Puîiosopûes
on y avoit ajouté à^s excentriques , A^s épicycles : on avoît
enfuite fuppoie que le Soieil n'étoit pas abfolument au centre
de ces orbes circulaires. Kepler détruit toutes ces fuppofitions
par \^s obrervations même de Tycho ; il conclut que les
Planètes tournent, non pas dans à^s cercles, mais dans à^s
eiiipres autour du Soieil, fitué à un foyer commun de toutes
ces elliples : il établit enfuite \ti deux règles fuivantes.
Premièrement , \^s fedeurs de l'orbite elliptique d'une
Planète, formés par à^i rayons tirés du foyer à la circonfé-
rence de rellipfe, font proportionnels aux temps que la
Planète emploie pour parcourir les parties de la circonférence
comprifes enlre ces rayons. Soit S le Soleil , placé au foyer
de l'ellipfe AMNPR, laquelle eft fuppofée être l'orbite
de quelque Planète. Les temps que ia Planète emploîra à
parcourir les arcs A M 8l P N ne feront pas proportionnels
à ia longueur, à l'étendue de ces deux arcs AA^ 8c P7VL
Il faut tirer les rayons SA, SM , SN , SP ; ils formeront
deux ÇQS.G\yYs A SA4 A , & PSNP; il faut de plus eonnoître
i'aire ou la fuperficie de ces deux feéleurs : la proportion de
ces deux fuperiicies fera la même que celle des temps employés
parla Planète à parcourir les arcs AAÎ , PN qui bornent les
fèéleurs. Si par exemple la furface ou l'aire du (ëéteur ASM A
eft double de celle du fecleur PSNP , le temps que la Planète
emploîra à parcourir l'arc A M fera double de celui qu'elle
emploîra à parcourir l'arc PN, Pareillement, fi pour parcourir
i'arc AM, ia Planète emploie deux fois plus de temps que
pour parcourir l'arc PN , il faudra conclure que le leéleur
ASM A eft double du fedeur PSNP.
Secondement, lorfquepkifieurs Planètes font leur révolution
autour d'un même loyer, les quarrés àes temps qu'elles
emploient à faire leur révolution font proportionnels aux
cubes de leurs moyennes didances de ce foyer; ou , ce qui
revient au mçme, les temps à^s révolutii^ns font proportionnels
aux racines quarrées des cubes des diflances moyennes. Par
exemple, on fait que la diflance moyenne de Saturne au
Soleil , eil environ neuf fois & demie piu^ grande que celle
SUR LES Comètes, 95
ée la Terre au Soleil , & que la Terre fait fa révolution en
un an; on demande le temps de la révolution de Saturne»
Par la fuppofition , les dillances moyennes de la Terre 6c
de Saturne font comme i & p|-; le cube de i eft i , le
cube de pi eft 8 57 : de ces cubes i ôc %<yy /li faut extraire
les racines quarrées : celle de i eft i ; celle de 8 57 ell plus
de ap : ces deux racines donnent la proportion des temps
que la Terre & Saturne emploient à achever leurs révolutions
autour du Soleil ; li la Terre emploie un an , Saturne eu
emploîra plus de vingt -neuf.
C'eft à la ûi\ de cette année 160^ , ou au commencement
ide la fuivante , qu'il faut rapporter l'utile invention des
télefcopes ou lunettes d'approche , &: leur application aux
obfervations Aftronomiques. On découvrit par leur fècours
quatre petites Lunes ou Satellites qui tournent autour de
Jupiter; on en a depuis découvert cinq autour de Saturne:
ies uns &: \qs autres font aflujettis dans leurs mouvemens
aux deux règles de Kepler. C'efl ainfi que [qs nouvelles
découvertes ne font que confirmer {es f)''flèmes fondés fur les
ioix de la Nature, lorfqu elles renverfent ceux qui ne doivent
ieur exiflence qu'à l'imagination des hommes.
Kepler avoit obfervé en 1 6^04 une très-belle Étoile qui
avoit paru nouvellement dans le pied du Serpentaire. Cette
Étoile, prefque fèmblable en tout à celle de 1572, n'occa-
fionna aucune révolution dans l'Aflronomie. Une Comète
vue en 1607, & deux autres qui fe montrèrent en 1(^18,
attirèrent l'attention des Aftronomes & des Phyficiens. Kepler
rendît compte au Public de Ces obfervations & de ks réflexions
dans un Ouvrage qu'il fit imprimer en 161^ (n). Dans
ie préambule , il remarque que Tycho , par le fyftème de
Copernic , habillé fous un extérieur Ptolémaïcien , &: Mefllin
par le fyflème Copernicien pur & fimple , avoient effayc
d'aflreindre à une orbite circulaire les mouvemens de la
Comète de i 577 ; qu'il pourroiten faire autant par rapport
(n) De Coxmtis libdli très.
M i|
92 Doctrine des Philosophes
à celie de i 6oy ; mais qu'aiors il faudroit riippofer que la
Comète va tantôt plus vite, tantôt plus lentement, qu'elle
s'arrête même , & devient flationnaire lorfqu'elie eft prête
de Te cacher dans les rayons du Soleil; ce dont on ne peut
rendre aucune raifon fatisfaifante ; qu'en conféquence il a
eflayé d'expliquer par un mouvement rediligne les phéno-
mènes de celle de 1607. Pour cela , il fuppole dans le
premier Livre le mouvement de la Terre : la Comète , mue
eh ligne droite, accélère, félon lui. Ton mouvement lelon
ia loi àes tangentes d'arcs -de -cercle croKTans également >
c'eft-à-dire, que fi l'on trace un quart de cercle, dont ia
trajeéloire (0) de la Comète foit la tangente , les parties même
de la tangente feront inégaies ; mais \qs parties correipondanies
du quart de cercle feront égales en temps égaux. Kepler,
n'ofe décider où doit être le point d'attouchement de cette
tangente : je ne vois pas même où il prétend fixer le centre
de fon quart de cercle. Eil-ce fur la Terre! Mais dans fon
fyftème, qu'a de commun la Terre avec la Comète ! Au
relie , il laille la liberté de poièr telle loi qu'on voudra ,
pourvu qu'elle foit régulière.
Kepler établit enhiite trente théorèmes fur le mouvement
réel d'un corps qui eil à une dillance de nous , comparable
à celle du Soleil à la Terre. La Terre étant perpétuellement
en mouvement , doit néceflairement communiquer une
apparence de ce mouvement aux corps qui font à une diftance
d'elle fenfiblement finie. C'efl: pour dégager le mouvement
vrai de cqs corps , de ce mouvement optique & apparent ,
que Kepler a propofé ^qs théorèmes. Ils font bons pour la
plupart; & l'on en feroit encore un uiage très-utile, û l'on
n'avoit pas découvert depuis des méthodes plus faciles &
plus précifes pour calculer le mouvement vrai dQs Comètes,
Hévéiius a fait la critique (Iqs théorèmes de Kepler : il en a
approuvé plufieurs ; il en a perfeétionné d'autres ; il en a
(0) On appelle trajectoire d'une Comète , la ligne , foit droite^ foit courbe
qu'elle décrit cjans le Ciel par fon mouvement réel.
s UR LE s C 0 M E T E s. 93
enfin corrigé queiques-iins (p ). Mais tous les fuppfémens
& toutes hs correcflîons ci'Hévéiius deviennent égaiement
inutiles par l'invention dQs méthodes dont je viens de parler.
Kepler, par les fuppofitions , par [qs théorèmes , explique
affez bien le mouvement apparent de la Comète de 1 607.
H eft vrai qu'on pourroit délirer quelque choie de plus précis ;
& Kepler s'en eft aperçu le premier. « En faifant quelque
iéger changement dans cette hypothèfe , dit-il, le tout s'expli-
queroit mieux. « C'efl ce qu'il laiife à entreprendre à quiconque
aura afîez de temps à perdre pour calculer avec préciiion le
chemin d'une Comète qui ne doit plus revenir. Kepler s'efl
trompé : cette même Comète de 1607 a reparu en 1682 ,
& nous l'avons obfervée encore depuis en 1755).
Kepler explique enfuite avec le même fuccès la route dé
ia dernière Comète de 1 6 i 8 : il faut avouer en effet que
le mouvement reétiligne eil bien plus propre à expliquer
les phénomènes àçs Comètes que tous \gs mouvemens circu-
laires imaginables. Ce mouvement reéliiigne cependant ne
fàtisfait pas pleinement à toutes les obfervations : il ell même
des cas où par cette méthode on ne pourroit rien expliquer,
Kepler conclut de ies obfervations que les Comètes
traverfent les fphères de plufieurs Planètes , & qu'elles
peuvent s'approcher de la Terre plus près même que la
Lune.
Dans le deuxième Livre , Kepler traite de la Phyfiologie
àes Comètes. Il croit que « le Ciel ell plein de Comètes
comme la mer l'ell de Poiifons : on ne les voit pas toutes,
foit parce qu'elles font trop éloignées de nous , foit parce
qu'elles font offufquées par \qs rayons du Soleil : en confè-
quence, elles ceffent fouvent d'être vues avant que de ceifer
d'exifter. Les Comètes ne font point éternelles , comme l'a
penfé Sénèque ; elles font formées de la matière célelie. Cette
matière n'ed pas toujours égaiement pure : il s'y afîemble
fouvent comme une elpèce de crafle qui ternit l'éclat du
,^ (p) Hevd. Ccmetogr. pag. 638 Ù' feq,
94 Doctrine des Philosophes
M Soleil & des Étoiles. Il faut donc que l'air fe purifie & fè
»» décharge de cette efpèce d'excrément ; cela fe fait par le
» moyen d'une faculté animale ou vitale inhérente à la fubf^
n tance même de l'éther. Cette matière crafîe fe raiïemble
» fous une figure fphérique; elle reçoit & réfléchit la lumière
» du Soleil , & elt mife en mouvement comme une Étoile.
>» Le Soleil la frappe par à^s rayons direc1:s qui pénètrent fa
n fubflance , entraînent avec eux une partie de cette matière,
» & fortent pour former au-delà cette trace de lumière que
» nous appelons (^ueue de la Comète. Cette aélion des rayons
« folaires atténue les particules qui compofent le corps de ia
» Comète, elle ies chafîe, elle les diffipe : ainfi la Comète
fe confume, en expirant, pour ainfi dire, fa queue».
Le refle de ce Livre efl indigne de Kepler : il y conclut
du fyftème expofé, que la Terre peut traverfer une Comète,
que li la queue d'une Comète touche la Terre, elle y doit
produire une pefle univerfelle. Kepler avoue que ceci efl
rare , & que ce qu'il dit ici n'eft pas plus probable que les
rêveries des Péripatéticiens fur les effets dQs Comètes. Pour
expliquer donc les fignifications des Comètes , il croit qu'ii
faut avoir recours à une faculté animale , par laquelle la
Terre fente tout ce qui fe pafTe de nouveau dans le Ciel :
il fuppofe dans l'homme un inflinél naturel qui le rend
fenfible aux mouvemens , à l'éclat, à la couleur , à la figure
de la queue , au lieu , à tous les états en un mot de la
Comète : il veut qu'on reconnoifîè que la Comète efl mue
par quelque Intelligence verfée dans les connoiffances Géo-
métriques , Affcronomiques , Géographiques , &:c. II conclut
de-là Mais tirons plutôt le rideau fur cette partie, &
fur tout le troifième Livre , dans lequel Kepler s'efforce de
prouver que tout ce qu'il avoit prédit au fujet de la Comète
de 1 6oj n'a été que trop ponctuellement accompli , &
annonce enfuite les malheurs dont l'apparition de celles de
1618 menace l'Univers. Tout ceci ne prouve autre chofè,
finon que le fommeil du bon Homère efl quelquefois bien
profond. Au refle, Kepler, peu d'accord avec lui-même^
SUR LES Comètes, 95
ne fonde (on refpeél pour i'Aflroiogie & la Cométomantie
que fur la feule autorité du grand nombre : « Cela tiendroit
du prodige, dit -il, fi tous \es Philofophes anciens avoient
été dans l'erreur avec tous ceux qui hs ont fuivis , & que la
vérité ne fe rencontrât que dans les raifonnettes d'une petite
poignée de Modernes «.
Nous verrons que le vrai iyflème du mouvement des
Comètes efl; précifément le même que le fyllème général de
la Nature, découvert par Kepler. Qu'il lui fût venu dans
i efprit de l'appliquer aux Comètes , cette première vérité
auroit pu le conduire à la connoifiance même de la nature
de ces Aftres. Mais préoccupé du préjugé que \qs Comètes
n'étoient que de fimples météores , il négligea , comme ii
en convient lui-même, d'en bien étudier les mouvemens;
il reftaau milieu de la plus belle carrière qu'il s'étoit ouverte
à lui - même , & laifTa à ïes fuccefleurs , dans l'étude de la
Nature , une partie de la gloire qu'il pou voit le réièrver à
lui feuL Quant aux Comètes , il en a déterminé parfaitement
le lieu ; il en a expliqué les mouvemens beaucoup mieux
que ceux qui l'avoient précédé , & que la plupart de ceux
qui l'ont fuivi ; il n'en a point du tout connu la nature»
Kepler mourut à Ratifbonne le i 5 Novembre 163 i.
Le fentiment de Kepler fut fuivi par quelques Aftronomes
&: quelques Phyficiens, non pas cependant par rapport à la
faculté animale qu'il admettoit dans la Terre & \qs Comètes.
Alphonfe Zoboli de Reggio , Ifaac Habreclh à Strafbourg ,
Libert Fromoiid à Louvain , Philippe Muller à Léipfick ,
& piufieurs autres , dans les Ouvrages qu'ils firent imprimer
en 1 6 1 p au fujet de la Comète qui venoit de paroître ,
reconnoiiïent avec Kepler que les Comètes font ordinairejnent
fupérieures à la Lune , & qu'elles doivent leur génération à
quelque matière céleite. Fromond permet même de prépofer
une Intelligence à la conduite de la Comète. La précaution
me paroît fage ; car autrement quel feroit le principe du
mouvement, foit recliligne , foit curviligne de la Comète!
Ambrofius Rhodius , Médecin de Wittemberg , dans fou
96 Doctrine DES Philosophes
Ëcrit fur la même Comète , reconnoît également que les
Comètes font dçs corps céieftes ; mais pour trancher court
aux difficultés , il ajoute qu'elles font des corps furnaturels.
Jeaiî-Baptifle Cyfat, né à Lucerne en Suide, de la Com-
pagnie de Jéfus , le premier qui ait appliqué le télefcope à
i'obfervâtion des Comètes , fembia vouloir faire revivre le
fentiment de Démocrite ; félon lui , une Comète eft un
aflëmblage de plufieurs corps qui reçoivent leur lumière du
Soleil , & luifent comme autant d'Etoiles différentes. C'eft
ce que Cyfat s'étoit imaginé voir dans la Comète de 161 8,
& ce qu'il auroit dû plutôt attribuer ou à l'inégale denfiîé
de i'atmofphère , ou au corps même inégal &. raboteux de
la Comète. Jérémie Horroxius , dans les Opufcules imprimés
à Londres en 1 673 , pages j 1 1 & ^2.1 , regarde le Soleil
comme l'origine à^s Comètes. Selon lui \qs Comètes s'éloi-
gnent du Soleil en ligne droite , en retardant leur mouvement
jufqu'à ce qu'elles deviennent ftationnaires : elles font enfuite
reportées vers le Soleil par un mouvement accéléré &
pareillement recliligne ou prefque reéliligne ; car Horroxe
a cru, page ^21 , que ce mouvement reèfiligne étoit altéré
par faétion du Soleil qui emporte les Comètes autour de
lui. Mais n'ayant point eu d'occafion d'obferver à^s Comètes,
il n'a ni détaillé , ni éclairci fufîifamment le fyftème qu'il
avoit imaginé fur leur nature & leur mouvement.
Depuis la découverte d'Appien , \qs plus habiles Aflro-
nomes , les Phyficiens les plus éclairés , avoient cru que les
Comètes recevoient leur lumière du Soleil : il plut à quelques-
uns de reffufciter l'ancien fyflème. En effet, les Chaidéens,
félon Snellius, avoient déterminé la nature des Comètes fur
d^s obfervations bien plus parfaites & bien plus multipliées
que les nôtres (q). En conféquence, Willebrord Snellius,
Profeffeur de Mathématiques à Leyde ; Chrétien Sévérini,
plus connu fous le nom de Longomontan , difciple de
((l) Semll. Defa: Corn. ann. 1618, cap. VIII.
Tycho
w($ R LES Comètes, 97
Tycho , Profefleur de Mathématiques à Copenhague frj ,
Sl Godefroi Wendelin , Chanoine de Condé ffj, rendirent
aux Comètes la lumière propre dont les Péripatéticiens eux-
mêmes les avoient dépouillées. Selon Snellius , le Soleil
jette fans cefle hors de lui des exhalaifbns , des elpèces de
fumofités; ceflce qui forme la matière des taches du Soleil
& des Comètes : il faut cependant que les exhalaifbns qui
forment les taches foient moins pures «Se plus opaques que
celles qui produilènt les Comètes. AVendelin eft à-peu-près
dans le même lentiment. Celui de Longomontan efl: que
les Comètes & les Étoiles nouvelles ont la même géne'ration.
Leur matière ejlcélefle ; leur lieu toujours au-dejfus de la Lune :
Kepler a eu tort de dire quelles pouvoient paroître au-deffous ;
puifquil n'étoit appuyé d'aucune obfervation. ( Kepler a dit
que les Comètes pouvoient deicendre au-deiïbus de la Lune,
parce que e'étoit une fuite néceflaire de fon fyllème , & que
d'ailleurs il ne voyoit pas la moindre caufe phyfique qui
s'y oppofât : & Kepler avoit rai fon ). Selon Longomontan,
îa caufe efficiente des Comètes , après Dieu , doit être établie
dans les divers afpeâs des Planètes , & fur -tout de Mars &.
de Mercure ; leur matière efl celle de la voie laâée ; enfin
leur lumière leur efl naturelle.
Hévélius paroît avoir eu en 1^19, un précurfèur de fbn
fentiment fur la nature des Comètes , en la perfbnne de
Jean - Camille Gloriofo , ProfefTeur de Mathématiques à
Padoue. Au jugement de Gloriofo , les Comètes font
formées des exhalaifons de toutes les Planètes , & reçoivent
ieur lumière du Soleil (t).
Je ne puis omettre ici un Mathématicien célèbre par la
multitude de ies découvertes, d'un efprit prompt à faifir le
vrai , accufé néanmoins d'un peu trop d'ardeur à s'attribuer
exclufivement les découvertes de ies Contemporains (u). Je
(r) AdcalcemAfironomiœ Danîcœ>
(f) In Teratologia Cometica.
(t) Gloriof. Dijfert, AJlrojnomicO'
Tm^ /•
ru) Le Télefcope ayant été inventé
en Hollande, Galilée prétendit avoir
découvert le fecret , après avoir eu
Phyfica de Cometis, \ cependant avis de la découverte ; ce qui
N
^8 Doctrine des PffTLûsmhHES
parie du fameux Galilée. Il ne croyoit pas que l'argument tiré Je
ia parallaxe fût décifif pour déterminer le lieu des Comètes fxj.
il y a des météores dans iefquels on ne remarque aucune
efpèce de parallaxe , tels que font les iris , les couronnes
ou halons , les parhélies , en un mot tous les phénomènes
qui ne doivent leur exillence qu'à la réflexion des rayons
folaires ou planétaires réfléchis dans un milieu d'une certaine
étendue. Qu'il me ioit permis de dire à Galilée que Tycho,
Meftlin , Kepler , &:c. favoient fort bien cela. Si on leur eût
propofé cette objeélion puérile , ils auroient répondu que de
tels météores font aflreints à une pofition toujours déterminée
à l'égard de l'Aftre qui les produit , & qu'il y a auiant d'iris
& de parhélies que de fpectateurs ; ce que l'on ne peut pas
dire des Comètes ; qu'ainli l'argument qu'ils tiroient de la
parallaxe étoit déciiif par rapport aux Comètes. Lorfqu'ils
prouvoient que les Comètes étoient fupérieures à la Lune, ils
avoient déjà pofé pour principe que les Comètes exifl:oient
réellement , Se non pas fimpiement en apparence , comme
les halons , les iris & autres météores lèmblables. Galilée
prétend renverfer l'argument tiré du mouvement propre des
Comètes , en faifant remarquer que ce mouvement efl; un
peu irrégulier. Il n'y a qu'à admettre le mouvement de la
.Terre, comme Galilée étoit tenté de le faire , & comme il l'a
fait réellement depuis , le mouvement des Comètes s'expliquera
par une orbite très-régulière. De plus , quand le mouvement
feul ne prouveroit rien, le mouvement^ joint au défaut de
parallaxe, forrneroitùn argument démonfl:ratif. Galilée détruit
encore quelques autres preuves femblables , & décide enfirt
qu'il efl: probable que les vapeurs terreflres s'élèvent en droite
elt tves-poliible : il s en lervjt aulïitot, [ aperçu le premier les taches duboieil.
j& découvrit ies Satellites de Jupiter. 1 /^xj Cette expofition efl; tirée du
Simon Marias les découvrît auiïi Difcours fur les Comètes . Drononcé
dans le même temps : Galiiée fit tous
ïes efforts pour le dépouiller de cette
gloire. Il ell: difficile d'excufer Galilée
de plagiat vis-à-vis de Chriftoplie
^ehôiner^ Jéfuite Aiienî^nd^-guiavoit
par Mario Guiducci dans l'Académie
de Florence en lôip. Galilée paffe
pour Auteur de ce Difcours : il a
depuis adopté cette même expofition
dans Ton premier Dialogue.
SUR LES Comètes. 99
ligne , qu'elles fe raflèmbleiit, & qu'elles continuent Je s'éloi-
gner toujours de nous par un mouvement toujours égal &.
rediligne. Q'eù. , à très-peu près , le fentiment de Kepler.
Le changement que Galilée y fait n'efl; pas en mieux. Je
ne dirai pas que ce Mathématicien admettant l'immobilité
de la Terre , il fuivra de Ton hypothèlè que la Comète doit
être emportée dired;ement au Zénith du lieu qui Ta formée,
Galilée fent la difficulté; il faudroit admettre la rotation de
la Terre ; ttiûis je n'ofe , dit-il. Je dirai feulement que le
iyflème de Galilée eit contraire à la Phyfique & à l' Agro-
nomie ; à la Phyfique , parce que , comme nous l'avons déjà
remarqué , les èxhalaifons de la Terre ne fuffifent point pour
former un corps aulTi gros que doit l'être celui d'une
Comète; à l'Aftronomie, parce qu'un corps qui s'éléveroit
perpendiculairement de la Terre , ne pourroit paroître décrire
dans le Ciel qu'un quart de cercle par Ion mouvement propre :
or il y a des Comètes qui décrivent en peu de jours un
demi-cercle Se au-delà. Donc Galilée n'a fait que gâter le
iyflème de Kepler.
Pierre GafTendi, né à Chanterfier près de Digne, le 22
Janvier 1592, ne fe déclara pas l'adverfaire du Péripatétifme
fur les queflions Aflronomiques feulement : il en entreprit
ia deitruélion entière ; il l'attaqua fur tous les points de la
Phyfique. On peut le regarder même comme le précurfeur
de Newton, entant que, rétablilTantle vide, il rendit les
mouvemens célefles pofTibles. Il fuivit le fentiment de Kepler
flir le lieu & le mouvement reéliligne à^s Comètes ; fur leur
nature, il réfuta les opinions des autres , & ne décida rien;
c'étoit affez la méthode de fon maître Épicure. Après avoir
rapporté les paroles (y) dont Sénèque fe feit pour exprimer
i'efpérance qu'il conçoit que la nature à^S) Comètes fera quel-,
que jour parfaitement connue: « Ces paroles n'expriment qu'un
fimple defir , dit Gafîendi (1) ; il n'efl pas probable qu'il y ait <«
(y) Nous avons rapporté ces paroles vers la fin du chapitre iv»
(l) Phyf, fed;. u, lib. V, cap. I, tom, I opmm.
N il
100 Doctrine des Philosophes
» jamais un fiècle aflez heureux pour qu'il ne refle pas toujours
un tel fouhait à former. » Ce fiècie heureux n étoit pas fi
éloigné que Gaiïendi le penfoit.
Mais le plus grand fervice que Gaffendi a rendu à l'Aflro-
nomie-cométaire, a été de la dégager des vaines fu perditions;
des ridicules vifions de l'Aflrologie & de la Cométomantie.
Avant lui , les plus grands efprits n'avoient pu fe garantir
de la contagion ; Régiomontan , Appien , Cardan , Tycho ,
Meitlin , Kepler , Longomontan , avoient été Allrologues
ou du moins Cométomantiens. Depuis Gaflendi , à peine
trouve-t-on quelques vertiges de cette ilkifion ; du moins il
ne faut pas les chercher dans les Écrits des grands Hommes
dont il nous refle à parler : l'erreur étoit ancienne , invé-
térée, générale Gaffendi; la terraffa par des raifonnemens
bien fimples : « Je ne puis concevoir, difoit-il (a), quei
« enchantement fafcine l'efprit des hommes : fi les années
» n'étoient ftériles, fi nous n'étions affligés de la famine, û la
M pefle n'exerçoit ks affreux ravages, fi la guerre ne dépeuploit
35 nos provinces , fi nous n'étions obligés de céder la vidoire
35 à nos ennemis , fi la mort ne nous enlevoit nos Princes
3ï qu'après l'apparition de quelque Comète, on pourroit ajouter
35 jfoi aux prédidions des Aftrologues; mais foit qu'il paroiffe
>i des Comètes, foit qu'il n'en paroifîë pas, \es mêmes évène-
»> mens fe fuccèdent. Pourquoi donc rapportons - nous ces
3> évènemens aux Comètes, foit comme fignes, ibit comme
» caufes, foit fous l'un ik l'autre titre! De plus, fi les Comètes
?î n'avoient aucun mouvement, fi elles étoient toujours fufpendues
» au-defl'us de la même maiion , de la même ville , de la même
35 province; fi la défaite d'une armée pouvoit fe féparer de ia
y» vidoire de l'armée ennemie; fi ce qui fait la perte de celui-ci
s» n'opéroit point en même temps fa félicité de celui-là; fi les
(a) Gajf. loco citatQ , cap. Illy
3Dès Tan 1578, Fr. Sanchez , Phi-
îbfon'ie c\ Dndeur en Méderine ,
avoît fait imprimer à Lyon un Poëmc
latin ; dans lequel^ à i'occafion de
îa Comète obfcrvée l'année précé--
dente , il réfute fortement les Con é-
tomantiens& même les A Urologues
judiciaires : ^t^ raifons font à peu-près.
\%i mêmes quf celles de Gaffendi*
SUR LES Comètes. ioi
Rois feuîs moiiroient, & que les corps céieftes euflent plus «
de rapport avec les Grands de la Terre qu'avec la populace ce
la plus abjeéle , les prédirions fondées fur Tappariiion de «
ces fortes de phénomènes , feroient lans doute fpécieufes: «
mais les Comètes parcourent plufjeurs royaumes & même la «
iTerre entière; le malheur d'un feul homme ou d'un peuple «
entier , eft ordinairement la fource du bonheur d'un autre «
Iiomme ou d'un autre peuple ; la mort quitte le palais des «
Rois , pour frapper le pauvre en fa cabane ; le choix de la «
.victime qu'elle doit immoler , dépend de caufes naturelles u
abfolument étrangères à ce qui ie palTe dans le Ciel. Pourquoi ce
regardons -nous donc les Comètes comme cruelles, funeftes, ce
terribles , plutôt que de les appeler douces , bienfaifantes , ce
aimables? Oui, les Comètes iont réellement effi'ayantes , «t
mais par notre fottife : nous nous forgeons gratuitement des «
objets de terreur panique ; & non contens de nos maux réels, ce
nous en accumulons d'imaginaires. Afais Dïeu ne peut-il pas , «
dites -vous , fe fervir des Comètes pour nous avertir de [es ce
yolontés ! Oui , fans doute , il le peut ; mais qui vous a ce
révélé qu'il le faifoit \ Vous fondez-vous fur un autre prin- ^^
cîpe que fur celui de la préfomption dont nous fommes ««
enflés , & qui nous perfuade que nous méritons que Dieu ce
s'épuife en notre faveur en prodiges! Car enfin, efl-ce ««
Dieu qui vous a déclaré que fi le mouvement de la Comète c«
eft vers l'occident , vous devez craindre les ennemis du ce
dehors; ceux du dedans au contraire, fi la Comète fe meut c«
dans un fens oppofé ? Eft-ce fa parole qui a inflruit les c»
Princes qu'ils avoient tout à craindre d'une Comète , lorf^ «
qu'elle paroiffoit dans un figne matutinal qui avoit préfidé c«
à leur horoicope ! Efl-ce fur fa vérité que mille inepties de «j
cette eipèce font appuyées ! « Ces raifonnemens paroiffent
bien naturels ; je ne m etonnne pas qu'ils aient fait impreffion :
je iuis plus furpris qu'il ne fe Ibit pas trouvé plus tôt un
Gafîèndi capable de les piopoSer 6c de les faire admettre.
Gaiïendi fut Profefieur de Réthorique à Ligne, à l'âge de
leize ans ; trois ans après , Proieileur de Phiiofophie à Aix ,^
102 DûcfRiNE DES Philosophes
énfuite Chanoine de l'égfife de Digne, enfin Profefîeur aif
Collège Royal : il mourut à Paris le 24 Octobre i <^5 5.
Le nom feul de Defcartes attire nos refjDeifls : je n'entre-
prendrai point de flétrir les lauriers qui couronnent le front
de cet excellent Philofophe , lauriers qu'il a û juilement
mérités par l'exaélitude de fa Méthode , par la fubi imité de
fa Géométrie , & fur-tout par le grand exemple qu'il nous â
iaiffé de penfer par nous-mêmes , & de n'admettre hs
âpophthegmes de ceux qui nous ont précédés , qu'autant
que nous les trouvons conformes à l'expérience ou à la laine
l'aifon. Le Syftème du Monde qu'il a imaginé , efl faux
dans prefque toutes ks parties ; il a cependant quelque chofe
de grand , de noble , de féduiiant. Defcartes a fait de l'Univers
une machine; il a eu raifon : le Monde & les mouvemens
des corps qui le compofent , font fondés fur des loix de
Mécanique , & non point fur des entités imaginaires de
Métaphyfique. Les raifonnemens de Defcartes font ordinai-
rement exaéls ; mais les principes fur lefquels ils font appuyés
ne font pas toujours bien folides. Delcartes n'étoit point
Aflronome : il fut obligé de lier les Comètes à fon fyftème ;
il le fit par une hypothèfe, plus ingénieufe à la vérité , mais
aufïï contraire que celle d'Ariflote aux loix de la Phyfique
& aux obfervations de l'Aflronomie. Selon lui , les Comètes
& les Planètes ont été autrefois Aqs Soleils ; les Etoiles fixes
ie font encore. Les Etoiles fixes, en conféquence, peuvent
contraéler d^s taches ainfi que le Soleil : fi ces taches s'accu-
mulent de manière à former une croûte continue autour du
corps de l'Étoile, cette Étoile ceife d'être Soleil ( cela efl
certain ) ; elle n'a plus la force de conferver le centre de
fbn tourbillon , qui eft abforbé par les tourbillons voifms.
( Pourquoi cela ! La force de faire tourner un tourbillon:
autour de foi efl indépendante de la lumière , comme if
pafoît par l'exemple de la Terre, de Jupiter & de Saturne ).
Cette Étoile ayant perdu fon tourbillon , elt emportée çà
& là par les tourbillons voifms ; elle erre de tourbillon en
tourbillon , Jufquà ce quelle devienne Planète de quelque
' SUR LES Comètes. 103
Soieli , ou jufqu'à ce que fa croûte étant diffipée ', elle
reprenne (on premier état & fe forme un nouveau tourbillon.
Toutes les parties de cette explication font démenties par les
îoix mêmes du mouvement propofées par Dekartes , par les
phénomènes du mouvement de toutes les Comètes oblèrvées
jufqu'à ce jour , enfin par leurs retours , démontrés pério-
diques. Delcartes a hafardé ce fyftème ; s'il eût été Ailronome,
il ne l'eût pas fait : aufîi tous les Cartéfiens Adronomes ont
abandonné Defcarîes , fur ce qui regarde la formation & le
mouvement à^s Comètes.
Dans les temps dont je viens de tracer l'hifloire, on inventa
quelques nouvelles opinioiis : ainfi , un Nicolas Cabée ima-
gina que \^s Cieux de la Lune & â^s Etoiles fixes étoient
ÎquU foiides, & que ceux des Planètes étoient fluides: ainfi,
un Blaile de Vigenère fe figura que les exhalaifons terrefires
alloient fe faire cuire au Soleil avant que de devenir Comète,
un Valdérama , Auguflin Eipagnol, rêva que c'étoit les malins
efprits ou les démons ignéens , qui ra(fèmbloient la matièi'e
Àes Comètes pour effrayer les hommes. Il y eut encore beau-
coup de Péripatéticiens , léls que Jean-Baptifte- Venant Baffo,
Médecin Italien; Simon Grynée , Barthélemi Keckermann,
Profeiièur de Philofophie à Danîzick; Fortunius Lkéîus, Sci-
pion Chiaramonti, &:e. Ce dernier ne vouloit rien réformer
dans le fentiment ancien ; il tenta de s'iliufirer en attaquant
Tycho, Galilée, Rothmann, Kepler, Gloriofo, en un mot
tous ceux qui pouvoient alors avoir quelque réputation ^
jufqu'à Fortunius Licétus lui-même: il nioit les faits, il défi-
guroit les principes ; les conféquences les plus abfurdes ne
i'effrayoient point. Auffi , comme le dit parfaitement biefi
jVl. de Montucla , en parlant à^s découvertes de Tycho :
*t Les oppofition^ qu'y mirent de lerviles Péripatéticiens,
tels qu'un Claramonti, un Bérigard, &c. ne firent que mettre ,;
dans un grand jour leur ignorance &. leur peu d'amour pour «
ja vérité ( b ). «
(bj Montucia^ Hift. des Mathém. /K"/ partie, livre ViSi,
Ï04 Doctrine des Philosophes
Durant tout cet intervaiîe de temps , c'ell-à-dire Jepiifs
î 572 julqueii 1652, je n'ai trouvé que trois veftiges de
i'opinioii de Sénèque. Thomas Fiène, Profefleur de Médecine,
de l'Académie de Louvain ( c) , penchoit beaucoup pour ce
iyftème; ii ne le trouvoit point du tout abfurde, il l'appuie
nicme par d'aifez bonnes raifons; cependant, il aime mieux
avouer qu'il ignore le myftère de la nature des Comètes.
D'ailleurs , il n'eft point parti(àn de i'Aflrologie , non plus
que Ton ami Libert Fromond , dont nous avons parlé ci-
àQ^ïws : celui-ci convient cependant que la Comète de 1 6 1 8
a annoncé & doit opérer un grand défaftre, la ruine entière
de la Phiiofophie d'Ariftote. C'efl; la leule prédiélion , fondée
fur les apparitions des Comètes , qui ait été bien certainement
accomplie.
Érycius Putéanus , ProfefTeur de Belles-Lettres dans i'Unî-
verfité de Louvain, &c. fit imprimer en 16 ip un Écrit fur
cette même Comète : félon lui , les Comètes iont des corps
céleftes , permanens , réfléchilTans la lumière du Soleil ; en
un mot, elles font de vraies Planètes & ne préfagent rien.
Nicolas-Claude Fabrice de Peirefc, Confeiller au Parlement
de Provence , fut prefque perfuadé , félon le témoignage de
Gaflendi fJJ, que le mouvement de la Comète de 161 8,
avoit été reétiligne. Cependant , afîuré que cette Comète
n'étoit pas produite par des exhaia,ilbns terreflres, il ne put
fe perfuader qu'elle fût comme vomie par le Soleil , ou
formée par les parties de féther : il embralîa plus volontiers
l'opinion de Sénèque ; mais la perfuafion où il étoit que le
Monde e(t fini , lui fit trouver cette opinion bien dure. Il
(e contenta donc d'admettre ce que les ob/ervations démon-
troient, que la trajeéloire de la Comète étoit fort fupérieure
à l'orbite de la Lune : Peirefc , né en 1580, ell mort
en 1^37.
^ej Thom, Fien, Ù" Lib. From. de Ccmeta O-n, 16 1 8,
(d) Cajf. in vita Peîreskii , lib. III, tom. V operum,
CHAPITRE yiL
CHAPITRE
Comètes de 16^2, 1664 f 166 j. Seîh Ward en
Angleterre, Pierre Petit en France , Jean-Dominique
Caffmi en Italie , rétablijfent le fyjlème d'Apollonius
de Mynde fur la nature des Comètes,
J_jA Comète de fan i6<^2, quoiqu'égale en grandeur au
Soleil, dans \es premiers jours defon apparition, ne produifit
que peu de DilFertations : je parlerai plus bas de celle de
Caffini. Jean Tackius , Médecin à Darmftat , crut qu'elle
étoit lurnaturelle , & qu'elle pronoftiquoit les plus grands
malheurs : il expofa fon fentiment & Çqs frayeurs dans uit
Ouvrage qu'il intitula, Cœli Anomalon , c'elt-à- dire , je
penfe , Le dérèglement des Cteiix, Seth Ward , alors Profeileur
d'Ailronomie à Oxford, depuis Do6leur en Théologie, &
fucceflivement Évéque de Salifburi & d'Excefler, fit imprimer
en 1653 à Oxford , un petit Traité fur cette Comète : il
entre dans l'examen de la nature àts Com.ètes en général; il
réfute très - folidement le fentiment de Defcartes , fondé
principalement fur ce qu'on n'a jamais vu d'Etoiles dilparoitre
avant l'apparition des Comètes ; il décide que les Comètes »
auffi anciennes que le Monde , font leur révolution dans àes
cercles fort excentriques à la Terre , dont la concavité ou la
convexité peut être indifféremment tournée vers nous. Je
parlerai de ce lyftème en parlant de Caffini , qui i'embraffà
à peu-près dans le même temps,
La Comète qui parut à la fin de 1 664 & au commencement
de I 66 5 , & celle qui lui fuccéda auffitôt , dès le mois d'Avril
166^, firent beaucoup plus de fenfation ; elles occalionnèrenî
un nombre infini d'Ecrits , de Traités , de Differtations , à^
Conférences, d'Éphémérides, deSyflèmes, &.c. Dès le 10
Janvier 1665 , il fe tint à ce fujet une grande aflemblée
Tome L O
io6 Doctrine des Philosophes
extraordinaire au collège de Ciermont , appelé depuis collège
de Louis-le-Grand : la féance efl ouverte par ia défenfe du
fyilème de Démocrite ; le P. d'Arrouis prétend , avec cet
ancien Phiioiophe , que les Comètes font des amas de petites
Planètes , qui deviennent fenfibies par leur conjonélion. Gilles
Perfonne de Roberval, prend la parole pour prouver que les
Comètes font àQs cxhalaifons de la Sphère élémentaire, qui
forment une longue traînée ; & que , le feu courant d'un
bout à l'autre , la Comète paroît avoir un mouvement propre.
Pheiippeaux, Médecin Allemand, fe déclare pour l'opinion
de Defcartes. Enfin le P. Jacques Grandami explique fon
fyftème, tel qu'il i'avoit imaginé àhs l'an 1618 : il confifte
à dire que les Comètes font des parties du Ciel condenfées
par fadion à^s Aflres , que leur mouvement propre venoiî
des Ailres qu'elles fuivoient , & qu'elles étoient détruites ou
par i'adion de quelques autres Aftres , ou par la celfation de
i'aélion à^s premiers : la conférence fe fépare enfuite fans
rien décider» Si le temps l'eût permis, le P. Garnier (è pro-
pofoiî d'apprendre au Public que les Comètes font compofées
de feux renfermés dans l'air , prefque de ia même manière
que l'air renfermé dans l'eau forme des bouteilles. Pierre
Petit nous apprend (a) qu'il auroit affifté à cette conférence
s'il en eût été averti : il auroit propofé fans doute le vrai
fyftème d'Apollonius. J'ai tiré le précis de cette conférence
du Journal des Savans de la même année.
11 paroît que Roberval àvoit un peu mitigé fon fentiment i
car en i 644 il avoit donné au Public un ouvrage félon les
principes duquel la Terre animée attiroit l'air, & rejetoit les
vapeurs & les exhalaifons qui pou voient lui nuire ; c'étoit aux
plus fubtiles de ces exhalaiions que nous étions redevables
de ia formation des Comètes. Pour accréditer ce fyflème,
Roberval s'étoit cru permis de le publier fous le nom d'Arii^
tarque de Samos , dont l'original Grec étoit perdu , mais dont
on avoit recouvré , difoit-il , un manufcriî Arabe.
(a) Petit j Dijfertationftir les Comètes,
SUR LES Comètes. 107
La conférence du collège de Ciermont donna iieu à
quelques Ecrits. Un anonyme, dans un Ouvrage intitulé,
i'Efpiit du Sage informé , &c. critiqua avec beaucoup de
juftellë & d'amertume les fentimens de tous ies Aéleurs de
ia conférence : mais il ne fe montra pas plus fagé qu'eux,
en prétendant que ies Comètes doivent leur exiilence aux
exhalailons que le Soleil élève ou attire du corps de toutes
ies Planètes ; & que ces exhalailons s'alTeniblanî en un globe ,
& s'embrafant , le feu fe fait ouverture au lieu le plus foible,
d>L enflamme l'air groffier qui e(l; au-delà. 11 eil plus fage ,
lorfqu'il décide que ies nouvelles Etoiles ont toujours fubfifté,
mais qu'elles (ont environnées d'un nombre prodigieux de
Planètes , qui nous en dérobent prefque continuellement la
vue : cela ne feroit point impoffible. Cet Auteur eft Coper-
nicien , & ne fe montre pas ami d'Arillote.
Jean-Baptifte Denis , Médecin , publia la même année un
Traité ou Difcours fur les Comètes. îi y réfute les fentimens
propofës dans ia conférence , excepté celui de Defcartes , ou
du Médecin Allemand qu'il s'efforce de mettre dans un point
de vue tolérable. Erafme Bartholin , Profeffeur de Mathé-
matiques à Copenhague , ^imprimer cette année Ces obfèr-
vations fur la même Comète : il fe décide pareillement en
faveur de l'hypothèfè de Defcartes. Je connois peu d'Aflro-
nomes qui lui aient fait cet honneur.
Les anciens préjugés fubfiftoient encore. Quelques-uns (b)
reconnoiffant que ies Comètes font fupérieures à la Lune ,
fe contentoient de dire que leur génération dans le Ciel étoit
nouvelle & relîembloit à celle des taches du Soleil ; d'au-
tres ( c ) prétendoient qu'elle étoit même furnaturelle : ces
Comètes récentes de 1664 & de 1665 , annonçoient ,
félon plufieurs (d) , toutes fortes de malheurs. Un P. Luyt ,
^b) Geminianus Alontanarius apud Weidler^ cap. V, p.° 103.
(c) Daniel Berkringer, ibid.
(d) Difqinfitio Philofophica , auélore Jean, Schider Phïlofophiœ Profejfore,
Jeremice Virg4 vigi/ans df oUa fuccenfa à Jeanne Henrico Urjino, & pluiieurs
autres.
O ij
îo8 Doctrine des Philosophes
Prédicateur du Roi (il faut donc ie ruppofer meilleur Prédi-
cateur qu'Aflronome ) , fait revivre le lyftème pur & fimple
àes Péripatéticiens ( e). Un Jacques le Royer , Avocat au
Parlement de Normandie , croit avoir fait la plus belle
découverte du monde, lorfqu'il a reproduit à-peu -près le
fyflème de Panétius (f),
Claude Comiers , Prévôt de l'églife collégiale de Ternan,
& Chanoine en la cathédrale d'Embrun , donna en i66j un
fyftème nouveau fur la nature des Comètes. Son ouvrage eft
intitulé , la nature & préface des Comètes. 11 traite problémaîi-
quement celte féconde partie : quant à la première., fon fenti-»
ment a quelque rapport avec celui d'Apollonius. Selon lui,
il y a beaucoup de Planètes & de corps céleftes qui nous font
invifibles, foit parce qu'ils font trop près du Soleil, foit parce
qu'ils font trop petits & trop éloignés de la Terre, foit parce
que leurs furfaces font trop unies pour réfléchir de tous \qs côtés
les rayons du Soleil. Tous X^i corps célefles font fujets à la
corruption: ces Planètes invifibles s'échauffent , s'altèrent, fè
corrompent, ( mais quelle eil la caufe de cette corruption ) \ li
s'élève autour d'elles des exhalailons, il fe forme une atmofphère
qui nous renvoie les rayons du Soleil lous un diamètre vifible.
( On voit quelquefois le noyau même de la Comète, non-
feulement fous \\i\ diamètre vifjble , mais même avec le
plus vif éclat). Cette atmofphère poufîce par les rayons du
Soleil , en fe dilfipant , forme la queue de la Comète» Le
mouvement de la Comète efl compofé de fon ancien mou-
vement planétaire propre^ & d'un nouveau qu'elle acquiert
comme Comète ; celui-ci efl reéliligne. En conléquence , îa
Comète , par fon mouvement compofé , monte toujours en
haut en ligne fpirale. La caufe du mouvement reéliiigne eft
(e) Son livre efî intitulé: Quejîicns
■surieiijes fur la Comète de i66^. J'ai
Trouvé à la fin du livre ce fixain
manufcrit :
Cette Comète à rouge t]ueue ,
Quf depuis un peu l'on & veue
Luire ardente deffus Paris ,
Ne préjage nulle infortune ,
Si donc que s ce n'eft U commune ,
Qjie redoutent tant les maris.
(f) Sa brochure efl: intitulée : K^ra
Cometanim Caufa,
SUR LES Comètes. iqq
la légèreté àçs exhaiajTons de Ton aîmofphère : aiiifi , dit
Comiers , une fiifée enlève (à baguette. D'ailieurs devenue
plus légère par fbn expanfioii , ia Comète eft enlevée facile-
ment par ia matière fluide d^s Cieux , jufqu a ce qu'elle fè
trouve en équilibre avec elle. Alors elle s'arrêtera, & ne
reviendra plus fervir d'épouvanîail aux ignorans. Elle pourra
même augmenter le nombre des Etoiles , &c. Mais quelle
caufe détruira ie mouvement planétaire de cette Comète ?
De plus , il eft démontré que les Comètes reviennent. Ainfr
ie fyflème de Comiers eft faux , quoiqu'il ait quelque choie
d'ingénieux. Dans fon hypothèfe, il n'a pas beloin d'admettre
le mouvement de la Terre ; auffi ne l'admet-ii pas. « Nous
devons , dit-il, pieufement croire que le Soleil tourne autour
du monde , nonobilant les grandes , \çs belles , \qs bonnes
& admirables raifons àçs Coperniciens ». N'efl-il pas beau-
coup plus fmipie d'admettre le fyflème de Copernic , que
de le rejeter de cette manière l
Pierre Petit, Chevalier, fieur du Portail, Intendant des
fortifications , né à Montluçon vers le commencement du
dernier fiècle , eut ordre de Louis XIV , d'écrire fur ia
Comète de 1664. Le choix d'un Prince auffi bien informé
des talens de Ces Sujets que l'étoit Louis XIV , fait i'éloge de
Petit ; & l'on peut dire qu'il étoit très-digne de cet honneur,
A un zèle ardent pour ÏQS connoiiïances Agronomiques,
Petit joignoit un elprit jufte & folide, capable de difcerner
le vrai, de le fuivre& de ie défendre. Dans une Diflertation
fur la nature des Comètes , qu'il fit imprim.er àhs l'année
fuivanîe , il réfute pleinement le fenîiment d'Arifrote ; il
rapporte celui de Delcarîes , vu que le rapporter & le réfuter
c'eft la même chofe , dit-il, au fens de plufieurs : il ne croit
pas que dans la bonne Philofophie , il faille recourir aux
miracles ; il expofe dans le jour le plus favorable l'opinion
de ceux qui croient la génération des Comètes analogue à
celle des taches du Soleil ; il eft même tenté de l'embraifer ;
mais il ne voit pas comment cette hypothèfe peut fe concilier
avec la régularité du mouvement de^ Comètes. Il finit donc
iio Doctrine des Philosophes
par décider avec Sénèque , que les Comètes lont dQS ouvrages
éterneis de ia Nature ; qu'elles deviennent invifibles par leur
diflance , & qu'elles reparoiflent dans des temps périodiques
& déterminés. « Ainfi , dit - il , Mars augmente & diminue
« périodiquement en grandeur apparente. Les Aftres ont d.QS
» révolutions périodiques depuis un jour jufqu'à trente : pour-
'» quoi n'en n'auroient-ils pas jufqu'à foixante ans , jufqu'à cent,
M jufqu^à mille & au - delà l II ne faut pas craindre de faire
l'Univers trop vaile ». Mais dans ce fyltème , \qs Comètes
devroient revenir! «Sans doute , répond Petit; maison
y> ne les reconnoît pas. Il faut croire ce qu'a dit Sénèque, que
» quelqu'un démontrera un jour tout ce qui concerne le mou-
vement & les retours des Comètes «. Petit fe flatte déjà d'être
celui qui a été prédit par Sénèque : dans cette confiance , il
annonce le retour de la Comète de i66^ pour l'année 1710:
fa révolution, félon lui , eit de quarante-lix ans : elle a dans
les mêmes mois tenu prefque la même route que celle de
i6i2 ; & en remontant de quarante-fix en quarante-fix ans,
on trouve beaucoup d'apparitions de Comètes : lorfqu'elles
manquent , il faut l'attribuer à la proximité des rayons du
Soleil: enfin fur chaque révolution , on doit faire grâce d'un
an en plus ou en moins. Petit fe glorifie d'être le premier
cjui ait annoncé le retour d'une Comète. Mais le fyflème
n'étoit qu'ébauché , il falloit encore décider fur la qualité & la
pofition de l'orbite des Comètes; & ce point a été la pierre
d'achoppement de Petit.
Il veut que la moindre révolution d'une Comète foit au
moins de plus de trente ans , parce qu'elle doit s'éloigner
plus que Saturne : cela n'eft cependant pas abfolument
néceffaire. Quant à forbite , elle peut être convexe du côté
de la Terre , elle peut être concave , enfin la route peut être
reéliiigne. Les obfervations s'accordent affez bien avec le
mouvement reéliligne , bien moins avec la fuppofition d'une
orbite convexe vers la Terre, beaucoup migux avec celle
d'une orbite concave. D'ailleurs, ceue dernière hypothèfe
efl plus conforme à ia raifon ; il faut donc l'admettre , &
SUR LES Comètes. m
décider que ies Comètes iè meuvent dans des orbites circii-
iaires ou elliptiques très-excentriques à forbite du Soleil ou
de la Terre. Julqu'ici Petit ne s'écarte pas beaucoup du vrai
chemin : mais la Comète de 1664. paroiiToit encore lorfqu'ii
prononçoit cette décifion.
L'ouvrage de Petit n'étoit pas encore fort! de deiTous la
preiië , iorlque l'orbite apparente de la Comète foufFrit une
inflexion bien ienfible : cet Aftre avant que de difparoitre ,
changea de dire(51ion , & fembla retourner fur Tes pas. C'étoit
im eliet néceiTaire du mouvement propre de la Comète ,
combiné avec celui delà Terre; mais Petit n,e goûtoit point
le lyltème de Copernic. Il prit donc le parti d'ajouter quelques
réflexions à fa Diiîerîation, Il remarque , & c'ell avec railon,
que la Comète de i 664 , n'eflpas la feule qui ait ainft courbé
ion cours vers la fin de (on apparition ; il en conclut ;, & cela
fort mal-à propos , que l'orbite de femblables Comètes doit
être convexe du côté de la Terre. Il croit cette orbite ellip-
tique ; & periifte à regarder \çs Comètes comme des corps
aulfi anciens que le monde , & fujeîs à des retours périodiques ;
elles peuvent être , félon lui , des Planètes qui tournent autour
des Étoiles dans des orbites non circulaires.
Par l'extrait que je viens de donner de la Diiîertation de
Petit , il me paroît très - probable que cet habile Ingénieur
auroit trouvé le vrai fyftème des Comètes , s'il eût voulu
admettre le mouvement de la Terre , & qu'il fè fût donné la
peine d'en combiner l'effet optique avec l'effet réel du mou-
vement elliptique de la Comète. Il a connu la vraie nature
de ces Ailres : il a même entrevu d'une manière générale
i'elpèce de leur mouvement : il a le premier annoncé le
retour d'une Comète , fondé , non fur ies vaines imagina-
tions de l'Aflrologie , comme Appien & quelques autres
avoient tait avant lui , mais fur la nature même des Comètes,
& fur les obfervations antérieures de leurs apparitions,
C'étoit approcher bien près de la vérité; mais le temps
de fa révélation entière n'étoit pas encore venu. La pré-
didion de Petit n'a point été accomplie. Sa Dilièrtaîion ne
112 Doctrine DES Philosophes
paroît pas avoir produit beaucoup d'effet. Petit éîoit mort
en i6jj'
La vérité parut vouloir fe lever fur l'horizon de l'Italie »
<ians le même temps qu'elle répaiidoit quelques rayons en
France. Jean-Dominique Caffini étoit né d'une famille noble ,
à Périnaido, dans le comté de Nice, le 8 Juin 1625. Je
lie pourrois qu'afîbibiir par mon ftyie l'idée que l'on a des
talens , de l'efprit , àçs vertus du cœur , &. fur-tout de la tendre
religion de ce grand homme. Sqs travaux , fes recherches ^
{es Écrits font ion éloge : la découverte de quatre Satellites
de Saturne , de la vraie dodrine Aqî réfraélions , de la révo-
lution des Planètes fur leurs axes, de la lumière Zodiacale ^
de la méthode de calculer les Longitudes terrelbes par les
Éclipfes du Soleil, de celle de déterminer géométriquement
fexcentricité & l'apogée d'une Planète fur deux différences
données entre fon lieu vrai & fon lieu moyen , le rétablif-
fement & la correélion de la méridienne de l'églilë de
Saint - Pétrone à Boulogne , la conib-uélion des premières
Tables des Satellites de Jupiter, celles du Soleil &; des Planètes
réduites à un ordre plus naturel , portées à une exaélitude
à laquelle on n'avoit pas encore atteint , mille autres travaux
Aftronomiques fournilîent à M. de Fonlenelle (g) la matière
d'un Eloge , que l'on peut confulter û l'on veut fe former
une idée légère de ce dont l' Agronomie eft redevable à
l'immortel CalTini. Je dois me borner ici à ce qu'il a fait
au fujet des Comètes.
Yei's la fin de 1652, une Comète vint exercer fon zèle,
^ fe propofer à lui comme une des plus grandes difficultés
de l'Aih-onomie (h). Il l'obferva, & fit fur ce phénomène
toutes \es recherches que l'art pouvoit defirer , & toutes les
déterminations qu'il pouvoit fournir; & il en publia en 1^53
un. Traité dédié au Duc de Modène. Dans cet Ouvrage,
(g) Voye^ l'Hifloire de rAcadémie , année fyiz>
(h) J'emprunte les termes de Fontenelle : j'ai à dire les mêmes chofes
.gue iuE ; je ne trouverois pas (Je meilleures expreffions que les iîennes.
il ne
SUR LES Cô M ETE S, ^ ' î
îl ne prend ies Comètes que pour à^s générations fortuites p
pour à^^ amas d'exhalailbns fournies par ia Terre & par ies
Aftres; mais il i^n forma bientôt une idée plus noble. If
s'aperçut que le mouvement de la Comète pouvoit n'être
inégal qu'en apparence , & fe réduire à une aufli grande
égalité que celui d'une Planète; & de-là il conjedura que
les Comètes qui avoient toujours paffé pour à.Qi Aftres nou-
veaux , & entièrement exempts des loix de tous les autres ,
pou voient être, & de la même rég4alarité, &. de la même
ancienneté que ces Planètes , auxquelles on efl accoutumé
depuis la naiiïànce du Monde.
La Comète de 1^64 parut : Caiîinî i'oblèrva à Rome en
préfence de la Reine Chriftine de Suède, la nuit du \j au
iS Décembre & la nuit fui vante. Il étoit déjà tellement
famîiiarifé avec fon idée de la régularité du mouvement des
Comètes , que fur ces deux feules obfêrvations , il traça
hardiment à la Reine , iur le globe célefte , la route que ia
Comète devoit tenir. Après une quatrième obfervation qu'il
fît le 2.2 , il alTura que la Comète n'étoit pas encore dans
fa plus grande pi'oximité de la Terre : le 23 il ofa prédire
qu'elle arriveroit à cette plus grande proximité le 2p ; &
quoiqu'alors elle furpaflat la Lune en vîtelîè, & femblât devoir
faire le tour du Ciel en peu de temps , il avança qu'elle
s'arrêteroit dans le Bélier , dont elle n'étoit guère éloignée
que de deux lignes , & qu'après qu'elle y auroit été flation-
naire , ion mouvement y de^vieiidroit rétrograde , par rapport
à la direction qu'il avoit eue (i). Ces prédidions trouvèrent
(i) Je le dis d'après Fontenelle :
il taut cependant remarquer que ce
ne fut qu'après coup que Caffini
prédit cette rétrogradation. Sa pre-
iriièi^ Éphérnéride ruppùfoit l'orbite
circulaire de la Comète fi grande,
que la partie dans laquelle la Comète
étoit vifible , pouvoit être fenfibi-e-
jîient prife pour une ligne droite:
la iongitu-de de fon Éphéméride fe
-îrouva différer de ^2 minutes de
Tqïïis L
celle <juî fut obfervée le 5 Janvier,
fept jours après le Périgée. CafTinî
attribua cette différence à la courbure
de l'orbite , & pour y remédier , ir
crut devoir altérer de 6 minutes les
longitudes qui fuivoient le Périgée,
c'eft-à-dire, de 6 minutes celle du
fH-emier jour, de 1 2 celle du fécond,
&ainfide jour en jour. C'efl dans cette
féconde fuppofition que la Comète
devoiî enfin revenir fur fes pas^
iî4 Doctrine des Philosophes
quantité d'incrédules : après leur accompiiffement, on prétendit
qu'il Vi'j avoit rien de fi facile que de faire ce qu'avoit fait
Çaffini. Ce n'eft pas le premier exemple d'une pareille injujp-
îice, 6c ce ne fera pas le dernier.
11 parut une féconde Comète au mois d'Avril i66^^
comme nous l'avons déjà dit. Cafîini fit promptement une
Table ou Ephéméride de cette Comète. Quelques-uns de fes
incrédules le changèrent en imitateurs , mais malheureux.
Huit ou dix jours après la première apparition , Calfmi publia
fon Ephéméride. 11 fit aufîi imprimera Rome la même année,
ini Traité Latin fur la théorie de ces deux Comètes , dédié
à la Reine de Suède. Dans cet ouvrage il témoigne avoir
communiqué dès l'année 1(353 à ïfmaël Bouillaud , célèbre
Afironome François , une théorie de la Comète de 1652 p.
par laquelle il expliquoit les phénomènes de cette Comète
dans fhypothèfe d'un mouvement abfolument régulier. Petit
îi'avoit peut-être pas penlé encore alors au fyftème d'Apoi-
îonius y, qu'il embx"alîk depuis.
La Reine de Suède avoit reçu de France une Ephéméride
au mouvement de la première Comète. L'Auteur en étoit
Adrien Auzout, très-profond Mathématicien, habile Obfer va-
leur, éternellement célèbre par l'invention du micromètre fÂj,
Son Ephéméride étoit appuyée iur les mêmes principes que
eelle de Calfmi : les différences entre l'une & fautre étoient
fort légères. Ignace -Gafton Pardies , de la Compagnie de
Jélus, en avoii imaginé une femblable à Bordeaux. Ces Ephé-
mérides étoient également fondées fur fh^pothèle uu mouve-
ment red:iiigne de la Comète : les lentimens de leurs Auteurs
("kj Quelques Anglois ont fait
honneur de l'invention du micro-
mètre à Guillaume GafGoigne , leur
compatriote , mort le 2 Juillet i 64.4.,
vingt-deux ans avant qu'Auzout eût
fait connoître cet inllrument. On
en a trouvé, difcnt-ils, une def-
cription exa<5le dans les papiers de
Gâfcoigne : le fait peut être wrsâp I
mais il eft bien plus certain qu'Auzout
n'avoit eu aucune communication de
ces pa}Mers , qu'on n en a eu aucune
connoifîance avant l'an 1667, ^
que dès l'année précédente Auzout
avoit invente le micromètre , & I avoit
employé avec l'Abbé Picard dân§ le§
obfervations altronomiques.
su n LE s C 0 M ET ES. ïry
îî'étoîent cependant pas les mêmes. Je ne \ois pas que Pardies
& Aiizout aient été d'une opinion différente de celle de
. Kepler iiir le mouvement des Comètes : CafTmi au contraire
les regardoit comme des Aftres fujets à des rçyoiutions & à
des retours périodiques : leur trajeéloire devoit donc être
curviligne & fermée ; elle étoit circulaire félon Cafîini , mais
d'un diamètre fl étendu, que la petite partie dans laquelle la
Comète étoit vifible pouvoit être confondue fans erreur avec
la tangente, il paroît d'ailleurs qu'Auzout &; Pardies ne doii-
toienî point de i'exaélitude de leurs Ephémérides : CafTini
îie donnoit la fienne que comme un à -peu -près fulSrant
pour prévoir la route de la Comète, & pour conjeélurer ia
régularité de Ton mouvement. Pour conflruire ces Ephé-
mérides , du lieu où la Terre étoit flipporée immobile , on
tiroit des lignes qui formoient entr 'elles des angles d'autant
de degrés que la Comète en avoit parcourus dans le Ciel p
dans les intervalles écoulés entre Ces premières oblervations.
Il falloit enfuite tirer obliquement une autre ligne tellement
pofée , que les premières lignes la féparafîent en parties propor-
tionnelles aux temps écoulés entre \es obfervations déjà
faites ; cette ligne étoit cenfee la trajeéîoire de la Comète»
Des intervalles déjà déterminés, on concluoit par une règle
de proportion celui qui convenoit au mouvement journalier
de la Comète, & l'on répétoit cet intervalle fur la trajeéloire
autant de fois qu'on le jugeoit à propos. Je ne m'arrêterai
point à expliquer plus en détail & à réfuter cette méthode i
CafTmi ne tarda point à en reconnoître la faufTeté. Le
triomphe de la vérité étoit le feul objet de Tes recherches:
le fuccès de fa méthode, éprouvé fur plufieurs Comètes, ne
i'éblouit pas ; il voulut en faire l'efTai fur la Comète de i 'y/jp
obfervée parTycho; elle fe trouva en défaut: CafTmi l'aban-
donna, & tourna ies vues fur d'autres hypothèfes qui pufTent
s'accommoder avec la régularité du mouvement des Comètes
& l'éternité de leur exiflence, deux vérités dont il ne s'efl
|amais départi.
CafTini étoit venu s'établir en France au commencement
[lié DocrniNi des Philosophes
de i'aiinée i66^y plus attiré par les fecours qu'ii y envîfageoîl;
pour cultiver i'Aflronomie avec fuccès ,- qu'iutéreiïe pai* les
dons & \qs promefles de Louis XLV & du grand Colbert»
Les fuffrages d'un û grand Roi & d'un Miniftre ii éclairé,
font d'autant plus d'honneur àCaflini, que la France poiïédanfc
alors ^es Picard & Çqs Auzout , paroilîoit n'être point dans
îe cas d'envier à Tes voifms ieurs richeiïes. Caffini continua
de répondre à la haute idée qu'on s'étoit formée de Ton intelli-
gence : le lyllème des Comètes fembloit fui' - tout l'afîeéler
fingulièrement ; il n'en paroiflbit point qui n'occafionnât de
ià part quelque nouvelle recherche, qui ne donnât lieu à
quelque nouvelle hypoîhèfe. Ii n'eut pas cependant le bonheur
de rencontrer la véritable théorie du mouvement de ces Aftres :
la délicateiïe de fa religion , qui le rendoit d'ailleurs extrê-
mement refpeélable , l'empêcha de fecouer un préjugé de
iiaiiïance. Le fyftème du mouvement de la Terre , approuvé
dans Copernic, avoit été condamné dans Galilée; celui-ci
avoit été obligé d'en faire une, rétradation folennelle : la phn
part des Italiens rejetoient fur le fyftème même une condamna-
tion , que l'on pou voit facilement regarder comme perfonnelle
à Galilée. Calfini étoit fans doute affez, éclairé pour concevoir
la prééminence du fyftème de Copernic fur tous les autres-
lyilèmes; mais il le fitun fcrupule de l'admettre:, il ne voulut
pas même y fuppléer comme Tycho, en admettant de la part
du Soleil fur les Planètes 8l fur les Comètes., une aélioii
efficace dont il ne concevoit pas le principe. En conféquence^,
il ne reconnut jamais aucune différence entre le mouvement
vrai & le mouvement apparent des Comètes: par cela feul,
3a connoilfance du vrai mouvement de cei Aftres lui devenoit
abfolument impolfible. Il paroît d'ailleurs qu'il inclinoit pour
ie fyftème des, tourbillons Cartéfiens , fyftème auffi oppofe
ati mouvement particulier des Comètes ,. qu'aux principes
généraux de la Statique. Au refle , plus je lis \es différens
mémoires de Caffini fur les Comètes, plus je me perfuade
que ce grand homme n'a jamais prétendu donner les idées
fui: leur mouvement que comme un effai, comme une hypothèfè
SUR LES Comètes, 117
qui n'excédoit pas \qs bornes de la fimpie opinion. Son
but principal étoit d'appliquer l'attention àes Aflronom es fes
confrères , pour arracher , s'il étoit pofTible , à la Nature Ton
fècret : peut-être en encourageant Newton , contribua-t-il à
ia découverte du vrai lyilème , quoiqu'il n'ait pas cru devoir
admettre les principes qui pouvoient feuls y conduire.
Selon Caffini, les Comètes , auffi anciennes que le monde f
font leurs révolutions dans des orbites abfoiument circulaires^
en décrivant d^s arcs égaux en temps égaux. Ces orbites font
extrêmement excentriques à la Terre» La Comète vifibie feule-
ment en fon périgée, cefle d'être vue, loità caulê de fon éloi-
gnement, foit par quelque railon analogue à celle qui nous cache
le cinquième Satellite de Saturne dans toute la partie orientale'
de fon orbite. Les Comètes doivent revenir : Caflini a cru
reconnoître piufieurs retours de Comètes; il a eu la iageiîe
de n'en prédire aucun. Il étoit perfuadé d'ailleurs qu'une
Comète en fon périgée pouvoit être invifjble ,- tant à caule^
de la proximité du Soleil, dans les. rayons duquel elle feroit
plongée^ que par quelques autres raifons moins décifives*
li reconnoît fouvent que l'on peut voir d^s Comètes dans
toutes les parties du Ciel :. mais il a cru remarquer qu'on les
découvroit bien plus fréquemment que par - tout ailleurs ^
dans une. efpèce de zone , qu'il a appelé zodiaque des
Comètes.. Il a. renfermé en deux vers Latins les Confteilations
qui compofènt ce zodiaqjiie,-
Ant'inous , Pegafufque , Andromeda , Taurvs , Or ion ^,
Procyon , atque Hydrus , Centaurus , Scorpîus, Anm,-
C'eft-à-dire , Antinoiis , Pégafe ,, Andromède , le Taureau'>,
Orion , Procyon ou le petit Chien , i'H-ydre (femelle ) , le
Centaure , le Scorpion , le Sagittaire.
Le fyftème de CafTmi efl vrai dans fa première partie,
on quant à ce qui regarde la nature des Comètes : mais leur
mouvement ne peut être expliqué par Thypothèiê de- fa féconde
partie. Quelle pourroit être la caule d'un mouvement abfor
Jkment égal daiis une orbite extrêmement excentrique tant
rii3 Doctrine des Philosophes
au Soleil qu'à ia Terre? Dans la théorie de CafTinî , îa
révolution de la Comète de 1680 ne (eroît que de deux
ans & demi. Je ne vois point la caule qui pourroit nous
l'avoir û conflamment caciiée en ks retours , tandis qu'elle
étoit fi brillante, fi prodigieufement grande en i6§i, &
félon Caflini , en i 577. i^e cinquième Satellite de Saturne
eft toujours également vifible dans Ïqs mêmes parties de fou
orbite. Mais ce qui a fait principalement abandonner le
iyflème de Caffini , c'efl qu'.l n'eil guère poffibie de le faire
quadrer avec les obiervations. Dans ce lyilènie, le mouve-
ment apparent d'une Comète doit être égal à égales diftances
du périgée : on a obfervé le contraire. On a pareillement
vu àQs Comètes fè rapprocher c,e la Terre , après s'en être
écartées : ce qui eft i\ incompatible avec cette opinion , que
Caflini,pour fauver ion hypothèfê, fut obligé de féparer en
deux la Comète de 1680.
Le fyftème de CafTmi fut fuivi non-feulement par piufieurs
Phyficiens ou Aftionomes de l'Académie dei. Sciences , mais
auiii par quelques Étrangers , comme par Jean-Baptifte de la
Grange, Prêtre de fOratoire (l), le P. Anthelme, Chartreux
(m), &c. D'autres en confervant ce qu'il peut avoir d'eifentiei
pour le ïonds , en altérèrent quelques parties pour le rendre
plus conforme aux obfervations & aux loix de la Phyfique,
comme nous le verrons ci-de(îbus au Chapitre dixième.
a6MMmB»BiaigMBPiiiJB.an^
CHAPITRE VII L
Syjîème d^Hévélius if fa réfutation»
EAN Hévelke , plus connu fous le nom iatin d'HévéliuSs»
naquit à Dantzick le ^8 Janvier i^ï i. On ne vit jamais
peut-être un goût plus décidé que celui d'Hévélius pour les
(l) Traité ^t% Élémens & ^t% Météores, contre les nouveaux PhilofopheSj
Pans, i6yg.
(m) Explication de la Comète , àj:, h Dijon, i68i>
SUR LES C 0 M ET E Ss I19
fciences Mathématiques. La promptitude avec laquelle il
les apprit fut un garant de Tes fuccès futurs. Outre its
Mathématiques proprement dites , il s'appliqua dès {qs plus
tendres années au deffin , à l'art de la gravure, à la mécanique
tant ihécrique que pratique. En 1630 il quitta fa patrie,
pour étudier le Droit dans l'Univerfité de Leyde. Des
Pays -bas il fut en Angleterre, en France, en Allemagne.
Il oblerva à Leyde 1 Ecliple de Lune du ic^ Novembre
,1620. Son oblervation , faute dTnftrumens , fut fort impar-
faite; jt n'en parle que parce qu'Hévélius datoit de cette
Éclipie la longue luite de les Oblervations. Il revint à Dant-
zick en 1634. Les afîiiires publiques , auxquelles il fut
obligé de prendre part , interrompirent quelque temps Çqs
études maihcmatiques. 11 fe maria en 1^35 , pour étudier,
dit-on, avec plus de liberté. E.n 1639 ilréloiut de s'appliquer
tout entier à l'Allronomie. 11 fit bâtir un oblervatoire , qu'il
enrichit <}iU\\ nombre confidérable d'inflrumens , également
précieux parleur grandeur , par Tinteiligence qui dirigeoit la
mécanique de leurs mouvemens, pari'exaélitude & la précifion
de leur conflrudion & de leurs divifions. Hé\élius les fit
exécuter iur les defTms &: en fa prélence ; il mettoit lui-
même la main à l'œuvre lorlque les opérations demandoient
une délicateiie qu'il ne croyoit pas devoir fuppofer dans
ies ouvriers qu'il employoit. Il fit de plus conflruire une
imprimerie , qu'il fournit de caractères très- nets , dellinés-
à l'impreffion de [qs ouvrages : il gravoit lui-même prefque
toutes les planches néceiiaires à leur ijitelligence. Avec ces
fecours , Hévélius commença létude du Ciel la plus longue g.
la plus iuivie , la plus appliquée, la plus générale que je
iàche avoir jamais été faite par aucun Aftronome tant ancien
que moderne. Aucun obflacle ne fut déformais capable de
l'arrêter. Elu Echevin de fa patrie en 1641 , & Conful ou
Bourgmeftre en 1651 (a), il fut ailier les fondions de
{aj Ces charges , à Dantzick , font plus conficjérables qu'elle? ne lont^
4ans nos villes i elles font d'ailleurs perpétuelles.
120 DûCTRrNE DES PHILOSOPHES
la MacrîHrature avec l'obfervation du Ciel. Le jour étoît
confàcré aux premières ; les nuits les plus rigoureufes de
l'hiver ne paroiffoient pas affez longues iorfqu'il éîoit queftioa
d'exercer ion 7èle adronomique. En iifant le fécond volume
de fa Machine célefle , ouvrage dans lequel il a rafîèmblé la
plus grande partie de Tes oblervations , je n'ai pu m'empêcher
de me demander fou vent : Mais quel temps fe refervoit-il donc
pour Tes repas , pour Ton repos , pour cette nombreufe mul-
titude d'excelieus Ouvrages , dont il a enrichi la Librairie
Agronomique? La providence d'un Dieu Touî-puijfant , maître
de tout , toujours adorable Aans fes jugemens ( ce font les
termes d'Hévéiius (b) ) , voulut J éprouver par l'accident
ie plus fâcheux qui pût lui arriver. Déjà vieillard refpedable,
il alloit finir la fc/ixante-huitième année de la vie , la quarante-
neuvième de i^çs travaux Altronomiques. Il venoit de mettre
ja dernière main à la féconde partie de fi Machine célefle,
le plus grand , le plus confidérable , le plus utile de fes
^ouvrages. La méchanceté d'un valet, qu'il appelle le plus
pervers des animaux à deux pieds , le priva de tout ce qu'il
'poffédoit, & fur -tout de prefque tout le fruit de quarante^
neuf années de travail. En peu d'heures, le 16 Septembre
I Gj<^ , le feu confuma fèpt maiion^ qui lui appartenoient ^
don obler.vatoire , 'lq^ Jnlirumens , fon imprimerie , fa biblio*
thèque, une partie de {^s manufcrits , prefque tous les exem^
plaires delà féconde partie de fa Machine célefle nouvellement
impmmée : en un mot Hévélius fe trouva , pour ainfi dire ,
abandonné à la merci à'&s âmes généreufes. Un tel malheur
le frappa , mais jie l'abattit point. Il trouva les motifs les
plus efficaces d'une confoiation foiide dans fa parfaite fou-
lîiiffion à Ja volonté de fon Créateur. Tel qu'un autre Job, if
regarda Dieu comme Je véritable auteur de ï^s pertes; ii
adora fa providence; & Dieu fe plût en quelque forte à le
rétablir dans un état prefque aufîi florifîant que celui dont
il J'avoit retiré. Plufieurs Princes & autres perfon nés opulentes
(b) Dans la Préface de Ton Année Climaîérique.
/emprefsèreîît
SUR LES COMÈTEi. îll
s'emprefsèrentà verfer \qs effets de leur générofité fur Hévélius.
Aiigufte & Mécène , je veux dire , Louis le Grand & le grand
Colbert, prote(fi:eurs décidés des Sciences , fans auxrune accep-
tion des pays, fournirent les plus puiifans fecours. Hévélius
fît conilruire de nouveaux initrumens , fit imprimer de nou-
veaux ouvrages , & continua d'obferv^r le Ciel. Il cefîa de
travailler le 28 de Janvier i 687 , jour anniverfaire de (a
naiifance , & le dernier d'une vie que l'on peut dire que
i'Aftronomie s'étoit particulièrement confàcrée»
Il n'efl point de partie de l'Aflronomie à laquelle Hévélius
ne fe loit particulièrement attache. li n'a point regardé \qs
Comètes comme à^s Afli^es ; il pouvoit donc fè difjienfer
de les ©bferver. Cependant il étoit intéreflant d'approfondir
ieur nature; une connoilîance parfaite à^s Comètes pou voil
mêm€ beaucoup influer fur la théorie générale de fUniv^rs;
enfin \^s Comètes, quoique météores palîagers , paroifTenÉ
avoir àts mouvemens bien analogues à ceux àts Planètes.
Ces raifons décidèrent Hévélius : il regarda l'obfervation des
Comètes comme auffi intér-effante qu'elle avoit été négligée ;
il réfléchit fur les difîerens phénomènes qui avoient accompagné
jufqu'alors les Comètes ; il étudia \qs méthodes les plus fûres
pour fulvre leur mouvement dans le Ciel ; il obferva avec
une exacftitude, & calcula avec un iPavaii inconnu jufqu'alors
les Comètes de 1652 , 1661 , 16^4 & 1665. Les
phénomènes de celle de 1^52 le conduilirent à inventer uii
nouveau fyftème dont il crut trouver la confirmation dans
îes mouvemens obfervés à.Q?, trois autres Comètes. Après avoir
rédigé ce lyHème avec autant de patience que d'application ,
il fit paroître en 166^ un Ouvrage auquel il donna le titre
de Préciirfeur Cométique. Ce n'^toit en effet qu'un fimpîe
•effai : il y rendoit compte de ïts obfervations de la Comète
Aq \66â^, & y expofoit fon fyflème fur la nature &: \qs
mouvemens des Comètes. L'année fuivante il publia un
(econd Ouvrage, au fujet de la Comète de 166^, dont il
rapporte li^s obfervations , confirmatives félon lui , de foa
fyilème. Il prend auffi très - chaudement la défènfe de la. .
Tome L O
122 Doctrine des Philosophes
dernière obfèrvation de la Comète de 1664 : cette obfer-
vatioii étoit contredite par tous ies autres Ailronomes de
l'Univers. Hévéiïus prouve qu'il obfervoit au moins auffi-
bien que \qs autres , & en général il a raifon ; cependant,,
on ne peut difconvenir qu'il ne le loit trompé dans i'obier-
vation conteftée. On continua de voir la Comète en France
durant piufieurs jours : la route qu'elle tint ell ablolument
incompatible avec celle qu'Hévélius lui faifoit tenir dans Tes
dernières obfervations.
Enfin le grand Ouvrage d'Hévélius fur les Com.ètes , ou
ia Coméîographie , parut en 1668; il efl divifé en douze
Livres : le premier ell confacré tout entier à lexpofition &
au calcul ài^s obfervations de la Comète de 1^52. Hévélius
avoit obferve très -fréquemment les hauteurs & les azimuts
de cette Comète , & ks diflances à différentes Etoiles. Nous,
déterminerons dans la quatrième Partie , le degré de con-
fiance que l'on peut accorder à ces fortes d'obfervations ; elles
ne font pas les meilleures , mais leur multiplicité peut remé-
diera leur défaut de précifion. Hévélius calcule rigoureufement
l'heure de chaque oblervation , la longitude & l'alcenfion
droite du Soleil ; l'afcenhon droite , la déclinaifon , la lon-
gitude, la latitude de la Comète à l'inllant de chaque obfèr-
vation; Çqs diftances angulaires au Soleil, fon mouvement
propre & diurne apparent, l'inciinaifon apparente &: variable
de fon orbite à l'équateur & à l'écliptique; le lieu apparent &
variable du nœud de cette orbite avec l'écliptique &: l'équa-
teur. Il prouve l'utilité , la néceffité même de ces calculs
multiphés ; il doit en tirer des conféquences extrêmement
intéreflantes. La première qui fe préfente elt que l'inciinaifon
apparente de l'orbite, loit au plan de l'équateur, foit à celui
de l'écliptique , ainfi que l'un & l'autre nœuds , vus de la
Terre, Ibnl fujets ^àes variations continuelles: ceci ne peut
être fondé que fur la fîmple obfèrvation ; or , Hévélius étoit
un obfervateur trop exaél pour fe tromper en pareille matière.
Les obfervations poilérieures n'ont fait que confirmer de plus
en plus cette vai'iation apparente de finclinaifon «Se du lieu
SUR LES Comètes. 123
Jes nœuds des orbites cométaîres : eile avoit déjà été remarquée
par quelques Aflroiaornes ; Hévélius eft le premier qui l'ait
obfervée, qui l'ait calculée, qui l'ait appréciée. Il demande
enfuite fi toutes les Comètes traverfent les plans de l'équateur
èc del'écliptique : il ne le croit pas. « Quelques-unes, dit-il,
n'ont pas duré, & ne dureront pas aflèz long- temps pour a
parvenir jufqu'à ces cercles y l'orbite de quelques-autres eft «
tellement fituée fous \qs pôles , que fa circonférence efl toute ««
entière hors de l'étendue du plan des mêmes cercles /c) : »
première erreur d'Hévélius. On a calculé l'orbite de toutes
îes Comètes obfervées avec quelque foin , Ibit par d'autres
Aflronomes, foit par Hévélius lui-même. Il n'efl pas une
feule de ces orbites, dont la circonférence ne coupe l'éclip-
tique en deux points , diamétralement oppofés par rapport
au Soleil , lequel efl toujours placé dans la ligne d'inter-
feélion de l'orbite avec le plan de l'écliptique. Je ne parle
pas de l'équateur: ce cercle n'exifle que fur Terre. Hévélius,
difciple éclairé de Copernic, ne reconnoiiïbit pas fans doute
d'équateur célefle, auquel on pût rapporter les mouvemens
des Planètes.
Dans le fécond Livre , Hévélius prouve très-bien que la
Comète de 1652 étoit plus élevée que la Lune.
Le troifième Livre eH: employé à démontrer la même vérité,
par le défaut ou du moins par la petitefle de la parallaxe de
la Comète.
Le quatrième contient une très - bonne méthode , par
laquelle un feul Obfervateur peut s'alTurer chaque jour de la
parallaxe d'une Comète.
Cette méthode eft appliquée à la Comète de 16^2, dans
le cinquième Livre.
Dans le fixième, Hévélius traite de la grandeur de fa
tête & de la queue de cette Comète , de fa couleur , de fa
lumière , &:c. La grandeur abfolue de la tête & de la queue
de la Comète dépend de deux élémens , de la grandeur
(£j Page /^j,
^v
r24 DocTntNE des Philosophes
apparente obfervée, & de la diftanee vraie de la Comète à
la Terre , conclue de la parallaxe. Or Hévéiius n'a pu déter-
miner CQS deux élémens avec préciiîon. Les méthodes qu'if
a employées pour déterminer le lieu de la Comète ne font pas
affez exaétes pour qu'il ait pu en conclure la parallaxe mieux
qu'à quelques fécondes ou même à quelques minutes près :
fes inllrumens d'ailleurs garnis de fimpies pinnules , fans
lunettes, ont été foupçonnés avec raifon d'infuffirance; on en
a. k preuve dans fon Catalogue des Etoiles fixes , lequel ,
ouoique fupérieur à tous ceux qui exiftoient alors, n'elt pas,
cependant exempt de fautes, même très-fenfiblesY«^y'.' enfin
Hévélius n'éîoit pas aiïëz initié dans la icience des réfradioios;
en conféquence, fes erreurs fur la réfradion auront nécefTai-
Eement influé fur ia parallaxe. Ainfi quoique les obfervations'
puiiïënt nous faire connoître affez exaéîemenî la route de
la Comète , elles ne font pas cependant aifez précités pour
que l'on puiiTe en conclure fa parallaxe & fa vraie diftance
à la Terre par la méthode d'Hévélius, On peut trouver cette
difiance avec affez de précifion, &: en déduire, fi l'on veut,
la parallaxe de ia Comète en employant la méthode de
Newton. Mais alors on trouvera qu'Hévélius s'efl trompé
dans les diftances qu'il a déterminées. 11 n'a pas pu mieux
rencontrer dans ks prétendues obfervations de la grandeur
apparente de la tête de la- Comète. 11 ne diftinguoit pas aflez
3e noyau de la Comète de l'atmofjphère ou chevelure qui
i'environiîe : d'ailleurs il n'avoit point encore de micromètre,
Hévélius ne pouvoit donc eflimer avec une précifion fuffifante
aucun des deux élémens , dont la connoiffance efî néceffaire
pour déterminer la grandeur abfolue de la tête de la Comète.
;fd) En 1679, Halîey, â^é de
vîngl-cinq ans, rendit vifite à Hévé-
îius j & voulut s'afCurtr par lui-même
xîe la fiifteffe de (ts, inllrumens. ils
©hfervèrent enfemble : \ts inflrumens
d'HalIty étoient montés avec des
lunettes ou téltTccipes; ceux d'Hévé-
iiiisitoient garnis (ie limples pinnuies.
Les obferva'tions s'accordèrent , félon
le témoignage d'Halley ; mais fi cela
eil , pourquoi le Catalogue d 'Hévé-
lius cfi: - il fi peu ex a (51 î Comment
accorder cela î en difant qu'Hévélius
avec fes pinnules, atteignoit quelque-
fois la précifion; mw Ce fuççéâ deYOJÎ
être aifez xare<
s V K L E s Comètes» 125
^Ainfî lorfque Hévéli'js nous dit que la grandeur apparente
de la Comète diminuoit de jour en jour , parce qu'elle
s'éloignoit de la Terre , nous convenons volontiers de cette
vérité ; lorfque fondé fur les prétendues oblèrvations , if
ajoute que la grandeur abfolue de la Comète augmentoit
réellement tous les jours , nous nous croyons autorife's à nier
ini fait que nous avons démontré n'être appuyé ilir aucun
fondement légitime.
Dans ce même Livre , Kévélius prétend que l'on vit
mille variations dans la tête & dans la queue d^s Comètes
de 1652 & de 1661 ; que félon le P. Cyfat le noyau de
celle de i.^ i 8 parut le 8 Décembre fe diviier en trois ou quatre
autres plus petits, & que le 20 Décembre la tête refîembloit
à un amas de petites Etoiles. Le témoignage de Cyfat efi:
confirmé par ceux de Scheiner , de Wendelin , & de quelques
autres Affronomes. Je ne nierai point d.Qs faits attelles par
d'habiles Aftronomes, témoins oculaires de ce qu'ils avancent.
Mais je demanderai quelles confequences on prétend tirer
de ces obfervations ! Elles démontrent, dit-on , que le corps
ou le noyau d^s Comètes eft fujet à des variations réelles*
Par un raifonnement fembkbk les Agronomes de la Lune,
s'il y en a , ne manquent point fans doute de démontrer
dans leurs Ecrits que la Terre ell fujett€ à d^s variations
jéeiles.- Car je ne doute pas que l'i-négalité de denfiîé de
notre atmo/phère , i'inconitance de la tranfparence, i'irrégu-
iarité de la génération 6c: du mouvement de iios nuages ne
donne aux Obfervateurs de ce pays -là les mêmes Ipeélacles
que les Comètes de 161 8, de 1652 &- de 1661 ont offerts
a ceux <|ui \es ont obfervés. Les Aflrononies de la Lune
auroient cependant grand tort de décider que notre Terre efl
©rdinairement divifée en plufieurs petites Terres , dont le-
nombre, la grolîèur , la figure feroient fournis à d^s variations
continuelles. Qu'il me (oit donc permis de ne point admettre
k conclufion d'Hévélius, jufqu'à ce qu'elle fe trouve confirmée
par des obfervations plus décifives. On efl: attentif depuis
,56.80 : fur quarante Comètes obfervées depuis cette anoée.
«s
126 Doctrine des Philosophes
ii ne s'en efl préfenté aucune qui ait pu faire foupçonner
ia vérité de l'opinion d'Hévéiius.
Le fèptième Livre de ia Cométographle d'Hévéiius , traite
de ia génération , de ia matière , de ia forme , des propriétés
Se de la diffolution des Comètes. Pour expliquer toute cette
doétrine , je procéderai par ordre , &. je n'empioîrai que les
propres expreffions d'Hévéiius fideilement traduites.
La première caufe de la génération des Comètes efl; Dieu.
Hévélius n'aura point ici de contradideurs. La féconde efl
difficile à découvrir. On l'a défignée par différens noms : on
l'a appelée ame du monde , efprit , forme intrinsèque , qualité
occulte , vertu magnétique , propriété ejjentielle , faculté
végétative , ér'c. Au relie , la dénomination de cette caufè
doit être allez indifférente, pourvu qu'on reconnoiffe que
c'eft une faculté naturelle & innée, par la force de laquelle
les corps célefles rejettent , repouffent, condenfent, raréfient,
diffjpent , diffolvent , attirent , opèrent tout. C'efl cette vertu
qui , dans f intérieur & fur la circonférence de la Terre ,
produit les métaux, les arbres & \qs plantes, qui chafîè les
çxhalaifons , &c. C'eft cette même vertu qui engendre les
Comètes & les nouvelles Étoiles (e), Hévélius venoit de
reconnoître qu'il ne devoit pas fuffire à un Phyficien de
recourir à ia première caufe : nos Phyficiens ne fe perfua-
deront-ils pas qu'il auroit mieux fait de paffer la féconde
fous filence \
Les Comètes font dans i'éther , & non point dans cet aîr
crafî'e que nous refpirons : elles doivent donc être formées
d'une matière éthérée. La Lune , le Soleil , les Planètes , les
Étoiles même ont probablement une atmolphère analogue
à celle de la Terre (f). Par leur propriété effentielle , les
Planètes , pour purger leurs corps , rejettent continuellement
-dans leur atmofphère les exhalaifons qui pourroient leur nuire,
Les plus craffes d'entre ces exhalaifons s'écartent peu du corps
(e) Page j^i.
SUR LES Comètes. i 27
de îa Planète qui \ts a produites ; elles forment nos nuages
& les taches du Soleil : elles fe diffolventenfuite, & retournent
à la fource qui les avoit formées. Les plus fubtiles ne diffèrent
de ces premières, qu'en tant qu'elles peuvent s'élever plus
haut, atteindre la furface extérieure de i'atmofphère , & aller
même au-delà. Alors il peut arriver que cette matière s'atténue;
mais fes parties \ts plus graffes & les plus tenaces peuvent
aufîi s'épaiffir Se s'unir , de manière que piufieursexhalaifons,
plufieurs nuages célefles fe condenient en une feule nuée plus
îolide, en un lëul corps , en un feul noyau. Car cette matière,
ainfi que nos vapeurs terrefires , par une faculté naturelle &
innée , aune inclination marquée à fe condenfer. Il furviendra
d'autres nuages , d'autres corps , d'autres noyaux des atmo-
Iphères voifines , qui fe joindront aux premières. Le tout
formera une malfe furprenanîe , parviendra peu-à-peu à fa.
maturité , acquerra une iolidité capable de réfléchir \qs rayons^
du Soleil; & voilà ce que nous appellerons une Comète (g).
Cette matière eft donc d'abord engendrée par une puifiànce
d'altérer, d'engendrer & de corrompre, qu'il faut reconnoître-
dans tous les corps célefles ; qWq fe condenfe enfuite ; & j.
parce que plus la matière efl denfe, plus elle eft propre au
mouvement , elle commence à fe mouvoir vers Textrémité
du tourbillon de fa Planète. Là , elle entre dans l'éther; qWq
pénètre dans le tourbillon de la Planète voifine , fur-tout fi
elle doit y rencontrer d'autre matière fèmblable, à laquelle
elle fe puiffe unir. Le tout fuit en fon mouvement la déter-
mination de la matière qui domine. La figure en efl; prefque
ronde, à caufe de la tendance d^s parties à l'union; cette
tendance a pour caufe une efpèce de force magnétique.
L'union cependant n'efl pas parfaite , vu la différence des
matières qui compofènt la Comète. Par cette raifon , la
Comète peut être compofée de différens noyaux. Lorfqu'elle
approche du Soleil , elle reçoit ordinairement les plus grands
accroiffemens , parce que les évaporations du Soleil tendent
(g) Pages j 82 èr jSj.
128 Doctrine des Philosophes
fort à la coiideiifation , & cimentent en quelqihe forte celles
qui /ont émanées âiQ?> Planètes. Mais le Soleil , comme tous
les corps céledes, n'expire pas feulement 'i^s exhalaifons , il
les attire auÏÏî , il les fiit revenir en temps convenable ; c'eft
pour cela que la Comète commence à décroître dans k fphère
même du Soleil (h).
II eft déplus à remarquer que la fphère de Saturne contenant
toutes les autres , les Comètes qu'elle engendre peuvent pénétrer
ÏQi fphères de Jupiter , de Mars , de la Terre , &c : mais ies
vapeurs engendrées dans urte fphère inférieure ne peuvent
monter dans les iJDhères fupérieures. En conléquence , \qs
Comètes qui avoient pris des accroiffemens dans les fphères
inférieures à ia Planète génératrice , font obligées de laiffer
ces accroiffemens dans les fphères inférieures : elles doivent
donc diminuer de grandeur en s'écartant du Soleil (i ).
Tei eft le roman inventé par Hévélius fur la nature à^^
Comètes. J'ofe demander s'il en eft uiie feule partie , dont
on puiffe rendre une raifbn phyfique fpécieufè, Hévélius en
a {a.\\s doute aperçu le foible , puifqu'il cherche par - tout à
i'étayer par à^s qualités occultes, par à^s vertus innées, par
des tendances inexplicables. Quel but fe propofoit-il donc en
imaginant un tel fyflème î d'expliquer des faits fur lefquels
il n'avoit pu acquérir afîez de lumières. 11 fe perfuadQit que
ie noyau de ia Comète augmentoit & diminuoit en groffeur
effeéiive & réelle ; nous avons vu qu'il n'appuyoit point ce
fait fur à.Qs obfervations fufîifantes. Il avoit aperçu à^s varia-
tions dans la tête de quelques Comètes : je crois qu'on efl
convenu avec moi qu'il s'étoit un peu trop précipité , en
décidant que ces apparences ne pouvoient s'expliquer autre-
jîient que par à^s variations réelles , dans ie corps même ou
dans le noyau de la Comète. Ces deux fondemens renverfes ,
que devient tout l'édifice du fyflème d'Hévélius! Au refte»
ii \qs principes de fon hypothèfe font foibles, les conféquences
(h) Pages ^Sj ù- j^^,
(i) Pages jU àr fif-
<^ui!
SUR LES Comètes.. 129
qii'il en tire ne font pas heureufes. Selon lui , la couleur des
Comètes décèle leur origine; éclatantes, elles doivent leur
exiilence au Soleil ; pâles & livides , elles font engendrées
de Saturne , & aijifi à^s autres : par exemple , les évapora-
tions de Jupiter, de Mercure &: du Soleil, ont contribué à
ia formation de la Comète de i 53 i ; fa couleur approchante
de celle de l'or en fait foi : mais la Comète pâle & livide
de I 607, ne pouvoit avoir été engendrée que par \ts exha-
laiions de Saturne , de Jupiter & de leurs Satellites ( k)^
Lorfqu'Hevélius raifonnoit ainfi , il ignoroit que quelques
années après, \ç:s Anglois démontreroient que ia Comète de
i6oy étoit abfolument la même que celle de 1531: s'il
eût pu le deviner , il n'auroit pas conclu de fon fyllème
qu'il étoit abfolument impoffible de prédire l'apparition des
Comètes (I) .; il n'auroit pas prononcé ii affirinativement que
ia nature des Comètes eft abfolument la même que celle des
taches du Soleil fmj. Celles-ci diminuent en apparence de
grandeur, & dilparoiflent enfin : on conclut que cette dimi-
îiution eft réelle , parce que l'on prouve qu'elles font toujours
fenfiblement à même dillance de i'œil , & qu'on les voit
fouvent diminuer & difparoître dans le temps même qu'elles
nous préfentent leur furface la plus large : on ne peut en
dire autant des Comètes» Enfin Hévélius ne réuffit pas mieux
ioriqu'au huitième Livre il explique les phénomènes des
queues des Comètes , par le pafîàge des rayons du Soleii
entre les différens noyaux qui compofent la tête fnj ; mais
nous traiterons autre part de ce qui concerne les queues des
Comètes : c'efl la matière du huitième Livre de ia Cométor
graphie d'Hévélius.
Dans le neuvième Livre il explique , ou plutôt il s'efforce
d'expliquer le mouvement des Comètes. Un Auteur moderne
/A; Page j s 8.
(l) Page ^2y,
(m) Pages 412. if feq. if alibi pa_Qîm,
^n) Page ^82 if alibi.
Tome L
ïjo Doctrine des Philosophes
vient deffayer de refllifciter fou fyflème fur la nature àits
Comètes. Un autre, diftrait fans doute par ia multitude des
occupations Aftronomiques qu'il remplit avec autant de fuccès
que de zèle, a prétendu que par les lumières d'une Phyfique
très -éclairée pour ce temps -là , Hévélius avoit découvert le
premier que les Comètes décrivoient àç:s paraboles autour
du Soleil; &: qu'on n avoit point rendu judice à fa fagacité,
en voulant partager cette belle découverte entre Newton
& Doërfeil (o). Je remarque d'abord que le vrai fyflème
efl: que ies Comètes ne fe meuvent point dans une para-
bole, mais dans une eliiple extrêmement alongée, quoique,
pour la facilité du calcul , la petite partie de i'ellipiè dans
îaquelle la Comète efî: vifible, puiffe lans grande erreur être
regardée comme une partie de parabole. On convient d'ailleurs
que le Soleil doit être placé au foyer de la parabole ou de
i'ellipfe : ceci pofé, voici la Phyfique d'Hévélius fur le mou-
vement Aqs Comètes.
Hévélius débute par nier le mouvement circulaire & ellip-
tique à^s Comètes, c'eit-à-dire, qu'il commence par fàpper
par le fondement le vrai fyflème de leur mouvement : voici
iç.i> raiions. Le mouvement circulaire ou elliptique ne convient
qu'à àQs 'corps éternels ; or , les Comètes ne font point àç^s
corps éternels (-p). Le mouvement recliligne efl le ieui que
la faine raifon permette de reconnoîire dans à^^ corps fujets
à la diffolution (q) : de plus , le mouvement circulaire &
elliptique appartient aux corps qui font mus dans leur propre
lieu , & le mouvement reéliligne ou prefque reéliiigne , à
ceux qu'une caufe intrinsèque ou extrinsèque fait fortir de
leur lieu (r). On auroit fans doute embarraffé Hévélius, en
le priant d'aiîigner quelque raifon au moins vraïfèmblable
de cette différence. Quoi qu'il en foit , il en conclut que \qs
(o) Vcj'ei le Journal Encyclopédique du 15 Juin 1759 ^ p^g^ ^J'
(p) Paoe j6r.
(q) Page ^62.
(rj Pa^j j6().
SUR LES Comètes. 131
Comètes n'ont point d'autre mouvement que le mouvement
reétiligne; que quand on !eur impiimeroit d'abord un mou-^
vement circuiaire , elles ne pourroient le conferver : ce
mouvement de'généreroit bientôt en ligne droite, ou en une
fedion de parabole ou d'hyperbole (f) très - approchante
de la ligne droite. Ces deux premières raifons d'Hévélius,
fondées fiir fon hypothèfe de la nature à^s Comètes , ne
méritent pas que nous nous y arrêtions. Sa troifième &:
dernière raifon , eft qu'il s'efl: efforcé d'expliquer les phé-
nomènes du mouvement des Comètes , dans la fuppofition
d'une orbite circulaire, & qu'il n'a pu y réuffir fans mul-
tiplier \qs hypothèfes ; mais qu'en admettant une trajeéloire
en ligne droite , tout s'explique fans recourir à d'autre
hypothèle qu'à celle du mouvement de la Terre (t). hes
recherches d'Hévélius n'ont pas fans doute été aifez multi-
pliées : en admettant comme lui le mouvement de la Terre ,
on a parfaitement bien expliqué les mouvemens à^s Comètes
dans une orbite elliptique très- différente de la ligne droite.
Je conviens que \qs phénomènes fe fauvent ordinairement
beaucoup mieux par la fuppofition d'un mouvement re<51î-
iigne, que par celle d'un mouvement circulaire : mais il y
-en a qui profcrivent la ligne droite auffi décifivement que le
cercle; tous s'expliquent dans i'hypothèfe d'une eilipfe , ou
d'une parabole au foyer de laquelle il faut néceifairement
placer le Soleil.
Hévélius conclud donc en faveur du lentiment de Kepler (11):
il décide que les Comètes {e meuvent en ligne droite (x) ^
ou dans une direétion qui ne diffère que très -peu de la
ligne droite (y). Hévélius étoit beaucoup meilleur Agronome
(f) P^g^ jp-o.
(t) Page jpo.
(u) Pages ^88 , if jp j.
(x) Cometœ imllo alio motu quàm
reél'dineo conckantuf , pag. 569, &
en mille autres endroits.
pag. 561; propemodùm reélà traji-'
ciuntur . , , , gaudent hoc unïco motu
ferè reélo , pag. 568; motus eonim
ferè reéîimi œmulatitr , pag. 5 6 9 ;
Cornet a iionnihil a reéîœ linex perfeC'
tmie ex or bi tare videtur , pag. 64.Î |
Pauxdluin tantîim a lineâ recîâ incur-
(y) MotLim propemodùm reâuni} j vatur^ pag, 6S4.; & en une infinité
R il
Î32 Doctrine des Phiiosophes
que Phyficien ; il vit bien que les obfervations ne per-
mettoient pas d'attribuer une route abroiument rediiigne à
quelques Comètes, fur-tout à celles de i 577 & de 1652 :
îi crut en conféquence que la trajeétroire àç:i Comètes , natu-
rellement droite , s'inclinoit , fe courboit un peu vers le
Soleil, par Aç^s raifons que nous expoferons bientôt. La
Comète fe meut régulièrement dans cette trajec^loire , &
décrit des efpaces proportionnels aux temps ,. ou du moins
fies accroiffemens & décroilTemens de fa vite fîe font dans cette
proportion (1). Hévélius propofè un moyen fort ingénieux,
pour déterminer dans cette ïuppofiîion la irajeéloire de la
Comète (a) ; il fait l'application de cette méthode aux
Comètes qui avoient été obfervées jufqu'aîors (h): il le
perfuade avoir aifez bien réuifi dans cette application. Mais.
en premier lieu, pour que cette méthode iatisfït pleinement,,
il feroit peut-être à propos de donner une caufe phylique
de ce mouvement de la Comète : nous verrons bientôt que
\Qi cailles qu'en donne Hévélius , ne font point dictées par
line phyfïque bien éclairée. En iëcond lieu, Hévélius (e met
trop au large en établilîant que la vîteiïe de la Comète, ou
les augmentations & diminutions de cette vitefîe ,, doivent
être proportionnelles aux temps. La Nature, toujours fimple
dans ïçis opérations, femble ne permettre ici qu'une leule
loi, qu'une feule proportion toujours confiante, toujours
uniforme par rapport à toutes les Comètes. En le contentant
d'une proportion quelconque en général , entre les efpaces
parcourus & \^s temps, on peut quelquefois trouver pkifieurs
îrajeéloires d'une même Comète r ainfi Hévéh'us lui-même
a calculé la Comète de 1 472 dans une trajeéloire reéliiigne (c);
& de plus, il convient que de toutes les Comètes oblervées
jufqu'au temps auquel il écrivoit , les Comètes de i 577 &
d'autres endroits. Ceft donc avec
raifcin que Grégori , dans Tes Elé-
mcns d'Afîronomie phyfïque & géo-
mérrique j lib. V ,Jeéi 1, prop. il , met
Hévélius au nombre des panifans du
mouvement redlîîgne àc% Comètes.
(l) Page <,^4, n." ^.
(a) Paoe.^gz i" ftq.
(b) Pages ^g2, 602 àr féqi
(cj Page 6q2>
s U R L E s C 0 M è T E s. Ijj
'de 1^52 fe refiifoient feules à cette hypothèfe (A). On peut
fans doute les calculer toutes dans l'orbite un peu courbée
d'Hévélius. Haliey les a toutes calculées fort exactement dans
i^ne orbite elliptique ou paraboliqiie dont le Soleil occupe
Je foyer : enfin Caffini en a ailreint quelques - unes à une
orbite circulaire très-excentrique à la Terre. Voiià donc quatre
orbites diâérentes adaptées aux. mêmes Comètes ^ il l'on ne
cherche dans la Nature une loi qui fixe irrévocablement la
proportion qui doit régner entre les vîlefTes àts Comètes,
& les efpaces qu'elles parcourent. En troifième lieu , l'hypo-
thèiè d'Hévélius , même avec la liberté qu'il ie donne , n@
fatisfait point encore aux obfervations : elle aidera tout au
plus à repréfenter le cours de la Comète vers le milieu de
(on apparition; vers le commencement & vers la £n , c@
cours ell fujeî à Ats irrégularités apparentes, fuites néceflaires
du fyftème de Newton, mais qu'Hévélius ne peut expliquer j,.
qu'en admettant des irrégularités réelles dans le. mouvement
Je la Comète. Selon lui, la Comète, au commencement de
fon apparition ou de ion exiftence, eft détournée du chemin,
qu'elle devroit tenir , par l'acceffion des différens noyaux-
ou portions qui s'uniflent à elle au fortir de fon atmolphère
génératrice : une railbn contraire lui fait fubir de fembîables
déviations , lorfqu'eile eft fur le point de fe diiïbudre (e),.
Je ne penfe donc point qu'Hévélius ait aufli-bien réufîi qu'il
fei'imaginoit, dans l'application de. fa méthode aux Comètes
©bfervées jufqu'alors; celle de Newton, dont nous parlerons
bientôt , n'efl fujette à aucun de ces inconvéniens,
Hévélius remarque , avec raifon , qu'on doit attribuer à
des caufes phyfiques , tout mouvement que l'on reconnoît
dans la Nature : il va tenter d'expliquer phyfiquement le
mouvement des Comètes. La vérité feule , pour la plus grande
gloire de Dieu, eft le but qu'il fe propofe; l'autorité humaine
ne lui en a jamais impofé dans l'étude de la Nature. li
(dj Page 6^1^
(e) Pages ^6^_ Ù' jjj.
•!34 Doctrine des Philosophes
exhorte les Ailroiiomes à i'i miter, à ne céder qu'à ies raifaiîs,
s'ils ies jî-igent aflez fortes; ou à approfondir la matière, pour
de'couvrir quelque explication mieux fondée & plus cer-
taine que œile qu'il va expoier ; car il conçoit parfaitement
combien fon e(J3rit eft peu éclairé , pour réfoudre définiti-
vement une quellion fi importante & fi difficile ffj. Après
ce préambule, qui fait honneur à ion cœur & à fa religion,
il' entre en matière.
«c Les exhalaifons d'une Planète , deilinées à former une
3> Comète , tendent à s'écarter de leur centre , & font en
a' même temps emportées circulairement autour de leur Planète
» par la rotation de fon atmolphère. L'inégalité de leur vîîeile ,
» & fur-tout leur tendance naturelle à l'union, les affemble en
M un feul corps , d'autant plus propre au mouvement , qu'il
3ï acquiert plus de malfe. Le mouvement de réceffion de la
3> Planète, combiné avec celui de rotation, produit un mou-
w vement ipiral , par lequel la Comète arrive jufqu'à l'extrémité
*» de la Iphère ou du tourbillon de la Planète qui l'a formée:
as là, n'étant pkis retenue, n'étant plus foumife au mouvement
a> de l'atmolphère de la Planète, elle s'échappe par une ligne
droite , tangente de cette atmolphère ^gj. >^ Nous avons
parlé plus haut des tendances, des qualités innées, qu'Hévélius
reconnoît dans la matière. De plus , Jacques Bernoulli objeèle
à Hévélius que félon cette explication, le plan de la fpirale
que décrit la Comète dans l'atmolphère , & par conféquent
la trajeèloire qu'elle parcourt hors de l'atmolphère de la
Planète génératrice , devroient toujours être parallèles à
i'équateur de la Planète ; ce qui eu. contraire à foblerva-
tion f/ij. Hévélius auroit répondu fans doute que robjeélioiî
jferoit fondée , fi la direèlion du mouvement par lequel k
Comète s'écarte de la Planète , étoit perpendiculaire à l'axe
(g) Page 644 èr feq.
(h) Conameu novi fjyjicm, Cometar, pag. j^ , edkionîs AmJIeI<xdam^^
».n, 1682.
SUR LES Comètes. r^f
de cette Piaiiète; mais comme ce mouvement a pour caufe
la force innée que la Planète a de rejeter [es exhalailons,
ii eft manifeile que fa direélion ne doit pas être perpendi-
culaire à l'axe ou parallèle à i'équateur , mais perpendiculaire à
la furface même de la Planète : ainfi , la Ipiraie que décrit une
Comète n'efl pas toute entière dans un même plan. Hévélius
ie décide aiïez clairement, lorfqu'il projette horizontalement
ies Comètes qui le forment fous I'équateur même ; perpen-
diculairement , celles qui font engendrées fous les pôles ;
©biiquement , celles que la Planète exhale dans les parties
intermédiaires fij. Il y a apparence que Bernoulli w'avoit
point fait attention à ce palfage , lorfqu'il a propofé cette
objeélion : on pourroit en propoler une plus folide. Il fuit
de cette première partie du fyflème d'Hévélius, premiè-
rement , qu'une Comète peut être projetée hors de fou
atmofphère en tout fens : fa îrajeéioire pourra donc ne point
parvenir jufqu'au plan de i'écliptique. Cette conféquence ,
qu'HévéJius admet f kjy eft démentie par toutes les Comètes
■©bièrvées jufqu'à ce jour. Il s'enfuivroit de plus , qu'il arri-
veroit très -rarement que le Soleil fe rencontrerait dans fe
plan de la trajeéloire d'une Comète : il s'y rencontre cependant
toujours ; toutes les obfervations en font foi.
ce Les différentes exhalailbns qui doivent concourir à îa
formation d'une Comiète , c'eft Hévélius qui parle , ne
s'unilfent point en une fphère autour d'un feui centre , mais
autour de pkilieurs centres , pour former plufieurs noyaux :
ces noyaux fe placent les uns à côté des autres ; & de leur
luiion , naît un corps qui n'eil point fjphérique , mais plat
àes deux côtés ; & comme la circonférence ell ordinairement
aiïez ronde , on ne peut mieux déiigner la figure d'une
Cgmète, que par celle d'un palet à jouer. « C'efl ce qu'Hé-
yéiius exprime , en difant que les Comètes font difcïformes (l).-
r 1.
(i) Hevel. Cometogr, pag. 671.
(k) Page 12 y.
(l) Pag. 6^g 17" alibi paffim, Difciforme , efl: un terme originairement:
latin , qui fignifie , fait en forme de difque» de plat ou de palet.
136 Doctrine des Phi losophes
On dira peut-être que fi toutes ces exhaiaifons ont une iî
grande tendance innée à leur union mutuelle , cette union
lèroit beaucoup plus pai'faite, fi elles s'alTembloient en ligure
Iphérique autour d'un feui centré! cela n'efl: pas douteux;
mais H,évélius avoit beloin de cette figure difciforme, pour
en faire le principal appui de fon fydème fur le mouvement
à&s Comètes : on peut juger fi cette feule raifon peut être
mife au nombre des caufes phyfiques.
Les Comètes, dans l'atmofj^hère cie leur Planète génératrice,
tournent toujours une de leurs fuperficies planes vers la Planète :
par-tout ailleurs , elles la préientent directement au Soleil (m),
La caufe.de cette pofitioxi efi bien naturelle., fuivant Hévélius.,
puifqu'elle n'efl; autre qu'une pente naturelle que les taches
du Soleil, les nuages & par conféquent les Comètes, ont à
préfenter leur fuperficie plane au Soleil , ou à la Planète
dans l'atmolphère de laquelle elles ont pris naifiànce (n)^
On pourroit peut-être ioupçonner que la Comète , pénétrant
dans les atmoiphères àç:s autres Planètes , &: y prenant même
à^s accroilTemens fenfibleSj, devroit j[è tourna* au moins en
partie vers cç.s Planètes ; quelque caraétère naturel & inné
y met fans do.ute obfi;acle. Une Comète a pai'u quelquefois
prelque en oppofition avec le Soleil ; elle préfèntoit donc
(à fuperficie plane à la Terre ainfi qu'au Soleil : peu de jours
après , elle ne .nous préfèntoit plus que le tranchant de fbii
difque. La tête ne devoit-elle pas difparoître , ainfi qu'il
arrive en pareille circonfi:ance à l'anneau de Saturne î C'efl
cependantun phénomène dont perfonne n'a été i'obfèrvateur.
Le raouv^ement d'une Comète échappée de l'atmolphère
Je fa Planète , feroit toujours égal & reéliligne , auffi - bien
que celui d'une pierre échappée de la fronde ; mais le mou-
vement de la pierre efl; altéré par la réfillance de l'air & par
l'attraélion de la Terre (0) , laquelle attraélion n'eft autre
(m) Pages é^p if .6^6 if alibi,
(n) Page 6^6 if alibi.
(o ) Quelqu'un ne prétendra-t-il pas en conféquencC; qu'on a tort de
fdlrê honneur à Newton du f/ftème cje l'atlradion \
ehofe
s c/ R LES Comètes, 137
cîiofe qu'une efpèce de Jefir que \çs parties arrachées de la
Terre confervent pour rejoindre leur tout. Des caufes fem-
blables altèrent & fléchilTent le mouvement à^s Comètes :
elles ne le meuvent point dans un vide parfait ; i'éther efl
bien rare, il ed; vrai, mais il réfille. De plus, i'inclinaifoii
du difque de la Comète à fa trajeéloire doit fléchir la
direélion de fon mouvement: foit S, le Soleil, figure j ;
P, une Planète génératrice de la Comète ; P QRT, la
ipirale que la Comète décrit dans Tatmofphère de fa Planète ;
Py, la tangente à cette atmosphère, ou la trajeéloire reéli-
iigne de la Comète, fur laquelle la Comète, en dç.s temp?
déterminés, doit parcourir les efpaces TA, AB, BC,
CD, &c. Le difque de la Comète efl repréfente par \qs
lignes co, co, &c. Selon l'axiome d'Hévélius , les rayons
SA, SB, &c. doivent toujours être perpendiculaires fur
les lignes c o , c o , &c. qui repréfentent le difque ou le plat
de la Comète. Cela pofé, on conçoit premièrement que le
difque c 0 de la Comète ne fe confondra avec la trajeéloire
qu'au feul point H , auquel la perpendiculaire S H 2i\x difque
c 0 , lera en même temps perpendiculaire à la trajeéloire TV^.
On conçoit en fécond lieu que le difque c o de la Comète
fera d'autant plus incliné à la trajeéloire , qu'il fera plus
éloigné du point //. On conçoit ti'oifièmement que plus le
difque fera incliné à la trajeétoire , plus la partie de I'éther
qu'il fera obligé d'écarter fera grande : c'eft ce qu'on peut
comprendre facilement par l'infpeélion des lignes ponctuées
et, ou, marquées fur la figure. Je conciurois de -là que la
Comète trouvant toujours de la réliflance , doit toujours
ralentir fon mouvement ; avec cette différence cependant,
que la réliilance étant plus forte en T 5c en V que vers le
point H , le ralentiffement doit être plus confidérable vers T
& vers V que vers le milieu H: mais je me tromperois
félon Hévéiius ; car on doit concevoir en quatrième lieu
que le mouvement s'accélère depuis T jufqu'en H , & fe
ralentit depuis H juiqu'en K Enfin , il faut concevoir cin-
quièmement , mais fur la feule parole d'Hévélius , que la
Tome L S
Î3B Doctrine des Philosophes
dlfTéreDîe réfifbnce que le difque co éprouve de la part Je
ieîher, fléchit néceiîairement la route de la Comète, & lui
fait décrire la courbe TXV -àu lieu de la droite THV (p).
Je dois à Hévélius la juftice de reconnoître qu il éciairciî
fort ingénieufement celle dernière partie , par l'exemple d'un
Vaiiîèau que le gouvernail détourne de la diredion félon
laquelle il iembieroit être pouilé par \es vents ou par le
courant. Mais on pourra toujours demander fi la réfiflance
de l'éther ne devroit pas plutôt raiïembler , le plus étroitement
qu'il fe pourroit , les parties de la Comète , & par conféquent
leur faire prendre une ligure (phérique. Si l'inclination naturelle
de la Comète pour le Soleil y met obflacle , & exige que
la Comète préfente au Soleil la plus grande furface poifiblej,
cette même pente devroit ce fembie empêcher que l'éther
B'écartât la Comète " du Soleil , en lui faifant décrire la
courbe T XV au lieu de la droite THV» Ne pourroit-oii
pas même dire que l'aélion du Soleil , étant plus forte que
celle de l'éther, devroit attirer la Comète & lui faire décrire
la courbe TYV ou quelqu'autre femblabie , peut-être même
yoe fpirale qui conduiroit la Comète au Soleil par une caule
analogue à celle qui, par un mouvement pareillement Ipiral y.
î'écartoit de fa Planète génératrice !
La îraje(51oire d'une Comète étant décidée curviligne , il
s'agit maintenant de déterminer quelle efpèce de courbure li
faut lui attribuer. Ici Hévélius ne le fonde point fur \qs
obfervations ^ mais fur le raifonnement leuL « Un boulet de
5> canon y dit -il, tous les projeéliles^. les eaux hydrauliques,
î3 les feux d'artifices, les météores fabiunaires, en un mot tous
M les corps terrellres affeélenî le mouvement parabolique. La
w raifon en ell maniieile» On doit diilinguer deux, mouvemens
13 dans un projeélile. Le premier eft violent, ou forcé; il efl
55 communiqué par la main , ou par le canon qui lance le
li projeélile ^ il eil toujours reéliligne. Le fécond mouvement
» efl; naturel ; fa caufe eit la pefanieur du projeélile , ou la
(p) Toute ceît^ expofition efl «(traite dthpage 6^4 & fulvantes.
Tom. 1. PcLJ^ J^^^-
li^.
I.
e
F,;ff.E.
M A
F^.m.
4^ — 9^
H
û c
Y
SUR LES Comètes. 139
pente , par l'inftinét de laquelle tout corps fe'paré de la Terre «
tend à s'y réunir comme à ion but. De la combinaifon de £c
ces deux mouvemens , ii naît un mouvement paraboiique. «
ïi en efl de même à^s Comètes. Le mouvement par lequel «
elles s'échappent de i'atmofphère de leur Planète génératrice , «
eft un mouvement forcé , un mouvement violent , un mou- «
vement qui devroit être toujours reéliligne. Le mouvement «
naturel s'oppofe à cette direction. Une Comète , il efl: vrai , ce
n'a point de pefanteur ; mais elle a une tendance qui équivaut «
à la pefanteur. Cette tendance a pour objet le Soleil , comme «
centre du monde, & les orbites d^s Planètes , comme circon- «
férence de ce centre. Par rinfl;in(?t de ce penchant , la Comète ce
prélènte toujours une de (gs fùrfaces planes au Soleil , & ce
l'autre aux orbites des Planètes. Ainfi l'aiguille aimantée fè «
dirige vers les deux pôles du monde ; ainfi le fer tend à e
s'approcher de l'aimant. Et voilà la caufe du mouvement «
par^rbolique àts Comètes ( q) ''^*
Je vois bien dans cet expofé d'Hévélius une caufè d'un
mouvement compofé ; mais non pas celle d'un mouvement
parabolique. Pour produire un tel mouvement, il ne fuffit
pas que deux caufes agiifent fur un même corps : il eft
nécelîaire qu'elles agiflent félon une loi déterminée & toujours
confiante , que l'une agiffe uniformément , & que l'autre
accélère fon mouvement dans la proportion à^s nombres
impairs , 1,3, 5 , 7 , &c. Il paroît que cette loi n'étoit
point connue d'Hévéiius.
Mais , dira-t-on peut-être , Hévéliusa le premier découvert
que le mouvement à^s Comètes efl; parabolique. Je nie
qu'Hévéiius ait fait aucune découverte à ce fujet. Le mou-
vement qu'il attribue aux Comètes efl abfolument différent
de leur véritable mouvement,
i.° Selon Hévélius, le mouvement parabolique efl le vrai
( q) Tout ceci efl; un extrait fidèle de ce que dit Hévélius à \2ipa^e 6^^,
666 <Ù^ fuivantes , page 6/ S if juivanUs , i7c,
S i;
140 Doctrine des Philosophes
mouvement des Comètes : félon la vérité , les Comètes iê
meuvent dans des eliipfes.
2,.° Hévélius croit que ia trajecl:oire de quelques Comètes
ne touche point! eciiptique, la vérité eft que ies orbites de toutes
les Comètes coupent i'éclipîîque en deux points , & qu'une ligne
tiiée d'un de cqs points à l'autre pafle par le centre du Soleil.
3." Hévélius difiingue plufieurs elpèces de paraboles ^/•y' r
il n'y en a qu'une feule : car Hévélius ne penioit pas fans
doute aux paraboles de plufieurs degrés ; & celles-ci d'ailleurs
font ablolument étrangères au vrai lyftème des Comètes.
4." Dans ia penfée d'Fïévélius , la partie de parabole que
décrit une Comète , approche extrêmement de la ligne droite ,
qWq ne peut sqw écarter que d'un degré ou de deux tout
au plus (f) : les obfervations nous ont convaincus que les
Comètes , dans le temps ieul de leur apparition , décrivoient
fouvent àes arcs plus courbés que le cercle.
5.° Hévélius décide même que la trajeéloire des Comètes ,
qui approchent le plus près du Soleil, eii hyperbolique ^/•y' /
nous examinerons autre part fi l'orbite des Comètes peut
devenir hyperbolique ; f[ cela efl poffible , au moins c'efl:
indépendamment de la diftance de la Comète au Soleil.
6." Pîévélius, de ce qu'il juge \ts Comètes plus grandes
& moins denfes dans leur génération & vers leur difîolution ,
conclut que leur vîtelîë n'eit pas la même, à égales diflances
du périhélie ; & que leur plus grande vîteïlè ne concourt
pas toujours précifément avec leur palfage par le périhélie,
ou par le fommet de la parabole : il lui ièmble donc qu'il y
auroit ici lieu à quelque proiiaphérèfe (u) ou équation, li
ajoute cependant que cette équation eil vraifemblablemenî
trop petite pour être facilement obfervée (x). En effet,, [qs
(r) Pages 68^ if 68^.
(f) ibrd.
(t) Page 6P4. .
( u ) LoiTque l'on a trouvé le
mouvement d'une Comète ou d'une
Planète ; fclon une certaine loi ^ &
que l'on fait que ce mouvement n'efl
pas encore parfaitement tXc\S. , on
appelle Prcjtapliérêfe la quantité qu'ii
faut lui ajouter , ou qu'il faut en
retrancher pour le rendre tel q^u'il
doit véritablement cîre.
(xj Page 6yj.
SUR LES Comètes. \^a-
©bfervations ies plus exaéles des Comètes depuis Hévélius j
ont toujours déterminé la plus grande vîtelFe des Comètes
au paiïage par le périhélie , & d^s vîîedes égales à des dif-
tances égales du Soleil.
7.° Hévélius trouve que la Comète de 1472 a été
direéle fyj : elle étoit rétrograde.
8.° La méthode d'Hévéiius lui fait placer le pafîàge de
ia Comète de 1532 par fon périhélie , vers la fin de Sep^
îembre (1) : qWq n'y a palîé que le 20 Octobre au matin.
Le dixième Livre d'Hévéiius regarde ia Comète de i 66 1 :
il rapporte les obiervations qu'il en a faites; il les adapte à
fon fyflème. Je ne vois rien autre chofe à remarquer dans
ce Livre, finon qu'il le commence par nous apprendre qu'il
ne rejette pas abfokiment tout ce que les Aftroiogues difent
des influences des Aflres; qu'il croit que les différens alpeéls
des Planètes , foit entre elles , foit avec les Etoiles fixes ,
peuvent influer fur les corps fubiunaires : mais il laiiîè à
d'autres le foin d'examiner plus attentivement quels peuvent
être les effets de ces influences (û). îl établit le palîage de
iîi Comète par fon périhélie vers le i 6 de Février (b) ;
Qlle y avoit paffé dhs le 27 Janvier avant midi.
Dans le Livre onzième , Hévélius traite du cours des
Comètes de 1664 &: 166 y. il l'explique félon fa théorie,
îl renvoie les obiervations à fon Précurfeur Cométique, &
à fa delcriplion de la Comète de 166 y
Enfin le douzième Livre contient une hiftoire générale
de toutes les Comètes qui ont paru depuis le commen-
cement du Monde juiqu'à l'an 1665 : nous en parlerons
dans ia Partie fui vante.
Hévélius a obfervé les Comètes de 1672 & de 1677:
îl en a accommodé ies phénomènes à fon fvflème. Ses
(y) E^^g^ <5'<?g, Voye'^ auffi ia planche qui précède cette page,
(l) Ibid.
(a) Page yi S,
(b) Page 7^/,
142 Doctrine des Philosophes
obfervations , Tes calculs & fa théorie fur ces deux Comètes,
font la matière de deux petits Ouvrages en forme de lettres,
qu'il publia dans ces mêmes années.
Quel chagrin pour un Aftronome auiîi zélé qu'Hévélius,
de n'avoir pu obferver la grande Comète de idSo ! Il la
fui vit autant qu'il put entre les Étoiles fixes : il marquoit fur
un globe à peu -près le lieu qu'elle occupoit dans le Ciel.
Sqs inftrumens avoient été coniumés parle feu; il n'en avoit
point encore de fuffifans pour déterminer plus exaètement
le lieu de la Comète. Il la vit dhs \qs premiers jours de
Décembre , avant qu'elle le plongeât dans \qs rayons du
Soleil. Il prédit qu'elle reparoîtroit : c'efl lui - même qui
nous apprend cette anecdote ( c ). C'étoit en effet une coiv
jfequence du fyflème d'Hévélius , que la Comète devoit
reparoître ; mais je crois pouvoir avancer qu'Hévéiius la
revit où il ne i'attendoit pas. Son filence fur le lieu où elle
devoit , félon lui , reparoître , pourroit même fervir de
preuve : au refle , le grand âge d'Hévélius ne lui permettoit
point de retoucher fa théorie.
Il obferva plus exaélement les Comètes de i d8 2 & de
1683 : de nouveaux inflrumens lui en procurèrent la facilité.
Le noyau de celle de 1682 lui parut très- éclatant. Il le vit,
ou il crut le voir formé comme en efpèce de crochet (d) :
fi on ne veut point attribuer cette apparence à quelque défaut
de la lunette dont Hévélius fe fervoit; on peut l'expliquer
par quelque changement dans i'atmofphère de la Comète.
Tels font les travaux d'Hévélius au fujet des Comètes.
J'en conclus, ainfi que de ks autres Ouvrages, qu'il étoit
un excellent Aftronome, un calculateur zélé & intelligent,
un appréciateur exaél des mouvemens céleftes : mais je ne
crois pas qu'il puiffe paffer pour un Phyficien éclairé : je me
perfuade encore moins qu'on puiffe revendiquer en fa faveur
îa moindre partie du fyfième de Newton.
CcJ Hevelii annus Cliinaéîer. pag, 107.
(.4) lUd,
SUR LES Comètes. 143
HévéOiis a eu peu de lec^lateurs. La plus grande partie
àts Afb'onomes fe partagèrent entre les fyftèmes de Caffini
ôc de Newton : les Phiiofophes Cartéilens fuivoient pour la
plupart l'opinion de Defcartes : celle d'Hévéiius ne paroît
avoir été embralfée que par quelques Mathématiciens Alle-
mands. Jean Chriilophe Sturm , célèbre ProfelTeur de
Mathématiques & de Phyfique dans l'Uni verfité d'Altdorf ,
ia regarde comme la plus vrailèmblable de toutes (e).
Deux ans avant l'impreffion de la Cométographie d'Hé-
véiius , Vincent Mut , dans un Ecrit fur les Comètes, imprimé
à Majorque en 1666 , avoit décidé que la trajeéloire de la
Comète de 1664 n'avoiî pas été parfaitement reéliligne ;
qu'on devoit la fuppoler un peu fléchie dans une direction
parabolique , iï on vouloit expliquer comment la Comète ,
par Ton mouvement apparent , avoit pu parcourir prefque
un demi-cercle entier , contre l'ordre des fignes.
Doërfell , dont nous parlerons bientôt , femble avoir bâti
fur le fondement d'Hévéiius.
CHAPITRE î X.- .
Grande Comète de 1680: Doërfell en explique les
mouvemens d'une manière fatisfaifante, Sj'ftème de
Newton; Calculs iT' prédidion d'Halky; Travail
de Claïrauî.
v_JoDEFROi KiRCH, célèbre Aftronome Saxon , obferva
le premier la belle Comète de i 68 o. Mars & la Lune étoient
\^h feuls objets de {qs recherches ; le 1 4 Novembre , au matin ,.
une Comète attira ies regards ; il détermina fon lieu dans le
Ciel ; il continua de l'obferver les jours fuivans à Cobourg;
en Saxe» Doërfell i'obferva à Plaven dans le Voimland^
l&) Conutarum natura^. motus Ù^ or'i^ ,. édita Aàdorfi ^. an. lôSl
744 Doctrine des Philosophes
Hévélius Ja vit feulement à Dantzick, vers les premiers jours
de Décembre ; elie reffembloit d'abord à un nudge blanchâtre :
on n'y voyoit point de noyau : mais on la diftinguoit diffi-
cilement , à caufe du crépulcule. La Comète fe retiroit tous
les jours vers le Sud : elle s'approchoit du Soleil : elle fe perdit
dans les rayons vers le j de Décembre.
Le 2 2 du même mois , au foir , CaHini à Paris , Flamlléed
à Gréenwich , & les jours fuivans tous les Aftronomes virent
fortir àes rayons du Soleil une àQs plus grandes , une àQS
plus éclatantes Comètes que l'on ait vue. Sa route étoit vers le
Nord : elle fut obfervée jufque vers i'équinoxe du printemps,
La plupart des Aftronomes fe perfuadèrent que cette Comète
ne difîéroit point de celle que l'on avoit vue au mois de
Novembre & au commencement de Décembre. Il eft vrai
qu'on ne pouvoit la regarder comme la même , fans recon-
iioîîre que Ion orbite s'étoit .extrêmement courbée vers fon
périhélie. Auffi i'illuflre Caffini , & tous ceux dont les opinions
ne s'accommodoient pas avec cette grande courbure à^s
orbites cométaires , décidèrent qu'il avoit paru deux Comètes
différentes. Hévélius ne reconnut qu'une feule Comète; mais
il ne jugea pas à propos d'y appliquer fa théorie, comme ii
l'avoit lait à toutes les Comètes précédentes ; ou , s'il le fit ,
il ne dut pas s'applaudir du fuccès. Les autres effayèrent
d'inventer différentes hypothèfes , pour rendre raifon de cette
courbure extraordinaire.
George -Samuel Doërfell , Miniflre à Plaven dans le
Voigtland , en haute Saxe, fit imprimer , àhs l'an 1681,
Ïqs obfervations fur cette Comète , depuis le 2 Décembre
jufqu'au I o Février. Aux obfervations il ajoute des queftions
dans lefquelles il fe propofe de corriger la théorie des
Comètes enfeignée par Hévélius , dont il paroît d'ailleurs
grand admirateur. Je m'étonne qu'Hévélius , dans fon Année
Climatérique , imprimée quatre ans après, ne parle point
d'un Difciple qui devoit lui faire tant d'honneur. DoérfelJ,
,par la combinaifon d^s obfervations faites fur \es apparences
4e la Comète, prouve îrès-judlciçufement « qu'il n'en a paru
qu'une ;
SUR LES C 0 M È.T E S, 14^
qu'une ; &. comme Ton mouvement ne pouvoit être expliqué «
par aucune des hypothèfes inventées jufqu'aiors (a) ; il affirma <«
pofitivement que l'orbite étoit parabolique ; & plaça le Soleil «
au foyer de cette parabole, attribuant une fèmbiable orbite «
à toutes les Comètes. Or comme il n'avoit encore, ni ne «
pouvoit avoir auçuîie connoiflànce de l'Ouvrage de Newton «
(qui ne fut imprimé pour la première fois qu'en 1686), ««
on ne fauroit lui contefter , fmon la primauté , du moins «
l'égalité d'invention »>. C'eil la décifion du Secrétaire de
l'Académie de Berlin ( bj.
Tous \qs Auteurs qui parlent de Doërfeil, s'uniflent pour
rendre juilice aux connoiiïances, à l'intelligence , à la fagacité
decet Aflro.ome. Mais quelques-uns n'ouirent-ils pas un peu
\qs louanges qu'ils donnent à la découverte! Selon Whiflon,
la Théorie Newtonienne àçs Comètes devroit plutôt être
appelée Doërfellienne (c). i Ceci me paroît un peu exceffifL
Comparons i^s fyflèmes de l'un «Se de l'autre. Selon Newton ,
les Comètes iont auffi anciennes que le monde , elles font
de vraies Planètes ; il paroît que Doërfeil , à ce fujet , ne
penloit pas autrement qu'Hévélius, Doërfeil a trouvé que les
mouvemens d^s Comètes n'étoient pas bien repréfèntés par
les autres fyllèmes ; il a trouvé que la parabole feule, au
foyer de laquelle efl le Soleil , pouvoit en fournir une
explication laîisfaifante. Il efl; vrai que cette hypothèie de
la parabole luffit aux obfervations Aflronomiques ; & fous ce
titre, Doërfeil mérite [qs plus grands éloges : mais fuffit-eik
également du côté des loix de la Phylique! Selon Newton,
i'orbite des Comètes efl: elliptique : on peut feulement la
fuppofer parabolique vers fon fommet , pour faciliter le
calcule Si l'on eût demandé à Doërfeil pourquoi les Comètes
(a) Ce font les termes de l'Auteur
de Ihiftoire de l'Académie de Berlin
( apparemment M. Jariges , alors
Secrétaire perpétuel de cette Aca-
démie ) , dans le l.'^^' Vol. des Mé-
moires , an. ly^^ , ycig. ^8- N'ayant
pas l'Ouvrage même de Doërfeil , ]t
fuis obligé de m'en rapporter à des
autorités étrangères.
(b) Ibid.
( c ) Afironomicâl Principes of
Religion naturai and reveal'd.
Tome L T
146 Doctrine des Philosophes
fe meuvent dans une parabole, la queftion l'aurciî fans doute
embarrafle : Newton leur donne, dans une ellipfe, un mou-
vement qui fuit néçeflairement des loix générales de l'Univers,
îl y a plus ; Doërfell n'a point déterminé ia quantité du
mouvement de chaque Comète dans ia parabole ; c'eil-à-
dire , en quelle proportion ce mouvement pouvoit s'accélérer
& fe ralentir : Newton n'a rien iaiffé à defirer fur cette
matière. En un mot, Doërfell a deviné une partie; Newton
a trouvé & démontré le îont. Qu'on me permette la corn-
paraifon fuivante ; je crois qu'on la trouvera jufte» On fàvoiî
en général qu'il exiftoit une Kîe ; on defiroit ardemment de
coniioître le chemin qui pouvoit y conduire. Piufieurs Navi-
gateurs avoient entrepris cette recherche : l'un avoit vogué
vers l'Orient, l'autre vers l'Occident, un troifième vers le
Nord, plulieurs dans (\q$ direélions intermédiaires , tous an
gré de la mer & des vents , & comme au hafard. Le chemin
de l'îie étoit auffi inconnu qu'auparavant. Doërfell dit t
Toutes ces recherches ont été inutiles .* voguei au Midi , à",
vous trouverei l'île dejirée i il elîaye le premier ; fait le
trajet ;, & découvre l'île , mais làns y aborder. Newton n'a
aucune connoiflance du voyage de Doërfell, à l'aide d'un
excellent télefcope , il voit l'île de loin , elle ell fituée à deux
degrés & demi du Sud vers l'Etl : il découvre le fecret de
l'aiguille aimantée , &: celui d'obier ver les latitudes & les
longitudes fur mer : il inilruit les Navigateurs de îes décou-
vertes : il leur dit de partir avec confiance : il dirige lui-
même leur marche. On arrive à l'île ; & le fuccès a toujours
couronné depuis les tentatives de ceux qui ont entrepris de
femblables voyages. Je demande à qui ,, de Doërfell ou de
Newton j on aura plus d'obligation de la découverte du
chemin qui conduit à cette île ; l'application efl facile à faire.
Le Secrétaire de l'Académie de Berlin ajoute à ce qu'il
a dit plus haut au fujet de Doërfell (d), « Sa Dilfertaîion
auroit bien mérité d'être traduite en d'autres Langues ,. & de
(d) Au lieu cité ci-defTus^ p^^ss ^8 (if ^p,
SUR LES Comètes, ï^j
parvenu* à la connoiffance des autres Nations ». Je Ibufcris
à ce jugement, d'autant plus que Struyck, dont les fentimens
fur Doërfell font entièrement conformes aux miens, a conclu
de ia ledure de fon Ouvrage , que Doërfell étoit très-habile
dans la fcience du Ciel fej. «En effet, outre cette grande
découverte ; cette Diiïèrtation renferme des obfervations «*
très-exaétes fur cette Comète, lefquelles, malgré le défaut ««^
d'inflrumens bien convenables , peuvent être employées avec «
beaucoup de fruit à déterminer plus précifément l'orbite de <«
ia fufdite Comète ". Struyck rapporte les obfervations de
Doërfell : elles ne font pas aiiffi précifes que le Secrétaire
de l'Académie de Berlin le fuppofe ; elles font fort inférieures
à celles de Kirch , de Flamftéed , de Caffmi & de plufieurs
autres. Le défaut d'inftrumens le répare difficilement. « Sur-
tout les obfervations faites avant qu'elle arrivât au périhélie, «
font infiniment dignes d'attention , puifque Newton lui- «
même n'a pu en recueillir par rapport à ce temps-là que de *
fort groffières , & fouvent fautives de plus d'un degré ».
Les obfervations de Kirch , faites long -temps avant celles de
Doërfell , pafferont toujours pour plus utiles & plus exaéles
que celles-ci. «Enfin, quoique cette Comète n'eût aucune
parallaxe fenfible , & que l'on ne connût point encore de «
théorie propre à déterminer fa dillance de la Terre , cet «
Auteur a trouvé des raiions très - fubtiles , par lefquelles il a «
fuppléé très-heureufement à ces défauts ; & il a décrit fi exac- «
tement la parabole , fuivant laquelle cette Comète fe mouvoit, «f
qu'elle s'éloigne fort peu de celle que Newton lui a affignée».
La parabole décrite par Doërfell eftïi peu exaéle, &fi différente
de celle de Newton , que la moindre diftance de ia Comète
au Soleil, qui, félon Newton, n'eff que la cent foixante-
troifième partie de la moyenne diflance du Soleil à la Terre,
en eil: environ la quatorzième partie fejon Doërfell. Cette
différence ne peut provenir que du défaut des obfervations
de Doërfell, ou de l'imperfedion de fa méthode, ou même
(ej Struyck f Vervolg van de Befchriving de)- Staartjîerrev. pag. 4.3.
Ti;
î4;8 Doctrine des Philosophes
de ces Jeux càxi^^s à la fois. Je conclus donc avec Striiyck ,
que Dcèïfeil avoit fait un pas important vers ie vrai fyilème;
mais qu'il n'y elt point parvenu : qu'il ne niériîoit point
i'oubli général où Ton nom fembloit être tombé; mais qu'on
i'en a peut-être retiré avec un peu trop de fracas , & que \ts
éloges accordés à ia mémoire par ie Secrétaire de l'Académie
de Berlin , doivent être modérés li.ir plufieurs articles.
Lorfque la Comète de 1680 parut, le vade génie de
Newton embrafloit l'Univers entier. Phyficien éclairé ,
Géomètre pénétrant, Aftronome inteiligeiit , il renfermoit en
lui feul à^i taiens dont chacun en particulier auroit luffi pour
éîerniler la mémoire de tout autre Philoiophe. L'étendue de
{q^ connoifîances en tout genre l'exemploit de la néceffité
de recourir à des lumières étrangères. Seul il étudioit la
Nature dans la Nature même , il iaifilîoit les moindres lecrets
qu'elle lailîoit échapper , il approfondlifoit les idées , il
combinoit les rapport-. Sublime dans les vues, fimple dans
{'ès principes , profond dans Ïqs recherches , loiide dans les
raifonnemens , rélervé dans i^i conféquences ; un tel homme
étoit fait pour inflruire l'Univers. 11 linilruilit. 11 vit la
marche de la Nature , & n'enleigna point autre chofe. Il ie
repréientoit facilement àç.^ corps tant fluides que folides ;; il
ie \çs iiguroit plus, ou moins grands, (eion la volonté, &
leur pofoit telles limites qu'il jugeoit à propos : mais ii
concevoit nécelTairement de l'efpace au-delà. H n'y avoit que
i'eipace feul auquel la penlée ne pouvoiî afTigner des bornes»
Quelque grand efpace qu'il embralsât dans Ton idée , un
efpace ultérieur fe prélentoit toujours , fans qu'il fût pofiible
de luppofer la fin de I'eipace. C'eft ians doute par une vue
ièmblable que Newton diûingua le corps de I'eipace ou de
l'étendue: i'efpace ou l'étendue e(i, il elt vrai, une propriété
du corps , mais ne le conflitue pas. En effet , ccmme le
remarque un des plus judicieux Philofopiies de l'école (f),
pour que je puiiie alîurer qu'il y a des terres , à^s mers ,
(f) Dagoumer,
SUR LES Comètes, i 49
de i'aîr ou quelqu'autre corps au-delà de Conilantînopie ,
au-deid du Soleil , au - delà de l'Étoile h plus éloignée de
nous, il faut ou que je m'en fois allure par moi-même,
ou que j'y fois autorifé par le rapport de témoins dignes de
foi, ou enfin que je puillë le conclure par des raifoimemens
folides. Mais je ne palferois pas pour fage , û j'entreprenois
im tel voyage, ou fi je me livrois à la moindre application,
pour me convaincre qu'il y a de l'efpace au-delà de ce terme:
je l'y conçois néceflairement ; il exifte donc néceiïairement
Sl indépendamment de tout corps. Ceux qui admettent des
vides légers répandus dans la Nature , conviendront fans
doute que i'elpace efl; différent du corps ; car ces vides,
quelque petits qu'on les iuppofe, iont des eipaces. Les Car-
ttljens rigides n'admettent aucun vide. Dans ce fyflème, il
y a donc autant de matière dans un pied cube d'air que
dans une malTe égale d'eau , de bois , ou même d'or : cela
po(é , il me femble que le bon fens diéle que ces corps
devroient être également maffifs , également durs , égale-
ment pelans. Delcartes a elfayé d'expliquer le mouvement
dans Ion plein abfolu ; la railon décide qu'il y a quelque
im.agination , mais aucune folidité dans Ion explication.
Newton a démontré rigoureufement qu'un corps , projeté
dans le plein, doii avoir perdu tout fon mouvement, iori-
qu'il a parcouru leulement \es deux tiers de ion diamètre: j^y^i
On peut raifonner à peu -près de même contre ceux qui
n'admettent que quelques vides légers répandus dans la
matière. Mais ce qui renverle abloiument les imiiginations
des uns & des autres , c'ell ie mouvement des Comètes.
Pour expii.uer ies mouvemens céleftes , les Cariéiiens (up-
polent que toute la matière éthérée eil emportée autour du
Soleil d'occident en orient, par un mouvement très- rapide.
Les Planètes participent à ce mouvement ; il eil: d'autant
plus précipité, que la Planète ou la matière fluide oii eile
nage eil voiiine du Soleil. Suppofez.une malie quelconque
^gj Principia Mathem, lib, il ^ in fchd^ad ^xo"^. 4.0,
ijo Doctrine des Philosophes
iancée dans ce fluide d'orient en occident, c'eft-à-dire, en
fens contraire au cours de ce torrent : fera-t-ii polTible que
cette mafle conferve Ton mouvement \ ou plutôt , ne fera-t-
elie pas bientôt arrêtée dans fa courfe \ & ne fera-t-eile pas
forcée de retourner en arrière, pour s'accommoder au mou-
vement du fluide dans lequel elle efl: plongée ! C'efl: fans
doute ce que la droite raifon enfeigne. Mais il efl; démontré
par les obfervations , que plufieurs Comètes , &: fur -tout la
célèbre de 1755?, traverfent \^s orbites des Planètes d'orient
en occident, fans qu'aucun fluide s'oppofe à leur marche;
qu'au contraire , leur mouvement s'accélère à proportion de
ieur proximité du Soleil , c'efl:à-dire qu'elles font emportées
d'autant plus rapidement , que le prétendu fluide élhéré met
plus d'obftacle à leur courle : ce fluide n'exifte donc que
dans l'imagination à^s Cartéfiens. Tels font les motifs fur
iefquels Newton fe fonde, pour n'admettre entre le Soleil &
ies Étoiles fixes qu'un efpace , ou abfolument vide , ou du
moins rempli d'une matière fluide très -rare & incapable
d'une réfifl:ance lenfible : il en faut excepter les Planètes &
ieurs atmofphères. Si ce fluide efl; incapable de réfiflance
fenfible, on accordera facilement qu'il efl pareillement inca-
pable d'une aélion fenfible : ce n'eft donc point dans ce
fluide qu'il faut chercher le principe du mouvement à^s
Planètes.
Tout corps en mouvement perfevère en fon mouvement,
s'il n'en efl détourné par quelque obftacle : le mouvement
en ligne droite efl le mouvement le plus fimple. Un corps
mu dans une ligne courbe, tend à s'échapper à chaque inftant
par la tangente de la courbe qu'il décrit : donc , pour qu'un
corps continue à fe mouvoir dans une ligne courbe , il faut
qu'outre la caufe qui l'a mis d'abord en mouvement , il y
en ait une autre qui le retienne dans la ligne courbe , &
i'empêche de s'échapper en ligne droite par la tangente de
la courbe. La caufe du mouvement primitif à^^ corps efl
Dieu feui , lorfque par fa puiffance il a donné l'exiftence
aux corps. Ces axiomes font communs à tous les fyftèmes
SUR LES Comètes. i^i
à\x Monde. On a coutume d'appeler force centrifuge , i'efFort
que fait tout corps mu circulairement pour s'échapper en
iigne droite , & s'éloigner du centre de ion mouvement : la
force qui le rapprochant du centre , le retient dans la ligne
courbe , eft communément appelée force centripète (h).
Tous les corps céleites s'approchent \qs uns dçs autres en
raifon direde de la maiîè du corps vers leqiiel fe fait ie mou-
vement, ôc en raifon inverfe du carré de la diftance qui
fépare \qs corps : j'explique ces termes. Soient deux corps
dont l'un ait dix fois autant de mafle , autant de matière
que l'autre : celui -ci approchera dix fois plus du premier
que le premier n'approchera de lui. Soient trois corps ; le
premier pèfe huit livres, le fécond n'en pèfe qu'une; le îroi-
ïième, quelque foitfon poids, approchera, dans un temps
donné, huit fois plus du premier que du fécond; fa diflance
à ces deux corps étant d'ailleurs fuppofée égale. Voilà la
raifon direéle des mafTes : voici la raifon inverfe du quarré
àes diflances. Un corps efi; à une lieue d'un fécond corps, à
quatre lieues d'un troifième : une fois un eft un ; quatre fois
quatre font feize : le premier corps approchera lëize fois
plus du fécond que du troifième. S'il ell à deux lieues du
fécond , à cinq lieues du troifième ; deux fois deux lieues
font quatre lieues, cinq fois cinq lieues donnent vingt-cinq
lieues : durant le temps que ce corps approchera de vingt-
cinq lieues du fécond , il n'approchera que de quatre lieues
du troifième. J'applique le carré vingt-cinq lieues ( ou toute
autre mefure de diftance ) au corps qui n'eft éîoicrné que
de deux lieues ; & le carré quatre lieues , à celui qui eft
éloigné de cinq : c'ell ce qui conftitue la raifon inverfe. Au
refte le fait que j'avance , que \qs corps s'approchent en cette
proportion, eft prouvé par toutes \qs obfervations , & n'efl
contredit de perfonne. Et voilà tout le myftère de l'attraélion
Newtonienne : voilà la loi générale de la Nature, que hs
(h) Les termes de centrifuge & de centripète font originaîrement latins î
le premier fignme/wV^ du centre / le kçonà ^ tendance au centre^
îji Doctrine DES Phi lus ophes
îgnorans blafphèment parce qu'ils ' ne ia connoillent pas :
voiià cette pi'ctendue qualité occulte , dont le nom feul
paroît , ielon quelques-unij , équivaloir à une démonflration
rigoureufe contre ie fyûème de Newton. Peut -on nier un
fait, une vérité d'obfervation î
Mais, dira-t-on, quelle eft la eau (è de cette tendance des
corps à s'approcher î quelle e(î: la eau le de cette gravitation
iiniverièlîe! Newton a découvert la loi de celte gravitation,
il l'a démontrée , il en a ignoré la caulë , il l'a avoué. Rare
& fublime effort d'un génie qui ne cherche que le vrai ,
qui n'entreprend point de mêler les vifions bizarres de ion
imagination avec \qs eflets certains & confiâtes de la Nature l
Que quelqu'autre génie femblable plus vaite encore , découvre
cette caufe ; Newton lui a déjà prodigué par avance les éloges
que fa découverte méritera. Il n'aura point altéré le iyfième
de Newton , il l'aura amplifié; il ne l'aura point renverlé, ii
l'aura perfeélionné. Car enfin , ii ne faut pas s'imaginer que
ia caufe de la gravitation univerlelle puifle être expliquée au
préjudice du vide, tel que Newton l'admet. Ce vide marche
de pair avec la gravitation ; des faits également décififs
établiifent l'un & l'autre. Il eft vrai qu'en admettant un leî
vide , il pai oît difficile , pour ne rien dire de plus , d'expliquer
les mouvemens des corps célefles par la voie de l'impuifion.
Mais l'impullion efl-eiie abiolument néceliaire pour la com-
munication des mouvemens. La plupart de ceux dont nous
fommes témoins fur Terre, ont manifeftement l'impullion
pour cauie ; c'eli ce qui fait que nous fommes familiarilés
avec l'impuifion , & non avec l'attraélion. Peut-être n ell-ce
^ue faute d'expériences que nous ne concevons pas fi faci-
lement l'attraction, &: que dans un autre ordre d^s choies
nous en aurions une idée bien plus claire (i). Mais fur une
iimple polTibilité , Newton efl trop fage pour établir l'attraélioii
en dogme piiyf îque. Il emploie iouvent ce terme , & je m'en
fervirai à fon exemple; mais il déclare que par ce terme il
( i) Ob peut voir là-deflTus Maupertuis, Figure des AJires, çhap, ii.
n'entend
s U R L E s C 0 M à TES. 15-3
n'entend que la gravitation univerfeiie , de quelque manièj'e
qu'on l'explique, (bit par attracftion , comme il croit qu'il eft
peut-être néceflaire de le faire ; Ibit par impulfion , comme
il defire qu'on réLiffilTe quelque jour à l'expliquer ( kj.
Le vide , ou du moins un milieu non réfillant , & la
gravitation univerfeiie , voilà tout le iyllème de Newton ;
& moyennant ces deux leuls principes , toute la mécanique
de l'Univers efl expliquée. Le milieu ne réfilknt point , les
corps céiefles ne rencontrent aucun obftacle dans leur mou-
vement. L'attraétion retient perpétuellement Ïqs Planètes dans
les elliples qu'elles décrivent , & le Soleil elt néceflairement
placé à l'un ôqs foyers de ces ellipfes. Les deux belles règles
de Kepler, dont nous avons parié au Chapitre VL^ ne lont
■que deux conféquences néceiïaires du lyftème de Newton,
Kepler avoit découvert , par la combinailon à^s mouvement
célefles , que ces deux loix exiftoient : Newton a conclu de
iès principes qu'elles dévoient néceflairement exifler. Il n'ell
aucune inégalité obfervée dans le mouvement dç$ Planètes,
qui ne dépende abfolument du fyfième de la gravitation
.univerfeiie , telle que nous l'avons expliquée. Je ne rapporterai
pointici lesdémonflrations vraimentgéométriques que Newton
a données , dans«ifes Principes Mathématiques de la Phiîofophic
naturelle , de toutes les parties de fon fyflème. Je n'ai point
entrepris un Traité général d'Aftronomie. Ce que j'en ai
dit peut fufîîre & m'a paru néceffaire pour entendre ce qu'il
me refte à dire fur les Comètes.
Les Comètes font des Planètes ; voilà tout le fyftème
Cométaire de Newton : il ne faut point d'explication ulté-
rieure. Mais , fi cela efl ainfi , les Comètes feront donc
fu jettes aux mêmes loix que les Planètes ? fans aucune exception.
Les orbites des Comètes font elliptiques comme celles des
Planètes : le Soleil eft placé à un foyer commun aux unes Sç
aux autres : le mouvement des Comètes efl réglé fur le?
(k) Pr'mcip. defin. Vîii , lib. I; fed, ïl, if in fchol. ^ûfprop. 69. In
£c]ioI, generali ad calcem overis.
Tome L U
ij4 Doctrine des Phi lûsophes
deux loix de Képier , avec autant de précifion que ceîuî àçs
Planètes î enfin les Comètes , dans ieurs mouvemens , font
expofees aux mêmes dérangemens que les Planètes. Mais
pourquoi les Comètes paroiiïent - elles fi rarement I C'eft
parce que leur ellipiè eft bien plus alongée que celle des
Planètes. Nous les voyons dans la partie inférieure de leur
orbite : leur grande diflance les dérobe enfuite à notre vue
pour plufieurs années , & même pour plufieurs fiècles. L'orbite
de Vénus ell prefque circulaire : celles de la Terre , de
Jupiter , de Saturne , de Mars s'écartent un peu plus du
cercle ; celle de Mercur-e efl bien feniiblement aiongée : enfin
celles des Comètes font beaucoup plus alongées que celle de
Mercure. La différence n'efl que du plus au moins ; une
légère variation dans le rapport des forces centrifuge &
centripète , peut opérer des différences encore plus confidé-
râbles. Si dans un certain point de l'orbite ces deux forces
font égales , l'orbite efl circulaire : fi l'une eft d'un peu plus
de deux cinquièmes plus forte que fautre , f orbite devient
infinie ; la Planète s'écarte du Soleil fans eipérance de retour.
Mais les Planètes fe meuvent toutes d'occident en orient.
Cela efl vrai des Planètes qui ont toujours été reconnues
pour telles ; mais , fi comme nous l'avons prouvé , le milieu
ne forme aucune réfiflance , quel inconvénient qu'il y ait
d'autres Planètes emportées d'orient en occident , du midi
au feptentrion , du feptentrion au midi ! D'ailleurs le fait
efl démontré. Quelque fentiment que l'on veuille em-
braffer fur la nature des Comètes , les obfèrvations ne
permettent pas de douter qu'elles ne traverfent fefpace en
tout fens , & qu'elles ne pénètrent dans l'intérieur de l'orbite
ÛQs Planètes.
La marcbe de la Nature efl ordînairement uniforme. La
complication des diffêrens mobiles avoit fait abandonner
généralement le f)'flème de Ptolémée; la fimplicité ÇtiAe de
celui de Newton formoit uji préjugé bien fort en fà faveur.
La multitude des obfèrvations tourna le préjugé en démonf^
îration, 11 n'étoit pas facile , il efl vrai , de déterminer par
SUR LES Comètes. i^^
les obièrvatîons le vrai mouvement àts Comètes. Placée au
centre du Soleil , nous jugerions des mouvemens céiefles
par les feules apparences ; ils feroient abfolument tels en
eux-mêmes , qu'ils nous paroîtroient être. Mais nous obfervons
le Ciel de delTus la circonférence d'une Planèt^ alîujettie à
un mouvement perpétuel. Tels , & plus fujtts encore à
i'illufion , qu'un Navigateur qui s'imagine que les terres &
les villes l'abandonnent , lorfque le Vaiiîèau qui le porte ,
s'éloigne feul du rivage , nous attribuons à tous [e$ corps
céieiïes Ïqs mouvemens dont notre Terre eft agitée. Si au
mouvement de la Terre (e joint un mouvement particulier
de quelque corps céleile indépendant de la Terre, tel que
peut être celui d'une Planète ; ces deux mouvemens pouvant
ië combiner d'une infinité de manières, il doit en réfuher un
mouvement apparent irrégulier de la Planète oblèrvée. Ainli
ie5 Planètes nous paroilîent tantôt diredes , tantôt flation-
naires & tantôt rétrogrades, quoique la diredion de leur
mouvement d'occident en orient foit absolument conlîante.
Les Planètes nous font vifiblfes dans toutes les parties de leurs
orbites, en conléquence, il étoit moins difficile de dépouiller
leur mouvement apparent de l'effet optique caufé par le
mouvement de la Terre: cette iôuftraélion faite , il eft refté
le mouvement réel & vrai de la Planète , tel qu'il feroit vu
du centre du Soleil. Mais il n'en eft pas de même d^s
Comètes ; nous ne pouvons les obferver que dans une
très-^pevite partie de leur orbite : pour démêler leur mouve-
ment réel , la méthode que l'on avoit employée pour \qs
Planètes devenoit infuffiiante; il falloit en imaginer une
nouvelle. Que ne pouvoit pas l'efprit univerfel de Newton?
Il penfe , il réfléchit , il combine ; & fi Çqs recherches ne le
terminent point à nous faire connoîîre l'orbite entière des
Comètes , nous pouvons au moins en déterminer la partie
qui eft la plus voifme du Soleil , c'elt-à-dire , celle qui eft
feule à portée de nos oblervations. L'ellipfe que décrivent
les Comètes eft extrêmement alongée : or dans une ellipfè
extrêmement alongée, la partie qui eft vers un des deux
U ij
156 Doctrine DES Philosophes
foyers , ne diffère pas renfiblement d'une partie feinbîabie de
paraboie , puifque la paraboie n'eft autre chofe qu'une eilipie
infiniment alongée. Gela pofé, comme le calcul d'une para-
bole eil bien plus facile que celui d'une ellipfe , & que
d'ailleurs il y a une infinité d'efpèces d'elljpfes, au lieu qu'il
n'y a qu'une feule efpèce de parabole ; Newton propofe de
reo-arder comme une partie de parabole la partie de l'ellipiè
que la Comète décrit durant le temps qu'elle efl vifible.
Gn choifit trois obfervations ; par une eipèce de règle de deux
faufîes pofitions , on cherche une fituation de paraboie qui
làtisfafle aux trois obfervations choifies ; la parabole ainfi
déterminée repréfèntera à très-peu près la route vraie que la
Gomète a fui vie durant le temps de fon apparition. La preuve
de cette méthode efl: bienfimple; fi l'orbite ainfi trouvée efl
l'orbite vraie de la Gomète , elle doit repréfenter toutes les
obfervations de cette Gomète , en cjuelque nombre qu elles
foient. On a fait l'elfai de cette méthode fur plus.de cin-
quante Comètes, elle a toujours réuffi : f orbite , déterminée
fur trois obfervations feulement de chaque Comète , a repré-
fente les autres lieux de la même Comète , tels qu'ils avoient
été réellement obfervés. On n'attribuera point fans doute un
accord fi confiant au hafard. C'efi cependant le feul parti qui
refteroit à prendre à ceux qui refuferoient encore de recon-
noître que le fyftème de Newton fur le mouvement àQs
Comètes efi le îyfième même de la Nature. ïfaac Newton ,
né dans le diocèiè de Lincoln , le 4 de Janvier i 643 , at
inventé le calcul difierentiei ; il efi l'auteur du télefcope
catadioptrique ; il a découvert la nature de la lumière ; il a
perfeélionné prelque toutes les Sciences ; il étoit Afîbcié dé
notre Académie Royale d^s Sciences , & Préfident de la
Société Royale de Londres : le monde a perdu ce gran4
homme le 3 i Mars 1727 ( l).
Par la méthode de Newton , on ne pouvoit détermine?
(I) Je date les jours de la naijOTance ôi. de la mort de Newton félon le
nouveau ilyle.
-^ SUR LES Comètes, 157
qu'une très-petite partie de l'orbite des Comètes ; mais cette
petite partie pouvoit conduire à la connoiiïance de l'orbite
entière. Pour cela, il étoit nécelTaire de calculer toutes les
Comètes obfervées. Le calcul pour chacune étoit long &
pénible; mais l'utilité devoit dédommager du travail. On
s'afluroit par-là du retour des Comètes : c'étoit en quelque
Ibrte mettre ie fceau à la certitude de nos connoiffances Hir
ieur nature. En effet , fi l'orbite , calculée par fa portion
vifible, étoit trouvée la même pour plufieurs Comètes, il
n'étoit guère poffible de douter que cette même orbite n'ap-
partînt à la même Comète , qui avoit paru plufieurs fois : le
temps de fa révolution périodique devenoit connu ; & par la
deuxième loi de Kepler , il étoit facile de déterminer fà
moyenne diilance du Soleil , & d'en conclure la grandeur
& toutes les autres dimenfions de l'ellipfe qu'elle parcouroit.
On pouvoit pareillement prédire fon retour ; & l'accompli!^
fement de la prédiélion devoit porter le fyflème de Newton
au plus haut degré d'évidence dont il étoit fufceptible. Edmond
Haliey, né à Londres au mois de Novembre 1^56, digne
ami du grand Newton ; déjà célèbre par mille travaux , par
mille fuccès Agronomiques , entreprit cette vafle recherche»
L'immenfité du travail ne le détourna point d'entrer dans
une carrière d'autant plus pénible à parcourir qu'elle n'étoit
point encore frayée. Il appliqua la méthode de fon illuftre
ami à vingt-quatre Comètes. Ce qu'il defiroit , ce qu'il efpéroit
même, arriva. Les Comètes de i 53 i , de i 6oy & de i6Sz
avoient à très-peu près fùivi une même route. La defcription
que les Hirtoriens nous ont tranfmifè de la Comète de 145^,
ne permettoit pas de douter que fon mouvement réel n'eût
été conforme à celui de ces trois Comètes. D'ailleurs les
intervalles de temps écoulés entre les apparitions de ces
Comètes font à peu-près les mêmes. Haliey fe perfuada que
ce n'éîoit qu'une feule & même Comète , qui avoit paru
dans ces quatre années , & antérieurement encore en 1380
& en 1305 : que la révolution étoit d'environ foixante--
quinze à foixante - feize ans ; qu'en conféquence on devoit
ijS Doctrine des Philosophes
attendre fou retour vers ia fin de 1758 ou ie commence-
ment de 1759.
Halley n'elt pas le premier qui ait annoncé le retour d'une
Comète. Appien & quelques autres avoient prédit des
apparitions de Comètes , mais non pas àes retours, lis
regardoient \^s Comètes comme des météores engendrés
par \Qi conjondtions , oppofitions & autres alped:s à^?, Pla-
nètes. Ces afpeds pouvoient être facilement connus par A^s
Tables Aftrononiiques , ou par à^s Éphémérides ; on en
concluoit l'apparition , c'eft-à-dire , la génération prochaine
d'une Comète. Il n'eft pas furprenant qu'entre plufieurs pré-
diélions on ait quelquefois rencontré jufle; mais l'on le
trompoit le plus fouvent. Nous avons vu ci-deflus que Petit
kvoit prédit pour 17 10 le retour de la Comète de 1664,
Elle n'efl pas revenue , & ne devoit point en efFet revenir»
Quoique Caflini fût perfuadé de l'éternité & du retour des
Comètes , ce grand & lage Aflronome n'a ofè haiàrder aucune
prédidion à ce fujet. Mais Halley efl le premier, qui fondé
fur àt'Q?, observations Aflronomiques , & fur àfi% confequences
légitimes de principes raifonnables , ait prévu ie retour d'une
Comète , & dont la prédi<5tion ait été inconteftablement
confirmée par l'événement. La théorie de Newton ne doit plus
déformais éprouver de contradiélion ; les Comètes reviennent,
& reviennent dans les temps précis , auxquels elles doivent
reparoître ; donc les Comètes font de vraies Planètes. Le
procès ell: irrévocablemeiit décidé.
Halley a donné au Public une Cométographîe bien moins
volumineule, mais beaucoup plus folide que celle d'Hévélius.
Elle parut pour la première fois en 1705 dans les Tran-
faélions Phi lofop biques : Whifion la traduifit en Latin, y
ajouta à^s Commentaires, & la fit imprimer en 171 o à la
fuite de lès Praleâiones Phy/ico-Mathematka. M. le Monnier
nous en a donné une traduélion Françoife en 1743 , dans
fa Théorie des Comètes, Dans les Tables Agronomiques de
Halley , publiées en 1 749 , on trouve cette même Comé^
tographie avec plufieurs additions confidérables. Enfin M. de
SUR LES Comètes, 13^9
ia Lande en a donné en 17 jp une nouvelle Tradu<5lion,
avec un fupplément intéreflant (m). Dans cet Ouvrage ,
ji^ Halley enlèigne la méthode Newtonienne de calculer fur
trois obrervations choifies la route d'une Comète dans une
orbite parabolique ; il rapporte le rélultat de [qs calculs fur
ies vingt-quatre Comètes , dont nous avons parlé plus haut ;
il propofe la manière de calculer dans une orbite elliptique
le mouvement d'une Comète , dont le temps de la révolution
périodique eft connue ; il éclaircit le tout par quelques
exemples ; il détermine rellipfe de la Comète de 16B2 ,
& prédit Ton retour ; enfin , il ajoute quelques Tables pour
faciliter \qs calculs , & explique les fondemens fur iefquels
ces Tables font conftruites.
Halley, outre fa Cométographie , a donné au Public un
nombre prelque infini d'Ouvrages , de Diiïertations , de
Mémoires extrêmement utiles pour l'Altronemie & la Navi-
gation. Il obfêrva le premier les Etoiles voilines du pôle
auftral ; il étoit allé pour cet effet à l'île de Sainte-Hélène ,
à feize degrés de latitude aullrale : il publia le Catalogue
de ces Étoiles en i 6y^, il aperçut le premier la progrelîion
des variations de l'aiguille aimantée; il fit part de fa théorie
en 1683 à la Société Royale. 11 procura en 1687 la première
édition des Principes de Newton. 11 avoit l'année précédente
communiqué à la même Société une Hiltoire des vents alifés
& des mouffons , avec un effai fur leur caufe phyiique. Il
fit imprimer en 17 ip àes Tables du Soleil, de la Lune^
àes Planètes , plus parfaites que celles qu'on avoit conflruites
jufqu^aiors; elles n'ont cependant été publiées qu'en 174^»
Halley traitoit la Lune d'AfIre rebelle , tant {^$ mouvemens
paroifîent irréguliers ; il ne iè flattoit pas de \Qi avoir repré*
fentes dans Tes Tables avec une parfaite exaditude : maif
comme la Lune, au bout de dix -huit ans &. dix ou onze
jours fè retrouve à peu -près dans les mêmes circonflances ,
i_ — ■ ; — " •' ' ' I ■ Il
(m) Dans l'édition françoife des Tables d'HalIey , deuxième Volume î
%t premier Volume cil de l'AJDfaé Cliappe d'Auteroche.
i6o Doctrine des Philosophes
par rapport aux cauiès de /es irrégularités; il fe perruacTa
que les erreurs àQs Tables dévoient être à peu-près les mêmes,
après une période de dix-huit ans & dix ou onze jours. En
con(equence , âgé déjà de foixante-fîx ans , il entreprit de
(iiivre le cours de la Lune durant une femblable période ,
& de comparer fès obfervaîions avec Tes calculs , pour en
conclure l'erreur de ks Tables, dans toutes les parties delà
-période. Il eut le bonheur de finir cet ouvrage , n'étant mort
que vers le commencement de 1742 , dans la quatre-vingt-
fixième année de ion âge. Il étoit de l'Académie à^s Sciences, &
avoit été Secrétaire perpétuel de la Société Royale de Londres.
Les découvertes de Newton & d'Halley ne laiflbient rien
à délirer fur la connoiflance de la nature à^s Comètes , de
i'efpèce de leur mouvement , & de la certitude de leur retour.
L'Ouvrage cependant n'étoit point encore porté à la perfec-
tion : on pouvoit , lelon la méthode de ces deux grands
Aflronomes , prédire à peu-près le temps du retour d'une
Comète : mais cette méthode ne luffifoit pas pour prévoir le
mois , le jour de Ton apparition. En efîet , fi les Planètes
altèrent réciproquement le mouvement qu'elles reçoivent du
Soleil , par l'aétion qu'elles exercent \qs unes fur les autres ;
qui doute que cette caufe n'aglife également fur les Comètes l
Il falloit donc non -feulement eftimer avec précifion les
orbites àes Comètes , mais encore apprécier les variations
prefque continuelles de la grandeur , de la figure & de la
pofition des orbites qu'elles décrivent. Autrement on ne
pouvoit fe flatter de connoître avec une exactitude fuffilante
la durée de leur révolution , & le temps de leur retour. Ce
n'étoit plus ici l'affaire de l'Aftronome ; le Géomètre le plus
profond n' avoit point trop de talens pour exécuter une telle
entreprife. Alexis - Claude Clairaut , né à Paris le j 3 Mai
iji"^ , reçu à l'Académie des Sciences le 14 Juillet 173 i,
jofa tenter ce travail. Dans un Ouvrage qu'il publia en
1760 (n) , il applique aux Comètes la théorie générale
(n) ThéoriQ dcèComèîQS, Paris j 1/60 f in-S*
qu'il
s U R L E s C 0 M è T E s, î6ï
qu'il avoît ci-devant propofée fur \qs perturbations réciproques
des Planètes. L'analyie la plus profonde lui fournit des for-
mules, à l'aide defquelles on peut eflimer avec précifion \qs
altérations qui peuvent affeéler le mouvement d^s Comètes ,
en conféquence de l'adion de Jupiter & de Saturne, tant
fur les Comètes mêmes , que fur le Soleil. Clairaut avoit
fait i'elTai de cette méthode fur la Comète dont nous atten-
dions le retour : il avoit conclu qu'elle feroît périhélie vers
le milieu du mois d'Avril 1755?, Mais il n'avoit préfenté
cette annonce qu'avec beaucoup de ménagemens ; « tant de
petites quantités , difoit-il |^o^, négligées néceflairement par «
ies méthodes d'approximation , pourroient bien en altérer le «
terme d'un mois , comme dans le calcul à^s périodes précé- «
dentés ». La Comète en effet fut périhélie vers le milieu du
mois de Mars, comme Clairaut avoit prévu que cela pourroit
arriver. Il a depuis retouché fa méthode; il a calculé l'effet
de la perturbation caufée à l'orbite de la Comète par l'aétion
de Vénus , négligée dans ks premiers calculs. S'il a porté
cette méthode au degré de perfeélion dont elle eftfufceptible,
comme il y a lieu de le fuppofer, que refte-t-il à faire fur la
théorie des Comètes? Il faudra obierver celles qui paroîtront;
calculer les élémens de leurs orbites , \qs comparer avec celles
qui auront déjà été obfervées ; tenir compte de celles que
l'Aflronomie décidera avoir déjà paru; déterminer, félon la
méthode de Newton fie d'HalIey , l'orbite de celles - ci ; y
appliquer la méthode de Clairaut , pour en prédire avec plus
de précifion les retours, & attendre avec patience que le
Catalogue foit complet : ce ne fera pas l'affaire d'un petit
nombre de fiècles. Le 17 Mai 1765, l'Académie perdit,
dans la perfonne de Clairaut , un efprit jufle , un génie
profond , un excellent Géomètre , un cœur droit , ami de
ia probité, de la vérité & de la bienfaifance.
(0) Journal dts Savans, Janvkr 1^59 > P^è^ 44 ^^ l'édition in-^,
Tome I, X
i62 Doctrine des Phi los ophes
CHAPITRE X.
Nouveaux Jyftèmes. Progrès des vraies notions fur le
mouvement des Comètes dans V Académie des Sciences:
la théorie de Newton efl enfin généralement admife.
J E n'ai pas voulu interrompre ce qui regardoit le vrai
lyftème à^s Comètes i ainfi, je ne pouvois me diipenfèr de
rapporter de fuite tout ce qui pouvoit concerner Doërfell,
Newton , Haliey «Se Ciairaut : je reprends maintenant le fil
de mon Hifloire.
La Comète de i68a a donné naiiîance au vrai fjflème;
elle étoit trop éclatante pour ne pas frapper les regards de
tous \qs Altronomes , & pour ne pas animer l'imagination
de tous les Phyficiens. Elle paroiffoit encore , & le monde
étoit déjà comme inondé d'Ecrits fur ks phénomènes , fur
fa nature , fur Ces fignifications ; car il y avoit encore d^s
Aftrologues & des Cométomantiens : les raifbnnemensfolides
de Gaflendi n'avoient pas purgé entièrement la Terre de
cette feéle ridicule. Tout le monde connoît une Lettre fur
la Comète à un Doâeiir de Sorhonne ; elle fut imprimée en
ï68 I ; il en parut en 1683 une féconde édition fort aug-
inentée , fous le titre de Penje'es fur la Comète. Le célèbre
Bayle en étoit l'auteur ; il devoit donc néceflairement le
rencontrer des écarts dans l'Ouvrage: mais l'Auteur, à mou
avis, raifonne très-fagement & très-folidement fur la figni-
iîcation àQs Comètes. S'il exifte encore des Cométomantiens
& qu'ils aient lu cet Ouvrage de Bayle, je ne puis que les
plaindre de leur peu de raifonnement. Bayle ne traite point
ce qui regarde la nature &: les mouvemens àes Comètes ; il
paroît feulement hs regarder comme d^s corps affujettis à
des mouvemens réguliers.
Dès I d8 I , outre plufieurs Lettres, outre pi ufieurs Ouvrages
SUR LES Comètes. 163
dans iefquels (ont rapportées les oblervations de la Comète
qui venoit de paroître faj , on vit éclore de nouvelles
yilions, c'efl-à-dire de nouveaux fyflèmes. L'un crut avoir
trouvé le fecret de la Nature, en fe figurant que deux tour-
billons de Planètes voifines , en s'entre - choquant en fens
contraire , formoient par leur collifion un troifième tour-
billon, au centre duquel la matière la plus craiïe s'amafToÎÊ
& formoit une Comète ; on trouvoit moyen d'expliquer
par-là un phénomène imaginaire , la génération des Comètes
vers le temps des conjonélions des Planètes ftj. L'autre ^
pour expliquer la génération de la Comète de 1680,
remontoit jufqu'aii Déluge. Les eaux qui inondèrent alors
îa Terre , ne font point anéanties ; elles font remontées
dans leurs rélèrvoirs naturels , dans les efpaces de l'air:
primitivement, elles avoient couvert toute la face du globe;
les Planètes en avoient été formées. A ces eaux , on peut
encore joindre celles qui s'évaporent des Planètes; le tout
condenfe , formera une Planète analogue à nos uiàges , &
qui réfléchira de la même manière les rayons du Soleil:
Ion mouvement aura pour caufe une vertu intrinsèque
d'autant plus facile à concevoir, que l'on eft obligé den
reconnoître une femblable dans les Planètes , & que l'ori-
gine des Planètes & des Comètes eft manifeftement la
même fcj. Celui-ci, par une fiiite de proportions plus
méthodiques que folides , s'imagine avoir démontré que la
Comète de 1680 étoit un météore célefte f4J : celui-là
(a) Erhardus "WVigellus , dans
un Ouvrage intitulé Himmels Zeiger,
imprimé à lène en 1681. JVÎontanari
in Epiflolis ad Magliabechiim, Marc-
Antoine Cellius in litteris ad Cajfmwn.
Difcurfus Academici cujufdam , (t^c,
de Cometa, an. 1680 ^ 168 1. Ces
jtrois derniers Ouvrages fe trouvent
dans les Mifcellama Italica Phyfico-
JVIathematica Gaudentii Roberti, îs^c.
(h ) Domin, Gmliclinini Traéîat.
fU Cgmetis,
(ç) Lettra del P. Francefco Efchi-
nardi Soc. J. al Signer Francefco Pedi,
i68i. C'efl auffi le fentiment de
l'Auteur des EiTais de Phyfique con-
firmés par l'expérience ; à Paris chez
Pralard, lôB^f.
(d) Pétri M. Kavinœ Géomètres
Faventini Coinetaon. i 680 if i68 1 „
Faventiœ, 1681. Obfervations fur la
Comète, &c. par le P. J. de Fon-
t&nty; à Paris ) j 6 S I .
1^4 Doctrine des Philosophes
ne rougit pas de reffiifciter le ridicule fyflème des Pérîpa-
téticiens , & veut faire pafler les Comètes pour Aqs météores
terreftres inférieurs à la Lune (e). Defcartes , Hévélius ,
Caflini ont chacun leurs fedateurs (f). Je crois que les
langages n'ont point été fi confondus à la tour de Babel,
que les fentimens le furent fur cette fameufe Comète ; mais
l'opinion la plus extravagante de toutes , fut celle de Jean*
Charles Gailet , Prévôt de l'églife de Saint -Symphorien
d'Avignon , Aftronome d'ailleurs aiTez recommandable ; ii
prétendit qu'une feule & même Étoile , tournant autour du
Soleil, étoit fouvent invifible, & qu'elle fe rendoii quel-
quefois vifible , tantôt fous la forme d'une tache & tantôt
fous celle d'une Comète : telle étoit félon lui f origine àts
Comètes & des taches du Soleil. Il fe glorifoit d'avoir
découvert les mouvemeiis de cette Étoile, ce qui lui donnoit
ia facilité de prédire le? apparitions é^s Comètes & des
taches (claires : il promit même d'en donner une Éphé-
méride détaillée (g). Il s'eft fans doute aperçu lui-même
du ridicule de cette imagination , car ii n'a pas tenu parole.
On inventa vers le même temps quelques hypothèfes plus
raifonnables. Le vrai fyflème ne pouvoit être goûté dQs
Cartéfiens ; celui de Defcartes n'avoit d'appui pour fe foutenir
que le refpeélable nom de ion Auteur, Quelques Carîéiiens
fe perfuadèrent que \gs Comètes étoient à^s Planètes d'Étoiles
fixes (h). On fauvoit par -là tout ce qui pouvoit regarder
la nature àts Comètes : on s'imaginoit même pouvoir expli-
quer leur mouvement vers toutes les parties du CieL Mais
dans ce fenîiment, il étoit impoffible qu'une Comète parût
pafrcourir un demi-cercle entier autour du Soleil : celle de
( e ) Donûîi Mojfetti Cornet a.
Taurinîj, 2681.
( f ) Mallemant de Meïïanges ,
Dijjertationfur les Comètes ^ à Paris ,
I 6 8 I . Cornet arum natiira ^ ifc. a
Jeanne Chrijîoph, Stiirmio. AltcIorfF.
i68r.
(g) Journai desSavans, 36 Nov,
1 68z,àL Aéla Eruditorum an . 1682,
pag. 396.
[h) DiJJertatio Phyfca de cmifâ
motûs (Ù^ principiis folidcrum corporum
aTheodoroSantvoort . Ultrajedi, 1704..
André œ Rudigeri Phyfica divina. Fran-
cofurti ad Maeiium , 1 7 1 6 .
SUR LES Comètes» 165
:t68o en avoit parcouru bien davantage. Une Comète ne
pouvoit defcendre au-deiïous de Saturne; celle de 1 680 étoit
delcendue piu.s bas que Mercure. Quelle devoit être d'ailleurs
ie volume immenfe de la queue de la Comète de 1680 ,
& de la tête de celle de 1652, fi elles e'toient à une diftance
de nous plus grande que celle de Saturne ? Telles étoient
auiTi les difficultés que l'on pouvoit objecter au célèbre Géo-
mètre Jacques Bernoulli (ïj. Selon lui , les Comètes font
des fatelliîes d'une feule Planète invifible ; cette Planète
tourne autour du Soleil en quatre ans & cent cinquante-fept
jours ; elle eft deux cents cinquante fois plus éloignée du Soieli
que Saturne. Le fatellite qui forma la Comète de idSo,
ne peut paroitre dans la partie fupérieure de fon orbite , à
caille de fon trop grand éloignement : il paroît facilement
dans la partie inférieure. Il parcourt un degré dix-fept minutes
en cinquante jours , & doit reparoître au bout de trente-huit
ans Se cent quarante -lept jours. Bernoulli annonce donc fon
retour pour ie 27 de Mai 171c?, vieux flvle : on devoit
alors le revoir dans un degré douze minutes de la Balance (k).
Je demanderois volontiers où l'efprit de Bernoulli prenoit
toutes CQs belles imaginations l Son fyflèm.e fut incontinent
réfuté par M. de la Montre , Profefîëur au Collège Roval (l),
Bernoulli femble même l'avoir abandonné ; & M. Montucla
doute avec raifon fi. Bernoulli eût veiilé lui-même pourvoir
faccom.pliffement de fa prédidion fur ie retour de la Comète.
Ce fyllème, ajoute-t-il , étoit l'ouvrage d'une jeuneffe ingé-
iiieuie à la vérité, mais un peu précipitée (m).
Prefque tous les fyfîèmes dont je viens de parler furent
antérieurs à la publication de celui de Newton , qui ne fut
( jj Le P. Hardouin , fur le cha-
phre XXV du ÏL* livre de Pline,
traite Bernoulli d'Aftronome : il a
tort. Bernoulli avoit, il efl vrai, un
peu étudié i'Aftronomie , comme on
le peut voir dans fon éloge par Fon-
tenelie, ////?. de l'Academ, 370^ i
mais il n'a jamais été Aflronome pro-
prennent dit.
(k) Conamen iwvï fyflemaùs Corne'
?ûrw7n, Amfteled. i68^.
(l) Journ. desSav. 2^ JVlaî j 6 Sz,
(m) HiiL des Mathématiques,
■partie IV, livre VIII, page j 6/,
i66 Doctrine des Philosophes
rendu public, pour la première fois, qu'en l'année \6%G om,
1(^87 (n). La fimpiicité de celui-ci ne convainquit point
ies mauvais Phyficiens. Vers le même temps , un Anglois
même attribuoit aux Aftres la génération des Comètes, ainft
que la formation àç.i taches du Soleil, à.^% tempêtes, àQ%
nuages , des pluies , àç^s iris , en un mot de tous ies mé-
téores (0). D'autres rapportèrent la caule de leur nouvelle
génération à l'aétion des Planètes (p ) ou aux évaporations
du Soleil (q), Robert Hooke qui mourut en 1703 , tenoit
les Comètes pour des corps embrafés ; il comparoit leur
queue à la flamme d'un flambeau (r). Les Comètes furent
aufli regardées comme à&i Planètes lumineufes par elles-
mêmes , & douées d'un principe aélif de mouvement (f) ,
ou comme à^s corps diaphanes, pénétrés par les rayons du
Soleil (t)» Le Marquis Jean Poleni crut apparemment
accorder tout le monde en difl;inguant trois fortes de Comètes,
ies unes météores terreftres, les autres météores célefl:es, le5
troîfièmçs enfin véritables Planètes (u). Un Jean-Chryfoitôme
Scarfo , faifant profelfion de n'écrire que pour la jeunefl^e &
ie beau (èxe , attribue l'apparition d'une Comète au concours
à'è^ rayons de deux Planètes ( x)* Enfin il n'y eut pas
jufqu'au fyflème furanné d'Ariftote qui trouva un zélé défen-
feur , recommandable d'ailleurs par ies c^aalités du cœur &
^(n) Je trouve dans plufieurs Au-
teurs , que la première édition àt^
Principes de Newton efl de 1686 :
l'exmplaire de notre Bibliothèque eft
daté de 1687.
(0) Aphor'ifms and Difcurfes of
the bodies celejiial. By Jonh Goad,
London^ 1686. Jodnnis Goad Angli
AJîrûmeteoroIogia fana . Lond. 1690.
(-p) Vorbereitung ^ur grojjen Oppo^
Jlt'ton , ifc. ou Préparation à la
grande Oppofition , &:c. par Marie-
Marguerite Winckelmann , veuve de
Godefroi Kirck. A Cologne fur la
Sprée, IJX2, Elle prédit une Comète
pour 1713»
( q) Eiïai de Dioptrique , par
Nicolas Hartfoëker. Paris, i6p^.
(r) The Poflhumous Works of
Robert Hook, London , 1705.
( f) Inftitutïo Phyftco - Aflrono-
inica, a Cajetano Fontana, TheatinOf
Mutinae, 1695.
(t) Ichnographïa nova contempla-
tionum de Sole , è^c. a GeorgioChriJIo-
phoro ^immarto. Noriberg* , ï 70 1 •
{u J De Vortîcibus cœlefiibiis Dia-
logus, Patavii, 17 12.
(x) LetterePhyfiçali,ifç.ytXi%^
îiîs, I74-Q»
SUR LES Comètes, i6j
de refprît, dans la performe d'Eusèbe Amort , Chanoine
Régulier de la Congrégation de Latran , à Polling en haute
Bavière (y).
Bernoulii ne fut pas le leul, qui fondé f«r un faux (yftème,
ofa prédire le retour de quelque Comète. Le Marquis
Antoine Ghifîeri en 1720 & en 1733 » annonça qu'il
paroîtroit des Comètes en 1736, ^^J^^t ^74-7' ^75^»
1758, 1783, 175^0 f^J. Elles n'ont point paru; celles
qui ont été obfervées en quelques-unes de ces années étant
manifeftement différentes de celles dont Ghiileri attendoit le
retour. Les prédiétions de Ghiileri étoient fondées fur le
1^'flème de Calfmi.
Cependant la théorie de Newton fe fortifioit de jour en jour,
par l'accord parfait que l'on trouvoit entre le mouvement des
Comètes conclu par cette théorie , & celui qu'on obfervoit
réellement. Guillaume Whifton en 16^6 & en 17 10 faj,
David Grégori en 1702 {I^J , Jean Keil en lyiSfcJ,
Guillaume- Jacques s'Gravefande en 1720 f<^J & plufieurs
autres l'embrafsèrent, l'éclaircirent , l'appuyèrent par les raifons
les plus folides.
Le fyitème Newtonîen des Comètes fut bientôt connu
dans l'Académie des Sciences : il fut aufli-tôt admiré ; il ne
fut admis que long-temps après. On convenoit que par fou
/ecours on expliquoit les phénomènes des Comètes avec la
plus grande facilité , avec le fuccès le plus flatteur. Mais ne
pouvoit-on pas imaginer quelqu'autre voie qui conduisît au
(y) P/iilo/op/iia Po/lingana. Au-
guftae - Vindelic. 1730. L'Auteur
avoit donné dès 1723 un Ouvrage
intitulé , Novwn Philofophiœ Plane-
taruin jyflema. Il fait profelïlon de
fuivre ia Philofophie Péripatéticienne;
mais il s'en écarte fouvent pour fauver
les Phénomènes.
("^J In PrœfatioTie Ephemeridutn
anno ijzo , & en 1733 ^'^"^ ""
Ouvrage Italien intitulé; Prtdi':Qone
de/ia Cometa , ^c.
(a) New Theory of the Eartk,
London, 1696. Prœleéiiones Phyjico-
Alathanatiae ^ <ifc, Cantabrigise ,
171 o.
(b) Aflromm. Phyficx if CeO"
meîricce élément a.
( c) Introdudio ad veram AJîro-
nomiam.
(d) Phyjïces Ekmmta Mathc"
matica,
i6S Doctrine des Philosophes
même but! On étoit familiarifé avec le fy^ème de Defcartes;
vu les principes qu'on y avoit puifés, le vide devoit paroîtré
un être de raifon , l'attradion un effet fans caufe , ou même
une qualité occulte. Les Aftronomes crurent d'ailleurs que
leur temps feroit beaucoup mieux confacré à étudier le Ciel
qu'à approfondir une Phylique nouvelle , qui ne fembloit pas
facile à faiiir. Et en effet, fans recourir aux Comètes anciennes,
ne fuffifoit-il pas d'obferver celles qui dévoient paroîtré , &
de combiner leurs mouvemens avec le fyflème du plein!
Si f on réuffiiïbit à les expliquer d'une manière fatisfaifante ,
on enlevoit aux Newtoniens une des principales preuves de
leur théorie : fi le plein étoit trouvé incompatible avec les
obfervations , on y renonçoit fur un fondement plus analogue
à fAftronomie que n'auroit été la dilculfion des principes
Géométriques de Newton. Les Aftronomes de l'Académie
réfolurent donc d'examiner , avant que de fe décider , pour
ne point fè décider trop légèrement. Par cette conduite la
décifion ne devoit être que plus folide & moins expolee au
danger de la rétraélation. Je n'attribue point ici à nos ref-
pe(5lables prédécelfeurs des vues qui leur fuiïent étrangères ;
l'oracle même de la Compagnie , l'illuflre Fontenelle , qui
travailloit alors à s'immortaiifer lui-même, en traçant aux
yeux de la poftérité le tableau noble & fidèle des, fuccès,
des recherches , des vues de fès favans Confrères , après avoir
expofé dans fHiftoire de i/o^ (e) les différens phénomènes
des Comètes, les difficultés qu'ils pouvoient faire naître contre
ies fyflèmes admis , les réponfes que l'on avoit coutume de
faire à ces difficultés , l'impoffibilité d'allier le mouvement
d^s Comètes avec le fyflème Péripatéticien , la difficulté de
l'expliquer dans l'hypothèfe de Defcarîes : « On le délivreroiî
*' tout d'un coup, dit-il , de tous les embarras qui peuvent naître
*» de toutes ces direél-ions de mouvemens , en fupprimant ,
*» comme a fait un des plus grands génies de ce fiècle , toute
*» cette matière fluide immenfe cjuel'on imagine communément
(e) Hifl. de i'Acad. dti Sciences, 1708, pag. py if fuivantes.
entre
SUR LES Comètes. 169
entre les Planètes, Sl en les concevant fufpendues dans un «
vide parfait; mais ce moyen de lever une difficulté pourroit «
en avoir lui-même de très-grandes. Il nous fuffit préfentement <«
d'avoir fait ienlir une partie de celles qu'on aura à vaincre «
dans un fyflème Phyfique des Comètes : c'ell: en quelque «
forte annoncer par avance la gloire de ceux qui l'entrepren- «<^
dront ". On réullit , à la très-grande fatisfaétion Aes Cartéfiens ,
à expliquer les mouvemens de la Comète de 172.^ dans
l'hypothèfe admife jufqu'alors : on fe flatta que les autres
Comètes fè prêteroient à une fèmbiable explication : ou
entrevoyoit même une méthode félon laquelle toutes les
Comètes pourroient être aflreintes à un mouvement dired;»
«c II femble que le fyftème des Comètes avance , dit Fonte-
nelle ; car il faut bien fe garder de le compter pour fini , & ««
le fût-il même , on auroit tort de le croire û tôt (f) ». Et
parlant encore de la même Comète : « II ne faut pas s'at-*
tendre, dit-il, que tout s'accorde fi prompîement à donner «
un fyflème général des Comètes , ni même celui d'aucune «
Comète en particulier. Des Philofophes trop impatiens <«
auroient à revenir fur leurs pas (g) ». Ce n'étoit donc point
un attachement décidé pour aucun fyfîème particulier , mais
ia précaution fage d'un mûr examen , qui dirigeoit la marche
àes Aflronomes de l'Académie : nous en avons pour garant
le plus favant , le plus éclairé, le plus confiant défenfeur du
Cartéfianifme. C'eft fous ce point de vue qu'il faut envifager
tout ce qui fe pafTa dans l'Académie des Sciences , au fujet
àes Comètes , depuis l'établi ffement fixe & folide qu'elle recul
en i6pc) jufqu'en 1742.
Dès l'année 1 6pp , Caffini lut un Mémoire fur les
Comètes (h), femé d'excellentes réflexions. Il perlille à
fbutenir le fyftème d'Apollonius de Mynde ; il trouve un
rapport marqué entre le mouvement àts Comètes & celai des
*( U I ' . - i . . L. 1. . ... I_ I , . I ■ I I I ■ I II. I
(f) Hxftoire de l'Académie des Sciences, 172.^, page y?.,
(g) Jbid. ly^o , page 2.84. (If Juivames.
(h) Mém. de i'Acad. i6gç , page j6 if fuivantes,
Tome L ï
I70 Doctrine des Phi losophes
Planètes ; il accorde que les obfervations faites dans ie temps
de l'apparitioii d'une Comète ne fuffifent point pour déter-
miner la durée de fa révolution périodique ; il pofe à^^ règles
folides pour diilinguer fi deux Comètes ne font pas la même :
iJ avertit avec raifon qu'une Comète , dont le retour efl
annoncé, peut revenir fans être obfervée , parce que le défaut
de queue , le mauvais temps , la proximité du Soieii peuvent
nuire à fon apparition : mais il rapporte tous les mouvemens
de la Comète à la Terre, au lieu de les rapporter au Soleil.
C'eft-là , je penlè, l'unique obftacle qui a empêché ce grand
homme cl'embraffer ou même d'inventer en entier le vrai
fyftème des Comètes. Il trouve du rapport entre la Comète
de 1(^52 & celle de i(5pc?.
En 1702, Jacques - Philippe Maraldî , digne neveu du
grand Caifini, & l'un à^s premiers Aflronomes de ce fiècle,
obferva deux Comètes : il \q?> compara , félon la méthode
de fon oncle , avec celles qui avoient été obfervées. antérieu-
rement ; & il crut les avoir reconnues dans celles de 16 «5 8
& de 1664 (i). Ces Aflronomes éclairés étoient perfuadés
avec raifon qu'il n'y avoitpas de moyen plus efficace, pour
conilater la certitude du fyftème d'Apollonius de Mynde ,
fur la nature à^i Comètes , que de s'aiïlirer qu'elles étoieiit
aiïlijetties à à^s retours périodiques ; & que pour acquérir
plus tôt cette connoiffance , il fallait multiplier les conjeélures
au rifque même de voir le foupçon démenti par l'événement.
C'efl dans cette même vue que Caffini crut devoir pro-
poler (k) les reiTemblances qu'il trou voit entre les Comètes
de 170^ &: de 1580. Celles de 1707 sSc de 1723 furent
jugées pouvoir être les mêmes (l ) par Jacques Caffini , mort
en i7 5<^î héritier du nom, de la religion, à^^ vertus du
cœur & àts qualités de l'efprit du grand Caffini fon père. ^
un ' ' ' ■ II.
(i) Hifl. de i'Acad. lyoi , page 6j if fuivantes.
(k) Ibid. de lyoG , page 106.
(l) Ibid. de 1725 , page 6j. Maraldi y trouve auffi des conformités.
JVIém, de iy2.j f page z^.
SUR LES Cû AI ÊTES, lyi
Pour ce qui regarde le lieu des Comètes ou leur diftance
à la Terre , les obfervations fembloient déterminer qu'elle
étoit beaucoup moindre que celle de Saturne. Philippe
Villemot n'étoit point Aftronome : partifan peut - être trop
décidé des tourbillons Cartéfiens, il fentit combien il étoit
impoffible de les concilier avec un mouvement régulier des
Comètes , qui (atisfît aux phénomènes : il crut devoir pro-
noncer en coniequence que les Comètes _ étolent au-de(Ris
de l'orbe de Saturne , qu'elles ne fuivoient aucune loi dans
leur cours , 8c qu'elles ne dévoient leur nailTance qu'à l'aP
fèmblage des parties craffes de l'éther fmj; mais ce lentiment
n'eut point de le<5lateurs dans l'Académie. Dès i 6pp , Caffinî
avoit déterminé le lieu des Comètes , c'efl-à-dire , celui où
elles deviennent à portée de nos obfervations , entre les orbites
de Vénus & de Mars ffij. Ayant depuis combiné avec plus
d'attention les apparences des Comètes obfervées jufqu'alors ,
il reconnut, en 1708 , qu'elles pouvoient defcendre entre
Vénus & la Lune ^0/ Toutes les Comètes , calculées depuis
par les Aflronomes de l'Académie , ont été trouvées au moins
en-deçà de Jupiter , fur quelque fondement que le calcul ait
été appuyé; .mais on ne pouvoit fuppofer, fans préjudice des
tourbillons , que les Comètes pénéîroient dans l'intérieur des
orbites des Planètes, pour remonter enfuite bien au-delà de
l'orbite de Saturne. Pour faire diljDaroître cet inconvénient ,
Jean-Jacques Dortous de Mairan imagina, en 1725 , que
ie tourbillon du Soleil pouvoit être extrêmement aplati &
comme difciforme : alors les Comètes pourroient être des
Planètes d'un tourbillon voifni ; elles s'approcheroient fort
près de nous , & s'éloigneroient encore plus , fans rencontrer
aucun obftacle f p J. L'hypothèfe étoit ingénieufe : mais
fmj HvÀ. de IJQJ , page lo^,
ÔC Nouveau Syftème , ou Nouvelle
explication du mouvement des Pla-
nètes, par Philippe Villemot, Doâï.
en Théol. A Lyo?i , iyo7. Villemot
n'étoit point de l'Académie : je ne
parle ici de lui , que parce qu'il eil
fait mention de Ton opinion dans
l'Hiftoire de l'Académie.
(n) Hill. de 1699 ' p'^ë^ 7^'
(0) Mém. de 1708, fcige g-
(■p) Mém. de 17-2.5 , pas^e yz
if fuivantes.
172 Doctrine des Philosophes
i'obiervation démontra que les Comètes traverfoient IV'c^ip-
tique, & par conféquent ce prétendu tourbillon difciforme.
La partie qui méritoit ie plus d'être éclaircie , étoit celle
qui concerne ie mouvement àts Comètes : aufli ce fut celle
qui fixa principalement l'attention de nos Aftronomes. Nous
avons vu au Chapitre VII.^ quelle étoit à ce fujet ia penlee
de Jean-Dominique CafTuii : il y a perfifté jufqu'à fa mort (q) ,
arrivée le 14 Septembre 17 12. Maraldi ne crut pas devoir
s'écarter du fentiment d'un oncle fi refpecftable (r) ; il paroit
d'ailleurs qu'il participoit à Ion préjugé fur la fiabilité de ia
Terre. On s'apercevoit cependant que i'Iiypoîhèfe d'une
orbite circulaire ne pouvoit fatisfaire à toutes les obfervations ï
Jacques Caffini préfënta en 1725 un excellent Mémoire (f):
ia qualité de l'orbite cométaire avoit été affez difcutée ;
CaiTmi ia décide elliptique , & place le Soleil au foyer : ii
affujettit de plus \^s Comètes à la féconde loi de Kepler.
C'étoit prelque le vrai fyllème : mais premièrement , l'Auteur
néglige la première règle de ICépler ; en fécond lieu , ii ne
falloit abandonner les tourbillons Cartéfiens que quand ia
place feroit abfolument hors de défenfe : c'efi: iàns doute ce
qui engage CaiTmi à tenter tout pour expliquer le mouve-
ment de toutes \Qi Comètes en iens direél , c'eft-à- dire,
d'occident en orient , prêt à abandonner n^ême , fi cela eft
jugé néceiïaire , la vérité qu'il venoit d'établir , que ie Soleil
étoit placé au foyer à^s orbites elliptiques à^s Comètes. Ii
defire de plus que l'orbite à^s Comètes ne foit trouvée
inclinée à i'écliptique que d'environ fept degrés. Cet clprit
jufle & folide concevoit parfaitement combien ces deux
conditions étoient nécelfaires pour étayer fuffifamment ie
fyfième chancelant de Defcartes. C'efl donc en partant de
(q) Voyei VH'id. de 1699 , page y2.i celle de 1706 , pa^e 10^; îes
Mém. de 1708 , page go é^ fuhantts.
(r) Mém. de 1723 , page 2jo iT' fuivantes.
(f) Hift. de \J2.<^ y page 6j df fuiv. Si. Mémoires-; page j/'j i:f
fuivantcs.
SUR LES Comètes, 173
ces idées qu'il va commencer le plus férieux , le plus profond
examen de ia vraie diredion du mouvement des Comètes.
J}ès l'année 1727 , il communiqua à l'Académie une
méthode géométrique , par laquelle on pouvoit déterminer ,
loit fur une figure graphique, foit en employant le calcul,
î'orbite d'une Comète , fur quatre ou cinq obfervations ftj.
îl fuppofe d'abord les efpaces parcourus par la Comète pro-
portionnés aux temps, & pour lors il ne faut employer que
quatre obfervations pour décider la pofiîion de la partie de
l'orbite dans laquelle ia Comète a été vifible. Une cinquième
obfervation déterminera la figure & la grandeur de l'orbite :
il faut qu'elle foit prife à quelques Jours de diflance de la
quatrième. Par la ieconde règle de Kepler , on connoîtra
la durée de la révolution périodique. Si le Soleil n'eft point
au foyer de l'orbite , la méthode réufTira également ; mais il
faudra faire ufage d'un plus grand nombre d'obfervations :
cette méthode donnera même avec affez de précifion les
élémens de l'orbite , dans toute autre fuppofition que celle de
la proportion des elpaces parcourus aux temps. On ne pouvoit
donc imaginer de méthode plus générale que celle-ci : Caffmî
fuppofe qu'entre les obfervations choifies , la Comète a luivî
fenfibiement une ligne droite. Cette fuppofition doit être
admife , dit-il, dans une théorie fuivant laquelle on ne peut
pas déterminer géométriquement la diflance de la Comète à
Ja Terre , dès que la courbure de fon orbite devient fenfible
dans l'intervalle des jours écoulés entre ces obiervations : l'on
ne doit donc employer dans cette recherche que des obfer-
vations peu difiantes hs unes des autres. Cette méthode eft
bien plus compliquée , bien plus embarraffante , bien moins
certaine que celle de Newton ; mais elle pouvoit conduire à
conflater la certitude ou l'inutilité du fyftème du Philofophe
Anglois ; & c'efi: le principal objet qu'on fe propofoit alors.
Il parut en 172^ une Comète tout-à-fait iingulière ; foit
par rapport à fa durée , elle fut de fix mois ; foit par rapport à
{t^ Mém, de J 727; jjage 2z8 iy fuivames,
jy^ Doctrine des Philosophes
fa moindre diflance du Soleil, elle égaloit prefque celle de
Jupiter ; foit enfin par l'irrégularité apparente de Ton cours ,
elle parut décrire, depuis le 3 i Juillet jufqu'au ip Oc5lobre,
une ligne fenfiblement droite contre l'ordre des Signes , &
enfuite elle fembla rebroulTer chemin , pour décrire jufqu'au
z I Janvier , félon l'ordre des Signes , une" féconde ligne
droite égaie à la première , & faifant avec elle un angle
d'environ cinquante degrés. Caffini y appliqua fa méthode ,
en fuppofant le Sokii au foyer de fellipfe : il la fimplifia
même , car il n'employa que trois obfervations , dans deux
defquelles la Comète avoit eu la même longitude apparente ;
ee que l'on ne rencontre pas ordinairement. Le fuccès fut
auffi heureux qu'on pouvoit le délirer : le cours vrai de la
Comète fut aulfi exaélement déterminé qu'il l'a été depuis
par la méthode Newtonienne (u). Le cours de cette Comète
avoit été direél , quoiqu'il eût été d'abord rétrograde en
apparence : c'efl ce qui perfuada Caffini , qu'il ne feroit pas
împoffible de réuffir à expliquer le cours de toutes les Comètes
par un mouvement direél ; il réfolut d'entreprendre ce travail.
Il paroît que ce fut cette Comète qui f engagea à faire ufage
de la première loi de Kepler : il ne la révoquoit plus en
doute en 1737 (x). Dès l'année 1733 , Fontenelle affure
que non - feulement on convenoit généralement que le mou-
vement des Comètes fe fait fur la circonférence d'une ellipfe
dont le Soleil occupe un des foyers ; mais qu'on fuppofoit aufîi
très-volontiers que \es Comètes , comme les autres Planètes
folaires, fuivent les deux fameufes règles de Kepler (y).
Caffini exécuta en 173 i le projet qu'il avoit formé,
d'examiner fi les phénomènes des Comètes ne pouvoient
point fe concilier avec un mouvement toujours direél (i^) :
il y réuffit dans un fèns. Il trouva moyen d'affigner un cours
(a) Voye^ THiftoire de I72r9 , page 68; & les Mémoires , /^^^f 40 jjj
^ fuïv. HilL de 1730, page ç)8; & les Mém. page zS^ if fuïvanUs,
(x) Mém. de 17 '^7 , page ly.
(y) Hift. de 1733» P^g^ 7^-
(■l^) Hift. de 1731, page jj; ôl Mém- page 2pp if fuivantes.
SUR LES Comètes. 175
dire^ à toutes les Comètes , reconnoiiTant cependant que le
mouvement apparent de la plupart pouvoit également bien
s'expliquer par un cours rétrograde. Son explication n'étoit
fujette à aucun inconvénient , par rapport aux Comètes qui
avoient été réellement direéles : quant aux autres , on ne
pouvoit leur attribuer un tel mouvement fans doiiner atteinte
à la vérité qu'on venoit d'établir, & que la Comète de 17-29
confirmoit ïi manifedement , que le Soleil occupoit un à^s
foyers de l'orbite de la Comète , ou du moins il auroit fallu
en ce cas renoncer aux règles de Kepler , lefquelies n'étoient
plus révoquées en doute. C'eft ce que Calfmi conçut fort
bien, lorfqu'il rendit compte à l'Académie de {ç.^ obfervations
de la Comète de 1737 (^)' Dans le Mémoire qu'il com-
pola à ce iujet, il elt attentif à raflembler tous les moyens
que l'on avoit imaginés pour éluder la néceffité de renoncer
aux tourbillons Cariéfiens ; il propo/è entr'autres de regarder
l'es Comètes comme Satellites de la Terre ou de quelqu'autre
Planète : il trouve de la reiîemblance entre \qs Comètes de
1737 & de 16^ -i^. C'eil la dernière conjeèlure de cette
eipèce que j'aie trouvée dans les Mémoires de l'Académie :
ce font aulfi \qs> dernières difficultés objeélées contre le vrai
fyftème du mouvement des Comètes. Caffini appliqua, il efl
vrai, fa méthode à la Comète de 1 742 (h) : mais ce ne fut que
pour déterminer fa diflance à la Terre ; encore ne la décida-t-il
qu'en gros. Cette Comète, véritablement rétrograde, ne put
ie prêter à d'autres fuppolitions : il fallut ou reconnoître l'impcf-
fibilité du plein Cartélien, ou renoncer à à^s théories dont
tous les raifonnemens , dont toutes Iq^ obfervations rendoient
la certitude inconteflable. Un efprît , qui n'avoit jamais eu
d'autre but que d'éclaricir \qs doutes , & de parvenir à la
vérité , n'eut point de peine à fe décider. Calfmi termina {q%
travaux cométaires en expliquant par la méthode de Newton ,
ies mouvemens de la Comète de 1 744 (c ).
(a) Hift, de ij^'j ,page 8y ; & M-ivcï. page lyo if fuivanîes,
(b) Hifl;. de 174.2 , page y 8.
(c) Mém. de iZ-^^j page jo^ if fuivantes,
176 Doctrine des Phïiosophes
Le célèbre Pierre-Louis Moreau de Maupertuis , mort à
Baie en 1755? . paroît être le premier, qui , dans l'Académie
àes Sciences , fe foit déclaré ouvertement pour le lyllème
Newtonien. Il fit imprimer en 1732 un D if cours fur les
figures des Afires : il y expole les lyftèmes de Defcartes &
de Newton : il met l'un &l l'autre dans le jour le plus
favorable. Il femble ne pas vouloir le décider fur la préférence;
mais la feuie leélure de fon Ouvrage fulîit pour éclairer ceux
que le préjugé n'a point entièrement aveuglés : on diroit que
ie génie a emprunté le pinceau des Grâces pour tracer le
tableau de la théorie Newtonienne , préiènté dans le deu-
xième & le cinquième Chapitre. Je ne doute pas que cette
fimple expofition n'ait produit fbn effet dans l'elprit de plufieurs.
Dès 1733, Pi^^'i'^ Bouguer , mort à Paris le i 5 Août 1758,
imagina une méthode ( J ) pour déterminer l'orbite entière
d'une Comète fur trois obfèrvations exaéles faites à peu de
diftance l'une de l'autre. Ces fortes de méthodes font extrê-
mement délicates , comme nous le ferons voir dans la qua-
trième Partie de cet Ouvrage : quelque perfeélion que la
théorie femble leur attribuer, elles ont de la peine à foutenir
l'épreuve de la pratique : la moindre erreur dans f obfervation
(è multiplie, & en occafionne une de plufieurs fiècles dans
la durée de la révolution périodique -de la Comète. On peut
reprocher ce défaut à la méthode dont il s'agit maintenant,
avec d'autant plus de fondement , que l'on y exige que les
obfèrvations fe fuivent à de très-petites diflances. Auffi je ne
crois pas que Bouguer ait eu railôn d'avancer, auffi affirma-
tivement qu'il l'a fait , que la trajed:oire de la Comète de
172P étoit hyperbolique, & qu'en conféquence nous atten-
drions inutilement le retour de cette Comète : mais je ne crois
pas pouvo-ir foufèrire à la cenfure trop amère que Struyck a
faite de cette méthode, & en quelque forte de fon Auteur (e).
m ' • ■ „ ■, ^ — 5 • ' ^ — "■»
fd) Hift. de 1733, pageyi} & Mém. page jj i Ù^ fiiivantes.
(e) Dans fon Ecrit: fur les Conîètes, à la fuite de fon'Introdu(flion à
la Géographie , en HoIIandois , imprimé à Amllerdam en 174.0^ i/z-f.*
Ce
SUR LES Comètes, lyy
Ce Cométographe favant & éclairé n'a certainement point
apporté Ton atîejition ordinaire à la lecture de ce Mémoire.
Il reproche à Bouguer de s'être attribué une précieufe décou-
verte en employant le premier, non \qs longitudes feules,
mais les longitudes & les latitudes , pour déterminer l'or-
bite de la Comète. La méthode de Bouguer exige , il efl
vrai , que l'on ait obfervé ïqs trois latitudes de la Comète,
ainfi que \ts trois longitudes, au lieu cjue celle de Newton
réuifit , quand même il n'y auroit que deux latitudes
obfervées. Voilà tout ce que Bouguer a prétendu dire ,
fans même qu'il lui ait échappé un feul mot qui donne
à entendre qu'il prétende formellement à la gloire de l'in-
vention (f). Or tout ceci efl exaétement vrai ; & de plus ,
fi la méthode de Bouguer étoit aufTi fûre dans la pratique
qu'elle eft évidente dans la Ipéculation , on ne pourroit lui
refafer la gloire d'être l'auteur d'uiîe excellente méthode , qui
auroit enchéri fur celle de Newton , en ajoutant aux données
de Newton i'obrervation d'une troifième latitude. Mais, peut-
on dire, la méthode de Newton n'efl-elle pas d'autant plus
parfaite qu'elle exige moins de données ! Généralement
parlant , cela efl hors de doute. Ainfi la méthode de
Newton efl la plus parfaite de toutes pour connoître la partie
de l'orbite parabolique que la Comète paroît décrire durant
ie temps qu'elle efl vifible. Mais ce n'efl pas ce dont iî
s'agilfoit. Bouguer prétendoit déterminer non une partie
parabolique de l'orbite , mais l'orbite elliptique entière (g),
C'eft fous ce point de vue qu'il faut envifager 5c tout ce que
iui-même, 6l tout ce que l'Hiflorien de TAcadémie (h)
difent de la prééminence de cette méthode fur toutes \es
autres, & pour lors on ne s'imaginera i^-às qu'ils Je font moqués
ilu Public. J'ai déjà admis ce que Struyck ajoute fur l'imper-
feélion de la théorie de Bouguer. II y a cependant une
^f) Comparez Mém. de '733 ? page jjz if page j^S,
(g) Voye-^ au même Volume le tirre même, f^^^ J ^ ^ > vers le bas de
ia même page, & l'énoncé du Problème , pai^e j^o , Ù^c,
(h) H ht. de 1733, F'^8>^ 7^ liT" fuivantes.
Tome L Z
lyS DC€TRÎNE DIS PHILOSOPHES
îinperfeélion que ce dode ProfefTeur y trouve & que je n'y
aperçois pas. La fuppofition que l'orbite de la Comète ell
re(51;iligne dans une de {es très - petites parties , & que la
vîteffe de la Comète dans cette très-petite partie eft propor-
tionnelle aux efpaces parcourus , me paroît affez railonnable
iorfqu'il ne s'agit que de découvrir la vîtefië abfolue de la
Comète en cette très-petite partie de Ton orbite ; je crains
ici beaucoup plus le défaut des obfervations que celui de
î'hypothèfe. c< Mais quel efl le principe de tout ceci , ajoute
" Struyck! La fureur de laiffer intaél le fyHème de Defcartes.
" Qu'on le foutienne , qu'on admette des exceptions aux règles
'> de Kepler , &c : mais que fur les plus légers , les plus ruineux
^> fondeniens, on ne porte pas l'attentat j-ulqu'à vouloir mordre
»' à la gK ire d'un illullre Auteur , qui nous a communiqué les
» premières lumières pour calculer les Comètes avec autant de
précifïon que les Planètes , &c ". J'ai relu très-attentivement
ie Mémoire de Bouguer, & je n'y ai pas trouvé le plus léger
veftip'e de cet attentat criminel. Non -feulement' le réfultat
de ce Mémoire efi; abfolument inconciliable avec le plein de
Defcarîes ; mais Defcarîes n'y efi; pas nommé une feule foi?.
Au contraire , Ntwton y e'à nommé ; fa méthode y eit
qualifiée de très-helle & très -f ayante ; & fi l'on en propofe
une autre , on allègue entr'autres raifons , que c'efi: four fe
conformer davantage aux principes de ce célèbre Auteur (i),
La fureur de laiiier intact le fyftème de Defcartes n'a donc
point été le principe qui a fait imaginer cette méthode ; &
je puis compter feu M. Bouguer au nombre de ceux qui
dans l'Académie Aes Sciences fe font déclarés \e^ premiers
pour la théorie de Newton.
Y^w 1742, il parut une Lettre fur la Comète. Maupertuis
en étoit l'auteur. C'ed; vaiq. elpèce de théorie abrégée de
ia nature & du mouvement des Comètes , & des effets qu'elles
peuvent produire. L'agrément avec lequel cet Ouvrage étoit
€crit , lui procura des Lecteurs* Le ly flème Newtonien y
» ■ ■ "
(ï) Hill, de 1/37; p^^g^ 7 1 iX fuivanîes ; &: Nlém. fa^e jji,
SUR LESCOMèTES. IJ(^
étoît moins démontré qu'expofé , fi cependant ia feule expo-
iition de ce fyilème n'en eft pas la démonftration la plus
perfuafive. La même année M. le Monnier expliqua par cette
théorie le mouvement de la Comète qui venoit de paroître (k).
L'année fuivante, M. Maraldi calcula par la même méthode
i'orbite de la Comète de 1725? (l); & M, le Monnier publia
fa Théorie des Comètes , dont celle de Newton fait le fonde-
ment : la Cométographie d'Halley y eft inférée en entier ,
jSc éclaircie par à^s notes favantes. M. Maraldi , l'Abbé de
la Caille, M. de la Lande & \qs autres Aftronomes n'ont
employé que la feule méthode d'Halley dans le calcul à^s
Comètes qui ont paru depuis. Les voix (è font réunies pour
décider unanimement que la théorie de Newton atteint un
degré de perfeélion qui exclut irrévocablement toute objec-
tion (erieufe. On ne vit jamais fans doute un fentiment
adopté , après une délibération plus mûre , après un examen
plus férieux , après une oppofition , fi je l'ofè dire , plus
opiniâtre. On n'accufera point l'ignorance , le préjugé , la
précipitation , la légèreté d'avoir diélé la prolcription des
tourbillons Cartéfiens, La vérité leule a opéré ce changement :
elle a parlé, & s'eft fait entendre à à^s efprits qui ne fe font
jamais montrés plus folidement {ç:S difciples qu'en ne l'ad-
mettant qu'avec connoitlance de caufe.
(k) Hifloire de 1742 , pa^e y 8 if fuîvantes,
(l) Mémoires de 174-3 , page ipj if fuivante s,
ZHu.
i8o Histoire
SECONDE PARTIE.
Histoire générale des Comètes.
J'ai fait voir au commencement de cet Ouvrage, de
quelle utilité pou voit être une Hifloire générale d^s Comètes,
pour accélérer la connoiflance du retour périodique de ces
Aûres , pour fixer par leur moyen quelques points de chro-
nologie , pour conclure même de leur parallaxe la dillance
àes Planètes à la Terre &: au Soleil. Mais la difficulté de
faire une telle Hiltoire égale au moins l'utilité dont elle peut
être. Pour y réuffir , j'ofe dire qu'il faut un grand difcerne-
ment, de profondes recherches Se beaucoup de patience; 6c
foLivent, après un mûr examen, on fe trouve plus incertain
qu'on ne i'étoit d'abord. Les Anciens n'ont pas toujours
exprimé les phénomènes célefles par leurs véritables noms :
ils attribuent quelquefois le nom de Comètes à dts phéno-
mènes auxquels il n'appartient pas ; plus fouvent ils déiignent
Iqs véritables Comètes par des noms étrangers ou même
équivoques , tels que ceux <ï Étoiles en feu , de boucliers
embrafés , de flambeaux ardens , de poutres , de colonnes
enflammées , Se femblables , comme je l'ai remarqué plus
au long au premier Chapitre de la première Partie. La
difficulté de difcersier les vraies Comètes au travers de ces
expreffions bizarres , n'cfi pas cependant la plus grande que
j'aie eue à combattre ; le parti qui m'a paru le plus fage a
été celui de faire part aux Leéleurs de mes découvertes, de
citer mes garans , d'employer leurs propres expreffions , de
remettre la décifion au jugement de ceux qui voudront
approfondir ces matières : lorique les révolutions périodiques
des Comètes feront généralemeiit déterminées , on reconnoîtra
fans doute quelques-uns de leurs retours dans les flambeaux
& les boucliers ardens de Tite-Live Ôc de Julius-Obfequens.
D^s Comètes. i8i
Mais mon plus grand travail a été de chercher les Comètes
même fous quelque nom qu'elles pulfent être déiignées.
Dans quels labyrinthes une telle perquilition ne m'a-t-elle
pas conduit \ J'ai déjà dit que \qs Comètes étoient regardées ,
non comme des Alh'es à obferver , mais comme des fjgnes
à remarquer & à comparer avec l'événement ; qu'en confé-
quence, pour raiTembler leurs apparitions, il feroit infulÎTlant
de feuilleter les Écrits Aqs Phyficicns & à^s Adronomes ;
que les Hiftoires , les Annales, ï^h Chroniques de tous les
pays & de tous les fiècles étoient \qs fources les plus fécondes
& où il éîoit le plus efîentiel de puifer. On conçoit facilement
toute l'étendue , toute l'immenfité de ce travail.
Plufieurs l'ont entrepris avant moi ; je regrette le temps que
j'ai perdu à lire les Ouvrages de la pkipart de ces Écrivains :
je n'y ai acquis d'autre connoiiïànce que celle du défaut de
leur critique , & de l'incertitude de tout ce qu'ils débitent.
Les plus anciens ne citent prefque jamais \qs autorités fur
iefquelies ils s'appi^yent ; & leur témoignage feul fait la loi de
ceux qui ont couru fucceffivement la même carrière. Le plus
ancien catalogue de Comètes qui foit venu à ma connoiiïànce ,
eft celui de Paul Éber , Miniftre Proteftant & Profeiïeur de
Belles-Lettres à Wittemberg; il efl imprimé à la fin de ia
Cométogïaphie de Mizaud : je l'ai trouvé aiïez exa^ ; mais
îl ne contient que quarante-huit Comètes. Antoine Mizaud ,
Médecin , né à Montluçon , y en a ajouté plufieurs autres ,
& a terminé le tout par un catalogue des météores ignés : la
plupart de cts météores font des Aurores boréales; quelques-
uns peuvent être des Comètes. De plus Mizaud , dans le
cours de fa Cométographie , parle de plufieurs Comètes
omifes & dans fon Catalogue &. dans celui d'Éber. La faine
critique n'a point dirigé la plume de Mizaud dans tout ce
qu'il a écrit furies Comètes. Sa Cométographie a été imprimée
à Paris en i 54p«
Vers le même temps, Conrad Wolfhart, de Rufîàch en
Alface , Diacre *\qs Proîeftans à Baie, compofa un Ouvrage
intitulé , des Signes & des Prodiges i la crédulité &. le defir
ï82 H ï s r 0 T R E
de multiplier les prodiges font i'ame de cet Ouvrage; les
apparitions des Comètes n'y font poijit oubliées. Woifhart
eil plus connu ious le nom de Lycofthènes , cju'ii s'éioit donné
,& qui a en Grec la même fignification que Wolfhart Qn Alle-
mand. Marc Fridch venoit de publier un femblable Ouvrage,
fous le titre de Catalogue des Prodiges : c'efl le même efprit
qui dirigeoit la plume de ces deux Écrivains. En 155^,
jBenoît Arétius , Miniflre Calvinifte de Berne , donna un
Catalogue de foixante-douze Comètes ; & en 1568, Jean
Garcée , dans fa Météorologie , n'en fit monter ie nombre
qu'à foixante^ David Herlicius , Louis Lavater , Miniflre de
Zurich ; Abraham Rockemback , Henri Eckflorm , George
Cœfius , Jean -Henri Alftedius multiplièrent ie nombre des
Comètes. Le but principal de prefque tous ces Écrivains étoit
de montrer que l'apparition de ces Aflres-météores ne pouvoit
qu'être funefle ; en coni<jquence tout leur étoit bon , pourvu
qu'il tendît à cette fin. Je ne les accuferai point d'avoir forgé
ÛQs apparitions chimériques de Comètes : mais profondément
ignorans fur ia chronologie , ils allioient des obfervations de
Comètes, prifes dans un Auteur, avec des évènçmens rap«
portés par un autre, & diflans quelquefois de plufieurs années;
c'efl ce qui eil: facile de démontrer par rapport à quelques
Comètes, & ce qu'on efl auîorifé à préfumer de beaucoup d'au-
tres. Comme ces Cométographes garantiffent rarement ce qu'ils
^.vancent , négligeant de l'appuyer fur l'autorité de quelque
ancien Écrivain ; il efi impofîibie de juger de quel poids eft leur
témoignage fur l'année de l'apparition, & même fur la réalité
des Comètes dont ils font mention. On peut leur affocier
Barthélemi Keckerman , Profeffeur de Philolbphie à Dantzick
yers le commencement du dix-feptième fiècle , grand partifan
des rêveries Péripatéticiennes. Celui-ci n'a point fait de
Catalogue ; mais au Chapitre V du Livre VI de fi Phy-
fique , il fuppofe le Catalogue de Lavater , parle de prefquç
toutes les Comètes qui y font mentionnées, & l'enrichit
Blême de plufieurs nouvelles Comiètes , fans nous apprendre
jQÙ il 3 pu les décQuvrif. Enfin vers le milieu du même
DES Comètes, 185
fiècîe, Jean- Baptifte Riccioii, Jéfuite très-favant d'ailleurs ,
a inféré dans la féconde Partie de (on nouvel Almagefte ,
une hiftoire de cent cinquante - ûx Comètes ; il cite (es
autorités , mais il s'en faut qu'elles foient toutes d'un poids
égal.
Tels ont été les principaux guides de Jean Hévélius , de
Staniflas Lubienietzki , de Jean Zahn , & du Rédadeur des
.Tables agronomiques de Berlin, dans la conftruclion des
quatre Catalogues de Comètes les plus étendus dont j'aie
connoillance. Un volume in-folio fuffit à peine à Lubienietzki ;
c'eil le fécond de fbn Theatrum Comettcum, Ses prédécelTeurs
dans cette carrière avoient joint à l'apparition des Comètes
i'hifloire des guerres , des famines , des pelles , des tremble-
mens de terre, des morts de Princes , en un mot de tous les
malheurs qui avoient fuivi. Lubienietzki embraiïe un champ
bien plus vafle : comme il avoit afTez de fens pour ne point
ajouter foi à ces préfages défaflreux des Comètes , il s'étoit
propofe de prouver que leur apparition étoit fuivie d'évène-
mens auûi favorables que malheureux. Il rapporte donc égale-
ment \es uns & les autres ; & Ion Ouvrage devient ainfi une
efpèce d'Hiftoire univerfeile» Uniquement attentif à fon but
principal , il n'apprécie point les autorités qui le dirigent*
il lui ell indifférent de multiplier le nombre des Comètes ,
en rapportant une même Comète fur différentes années ^
auxquelles difFcrens Auteurs l'ont attribuée ; il s'aperçoit
même quelquefois de cette multiplicité , il en avertit , mais
il pafTe outre , parce que tout lui eft bon , pourvu qu'il en
puilTe prendre occafion de continuer fon Hifloire. Auiîi fait-if
monter le nombre des Comètes jufqu'à quatre cents quinze
depuis le Déluge jufqu'à l'an 1665. Mais quel fonds peut-on
faire fur un Ecrivain fi peu méthodique , & qui ne cite
ordinairement pour Ces garans que des Auteurs modernes ,
abfolument décriés par le défaut de leur critique!
Le douzième Livre de la Cométographie d'Hévélius ne
contient qu'une hifioire générale des Comètes : cet auteur
a puifé dms les mêmes iources , & n'a guère mieux réuiîi que
î84 Histoire
Lubienietzkî. II ne compte depuis le Déiuge jufqu'en \C>6^
que deux cents cinquante-une Comètes, & Struyck prétend
avoir trouvé cent foixante-quatorze erreurs dans ((.n Catalogue.
On ell forcé de convenir qu'Hévéiius ne s'efl pas montré
meilleur critique dans ce douzième Livre , qu'il ne s'éioit
montré bon Phyfîcien dans les onze précédens : entr'aulres
défauts y celui d'une faine chronologie perce de toutes parts,
Hévélius mérite cependant nos éloges , pour le but qu'il s'eft
propofé dans fon hifloire ; il n'en a point eu d'autre que
celui de confèrver à ia pollériîé la mémoire à^i Comètes qui
avoient paru , & de la mettre en état de Juger , de confirmer,
d'abandonner, foit fon hypothèlè fur la nature & les mouve-
mens des Comètes, foit les autres (yftèmes imaginés jufqu'alors,
ou qui pourroient être propofés par ia fuite , pour en expliquer
les phénomènes. Aulfi a-t-il purgé celte partie de fon Ouvrage
de tout ce fatras hiflorique , qu'on avoit coutume d'étaier ,
pour entretenir les pré,jugés vulgaires fur la figniiication des
Comètes»
Jean Zahn , Prémontré Allemand , au premier volume de
fon Admirable économie du Monde , foutient , avec railon ,
que les Comètes ne fignifient naturellement rien, &: que leur
apparition efl indifféremment fulvie d'évènemens iavorables
.5c défavorables. Le Catalogue des Comètes qu'il donne à
ce fujet n'eft prefque autre que celui de Lubienietzki , fort
abrégé quant à la partie hiflorique , & continué jufqu'à l'an
Dans le Recueil de Tables ajîronomiques , publié fous la
direélion de ï Académie royale des Sciences & Belles-lettres de
Pnijfe , imprimé à Berlin en iyy6 , in- 8f on trouve , pages
ly & fuiv. du premier volume , un Catalogue de près de fèpt
cents Comètes depuis le Déluge jufqu'en l'j'j^. On appuie
prefque toujours de quelque autorité l'apparition de chacune
de CQS Comètes; mais on ne remonte jamais aux premières
fources, C'eff fur les témoignages de Céfi , de Riccioli ,
d'Hévélius & de Lubienietzki que s'appuie le Rédaéleur du
Catalogue ; depuis le Déluge jufqu'en 1530 on ne cite, pour
treize
DES Comètes, 185
treize Comètes feulement , que deux ou trois autres Auteurs
modernes; on n'allègue abfolument aucune autorité ancienne.
Nicolas Struick , dont j'ai parlé au commencement de
cet Ouvrage, fit imprimer en 1740 , à la fuite diune Inîro-
duâion à la Géographie iiniverfelle , une autre Introdutîion
à la connoijfance générale des Comètes , & de plus une
Defcription abrégée de toutes les Comètes , tirée de l'Hifloire ,
le tout en Hollandois. L'Auteur y ajouta en 1753 , un
iiipplément confidérable; il eut la complailance de me com-
muniquer, en 175c;), piufieurs additions, correélions &
remarques qu'il avoit faites depuis. Cette Hifloire des
Comètes ne peut fouffrir de comparaifon avec \qs précé-
dentes ; elle leur ed trop fupérieure : elle ne me paroît
cependant pas portée au degré de perfection dont qïIq efl
fu^eptible. feu M. Struyck avoit tout l'amour de la vérité,
tout le zèle, tout le difcernement , toute la finefîe de critique
îiéceiïàire pour réuffir dans une telle entreprife : mais il
n'étoit pas comme moi à la fource des recherches ; il n'avoit
pas tous les livres qui font à ma difpofition ; il avoit été
obligé d'en confulter piufieurs par les yeux de quelques
amis, moins attentifs & moins éclairés que lui. Je reconnois
cependant que fês travaux m'ont été d'un grand fecours;
ils m'ont dirigé dans ma marche , ils m'ont indiqué les
fources; j'y ai fur-tout trouvé des remarques excellentes &
marquées au coin de la plus grande fagacité.
Des perfonnes , dont je me ferai toujours un devoir de
refpe(fter \es lumières & un honneur de fuivre les avis, ont
cru qu'il étoit à propos que j'inféraffe dans mon Hiftoire,
toutes les Comètes dont j'ai trouvé quelque mention dans
ies Auteurs. En effet, celles que j'aurois pu omettre font,
ji eft vrai , toutes incertaines; mais elles ne font peut-être
pas toutes abfolument faulTes. Un jour peut-être on ea
reconnoîtra dans ce nombre quelques - unes dont i' Agro-
nomie , aidée de la Géométrie , aura conftaté le? retours
périod ques. Je me luis donc déterminé à luivre ce confeil;
jnais j'ai cru devoir en même temps diftinguer ies Comètes
Tome I. A ^
i86 Histoire
dont je tiens l'apparition pour certaine , de celles dont je ne
fais mention que d'après un Mizaiid , un Aîilédius , un
Rockemback , un Sigebert, &c. J'ai trouvé dans ce dernier
Ecrivain une éclipfë de Soleil marquée fur trois amiées
différentes , & aucune A^^ trois n'étoit la véritable année de
i'éclipfe : fur ce feul échantillon, on peut juger de l'exaéli-
tude de cet Auteur. Cependant , quand ces mêmes Hiiloriens
ne rapportent plus ce qu'ils ont recueilli d'ailleurs , mais ce
qui s'eft pafîe de leur temps , ce dont ils ont pu être eux-
mêmes témoins oculaires, je les cite avec plus de confiance^
& je regarde leur témoignage comme plus décifif que celui
de tous les Ecrivains poftérieurs. J'ai toujours pefé les auto-
rités que j'allègue; quand un Auteur paroît d'ailleurs exaél,
quand il ne court pas après le merveilleux , quand il date
fidèlement Xq^ faits, quand il les garantit fur le témoignage
de Ïqs yeux ou fur des autorités fatisfaifantes , je ne balance
point; l'apparition d'une Comète, fondée fur fon feul rapport,
ne laiiïe aucun doute dans mon efprit ; j'en doute encore
moins, lorfqu'un tel phénomène eft appuyé fur la réunion
de plufieurs autorités de cette ei|3èce. Cela pofé , je diûingue
trois fortes de Comètes , i.'* celles defquelles je ne crois
pas qu'on puiffe légitimement douter; l'année de leur appa-
rition fera marquée en titre au milieu de la ligne: 2.° celles
dont i'exiftence aura quelque degré de probabilité , avec
quelque doute cependant ; l'année à laquelle on les rapporte
fera marquée au commencement de la ligne & non en titre;
mais tout ce qui les concerne fera écrit en caraélères ronds
ou romains: 3." celles qui me paroîtront peu fondées ou
abfolument incertaines, feront exprimées par à^i caraélères
penchés ou italiques.
Les figues de doute, dont je viens de parler, ne fè bornent
pas à l'apparition à^s phénomènes auxquels les Ecrivains ont
donné le nom de Comètes , ils s'étendent aux circonfiances
de fapparition & à la nature même de c^s phénomènes.
Un ancien Auteur dépofëra en faveur de l'apparition d'une
Comète, & des Ecrivains modernes ont ajouté qu'elle avoit
DES Comètes: 1 87
paru tant de jours , dans tei ou tei figne du Zodiaque : alors
je mets en titre l'année de l'apparition ; j'écris en caraélères
romains que ia Comète a paru , &. \qs circonflances de Ton
apparition , imaginées par nos Cométographes , font expri-
mées en caraélères italiques. Ailleurs , je donne pour douteufes
des Comètes dont on fonde l'apparition fur le témoignage
d'anciens Auteurs ; ce n eft pas que je révoque en doute
ia réalité du phénomène dont ces Auteurs alfurent l'appa-
rition , mais c'eft que je doute fi ce phénomène étoit une
véritable Comète.
Nonobftant la règle que je me fuis propofee de parler de
toutes les Comètes mentionnées dans [qs Livres que j'ai
confultés , j'ai cru cependant pouvoir fouvent me difpenfer
de doubler l'apparition d'une Comète rapportée par difterens
Auteurs à des années différentes, fur -tout lorfque le détail
à^s circonflances déffgne manifeftement qu'il n'a paru qu'une
feule Comète. S'il y a quelque doute , quelque léger qu'il
puiffe être , je fais mention des deux apparitions. J'ai cru
pareillement pouvoir me difpenfer de mettre au nombre Aqs
Comètes , fur la foi d'un Fortunius Licétus &: de quelques
Ecrivains de même trempe , la colonne qui durant quarante
ans (èrvit de guide aux Ifraëlites dans le dé/ert , Igs Étoiles
qui combattirent contre Sifara, les armées qui fe heurtèrent
dans le Ciel du temps des Machabées, &c. De telles ima-
ginations pouvoient paroître fort belles à des Péripatéticiens :
nous ne connoiiTons point de Comètes qui puiffènt éclairer
durant quarante ans , ou repréfenter le choc de deux armées
ennemies.
Comme j'aurois à citer trop (buvent Struyck ; pour abréger,
tm fimpîe aftérifque * placé après l'année de la date d'une
Comète, fignifiera que Struyck tenoit l'apparition de cette
Comète pour certaine , ou du moins pour très-vraifemblable.
L'exaélitude de la Chronologie m'a paru devoir être une
des qualités \qs plus eflentieiies de l'Ouvrage que j'entreprends.
Je n'ai épargné ni application , ni foins , ni recherches pour
neiaiiTer rien à defirer dans cette partie. Mes principaux guides
A a ij
ï88 Histoire
ont été CaivîfiLis , le F. Fétau , le P. Pagi , les Auteurs de
XArt de vérifier les dates , &c. Je ne ies ai cependant pas
aveuglément fuivis ; lorfque j'ai cru devoir m écarter de leur
autorité , j'ai expolé ies railbns qui m'ont autorifé à le
faire.
Je date ies années avant Jéfus - Clirifi; félon la méthode
du P. Fétau , adoptée par plufieurs habiles Chronologifles :
l'année qui précède ia première année de l'ère Chrétienne,
n'eft défignée par aucun nombre , mais par le caraétère o :
il s'enfuit que je dois compter un an de moins que ne font
ceux qui fuivent une autre méthode. Je commence à fuivre
ie calendrier Grégorien auffitôt après i'an 1582, vers la fin
duquel il fut établi par l'autorité du Pape Grégoire XIIî,
& accepté en France par celle du Roi Henri III. Je compte
ies heures à la manière des Aflronomes , lorfque je n'avertis
pas fi elles appartiennent au matin ou au foir; c'efl-à-dire^
que je commence le jour à midi , & que je compte vingt-
quatre heures fans interruption jufqu'à midi du jour fuivant:
fur l'heure du paffage des Comètes par leur périhélie , je
me règle toujours lur le temps moyen «Se fur le méridien de
i'Obfervatoire royal de Paris.
Les Auteurs que je cite, datent fouvent les faits d'une
autre époque que celle que nous avons accoutumé de fuivre;
j'emploie ordinairement leurs propres expreffions ; & j'y
joins la réduélion aux années de l'ère Chrétienne. Ainfi,
ies Critiques qui pourroient avoir d^ts fentimens particuliers
fur ies rapports des autres ères avec la nôtre , pourront
adapter à leurs idées les dates mêmes des Auteurs originaux :
il eft rare d'ailleurs que les années , rapportées à difîér^ites
ères , aient le même commencement. Les olympiades corn-
mençoient vers le mois de Juillet : les Grecs comptent les
années par indiélions , & les commencent fouvent au mois de
Septembre : le commencement des années de l'Hégire parcourt
en trente-deux ans & demi les douze mois. Les années même
de l'ère Chrétienne n'ont pas eu toujours un commencement
iixe & uniforme ; ia date de l'année changeoit ici à ia fête
DES Comètes. i 89
d€ Noëi , ià au premier jour de Janvier , aiiieurs à ia fête
de Pâque ou à celle de l'Annonciation. J'ai laiiTé ces réduc-
tions de dates indécifes , lorfqu'aucune circonftance apparente
ne m'a déterminé : lorique quelque caraélère particulier m'a
procuré la connoilîance de la date véritable , je me fuis
décidé pour elle. Au refle, je n'ai point cru devoir appuyer
chacune de mes décifions de cette efpèce fur des raifon-
nemens longs & ennuyeux : je me contente d'avertir ici en
général que j'ai étudié la chronologie particulière des Auteurs,
iorfque cette chronologie m'a paru pouvoir donner lieu à
quelques difficultés ; je l'ai comparée avec elle-même , je
l'ai iuivie dans Ççs détails; & par l'ordre delà narration, par
la multiplicité à^s caraélères chronologiques, par le rapport
àes années avec de certains faits, dont la date eil d'ailleurs
incontelîable , je me flatte d'être parvenu à connoître le temps
précis auquel chaque Hiftorien avoit coutume de fixer le
commencement de l'année. Pour moi , dans toutes mes dates,
je l'ai toujours fuppofée commençant au mois de- Janvier,
comme nous la commençons à prélent : ainli, iorfque dans
cette Hiftoire j'ai marqué , non - feulement l'année , mais
encore le mois de l'apparition d'une Comète, on peut être
affuré que ce phénomène appartient réellement à l'année
déterminée, commençant au mois de Janvier. Un feu! doute
peut arrêter: un Ecrivain, accoutumé à commencer l'année
au I." Janvier , copie quelquefois , fans en avertir , un
Hiftorien qui ne change fa date que trois mois plus tard;
j'en ai rencontré beaucoup d'exemples. Alors , fi l'Écrit
de l'Auteur original exifle, le remède fè préfente naturel-
lement; s'il n'exifle pas , & que d'autres autorités ne nous
aident point à démêler l'erreur, il ne paroît pas poffible
de féviter; mais ce dernier cas doit être extrêmement rare,
je ne penfe pas l'avoir remarqué dans toute la fuite de cette
Hifloire.
Les Chinois commencent depuis long-temps leur année à
la nouvelle Lune qui précède immédiatement l'entrée du
Soleil au ligne des Poilîbns ; leurs mois font lunaires;
ipo Histoire
i'équinoxe du printemps tombe dans la deuxième Lune ou îe
fécond mois ; durant la troidème , le Soieil entre au Taureau.
Si pendant ie cours d'une lunaiion le Soleil n'entre dans aucun
figne , cette lunaiion ou ce mois eft intercalaire ; il porte ie
même nom que celui qui l'a précédé : fi , par exemple , il
vient à la fuite du quatrième mois, on le nomme quatrième
mois ou quatrième Lune intercalaire , & la lunaifon fuivante
fera le cinquième mois. On voit par-là comment les années
lunaires Chinoifes fe concilient avec nos années fblaires. Il
ne faut cependant pas s'attendre à une précifion rigoureufe
dans l'ordre de ces mois ; l'imperfedion de i'Aflronomie Chi-
noife a pu fans doute occalionner à^s erreurs de deux ou
trois jours fur leur commencement , Se l'on (ait d'ailleurs
que les Chinois regardoient les quatre faifons de l'année
comme parfaitement égales. L'empereur Tching - tang , en
l'année 1760 avant l'ère Chrétienne, changea la forme de
l'année; il ordonna qu'elle commenceroit à la nouvelle Lune
qui précéderoit l'entrée du Soleil au Verfeau; & le commen-
cement du jour , fixé jufqu' alors au lever du Soleil , fut
déterminé à l'heure de midi. Ou-ouang , fondateur de la
dynaftie Tche'ou , en l'an i i i i avant l'ère Chrétienne ,
voulut qu'on tînt pour premier mois de l'année , celui durant
lequel le Soleil entreroit au figiie du Capricorne , & que le
jour fût cenfé commencer à minuit. Enfin fous la dynaflie
dQS Hin , qui prit polTeiTion du trône en l'an 245 avant
notre ère vulgaire , l'ancien calendrier fut rétabli : depuis
cette époque , la première Lune a toujours renfermé l'entrée
du Soleil aux PoiîTons ; mais le commencement du jour eft
refté ^y.é: à minuit : l'année Japonoife efl modelée fur l'année
Chinoilè.
Quoique les Chinois connoiflent notre lemaîne ou notre
cycle de fept jours , & qu'ils en faffent ufa^e , ils ont un
autre cycle , fort ufité parmi eux ; il efi de foixante jours :
chaque jour eft défigné par deux nomiS particuliers ; deux
fuites , l'une de dix noms , l'autre de douze , combinées
eiifemble, forment cette nomenclature. Comme j'aurai fouvent
DES Comètes. 191
occafion de citer les jours de ce cycle , ii ne fera pas hors
de propos d'en donner ici le tabieau général.
I.
J^/^-r//.
21.
iSfZiî - t'/i/;?.
41.
Kia - tchin»
2.
F- tchéou.
22.
Y-yéûu.
42.
Y-fé,
3-
Ping-yn.
23.
P^"g -/?^'
43.
Ping - eu.
4.
Ting - mao.
24.
Jz'w^ - /z<?jy.
44.
Ting - ouey.
5*
Vûu - îchin*
25.
Vûu - tfé.
45.
Vûu - chin.
6.
Ki-fé.
2.6.
Ki - îchéûu.
4^.
Ki - yéou.
7-
Keng - oit»
27.
Keng -yn.
47-
Kcng -fu.
8.
Sin - ouey.
28.
Sin - maû.
48.
Sin - hay.
5?-
Gin - chin.
29.
Gin - tchin.
49.
Gin - tfé.
10.
Kouey-yéou,
30.
Kûuey -fé.
30.
Kûuey- tchéou,
1 1.
Kia^fu,
31-
Kia - ou.
51-
Kia - yn.
12.
Y-hay.
32.
Y- ouey.
52.
Y- mao.
13-
Fing - tfé.
3 3-
Fing-chin*
53-
Ping - tchin.
14.
Ting - tchéûu.
34-
Ting-yéûu,
54.
Ting-fé.
15-
Vûu - yn»
35.
Vûu-fu,
35-
Vûu - ou.
ï6.
Ki - maû.
36.
Ki - hû}'.
5^.
Ki - ouey.
17-
Kcng - tchïn.
37-
Keng - tfé.
57.
Keng - chin.
18.
Sin - fé.
38.
Sin - tchéou.
58.
Sin - yéou.
19.
Gin - ûu.
39-
Gin-yn,
59-
Gin -^fu.
20.
Kûuey-ûuey.
40.
Kûuey - mao.
€0,
Kouey - hay.
Le ic) Janvier 1780 , concourt avec le premier jour
Kia - tfé de ce cycle ; de - là , en remontant , on peut rap-
porter tous les jours Chinois à notre calendrier.
Outre ce cycle de foixante jours, les Chinois en ont un
de foixante ans : quelques Annaliftes rapportent ia première
année du premier cycle, à l'an 23^6 avant l'ère Chrétienne;
d'autres anticipent cette époque de trois cents ans. Il doit
réiulter de -là une différence de cinq cycles dans le comput
Chinois; l'année 1780 , trente -feptième année du loixante-
dixième cycle , félon les uns , fera , félon \qs autres , la
trente- feptième année du foixante -quinzième cycle. Ainfi,
ia contrariété que l'on pourroit foupçonner dans les dates
de quelques Comètes obfervées en Chine , n'efl qu'une
1^2 Histoire
contrariété apparente , & ne doit point arrêter îe Leéleur .
qWq a fans doute fa véritable caufe dans l'incertitude de tout
ce que les Chinois nous racontent de i'antiquité fabuieufè
de leur Empire.
Les Chinois , ou les Européens leurs copifles , datent
fouvent leurs années par celles du règne de leurs.Empereurs.
Pour réduire ces fortes de dates à notre manière de compter
ies années , j'ai fiiivi les Auteurs même defquels j'ai extrait
l'apparition des Comètes; à moins que quelque raiion déci'
five , & dont je fais part à mon Leileur, ne m'ait forcé de
réformer en quelque partie l'autorité de mes garans. J'en fais
autant à l'égard d'une autre manière de compter Xq^ années,
fort ufitée à la Chine : un Empereur , à fon avènement au
trône, donne le nom à l'année; il ordonne, par exemple,
qu'elle s'appellera Ta-té : en confequence de cet édit, l'année
fui vante fera nommée première année Ta-té ; on continuera
de nommer les années féconde , troiftème année Ta-té , &c.
jufqu'à ce qu'il plaife ou au même Prince ou à fon fiiccefîeur ,
de donner un autre édit, en confequence duquel l'année ne
fera plus nommée Ta-té, mais pi'endra le nom de première
Hoang - kin , ou tel autre qu'il plaira à l'Empereur de lui
impofer : fur ces dénominations & leur réduélion à nos années,
le P. Gaubil a été mon guide.
Les Chinois connoillènt nos douze fignes céleftes ; ils s'en
fervent pour régler leurs mois & leur année , comme je l'ai
dit plus haut : mais ils ont coutume de rapporter d'ailleurs
les mouvemens céleftes à l'équateur <Sc non pas à l'écliptique.
Ils divifent l'équateur en trois cents foixante-cinq degrés un
quart, c'e(l-à-dire en autant de degrés qu'il y a de jours
dans l'année folaire ; chaque degré efl; divifé en cent minutes:
vingt -huit conftellations , de grandeur inégale , mobiles à
l'égard des points équinoxiaux & folflitiaux , forment une
efpèce de zodiaque , aux parties duquel ils rapportent les
phénomènes céiefles. Ainfi, lorfqu'ils difent qu'une Comète
a paru dans le neuvième degré d'une conilellaîion , cela
fignifie que cette Comète avoit neuf degrés d'afcenfion droite
piii3
^ D E s C 0 M È T E s, I93
pïus que le point du Ciel ou cette conftellation commençoit
alors; mais cela ne détermine point la déclinaiibn , ni par
confe'quent le lieu précis de cette Comète.
Tout ce que j'écris ici de i'Allronomie Chinoile , efl
extrait à^s manufcrits du P. Gaubil , Miffionnaire François à
ia Chine , très-verfé dans les Lettres & TAflTonomie Chinoife :
mais je ne trouve pas dans ces manufcrits toute l'uniformité
qu'on pourroit defu'er fur le commencement des conftellations
Chinoifès, & fur le nombre de degrés qu'elles renferment;
peut-être \qs Chinois eux-mêmes ne s'accordent-ils pas fur
l'étendue de leurs conflellations. La notice que je vais en
donner ell digérée par le P. Gaubil ; il étoit à la fource , &
par conféquent plus en état de juger avec connoilTance de
caufe. Je reélifierai cependant, fur le catalogue de-Flamfléed,
ies pofitions que ce Père alTigne aux Étoiles par lefquelles
ies Chinois commencent leurs conftellations : ces pofitions
font déterminées pour le commencemejit de l'année Julienne
1^7 00. Il eft cependant à remarquer que les Etoiles , par "
îeiquelles \qs Chinois difent que leurs conftellations com-
mencent , ne font pas toujours rigoureufement placées à la
partie la plus occidentale de ces conftellations :. de -là on
peut élever un doute , dont je ne vois point la folution
dans les manufcrits du P. Gaubil. Lorfque \ç:s Chinois difent
qu'une Comète eft en ^^jo' d'une conftellation, ces 5*^ 70^
doivent-ils fe compter depuis l'Etoile par laquelle on fait
commencer la conftellation , ou bien de l'Etoile la plus occi-
dentale de cette même conftellation , ou enfin d'un autre
point à l'occident de toutes ces Étoiles , intermédiaire à la
conftellation précédente & celle dont il eft queftion ? Le
doute ne fubfifte peut-être , que parce que les Chinois
ai'avoient rien de déterminé à cet ég^d. Comme cependant
ïl eft plus naturel de comparer \ç^s Comètes à à^s Étoiles
principales, je regarde comme très-probable que les Chinois
obfervoient le palîàge des Comètes & des Étoiles principales
de leur zodiaque par un même cercle de déclinaiion ; de la
différence des paiTages en temps , ils concluoient celle de^
194 Histoire
afcenfions Jrohes en degrés : cela paroît fuppofer que tout
étoit rapporté aux Etoiles qu'ils avoient choifies pour être le
commencement de leurs confteilaîions. Si je me trompe en
cela , l'erreur ne peut être de grande coniequence : il eit
peu de conileliations Chinoifes , qui ne commencent par
leur Etoile la plus occidentale; s'il en eft quelques-unes qui
s'écartent de la règle générale , au mcâns l'Etoile qu'on leur
affigne pour commencement , eft- elle peu éloignée de la
partie la plus occidentale de la conftellation : enfin les obfer-
vations de Comètes, faites à la Chine, font de telle nature,
que l'incertitude que l'on pourroit avoir fur le commencement
àQs confleilations , occafionnera beaucoup moins de doute
fur le lieu à^s Comètes , que l'imperieétion même à^s
obfervatioixs.
Yy^i vingt-huit conftellations Chinoifes , fèpt font regardées
comme appartenantes à l'automne ; \qs fept fuivantes font
attribuées à l'hiver ; fept autres au printemps , Se les fept
dernières à l'été. On conçoit que ces conftellations étant
mobiles , leur rapport aux fiifons de l'année ne peut être
conftant. L'hiver , félon \qs Chinois , commence lorfque le
Soleil eft au milieu du Scorpion ; le printemps , lorfqu'il a
atteint le milieu du Verfèau , & ainfi àts autres; ou plutôt,
\qs trois premières Lunes appartiennent au printemps , les
trois fuivantes à l'été, &c.
L Les Chinois , depuis un temps immémorial, commencent
leur zodiaque par la conftellation Kio ; éi\Q renferme deux
Étoiles a.d>L^àQ la Vierge ; elle commence par ce, dont la
longitude étoit en 1700 en 6^ iÇ)"^ 35)' 41", &la latitude
2.^ \' 59" au fud. La conftellation Kio a 12 degrés Chinois
d'étendue en afcenfion droite de l'oueft à l'eft.
I I. La conftellation Kang contient quatre Etoiles , x. A, /, v
de la Vierge ; la plus auftrale des quatre Kang lui tient lieu
de commencement, c'eft jc de la Vierge, longitude, 7^ o'^
\(^' o"\ latitude, 2^ 55' 40" au nord; l'étendue de la conf-
tellation, félon l'équateur, eft de ^ degrés.
III. Tï a quatre Etoiles , et, /3, y & ; de la Balance; le.
D E ^ Comètes. 19 y
cOmmenceinent efl au fud-ouell àçiS, quatre 77, ou à d ,
dont ia lougkude en 1700' étoit en 7^ 10^ 55^ o"; lati-
tude boréale, o^ 22' 51". La conftellation 77 a i 5 degrés
d'étendue.
IV. ivz/;^ a auffi quatre Etoiles , /3 , cT, tt , 55 du Scorpion:
elle commence à la féconde auftrale à<^s quatre Fang , ou à
TT , dont la longitude étoit en 1700 de 7^ 28^ 45^ 45''î
latitude, 5*^ 25^ 46" fud. Cette Etoile nefl pas la plus
occidentale des quatre Fang ; p félon i'équateur & S" félon
i'écliptique font moins avancées qu'elle, mais de i i' 30"
feulement. Cette conftellation n'a que ^ degrés d'étendue.
V. Sin contient trois Étoiles, o- , ol & t du Scorpion;
c eft la première ; longitude, 8*3^ 37^44"; latitude auftrale,
2^ ^p' 4"; ia conftellation ne s'étend qu'à 5 degrés.
V I. Ouy renferme neuf Etoiles, g, /^, (^, vi. G, /, x, A, tj du
Scoi*pion : quoique g foit de 14 a 15 minutes plus occidentale
que IX , c'eft cependant à ^ que les Chinois ont Çixé le com-
mencement de la conftellation ; longitude, 8^11'^ 58^32";
iatitude auftrale, 15^ 22' 35?"; étendue de la conftellation-,
[l 8 degrés.
VIL Ki a quatre Etoiles, y, J^, e, 71 du Sagittaire; y eft
îa première; longitude, 8^ 27^ 4' 7" ; latitude, 6^ 5 5' 5 i"
au fud ; étendue de la conftellation , i i degrés.
VIIL Téou , première conftellation d'hiver, eft compofee
de fix Etoiles, J^, A, (p, o-, r, (^ du Sagittaire; S" commence;
longitude, 5)^5'^ 59' 2"; latitude, ^^ 54' 35" au l«d ;
l'étendue de cette conftellation eft de 2.6 degrés.
IX. ,iVi^oz/ com.prend quatre Etoiles, c, fè, ^, ^ du Capri-
corne ; /3 , quoique moins occidentale que o- , com.mence la
conftellation; longitude en 1700, p^ 2^'^ 52' ly" ; latitude
boréale , 4^ 3 7' 27" ; étendue de la conftellation , 8 degrés.
X. Nu a quatre Étoiles , doute & /uu du Verfeau font
partie ; on ne convient pas des deux autres : e commence la
conftellation; longitude, 10^7'^ 32^ 26"; latitude boréale ^
8"^ 6' 41" ; étendue, 12 degrés.
'_ Bb ij
îp6 Histoire
X I. Hiu n'a que deux Étoiles , jS du Verfeau & et Ju petit
Cheval; la première commence la conflellation ; longitude,
lo^ icf^ 12^42"; latitude, 8^38' 43" au nord; étendue de
la conflellation , i o degrés.
XII. Ouey ou Goey contient trois Étoiles, cl du Verfeau,
ê & G de Pégafe ; le commencement eil; à et du Verfeau ;
longitude, 10* 2^"^ 10^36"; latitude boréale, io'^4o'38";
étendue, 17 degrés.
XI IL 67// a deux Étoiles , et &: /3 de Pégafe , et commence
la conflellation ; longitude, i i^ i^^ ^7' 3 3"> latitude boréale,
10)^24' ]y" j étendue, 16 degrés.
XIV. Pi ou Toiuig-pi contient aufli deux Étoiles, y de
Pégafe , % d'Andromède : y commence la conflellation ;
iongitude, 0^4^ 58' 10"; latitude boréale, 12^ 35' 12";
étendue de la conitellation , c; degrés.
XV. Kouey , première conileilation du printemps , contient
feize Étoiles, (^, », nt, J^, e,^, /^, j/ d'Andromède, cp, p^, -v]/, u,
1 , T, g , cr des Poiiïons ; le commencement eft à (^ d'Andromède ;
iongitude, o^ 16^24^4^"; latitude, \j^ 35^ 51" au nord;
étendue , i 6 degrés.
XVL L/o« renferme trois Étoiles, y, Ci y cl du Bélier; jS^
de I ^^ moins occidental que y, commence la conflellation ;
longitude, o* 25)^^ 4(5' 19"; latitude boréale, S*^ 28' 16";
étendue en afcenfion droite , i 2 degrés.
XVïï. Ouey contient les trois Étoiles de îa Mouche ou
Fleur-de-lys ; la conflellation commence à la plus occidentale
à^s trois Ouey ; longitude, 1^12^^ 44' y"\ latitude boréale,
ïi^ \y' 13"; étendue, 14 degrés.
XVIII. Mao comprend \qs lept Pléiades ; -a ou la Claire
commence la conileilation , quoiqu'elle ne foit pas la plus
occidentale; longitude, i'^ 25*^48' 28"; latitude, 4^^ o' -^j"
au nord ; l'étendue eft de i i degrés.
XIX. Pi contient huit Étoiles des Hyades, &: commence
par g, quoique cette Étoile ne foit pas la plus occidentale
des huit Pi ; longitude , 2^ 4^ i 5^ 3 i"; latitude auftrale, 2^
35' 58"; étendue ^ x ^ degrés.
DES Comètes,
XX. Tfan contient dixÉtoiies, «t, y, J^, «, ^, G, ^, x, &c«
^'Ôrion ; elle commence par cP , qui n eft pas la plus occi-
dentaie des dix Tfan ; longitude, 2^ i^^ ^' 58"; latitude ^
^^d ^^' j", au fud; étendue, ^ degrés.
XXI. Tfé ou Tfouy renferme trois Etoiles, A & les deux
<p d'Orion; elle commence par A ; longitude, 2^ ic^^ 30'
138"; latitude auflrale, 13^ 25^ 2"; cette confteilation , qui
îi'a que 2 degrés d'élendue , eft entièrement renfermée dans
la conftellatJon Tfûti , avant laquelle elle efl même placée
par quelques Auteurs*
XXII. Tfitig, première conftelîation de Tété, comprend
huit Étoiles /x, v, y, 2, A, ^, e &, je penfe, d d^s Gémeaux;
elle commence à//.; longitude, ^^ i^ 6' 30"; latitude, o^ 5 i/.
2.2" au fud; étendue de la conftellation , ^^ degrés.
XXI II. Yu-kouey a quatre Étoiles, ô, yi, y, J^ de l'Écre-
viiïe, & commence par ô; longitude, 4^ i*^ ^^' 4"; latitude
auflrale, 0^51^22"; étendue, 4 degrés.
XXIV. Lîeou contient huit Etoiles, j^, o-, w, 5), g, ^,û?, 9
tie l'Hydre, & commence à J^; longitude, 4^ d*^ 7' 23", lati-
tude auflrale , I 2^ 25' 37'' ; étendue, 15 degrés.
XXV. Siiig renferme fept Etoiles, dont la première & la
principale efl le cœur de l'Hydre ; longitude, 4^23^ 6' i^" ;
latitude auftrale, 22^ 24' 32"; étendue, 7 degrés.
XXVI. Tcharig afix Etoiles, jc, u, A, /x & (p de l'Hydre;
quoique x- foit la plus occidentale , la conftellation ne com-
mence qu'à la première des deux v ; longitude , 5^i^3i'53";
latitude auflrale, z6'^ 5' 14"; cette conftellation a 18 degrés
d'étendue.
XXVII. Y contient vingt-deux Etoiles, ^ de l'Hydre
&: toute la Coupe ; ce de la Coupe efl la première ; longitude ^
i5^i9'^3 5'3";iatilude,22^42'o"aufud;étendue, 18 degrés.
XXVIII. Tching a quatre Étoiles , e, y, J^, iS du Corbeau j
la conflellation commence à y , qui n'efl pas la plus occi-
dentale ; longitude au commencement de 1700*^ 6^ 6^ 34^^
Il 8"; latitude auftrale, 14^^ z^' o" ; l'étendue de la confie!-
lation, en afcenfion droite^ efl de 17 degrés.
ip8 Histoire
Outre les viJigt-huit conftellaîions , les Chinois dîflînguent
cinq autres parties dans le Ciel , le palais Tfé-ouey , ie palais
Tay-ouey , ie Tien-ché , les Étoiles au nord des vingt-huit conf^
tellations, & les Etoiles au Sud à^s vingt-huit conflellations ;
ces deux dernières parties n'ont pas befbin d*expIication.
Le palais Tjé-oiiey eft déterminé par le cercle de perpé-
tuelle apparition àts Étoiles : ainfi une Comète, un Aftre
qui efl dans ce palais ne fe couche pas , il refle perpétuelle-
ment fur l'horizon.
Le palais Tay-ouey s'étend entre le Tfé-ouey Si i'équateur ,
vers le colure des équinoxes du côté de la Balance ; il ren-
ferme le dos , la queue & les pattes de derrière du Lion ,
la partie orientale du petit Lion , les Chiens de chaffe , la
Chevelure de Bérénice , le Bouvier & prefque toute la Vierge.
Lorfque la conitellation Kio étoit en deçà de I'équateur, elle
n'étoit pas pour cela comprife dans le Tay-ouey.
Le Tien - ché efl pareillement borné au nord par le Tfé^
oiiey , au fud par I'équateur : de l' ou efl: à l'efl: il s'étend depuis
ie Tay-ouey jufque vers le colure àts foUlices, comprenant
la Couronne boréale , prefque tout Hercule , & la partie
boréale du Serpentaire 8l du Serpent.
Je me fuis un peu étendu fur l'Aflronomie Chinoife : j'ai
cru qu'il étoit néceflaire de le faire , pour que le Ledeur
entendît mieux ce que j'ai recueilli fur les Comètes obrervées
à la Chine , pour qu'il pût {çts comparer avec \qs obierva-
îions Européennes , pour qu'il fût plus en état de juger des
réfuitats que j'ai cru pouvoir tirer de quelques-unes de ces
obfervations Chinoifes. Les plus précieufes de ces obferva-
tions font tirées des manufcrits du P. Gaubil , qui m'ont été
obligeamment communiqués par feu M. de llfle. Le P. Gaubit
s'étoit fingulièrement appliqué à la recherche de ce qui
concerne i'Aftrologie Chinoife ; il avoit envoyé les h-uits
de fon travail à M. Fréret , à M. de fille , au P. Souciet ,
à d'autres Savans de fEurope ; M. de flfle a recueilli le
tout : ks manufcrits précieux font confervés au dépôt de
la Marine.
DES Comètes. 199:
Mon hilloire ne roulant que fur des faits, ne peut obtenir
le fufîrage du Public qu'autant qu'elle fera reconnue pour une.
compilation exa(5le , mais cependant raifonnce , de tout ce
qui a été dit avant moi fur l'apparition à^s Comètes. Je ne
puis donc me dilpenler de citer mes garans, & de les citer
de manière qu'ils puiiTent être ficilement reconnus, tk même
conlultés par ceux qui defireroient vérifier mes citations. En
conléquence , j'avois d'abord joint les citations au texte ; elles
i'entre-coupoient dé(apTéablement ; elles étoient fouvent plus
iongues que le texte même ; les mêmes citations revenoient
fouvent dans la même page. Je me fuis donc déterminé à
fuivre un confeil qu'on m'avoit déjà donné. M. de Tillemont ,
dans Çqs excellens Mémoires fur l'Hiftoire Eccléfiaflique Se
fur la Vie des Empereurs , me fervira de modèle. A fou
exemple, je ne donnerai que à^s citations abrégées & les
plus courtes qu'il me fera poffible; mais je vais préalablement
donner une liile alphabétique de ces citations abrégées ^
fuivies des mêmes citations plus étendues , avec les caractères
de l'édition que j'ai confuitée , la note de la colleélion où
i'Ouvrage cité efl inféré, & fouvent avec quelques remarques
fur le temps auquel un Auteur a vécu , & fur le degré de
confiance que ion autorité mérite. Sans ces remarques , on
pourroit être étonné de ce que je néglige quelquefois l'autorité
d'un Ecrivain dont je donne ailleurs le témoignage comme
décifif. J'ai confulté tous les Auteurs dont je donne ici la
lifle; il ne faut pas en conclure que je n'ai confulté que
ceux-là ; je ne nomme ici que ceux qui m'ont fourni quelques
matériaux. Lorfque j'ai tiré i'Ouvrage cité de quelqu'autre
bibliothèque que de celle de Sainte-Geneviève , j'en avertis ;
ainfi du défaut d'un tel avis , on peut conclure avec affurance
que rOuvrage cité fe trouve dans notre bibliothèque.
Lorfque l'Écrivain , dont j'allègue l'autorité , efl nommé
dans le texte , & qu'il n'y a point de citation de chapitre ,
d'article ou de page à ajouter à fon nom , je me difpenfè
ordinairement de le nommer une féconde fois en note, les
premières lettres de fon nom fufîifent pour chercher dans la
20O H t S T 0 I R E , è-'C,
table fuîvante fon nom & la notice de l'Ouvrage dont il efï
Auteur.
Quand un Cométographe ou un Hiftorien fuît dans la
relation des faits l'ordre chronologique, je me contente de
citer feulement fou Ouvrage ; le palTage cité fe trouvera
facilement fur l'année à laquelle il eft rapporté. S'il peut y
avoir quelque difficulté , j'ajoute à la citation les caraélères
ïîécefîaires pour qu'on puiffe aifément la vérifier. T. lignifie
tome ou volume ; P. partie; 7>. traité; L- livre ; C chapitre;
Arî, article ou paragraphe ; Th. titre ; P. page , &c.
Dans la lifte qui va fuivre , on trouvera à^s citations
abrégées ; il faut les chercher dans la lifte même , en leur
ordre alphabétique. Vous en avez un exemple àhs le fécond
Ouvrage nommé dans la lifte ; il fe trouve dans une col-
ieétion défignée par l'abréviation Bouquet, Cherchez cette
abréviation fur la lettre B , & vous connoitrez quelle eft \%
çolieétion où fe trouve l'Ouvrage cléfigné»
TABLE
201
TABLE
Des Citanons abrégées, employées daiis l'H'iJloïre générale
des Combes ^ ir leur Jignijicaîion*
A ^
J\ B B. S T A D. Chronîcon Albertl , Ahhatîs Stadenjis. HeTmaeftadîi,
I 587 , in-^° Albert écrivoit vers le milieu du XIII.'' fiècle ; il
m'a paru fort exadl fur les dates des Éclipfes , fur-tout depuis
i'an looo; c'eft un préjugé en faveur de fon exadiitude fur les
dates ÙQs Comètes. Je ne le cite point avant l'an 1000.
'A B B R. F R. R E G. Abbreviaùo gejlorum Francîœ Regum. Repe-
ritur in Bouquet, to. X & XL II finit en i i 37.
'Abdic. Carol. V. HijîoYia abdïcationis Caroli V> Imptratorîs.
In Hiflor. op. to. II.
Abulph. Gregorii Abul-pharajn Hijîorîa omntalis. Oxonîae ,
1672 , m-^.'
Acad. Inscr. Hiftoiie de rAcadémie royale des Infcriptions
& Belles - Lettres , &.c. Paris, 171 7 e^fuiv. in-^.'
ACAD. Se. Mémoires de l'Académie royale des Sciences. Paris j
1 6 ^ .^ Ù" fuiv. in-^."
A C O s T. Hîjloria natural y moral de las Indias , por el Padre Jofepk
de AcoJIa , Religiofo de la Compania de Jefus. Madrid, 1608 ,
în~^' Cette Hiltoire a été compofée en 1 58^»
ACROP. Georgii Acropolitœ , magni Logothethvs f Hijloria. Parifiis,
I 6 5 I , in-fol.
Adam. AI. Adaml Hijloria Ecclefiajlica. Helmeftadii , 1670 ^
în-^.' Cet Auteur vivoit vers le milieu & la fin du XI.^ fiècle.
Ademar. Ademari Cabanenfis Chronicon- In Bouquet, to, X, H
finit en 1029 , & vivoit alors.
'M G î D. Traâatus fratris yEgidii de Çometis. Maniifcrit .de Cam-
bridge , dont on trouve un extrait dans Struyck , 1 7 j 3 , /?. 1 8 ^
20 j I 07 ; & dans Philofophical Tranfaâions, t. XL VII , p. 28 i ,
'.^MiL, Pauli ^miliif ds rébus g^Jlis Frmcorum> Bafileas, i6oï;
in-fol. _,
Tome L C c
202. Table
A G N E L L. Ravennat'is Agnellï liber Pontïficaîis. In Murator. t. II,
Cet Auteur vivoit au ix/ fiède , félon Vofîlus.
AiMOiN. Aimoinï , Alonachî Florîacenfis , de gejîis Regum Fr an-
cor um , librî IV. In Bouquet, r. ///.
AlMOlN. SUPPL. Annonii ( id ejl , Aimoïni ) fuppkmentum , feu
liber quinîus. II efl imprimé à la fuite des quatre prëcédens.
Paris , 1514? in-fol. li eft dit à la fin du Livre qu'il a pour
Auteurs divers Moines de Saint-Denys.
Alber. Casin. Anonymi Cafinenjîs,feu Domni Alberici Chronicon,
In Murator. t. V. II n'efl: pas toujours exad fur les dates.
Albert. Magn. AWerti Afagni , liber primus Afeteorori/m ,
traâatu ^. cap. ^ , dans le fécond volume du recueil de fes
Ouvrages. Lyon y 1651, in-fol.
AlpERT. Alperîus de diverfitate tempormn. In Eccard. t. I.
Al ST. Joannis Henrici Alftedii Thefaurus Chronologiœ. Herborna?
NafTovîorum , i 637 , in-8 .' La cinquante-cinquième chronologie,
qui efl: celle des Comètes , efl: faite fans aucun difcernement.
Am A L R I C. Amalrici Augerii de Biterris , Aâus Pontificum Roma-
norum ad Joannem XXII , feu ad annum i ^ 2 1 . In Piflor. t. II,
A M MI AN. Ammiani Alarcellini , rerum geftarum , libri XVIJI
fuperflites. Parifiis , i 6 8 i , in fol.
Ammir. Hiforia Fiorentina , di Scipione Ammirato. In Firenze^
I 647 , in fol.
A N A s T A s. Anaflafii Bibliothecarii , Hiflaria Ecclefiajlica, Parifiis ,
I 64P , in fol.
A N D R. Rat. André œ Ratifionenfis , & Joannis Chraft ^ Chronicon,
In Eccard. t. I. André finit en 1348, & fon continuateur,
Jean Chraflft, en 1490.
Anecdot. Grande colledion, dont le titre efl , Thefaurus novus
Anecdotorum , opéra & ftudio PP. Edmundi Afarîenne & Urfini
Durand. Parifiis , 1717, in fol.
Angelocr. Danielis Angelocratoris Chronologia autoptica, i 6 0 i ,
Je n'ai pu trouver cet Ouvrage; je le cite peu, & je ne le fais
que fur la foi de Struyck.
Ann^eb. Annœbergœ , Mifniœ urbis , Hiforia, auâore Paulo
Jenifo , Annœbergenf. Drefdae , i 605 , in-^." Je ne cite que le
livre II ou les Annales ; elles s'étendent depuis la fojîdatioa
d'Amieberg, en M'5*7? jwfqu'en 1604.
/ ï
DES Citations. 203
Annal. Adlz. Annales Boicœ gentis p$r Joannem Adbjeitter.
Francofurti ad Mœnum, 171 o, in-fol.
An N a l. Asser. Chrome on fanï S. Neothi , five Annales Joann'is
AJferii. In Th. Gai. Ces Annales finilTent en 914., AfTer vivoit
alors ; il efl exa<5t fur les dates des Eclipfes.
Annal. Augstb. AchilUs Pîrmini Gajfarï , Annales Augjl-
burgenfes. In Menken. t, I. L'Auteur efl: afTez exaâ; fur les
Éciipfes. II étoit né en 1505; il finit fes Annales en i 576; il
mourut l'année fuivante. Il avoit compofé , étant jeune , une
C hronique générale , dont je ne fais aucun ufage , la chronologie
m'en ayant paru trop fautive.
Annal. Bamb. Annales Bamhergenfis Epifcopatûs , Afart'mi
Hoffmanni , ab origine ad annum j^^o. In Ludewig. t. I.
Annal. Bel g. Annales , five Hijforîœ rerum Belgïcarum , a
dherfis auâoribus confcriptœ. Francofurti ad Mœnum , 1580,
în-foL
Annal. Bertin. Annales Bertiniani. In Bouquet, t. VI & VIL
Annal. Bosov. Annales Bofovîenfes , ab anno 112^ ad annum
1 1()8. In Eccard. t. I,
Annal. Burton. Annales Monajlerlî Burtonenfis , ab ann9
100^ ad annum 1 26 ^. In Rer. Angl. Script. î, I.
Annal. Cœsen. Annales Cœfenates. In Murator. t. XIV.
Elles paroiiîènt avoir été terminées d'abord en 1334, & conti-
nuées enfuite par d'autres Auteurs.
Annal. Colmar. Annales Dominîcanorum Colmarenfmm. In
Urftis.
Annal. Est. Annales EJlenfes , auâore Jacob 0 Delayto , Can-
cellarîo Domini Nicolai EJlenfis , Alarchîonis Ferrarîœ , ab anno
^393 ad annum 1^0^. In Murator. f. XVHL Cet Auteur
efl: contemporain.
Annal. Flandr. Annales Flandrîœ. In Annaï. Beîg. /. //
L'Auteur ou le Coiledeur efl; Jacobus Meyerus Baliolanus, il
vivoit , je penfe , en 1 477.
Annal. Franc. Annales Francorum ah anno yi4 ad 8 8 ^ .
In Pith. Quoiqu'il y ait quelque différence entre ces Annales &
celles de Fulde , il y a lieu de croire cependant que ce ne font
que deux éditions différentes d'un même Ouvrage. Les Annales
de Fulde font d'ailleurs plus exades fur les dates.
A-NNAIm Forol. Annales Forol'menfes (de Forli dans la Romagne)
2 04 TABLE
ah anno /-S// ad anmm 147^ > anonymo aurore. In Murator,
t. XXJI.
j^NNAL. FuLD. Annales FrancQYum Fuldenfes. In Bou^^uet.
t. VII & VIIL L'auteur vivoit vers la fin du ix.* fiècle.
Annal. Gen. Georg'û Stellœ , Annales Genuenfes. In Murator.
t. XVI L Elles finifîent en 1409 , & ont e'té e'crites vers ce
même temps.
Annal. Hildesh. Annales Hîldesheîmenfes. /« Script. Brunfwlc.
î. L
Annal. Hirsaug. Joamîs Trîthemîî ; Annales Hirfauglenfes.
Typïs monajlerii S. Gallï , 1690, in-fol. .
Annal. MarG. Annales de Margan , five Ckron'ica ahhreviata ,
a tempore S. Edwardi , Regîs ultimi de progenie Anglorum. In
Rer. Angl. Script, t. IL Elles finirent en i 23 i ; les dates des,
Éclipfes lont prefque toutes exades.
Annal. Mediol. Annales Medîolanenfes. In Murât. î, XVI*
Elles font écrites au commencement du xiv,^ fiècle.
Annal. Met. Annales Metenfes. In Duchefn. t. lîl, &-m
Bouquet, t. II & F". Cette compilation finit à l'an 903,
Annal. Mutin. Annales veteres Mutinenfium. In Murator^
t. XL
Annal. Placent. Annales Placent inï , per Antonlum d^
R'ipalta y ab anno i^oi ad ann. 14^ S confcr'ipti , & per'
Albertum , e'jus jilium , ad amium i^S^- continuaù. In Murator,.
t. XX,
Annal. Raim. Annales de Rahno , five hrevis Hïjîorïa NeapO" '
inana , ab anno 1 i ()y ad ann. i ^8 6 , auâoribus Ludovico feniore ^
& Ludovic 0 junior e de Raîmo. In Murator. r. XXI IL
An N a L. S A X O. Annalïjla Saxa. In Eccard. t. L L'Abbé Ekkéard,
Auteur de ces Annales , vivoit au commencement du xii.'' fiècle»
Annal. TrEVIR. Antiquîtates & Annales Trevîrenfmm , auâo-
ribus Chrijhphoro Browero & Jacobo Alafenïo , Soc, Jefu. Leodii;^
I 671 , m- fol.
Annal. Turc. Annales Sultanorum Othmanîdamm , a Tunis
fuâ linguâ Jcriptï , &c. Ad calcem Hijlonarum Leonici Chako-'
condilœ. Parifiis , 16^0 , in -fol.
Annal. Vicent, Annales Vicentîni , per Confortum Pulicem ,
ab anno i ^yi ad annum i ^ 8y. In Murator. t. XI IL
Annal. "Way£RL. Annales Waverleienfes. In Rer. Angl. Script, ^
DES C J T À T T 0 N S, 'iàf
t. II. Elles finiflent en 1 2^ i ; les eclipfes y font afîêz exacSlement
datées.
A NON. AsTRON. Anonymus auâor Vitce Ludovïd PU. In
Bouquet, t. VX, Cet Auteur eft contemporain, & fe donne pour
Aftronome.
An ON. Bav. Anonymi Bavari Chronîcon , ah ann, 1$^^ a.à
141 8. In (Efel. î. L
Anon. Benevent. Anonymi Bemvênîanî Hîjîorla Longobaf"
doYum. In Thef. It. t. IX , p, i .
Anon. Brev. Anonymi Itali , Breviarium Italicce HiJIorîœ. In
Murator. z. XVI» Cet Anonyme écrivoit vers le milieu du
XI Y." fiècle.
Anon. Casin. Anonymi ÂlonacU Cafinenfis hreve Chronîcon. In
Murator. t. V, & Thef. It. t. IX. Il finit en i 1 9 5 . Les dates
des ëcIipfes font peu exaéles. Muratori penfe que cet Anonyme
n'efl: autre qu'Albéric du Mont Calîin : on a une Chronique de
cet Aibéric , bien plus étendue que celle-ci.
Anon. Compil. Anonymi Compilatio Chronologica , ah initia
mundi ad annum 1 474. In Piflor. r. /. Cette Compilation fait
douter quelquefois du difcernement de fon Auteur,
Anon. de Com. 1468. Anonymi Traâatus de Corne ta annî
î 46 S , ad fummum Pontifcem. Ce Traité fe trouve dans une
colledion manufcrite de la Bibliothèque du Roi, n.° 7336,
in -4.' Elle m'a été obligeamment communiquée , ainfi que
plufieurs autres , par feu M. Capperonnier, qui m'a aidé même
à les déchiffrer.
Anon. Erphesf. Anonymi Erphesfordienfis , Hijloria de Land"
graviis Thuringiœ. In Piftor. /. /.
Anon. Gnezn. Anonymi Gne^nenfis, brevior Chronica Cracovii^»
In Sommerfb. t. II.
Anon. Leob. Ano?iymi Leohienfis Chronîcon. In Pez, Auflr.
t. I. Dans tout le premier livre de (à Chronique , cet Auteur eft
un compilateur fans difcernement ; il y a autant de fautes de
chronologie que d'articles; dans le fécond livre, il eft plus étendu
& plus exaét : il finit en i 343.
Anselm. Gembl. Anfe/mij Gemhlacenfis Ab bâtis j Chronicon^_
cum omnibus cjus auâuariis. In Piftor. î. I.
Antiqu. Brit. Antiquitat^s Eççkjiç^ Britannicos, Londini^
J572, in -foi
206 T A B L E
Antiqu. Constant, Anonymî , Antîmtltates Conjlant'mo^
polis, in tomo primo Imperii Orieiitaiis. Pariliis, lyii, in-fol,
A N T O N I N. Divi Antonini Chronica. Lugduni , 1586, in-fol.
ApiAN ou Appian. AJlronomicum Cefareum , Pétri Apiani.
Ingoiftadii , i 540, in-fol. forme d'Atlas. li m'a été communiqué
à la Bibliothèque du Koi.
Appian, Al, Appiani Alexandrini , Romanarum Hijloriarum^
Ù'c. Excudebat Henricus Stephanus , 1592, in fol.
ArcHIEP. Brem. Incerti Auûoris , Hijloria Archiepifcoporum
Bremenfium, In Liiidenb.
Archiep. TrevîR. Gefa Trevirenfum Archiepifcoporum. In
CoIIecH;. monum. Il paroît que c'eft l'ouvrage de plufieuis
Auteurs contemporains , ou prefque contemporains aux faits
qu'ils rapj)ortent.
Arenpeck, Viti Arenpeckii , Chronicon Aujlriacum. In Pez.
Auftr, t, I.
A R E T. B revis Cometaruui explicaiio , &c. Auâore B. Aretio
]S. Bernes Helvetiorum , '550, in-^." Cette explication eft
fuiviç d'un Catalogue de Comètes,
Arist. Arifotelis, Afeteorologicorum liber primus ; au premier
volume de Tes Ouvrages , édition de Paris , i 6 1 9 , in fol.
A R N U L p H. Arnulphi , Gejla Mediolanenfium. In Thef. It. t. IV,
& in Script, Brunfv, t. III. Cet Auteur eft contemporain.
Aven TIN. Joannis Aventini , Annales Boiorum, Francofurti ,
16^27, infbl.
Au G. DE CiV, Augufini Operum tomus feptimus , libros XXII
de Civiîate Dei compleélens. Parifiis , 1685, in fol.
A VI EN. Aratea phœnomena , Rufo Fefo Avieno paraphrajle. Cette
paraphrafe ell dans un Recueil intitulé , AJfronomica veterum
fçripta Ifagogica. In officina Santandreana , i6S^ , in- S."
AuREL, ViCT. Sexti Aurelii Viâoris , Hiftoriœ Romance com-
pendium, in ufim Ser. Delphini, Parifiis, 16B1 , in-^.'
A F F. De Cometis libri très , auâore J. B, Venaniîo Baffo ,
Curinaltenf Medico. Perufiae , 1580, in-^.' Je ne le cite que
fur les Comètes de foii temps ; il éçrivoit en 1 579.
2)ri Citations, 207
BaldEJRîC. B aider ici , Noviomenfis Epifcopî , Chronicon Came-
racenfe & Atrebatenfe. In B©uquet , t. X. Cet Auteur écrivoit
vers la fin du XI,'' fiècle.
B A L ^. Joannes Balœus , de Script orîhus illujlribus majorîs Britannîœ,
Bafileae , 1559» in-fol. Cet Ecrivain ert plus ardent à décrier
la foi & la difcipline de l'Églife catholique , qu'attentif à la fidélité
de i'Hifloire & ài'exaditude des dates ; tout lui eft bon, pourvu
qu'il morde.
B A R L A N D. Adrîanî Barlandï , Chronicon Brahantiœ Ducum. In
Annal. Belg. t. IL
B A R R E T T. Lucii B arrêt ti , (vero nomine , Alherti Curtii) Hijloria
cœkjlis i e Tychonis Brahœï manufcriptis defumpta , ù'c. Auguflse
Vindelicorum , 1666, in-fol.
B A S N A G. Thefaurus monumentorum ecclefiajlicorum if hijîoricorum ,
five Henrici Canifii Leâiones antiquœ , editœ per Jacobum Bafnage,
Antuerpiae , 1 72. 5 , in-fol.
Bed. Venerabilis Bedcs , Hifloria ecclefiafica gentis Anglorum,
Cantabrigis , i 644 , in fol.
Bell. Livon. Hiforia belli Livonici. In Hift. op. t. III.
Bergom. Suppkmentum fuppkmentî Chronicarum , a P. Jacobo
Philippo Bergomenfe. Venetiis , 1505, in-fol,
Bernard. Bemardus Thefaurarius , de acquifitione Terres fan6lce>
In Murator. î. VIL
Berthold. Bertholdi , Conjîantienfis , Appendix ad Hermanni
Contraâi Chronicon. Reperitur ad calcem diâi Chronici. Berthold
vivoit au XI. ^ fiècle.
BiBL. Labb. Nova Bihliotheca manufcriptorum Ubrorum , opéra
Philippi Labbe , Soc. J. Parifiis , 1657, in-fol.
B I z A R. Rerum Perficarum Hifloria > auélore Petro Bi-^aro , Sentinate,
Francofurti , i 60 i , in-fol.
BiZAR. Gen. Senatûs , populique Genuenfs Hiforia , auâore
P. Bi^aro , Sentinate. Antuerpiae , 1 5 79 > in-fol.
Blanc. Spkœra mundi feu Cofmographia demonfrativa , if c auâore
Jofepho Blancano Soc. J. Mutinae , 16^ ^ , in-fol.
B O D I N . Univerfœ Naturœ Theatrum , auâore J. Bodin. Hanoviae j
1605, in- S." & Lugduni, 1596, in- S."
B O e T H . Scotorum Hijloria a prima origine , Heâore Boethio > Dei-
dcnano , auâore , cum appendice , per Joannem Ferrerium , Peds-^
montanum, Parifiis, 157J; in-foL
2o8 TABLE
BoHEM. PI A. Georgiî Bertholdi Ponîanî , Bohemîa pia. Fraii«
cofurti, 1608, in-fol,
Bon FIN. Anton! i Bonfnii , Rerum Hungaricarum, Hanoviae,
1606, in-foL
BONINCONTR. Laurent a Bonîncontrïî , Mînîatenjîs , Annales ,
ah anno 1^60 ad annum 14^ S, In Murator. t. XXI, L'Auteur
étoit né en 1410.
Bouquet. C'ell l'abbre'viation par laquelle je deTigne îa grande
Colledion des Hiftoriens des Gaules & de la France , par
D. Martin Bouquet & autres Religieux Benédidins. Paris,
î y^ S iX fuiv. in^fol.
B R O M P T. Joralanenfis Hîjloria , a Joanne Brompten , Abbate
Jornalenfi , confcripta. In Hill. Angl. Script, t. I,
B R u N N E R. Annales Boîorum , André œ Brunneri, S. J. Francofurti
ad Maenum , 1 7 1 o , in-fol.
B U C E L I N. Germania Topo - chrono -Jlemmato - graphie a , opéra
Gabr'ielis Bucelïni , S. J. Augujlœ Vindelicorum , 16 j^ , in-fof,
Je ne cite de cet Ouvrage que les Annales qui font à la tête.
BUCELIN. Rh(ET. Rhœtîa Topo - chrono -Jlemmato - graphica ,
opéra Gabrïel'is Bucelïni. Ulmas ( vel Augullae Vindelicorum ) ,
I 666, in-j^."
B u L E N G. Juliî Cœfarîs Bulengerî , Hijloriw fui temporis^
Lugduni , 1619, in-fol.
BuONFiGL. lîiforia Siciliana , raccolta per Giofeppe Buonfglio
Cojianio , Cavalliere Aleffïnefe, In Venezia , i 604. , in - -f .*
Auteur fans jugement.
BURKHARD, Burkhardi , Monachi S. Galli , Hiforia.'Dz.ns un
Recueil qui a pour titre , Alamannicarum rerum Scrip tores aliquot
velujli , è Bibliotheca Jldelchioris Haiminfeldii Goldafi, FraU'»
cofurti, 1606, in-fol. t. I , p. i.
Bzov. Annalium Ecckfiaficorum Baronii , t. XIII, XIV, XV,
ifc. auélore Fr. Abrahmno B^ovio. Colonise Agrippinae, 162.1 ^
îtt-foU
C
%,^ ADAM us T. Aloyfii Cadamiifi Navigatio. In CoUeâione , eue
titulus , Novus orbis. Parifiis , i j ^ 2 , in-fol.
12/ES. p« Ces, Georgii CeefU Çatalogus omnium Gometarum, ufquc
ai
DES ClTATîONS. 2O9
eâ anmim ijyp, à^c. Norimbergae , 1579, in- S.' Je ne le
cite que d'après les Tabies Aftronomiques de Berlin.
CyESAR. Heisterb. Excerpid Hifrorïarum memorabilium , Cœfaril
Heijîerbacenjis. In Script. Brunlw. Auteur contenjpofain.
Calch. Trïjlan'i Calchï , Hiftoriœ patriœ. In Thef. It. t. IL
Calch. nupt. Tiîftanï Calchï , Nuptïœ Mediolan. & EJlenf.
Prïncipum. Ibidem.
Caeend. Ambros. Excerptd e vetujliffîmo Cakndar'io manuf-
criplo Ambrofianœ Bibliothecœ. In Mura.or. /. //, p. 2. Je ne
trouve dans ce Calendrier aucune date poltérieure à l'an 12,75.
Callimach. p. Callimachi Exp^rîentîs Attila. A la fuite de
Boiifin, cité plus haut.
C A L V I s. Opus chronologicum Sethi Calvifii. Francofurti ad Oderam j
1 63.0, in-fol.
Cambden. Coll. AngUca , Hibimica , Normmnica, Cambrica
a veteribus fcripta , e Bibliothecâ Guillelmi Cambdeni. Francofurti ^
I 602 , in-fol.
Cambden,, E l 1 z. Vie de la Reine Éîizabeth , par Guillaume
Cajnbden. On Ja trouve dans une Coîledion compleie de l'HiJfoire
d' Angleterre , avec la vie des Bois & des Reines , ifç. en Anglojs.
Londres , 1 y 0 â , m -toi.
C A M E R A R. Joachimi Camerarii , de eorum , qui Corne tœ dicuntur,
nominibiis , naturâ , ù'c. difputatio. Liplise, i 558 & i 578, in- S."
L'ouvrage a été compolé en 1^58.
Camerar. ANNOT. Joachimi Camerarii, Annotât io rerunt
prcEciuuarum , quœ acciderunt ab anno i j ^ 0 ad i ^ 6 1 . In Freher.
t. IIL
Cand. Decembr. Vit a Philippi - ALariœ Vicecomitis , per
Petrum Candidum Decembrium. In Murator , t. XX.
Cardan. AstroR. LIieronymî Cardani in Ptolemœum de
AJlrorum judiciis. Au cinquième Volume de les (ÎEuyres de
l'édition de Lyon, 1663 , in-fol.
Cardan.. Subtil. Ejufdem Cardani de Subtilitate, libri XXL,
Au troilième Volume de la même édition.
Cardan. Var. Ejufdem de reruni Varie tate. Dans le même
Volume.»
Cas PAR. Cafparï , Annales Genuenfes. Ln Murator. t. VL. Il
n'y a que le premier livre de .cet Ouvrage qui foit de Carpari
J'orne L P d
2IO Table
ies autres ont chacun leur Auteur particulier , & tous ces Auteurs
font contemporains des faits qu'ils rapportent.
Catal. su m m. Pont. Catalogus fummorum Pontificum , non
diu pojl annum 10^8 confcriptus. In Piftor. t. II,
Cavit. Ludovicï CaviteUïi Cremonenfes Anna/es. In Thef. It,
t. III, Cet Auteur auroit mieux fait de ne pas écrire ; il efl:
inexad , même fur la date des faits arrivés de Ion temps : il e(l
d'ailleurs d'une crédulité exceffive fur tout ce qui peut tenir du
prodige , ou paroître extraordinaire.
C E D R E N . Georgii Cedrenï , Compendium Hijlorïarum. Parifiis ,
I 647, in-fol.
Cent. Ecdefœ Hijlorla , fecundùm fmgulas centurîas digejia , per
aliquot Jtudiofos in urhe Magdeburgïcâ. Bafilese , 1564, in-fol.
Ces Auteurs font ceux qu'on a coutume d'appeler les Centuria-'
leurs de Magdebourg. Lorfque je cite fimpiement cette Hiftoire,
(ans indiquer la partie où fe trouve le fait que je rapporte , c'eft
toujours au treizième chapitre du iièele ou de la centurie cou«
rante qu'il faut le chercher.
Chron. Admont. Chronicon monajierii Admonîenfis. In Fez,
Aurtr. t. II. Cette Chronique finit en 1250 ; mais il paroît
qu'elle avoit été terminée d'abord en 12.05 , & que ce qui fuit,
jufqu'en 1250, a été ajouté après coup.
Chron. Alber. Chronicon Alberid , Trium-fontium Monachî,
In Leibnit. t, IL Menken. /. /, & Bouquet , t, XI, Auteur
peu exad fur les dates; il finit en 1241.
Chron. Andeg. ï. Chronicon Andegavenfe, In Bouquet,
t, VII & VIIL
Chron. Andeg. II. Chronicon Andegavenfe , feu potiùs
Chronicû. Andegavenfia brevia. In Bibl. Labb. t, /,
Chron. Andr. Brève Chronicon André œ , Prejbyteri, In.
Bouquet, t. VII} & Menken. t, I. Cet Auteur écrivoit peu
après 875.
Chron. Aug. Chronicon Augienfe, In Bouquet, î. VII.
Chron. August. Chronica Augufenfs, In Freher. t, I.
Chron. Austr. Chronica Aufralis. In Freher. /. /.
Chron. Bald. Chronicon F. Balduini , Diaconi & Canonîct
Viconienfis , Ordinis Prœmonfrat. a Ckfifto nato ad annum i-zp^*
In Sacr. Antiqu. monum, t, II,
DES Citations. m
ChRON. Bel g. Magnum Chronicon Belgicum , colkâore anonymo
Canonîco regulari. In Piftor. t. III. La Chronologie de ce
Compilateur n'eft pas fort exadle.
Chron. Boss. Chron'ica Bojfiana. Mediolani , 1492, in fol.
Ces Chroniques contiennent principalement l'Hiftoire de Miian :
il y a bien des anachronifmes ; ils deviennent plus rares depuis
ï'an looo. Ce qui regarde Milan eft fans doute plus exaél que
ie refte. L'auteur, Donatus Bofîius , Avocat à Milan , dit
plufieurs fois qu'il étoit dépofnaire des anciens Statuts de
Milan , en originaux : il pouvoit l'être aulîi des anciennes Chro-
niques de cet Etat.
Chron, Bothon. Bothonîs , Chron'ica Brunfw'icenfis, In Script.
Brmifw. t. III. Elle finit en 1489.
Chron. B r e m. Chron'ica Bremenfis , Henrïc'i Wolterî, In
Meibom. /. //. Elle finit en 1^6^,
Chron. Bret. Chronique abrégée de la petite Bretagne,
jufqu'en 1360, écrite vers ce même temps. C'efl un manufcrit
de Sainte - Geneviève , in - 4."
Chron. Carion. Chronicon Carionis , auâum a Philippo
.Jïlelanôihone & Gafparo Peucero , 1581 , in- 8." La critique en
eft aifez faine , mais trop fouvent déparée par l'efprit de parti ;
un fait, par exemple, de fréquentes digrefîions fur l'ignorance
& l'inutilité des^ Moines en certains fiècles , & ce n'eft prefque
que dans les Ecrits des Moines & autres Religieux de ce*
mêmes fiècIes , que j'ai trouvé les fecours néceflaires pour con-
tinuer le fil de mon Hiftoire.
Chron. Casaur. Chronicon monajlerii Cafaurienfis. In
Bouquet, t. VIL
ChroNo Casin. Chronicon monajlerii Cafinenfis, In Murator.
t. IV
Chron. Câssiod. Ca^^wdori Chronicon. Dans une Collediou
intitulée , Hijloriœ Romance Scriptores Latîni minores. Francofurti,
1588, in-fol. t. I.
Chron. Catal. Chronicon S. Pétri Cataîaunenfis ah anno i 0 0 p
ûd annum 122^. In BibL Labb. t. I.
Chron. Cav. Chronicon Cavenfe , finifîant en 1 3 1 8. In
Murator. t. VIL
Chron. Citiz. Pauli Langii Cygnoeî , Chronicon Ciliienfe.
In Piftor. î, I,
Ddi;
2Î2 Table
Chron. ClAUSTRO-Neob. ï^hronicon Claujlro-Neohurgenfe.
In Pez. Aufir. t. I. Cette Chronique eft: une des plus exades
que j'aie trouvée fur les dates des éclipfes : çMq finit en 1348.
Chron. Clusin. Henricî Bodonis , Chronicum Clufinum. In
Script. Brunfw. t. IL
Chron. Constant. Chronograph'm , juffu CoTiJIantim Por-
. phyrogennetî confcripta, In Script, poil Theoph.
Chron. ElNON. Brève C/ironicon Elnonenfe S. Amand'i ( ad
ann. 122^ ). In Anecdot. t. III.
Chron. Elv/ang. Chronicon Elwangenfe ( ad annum i ^jy).
In Freher. t. I,
Chron. Em. Chronicon Emonis & Alenconis , Ahbatum Weru-
menfium , ab anno 120^ ad ann. I2j6. In Sacr» Antiqu.
monum. t. I.
Chron. Engelh. Chronicon Engeîhufn ( finiffant vers 1423).
In Script. Brunlw. /. //.
Chron. Erfurt. Chronicon S. Petri , vuîgo SampetrinuM
Erphurienfe (ad annum 1 1 J J )> In Menken. t. III.
Chron. Est. Chronicon EJîenfe , per Synchrones Auâores. Tît
Murator. t. XV.
Chron. Floriac. Chronicon Florlacenfe. In Bouquet, t. VII
& VI IL
Chron. Fontan. Chronlcl Fontaneîknfis frâgmsntum ^ per
audoretn coœvum. In Bouquet, t. VJI.
Chron. Foroliv. Chronicon Forollvknfe , ah anno 1^97
ad I ^^ ^ , a Fr. Hieronymo Forollvienfi , Ordinis Pnxdlcat. Itl
Murator. t. XIX. L'Auteur étoit né en 1348.
Chron. Foss.-NOV. Chronicon Foff'œ.- novœ. In Murator^
t. VIL
Chron. Franc. Chronique de France abrégée, écrite vers
i'an 1440. C'eit un raanulcrit de Sainte-Geneviève, in-^."
Chron. GermaN. Germanorum Chronicon, auélore Uulderïco
Adutlo. In Piftor. î. IL La Chronologie de cet Auteur eft peu
exadte, quant aux fiècles éloignés du feizième dans lequel il
vivoit,
Chron. FIerveld. Chronicon Hljlorios Germanlcœ , auâore
Monacho quodam Flervddenfu In Hillor. op. /. /, L'Auîeus
YÎYoic au XJ.' fiède.
DES Citations. 213
ChRON. Hirsaug. Joannîs Trithemii , Chron. Hîrfaug'ienfe,
In ejus Operïbus hiflor'icîs , editis Francofurti, î6oi, in- fol.
Chron. Isid. Ifidori , Hifpalenfis Archiepîfcopi , Chron icon, In
Hifp. iiluftr. t. IV,
Chron. Leod. I. Chronîcon Leodienfej In Êouquet, t. IX^
Chron. Leod. II. Chronîcon leodienfe. In Bibl. Labb. t. I,
Eile finit êii 1132.
Chron. Lob. Chronîcon Lobîenfe. //7 Bouquet, t. ÏX, & in
Anecdot. /. ///. Dans cette dernière colledion , la Chronique
s'étend jufqu'à l'an i6ji^\', mais les Éditeurs jugent que, depuis
Fan 1000 , prefque chaque fait a Ton Auteur particulier &
contemporain.
Chron. Lunèb. Chronîcon Lunehurgïcum , Saxonicâ diakéto
confcrîptum. In Eccard. /. /.
Chrôn. Magdeb, Chronîcon Magdeburgenfe. In Meibom,
t. II
Chron. Mailr. Chronlca de Alaîlros, ah anno 7^ j ad 1 ^y &,
per diverfos Audores. In Rer. Angl. Script, t. I. Les dates des
éciipfes y font aiïez exades : j'y ai cependant trouvé quelques
erreurs d'un jour, & même d'un an llir l'éclipfe de Lune dû
2,3 Novembre 755, que la Chronique rapporte au 23 Novembre
756. II y en eut bien une totale en 756, mais Je i i Novembre
& non ie 2, 5 .
Chron. Mâll. Chron. Malkacenfe. In Bibl, Labb. t. IL
C'eft Ja même que Chron, S, Aîaxent, ci-après.
Chron. Mass, Chronîcon S. Vidorïs Majdienfs. In EibL
Labb. î. I.
Chron. MelLic. Chronîcon Mdlîcenfe. In Pez. Auflr. t. L
Elle finit de la première main à l'an i 123 ; elle a été lucceffi-
veinent continuée par diftérens Auteurs , julqu'en i 564: elle
eft en général afîez exade. On peut voir d'ailleurs ce que j'en
dis fur l'an 1265,
Chron. Mort. mar. Chronîcon monajlmi Mortuî - mariso
In Anecdot. î. III.
Chron. Mutin. Chronîcum Mutînenfe , Joannîs de BaianOc
In Murator. î. XV.
Chron. Neumb. Chronîca Neumburgenjîs Ecckfiœ , per Pauluni
Langîum in monajierio Pofavienfi colle él a , iT' ab eodcm ad annum
j j ^ 6 £erdu6la. In Meiilieii. î. IL
2î4 TABLE
ChroN. NovAL. Chronicon Novalidenfe. In Murator. î, lî,
p. 2.
ChroN. Nuremb.' Liber Chronïcamm , per viam Epitomatis ^
ifc. vulgo Chronicon Nurembergenfe. Nurembergae, 1493, ïn-foL
chartâ max.
Chron. Pad, Monachî Paduanï Chronicon^ In Thef. It. t. VI p
& Murator. t. VIII.
Chron. Parm. Chronicon Parmenfe. In Murator. t. IX.
Chron. Pasch. Chronicon Pafchale. Parifiis, ï6S^ , in-foL
Chron. Pegav. Chronici Pegavknfis collât iones & continuat'io ,
ab anno iizj ad ann. 12] 6, La première main paroît finir
en 121 5. In Murator. t. III.
Chron, Pict. Chronïca abbreviata Petr'i Pïâavienfis , ad
annum. i 2J4. Dans un manuicrit de l'abbaye de Saint-Vidor,
qui m'a e'té obligeamment communiqué , ainfi que plufieurs
autres, par M. Luce, Chanoine, & alors Bibliothécaire de ladite
Abbaye.
Chron. Pipin. Chronicon Francîfcî Pîpîni. In \Murator,
;. IX.
pHRON. Placent. Joannîs de Alujfis, Chronicon Placent'inum,
In Murator. t. XVI, Cette Chronique eft écrite en 1400.
ChrON. p. VI VI. Chronicon S. Petrï-v'iv'i Senonenfis. In Spicif,
t. II , & Bouquet ^ t. X & XI. L'Auteur écrivoit en 1 1 2,4 ,
ou peu-après : c'efl: le même que Clarius.
Chron. Quedlinb. Chronicon Quedlinburgenfe, In Script.
Brunfw. t. IL Eiie finit en Ï025; l'Auteur vivoit alors. Les
dates des éçlipfes font affez exades avant le ix.*" fiècle , & bien
plus exades depuis Fan 800.
Chron, Reg. Chronica régla S. P^ntaleonis, ufque in annum 1 1 6 î
coniinuata. In Eccard. t. I.
ÇhroN. Rem. Chronicon Remenfe. In Bibl. Labb. /. /. Cette
Chronique n'efl: pas fort exade fiw* les dates des éçlipfes ; elle
en rapporte à l'an 1023 , une qui appartient à l'an 1037, &
à l'an 1027, une autre qui appartient à l'an 1033.
Chron. Riddag. Chronicon Riddaggeshufanum , veî Riîîa-
geshufanum. In Script. Brunfw. t. IL
Chron. Rotom. Chronicon Rotomageiife. In Bibl. Labb, t. L
Elle finit en 1338; ce qui fviit cette année a été ajouté par
une autre main?
DES Citations, 21J
Chron. Saliseurg. Chron. Salijburgenfe (ad annum i ^ ^ $),
In Pez. Aullr. t. I.
Chron. Salisb. II. Chronîcon Salijhurgenfe , anonymî Sarî"
Petrenfis. In Pez. Auftr. î. II. Elle finit en 140)4.
Chron. Salisburia, Chronica Salifiurgenfia. In Bafnacj,
t. IIL
Chron. Salmur. Chronîcon S. Floreniïï Salmurienfis. In
Bouquet, t. IX, &. Coll. monum. t. V. Cette Chronique finit
en 1235 ; la chronologie i\^\\ efl pas fort exade , avant
l'an 1 1 00.
Chron. S. >Egid. Chronîcon S. yEgïdïï Brunfwîcenfis (ad
annum i^j^ ). In Script. Brunfw. r. ///.
Chron. S. Alb. I. Chronîcon S. Alb'ini Andegavenfis. In
Bibl. Labb. t, I. Elle finit en 1200.
Chron. S. Albiri. II. Chronîcon S. Albinî Andegavenfis,
In Bibl. Labb. t. I, Celle-ci finit en i i i o.
Chron. S. Benign. Chronîcon S, Benîgnî Divionenjîs. In
Spicileg. t. II. L'Auteur finit en 1052 , & vivoit alors.
Chron. S. Den. Vieilles Chroniques, connues fous le nom
de Chroniques de Saint- Denys. Dans Bouquet, t. II & fuïvans,
C'eft une compilation d'Auteurs anciens &: contemporains pour
la plupart.
Chron. S. Dionys. Chronîcon brève S, Dlonyfiî , ad cycîos
Pafchales. In Spicileg, /. //. Cette Chronique s'étend julqu'en
1292; QWe eft probablement l'ouvrage de plufieurs Auteurs qui
y ont travaillé fucceffivement.
Chron. S. Flor. Chronîcon S. Florentll. In Bouquet, t. VIT,
& allud t. IX.
Chron. S. Gall. Chronîcon S.Galll. In Bouquet, t. VIL
Chron. S. Maxent. Chronîcon s. Maxentll, allas Malle a^
cenfe. In Bouquet, t. VII & IX, & In Bibl. Labb. t. IL
Chron. S. Medard. Chron. S. Medardl Sueffwnenfis, In
Spicileg. t. IL
Chron. S. Mich. Chronica S, Mlchaëlls in perlcuîo maris. In
Bibl. Labb. t. L
Chron. San. I. Chronica Sanefe , idejî, Chronîcon Senenfe ,
audore Andréa Del, & continuât ore Angelo Turœ. In Muraior,
t, XV. Cette ChfQiiique fe termine au milieu du Xi Y/ fièçle.
21 6 Tablé
ChroN^ San. IL Chrome a Sanefe , ïd ejl , Chronîcon Senenfe ^
cmjcrïptum a Ner'io , Donati fdio. in iVlurator. t. XV. Ceile-ci
iinit en 1381.
Chron. Sic. Sicardi Chronîcon. In Murator. /, VII. Sicard eîl
mort en i 2 i 5 .
ChroN. Siles. Chronïci vetujlijfmi Siîejiœ fragmentum, In
Sommerlb. t. II.
Chron. Si th. Chronîcon Sîthîenfe. In Bouquet, t. IX. Voyez
I PE R.
Chron. SlAV. Incertî auâorls , Chronka Slavka. In Lindenb.
ÇhroN. SpONH. Jimnnis Trithemii , Chrouïcon Sponheimenfe. In
ejus operibus h'ijloricis. Francofurn , 1601 , In-Jol.
Chron. Stepebb. Ckronicon Stederburgenfi. In Aieibom,
f, /;, & în Scripî. Bruniv/, t. I. Ceïte Chronique finit en 1 1 80;
je ne l'ai pas trouvée fort exaéte lu^ les dates des éciiplës,
Chron. T a r V I s. Chrpnicon Tarvîjînum , ab anno 1^68 ad
cnnum 1^28 , audore Andréa de Redujiis de Quero j fcriptore
coœvu. In Muraior. t. XIX.
Chron. Turon. Chronîcon Turonenfe. In Colî,, monum,
î. IL
Chron. Verdens. Chronîcon Epîfcoporum Verdenfwm. In
Script. Brunfw. t. II. Cette Chronique finit en 1472 ou 1480.
Chron. VET^. Chronici veterls excerptum. In Duchefii. t. IV'
Chron. Vetero-CELL. Chronîcon Vetero-celknfe minus. In
Menken. t. II. La première main finit en ï 44.2 ; cette Chro-
nique efl: afïèz exade fur les dates des ëclipfes.
ÇhroNo Vezel. Chronîcon Vev^elïacenfe. In BibL Labb. t. I,
Chron. Virdun. Chronîcon Vîrdimenfe , Hugonîs , Ahbatîs
Florîacenfis. In BibL Labb. î. I. L'Auteur vivoit à la fin du
XI.'' fiècle , & au commencement du Xïi/
Chron. Vulturn^ Chronîcon S. Vmcentîi de Vuhurno. In
Bouquet. î. VII.
Chron. Wa l D s. Chronîcon Waldfajjenfe , Ottonîs , Prîorîs
Waldfajfenfis ( ad annum ijoô'). In (Ê-teL t. I.
Chron. Weich. Excerpta e vetujlîlfimo Chronico Weîchen-
Slephanenfi. In Pez. Auftr. Ces extraits finifiènt en 131 7. La
Chronique même avoit été commencée au xil.^ fiècle; elle a,
g té fi-icceillyemçnt continuée par des Éçrivaùis contemporain?.
GhRONî^
DES Citations. 217
ChRON. Zwetl. Anonymi Cœnobitœ Zwetîenfis Chronîcon. In
Pez. Auflr. t, L
Chronogr. Saxo. Chronographus Saxo, a Chr'ijîo nato ad
ûnnum i i 8 8 . In Leibnit. t. I. L'Auteur, dès le commencement
du XI / fiècle , parle comme te'moin oculaire des faits qu'il rap-
porte : cette Chronique a eu fucceffivement plufieurs Auteurs.
Chronol. Saxon. Chronologia Saxonica. On la trouve à la
fin de l'Hiftoire Ecclëfiaftique du vénérable Bède , de l'édition
Latine & Saxonne de Cambridge, 164.4, > in-fol. Elle finit au
facre de Saint- Anlelme, en 105)3.
Claram. Ces. Scipicnis Claramontîi , Hifiorîa Cefence. In
Thef. It. t. VIL
Claram. Com. Scipîonîs Claramontïi , Supplementum Antîty-
chonis, de fede fublunari Cometarum. Amflelodami , 1636, in-^.'
C'efl: un Ouvrage di6té par le préjugé, & diamétralement oppofé
à la faine raiion , ainfi que toutes les autres produdions de cet
infipide Péripateticien. Si je le cite , ce ne fera que fur des faits
étrangers aux fauffes opinions qu'il avoit enibraffées. Il m'a été
communiqué à la Bibliothèque du Roi.
Cl A RI us. Chronîcon S. Petrï-vivï , auâore Clar'io Afonacho, In
Spicileg. t. IL Cet Auteur eft ordinairement exad fur les dates
des éclipfes ; j'y ai cependant remarqué quelques fautes. Je le
cite plus ordinairement fous l'abréviation Chron. P, vivi.
Claudian. Cl. Claudiani opéra quœ exîant. Parifiis , 16^/,,
in - ^°
ClÉMENC. Art de vérifier les Dates, par D. Cléniencet &
D. Durand. Paris, ijyo, in-^." & lyjQ , in-fol.
C L u V E R. Joannis Cluveri H'ijlorlarum tot'ius mundi Epîtomc,
Lugduni - Batavorum , 1637, in-^."
CODIN. Georgîi Codini excerpta ex libro chronîco de Orîginïhus
Conjlantinopoleos. Reperitur pojl Conjlantini Manajjis Breviarium,
Parifiis , 16^^ , in -fol.
COGGESH. Radulphî Coggeshak Abhatis , Chronîcon Angli-
canum. In Coll. mouum. t. II. L'Auteur finit en 1200; ii
vivait alors: il paroît qu'il eft mort -vers 1228.
Coll. moNUM. Veterum Scrîptorum & Afonmnentorum ampli ffima
colleâio , opéra PP, Edmundi Marcenne, & Urfin'i Durand, Parifiis^
Î729 , in-fol.
Tome 1. E e
2i8 Table
CoMiERS. La nature & préfage des Comètes, par Claudç
Comiers. Lyon , i 6 6 ^ , in- i 2.
CoMNEN. Annœ C&mnenœ , Alexïas. Parifiis , 1^51, în-fol.
CoNST. PoRPH. Incerti continuatoris Conjlant'inus Porphyro-'
gennetus. In Script, pofl. Tlieoph.
CoNTlN. Tyr. Guïlklmï Tyrii ) feu Hîjlorîœ belli facrî conîî'
nuatio. Bafileae , 1560, în-fol.
CoRTUS. Cortufiorum Hiforïa , de novitatïhus Paducs & Lom~
bardiœ. In Thef. It. t. VI, & Murator. t. XI L
Cou PL. Alonarchïœ S'inkœ Tabula Chronolog'ica , audore Philippe
Couplet, S. J. Parifiis, 1686^ in fol.
C R O M E R. Martini Cromeri , Varmïenfis Epfcopï , Polonla»
Colonie - Agrippin^ , i 5 8p, în-fol.
Crusius. Annales Suevîci , auâore Afartîno Crufio. Francofortiy
I 595 > în-foL
Cu RE us. Gentîs Sîlefiœ Annales, a Joachîmo Cureo, Witebergae,,
I 571 , în-fol.
C u R o P. Excerpta e Breviarîo hîforîco Joannis Scylït'^œ, CuropalatXr
Ad calcem Hîjloriarum Cedrenî. Parifiis , 1 647 , in-foh.
ANDUL. Andreœ Dandulî Chronîcon. In Murator. t. XIL
Deci M. Lîbellus de Stellîs fxîs if erratîcîs , &c. auÛore Henric&
Decimatore Giffhornenfi. Magdeburgi , 1587, în-8,"
DiAR. Neapol. Dîarîa Neapolîtana , ab anno 1266 ad annum
I ^J 8 ab anonymo confcrîpta. In Murator. î. XXI.
DiAR. Rom. Dîarîum Romanuni , ab anno 140^ ad annum
i^-iy , audore Antonîa Petrî. In Murator. t. XXIV.
D I o. C A s s. Dîonis Caffiî Cocceianî , Uîflofm Romance lîbri XLYI»
Hanoviae , 1606, în-fol.
DiODOR. Sic. Dîodorî SîcuU , Bibliothecœ hîforîcœ lîbrï xv.
Hanoviae, 1604, în-fol.
D I O G E N. Laërtiî Dîogenîs , de vitîs , dogmatîs & apophthegmatls
Phîlofophorum. Londini , 1664, în-fol.
D I T M A R. Dîtmarus rejlîtutus , feu Dîtmari , Epîfcopi Jl^erfe^^
burgenfis Chronîcon, In Script, Biunfw. t» I
D E s C r T A T T 0 N s, 219
DlUCOSS. Joannis DlugoJJï , feu Long'ini , Hîjloria Polonica*
Francofurti , 1 7 1 i , in-fol.
D O D E c H. Dodechini , Appendix ad Afarianum Scotum, In Pidor.
t. I, II finit à l'an 1200.
Do E RING. Alatthîœ Doerîngiî , Continuat'io Chronîc'i Theodorîci
Engelhufii , ab anno i ^20 ad ann. i ^p 8 . In Menken. t. III.
D U B R A V. Joannis Dubravîï , Olmucenfis Epïfcopî , Hijforîa
Bojemïca, Proftannas , 1552., in-fol. & Hanoviae , i6©2,
in -fol.
Duc. Ducœ , Michaëlis Ducœ nepotls , Hifloria Byyimina. Parifiis ,
I 64P , in -fol.
DuCHESN. Hifloriœ Francorum Scripîores colle ai , opéra Andreœ
& Francifci Duchefne. Parifiis, 1636 & feq. in-fol.
Du H A L D. Defcription Géographique de la Chine , par le
P. Jean-Baptifte du H aide , de la Compagnie de Jéfiis. Paris,
BENDORFF. Thomœ Ebendorfferi de Hafelbach , Chronicon Auf-
triacum. In Fez. Aufir. t. II. Il étoit né vers la fin du 1 4.' fiècle,
Eber. Pau h Eberi Kitiingenfis > Catalogus Corne tarum , Corne to~
graphiœ Aii-^aldi infertus ^ pag. 2 1 4 & feq.
Eccard. Corpus hijîoricum medii œvi , editum a Joanne -Georgio
Eccardo. Lipfiae , 1723, in-fol.
ECKST. Henri Eekftormius a compofé un Traité des Comètes,
- fource féconde , où les Hévélius , les Lubienietzki , les Zahn
ont abondamment puifé.
E D D A. Edda Ifandorum , &c. édita pèr Petrum Joannem Refenium.
Havnias , i 665 , m-^/ Je ne cite qu'une addition à la Préface/
extraite de deux manufcrits communiqués à Réfénius , après
l'imprefiion de l'Edda , fgnature M. Ce livre m'a été prêté de
ia Bibliothèque du Roi.
Eginh. Annales Eginhardi , de gefiis Lndovici Pii , Imper atoris.
In Bouquet, t. VI.
E K K É A R D. Ekkeardi , Abbatis ( Vraugienfis ) , Ubellus de facrâ
- expeditïone Hierofolymitanâ. In Coll. monum. t. II. Cet Auteur
eil contemporain.
-^ * E e i|
220 Table
E L M A c I N. Hiforia Snracenïca , feu Res gejlœ MulifmoYum , &c.
Arabiù exarata a Georgio Elmaciro, Latine reddita per Thomam
Erpenium. Lugcluni-Batavorum , \6z'), in-fol.
E M M. Rerum Frïficarum HîJIor'ia, auâcre Ubhone Emmlo. Lugduni-
Batavoruni , i6\6 , in -fol.
EphemePx. Sen. Ephemerides Sencnfes ah anno j ^j o ad annum
j ^(}6 , auâore Allegretto de Allegrettis. In Murator. t. XXIII.
Epit. Ferdin. I. Epitome rerum geflarum fub Ferdinando I,-
In Hiftor. op. t, II E
Epit. Greg. Epitomata Hifioriœ Francorum Gregorïî TuronenfiSf
per Fredegarium Scolajlicum. In Bouquet , t. IL
E-T H E L w. Fabii Qucefloris Patricii Ethehverdi Chronica. In Script,
poft. Bed. Sur les fucce/îions , la chronologie des règnes, &c.
il diffère fouvent de Y Art de vérifier les Dates ; mais il eft ancien r
il e'crivoit au x.^ fiècie ; il e'toit du Sang des Rois d'Angleterre,
dont il écrit l'hiftoire.
E u s E B. Thefaurus temporum y Eufebii Pamphilî , Ccefarienfis
Epifcopï Chronicon , Ù'c. opéra Scaligerï, Lugduni-Batavorum 3.
1606, in- fol.
E U T R O p. Eutropii , Hifioriœ Romance iihrï x. Lugduni-BataVv-
i|^2, în-S,° ôi. Paris ; 172.6, în-^.'
ï^ A B E R. Speech io celefe, per gl'influjfi deî anno 1666, deî DoUor
Leonello Faberi ^ Fiorentino. In Firenze, 1665, ïn-^°
Fabric. memoraB. Georgii Fabricïi , Chemnicenfis , rerum
Germaniœ magnœ & Saxoniœ memorabilium. Lipfiae , 1 6019 ,
in -fol.
Eabric. MisK. Ejufdem , Annales nrhis Mifnce , feu res
Alifnicœ. C'eft la fuite ou le deuxième Volume de l'ouvrage
précédent.
Fabric. ORIG. Ejufdem , Saxoniœ illufîratœ , feu originum Saxo^
ni c arum , libri IX, Lipfi^ , i6o(5 , in-fol. Cet Auteur, morî
le 1 3 Juillet I 3 7 1 , m'a paru fort exad fur les dates des éclipfes ,
• au moins depuis l'an 1000. Ses defcendans ont continué fes
Ouvrages , & ne font pas toujours bien d'accord avec eux-
mêmes r
DES Citations. zxï
FalC. Faîconis Beneventani Cbronïcon. In Thef. It. t. IX, &
Murator. t. V.
Je R RE T. Ferretï Vicenîïnï Hîjforîœ. In Murator. t. IX.
Fjen. De Cornet a annî i6iS , Dijfertatlones Thomœ Fieni Ù'
Liberti Fromondï. Antuerpiœ , 161 p, in- 8,"
Tlor. Diac. Florî , Diaconî Lugdimenfis, querela. /«Bouquet^
t. VIL
Florent. Vig. Florent îi Vîgornîenjis Chrouicon , ab exord'w
mundi ad ann. iiij. Cet Ecrivain eft mort en 11 18. Un
Auteur, à peu-près du même temps, a ajouté à cette Chronique
une vingtaine d'années : le tout eft imprimé à la fuite de Matthieu
de Weftminfter , édition de Francfort , i 60 1 ^^in-fol.
FoRDUN. Joann'is Fordun , Scotï , Chronicon , five Scoîorum
Hïfioria. 7/2 Th. Gale.
F R A C A s T. H'ieronymï Fracajlorïi Carm'inum edîtîo fecunda. Patavii ^
173^, in -^.' Aux Poëfies font joints des fragmens , ce font
eux feuls que je cite.
Fracast. Homoc. Ejufdem Homocentrica , dans la deuxième
partie de fes (Euvres, imprimées à Genève, 1621 , in- 8,"
Fragm. Hist, Franc. I. Fragmentum Hiforiœ Francorum j
quod edidit Quefnius ( définit in ann. mortis Roberti Régis ). In
Bouquet , t. VIII , & Duchefn. t. III.
Fragm. Hist. Franc. II. In Duchefn. t. IV. Celui-ci
finit en 1 1 i o ; l'Auteur vivoit alors.
Fredegar. Fredegarii Chronicon. In Bouquet, t. II.
Freher. Rerum Germanicarum Scriptores , ex Bibliothecâ Alar--
quardi Freheri , editio tertia , curante Burcardo Gottelffio Struvlo^
Argentorati , 1717^ in -fol.
F R I S I N G. Ottonis Frifingenfis Chronicon. In Urflis.
Frodoard. Frodoardi Chronicon. In Bouquet, î. VII L
F ROM. Voyei Fi EN.
Frystch. Catabgus prodigiorum a M. Marco Fryflchio conf-
criptus. Bafileae , 1555, in-8 ' La critique de cet Écrivain n'eft
pas fûre; je ne le cite que depuis l'an 1300.
FuLCHER. Fulcherii Carnotenfs , Hiforia Hierofolymitana. In
Duchefn. t, IV, & in Geft. Dei, t. L
F u N G c. Chronologia Johamïs Fmcçl'u Witebergae, i 578; infoh
22 2
G
Ta b l e
G
A G u 1 N. Roiertî Gaguini , Rerum Gallicarum Annales. Fran-
cofurti , I 5 yy, in-fol,
Galfred. Galfredi Afonumetenfis , de origine & gejlls Regum,
Britannîœ. In Rerum Britannicaruin Scriptoribus vetuftioribus
& prgecipuis. Heidelbergœ , ij8y, in-fol.
G ARC. Meteorolog'ia Joh. Garcœi. Witebergse , i 5<58, în-S." Soit
Catalogue des Comètes fe trouve au chapitre VJIJ.
G AT T. Antonii Gatti , Traâatus de Cometis. Romse , i jSj ,
in-^." Je ne le cite que pour les Comètes de fon fiècle.
Gass. Peir. Gajfendi Opéra, Lugduni , 1658, in-fol. t. Vt
in vitâ Peireskii,
Gass. Phys. Ihidem, t, I, in Phyficâ , feél. 2 y lih. V,
GasS. TyCH. Ibidem, t. V, invita Tychonis-Brahœl.
Gaubi L. Manufcrits du P. Gaubil, dont j'ai parle' dans ie pré-
ambule de cette féconde Partie.
Gemein. Gemeiner Loblicher , &c. c'efl: -à-dire : Defcription
ge'néraie de la Suifle , préeéde'e de l'État de l'Europe , d'une
Chronique abrégée d'Allemagne, & d'une autre de France,
&c. par Jean StumpfF. A Zurich, i 54B , in-fol. Cet Ouvrage
. eft eftimé.
Gemma. De naturœ divïnis charaâerifmis , auâore Cornelio Gemma,
regio Aledicinœ Profejfore. Antuerpise, 1575 , in- 8."
G E M M. C O M. Ejufdem de prodigiofâ fpecie Cornet œ , .... amû
i^jy- Antuerpias , 1578^ in-S .'
Georg. Mon. Georgii , Monachî , Novi Imperatores, In Script,
poil TheOph,
Georg. TrAp. Guidon is Bonatî , de Ajlronomiâ Traâatus
decem ; adjeâus ejl Cl. Ptokmœi liber Fruélûs , cum commentariis
Georgii Trapejuntii. Bafileae , 1550, in-fol. Je ne cite que ce
- dernier Auteur fur le centième aphorifhie de Ptolémée.
Gerbrand. Joannis Gerbrandi a Leydis , Carmelitœ, Chronîcon.
Belgicuiîi (in annum 141 J defmens ) , In Svi^eert. t. I.
G est. Andegav. g ejl a Andegavenfium Confulum , per Monachum
Majoris - monaferii. In Spiçiieg. t. 1 1 1 L'ouvrage eft du
■ xii." fièele.
DES Cl T A T I 0 N S. 223
Ces T. Baldew. Gejla Baldewini de LucTemburch In CgIL
monum. t. IV.
Gest. Dei. Gejla Dei per Francos. Hanoviae, i^ii, în-foL
Gest. Franc. Gejla Franc or um , expugnanîîum Jerufalem. In
Gefl. Dei, t. I.
Gest. Frider. Gejla Frîdericî II, ejufque fliorum , per coœvum
éf gravem auôlorem. In Eccard. t. I.
Gest. Maximil. De rébus gejlis fub Maximîliano IL In
Hiftor. op. t. IV.
GhirARD. Délia hïjlor'ia di Bologna, dal R. P. Aï. Cherubin§
Ghirardacci , Bolognefe. In Bologna. y i^()6, in -fol,
Giblet. Hîjlorîa de'Re Lufignani , publîcata da Henrico Giblet.
Venetia, 1651 , in- 1 2. Auteur très-izifidèle dans Tes dates.
GiLB. Guilielmi Gilberti Colcejlrenfis , Aledici regii , de mundb
nojlro fublunari Philofophia nova. Amftelodami , 1651, in-^f
Gilbert écrivoit en i 580,
G LAB. Glabri Rodulphi Annales, In Duchefn. t, IVA
Glyc. Aîicha'élis Glycœ Annales. Parifiis, 1660 , in-foL
GODEFRID. Godefridi , Monachi , Annales. In Freher, t, I,
Go D E L L. Chronica Willelmi Godelli. In Bouquet , t. XI. Elie eil
écrite au XI l.*" fiècle.
Greg. Niceplwri Gregorœ , By^antina Hijloria, Parifiis, 1702^
. in -fol.
Greg. Tur. Gregorïî , Turonenfs Epîfcopî , Hïjloria Francorumo
In Bouquet, t, II, & in colledione ejus Operum, Parifiis, i6^^f,
în-fol.
Griffon. Memoriak hijloriarum Matthœi de Griffonîbus. In
Murator. t. XVIII.
GryN. Simonis Grynei , Aledici & Aïathematici , Commentarii dm
de ignitis JVteteoris & Cometïs , ifc. Dans un Recueil intitulé»,
De Comeîis dijfertatïones novœ , 1 580 , iw--^."
Guibert. Guiberti , Ab bâtis j Gefa Dei per Francos. In Gefl,
Dei, t. I.
Guicciard. Ludovici Guicciardini , de rébus memorabilibus sr
quœ in Europâ , & maxime in Belgio acciderunt , ab anno i y ^ Q
ad annum i y6 0. In Annal. Belg. t» IL J'ai remarqué bien dês
anachronifiiies dans cet ouvrage.
224 Table
GuiLL. DE Thoc. Vita s. Thomœ Aquinat'is , auâore Gmlklmo
de Thoco. , fcr'iptore Juppare , apud Bollandum ad diem m
Afartii»
AGEC. Dialexis de nova Stella ann'i ijy2, auâore Thaddat
Hagecio ah Hayck. Francofurti ad Maenum , i 5 74 , in-^.°
H A I N A u T. Nouvel abrégé chrouologique dç l'Hiftoire de France,
Paris , ij^2, in- 8 . "
H A L E P O. C'eft le nom d'un Aftronome de ThefTalonique , qui
vivoit au xvif* fièçle , & que je cite d'après Wolf, centenar. xvi^
p, 908.
Haly in Gentil. L'iher Ptolemœl , quatuor Traâatuwn ,
curn centiloquio ejufdem Ptolemœi , ù" commenîo Haly. Venetiis,
i4'84, in-^f Haïy a fini ce commentaire, l'an de l'Hégire J30 ,
îe 1 2 du deuxième Giumedi , donc le 17 Mars i 135. Je ne
ie cite que fur le centième aphoriime de Ptoiémée.
Har^us. Francîfci Harœï, Annales Ducum B ra l? ant l ^. Antuer'
pi^ , 1 623 , in- fol.
H E L G A L p. Helgald'i , Flor'iacenfis Monachi , Epitome vitts
Poberti Régis. In Duchefn. t. IV. C'eit un Auteur contemporain.
HelleR. Epitome totius Afirologice , confcripta a Joanne Hif
palenfi , ifc. cum Prœfatione Joachimi Helleri , Leucopetrm*
Noribergae, i 548 , in-^." Je ne cite que la Préface.
H E MIN G F. Chronica Walteri Hemingfort , ab ann. iq66 ad
i2j^-. In Rer. Angl. Script, t. IL II vivoit en 1273 • ^
rapporte peu d'éclipfes , mais il les date exaélement.
H E N N E N F. Nicolai Hçnelii ab Hennenfeld , Annales Silefm, Iii
SommerlL, t. II.
Hepid. Annales Hepidannî , Afonachi S. Galli. In Bouquet,
t. VII ) & Duchefn. t. III. Qqs Annales finilTent en 1044.
Herlic. Davidis Herlicii , Defcriptio Cometœ anni 16 oj. Je
ne le cite que d'après Hévélius , Lvibienietzki , &c. dont il elt
un des principaux oracles»
Hermann. Contr. Hermanni Contraâi Chronicon. In Piilor,
t, l. Bouc^uet, t, yii ù^ç^
HERMAN*>r,
D E s C I T A T T 0 N s, 225
H E^R MANN. Corner. Hermannï Comeri ChronlCà novella ,
ufque ad annum 1 4^ 8 deduâa. In Piftor. t. II.
Herod. Herod'iani Hijloriarum lïbri VIII , ex editîone Joannis
Henri ci Boëc le ri. Aï gemor m, 16^^, in- S."
Hev. Joannis Hevelii Comeîographia. Gedani, 166% , in-foL
HiGDEN. Polychronicon Radulphi Higdeni , Alonachi Chejlrenjis,
In Th. Gale. II finit en 1066 : je doute cependant qu'il
vécût alors.
H IS P. I L L U S T R. Hîfpaniœ illujlratœ , feu rermn urhiumque
Hifpaniœ , Lufitaniœ , yEthiopiœ & Indice Scriptores varii. Fran-
cofurti, 1603 , in-fol.
HiST. Angl. Script. Hijîoriœ AngUcanœ Scriptores decem,
Londini, 1652, in-fol.
HiST. BONON. Cronica di Bologna , feu Hiforia mifcella Bono-
nienfis , auâore prcefertim Bartholomœo délia Pugliola , ad annuni
j ^ p 4 ; inde ad annum l^j i continuata per fynchronos Auâores.
In Murator. î. XVIII.
HiST. Croyland. Hiforiœ Croylandenfis continuatio. In Rer.
Angl. Script, t. I.
HiST. Ep. Virdun. Hiforia h revis Epifcoporum Virdunenfum ,
auâore Laurentio de Leodio , continuatore anonyme monacho. In
Spicileg. t. IL
HiST. HiEROS. Secunda pars Hiforiœ Hierofolymitanœ , auâore
anonymo , qui coœvus judicatur. In Gell. Dei , t. I.
HiST. MISCELL. Hiforia mifcella, ab incerto auâore confar-
cinata , compleâens Eutropii Hiforiam, a Paulo Diacono primitm.
continuatam , tum a Landulpho Sagace , feu quolibet alio , ad annum
806 produâam. In Murator. t. I , p. i.
HiSTOR. OP. Hiforicum opus. Bafdeae , i 5 74 , in-fol.
HiSTOR. Pad. Iforia Padouana di Andréa Gataro. In Murator,
t. XVII.
HiSTOR, PoLON. Polonicœ Hiforiœ Corpus. Bafilese , 1582,
in -fol.
HOVEDEN. Rogeri de Hoveden Annales. Z;? Script, pod. Bed.
Il eft ordinairement exaél fur les dates des Écliples : il finit fes
annales en i 2 o i .
JrJuG. Floriac. Chronicon Hugonis , Floriacenfs monachi. In
Bouquet, t. VIIL -
Tome L Ff
226 Table
HunttNdoN. Henrîcî , Huntindonîenfis ArcMdiaconî > Hifioria,
Jn Script, poft. Bed. Il écrivoit vers le commencement du
XI l/ fiècle.
Hygin. Hyginî , quœ hodie exîanî , adcurante Jeanne SchefferOy
i/c. Hamburgi, 1674, in- 8'
I
DAT. Idatîï Epifcopî Chron'icon, Jn Sirm. t. II.
ÎNFESSUR. Stephani Infejfurœ , Senatûs populîque Romanî Scrîbœ'y
dïarium urbîs Romœ. In Piftor. î, IL
I N G U L P H. Hïjioria Ingulphi , Abbatis Croylandenfis. In Rer^
Angl. Script. Cette Hiftoire finit en 1091 : Ingulphe vivoit
alors.
I p E R. Joannîs Iperii , Chron. S. Bertinî, alias Sithienfe.\In Anecdof,
t. III. Cette Chronique finit en 1294; elle eft eftimée, quoique
i' Auteur n'ait écrit qu'au XI V.*" fiécie.
15IDOR. Ifidori , Hifpalenfis Epifcopi , Hijloria Goîhorum , Wan-
dalorum & Suevovum. In Bibl. Labb. t. I,
ACOB. DE Varag. Chronicon Januenfe , Jacohî de Varagîne^
In Murator. t. IX.
J A M s I L L. Hijloria Nicolai de Jamfdla , cum appendice r In Murator.»
t. VIIL
JOANN. DiAC. Joannis Diaconî Chronicon. In Murator. t. I y.
p. 2,
Joseph. FlavH JofepM Opéra omnia , ex edidone Sigebertl Uaver-
campi. Amdeledami, 1726, in-foL
Jov. Pauli Jovii , Hijioriœ fui îemporîs. Lutetiae, i ^ ^S , in-fol.
Justin. JuJUnus , de Hijloriis Philippicis , ù'c. Parifiis. 1677^,
in- 4'
AEMPF. Hiiloire du Japon, par Engelbert Kaempfer. Z<«
Haie , ij2.^, in- fol. Je ne cite que le fécond livre.
DES CiTÂTTONS. 227
K E C K. Banholomœi Keckermanni Syjlhema Phyficum , lihr. VI,
c. V. In ejus operum editione , Geiievœ , i6\^, in-fol,
Kepler. Joannis Kepleri de Cornet is libelli très. Auguilae -VindêF.
Kepler. E p. Ejufdem & aliorum Epîjlolœ mutuœ , i yi 8 , in-fof.
Knigth. Henricus de Knîgthon , de eventibus Anglîœ. In Hift.
Angî. Script, t. IL
KraNtz. Metr. Albertï Krantiji , Hijîorïa Ecckfiafiica , five
Aletropolis. Francofurti ad Mœnum , 1575, in-fol,
KrANTZ. Sax. Ejufdem Saxonia, Ibid. 1575, in-fol,
Krantz. ^Y"AND. Ejufdem Wandalïa. Ibid. 1575; in-foL
L
A M BEC. Lambecïanl Annales Francorum. In Murator. t. II,
p. 2.
Lambert. Lamberti Parvï Chronîcon , a Reînero continuatum. In
Coll. moiium. t. IL Cette Chronique finit en 1230.
L A M P R I D. yElius Lampridïus. In Hiftoriae Romanae Scrip-
toribus Latinis minoribus. t. IL Francofurti , 1588, in fol.
Landulph. Landulphi junioris , Hiftoria Adediolanenfis , ah
anno i 0 c) ^ ad ann. 1 1 ^j. In Murator. t. V.
Landulph. Sag. Landulphi Sagacis additam.enta ad Eliforiam
mîfcellam. In Murator. t. I , p. i .
Lavât. Ludovici Lavateri Catalogus Cometarum. Je ne ie cite
que d'après nos Come'tographes modernes.
Leibnit. Godefridi Guilielmi Leibnitii , Accejfiones Hîforicûe,
Lipfise, i^^8, in-^."
Léo Bas". Incertl continuaîoris , Léo , Bafilii flius. In Script,
poft. Theoph.
Léo GrAMm. Leonis Grammatici Chronographia. Ad calceni
Chronographiœ Theophanîs. Parifiis , 1 <5 5 j , in fol.
L E O V I T. Cypriani Leovitii , de Conjunâionibus magnis , EcUpfibuS
if Corne tis. Ad calcem Acroteieutii AftroJogici Roberti Goclenii,
Marpurgi, 1618, in-^.^ L'Ouvrage de Leovitius a été com-
pofé en I 563.
Le Petit. La Grande Chronicjue ancienne & moderne dr
F f ij
2.28 Table
Hollande, Z élan de , Weflfrife , juiqu'en i^oo, recueillie par
François ie Petit. D ordre dit , 1601 , in -fol.
LiCET. Fortunii Lïceti , de novîs AJlrîs & Cometîs, Yenetiis',
I ^22 , ïn-^.'
LiNDENBR. Scriptores rerum Germanicarum ^ opéra Erpoldï Lin-
denbrogi. Francofurti , 1630, în-fol.
1. 1 T T A R. Vincentii Littarœ , de rébus Netinîs. In Thef. Itaî.
t. XIL
Liv. Titï L'm'i Patavinï , Hijioriarum lïbri qui extant. Parifiis^
1679, in-^."
L,OCR. Ferreoli Locrïï Paulinatis , Chronicon Belgicum ad annum
,/ (f 0 0. Atrebaîi, 1616 , in- ^.'
X,UB. StaniJIai de Luhieniet?^, Lubie ni cii , Theatri Cometict pars
pojferior. Lugduni-Batavorum , 1681 , in-fol.
Luc AN. M. Annœi Lucani Pharfalia , five de Bello civili , libri Xr
Liigduni-Batavorum , 165.8, in- S,"
LUDEWIG. Colleâio adornaîa a Joanne-Petro de Ludeivig , cui
îitulwn fecit , Novum volumen Scriptorum Gernianicorum. Fran^
cofurîi & Lipfm , ijiS , in-iPoi.
X. u I T p R. Luitprandi , Ticinenfis , rerum prœcipue fuo tempore gef-
" tarum Hbri VI. In Duchefn. t. III.
XiYC. Conradi Lycojîhenis , Prodigiorum & ojlentorum Chronicon^
Bafîleae, 1557» in -fol.
AILLA. Hiiloire ge'ne'rale de ia Chine, traduite du Tong-
tien-kang-mou , par ie P. Jofeph- Anne-Marie de Moyriac de
Mailla. Paris, 1776 & fuiv. in-4.°
Major. EUœ JUajoris Uratijlmienfis , de Cometis Paradoxon. In
Colle âione , quam de Coinetarum fignificatione idem Elias JVIajor
edidit. Breflse , 161 ^ , in- S."
M AL AL. Joannis Malalœ , Hijloria Chronica. Venetiis , 1733 >"
in -fol.
Malvec. Jacobi Alalveài , Chronicon Brixienfe. In Muraton
t. XIV. Cet Auteur eft du commencement du xv.* fiècle.
M A N î L. AI. Manilii AJlronomicon Hbri V. Londini , 1735), ^V^>f /
Marcejll. Ma/çellini Comiùi Chronicon, In Sjrm, 1, II,-
DES Citations, 229
MàR. Afarii , Aventïcenfis , feu Laufannenfis Epïfcopî , Chronkorif
a tempore quo Profper Aquitanus définit, ad annum j 8 j . In Bouquet.
t. IL
Mari AN. Marïani Scoti Chronîca. In Piflor. t. I, Auteur du
xi/ fiècle.
Martin. Martini Martinii , Sinicœ Hiflorlœ de cas prima,
Amflelaed. i6j^, in- S."
Martin. Fuld. Martini Fuldenfs Chronicon , ad ann. i^Jj)
produâum. In Eccard. t. I.
Martin. Minor. Martini Minoritct , Flores temponim , ah
Hermanno Januenfi continuati vfque ad Carolum IV, In Eccard.
t. L
Martin. Polon. Martini Poloni Supputationes ,feu Chronicon.
Bafileae, i 559, in-fol. Cette Chronique finit en 1268; fon fup-
plément s'e'tend lufqu'en 1320.
M AT TH. Par. Matthœi Paris, AngH, Hiforia major. 'Londmi,
I 640 , in -fol.
Matth. Westm. Flores Hiforiarum, per Matthceum Wefmo^
naflerienfem colleâi. Londini, i 570, &. Francofurti, i 601 , in-foL
Maurol. Framifci Maurolyci , Sicanica Hijioria. In Thef. lî.
T. X.
M E I B o M . Germanicarum rerum Scripîores , toile ai ah Henrico
Meibomio. Helma^ftadii , 1688, in-fol.
Memor. Histor. Memoriale Hifloriarum. Manufcrit de Sainte-
Geneviève , in-fol. Cette Hiftoire s'étend depuis la création du
Monde jufqu'en 1322. L'Auteur ne fe nomme pas; une autre
main a ajouté qu'il s'appeloit Jean de Saint-Vidor : il n'eft pas
toujours exaâ: fur la Chronologie.
M E n K E N. Scripîores rerum Germanicarum , prœcipu} Saxonicarum,
Edidit J. Burchardus Menkenius. Lipfias , iy2Û, in-fol.
MÉZER. Hiftoire de France, depuis Pharamond, par F. E, du
Mézerai. Paris , i (f ^j> , in-fol. II y en a un Abrégé que je
cite quelquefois; Paris, 1668 , in-4.°
MiCHOV. Matthiœ de Michoviâ , Chronica Polonorum ah eorum
■ or tu ad annum 1^0^ ( Mel potiiis j^o6 ). In Hiftor. Polon,.
t. IL
Ml Lie H. Liber fecundus C. Plinii de mundi Hifioriâ , cum com-
mentariis Jacobi Milichii. Francofurti, 1543 ? ^«'-f*" J^ i^^ cite;
2^0 Jl À B I' E
que le Commentaire fur le vîngt-cinquième chapitre : ce îivre
m'a été communiqué à la Bibliothèque du Roi.
M I Z. Antonïi MÏTaldi , Alonjlucîanî , Cometographîa. Parifiis ,
I 549, in-^." A la fin, on trouve un Catalogue des Comètes,
par Éber, avec un Supplément par Mizaud.
M O R I G. Bonincontrî Morigiœ , Chronîcon Modoetîenfe. In Murator.
t. XIL
Mss. CantABR. Manufcrits de Cambridge fur ies Comètes ,
cités dans Philof. Tranf. &. dans Struyck ^ 1753, p. 106 ôc
fui vantes.
M u L L E R. De Cornet â anni i 6 1 8 , commentatîo Phillppi Mulkrî,
Lipfiœ , 16 15), in- 8,"
Murator. Rerum Italie arum Scrîp tores, éfc, coUeâti a Ludovico
Aluratorio. Mediolani , 1723 ôl {eq. in-fol.
Mussat. I. Albertinl Mujfati , Hijloria Augujla. In Murator»
t. X. C'eft un Auteur contemporain.
Mussat. IL Albenini Alujfati , de gejlis Italicorum pojl rnortem
Henrici VIL In Murator, t. X.
Mylius. Afartini Afylii, Annales Gorlicenfes. In fecundâ parte
tomi primi Colleâionis , cui litulus ; Scriptores rerum Luf^ti-*
carum, Lipfiœ & Budijjœ , ^7^9 > in-fol.
N
N
A N G I s. Chronîca Guillelmî (de Nangis), Monachi S, Dîonyftî ,
ad annum 1^00. Manufcrit de Saint- Vidor , in-fol, Dans le
Spicileg. t. III , outre une partie de cette Chronique , on ea
trouve deux continuations par des Auteurs contemporains ;
l'une s'étend depuis 1300 jufqu'en 1340, i'autre depuis 1340
jufqu'en 1368.
Kaucler. Chronîcon Joann. Nauclerî ah initia mundi ad annum
jy 00. Colonise, i 57^ , in-fol. Cet Ouvrage eft divifé par
générations.
Naus. Frederici Naufeœ , Blancicampiani , Ecclefiaftœ Moguntinî ^
fuper Cometâ hujus anni ly^i , ^ alio quolibet , exploratio,
Moguntiœ , 1531, ^*n-^/
Necrol. Fuld. Necrologium chronologicum Fuldenfe, In Script»
Brunfw. t. III,
DES ClTAT/ÛNS, 231
Necrol. Senon. Pervetuftum Necïologïum , ol'im Senonenjîs
Ecclefiœ , nunc Bibliothecœ Floriacenfis. In Bouquet, /. VIL
Neplac. Chronïcon Bohem'iœ , auâore Neplacone , Opatovîcenfis
in Bohemïâ MonaJIerii A b bâte (fcriptum anno 1^60). In Pez.
Auûr. t. II. Les dates des éclipfes n'y font pas tout- à -fait
exades.
Nerlius. Antonî'i Nerlii , brève Chronïcon, ab anno jojy ad
annum 1^18. In Murator. t. XXIV.
Niceph. Nkephorî Callïjli , hijlor'iœ Ecckfiajïicœ libri XYJîl.
Parifiis , 1630, ïn-fol.
JSfiCET. Nicetœ Acominati Chonîatœ , Hïjlor'ia. Parifiis, 1-^47,
in -fol.
. ]SI I E M. Theodorïci a Niem , Vitœ Pontifcum Romanorum , a
Nicolao IV dd Urbanum V, & inde ab anonyme ad annum j ^i 8
continuât œ. In Eccard. t. I.
NiEM. SCHISM. Ejufdem de Schîfmate înter Urbanum VI &
Clementem VII, &c. Hijlorïa. Bafileae , lj66, în-fol.
3S[ I T H A R D. Nithardi, Caroli Magnï nepoîis, Hijloria. In Bouquet,
t. VIL
Noël. Obfervationes Mathematîcœ & Phyficcs , in Indïâ & China
faâûe. Pragas, 171 o, in-^."
O
V-/BSEQU. Juin Obfequentis , Prodigiorum liber. Amilelodami ,
1675), in- 8,° Cette édition , ainfi que toutes les e'ditions de
Jules Obféquens, contient plufieurs articles, fuppiéés par Lycof-
thènes. Ces additions font défigne'es par l'abréviation Obfequ,
Suppl.
O E F E L. Rerum Boicarum Scrîptores , &c, Edidît Andréas Félix
Oefelius, Alonacenfis. Auguftœ-Vindelicorum , 1763 , in-fol.
O L A H. Nicolai Olahi , Métropolites Strîgonienfis , Attila. In Bonfin»
poji Attilam Callimachi.
Oliver. Oliverii Scholafiici , Hijloria Regum Terrœ-fanâœ. In
Piflor. t. IL Cet Auteur efl: contemporain.
Onsorg. Udalrici Onforgii , Chronicon B avarice. In Oefel. t. L
II finit en 1422 : il écrivoit en 1454.
O N u p H r. Onuphrii Panvinu , Epitome Pontificum Romanorum,
Venetiis, 1557, in-fol.
3,32 Table
OrderiC. Ordencï Vit a lis, Hijioria Ecdefiafîica. In Bouquet,
t. IX.
Oros. Pauli Orofii , adversiis paganos hijtoriarmn Ubrî Vil, notis
hijloricis illujlrati , opéra & Jludio Francifci Fabricii Aîarcodurani,
Colonie, i "^^i , in- 8 ."
OviD. Fa ST. vel OviD. Meta M. Publiî Ovidiï Nafonîs
Fajiorum libri fex , vel Metamorphofeon librl X Y. Lugduni ,
168^ , in-^.'
P
P
A C H. A N D R. Georgll Pachymerîs , Andronîcus Palceohgus,
Romse , i 6^9 , in-fol.
Pach. Mich. Ejufdem , Michaël Palœologus. Romae , 1666 ^
in -fol.
P A G I . Critica Hijlorica-chronologica Annaîium Baroniî,per P. Anto-'
nium Pagium , cum ipjîs Annalibus édita. Lucse , 1738 & feq«
in -foL
Pa l m E R. Chronicon Eufebii , cum additionibus Hieronymi , Profperi
if Matthœi Palmerii. Venetiis, 1483 , in-fol Matthieu Palmier.
a fini fa Chronique en 1448 ; Matthias Palmier l'a continuée
lufqu'en 148 i : la Chronologie de cette Chronique n'eft pas
fort exaâie.
Paltram. Paltrami feu Vat^onis , Confulis Viennenfis , Chronicon.
Aujlriacum. In Pez. Auftr. t. I. Elle étoit termine'e en 1301;
Nicolas Vifchel , Bernardin , l'a continuée jufqu'en 1310, & ua
Anonyme jufqu'en 1455.
Paul. Longob. Pauli, Diaconi, de gejlis Longobardorum. In.
Murator. t. L
Pausan. Ach. Paufaniœ Achaica , five liber feptimus. In ejus
Graeciae Defcriptione. Lipfiœ , 16^6, in-fol.
P ERS ON. Gobelini Perfonœ Cofmodromium. In Meibom. t. I,
pETR. BiBL. Pétri Bibliothecarii , Hijloria Francorum abbre^
viata. In Bouquet , t, VI.
p E u ç E R. Comment arius de prœcipuis divinationum generibus , auâore
Cafparo Peucero. Francofurti, 1607, in- 8." p. 5^4 & 55)5.
Pez. Austr. Scriptores rerum Aufriacarum f edente R, P. Hie-
ronymo Pt"^. Lipfice^ 1721 & feq. in fol,
DES Citations, '235
Phil. de Lign. Philippi de Lïgnamïne , continu at'io Chroniù
H icobaldini. B.omx , 1474, in-^.' & in Eccard. t. I.
Philos. Trans. Philofophical Tranfaâions y ù'c. ou Tran-
faélions Phiiolophiques de la Société Royale de Londres, &c.
A Londres , in-^° C'ell M. de la Lande qui me les a
communiquées.
Philostorg. Epitome Hijlorlœ Ecclefiajîicœ Phïlojiorgii , a.
Photio Patriarcha confeâa. In Reading. i. III.
PHILOSTR. Vita Apollonîï Thyanœi , in Phïlojlratorum quœ fuperfimt
omnibus , edente Gottfrido Okario. Lipfiœ , xjoc) ^ in-fol.
PhrANZ. Georgii Phran-^œ , Protovejliarii , Chronicon, Ad calceni
Jojephi Genefii , de rébus Conjlantinopolitanis. Venetiis , ^7Hi
in -fol.
PiSTOR. Rerum Germanîcarum' Scriptores aîiquot infignes , oïim
colleùTi per Joannem PiJIorium. Editio tertia , curante Bure arda
Gotthelffio Struvio. Ratifbonae, 172.6, in-fol.
Pi TH. Annalium & Hijîoriœ Franconim ah anno y 0 8 ad annum
()j)û Scriptores coœvi duodecirn , edente P, Pith-œo. Francofurti ^
I 594 , in- 8 .°
Platin. Bapt. Platinœ , de vitis fummorum Pontifcum. Colonice,
I 5 40 , in-fol.
P L I N. C. Plinii Secundi f Hijloria naturalis. Parifiis , 172.3 »
in -fol.
pLUTARCH. Plutarchi Chœronenfis opéra. Lutetiae Parifiorum ,
1624, in-fol. Les abréviations , de plac. In Lyf In Timol.
renvoient au livre intitulé De placitis Philofophorum , dans Iç
fécond volume , ou aux vies de Lyfandre & de Timoléon dans
Je premier.
P O G G. Poggii Bracciolini , Hijloria Florentina. In Thef. It.
t. VIII, & in Murator. t. XX.
POLYD. ViRG. Polydori Vergilii , Anglica Elijloria. Bafilese^
1534, infoL
PONTAN. Joannis Ifaci Pontani , Hijïoria Gelrica. Hardervici-
Geirorum , 1639, in fol.
POTEST. Rheg. Memoriale Potejlatum Rhegienfum. In Murator»
t. VIIL
Prior. Hagust. Hif cria Joannis , Prioris Hagufaldenfs. Irk
Hift. Angl. Script. î. /,
Tome L G g
234 I A B L E
P ROC OP. Procopiî, Cœfarienfis , hijlorïarum fui temporîs lihri oâo,
Parifiis, 1662, in-fol.
P R o s P. Profperi Aquitani Chronïcon întegrum, In Bibl. Labb,
t. I.
Prosp. Tyr. Profperi al tenus ( cuî vuïgb Tyroni cognomen) ,
Chronïcon, In Bibl. Labb. t. I.
Protosp. Lupi Protofpatœ brève Chronïcon» In Thef. It. t, IX,
if in Murator. t. V.
Ptolom. Annal. Ptolom^i Lucenfs Annales. In Murator.
t. XL
Ptolom. Histor. Ptolomœi Lucenfs Hiforia Ecclefafica.
In Murator. t, XL Je ne commence à citer cette Hiftoire ,
que iorfque Ptolomëe devient auteur contemporain ; dans ce
qui précède ; ia chronologie eft peu exad;e.
A c c G L T. Raccoha d'opiifculifcientlfci e phïlologici.' In Veneziay
1-727 & feq. hn-i2.
R A D u L P H. Abbreviationes Chronicorum , auâore Radulpho de
Diceto, In Hiil. Angl. Script, t. L
Ranzan. Pétri Raniani , Epitome rerum Hungaricarum. In Rei%
Ungar. Script.
Reading. Eufebïi & aliorum Ecclefaficœ Hïforiœ , edentt
Guillelmo Reading. Cantabrigise , 1720, in-fol.
Rebd. Henri ci f Monachi in Rebdorff, Annales, ab anno 12^^
ad ann. 13^3- In Freher. /. /.
Regin. Reginonis j Jllonachi Prumienfis , Annales. In Piflor,
• t. IL
Regiom. Scripta clariffimi Mathematici , M. Joannis Regio-^
, montani. Norimbergse , 1544, in-^f.^
Regiom. de Com. i 472. Joannes de Aîoiite-regio, de Cometâ
anni i ^j2. Apud Hagec. p. 1^6 & feq.
Rer. Angl. Script. Rerum Anglicarum Scriptores veîeres*
Oxonise , i. 1 , 168^; t. II, 16 8j, in-fol.
Rer. Ungar. Script. Rerum Ungaricarum Scriptores 0
Francofurti , 1600, in-fol.
.Jlicc. /. B, MççîqU ^ Soc. J, Almageflum novum* Bonoïil^s
DES Citations. 23^
1 6p, in-fol. Dans la féconde partie, liv. VIII, fcâ. i , cJiap. m,
eft un catalogue des Comètes; c'eft ce Catalogue que je cite,
iorfque je n'ajoute rien au nom de l'Auteur.
Hic. de S. Germ. Ricardï de S. Germano Chronïcon. In
Murator. î. VU.
RiCH. Chronïcon Fr. Rîchdrdî , A4onachî Cluniacenfis. In Bouquet,
î. X & XI. II finit en i i 53 ; on i'a continué jufqu'en i 174.
HlCOB. CoMPIL. Rîcobaldi Compilaûo Chronologica ad an, 1^12.
jRiCOB. Imper. Ejufdem Hîjforia Imperatorum a Carolo JVIagno
ad ann. 1 2 () 8 .
HlCOB. Pont. Ejufdem Hijlorla Ponûjîcum Romanorum ad Cle-
mentem IV. Ces trois Ouvrages font dans Eccard. t. I : i'Auteur
étoit né vers 1 240.
H I G O R D. R'igordus , de rébus gejlis Phïlippî-Âugujli, In Duchefii.
t. V.
H I p A M. H I S T O R. Jofephî Ripamontîi Hijîoriarum , a Ph'ilippo II
régnante. /« Thef. It. t. II.
RiPAM. Mediol. Jofephî R'ipamontii , Hïftoria urhis Aledio-
lanenfis. In Thef. It. t. IL
Robert. Rohenl , Aïonachï , Hijîorla Hîerofolymîtana. In Gell,
Dei , t. I.
JloCK. Abrahami Rockembaclûî , exempla Cometarum, Je ne cite
cet Auteur fans difcernement , que d'après fes échos, HévéliuSj
Lubienietzki & Zahn.
H O D E R I C. Roderïc'i Toletanî , de rébus Hfpaniœ. In Hifp»
illuftr. t. IL
Roland. Chronïcon Roîandim. /«Thef. It. t, VI, & Murator.
t. VIII. Cet Auteur eft contemporain,
Ro L E w. Werneri Rolewinck, Fafcieulus temporum. In Piftor. t. IL
^O M. u A L D. Romualdi Salernîtanî Chronïcon. In Murator. t. VIL
RosiTZ. Sigfmundi Rofit-^ii Chronïcon. In SommerfL. t. L Cet
Auteur eft né vers le commencement du XV. " fiècle.
R.UB. Hieronymï Rubei , Hijiorïa Ravennœ. In Thef. It, î, VU»
A B E L L. Marcî Ântonîï Coccïî Saheîlïci opéra omn'ia. Bafiïeae
ï ; 60 , înfol. Ces Ouvrages font divifés en ennéades & décades.
236 Table
Sacr. Antiqu. mon. Sacrœ Anûqultatis mommema hlfloricaj
dogmatica, &c. t. I. Stivagii , 1725, in -fol, t. II. In oppido
S. Deodati, 1731? in-fol.
S AL LAS. S allas Malafpina , rerum Sicuhtrum. In Thef. It. t. X^
& Murator. t, VUL
S AN TU ce. Trattato niiovo délie Cojnete , d'Antonio Santuccî da
Kipomarancî. In Fiorenza , 161 i , in-^." Ce Traité m'a été
communiqué à la Bibliothèque du Roi.
Sanut. Vue de' Duchi di Vene^ia , feu Vit ce Ducmn Venetiœ , ah
ûnno ^21 ad annum i ^p ^ , auâore Alarino Sanuto , Patricia
Veneto, In Murator. î. XXII.
Sarnic. Stanifaî Sarnicii , Annales Polonorum, Au deuxième
Volume de Dlugoff.
S C A L I G. Juin Cœfaris Scaligeri , Exotericarum exercitationum
liber XV, de Subtilitate ad Cardanum. Lutetiœ, 1557, in-^." Je
ne cite que la foixante-dix-neuvième Exercitation.
Se H AFFN. Lambertus Schaffnaburgenfis , de rébus ge fis Germa-
norum. In Piftor. t, I. C'efl un bon Auteur ; il écrivoit en i 077.
S C H u L E R. Cometologia Joannis Schulerî. Hagse-Comitis , 166^ ^
inr ^°
Script. B r u n s \v.. Scriptores rerum Brmfwicenfum. Hanoverae ^
1707 & feq. in-fol.
Script, post Beh. Rerum Anglicarum Scriptores pof Bedam
prœcipui. Londini , 1596, in-fol.
Script, post Theoph. Scriptores pof Theophanem; c'efl: 1$
titre d'un des volumes de la grande coliedion des Auteurs
Byzantins. Parifis , 168^, in-foL
Senec. L. Annœi Senecœ Quœfiones naturales. In fecundo volu-^
mine ejus operum, Lugduni-Batay. 1640, in- 12,
S E N N E R T. Danielis Sennerti , Epitome naîuralis Scient la?^
Witebergas , 162^,. in- S."
Ser. Came. Joannis Ser-Camhii , auéloris fynchroni , Chronicon ,
de rébus gefis Lucenfum , ab anna i^o 0 ad 1^0 (). In Murator»
/, XVIII.
Si FARD. Joannis Sifardi Cygnœi , Spécula Cometarum. Lipfiaey
I 60 5 . Je le cite quelquefois d'après Riccioli & autres ; mais
fans prétendre lui concilier aucune elpèce d'autorité.
SiFFRjD, Siffridi Prefiytm ^/Hom» h Piftor. h L
DES Citations, 237
SiGEB. Sigeberti , Gemblacenfis Aïonachï Chronographîa , ah
anno ^ 8 1 ad ann. 1 1 1 ^ . Parifiis , i 5 1 3 , in-^f & in Bouquet,
î. III àrfeq. & in Piftor. t. I.
SiGON. Ital. Caroli Sigoni'i , de regno Itaîiœ librî XX,
Hanovia; , i 6 î 3 55: i d i 8 , in-fot.
SiGON. OcciD. Caroli Sigonii, de Occident ali Imperio libri XX,
Hanoviœ , 1 d i 8 , in -fol.
SiM. DuNELM. Simeonis , Dunelmenfis Adonachi , de gejiis
Regwn Ànglorum. In Hift. Aiigl. Script, t. I.
Si M. LoG. Simeonis , Magijlri if Logothetœ , Annales. In Script,
poft Theoph.
Si M OC. Theophylaâi Simocattce , Hijîoriarum libri odo. Parifiis,.
1^47,. in-fot.
Si M ON ET. Bonifacii Simonetœ , CornU- Abbatis , vita ^ mores
Romanoruîn Pontifcum , &c. Bafilese, ijocj, in- fol.
Si RM. Jacobi Sirmondï , S, J, Prejbyteri , opéra varia. Parifiis,
I 696 , in-fol,
S N E L L. Willebrordi Snellii , Defcriptio Cornet œ anni i 6 1 8 : accefjlt
Chrijlophori Rothmanni , defcriptio accurata Cornet œ anni ij8j,
Lugduni-Batavorum , 161^, in-^."
S N O. Reneri Snoi , rerum Batavicarum ( ad ann. ijij)). In
Sweert. t. I.
5 OC RAT. Socratis Scholafici , Hiforia Ecclefafica. In Readingr
t. IL
SoMMERSB. Sikfiacarum rerum Scriptores , opéra Friderici-
Wilhelmi Sommerfberg. Lipfis, ^7'^^ &.feq. in-fol.
SozoM. Hermiœ So^omeni , Hiforia Ecclefafica, In Reading,
t. II.
SozoM. PiSTOR. Spécimen Hiforiœ So:^omeni Piforienfs^
auâoris coœvi. In Murator. t. VIL
Spicileg. Spicilegium , feu colle âio veterum aliquot Scriptorum ,
Ù'c. nova editio. Parifiis, 1723 , in-fol. Le fécond volume eft
tout hiftorique ; je ne l'ai cependant parcouru que ie'gèrement i
je n'y trouvois que des Chroniques de Monaflères , des énurae'-
rations de donations faites aux Moines, des détails de leurs biens,
de leurs meubles , de leurs livres , de leurs coules , &.c. tout
cela ne m'a pas paru plus amufant qu'intéreiTànt.
S POND. Annalium Baronii continuatio , per Henricum Spondanunts
Luteti^ Parjftorum , i ^4 1 ; in fol,
2.?8 Table
SquarciAL. De Cornet â in unïverfum , &c, Marcelli Squarcia-
lupï op'inio. Dans un Recueil de Diflertations fur les Comètes,
1 580 , in-4'
S T.A D T w E G. Stadtwegii Chronîcon (ad ann. i ^^i ). In Script.
Bruiifw. t. IL
Staindel. Joann'is Staîndelii Chronicon. In Oefeï. t. I. Cette
Ctironique finit en i 508 ; ainfi , l'Auteur n'eft pas fort ancien;
il eft ordinairement affez exaâ: fur l'anne'e des éclipfes.
Steron. Henr'ic'i Steronîs Altahenfis Annales, ah anno 126 S
ad ann. 1^00, exinde ad annum i ^ 2 j per Ulricum & Conradum
Wellingos continuatî. On trouve ces Annales dans Freher. t. I :
elles font bien plus complètes dans Bafnag. t. IV; mais la con-
tinuation ne fe trouve pas dans cette dernière colledion. Stérou
vivoit, il e'toit même fort âgé en i 300,
S T u M P F. Voyei G E M E I N.
îSturm. Cometarum natiira , motus & origo , fecundum Hevel'n éf
Petlti Hypothefes , &c. audore Jeanne Chr'ijlophoro Sturmio^
Altdorfï , I 68 I , in- 4."
S U E T o N. C- Suetonïï TranquîUi opéra omnla. Parifris, 1684^
in- 4.
S V E Y R o. Annales de Flandes , por Emmanuel Sveyro. En Anvers ^
I 624 , in-fol.
■S w E E R T. Rerum Belgicarum Annales , opéra Francifci SweertVu
Francofurti, 162.0, in-fol.
Syn. Chronol. Adonarchiœ Sinicœ Synopfis Chronologica. Ou
la trouve au deuxième volume des Voyages de Melchifedech
Thévenot. Paris , 16^6, in-fol.
Sylv. Pli II , feu yF,neœ Sylvii opéra, Bafileae, 1571 > ïn-fol, _
i. agit. C, Cornelii Tacltî opéra. Venetis, 1707, 171-4..*
Tack, Cœli anomalon , id ef , de Cometis Scriptum , per Joânnetît
Tackium. GiiTae-Hafforum , 1653, ^^'4-°
Tarchagn. Délie Hifiorie del niondo , di M. Giov. Turchagnotûi
In Venetia, 1617, in- 4."
Theobald. Bellum Huffticmn , a Zacharîa Theobaldo , ann^,
16 Q^ confcripîum. In Lindenb.
DES Citations. 239
The OLP H. Prophetîa S. Theolphi pro anno j^è^. Manufcrit
de la Bibliothèque du Roi, ii." 7336, în-^f
Theophan. Theophanîs Chronographïa. Parifiis , i (^5 5 , in-fol.
The S. It. Thefaurus anûquïtntum & hijlorïarum Jtalïœ , cura ù"
Jludio Joannïs - Georgii Gneviï. Lugduni-Batay. 1704- & feq»
in -fol.
T H I E R R. Va L L I C. Vïta Urbani IV, carminé elegiaco defcripîa ,
per Thierricum Vallicolorem , excerpîa e vitis Swmnorurn Ponîijicum
cpud Papyrium Alaffonum , lib. V , de Epifcopis nrbis Komœ. In
Murator. t. III , p. 2. Thierri vivoit en 12.(54.
Th. Gale. Hijioriœ Britannicœ , Saxonicœ , Angio - Danicce
Scriptores quindecim, opéra Th. Gale, Oxonise , 1 6 cj 1 , in-fol.
Thuan. Jacobi Augujîi Thuani , Hijioriœ fui temporis. Édition
de Buckley, Londres, 1733 > in -fol.
Thurec. Thurecenfis Phyfici , de Comeîis Traâatus , ants anno s ,
plus minus , feptuaginta editus , nunc denuo in lucem datus, Bafilese,
1556, in- 8' L'édition originale, in-fol. fans date, eft dans la
Bibliothèque de feu M. le Duc de la Vallière. M. l'Abbé Rive
la fuppofe publiée vers 1475 , & je penfe de même : les deux
éditions font conformes fur i'eflentiel.
Tillem. Hifloire des Empereurs par le fieur de Tiiîemont.
A Paris, j6pe & fuiv. in -4.°; & Mémoires pour fervir à
i'Hiftoire Eccléhaflique, par le même. A Paris , i^p3 df
fuiv. in -4.°
ToROM. Colle dio hiforica & chrono graphie a , liber IV, ex T oro-
macho. In Bafnag. t. IL Le Coiiedeur vivoit du temps de
Charlemagne. Pour Toromachus , Bainage prouve qu'il ne diffère
pas de Grégoire de Tours.
Tri VET T. Chronicon Nicolai Trivetîi , ab anno 11^6 ad annum
130-/ ( quo vivebat AuâorJ. In Spicileg. /. ///.
T y C H . Tychonis Brahe , opéra omnia , five AJlronomiœ inflauratcs.
Progymnafmata , in duas partes dijlributa. Francofurti , 1648;
în-^.'
Tych. e p. Tychonis Brahe , Dani , Epijlolarum AJlronomicarum
liber primus, Uraniburgi , 1610, in-^." C'eft feu M. l'Abbé
de fa Caille qui m'a communiqué ce volume.
Tyrius. JVillermi Tyrenjis { allas ; Tyrii ) Arçhiepifcopî THJlorîa,
In Gelt. Dei ^ t. I>
■40
T A B
u
R s I N. Jeretnlœ v'irga vigilans & ollafuccenfa, a Joanne-Henrlco
Urfino. Norimberg^ , 1665 , in- 8 ."
U R s P E R G. Conradi , Abbatïs Urfpergenfis Chronïcon. Argentorati ,
î6o^, in -fol. Conrad, Abbé depuis 1215, finit fa Chronique
en 1230 : elle eft fuivie d'un fupplément recueilli de divers
Auteurs. Conrad en copiant , fans en avertir , les Annalilles
qui l'avoient précédé , auroit dû , pour Ton honneur , change^
au moins les perfonnes des verbes , & ne nous pas dire effron-
tément qu'il a été témoin occuîaire de faits , arrivés foixante &
quatre-vingts ans avant fa naifîance.
"Urstis. Rerum Germanicarum Scriptores , opéra Chrijliani Urjlifii,
Francofurdi , 1 5 S j , in-foL
V
A p O V. Bernardi Vapovii fragmentum. Ad caîceni Polonicë
C romeri. Colonies - Agrippinœ , 1^8^, in - fol.
Varch. Florentina Hijloria di Benedetto Yarchi. In Thef, It*
t. VIIL
Vas ^ us. Joannls Vafœi, rerum Hifpanicarum Chronicon, In Hi(p,
illudr. t. I.
V,E N T u R. Aîemoriale Guillelmi Venturœ , civis AJienfis. In Murator.
î. XI. Cet Auteur eft un franc vifionnaire : il n'eft point exaél
fur les dates , quoique contemporain.
"Veter. busc. Rerum LeodUnfmm , fuh Joanne Heinfiergio if
Ludûvïco Borbonio , Epifcopis , per Adrianum de Veteri-bufco. In.
Coll. monum. t. IV.
ViCOMERC. Francifci Vicomercati , in quatuor libros Arijlotelis
Aleteorologicorum Commentarii. Venetiis , 1565, in -fol. Je i^e
cite que le n.° 49 fur le premier livre des Météores.
VîCT. TujMUN, Vidoris Tununenfis Chronicon. In Bafiiag. t, I.
.ViLL. (Giov. ) Chroniche di Meffer Giovanni VUlani- 1rs
Murator. t. XI K
Vl L L. ( M A T T. ) IJlorie di Aîatteo Villani. />^. Murator. t. XIV ^
yiLLALP. Dmionologia , five de magià naîurali , Do^moniaçât
licitd
m
DES Citations, 241
licïtà & illicitâ , lihri quatuor , auâore Don Francifco Torreblanca.
Villalpando , Cordubenfi. Moguntiœ , 1623, in-^."
ViRGiL. Publii Virgilïi Adaronis opéra. Parifiis^ 1682, în-^.°
VlTA Boni F. VIII. Vita Bonîfacii Oâavi y e manufcriptîs
Bernardi Guïdonîs. In Murator. t. III , p. i.
Vita Clem. IV. Vita démentis IV, ex iifdem manufcripiis.
In Murator. ibïd.
Vita Clem. V. Vita démentis quinti , ex iifdem manufcriptîs»
In Murator. ibid,
Vita. S. Leod. Vita S. Leodegariî , auâore anonymo , Alonacho
Augujlodunenfi , coœvo. In Bouquet , t. II,
Vita Urban. IV. Vita Urbani quarti, e manufcriptis Bernardi
. Guidonis. In Murator. t. III , p. i.
VlTODUR. Joannis Vitodurani Chronicon , a Friderico II, Impe-
ratore , ad annum i S4^' 1^ Eccard. t. I.
V O G E L. Significatio Corne tœ anni i j ^ 2 , per Joannem Vogelinum g
Haylpronnenfem , Ù'c, Apud Hagec. p- i j Q à^ f^'
W
w
ALSINGH. HIST. Thomœ Walfingham , Hifloria AngUcd
brevis , ab Eduardo I, ad Henricum V. In Cambdeii Coll.
Walsingh. hypod. Ejufdem , Hypodigma Neufriœ. Ibid.
"Web. Difcurfus curiof & fruâuofi de Macrocofmo & Microcofmo , &C>
auâore Joanne Adamo Weber. SalifLurgi, 16.73, i^-^'"
"W H I s T O N. Nouvelle Théorie de la Terre , par Guillaume
Whifton, cinquième édition. Londres, 17^ y, in-8.° en Anglais»
Elle m'a été communiquée par M. de la Lande.
"Wikes. Chronicon Thomœ W'ikes , aliter Chronicon Salijlmrienfs
Alonaferii , ad annum 1^0^. In Rer. Angl. Scripu t. IL II efl
aflez exad iur la date des ecliples.
"WlLH. GEMIT. Wilhelmi Gemiticenfs , de Ducibus Normannice.
In Cambden. Coll. Guillaume de Jumieges éerivoit fous
Guillaume II & fous Etienne , Rois d'Angleterre.
"Wl LH. Malmesb. Wilhelmi Malmejburienfs , de gefis Regum
Angliœ. In Script, poft Bed. & in Bouquet, t. XL C'èil un
bon Hiftorien ; ii éerivoit lous le règne de Henri I.
Tome L H h
'242 Table
"WlLL. Brit. Willelml , Brïtonis Armorkï , Phil'ippidos. In
Duchefn. t. V. II écrivoit vers 1225,
"W^ 1 T I C H. Witîchîndi , Annal'mm lïhri très. Francofurti , i 62 1 ,
in- fol.
WOLF. Joam'is Woljïî , J. C, Leélîonum mirabilmn & recondharum
centenarïi XVI. Lavingae , 1600, in- fol. Mauvais Auteur, à
tous égards.
X
X
IPHIL. Epîtome , vel Supplementa Dîonîs Caffiï per Joanmm
Xiphilinum, In Dion. CafT.
■Z - ''
X-<AHN. Spécula Phyfico-Mathematïco-Hijlorica , &c. feu Mundî
mirabilis œconomia , audore Joanne Xahn, ordinis Prœmonftratenfis
Canonico regulari , ifc, Norimbergas , 165)6, in- fol. Je ne cite
que fon catalogue des Comètes : il Te trouve au premier volume y
p. 162 & fuivantes.
Zantfl. Chronicon Cornelii Zantfiet , ab anno 12^0 ad annum
I ^6 1 . In Coll. monum. t. H.
Z O B. Aficometologia , Difcorfo del Sig. ID aï tore Alfonfo Zoboli ^
Reggiano , intorno alla nuova Stella deU'amw 160^, ù' délia
Cornet a di 16 1 8 , &c. In Bologna, 1615^, in-jf."
Z O N. Joannîs Zonarœ Annales. Parifiis, 1686, in -fol.
Je n'ai point inféré dans cette lifte quelques noms d'Auteurs
que je ne cite que d'après Riccioli, Hévélius, Zahn, &c.
tels font Praetorius , Bunling , J. Pontanus , Seuflanus ou
Sueflanus, &c. Comme ces Auteurs font tous modernes,
îeur autorité n'ajoute rien à celle de nos Cométographes; je
n'ai donc pas cru devoir me donner beaucoup de peine pour
déterrer leurs Ouvrages , qui ne font pas mcme ipécihés par
ceux qui s'appuient lur leur témoignage. Je ne connois pas
même Sueflanus , à moins que par ce nom on n'ait voulu
défigner Auguftinus Niphus , qui fe donnoit l'épithète de
DES Citations, £43
Phiîotheus Suefîanus : il a fait de longs commentaires fur
Arillote,
Je divife cette Hifloire en trois feaions ; la première
comprend {ts Comètes qui ont paru avant l'ère Chrétienne;
la féconde , celles qu'on a vues depuis le commencement
de cette ère jufqu'à la lin du xvi.^ fiècle ; la troifième,
celles qui ont été obfervées depuis»
H ît i|
244
H I s T 0 I R
E
SECTION PREMIERE.
Histoire générale des Comètes
Qui ont paru avant Vère Chrétienne,
J_i E s nombres Je la date àç.s Comètes défignent les années
avant l'ère Chrétienne, comptées félon la méthode que j'ai
expliquée dans le préambule de cette féconde Partie. J'ai
pareillement averti que fi ces dates font placées comme en
titre ou au milieu de la ligne , c'elt une marque que je
regarde l'apparition de la Comète au moins comme très-
probable : les dates font au commencement de la ligne ^
lorfque j'ai douté fi le phénomène étoit une Comète , ou
même s'il avoit réellement paru ; enfin , {i fa réalité n'efl
fondée que fur à^s témoignages abfblument incertains &
caducs , l'apparition eft marquée en lettres penchées ou de
caractères italiques.
Trois jours avant la mort de Mathufalem , on fait paroitre
une Comète dans le Signe des Poijfons , fous la Planète de
Jupiter : en un mois ou en vingt-neuf jours ^ die parcourut les
Roch.Eik(h' dou^e Signes du Zodiaque ; elle df parut le 1 6 Avril. Voilà
Tierlic. Ccefus, certainement une Comète bien circonflanciée ; plus ancienne
que le Déluge , éiXo. feroit un monument précieux d'anti-
quité : fon apparition maiheureufement n'efl fondée que fur
Âç:s autorités qui lui font poftérieures de quatre mille ans«
Le coftume efl même ici trop négligé. Connoilfoit-on avant
le Déluge la divifion du Zodiaque en douze Signes l ces
Signes étoient-ils déjà défignés par les noms qu'ils portent
aujourd'hui? une Planète portoit-elle le nom de Jupiter!
Si cela n'eft pas, comment s y efl -on pris pour réduire les
noms anciens des Signes, dss Planètes, des mois aux déno-
minations aéluelles!
irjequf'^^^ Un Aviteur de ce fiècle croit que l'année du Déluge a été
#
DES Comètes. 245
marquée par l'apparition d'une Comète, à iaquelle même il
croit pouvoir attribuer la fubmerfion totale de la Terre :
il s'appuie fur un fondement allez railonnable , incertain
cependant. Selon lui , le Déluge iiniverlel eft arriyé l'an
^349 avant l'ère Chrétienne r or, la Comète de l'an 1680
de l'ère Chrétienne , faifant fa révolution en cinq cents
foixante-quinze ans, a dû paroitre vers l'an ^34p avant
l'ère Chrétienne. Cela peut être : mais en premier lieu ,
plufieurs habiles Chronologîfles reculent bien plus loin
l'époque du Déluge : de plus, le raifonnement de cet Auteur
n'excède pas les bornes d'une conjeéiure ingénieulè ; de fon
aveu , l'apparition de cette Comète n'efl fondée fur aucun
témoignage hiftorique. Enfin , quant aux retours de la Comète
de 1680, voyez ce que nous en dirons fur l'an 5 3 i de
l'ère Chrétienne , & dans la troilième partie de cet Ouvrage,
<ians laquelle nous parlerons plus au long de cette hypothèfe
:de Whiflon.
2 2pd. Ta-yu ( ou limplement Yu ) , Empereur de la
Chine , commença à régner l'an 54 du troifième Cycle
•( 2223 avant l'ère Chrétienne ) ; il mourut en la vingt-
feptième année de ^on règne , en la centième de Ion âge
(par conféquent l'an zi^6 de notre ère vulgaire) : or fa
mère , étant enceinte de lui , vit une Étoile errante &
en tira un augure favorable. Si les anciennes Chroniques SynopJ. chr&n.
Chinoifes font d'une autorité auffi grande que quelques
Européens veulent nous le perfuader, &. que d'ailleurs cette
Etoile errante ait été une véritable Comète , cette Comète
aura paru en 229^. Mais félon le P. Gaubil , qui paroît
avoir fait une étude plus particulière de la Chronologie
.Chinoiiê , l'Empereur Yu n'efl mort qu'en 2184, ce qui
retarderoit de douze ans f apparition de la Comète : félon
le P. de Mailla, il mourut en 21^8.
Vers 2241 , fous l'empire de Chun , fucceffeur d'Yao,
lequel commença à régner en 2284, on vit en Chine à^s
Etoiles nouvelles , dont une égaloit la moitié de la Lune, mi^
Le P. Couplet ajoute que cela arriva en la feizième année
246 Histoire
du règne de ce Prince ; ii paroîîroit donc , félon la date
donnée, que ces phénomènes auroient été vus en 2269:
Couplet, cependant le P. Couplet \qs rapporte à l'an 2241. Chun
monta fur ie trône en l'an 2255, félon le P. de Mailla.
Enfin , le P. Gaubil ne fait commencer le règne de Xuti
Gaulni.Mailla, ou Chuti Qu'en 2 241 ! felou Cette dernière Chronologie, la
t,I. V. 8S' i^ ^ ^ ' ^ /^
^ Comète n auroit paru quen 2226 ou 2225.
L'an 2ipi ou 2024, ou 2.%'è après le Déluge , & mmé-^
d'mtement avant la confufion des langues , vers le Caire, en
Egypte, on vît, félon nos Cométographes modernes, une
Comète dans le Capricorne ; en Joixante-cinq jours elle par-
'Hèi'éh Lui. courut trois fignes du Zodiaque. Ce lont encore là de pures
Rock. Cafms, Ç^Siions ^ imaginées fans aucun fondement, & qui ne méritent
feulement pas d'être réfutées. D'ailleurs, la Chronologie de
nos Cométographes, & fur-tout , celle d'Hévéiius, eit per-
pétuellement en contradiiftion , tant avec elle-même qu'avec
la vérité.
1^30, ou ic)2o, ou ip4p, ^n un mot l'an yo ou 80
de la vie d' Abraham , me Comète parut durant vingt-deux
'p ^k\^'â' i^^^^ ^^'^^ ^^ f^ë^^^ ^^ Bélier , fous la Planète de Mars ^*
Hnl Cœjius, Struyck ^ croit qu'on a pris l'Idée de cette Comète du
Zahn. y ^ ^j jy -^y^e chapitre de la Genèfe ; il y eil: parlé d'une
J74.f!v'!f6'8. vJlion dans laquelle Abraham , au milieu d'épailfes ténèbres
& d'une fumée fembiable à celle qui fort d'un four allumé,
aperçut une laoïpe ardente. Pour orner le récit, on a ajouté
ia pofition dans ie Bélier , la proximité de Mars & la durée
de vingt -deux jours. Keckermann rapporte les mêmes cîr*
conftances , d'après un Ecrit que Bernard Tornheufer avoit
publié fur la Comète de i 577 : ii ajoute qu'il n'a trouve
ailleurs aucun veftige de cette ancienne Comète. Si la
Comète de l'an 1066 après Jélus-Chrifl eil la mçme que
^^"^^'^ • j'';j; celle de fan 1665 , comme le penie Struyck, elle a dû
^'^ paroître vers fan 1920 avant fère Chrétienne.
- L'an pp de la vie «^^ 'Abraham , ie feu du Ciel conflima
Sodome & Gomorrhe ; il parut alors une Comète des plus
'Halepo, effrayantes*
DES Comètes, 247
L'an 1820 ou 1841 , Comète dans le Lion durant neuf Hévéh Luh,
jours. ^c^^' ^<:¥*
^^ Htrlic. Zahtît
Vers 1770.
Saint-Augullin nous a confervé un fragment de Varron Aug. de cbit,
conçu en' ces termes : « On vit, dit Varron , un prodige ^'^^^'^'(^-viii,
furprenant dans le Ciel , à l'égard de ia brillante Ëtoiie de «
Vénus , que Plaute & Homère appellent , chacun dans fa «
langue , l'Étoile du foir. Caftor attelle que cette belle Étoile ^
changea de couleur, de grandeur , de figure & de route, w
ce qui n étoit point arrivé auparavant , & qui n'a point été «
revu depuis. Adriiflle de Cyzique & Dion le Napolitain rap- «
portent ce grand prodige au règne d'Ogygès. « Quelque
phénomène céleile a donné lieu lans doute à cette fable : or,
on ne peut en imaginer d'autre que l'apparition d'une Comète;
le vulgaire ignorant l'aura priië pour la Planète de Vénus.
L'Aftronomie étoit alors très - imparfaite ; \gs mouvemens
éts Planètes étoient plus admirés que connus. Vénus avoit
paru long -temps le foir : elle dilparut en peu de jours,
comme cela doit toujours arriver lorfqu'elle s'approche de
fa conjonéiion inférieure, & elle fe plongea dans les rayons
du Soleil : quelques jours de mauvais temps purent même
empêcher d'obferver qu'elle tendoit à cette conjonélion. Peu
jde jours après, Vénus avoit disparu: au lieu d'elle, on vit
a l'occident une Comète éclatante ; le crépufcule ne per-
mettoit pas de diltinguer fa chevelure : on la prit pour
Vénus. Les jours luivans , cette Comète, au lieu de fuivre
ïe Soleil ou de s'en approcher comme auroit fait Vénus,
s'en écarta au contraire beaucoup vers l'orient ou vers le
nord; on dit que Vénus avoit changé de route: la Comète,
dégagée des rayons du Soleil , montra fa chevelure ; on
penfa que Vénus n'avoit plus la même fgure: cette chevelure
ternit l'éclat du noyau de la Comète ; on en conclut qu'il
étoit furvenu un changement dans la couleur de Vénus»
Enfin, loit à caufe du plus ou du moins -de développement
de la chevelure de la Comète, foit à caufe de fa plus grande
248 Histoire
proximité ou de fa plus grande diflance de la Terre, la
Comète parut plus ou moins grande ; il fut décidé que
Vénus avoit changé de grandeur. Voilà , je penfe, ia feule
explication raifonnable qu'on puiife donner de ce prétendu
prodige. Fortunius Licétus , au dernier fjècie , en avoit
approché de fort près; félon lui, Vénus s'éioit cachée dans
les rayons du Soleil: une nouvelle Étoile, qui parut alors,
a UceL 1 1, fut prife pour cette Planète"^. Nous penions avec feu M. Fréret,
"^'^A'dlfc ^^ l'Académie Royale des Infcnpuons &: Belles- Lettres ^,
f. X, ' ' que les paroles de Varron s'entendent bien plus naturellement
de l'apparition d'une Comète que de celle d'une nouvelle Etoile.
Une Etoile n'auroit pas tardé à le plonger dans les rayons
du Soleil : comment fe feroit-on imaginé que Vénus avoit
changé de route l Quoique Struyck n'ait point iiiiéré cette
Comète dans fon Catalogue, il en recconnoît cependant la
réalité , lorlqu'ii parle des retours périodiques de celle de
Struyck.p.tS. 1680. Le Déluge ou rinojidation d'Ogygès, eft rapporté à
l'an 1706 avant l'ère Chrétienne ; ainh, Ogygès pouvoit
régner encore en 1770. Si la révolution de la belle Comète
de i/58o eft, comme on le prétend, de cinq cents loixante-
quinze ans, elle a dû paroitre vers 1770 avant J. C.
L'an 50 du rè^ne de ï empereur Kié ou Li-Koué, ç'eft-à-
'S^m. Chr.onoi. dire l'an 1768, les Chinois virent des Étoiles tomber. li
n'y a pas d'apparence que ces Étoiles fuflent des Comètes.
L'an 1718 ou 1732, on vit dans l'Arabie une Comète
qui rejfembloit à une roue : elle étoit dans le Sagittaire au-
Hevél. Caf. ^^ffQ^s jg Jupiter. Hévélius conjedure , d'après pluheurs
Lubien. Eckjt. i/ . ^ V^ x /i u • /-
Herl. Zahn, autorués tres - graves , que cette Comète elt celle qui fut
nommée Typhon: nous en parlerons fur l'an ^j y
Vers I 5 3 I , les Hébreux fortent de l'Egypte , Pharaon
les pourfuit & efl fubmergé dans ia mer Rouge ; on vit alors.
Hahpo. ^^^ terrible Comète,
En \é^()^ ou ï 5 ï 5 f ^^ ]parut dans la Syrie , dans la
Chaldêe & dans l Inde une Comète , qui rejfembloit encore à
'Hévêl Luh. nfiQ YQiie ; ^//^ étoit dans le Capricorne. C'efi celle - ci quQ
S/ ''^'"" Lubienietzki croit ctre le Typhon de Pline,
Vers
DES Comètes. 249
Vers 1200, dii mois d'Août, les Ajfyriens virent une
Comète terrible dans les Gémeaux ; l'impie Amenemos , roi
d'Egypte, mourut peu après : la guerre de Troie fuivit , 6c
cette ville fut détruite treize ans après l'apparition de la
Comète. Mais où nos CométograDhes ont -ils puifé cqs ^^"'•J-!'''''
r ' n 9/^1 /l'A t rr^ • Rock, Cœj'ius,
curieuies circonitances \ Quel eît ce roi Amenemos i 1 roie Zahn.
fut prife , félon les marbres d'Arundel , en i 2 i o ; félon
d'autres Auteurs , beaucoup plus tard. Struyck dit avoir Stmyclijy^o,
calculé une éclipfè , qui peut donner quelque lumière fur le ^'' '7^ '^'
temps de la prife de Troie , 6c il afllire que cette éclipfe
confirme la date indiquée par \ç:s marbres d'Arundel, Fréret Acad,desJr.fct,
fait remonter le fac de Troie jufqu'à l'an 1280 & au-delà: ^'-^'ï'^^^^-
cette Comète , au refte , pourroit ne pas différer de la
fui vante.
Vers î 1^4. *
Les Anciens , à la vue fimpîe , ne diftinguoîent que fix
Pléiades : elles avoient cependant été au nombre de fept;
mais, dit Ovide, Eleélre (a) ne pouvant fupporter la vue Ovid.Faj},
de Troie réduite en cendres, fe cacha & n'a plus reparu. En
effet, lelon Pïygin, contemporain d'Ovide, « les Pléiades
animent \ti Étoiles à la danfe (b) : mais lorfque Troie fut prife, «
&lapoftériîé de Dardanus éteinte, Eleélre, dit- on, accablée «
de douleur, abandonna la compagnie de ^ç^s fœurs & fe retira «
vers le cercle du pôle arélique, où elle parut long-temps en «
pleurs & \^s cheveux épars , ce qui lui fit donner le nom ^»
de Comète. D'autres cependant, félon le même Auteur, ^^ Hyghu Poeu
prétendent que la Pléiade fugitive efl Mérope , qui n'ofa « -^flroiuin.
plus fe montrer depuis qu'elle eut époufé un mortel, tandis «
que toutes ks (œ\v:s s'étoienî alliées à dQs Dieux : ch^affée «
en confcquence de la compagnie de {qs fœurs , etîè laiffe «
flotter Ï^Gs cheveux en figne de triftefle; on lui 5. donné le «
(^a) Celte Ekéîre n'efl pas la fille à'Agamemnon, fœur d'GreJle ; celle
dont il s'agit kî eil: bien pius ancienne; elle étoit fille d'Ai/as, ôi. mère de
£)ardanus , fondateur <5c premier roi de Troie.
^\bj Qn peut pafTer cette expreiîion à un Poëte fabulifte.
Tome I, I i
CXCIl,
250 Histoire
Hyg. Fab. nom Je Comète. » Aviénus , dans fa paraphrafe d'Aratus en
vers latins , fur l'autorité de Mynthès ou Smynthès , autre
Poète commentateur d'Aratus & probablement plus ancien
qu'Hygin , rapporte la fuite d'Éledra , & témoigne qu'elle
s'élève quelquefois au-deiïus des eaux de l'océan , non pour
rejoindre la compagnie de {^% lœurs , mais pour montrer {q^
cheveux épars , &. donner aux hommes le fpedacie d'une
chevelure flottante: c'efl, ajoute-t-il, ious cette trifte forme
y^wKffj m que l'on voit s'élever les Comètes pernicieufes. Je ne viens
Cl expoler que des raoles ; j en conviens : mais qui ignore
que les fables avoient leur fondement dans l'Hilloire? Tout
ce récit ne peut être appuyé que fur la perfuafion où l'on
étoit alors , qu'en l'année de la priie de Troie il avoit paru
une Comète, dont le mouvement apparent avoit été depuis
ies Pléiades jufqu'au cercle polaire arélique. C'efl peut-être
à cette même Comète que Virgile fait allufion , lorfque
après avoir décrit la prife & l'incendie de Troie , il fait
defcendre du Ciel une Etoile , qui , par une longue trace
Vkg, jEneld, de lumière , marque le chemin qu'elle a parcouru.
■''• ^'^' Troie fut priie , comme je l'ai dit , en 12x0, ou peut-
être même avant 1280. Je crois pourtant qu'on peut différer
l'apparition de la Comète jufque vers i ip4 : voici mes
raifons. Timée, le plus ancien des Hiftoriens qui ait entrepris
de déterminer la chronologie de l'Hiftoire générale de la
Grèce , avoit fixé la prife de Troie à l'an 417 avant la
i/^ Olympiade , & par conféquent à l'an 1193 avant
Jéfus-Chrift. L'Aflronome Thralylle , Veiléius Paterculus j,
i'Hiftorien Ephore, le Chronoîogifte Caftor de Rhodes, &
plufieurs autres , fuivirent la chronologie de Timée , ou
du moins ils s^w écartèrent très -peu. Les Anciens , qui
nous ont laiffé quelques détails fur la guerre de Troie , ne
font aucune mention de l'apparition d'une Comète à cette
époque : ceux auxquels nous fommes redevables de cette
anecdote, font pollérieurs à Timée. Il eil: poffible , ou plutôt
il eil: très -probable qu'il n'avoit point paru de Comète au
temps de la priie de Troie ; & voilà la caufè du fi lence des
DES Comètes. 251
Anciens fiir i'appariuon de ce phénomène. ?vlaîs il exifloit
apparemment des Mémoires , félon iefquels une Comète
avoit été vue vers l'an 417 avant ia i.'^ Olympiade :
tl'un autre côté , félon la chronologie de Timée , adoptée
alors , cette année étoit précifément ceile de Ja ruine de
Troie : une rencontre auffi heureuiè fut iàifie par \qs Poètes;
ils bâtirent fur ce fondement ia fabie du délèfpoir d'Eleélre.
Ce qui fait préférer la chronologie de Timée à toute autre,
iur le temps de l'apparition de cette Comète , c'ell que le
mouvement de cet aftre , Aqs Pléiades au cercle polaire
arélique , lui donne quelque trait de reflemblance avec la
Comète de l'an 1680 de notre ère: or, vu la révolution
périodique de cinq cents foixante-quinze ans , qu'on attribue
à cette dernière , elle a dû paroître vers l'an 1 1 cj4 avant
Jéfus -Chrifl,
Eratofihènes , dont la chronologie parut peu après celle
Je Timée , & fut plus généralement adoptée , place la prile
de Troie fur l'an i 1S4. Alors , la Comète auroit paru en
ia première année de la guerre , c'eft-à-dire au commen-
cement àç^?> malheurs de ia famille d'Eleclre: la fa le pourroit
encore fe foutenir.
Prefque tout cet article ell extrait d'un Mémoire de Fréref. ^'^^-deslnjer,
Lan 1200 ou 1175, leutanus étant roi dAuyrie, on
vît par toute la Grèce une Comète dans le Bélier ; elle dura
qi\'rant€ jours, ^^'"^ ■^"^•
L'an looi , la lumière de la Lune parut beaucoup plus Za/m ''" '
éclatante que de coutume: de plus, cet adre, femblable à
une Comète , lancoit un long rayon jufqu'à la confteilation
du Lion. ' yiW;, /.///.
L'année de rappariiion cie cette Comète me paroît abfb-
îument incertaine. « Les Égyptiens & \qs Éthiopiens , dit
Pline , ont reiïenti \*ds funeftes effets de cette Comète , à « P^'"' '• ^^'
jaqueile Typhon , qui régnoit alors , donna fon nom : elle « «.' ^j.
parut tout en feu , entortillée comme en forme de volute , «
I i i;
252 Histoire
» (l'un afpecfl menaçant; c'étoit moins ime Etoile qu'un nœud
de feu. » Pour déterminer l'époque de cette Comète , ii
faudroit connoître ce Typhon , roi d'Egypte. Diodore de
Sicile ne parle que d'un Typhon, qui tua Oiiris , & qui fut
fuppiicié par l'orch'e d'ihs : ce Typhon-là reculeroit bien loin
Struyck,Tpr^o, notre Comète. Selon Struyck , Typhon , nom Grec, a la
^'' ^ ' ^nême fignification que le mot Egyptien Seth , ou Sélhofis,
ou Séfoltris; ce Prince ell le même que Sélac dont l'Ecriture-
iliRfg.i^, Sainte fait mention : il régnoit en 5^75. La Comète de
l'an de grâce 1652 , étoit aufîi grande que la Lune, &
n'avoit pas de queue : différentes nuances de lumière dans
fon atmoiphère, pouvoient caufer l'apparence d'un entortille-
ment tel que Pline le décrit dans la Comète Typhon. Celle
de 1652 , félon Struyck, achève fa révolution en cent
trente-huit ans & quelques mois ; un de ks retours tombe
fur l'an ^y ^ avant Jéfus-Chfifl : tout cela peut être. Mais
d'autres retours de la même Comète tombent fur d'autres
années : de plus , cette révolution périodique de cent trente-
. huit ans , n'efl rien moins que conflatée. Enfin , il n'eft
point abfc ornent néceffaire que le Typhon de Pline foit
wne àes Comètes dont la révolution p>ériodique eft connue.
Pour être afîuré d'aA'^oir rencontré le temps précis de l'appa-
rition de ce Typhon, il faudroit , je penfe , être en état
de montrer comment on a pu dire que \es Égyptiens &: les
Ethiopiens en avoient refîenii \qs funefles efiets. Je croîs
donc pouvoir donner, fur l'autorité de Pline, cette Comète
pour certaine ; mais je ne décide rien fur le temps de fon
apparition. AVhiflon croit que ce Typhon eft le dernier roi
d'Egypte avant le déluge, &. que c'efî: cette même Comète
W/ii'î.jh J2CC, qui a occafionné le déluge : fon fenîiment eil au moins aufli
vraifemblable que celui de Struyck.
626. * Siûiig-oiiang monta fur le trône de la Chine en
la vingt- deuxième année du vingt -neuvième cycle, ou en
l'an 635 : en la dixième année de fon règne, au quatrième
mois, c'efl-à-dire vers le mois de Mai , uwq Etoile, ou plutôt
une Comète, s'évanouit, après s'être réfolue en une eipèce
DES Comètes. 253
de pluie. Je doute fort que ce phénomène fût une véritable Sjm, chronot,
Comète.
Vers (^ip ou 618.
Soie fub occîduo vero vocitata Cometd
Stella relucebït , gladiî mort ait bus index ,
Et famis , & moriïs , pmdarorumque virorum
Atque ducum interîtûs , Ù'c.
Ce font ies oracles Je la Sybille. Leur fens efl : « On SyUd, l. lih
verra de plus, du côté de i'occident, l'Etoile appelée Comète; «
elle annoncera aux hommes la guerre , la flimine , la mor- «
talité, la mort de plulieurs grands hommes , de plufieurs «
Capitaines célèbres, &c. >' La prétendue Sybille entre enfuite
dans le détail à^^ évènemens qui dévoient fuivre l'apparition
de la Comète : elle \ts prédiloit fans doute à coup fur ,
puilqu'ils avoient précédé la prédiction. Feu M. Fréret, Acad.deslnjcr,
prouve que tous ces évènemens ont fuivi de près l'année
^ip ou 618 , & qu'en coniéquence il eft naturel de rap-
porter à ce même temps l'apparition de la Comète , que la
Sybille foi - diiante n'auroit apparemment pas annoncée , fi
elle ne l'eût trouvée mentionnée dans les Mémoires qu'elle
confuftoit. Je cite donc ici la Sybille comme hiflorienne &
non comme prophétefle. Si la révolution de la Comète de
16^8 G eft de cinq cents foixante- quinze ans, elle a dû
réellement paroître vers l'an 6i8 avant l'ère Chrétienne.
Jérémie , au chapitre premier de fa Prophétie , rapporte-
une vifion dans laquelle Dieu lui demande ce qu'il voit :
Je vois , répond le Prophète , une verge élevée & comme
prête à frapper. Que voyez -vous Jérémie \ dit Dieu de
rechef : Je vois , répond Jérémie , une marmite enflammée ;
elle paroît tournée du côté de l'Aquilon. Plufieurs Auteurs Urfn.Bekker^e
ont cru que l'objet de la vifion de Jérémie étoit une vraie ^°'"''^^'F'S^'
Comète, dont la queue paroiflant feule d'abord, relîèmbloit /^ 77/ '
à une verge prête à frapper : la tête s'étant enluite élevée
fur l'horizon, y parut fous la forme d'un globe obicur, dont
2 54 Histoire
ii fortoit une épaiiîe fumée. Dieu qui donna i'arc - en - ciel
à Noé, pour îigne de l'alliance qu'il contradoit avec là
podérité, peut bien avoir montré une Comète à Jérémie,
comme figne à^s malheurs qui menaçoient le peuple Juif.
La vocation de Jérémie, rapportée dans le même chapitre,
efl: datée de la treizième année du règne de Jofias, & par
conféquent de l'an 628 ; mais la vifion peut être poltérieure
de dix ans ou même davantage , à la vocation du Prophète.
La vifion de Jérémie & le retour de la Comète de 1680,
font rapportés par Sîruyck à fan 62. i , trois ans avant la
captivité de Joakim , roi de Juda, félon la chronologie de
Marsham. Si l'on veut reconnoître un retour de la Comète
de 1680, tant dans celle que Jérémie vit vers le Nord-eft,
que dans celle que la Sybille fait paroître du côté de l'Oueft,
il faut que cette Comète ait palîé par fon périhélie , en Août ,
Septembre ou Oélobre; mais dans cette fuppofition même,
ii reliera toujours quelque difficulté : il efl au refte très-poffible
que la Comète dont parle la Sybille foit différente de l'objet
de la vifion du Prophète.
612.
En la quatorzième année du règne de Ven-koting, prince
de Lou , en Chine, à la feptième Lune, c'eft-à-dire vers
le mois de Juin , on vit une Comète dans le Pé-téou,
Cmhil, (c'eft-à-dire dans les fept Étoiles de la grande Ourfe).
Vers 533.
On vit en Chine une nouvelle Etoile ou une Comète
dans la confleliation Nu ( cette Conflellation renferme la
main occidentale du Verfeau , & la précédente de la queue
du Capricorne). On étoit alors dans la première Lune, &:
îa première Lune renfermoit en ce temps -là le Solflice
iM d'hiver.
^ 524. *
Il parut une Comète en Chine durant l'hiver, en la vingtième
DES Comètes. 255
année du règne de King-ouang , qui avoiî commencé de
régner l'an 543, cinquante -quatrième du trente - unième
cycle , ou , ce qui revient au même , en la dix - feptième Sjm. Chonoh
année de Tchao-koung : elle étoiî dans les Étoiles du Scpr-
pion ; elle s'avança jufqu'à la voie laélée. Cette QomhXQ (^^^''''^■■^'^<^''^'^'
n'a paru qu'à ia fin de 524, ou en Janvier 523 : ie Père ' '^'^^^'
Mailla la rapporte à la fin de l'an 525.
5 03. * Soiis le fécond confulat de P. PofthumiusTudertu5,
& le premier d'Agrippa Ménénius Lanatus , on vit paroitre
bien avant dans ia nuit, comme à'di piques militaires en feu. ohfequ.juppL
Struyck croit qu'une de cqs piques pourroit être la Comète
d'Halley ou de 175^» Tout ce phénomène, félon nous,
a plus d'analogie avec une aurore boréale qu'avec une
Comète.
48 3 . On voyoit tous les jours des prodiges dans le Ciel. Uid.
481.
En Chine, en la treizième année de Gai-koung , à la
-onzième Lune ou vers la fm de l'année-, on vit une Comète
vers l'orient. Le P. de Mailla la date d'un an plus tôt: elle GauUi. Mailla,
s'étendoit, dit-il, de l'Étoile Yng à l'Étoile Sin , qui en gft '•^^'^•^^^'
éloignée de deux degrés ( c ).
^79' *
En la première année de la lxxv.^ Olympiade , au
temps de la bataille de Salamine , on vit une Comète
de l'efpèce de celles qu'on nomme Ceratias, parce qu'elles
imitent la figure d'une corne ^: on dit même qu'elle éclîpfa ^ Pi'^n. i ri,
ie Soleil \ c.xxv.n.'.^.
■\r /■ ^ ^ Fre'ret, AcaJ,
vers 465. "^ Infcr. U X.
« Les Grecs, dit Pline, rapportent qu'Anaxagore de Clazo- PUn. h II,
mène, en la féconde année de la lxxviii.'' Olympiade, prédit, « ^^^^,'^^ *
(c) Sin ert le cœur du Scorpion , y compris les ÉioUes «r & t qui en
Ibnt voiiines : je ne trouve Yn^, ni dans le P. Gaubil, ni dans le P. Noël.
2j6 Histoire
» parla grande connoilîiince qu'il avoit du Ciel, le jour auquel
» une pierre devoit tomber du Soleil : le fait arriva de jour,
» près d'Egos -potamos , ville de Thrace. On montre encore
» cette pierre ; fa grandeur eft telle , qu'elle chargeroit leule
» une voiture ; fa couleur reflemble à celle d'une pierre brûlée.
li parut auffi alors une Comète durant plufieurs nuits. » Le
témoignage de Pline, au fujet de la prédidion d'Anaxagore,
D'wg/inAnax. eft confirmé par l'autorité de Diogène-Laërce & de quelques
V'^^' autres Anciens. Anaxagore avoit même prédit la chute de
*%/^.C^//.//, plufieurs pierres, félon Tzetzès ^ & Philoflrate ^ Ariftote
v.Sjfzfjuiv. jj^ feulement qu'un vent violent fit tomber une pierre de
^. ji^ ^ 1 au* , & que le ion* du même jour li parut une Comète .
^ Arifi. Météor. Selou Plutarque , il tomba une Étoile de pierre en forme de
l.l,c.vii. fçLi d^ J[ avoit dit immédiatement auparavant, qu'une dts
/. // f. jt-///. opmions dAnaxagore etoit que les htoiles ne lont autre
chofe que des pierres enlevées de la Terre par l'impétuofité
de quelque tourbillon de- vent, & enfîammées par le feu
répandu dans l'éther. « Anaxagore prévit donc , c'efl toujours
Flut,inLyJ.^^ Plutarque qui parle, mais dans un autre Ouvrage , que les
» corps célefîes fe heurîeroient de manière qu'un d'entr'eux
« tomberoit du Ciel. Damachus appuie le témoignage d'Ana-
» xagore , en rapportant , dans iç:s livres De la Religion ,
n qu'avant la chute de cette pierre , on vit dans le Ciel ,
«pendant foixante- quinze jours confécutifs, un corps d'une
» grandeur extraordinaire, femblabîe à une nuée embrafée: if
» n'étoit point immobile ; il paroKfoit de temps en temps agité
« par des mouvemens divers , de manière que des morceaux
3> enflammés , fcparés par ces différentes fecoufîes , furent dif^
'^ » perfés en divers lieux , & parurent traverfer l'air , à la manière
» de ces Etoiles qu'on appelle Etoiles volantes. La crainte des
?j habitans du lieu étant difiipée, ils approchèrent & ne trouvèrent
« aucune trace de feu : ils virent la pierre par terre, grande il efl
» vrai , mais retenant à peine quelque marque du feu qui i'avoit
» pénétrée. 11 eil clair que Damachus compte ici beaucoup fur
» la crédulité de {es leéleurs. Si cependant fon récit eft vrai,
?» il contient une pleine réfutation dit fentiment de ceux qui
prétendent
DES Comètes. 257
prétendent qu'un ouragan violent avoit détaché cette pierre «
du iommet de quelque montagne , &c. « Je crois pouvoir
conclure de ces pallages , que vers la féconde année de la
Lxxviii.'' Olympiade, laquelle commence en Juillet 466,
il a paru une Comète ; elle peut même avoir été vue durant
foixanîe- quinze jours, leion le témoignage de Damachus:
voilà tout ce qui peut nous intérefler. dans ce fait. Des
termes de Damachus, on pourroit conclure que dans le,
même temps il a paru une ou plulieurs Aurores boréales.
Quant à la pierre , elle n'eft certainement pas tombée du Soleil
îii du Ciel; le vent, ou un tremblement de terre, l'aura
détachée de quelque montagne voifme : la peur défigure
fou vent les iûis les plus fmiples. Pour ce qui regarde la .
prédiétion d'Anaxagore, Philolkate dit expreilément que ce Fhii. hco cùaw,
Philolophe ayolt annoncé qu'il viendroit une nuit fubiîe en
plein jour ; il pouvoit donc avoir prédit. ou voulu prédire
une éclipie de Soleil. Mais ibit qu'il le déhâî de fa prédiction,
îoit qu'il voulût faire le myltérieux , il avoit enveloppé fou
annonce dans àes termes oolcurs .& relatifs à fon lyftème
phyhque, leion lequel tous \qs Aftres étoient autant de pierres.
Il a donc pu dire que les pierres le heurteroient dans le Ciel,
que l'une céderoit à l'autre, qu'il en réiulteroit un effet lur-
prenant, &c. On vit une pierre que l'on crut defeendue du
Ciel; on ne douta point que ce ne fiit-là l'effet annoncé par
Anaxagore : chacun habilla cette hifloirc & cette prophétie
à la manière. Si cette explication, qui efl; allez conforme à
celle de Struyck, ell vraie, & que la Comète ait accom- St-yck,Tp'^(},
pagné l'écliple de Soieil , il faut rapporter ion apparition à -^ZauU^cf'
ï-àn^6z , ou à la première année de la lxxix.*^ Olyn.piade.
Il y eut réellement le 30 Avril de cette année une éclipie
de Soleil ; Struyck a calculé qu'à Athènes , vers quatre Siryyck, ihid>
heures trois quarts du foir , i'éclipfe fut totale, & que la
durée de la totalité fut de 2. minutes :^ i fécondes. Pofidonius,
durant une éclipie totale de Soleil , vit une Comète que
l'éclat du Soleil cachoit auparavant ^ Siruyck^ croit qu'on ^^"^x,'
pourrofi appliquer ceci à la Comète de 4-62 : cela peut hStru^^xk^ihU,
Tome L K k
e. V
258 Histoire
tti e ; mais û c'efl en cette même année que îa prédi^lîoiî
d'Anaxagore a eu Ion effet, il faut reconnoître que ia Comète
fe fera enluite écartée du Soleil , & aura été vue plufieurs
nuits.
C'ell fans doute de cette même Comète qu'il faut entendre
Senec. !, VU. qq qye diloit Charimandre dans fon Livre des Comètes ,
qu'Anaxagore avoit vu dans ie Ciei une lumière extraor-
dinaire, de la grandeur d'une poutre, phénomène qui avoiî
duré plufieurs jours.
432. *
En la quarante-cinquième année du trente-huitième cycle,
Couplet, on vit une Clomète à la Chine. Tous les Cométographes
modernes marquent l'apparition d'une Comète vers le com-
mencement de la guerre du Péloponèfe , qui commença
certainement en 430, au printemps. Quelques-uns lui
Crtr. Eher. donnent foixante- quinze jours de durée, & la confondent
'^* '"'' manifeftement avec la précédente ; d'autres bornent ion
Chron, Car. apparition à foixante jours : je n'ai trouvé aucun ancien Auteur
Zah'n "^ ^"^ ^'^ ^^^ mention. Riccioli cite cependant Thucydide , qui
n'en parle pas, &: Plutarque, qui ne parle que de la Comète
Fiut, in Lvf, précédente. Il efl vrai que, félon Plutarque , plufieurs croyoienî
que la chute de la pierre, annoncée par Anaxagore, avoit été
ie préfage de la déroute eîiîière des Athéniens. Mais cette
défaite des Athéniens, eft poftérieure de plus de vingt-lepî
ans au commencement de la guerre du Péloponèfe, à laquelle
au contraire elle mit fin ; Anaxagore ne vivoit plus alors, &
Pline fixe l'année de la prédiétion, qui fans doute ne tarda
pas plus de foixante ans à s'accomplir. Ceux dont parle Plu-
tarque fe trompoient donc dans leur chronologie , & leur
autorité ne peut fervir de fondement aux Cométographes
modernes. Il eft cependant vrai qu'en 432, un ou deux ans
avant la guerre du Péloponèfe , on a pu voir une Comète
en Grèce , puifqu'on en a vu une à la Chine ; mais la réalité
de fon apparition ne peut être -appuyée que fur le témoignage
du P. Couplet : il feroit à fouhaiter que ce témoignage fût
DES Comètes. 259
fécondé Je i'autorité du P. Gaiibii. Le P. de Mailla (u II,
p. 24-^) en parle; mais il la rapporte à l'an 433»
42e * ou 402.
Eucféès , fils de Moîon , étant Archonte à Athènes , on
vit , vers le folflice d'hiver , une Comète près du pôle
arélique. Il y a eu deux Eucléès ou Euclidès , Archontes à Arîjl.l.l.c.vh
Athènes , [\m en 426, l'autre en 402 ; mais je ne trouve
rien qui piiiiîe me faire diftinguer celui qui étoit fis de
Molon. Struvck détermine l'apparition de la Comète à l'an
428 , & il penle que c'efl un retour de la Comète d'HalIey;
mais cette Comète d'Halley ne peut, ni ne pouvoit alors,
paroître au milieu de l'hiver au voiimage du pôle arclique.
Zahn, d'après d'autres Cométographes modernes, fixe l'appa-
rition de cette Comète à i'an 412.
En l'an 400 , fous le règne d' Archélaûs , roi de Mûcédoïne ,
on vit une Comète , difent Lubienietzki & d'autres Cométo-
graphes modernes : ils fe fondent fur l'autorité de Sénèque ,
qui n'a point parlé d'Archélaiis, roi de Macédoine , mais
d'Attalus régnant en Afie.
371. "^
« En ia première année de la cii.^ Olympiade , AlcîHhènes
étant Archonte à Athènes , piufieurs prodiges annoiicèrent «
aux Lacédémoniens leur humiliation prochaine : un flambeau «
ardent , d'une grandeur extraordinaire , auquel on donna le c«
nom de poutre enflammée, parut durant piufieurs nuits." /)w, sic.
Ce paffage de Diodore de Sicile, fembie conllater l'année ^'^' ^V*
de l'apparition de la Comète. La première année de la cii.^
Olympiade commence au mois de Juillet 371 ; la Comète,
comme nous le verrons bientôt, parut en hiver : il fembie
donc qu'il faut la rapporter à la fln de 371 , ou au com-
mencement de 370: ceci n'efl: cependant pas lans difficulté.
'Les autres Anciens qui ont parlé de cette Comète, nomment
i' Archonte Ariltée (Arifiœus) , & je n'en trouve pas de ce
K k ij
26o Histoire
nom dans la fuite des Archonlesd' Athènes. En la quatrième
année de la ci.^ Olympiade, l'Archonte (è nommoit Aftius
ou Afteus ; l'Archonte de l'année fuivante fut Arifthènes
ou Aicillhènes : or , il y a quelque fondement de douter
lequel àQs deux occupoit la fouveraine.magidrature, lorfque
la Comète fut obfervée. Vers le temps de fon apparition.
Hélice & Bura, villes de fAchaïe, furent englouties par \çs
eaux de la mer ; & les Lacédémoniens , comme le dit Dîo-
dore, perdirent l'empire de la Grèce qu'ils poffédoient depuis
cinq cents ans. Sénèque parle de la Comète, comme ayant
précédé la ruine d'Hélice & de Bura, & fonde cette alfertion
Senec.LVlI, fur f autorité de Callifthènes : or, félon Diodore, ces deux
c,v er XVI. yiiiQ^ périrent pendant la magiftrature d'Afleus. Mais Sénèque
écrivoit quatre cents trente -cinq ans après ce défaftre , &
nous n'avons point le patfage original de Caliifthènes , qui
peut-être ne difoit pas expreflement que la Comète eût
précédé la lubmerfion à^s deux villes. Paufanias donne à
entendre que ce îrifte événement fut précédé par l'appari-
Paujan. Ad. tion d'Artres inconnus jufqu'alors ; mais il ne le dit pas
cTx'xiv. ' clairement. Il efl; d'ailleurs très-polfible que dans un temps,
où Ton étoit perfuadé que les tremblemens de terre étoient
àQs effets naturels de l'apparition d^s Comètes , on ait attribué
celui qui renverfa Hélice &: Bura , à une Comète qui ne
parut cependant que lept ou huit mois après. Pline lie l'ap-
parition de cette Poutre à la perte que firent les Lacédémoniens
* Fan. l II, de l'empire de la Grèce ^ Ariflote , auteur contem.porain,
b ^■^^if dit llmplement ^ qu'elle parut vers le temps du tremblement
îibll,'c,vi, ' de terre &. de firiondation. Le nom d'Ariflée, qu'il donne
à l'Archonte , paroît plus analogue au nom d'Ariflhènes
qu'à celui d'Allée. Je penfe donc qu'on peut s'en tenir à la
date que Diodore donne à l'apparition de la Comète.
Ariflote décrit aflez au long les circonftances de cette
îiij, apparition. Après avoir dit que la Comète commença à
paroitre vers le couchant des Equinoxes , il la quite un
inflaiit pour y revenir quelques lignes après. « Lorlque
» Ariilée, dit -il, exerçoit ia fuprême magiflrature à Athèaesij,
DES Comètes, 261
au pins fort de l'hiver, on vit paroître le foir, par un Ciel
fereiii, cet Aftre prodigieux dont j'ai déjà parlé. Le premier
jour on ne le vit point; il fe coucha avant le Soleil f^J' On
l'aperçut le fécond jour , le Soleil l'ayant laiiïe derrière lui ,
quoiqu'à une très-petite diilance; il fe coucha auditôt après
le Soleil. Mais fa lumière ( c'eft-à-dire fa queue ) , s'étendit «
comme une elpèce d*aliée d'arbres julqu'au tiers du Ciel, ce «
qui lui fit donner le nom de route : il monta jufqu'à la ceinture «
d'Orion, où il s'évanouiti »
Il fuit de-là que le cours apparent de cette Comète étoit
dire<5l , ou d'occident en orient ; mais fon mouvement réel
étoit probablement rétrograde. Puilqu'au commencement de
fon apparition, le Soleil étoit au figne du Capricorne, &
que la Comète, voihne du Soleil, paroiiïbit vers le couchant
Âqs Equinoxes , & fe couchoit peu après le Soleil; fa lon-
gitude devoit être d'abord moindre que celle du Soleil , &:
fâ latitude boréale ne pouvoit être moindre que de 2,0 degrés.
La Comète ayant dil]3aru vers la ceinture d'Orion, fa lati-
tude devoit être alors de 2,0 à 25 degrés vers le fud : elle
avoit donc paffé par fon nœud defcendant durant le temps
de fon apparition ; & comme fon mouvement fut d'abord
très - précipité , & qu'il y a lieu de croire qu'elle étoit alors
affez voifme de la Terre, on peut conjeéiurer avec quelque
fondement , qu'elle paffa par fon nœud defcendant peu de
jours après fon apparition & fa conjondion avec le Soleil : fou
nœud defcendant étoit donc probablement dans i'Ecrevifîe
^d) Je traduis fidèlement. Quel
peut être le fens d'Ariilote S Veut -il
dire que le premier jour on ne vit
que la queue de la Comète, & que
fa tête s'étoit couchée avant le Soleil !
Mais cela n'ell pas poffible ; fi la tête
étoit couchée avant le Soleil , la
queue , toujours oppofée au Soleil ,
devoit être toute entière fous l'ho-
rizon, le fens elt-il que la Comète
ne parut que le fécond jour de l'hiver !
JVIais comment Ariiloîe; qui j'egardoit
les Comètes comme des météores for-
tuitement formés , a-t-il pu dire que
la Comète exiftoît le premier jour de
l'hiver , & qu'elle s'étoit couchée
avant le Soleil I Le premier jour on
aura pu ne voir que la queue dans
un fort crépufcule ; Ariilote aura cru
que ie Soleil n'étoit pas encore couché.
Peut-être auffi l'éclat de la Comète
le deuxième jour, aura perfuadé à
Ariilote qu'elle exifloit dès le pre-
mier |our«
262 Histoire
ou dans le Lion. L'éclat & la longueur de fa queue, peuvent
faire juger que ioriqu'elle commença à paroîue , elle n'éioit p^s
fort éloignée de fon périhélie ; je me perfuade même qu'elle
l'avoit déjà padé: autrement, elle n'auroil pu s'éloigner du Soleil
autant qu'il paroît qu'elle i^n éloiî éloignée , lorfqu'Ariflote
i'obierva près de la ceinture d'Orion. Je crois donc que fou
périhélie pouvoit être dans la Balance ou dans la Vierge : (a
moindre diilance au Soleil a dû être beaucoup moindre que
celle du Soleil à la Terre. Je Jie puis rien décider fur l'in-
clinaifon de (on orbite : en conlidérant cependant la gra de
latitude qu'elle eut vers la fin de ion apparition , je me crois
fondé à conjecT:urer que cette inclinaifon devcit excéder
30 degrés. Tels font les caraélères auxquels on pourra dif-
îinguer cette Comète entre celles dont l'orbite eil déjà
calculée, ou le fera dans la fuite. Entre les orbites calculées,
je n'en vois aucune qui puiiïe s'adapter à la Comète pré-
Strvych.iy^o, {qx\\q, Struyck avoit jugé d'abord qu'elle ne différoit pas de
' la Comète de 1664 , à laquelle il afîignoit une révolution
périodique de deux cents quatre ans ou environ ; mais ce
favant Profelfeur étoit trop éclairé, pour tarder à s'apercevoir
de l'incompatibilité Aqs élémens de ces deux Comètes. Dans
à(^s papiers manufcrits qu'il me communiqua en 1759, ii
ne reconnoiiloît plus aucune analogie entre ces deux Comètes;
il mettoit celle de 1664 au nombre de celles dont la révo-
lution périodique efl encore inconnue.
Semî.lVU, Éphore , hiîlorien Grec, rapportoit, félon Sénèque, que
^' ^^^' la Comète de 371 s'étoit diviiée en deux Etoiles, vers la
fin de fon apparition. Comme il efl le feul garant de ce
fait , Sénèque ne croit pas que fa feule autorité fuffife pour
ie conflater ; il l'accufe même de tromper fouvent &: d'être
fouvent trompé. Ariftoîe , immédiatement après les paroles
que j'ai citées de lui , dit que Déniocrite prétend appuyer
fon opiîûon , fur la lormation Aq?> Comètes par le concours
de plufieurs Etoiles, fur ce qu'on avoit vu , félon lui, des
Étoiles paroître après la di(îolution à^s Comètes, Si le fait
rapporté par Ephore étoit vrai , les difcipies de Démocrite
DES Comètes. 263
ri'auroîent pas manqué de s'en prévaloir ; Ariflote aiiroit
pareillement fait mention de cette preuve , & l'auroit fans
doute réfutée : fon filence me paroît juililier le doute de
Sénèque fur la véracité d'Ephore.
. Vers 370 , ou comme Struyck le dit ailleurs, entre 370 Smiyd.
& 321 , Ariilole vit une Etoile de la conftellation du
Chien , environnée d'une chevelure. Ceux qui jetoient la
vue lur cette Etoile voyoient fa lumière plus terne ; ceux
qui la fixoient attentivement lui trouvoient plus d'éciat.
btruyck croit que cette Etoile n'étoit autre chofe qu'une
Comète qui commençoit à s'éloigner de nous : cette penfée
me paroît d'autant plus probable , qu'il eft certain d'ailleurs
qu'Ariflotenes'adonnoit pas afTezài'Aftronomie pour connoître
toutes ]qs Etoiles fixes du Ciel. Mais s'il efl vraifemblable
que cette Etoile fût une vraie Comète, il nous efl: impoflible
de fixer avec précifion le temps de fon apparition.
3
6
0.
En la huitième année de l'empire êiHien-ouûng , qui
commença de régner en Chine la cinquantième année du
trente- quatrième cycle, on vit une Comète à l'occident '\ ^ Syn. Chon,
Cette Comète eft apparemment la même que Kasmpfer^ dit Couplet. Mailla.
avoir paru à la Chine & au Japon fous le règne de Koaji. l J^'^r ,'^',t
qui gouverna, dit-on, 1 empire du Japon depuis lan 30^
jufqu'à l'an 2cjo. Le P. de Mailla accélère d'un an l'appa-
rition de cette Comète.
345- *
La chevelure d'une Comète, en changeant de forme, a
pris une fois la figure d'une pique, l'an de Rome 408 , en
îa cviii.^ Olympiade. On lit dans les anciennes éditions de ^JZ'J^' ^^'
Pline, que ce phénomène arriva l'an de Rome 35)8 ; mais
l'an 3^8 de la fondation de Rome, ne concourt pas avec
la cviii.*^ Olympiade. Le P. Hardouin a cru qu'au lieu
de ccccviii , leçon à^s anciens manulcrits , quelque Copifte
moderne, inférant par mégardeune x, aura écrit cccxcviii.
C, XXV*
264 Histoire
Si l'on ii'aJmet pas cette corredion , ii faudra rapporter l'ap-
parition de la Comète à l'an 355, comme ont lait tous \^s
Cométographes , & même Struyck ; mais alors elle aura
. paru dans la cv.^ Olympiade. 11 y en a qui dans Pline ont
lu mha au lieu dQ juba ; ils ont dit en confèquence que la
Comète avoit paru d'abord (bus la forme d'une trompette.
344.
Eubulus étant Archonte à Athènes , en la quatrième année
de la cviii.^ Olympiade, fous le confidat de M, Fabius &
de Ser. Sulpicius , Timoléon de Corinthe partit pour une
expédition en Sicile, lues Dieux , par un prodige extraor-
dinaire, annoncèrent Çqs fuccès & la grandeur future: un
flambeau ardent parut dans le Ciel durant toute la nuit , 8c
Diod, Sic, précéda la flotte de Timoléon jufqu'à ion arrivée en Sicile.
Ub. XVI. Plutarque rapporte le même fait, & y joint des circonilances
Plut, in Timoi bien plus merveiileufes. 11 efl facile de juger que la Comète
paroiifoit vers l'occident, & que fa déclinaifon boréale étoit
aiîèz confidérable.
340. *
Niconiaque exerçant la fouveraine mao-iilrature à Athènes,
on vit une Comète vers le cercle Equinoxial : elle ne paroiiicit
Arif. Meie'or, p^^ |g f^jj- . ç^ clurée ne fut que de peu de jours. Dts
Modernes ont ajouté que cette Comète étoïî dans le fgne du
Hév. Rock. l^'ion.
En 356 & 3 3^' cejl-ci-dïre au ccnvv.enczment de la vie
& du règne d'Alexandre , il parut deux Comètes; elles durèrent
Luh,Ricc, ire, l'une & l autre joixanîe-dix jours , au rapport de Jujlïn. J'ai
lu tout ce^que Juftin dit d'Alexandre; il dit que la naillance
fut précédée & accompagnée de plulieurs prodiges : ii ne parle
en particulier d'aucune Comète. Mais à^i Cométographes
Aftrologues ont penlé que la nailîance , que le commen-
cement du règne d'un conquérant tel qu'Alexandre, avoient
dû néceifairement être annoncés par l'apparition de quelque
Comète éclatante & de longue durée.
3 ^4- '^
DES Comètes. ' 265
304. *
En l'année clnqnante-troifième du quarantième cycle, une
Comète fut vue à la Chine. Coup!. MaîUd^
t, II, p. j o <r,
302. *
ïi en parut une autre en la cinquante -cinquième année
Ju même cycle. Ces deux Comètes parurent un an plus tôt, j^^i^^
félon le P. de Mailla.
2,
39'
En ia fèptième année de Tfni-chi-hoang ( e), on obfèrva
en Chine à^s Comètes à f eft & au nord. A ia cinquième
Lune ( vers la fm de Juin ) on en vit une à l'ouefl. Gaulle
En l'an 220, une Comète brilla dans h Bélier fendant
vingt-deux jours , avant la mort de Scleucus , auquel Antïochus
Juccéda. Je ne relève pas les fautes de chronologie qui //^v/. Uth
aiïaifonnent fouvent ces annonces de Comètes. ■'^^^' ^^-f*
216. On vit un bouclier dans le Ciel , fous ie confulat
de Cn. Servilius Geminus & de C. Quintius Flaminius. oifequ, Supp?^
On ajoute qu'à Prénefte des lampes ardentes parurent tomber
du Ciel , ce qui défigneroit plutôt une aurore boréale qu'une
ou plufieurs Comètes.
213. En la trente -troifième année de Tfm-chi-hoangj
une brillante Étoile parut à l'oued : des Auteurs , pollérieurs
de plufieurs fiècles à fon apparition , lui ont donné le nom
de Comète. Le P. de Mailla la tient pour Comète, & ia date Gauh?,
de 214. Mailla, t, 11,^
203. * P'SPJ^J
M. Cornélius Cethegus Sl P. Sempronius Tuditanus étant
Conluls, on \ii ^ Sezze ^ Setlii^J un flambeau qui s'étendoit
de l'oripnt vers l'occident. Ce phénomène pou voit ne pas ohjequ. Suppî^
différer de la Comète qui fut réellement obfervée en Chine, ^^''•Dàad, ^^^
(e) Selon la chronologis du P. de Mailla, la fèptième année de Tfijî-
chi-hoang-ti concourt avec l'an i^o avant l'ère Chrétienne.
Tome L L 1
2.66 Histoire
Cmiîi Maîr.a. Y^lz ^ Arâurus (f), à la feptième Lune ou vers ia fin
t^ii,P>^73' a' Août.
2 0 2. * Sous le coiifulat de Cn. Serviiius Cspio & de
Cn. Serviiius Geminus , on vit un flambeau ardent dans le
Difetiu. Suppi. Ciel. Struyckpenfe que ce flambeau pourroit être la Comète
d'Halley.
Luh. Echfl, En 2 o G , Comète dans î'EcreviJfe.
En 1^6 , on vit deux Comètes , l'une durant peu de jours
dans le Capricorne , l'autre deux ans, ou deux mois, ou deux
^ Heu. Rock. JQiirs après dans l'EcrevïJfe : celle-ci dura dix-neuf jours ^
> Rock En 1^4., Aîithridate naquit; on vit une Comète , &.c. ^»
La date efl faufîe; Mithridate ne naquit que vers \-^6.
L'an 183, horrible Comète pendant quatre-vingt-huit
jours ; elle occupoit prefque le quart du Ciel : plus éclatante
qu le Soleil , on la vit de jour dans les Poïjfons ; elle employait
'Lui), Hévél. Jept ou huit heures à fe lever ou à je coucher. Voilà en vérité
'Rock. Zahn, ^j-^^ belie Comète; c'ed bien dommage que fon apparition
foit fi peu conllatée.
176. C. Claudius & L. Pétellus étant Confuls , on vît
Oij'eqa, Suppi. un flambeau dans le Ciel, h^s Confuls de l'an iy6 furent
C. Claudius & T. Sempronius. Y eut-il un Confui fubrogé!
on ne le voit pas dans Tite-Live.
'Lui). Hévél 1 74. Comète dans le Bélier pendant trente - deux nuits.
'Rock. Zahn. / ^ ^
%
En la fixième année du quarante- troifième cycle j on vit
Couplet, une Comète à la Chine. Le P. de Mailla dit qu'elle parut
'Mailla, î, 11, en 172 à la fln de l'été, & qu'elle étoit grande ôc à queue,
168. Sous le confulat de Sp. Pojlhumius Albinus & ds
Q_u, Adacius Scevola , une Comète brilla durant cinquante-
I^ock, cinq femaines. Hévélius remarque que ces Confuls appar-
tiennent à l'an 172. Lubienietzki veut qu'on iifè cinq
(f) Le P. de Majila , qui anticipe d'un an l'apparition de cette Comète,
dit qu'elle parut à i'ÉtoHe Tn-kïo, que nous appelons Y Epi de la Vierge;
cela n'eftpas exad ; l'Étoile Ta-kio eft certainement ^î-c^i/r/;^, Noël, p. 83.
DES Comètes. ±6j
iemaines au lieu de cinquante - cinq : ces correéllons ne
procurent pas plus d'authenticité à ia Comète.
I 68. * On vit à Agiianie un flambeau dans le Ciel , fous
îe confulat de Qu. Martius Philippus (Se de Q. Serviiius
Caepio. Ol'fetju. Supph
1(56. * Sous le confuiat de Q. Émiiius Petus &: de ixL?n'c,iu\
M. Juiius , à Lavinia ( ou Lavinium ) , un flambeau ardent
parut dans le Ciel. .> Obje^u»
i6<y. M. Marcelfus & P. Suipicius étant Confuls , à '
ïndovina ( ou Lanuvium ) , on vit un flambeau dans le
Ciel. A Cafliuie on vit le Soleil durant queiques heures de
la nuit. Ce pouvoit être une Comète fort éclatante, qui" lUd^
efli'aya ies ignorans : la frayeur grolîît toujours ies objets.
i66 ou 165. Le ^ de Septembre, on vît une Comète , à
laquelle on donna le nom de bouc , & il y eut une écîipfe de
Lune. L'éclipfe appartient à l'an 167. Quant à ia Comète, Lui, Hêvél,.
nos Cométographes fondent fa réalité llir l'autorité de Sénèque. ^°^^'
En confëquence de cette citation , j'ai relu tout le fèptième
livre ài^s Queflions naturelles - de ce Philofophe ; je n'y ai
pas trouvé un mot qui puilie appuyer l'apparition de cette
Comète bouc,
1 62. T. Gracchus & M. Inventius étant Confuls , on
vit de nuit le Soleil à Capoue : à Pifaure, on vit pendant la
nuit une elpèce de Soleil. Ohjeqia
156.
Sous l'empire de Ven-ti , fèptième année He'ou , neuvième
Lune , ou vers la fin d'Oélobre , on vit en Chine , vers
i'ouefl: , une Comète longue de i o degrés : t\\^ parut durant
vingt-un jours ; elle regardoit les conilellations tiïu & Goey. Gaulùi Malïïa^
Ces confleilations Chinoifes contiennent les épaules du ^-i^'V-S^^t
Verfeau , le petit Cheval , la bouche & le cou de Pégafe,
Le P. de Mailla date cette Comète de i 57.
155, 154» 153- *
« A ia douzième Lune de l'an 155 (en Janvier ou
Ll II
268 Histoire
« Février ) , ii parut une Comète vers le fud-ouefl . , . , Dans
« la huitième Lune { vers le mois de Septembre ) , une autre
« Comète parut au nord-eft A la première Lune du
» printemps ( vers Février i 54) , parut une Comète du côté
■Mailla, hU. de l'occident. " L'ordre que fuit le P. de Mailla , & Tes
l' S S'J7'' exprelTions même , paroiifent prouver que la première de
ces trois Comètes a réellement été obiervée la première»
Mais comme le P. de Mailla anticipe d'un an fur \qs autres
Annaliftes Chinois les évènemens qui ont précédé notre ère
vulgaire , ces Comètes pourroient bien n'avoir paru qu'en
Janvier & Septembre 154, & en Février ou Mars 153: &
en effet, le P. Couplet ne fait paroître la dernière qu'en la
vingt-quatrième année du quarante-troifième cycle ^ & paF
confëquent en 153. Elle parut pendant neuf jours dans le
Taureau, en 154 ou en 153, difent nos Cométographe?
Tui. Hévél, modernes: mais où ont-ils puifé ces circonftances !
^JRoch, Zahn,
14^»
Eli Chhie , à la quatrième Lune , il parut une Comète
'Maillait, lî, jy ç^j^ jy YLOxà '. il efl poffible qu'elle n'ait paru qu'en 147^
^ ^' Le P. de Mailla ajoute qu'il y eut une éclipfe de Soleil à la
neuvième Lune : la neuvième Lune commençolt en 148 j,
le 3 ou le 4 d'Oélobre , & il n'y eut certainement pas
d'éclipfe à cette nouvelle Lune. En 147 ii n'y en eut pas
3ion plus le 2 I ou 22 Oèlobre , premier jour de la neu-
vième Lune ; mais il y en eut une le 20 Novembre à la
dixième Lune , ou au trentième jour de la neuvième Luiie.
147.
A la neuvième Lune , il parut en Chine une Comète an
êid,p,jSS. nord-oueft. Le P. de Mailla ajoute que le trentième de
cette même Lune il y eut une écliplè de Soleil, ce qui eft
vrai, foit qu'on rapporte la Comète à l'an 147, loit qu'on
date fon apparition de 146: en cette dernière fuppofitionj
h Comète poiirroit ne pas différer de la Comète fui vante.
DESC0M,ETES. :i6^
Sous ie confuîat de P. Africanus & de Leiius , une Étoile
brûla durant trente-deux jours ^ On lit dans Sénèque^ : ce Après » Ol>fe(ju.
la mort de Démétrius, roi de Syrie, père de Démétrius & « ^ ^^enec.
d'Antiochus , peu avant la guerre d'Achaïe , il parut une « '* ''^'
Comète auffi grande que le Soleil. Son difque étoit d'abord «
rouge & comme de feu , répandant alTez de lumière pour te
diffiper les ténèbres de la nuit : peu -à -peu fà grandeur <r
diminua, fon éclat s'afFoiblit; enfin elle diiparut entièrement. »
Démétrius Soter fut tué vers la fin de l'an 150: Démétrius
Nicanor, (on û\s aîné, ne lui fuccéda qu'en 145. La guerre
d'Achaïe fut déclarée en 146; mais les principales hoflilités
n'eurent lieu que l'année fuivante^ : ainfi , la Comète de
Sénèque peut ne pas différer de l'Etoile brûlante de Julius
Obféquens. Lubienietzki & Zahn, guidés par Eckftormius,
doublent la Comète de Sénèque; font paroître l'une après
la mort de Démétrius en 150 , l'autre en 146 avant la
guerre d'Achaïe; placent la première dans le Capricorne ^
& donnent à la féconde trente-deux jours de durée»
138.
A la feptième Lune , & en Automne , on vît en Chine
une Comète au nord-ouefi : probablement qWq n'aura paru Maîih hîîJ
-qu'en 137, & elle ne diffère peut-être pas de la fuivante, v* S'
î 3 6. *
Je joins ici trois Comètes , qui peut-être ne difièrent
point entr'elles.
L M. Emilius , C. Hoflilius Mancinus étant Confuls , on
vit à Prénefle un flambeau ardent dans le Ciel. Des Auteurs oije^m
d'un grand poids , s'il en faut croire des Coméîographes
d'une très-mince autorité , att-ftent que , deux ans après , ^Lw^ Roch
une Comète fut vue pendant quatre-vingt-trois jours dans h ^^I' ^^^^i
fi^tie des Cerneaux,
i^o Histoire
IL, Sous ie règne d'Attale, on vit une Comète, petite
d'abord, mais fa grandeur augmenta; elle atteignit le cercle
équînoxiai; eiie égala en étendue ( c'eil-à-dire probablement
que fa queue égala en largeur ) cette partie du Ciel que l'on
:Sengc. l Vil, appelle voie laâée. Cet Attale paroît être Attaie , troifième
^' ^^' du nom , roi de Pergame , lequel établit la république Romaine
Ion héritière univerfelle. Il monta fur le trône en 138 ou
i^jy & ne régna que cinq ans : ainfi cette Comète peut
avoir paru en i 3 6,
IIL A la naifiance de Mithridate, une Comète parut &
dura foixante-dix jours : le Ciel paroilToit tout en feu; la
Comète en occupoit la quatrième partie , & fon éclat étoit
fupérieur à celui du Soleil : elle employoit quatre heures à
'jupu fe lever , autant à fe coucher. Il eft difficile de déterminer
I. xx:kVll. Y^YméQ de la naiiTance de Mithridate; il efl certainement mori
OroJJ. VI. en 62 : Orofe lui donne loixante-quinze ans de vie, Eutrope
Eutïop, foixante-douze feulement; ainfi il fera né en 137 ou en i 34,
Peut-être la Comète dont parle Juftin ell-elle la même que
"^App. Al. de la fuivante. Selon Appien, Mithridate n'a vécu que foixante-
hlii! Muhnd, j^^j^ ^y ioixante-neiif ans ; îi feroit donc né vers 131.
134-
En ia quarante - troifième année du quarante -troifième
Ccupkt, cycle , on vit une grande Comète à la Chine : à la fixième
Gmbih Lune , ou vers la fin de Juillet , elle paroiiïbit au nord. On
Couplet, i obferva auifi à f orient ; on la voyoit encore au huitième
'^Jjmvf, chrcn, mois , c'eft - à - dire à la fin de Septembre ou au commen-
cement d'OcTtobre. Le F. de Mailla, tome 111, page i ^ , la
rapporte à l'an 135, &: dit qu'elle parut en Automne, à la
huitième Lune, au nord-eil , & qu'elle s'éîendoit jufqu'au
milieu du Ciel. Je croirois alîëz volontiers que cette Comète
ék. la même que celle qui parut félon Juflin à ia naiffance
de Mithridate,
133. A Amiterne on vit le Soleil pendant la nuit ; ce phé-
nomène dura quelque temps : les Confuls éîoient P, Africanus^
DES Comètes, 271
C. Fulvius. Ces Soleils noélurnes pouvoient n'être que d^s ohjequ,
globes de feu ou à^s Chafma, tels qu'on en voit quelquefois
dans l'air, & qui peuvent durer quelques minutes.
I 27. * Durant le confulat de Cn. Odavius & de T. Annius
Rufus , on vit dans le Ciel un flambeau ardent. Struyek OlJe^u.jv.pi>I,
croit que c'efl ici un retour de la Comète d'Halley»
Au printemps de Tan ï2o .(oh peut-être i ip ) , il parut MaïUa. t,in,-
en Chine une Comète du côté de i'efl, * V' ^^«
118,
Lorfque Mithridate monta fur le trône , il parut pendant
loixanîe-dix jours une Comète entièrement femblable à celle
qui s'étoit montrée au temps de fa naiflance. L'année de j^jUn,
l'avènement de Mithridate au trône , eft auffi difficile à déîer- ^' ^'^^^^^^^
miner que celle de fa naiffance. Eutrope dit que Mithridate Eutrop. h VI
a régné foixante ans , ou félon quelques éditions quarante
ans feulement. Selon Appien, le règne de ce Prince a été de Apy, Al de
cinquante-fept ans, & ce témoignage eft confirmé par celui ^^^^^^ ^^^^"'^'■^^
de Juftin. On fait que l'ouvrage de celui-ci n'eft qu'un abrégé
des hiftoires de Trogue - Pompée , hiftorien contemporain
d'Augufte, & dont l'oncle paternel avoit fervi fous le grand
Pompée, dans la guerre même de .Mithridate : l'autorité de
Juftin doit donc être ici d'un grand poids. Or , cet Auteur
rapporte qu'après la mort d'Ariarathe , roi de Cappadoce, j^f^in.
les Romains voulurent accorder la liberté aux Cappado- ^' ^^^VllL
ciens : fur leur refus , ils placèrent fur le trône Ariobarzanes ,
qui fut bientôt chalfé par Mithridate. Le Roi détrôné /è
réfugie à Rome : le Sénat ordonne fon rétabliiîèment. Mithri-
date aftemble {^s loldats ; il leur fait une longue harangue
pour les convaincre de la néceftité de la guerre contre les
Romains. Ainfi , dit Juftin , Mithridate, après vingt -trois
ans de règne , fe réfolut à la guerre. On fait d'ailleurs
qu' Ariobarzanes fut rétabli à main armée par Syila, l'an 66q
2-72 . Histoire
de la fondation de Rome , quatre- vingt- treize ans avant
J, C, La harangue de Mithritiate précéda fans doute d'un
an ou àçux ce réîabiJiïem.ent : il fallut que Mithridate s'op-
posât à l'exécution du décret du Sénat , qu'on en apprît ia
nouvelle à Rome , qu'on fît \qs préparatifs de ia guerre. La
feule oppolition de Mithridate, dans laquelle il n'employa
que ia rufe & non la force ouverte , demanda quelque temps
pour fe manifefLer. Sylla rétablit donc Ariobarzanes fur le
trône de Cappadoce en 5)3 , comme je l'ai dit, ou même
Calvijt'ir ali'i. feloîi quelques Auteurs, dès l'an 5)4 : donc, on peut fixer
ia harangue de Mithridate à l'an ^5. Mais au temps de fa
harangue, Miithridate avoit déjà régné vingt-trois ans; iî
étoit donc monté fur le trône en 118, & puifqu'il efl cer-^
tainement mort en 62 , il a régné cinquante -fix ans, ou
même il a commencé la cinquante -feptième année de fou
règne.
La détermination de l'apparition de ia Comète, & par
conféquent du commencement du règne de Mithridate en
l'année 118, femble être confirmée par Tautonté à^s hifto-
riens Chinois. Selon eux, en la cinquante-neuvième année
du quarante -troifième cycle, &: par conféquent en 118 ou
au commencement de 117, il parut une Etoile grande
Couplet, comme le Soleil : une telle Comète eft bien analogue à
celle que Jufcin dit avoir été vue au commencement du
'Simyckj^^o> xhgnQ de Mithridate. Struyck foupçonne une erreur dans la
^° ^^■^' chronologie Chinoife , parce que cette Comète y eft men-
tionnée avant celle qui parut en la quarante-troifième année
du même cycle. Mais dans ce même Ouvrage, il y a plu-
fieurs exemples de tranfpofitions femblables : une tranfpofition
n'efl pas une erreur. De plus , dit Struyck , il efl marqué
cTu'il y eut une éclipfe de Soleil la trentième année de ce
cycle, à la dixième Lune, & une autre la trente-deuxième
année encore à la dixième Lune , ce qui efl impofîible. Je
ne vois pas cette impodibilité. Il peut très - certainement y
avoir deux éclipfes de Soleil vifibies, à vingt-quatre Lunes
Qu. à vingt -quatre mois lunaires de diftan.ee l'une de l'autre-
Je
D 1ë s C 0 M è T E s, 271
Je me fuîs afTuré par un calcul fur les Tables d'HalIeî , que
les deux éciipfes avoient eu lieu , i'une le 2 o Novembre 1 47,
l'autre ie 30 Octobre 145 , vifibles l'une & l'autre au nord
xfe l'Equateur. Toutes les deux ont -elles e'té réellement
oblèrvées à la Chine l je ne le garantirai pas. Le P. Couplet,
'dans ie même Ouvrage , nous apprend que \qs Mathématiciens
Chinois inleroient quelquefois dans les Annales , des écliples
qu'ils avoient prédites & qu'ils n'avoient point oblèrvées:
ils s'imaginoient fans doute fauver par -là leur honneur.
Mais ils n'avoient point d'honneur à ménager par rapport
aux Comètes ; ils n'entreprenoient point d'en prédire les
apparitions. Quand donc on démontreroit que la chronologie
Chinoife n'elt pas exempte d'erreur à l'égard des éciipfes,
on n'en pourroit rien conclure contre la certitude de cette
même chronologie , fur le temps de l'apparition des Comètes.
ï I 6. Comète dans l'Ecrevijfe ; Lubienietzki penlè cepen- Lui, Edjfi
iïant que cette Comète ne diffère pas de la fuivante. ^^^'^' ■^'^^"*
112 ou III ou 1 1 o. On vit au Joir , durant quinze
jpurs, une Comète dans l'ÉcrevîJfe, Héuéi, uk
Rockt
ï I O. Deux Comètes.
En iio (ou peut-être en lop ) en automne, il parut
tone Comète aux Etoiles Tong-tfwg ; il en parut une autre
prefque en même temps aux Etoiles San-tdL L'Etoile San- Maïiïa,t,lh
tai pourroit être dans \es pattes de la grande Ourle : les ^' ^^'
Etoiles Tong - tfing , doivent être celles àes pieds i& àes
euifles des Gémeaux.
105- V» Sarranus & C. Attilius étant Confuls, on vit à
Rome, en plein jour, un flambeau traverfant les airs: ce Ohjequ^i
n'étoit manifeftement qu'un Chafma,
5>5?. * Sous le confuiat de C. Marins & de L. Valerius,
on vit à Tarquinies un flambeau ardent , qui tomba fubi-
îement. Vers le coucher du Soleil , on aperçut une efpèce ihid^
de .corps rond , femblable à un bouclier; fon mouvement
^toit d occident en orient. Si ion reconnoît ici une Comète, obfequ. Pht
Tome l. M m - /.tt^.^^AriK.
274 Histoire
ce fera plutôt dans le bouclier , que dans le flamBeau qu!
tombe fubitement.
p^* * Sous le confulat de C. Leiius & de L. Domitius,
Vlife^u> il parut un flambeau dans le Ciel.
5? I . C. Claudius 6c M. Perpenna étant Confuls , on vit
Jl'iJ. un flambeau dans le Ciel.
'Ld.^Ec/iji. po. Comète dans la Vierge durant quatre nuiis.
^j, L. Sylla, Q. Pompeius étant Confuls, un grand Aflre
Ohjeciu. tomba du Ciel : ce n'étôit encore qu'un Chafma,
Fiin. I. n, " La Comète, dit Pline, efl; ordinaii'ement un Aftre bien^
4, XXV, n terrible ; elle n'annonce point de petites efFufions de fang*
M Nous en avons vu un exemple durant les troubles civils,
fous le confulat d'0(5lavius ^^, La plupart des Cométographes
font perfuadés que cet Ocîtavius efl; Cn. Oélavius , qui fut
Confui avec L. Cornélius Cinna , l'an de Rome 66 j ^
quatre- vingt-fix ans avant Jéfus-Chrift. Il a plu cependant
au P. Hardouin d'entendre les paroles de Pline de l'Empereur
Augufle, & de rapporter l'apparition de la Comète à l'an 7 1 i
de Rome, quarante -deux ans avant l'ère Chrétienne. Les
Confuls de cette année furent C. Vibius Panfa & A. Hirtius»
Octavius-Céfâr leur fut aflbcié avec une puiiTance procon-
fulaire : étoit-ce une raifon Riflifante pour dater l'année par
ie Confulat d'Odavius feul ! On dira peut-être que les deux
Confuls ayant été du nombre àts conjurés contre Céfar,
& d'ailleurs ayant été tués vers la fin de l'année devant
Modène, Pline n'a pas cru devoir les nommer. Mais en
premier lieu , Pline écrivoit après l'extinélion totale de la
famille d' Augufle ; quel motif d'intérêt ou de flatterie pouvoit
l'engager à taire les noms des Confuls vrais & légitimes de
l'an 42 \ De plus, il a fu ailleurs défigner cette même année
par d'autres caradères; il l'appelle l'année des malheurs de
Ihu.c.xxvj Modène, l'année de la guerre d'Antoine. Quand donc on
ir XXX. fuppoferoit qu'il abhorrât h^ noms d'Hirtius & de Panfa , ii
DES Comètes. 27/
poiîvoît exprimer l'année 71 i de Rome, fans recourir à une
manière de parler tout- à -fait impropre & infoiite. Enfin,
Jous le confiilat d'Oâavius , dit Pline : mais Pline aiiroit-il
donné le. fimple nom d'Odavius à AugLifle, lui qui par-tout
ailleurs l'appelle le Dieu Augufle , Auguile Céfar , ou du
moins Céfar; qui lui donne même ces noms , en parlant
devènemens qui ont précédé fan 711 de Rome ! Je ne Pline, i.ii,
doute donc pas que Pline n'ait voulu parler de la guerre ^''C ^^/'
civile de l'an 66y de Rome. Alors Cn. Odavius , conful, " ' *
ayant chalTé de la ville fon collègue Cinna , qui troubloit
tout , refta en quelque forte feul maître de Rome , feul Conful.
Mais Cinna, joint à Marins, affembla une armée, affiép-ea
Rome, la prit, & fit périr les plus nobles de Çqs Citoyens,
Cette Comète eft fans doute la même qui fut obfervée en
Chine, en Automne, à la feptième Lune, du côté de l'orient,
& datée par le P. de Maiiia de l'an 87% "^ Mailk.t.in,
Quelques Modernes ^ difent que la Comète y^/^ vue quatre- ^' ^^'
vingt-quatorze nuits dans la Vierge. Un d'eux ^ la rapporte à ^^^°^^'^^^^
i'an 65, & la donne comme un préfage certain à&s malheurs
arrivés vingt ans avant fon apparition,
84.
Ou peut-être 83 , à la deuxième Luiie du printemps, on
yit en Chine une Comète du côté du nord-ouelK AMid, u IIî,
75-
« Sous le confulat de Cn. Oélavius & de C. Scribonius,
on vit une étincelle tomber d une Étoile , s'agrandir en
s' approchant de la Terre , devenir égale en grandeur à la
Lune , & répandre autant de lumière que le Soleil en donne
durant le jour , lorfque le Ciel eft entièrement couvert : t\\Q *'
prit la forme d'une lampe en fe retirant dans le Ciel. » Le " pn^, i j/.
P, Hardouin ne doute pas que ce phénomène ne fût une ^' ^^^v»
vraie Comète , de l'efpèce de celles que les Anciens appe-
loient lampes ou lampadias. J'adopte volontiers le fentiment
du P, Hardouin , fi , comme il y a fujet de le croire , les
M m ij
'f^^d H r s T 0 T R E
différentes formes que Pline attribue à (on phénomène ^
appartiennent non à une lèuie & même nuit, mais à plufieurs
nuits confécutives : autrement, je ne reconnoîtrois ici qu'un
météore.
74. A la deuxième Lune , en Chine , il parut une Étoile
'j\Uïïa,uJU, aulîi grande que la Lune..
En Chine , fous l'empire de Suen - ti , première année
Ti-tfie (l'an 68 avant l'ère Chrétienne), à la hxième Lune,
jour Vou-fu (23 de Juillet, année Julienne), on vit une
Comète pendant la nuit. Au jour Ping-yn ( 20 dAoût) ,
elle alla au fud. Au jour Kouey- yeou , de la feptième Lune
ÇauUl, ( 27 dAoût ) , elle fut la nuit dans le Tien-che. Le Tien-che
eft la partie du Ciel renfermée entre l'Equateur & le cercle
de perpétuelle apparition àes Etoiles , au nord des Etoiles
de la Balance & du Scorpion : la tête d'Hercule en occupe
affez précifément le milieu. Le P. de Mailla dit qu'en 6^^
Mniik^t.iii, au printemps, il parut une Comète du côté de l'occident.
f. i^i-»
6%,
*
Pendant le confuiat de M. Cefo ( lifez Cicero), & Je
C. Antonius , on vit une poutre ardente , qui s'étendoit
Ohjequ. depuis l'occident jufqu'au haut du Ciel. Des flambeaux cou-
a Dio Caf rurent depuis le couchant jufqu'au milieu du Ciel ^ Nos
f, xxxn. Cométographes modernes ^ reconnoiifent cette Comète : ils
'Mock. 'rUcT.' en placent l'apparition fur l'an 60 ; ils décident ocelle dura
Zahn, neuf jours. C'eft, félon eux, cette Comète que Pofidomus vit
fendant une écUpfe totale de Soleil. Voyez ci-delTus fur
l'an 465. Le P. de Mailla fait paroître en 62 une Comète
'Maiîia, t, III, à la fixième Lune , du côté de l'orient.
¥' ^^^' 5 5* * C"' Cornelius-Lentuius-Marcellinus, & L. Marcîus-
Phiiippus étant Confuls , il parut un flambeau qui s'avança
Dîo Caf du midi au feptentrion.
ixxxix. 52. "^ L'an 701 de la fondation de Rome, ou peut -être
/</, /, XL, l'année fuivante , un flambeau pafla du midi à l'orient : c'efi
félon Struyck, un retour de la Comète de i755>»
lo E s Comètes^ ±yy
48. *
« Nous avons vu , dît Pline , dans la guerre entre Céfar fi;„. i u^
'& Pompée , un exemple des terribles effets qu'entraîne après « ^' ^^^'
foi l'apparition des Comètes, Vers le commencement de cette «
guerre , les nuits tes plus obfcures furent éclairées , ielon «
Lucain, par des Aftres inconnus; le Ciel parut en feu, des « Lwan.hh
flambeaux ardens traverfoient en tout feus la profondeur de «
l'eipace : la Comète , cet Aftre effi'ayant , qui renverle les «;
puiffances de la Terre , montra fa terrible chevelure. «
£ckiformius & d'autres rapportent cette Comète à l'an 50.
En 4p, dit le P, de Mailla ( ou probablement en 48 ) , à
îa troifième Lune, on vit en Chine une Comète à l'Étoile
Ouang-leang (^ de Caifiopée) ; paffant à l'Étoile Ko-tao
( / de Caifiopée ) ; elle fut fe perdre dans le figne de Tfé-oué
^( parmi les Etoiles qui ne fe couchent point). AMiîa.t.m^
P' V/'
43. * Deux Comètes.
«c Lorlque Je donnois des jeux au peuple , c'efl Augufle
<]ui parle, un Aflre chevelu parut durant fept jours fous les ce
Etoiles du Chariot. Il fe levoit à la onzième heure du jour ^^
,'( vers cinq heures du foir ) : il étoit d'un grand éclat ; on «
ïe vit de toutes les parties de la terre. :» Les jeux en l'hon- vr ? rr
117/ i r ]•!'••• riine , u li-^
jieur de Venus, aelquels il s agit ici, commençoient \e<^> xxv,
7-1 Septembre & duroient fept jours. C'efl fans doute à
cette durée des jeux qu'Augufle faifoit principalement atten-
tion : félon lui , la Comète avoit été vue tous les fept jours
'<3es jeux; mais elle peut avoir été plus long -temps vifible.^
Tous les anciens Auteurs ont répété les paroles d'Augufte ^ » Suetcn, h
Dion^, après avoir dit qu'on avoit vu cette Étoile tous lesfhff-^"^^'^''^''
jours de la durée des jeux ^ & que plufieurs la prenoient bbjequ'&l ^'
pour une Comète, ajoute que Ion vit en la même année (g) ^^^'^ C.a^
^ *» '^■*^V%
(g) Je dis la même amiée ; car à peu -près dans la même page, Dion
ïiomme les Confuls Antoine & Dolabella , qui appartiennent certainement
à l'an 4.3 , Dolabella ayant été fubrogé à Céfar , auffitôt après la. niort
e« celui-ci.
%jS Histoire
un flambeau ardent , qui traverfoit le Ciel d'orient en occident
( ce qui ne fut probablement qu'un fimple météore ) , & une
Etoile inconnue jufqu'alors , qui brilla pendant un grand
nombre de jours. Il y a tout lieu de croire que cette Etoile
inconnue , n'étoit autre que la Comète qui continua de paroître
après les jeux folennels , & à laquelle plufieurs refusèrent de
donner le nom de Comète , parce qu'on étoit alors perliiadé
que l'apparition des Comètes ne préfageoit que des malheurs
& des déiadres : la flatterie, aima mieux transformer l'ame de
Céfar en cette nouvelle Etoile. Voyez les rêveries d'Ovide
'Ovld. Métam, fur cette nouvelle métamorphofe. Quoique Augufte, cédant
*^ à cette baffe flatterie , ait cru pouvoir en prendre occafion
de couronner d'une Etoile la ftatue qu'il éleva quelque temps
après à Céfar, il convient au moins que fEtoile qui parut
durant les jeux de Vénus, étoit chevelue, c'efl: - à - dire que
c'étoit une véritable Comète. Elle fe levoit , c'efl:- à -dire
fans doute, qu'elle commençoit à être vifible vers la onzième
heure du jour , lorfque le Soleil , approchant de l'horizon ,
commençoit à fe dépouiller de fon éclat : car , vu le lieu
qu'Augufte lui-même afligne à la Comète, elle devoit être
depuis long -temps au-detîus de l'horizon ; elle étoit même
alors fort à f occident du méridien. Elle étoit au-deflbus du
Chariot, ou des principales Etoiles de la grande Ourfe, êc
par conféquent dans le figne du Lion ou même de la Vierge,
avec une latitude feptentrionale de 3 5 à 40 degrés : elle
devoit être très-belle, puifqu'on la voyoit de jour. Il n'y a
aucune de ces circonftances qui ne convienne parfaitement
à la belle Comète de 1680 ; & en eflet , la plupart àts
Aftronomes reconnoiflent cette dernière Comète dans celle
de fan 43 avant fère Chrétienne.
Cette même année 43 , on avoit obfervé une Comète en
Chine au nord-oueft, dans la confleilation Tjan , c'efl-à-dire
en même afcenfion droite qu'Orion. On date fon apparition
de la quatrième Lune, c'efl- cà-dîre du mois de Mai ou du
CmhîiA^ ailla, commQncemtYïi de Juin. Il eft diflicile de fe perfuader que
t^Uhp.iâ^, çgt^g Comète foit la même que la précédente; fi cela étoit^
DES Comètes, 2^79
cette Comète de l'an 43 ne pourroit être celle Je 1680.
La Comète Chinoife pourroit être plus facilement confondue
avec l'Étoile nouvelle de Dion. Il efl inutile d'avertir que le
P. de Mailla date fon apparition de l'année 44.
42 * & 41.
Virgile, avant que de parler de la bataille de Philippes,
livrée en 41 , dit que l'on n'avoit jamais vu des Comètes
auiîi fréquentes qu'il en parut alors. Manilius attelle pareille- virg. Georgi
ment que cette bataille fut précédée par des feux céleftes ^' ^^ "''^'^J'^'^^'^'
plus fréquens que jamais. Pline enfin, dit qu'il y a des feux yî/^„//, /, /
célefles auxquels on a donné le nom de traits y tel que celui "ycafinem,
qui fut vu durant le fiége de Modène, ou en l'an 42, Outre pii„e, /, //
ia Comète de 43, il en a pu paroître deux en 42 , ou une ^' ^^yt*
en 42 & une autre en 41 ; ce n'efi; certainement pas trop,
pour donner quelque couleur de vérité aux expreffions de
iVirgile & de Manilius. Quant à Pline, Çqs paroles dénote-
roient plutôt une Aurore boréale qu'une Comète, s'il faifoit
paroître plufieurs traits à la fois durant le fiége de Modène,
Mais il ne fait mention que d'un feul; c'étoit probablement
une Comète qu'on s'imaginoit repréfenter ia forme d'un trait.
40. Trois ans après la mort de Céfar, il parut une Comète ^
félon Hévélius , qui ne s'appuie que de l'autorité de Marianus^
auteur trop moderne , pour eonltater ia réalité de cette
apparition.
31.*
Sous ie confulat de Cn. Domitius Ahénobarbus &: de
C. Soffius , on vit un flambeau fufpendu au-deffus de la mer
de Grèce : après avoir lui plufieurs jours , il fe retira dans le
CieP. En Chine, année 32 (ou 3 i) , à la première Lune, ^ Dl» Caf^
on vit une Comète à l'Étoile Yiw-ché'^ : je ne connois pas ''' ^*
cette Étoile. . ^ ' ^ ,.,J,f^>.
Avant que l'Egypte fè foumît à ia puiffance d'Augufle ,
H parut des Comètes. Selon Lubienietzki & autres modernes , DîoCa([,iu^
28o H r s T 0 r R É
U en parât une dans la Balance ; elle dura quatre-vhgt-qulnié.
jours.
En 2.^ y îl en parut une grande dans le Taureau , pendant
"Luk Cafius , quelques jours .
Zahtù ^'^ ' 1 6^. * Un flambeau célefle , étendu du midi au lepten^
trion, produifit durant la nuit une lumière égale à celle dit
^Ohjequ. jour, C. Furnius & C. Sylianus étant Confuls ^ Dion^-
f lir"' ^'^^' P^^*^^ ^^^^ ^^ ^^ flambeau , & dit qu'il dura toute la nuit ;
mais il le rapporte à l'année fui vante : fi ce flambeau ne
parut qu'une nuit, ce n'étoit point une Comète.
14. Han-tching-ti monta fur le trône de la Chine en la
vingt-fixième année du quarantième cycle ; en la dix-huitième
année de Ion règne , on vit une Etoile s'évanouir & fe refondre
'tf^ff, Chroml en une pluie très-Ane. Il efl: difficile de reconnoître ici l'ap^^
parition d'une Comète,
II.*
et Sous le confulat de M. Valerîus Meflala Barbatus &^
» de P. Sulpieius Quirinus , avant la mort d'Agrippa , on
" vit durant pkifieurs jours une Comète : elle étoit comme
'> fufpendue fur la ville de Rome; elle parut enfiiite fe réfoudre
Dto Caf, en plufieurs petits flambeaux. » Ces fiifpenfions , ces réfblu-
tions de Comètes , font àes imaginations qu'on n'exige pas
fans doute que je réfute à chaque page , fur -tout quand
elles ne font pas atteflées par àts témoins contemporains 8c
oculaires. Sénèque, plus ancien que Dion , réfute ceux qui
'Sen. î. VIL croyoient ces diffolutions : il ignoroit fans doute celle - ci ,
puifqu'il ne fe l'pbjeéle pas. Quant à la Comète même, elle
Coupi S)m. fut obfervée en Chine, fous l'empire deTching-ti, première
iX%. ^oj, année Yv en-y en. A la feptième Lune, jour Sin-ouei ( 2 5 Août),
■^« ^'"^^ '^ ' qWq étoit dans la conftellation Tfing ( \e5 pieds & \qs cuifles
ITlJfP.toV, ^^^ Gémeaux). La Comète paifa enfuite fur les Étoiles de
la main gauche de Caftor ; elle parut au nord de l'Aigle ,
alla aux Étoiles du Lion & de la Vierge , fut vue près
d'Arâurus, & parvint jufqu'aux Étoiles du Tien-che (partie
:4u Ciel qui renferme la Couronne boréale, la tête d'Hercule,
çelii
DES Comètes. 281
èeîîe du Serpentaire , & prefque tout ie corps de ces deux
conftellations ) : cette Comète parut foixante- trois jours. li C<i^^'^
5'eiî glidé^une faute dans cette defcription. Le nord de l'Aigfg
n'a aucun rapport avec le refte de la route que l'on lait
tenir à cette Comète : je penle qu'il faut lire, le nord de
l'Ecrevïjfe , ou fmiplement rÉcrevijJe. Struyck ne doute pas
que celte Comète ne foit la même que celle de l'année
166 1 de l'ère Chrétienne.
4-
En Chine, fous Fempire de Gay-û j deuxième année
Kien-pïng, à la première & deuxième Lune ( vers l'Equinoxe
du Printemps ) , il parut une Comète dans la conilellation
Nie ou ( tête du Capricorne ) : on la vit durajit foixante- dix
jours ^ M. Struyck croit que ce pourroît être ia Comète de ^GauiiiMaiik
, j /C ^ 2, ^ - Jwl'anj.t, IJJf
3 * ^ Struyck ,
L'an 4 ( ou plus probablement Tan 3 ) avant l'ère Chré-
tienne , à la troifième Lune ( en Avril ou Mai ) , il^ parut
une Comète aux Étoiles Ho-kou ( et de l'Aigle & Étoiles
;Voifnies ) , au nord de ia conflellation Kien-n'ieou ( partie du
Capricorne). Cette Comète , fi elle a paru en l'an 4 , ne Mailla. tAIl,^
'diffère probablement pas de la précédente. v^'i-*
Lan j avant l'ère vulgaire , une Étoile nouvelle conduifit
îes Mages de l'Orient à Bethléhem ^ Origènes ^ & l'Auteur de ' Math. IL
i'Ouvrage imparfait fur Saint -Matthieu , ont paru mettre ^Or!g.cmtrt
cette Étoile au nombre des Comètes. Théodore de Beze, ^•'* ' '
fTannérus, Maldonat même &: quelques autres, ont été de
ce fentiment : voyez auffi nos Cométographes modernes^. ^ Lui. Hévil
On a rapporté à cette prétendue Comète ce que dit Pline '^ ^^^'
de la i^omete argentme , qui repreienîe i nnage d un JJieu ^^ ^^^^y^ *
ibus une forme humaine. Pour enjoliver cette belle imagi-
2iation par àçs circonilances encore plus merveilleufes , on a
ajouté que Jéfus-Chrift paroilîbit au milieu de cette Comète,
porté dans les ht^^ de celle qui venoit de le donner au
Toms L ' N 11
282 Histoire
monde. Je ne crois pas que cet Aftre miraciyeux ait pnêtre
une Comète. Les Comètes font des Aftres fournis aux loix
générales de l'Univers : outre leur mouvement propre , elles
font alfujetties au mouvement diurne, qui fembie emporter
tous les Aftres d'orient en occident, dans l'efpace d'environ
vingt -quatre heures. Comment une Etoile pouvoit-elle
montrer aux Mages le chemin de Bethléhem ! comment
dilparut - elle , lorfqu'ils entrèrent à Jérufalem ! comment
reparut -elle enfuite? enfin, comment s' arrêta -t- elle fur la
maifon où étoit né Jéfus - Chrifl ! Toutes ces circonftanceSj
qu'il ne nous efl pas permis de révoquer en doute , me
paroifTent incompatibles avec le mouvement des Comètes.
Or, fi cette Etoile à^i Mages n'a pas été une vraie Comète ^
elle ell étrangère à mon fujet : il efl inutile que je m'arrête
à difcLiter en quel temps & combien de temps elle a paru»
DES Comètes. 283
S E C T I O N I L
Histoire des Comètes
Qui ont paru pendant les fei:(e premiers fiècles
de l'ère Chrétienne.
ES années feront déformais comptées félon l'ère vulgaire;
l'opinion commune eft que cette ère commence quatre ans
après ia nailîance de Jcfus-Chrift.
L'an I , Comète ou flambeau ardent dans le Lion , pendant
trois nuits. On y joint une éclipfe imaginaire de Lune. Lui>. RocL _
Zahî,
ÎO. *
Sous le confuïat de P. Corneiius Dolabella, & de C. Julius
Silanus, en ia quarantième année de Synin , Empereur du
Japon , on vit plufieurs Comètes à la fois ^ Quelques modernes^ ""Mmii. 1, J.Dlé
en marquent une dans le Bélier, durant trente-deux jours. Kaempf. 1. 11.
^ Luit Cajt
iA,, * Rock, Zahn,
S. Pompeius Magnus Se S. Apuieîus étant Confuls , on vit
Mlier des Etoiles chevelues & de couleur de fang. En Chine, Dh Caf.
inie Comète le montra durant vmgt jours, en lan 5 du règne ^
de Vam-mam ou Ouang-mang, c'eft- à-dire en l'an 13 ou SjnopJ.Chmu
au commencement de l'an 1 4. f ^ff; '' ^^^^-
En ia feizième année du quarante -fixième cycle, on vît
une Comète à la Chine. Coupla,.
22. *
II parut encore une Comète à la Chine , à la onzième
Lune ( en Décembre ) , à i'Éioile ( ou plutôt à la confleilation )
Chan^ (>c, ., A, ^ & ^ de THydre). ' /l%f^]l'g'
Nn i| p, 2jjt ^
284 Histoire
En ^^ ou 40, après la mort de Tibère, on vh um
Cafius, Lvl. Comète dans les Gémeaux,. Tibère eit mort en 37 au moîs^
■Bm Rock. ^^ ^^^^^
Sous fe règne de Kouang-ou-ti , Empereur de ïa Chlnev
au jour Ting-ouey de ia première Lune (13 Mars ), Comète'
dans la conftellation Mao ( les Pléiades ) : elle alla à ia conl^
teliation Che ( l'aile de Pégafe). Au jour Y-ouey de la fécond©
Lune (30 A\Til ) , elle éîoit dans la confteliation Toung-pi
( cuifTe de Pégafe, tête d'Andromède) : on ia vit quarante-
G^7//;.yW"^///^, neuf jours. Il y a ici quelque erreur de date, comme le
f,lii,2>' j2o. YQ^j^2.Y(\uQ le P. Gaubiî. Le 30 Avril elt clairement déter-
miné par le jour Y~ ouey ; mais il ne peut tomber dans ia
deuxième Lune, qui avoit commencé vers le 14 de Mars î-
on aura peut-être écrit deuxième Lune pour troifième Lune,
Lubienietzki ,. Hévélius & autres Cométographes de cette
elpèce, marquent à^s apparitions de Comètes en 40, 48,
50 & 5 I , mais fans aucune autorité, fans aucun ordre chro-
nologique. Tel d'enti-'eux fait mourir l'empereur Claude
éjès, Tan 48»
54" '''
Avant îa mort de f empereur Claude , on vît long-temps
'DïoCaf.lLJ; une Comète. Elle parut d'abord au Septentrion , s'éleva..
r^/'^J*'"'^^'^'''''- jufqu'au Zénith, & s'avança enfuite vers l'orient; elle deve*
Sen.iib.viL noit de jour en ^our moins brillante ; elle s'écartoit prefque
*xxi^f^ ^ ^^"^ ligne droite deJa Terre, jufqu'à ce qu'enfin on ia perdit
de vue. Claude mourut le i 3 d'Oétobre ; ainfî la Comète
a pu paroître en Août & en Septembre: mais elle a pu aufli^
précéder de quelques mois ia mort de i'Empereur.
Les annaies Chinoifes font mention de cette Comète j
mais elle ne nous en apprennent autre chofe , fnion qu'elle
'maiïia,i.ni, parut au TJé-oueï , partie du ciel qui relie continueliemenl.
f' 3-fS' fur f horizon.
En 5 5 , ou au commencement du règne de Néron ,. 0^^
^^MhAi^.Wà,. vit me Comète & trois Sokiio^
ES C Û M ETES. 2
Kos Cométographes font encore paroître des Comètes en
\^6, 60 , 6î , 6z f 6/y Se deux en 6S. Tacite dit en effet
que la Comète efl un Aûre auquel Néron a toujours facrifié
!eSangiepius illuflre^ Cet Aftre, félon Pline'', s eu prefque ^^Taàt.Anmh
continuellement montré fous le règne de cet Empereur. Ces "^^
exprelîions autorifent à croire qu'il a paru un grand nombre ^ ^^^'^ ' '''
de Comètes fous l'empire de Néron : en détail , nous ne
fommes alfurés que des fuivantes.
Sous le règne de Kouang-vouti , première année Tchong-
yven , le vingt-deuxième jour de la deuxième Lune ( vers
le 26 Mars), on ceffa de voir à la Chine une Comète au
nord-eft de la conflellation Yu-kouey (fEcreviffe) : onfayoït
yu cent treize jours; elle étoit allée au fud-efl:» Cmiil
Sous ïe quatrième confulat de Néron , & ie premier Je
Cornélius Coifus, il parut une Comète^r On la vit en Chine, Tach. AmaU
fous le règne de Ming-ti, troifème année Young-ping , au '• -^'^^' «•^'^*
jour Ting-mao , lixième Lune ( p Août) : elle éîoit au nord
àe^ Etoiles de Perlée, avec une queue de deux degrés de
longueur : elle fut au fud de la conlîellation Kang (les pieds
de la Vierge ) ; elle parut cent trente-cinq jours, GmUi AJailkè
62,
« La Comète , dît Sénèque , qui a paru fous ïe confulat Senec, i Viîf
de Paterculus & de Yopifcus , a eu les fuites qu'Ariftote & «''* ^^^^^^^
Théophrafte attribuent à ces fortes d'Allres. 11 y eut par-tout des «
tempêtes violentes & continuelles : dans TAchaïe & dans la «
Macédoine, plufieurs villes furent renverfées par des tremble- «
mens de terre. » Les noms de ces deux Confuls ne paroiflent
point dans {es faftes ; ils étoient fans doute fubrogés. Plufieurs
Cométographes rapportent leur confulat à l'an 60 ou à l'an
§^ , di. confondent en coiifèquence cette Comète avec la
1^86 Histoire
précédente ou avec la fuivante. Je fuis d'un autre avis , &
voici fur quoi je me fonde. Les tremblemens de terre dont
parle Sénèque , ont précédé d'un an , félon Sénèque lui-
*SefuÎ!h.VI, n^éme^ ceiui qui affligea la Campanie, & abîma la ville de
cap. /. Pompeies : mais Pompeies fut certainement ruinée en 63 ^,
iXV.Tiiiem.ju'r hes trembiemeus de terre dont parie Sénèque , appartiennent
mon. Caivij. (^qy^q \ l'an 62 , & ia Comète a été vue en la même année
62 , ou au plus tôt à la fin de (Si,
64. "^
^Taciu Annal Ou Vit à ia fin de l'année une Comète^: elle parut Jurant
, ^ . piuiieurs nuits conlecutives ^.
Nerom. Sciièque parle d'une Comète qui parut tous Néron, &
qui dura fix mois : on la vit d'abord au Septentrion ; elle
Senec.i.vif, paiïà dc - là au Midi par l'occident. Comment a-t-il pu fè
^xxix^' ^ ^^^*'^ qu'un Philorophe , auffi éclairé , auffi profond que
Sénèque , qui par l'étendue de fon génie avoit pénétré le
fecret du vrai mouvement des Comètes , qui avoit admiré
l'ignorance & la négligence de Ïqs contemporains fur ce qui
pouvoit les conduire à la connoiifance de la vérité , qui
avoit prédit que nous déterminerions un jour \qs orbites de
ces Aflres errans , n'ait daigné nous procurer aucun fecours
pour accélérer ces précieufes découvertes l II parle de plu-
fieurs Comètes qui ont paru de fon temps; il le fait fi négli-
gemment, qu'il ne détermine pas le temps de l'année auquel
elles fe font montrées, ïi y a plus ; il ne défigne pas même
ies années de leur apparition , ou s'il \gs défigne, c'eft par
à^s caraélères niéconnoKfables , qui laiffent l'efprit dans
l'incertitude : telle étoit la date de la Comète précédente.
Quant à celle-ci, il en parle comme de la dernière qui eût
paru lorfqu'il écrivoit. Mais quand écrivoit-il! On pourroit
conjeélurer que la Comète de 64 a été la plus belle de
toutes celles qui ont paru fous Néron , puifque Suétone ne
parle que d'elle feule : la grande Comète de Sénèque feroit
donc celle de (^4, fi Sénèque a pu écrire depuis fon appa-
rition ; mais c'efl ce qu'il feroit difficile de démontrer. Si h
DES Comètes, 287^
Comète Je 64 n'a paru que vers la fin de l'année, comme
le dit Tacite , Sénèque n'a pu lui donner (ïx mois d'appa-
rition, que bien avant dans l'année 6 ^ : or, ce Philoiophe
devint la viélime des foupçons & de la jaioufie de Néron,
vers le 12 ou 13 Avril de cette même année 65. On croit Tiikm. fur
qu'il compofa fes Qiœfiions Naturelles en 64 : on peut en ^"'°^'
effet conclure de {^s propres paroles , qu'il écrivoit lorfque Semc. l, VI,
ie tremblement de terre qui ravagea la Campanie duroit ^•'^' ^'
encore, ou au moins, lorfqu'il étoit encore récent, c'ell-à-
dire en 63 ou tout au commencement de 64. Alors , la
Comète dont il parle ne peut être que celle de 62. Ne
pourroit-on pas dire cependant que la Comète de 64 a
paru dhs le mois de Septembre ; qu'elle paroiffoit encore
lorfque Sénèque écrivoit le feptième livre de Ç^s Qiiejlions
Naturelles , vers la fin de l'an 64 ; & que la Comète ayant
difparu en Février 65, Sénèque ajouta à Ton manufcrit qu'elle
s'étoit montrée l'efpace de fix mois! Ne pourroit-on pas auffi
abandonner Tacite fur ie temps de l'apparition de la Comète,
en remarquant que Ton îémoignage'efl contredit par \çls annales
Chinoifes , félon lefquelies la Comète a paru le jour Keng-fu
de la troifième Lune (le 3- Mai) , au fud de Tfo-tchï-fa
( 71 de la Vierge ) ! Ou plutôt , puifque la Comète a paru Cauhîi,
durant fix mois , félon Sénèque , ne pourroit-on pas concilier
tout, en difant qu'elle a paru depuis Mai jufqu'en Odobre,
ce qui -peut paroître fufiifant, pour qu'on puilfe dire qu'elle
a paru vers la fin de l'année \ Cependant , une difficulté
arrête encore. La Comète de Sénèque a été vue d'abord au
Septentrion; celle des annales Chinoifes fut obfervée vers
i'équateur ou au-delà : il a pu paroître deux Comètes en (34.
En la huitième année Young-pïng, fixième Lune, jour
Gïn-ou ( 25) Juillet ) , une Comète fortit de la conftellation
Tchaug ( la partie de l'Hydre entre la coupe & le cœur de
l'Hydre); elle fut près des Étoiles du Lion: on ia vit cin-
quante-lix jours à la Chine, - Uid,,
1^83 H r ^ T a T n 1
66.
En Chine, neuvième 3.nnée You/ig~pwg , première Lune,
jour Vou-chin (20 Février), on vit une Comète de huit
degrés de longueur dans la conllellation Nieou ( tête du
Capricorne ) ; elle parcourut le Sagittaire , & parvint jufqu'au
fud du front du Scorpion : fon apparition fut de cinquante
'GauUl, joiirs,
» Dh Caf \\ parut une Comète fous le règne de Vîtellius ^
Jib. LXV. ou ^ , , ^ ^ ,
Jdphil Plulieurs prodiges annoncèrent la ruine de Jérufaiem ,
^Jofeph.deBeil. ÇqIou Josèphe ^ : entre autres préfaces, une Comète, du
nombre de eelles qu on appelle Atpnias , parce que leur
queue paroît repréfenter la lame d'une épée, iut vue pendant
un an entier fur la ville de Jérufaiem. Cette ville fut prijfè
&. faccagée en Septembre 70 : la guerre avoit commencé
àhs l'an 66 \ il faut donc que la Comète ait paru entre 6<y
8l 6p. Les autres prodiges , dont parle Josèphe , doivent
certainement être rapportés à l'an 65 : il fembleroit donc
naturel de rapporter à cette même année l'apparition de la
Comète; mais cela n'eft pas abfoiument néceiîàire. La plupart
des Coniétographes croyent que la Comète n'a précédé que
d'un an la ruine de Jérufaiem : elle auroit donc paru en 6^ ;
elle auroit été vue fous le règne de Vitellius, Les paroles
même de Josèphe peuvent autorifer à le croire : cet hillorien
dit au moins alfez clairement, que cet Aftre ne s'eil; montré
qu'après le commencement de la guerre. Mais on peut pro-
pofer d'autres difficultés. Josèphe diftingue manifeilement
i'Ailre qui reflèmbloit à une épée, de la Comète qui dura
un an. D'ailleurs, une Comète peut-elle être û long-temps
vifible ! Il me femble que ces deux difficultés peuvent le
détruire l'une par l'autre, en admettant l'apparition de plu-
fieiirs Comètes en une feule année. Une Comète aura paru
d'abord , voifine du Soleil , & avec une queue qui pouvoit
^¥oir quelque reifemblance avec la lame d'une épée. Après
quelaue^
T> E s C 0 M è T E s. 2.
quelques jolirs de mauvais temps, elie aura reparu, plus voifuie
de la Terre, avec une telle déclinaifon boréale, qu'elle aura
pafle tous les jours affez près du zénith de Jérufalem , ou du
moins dans une telle pofition , que fa queue aura paru tou-
jours dirigée vers le zénith de cette ville : elle aura été
vifible pendant quatre mois ou environ. A Ton apparition,
aura fuccédé la laifon des pluies, régulières en Judée ; &
cette faifon aura été fuivie de l'apparition d'une nouvelle
Comète, qui en confequence de quelque analogie avec la
précédente , aura été confondue avec elle : celle-ci aura
pareillement duré quelques mois ; & les deux Comètes ,
conjointement avec la faifon dQs pluies , auront occupé prefque
l'année entière. Cela fuffit, pour que l'on puiiîe donner une
interprétation raifonnable aux exprefTions de Josèphe. Rien
n'empêche d'ailleurs de dire que le prétendu Aftre , en forme
d'épée , n'étoit qu'un fimple nuage ou quelqu'autre météore.
Je ne crois pas qu'il faille ici recourir au furnaturel, comme
ont fait quelques Écrivains : Dieu fans doute ne multiplia
pas \ts miracles en faveur d'une nation ingrate qui n'étoit
plus fon peuple , qu'il avoit réfolu de difperier , à laquelle ii
avoit déclaré lui-même qu'il ne donneroit plus d'autre figne
que celui du Prophète Jonas. Matth, is |
70 & 71. En Chine, à la onzième Lune (en Décembre ^^'
yo , ou en Janvier de l'année fuivante) , une nouvelle Étoile
fut oblervée dans le Lion : elle dura quarante - huit jours.
L'année fuivante , jour Vou-tfe de la première Lune ( 6 Mars) ,
on en vit une autre dans Mao ( les Pléiades ) ; elle parut
foixante jours. GaiM,
72. Comète dans la Balance , pendant quarante jours, Lub.CafiuSi^
Héi'él, Eckjl, '
7 5 * Eoeài Zahn,
A la fixième Lune de cette année ( en Juillet) , il parut
une Comète aux Étoiles Taï-oueï (les parties boréales du MalUa > u ÎÎU^
Lion & de la Vierge , auflrale du Bouvier , &c ). ^'* ^■^^^
« La dernière Comète que l'on ait obfervée jufqu'à ce piin. m,^ îï^
Tome L Q o h^xKVj^
290 Histoire
»» jour, dit Pline, efl ceiie dont l'empereur Tite-Céfar a fait
» la defcription durant fon cinquième confulat : c'étoit une
V Comète Acontîas , c'eft-à-dire , qu'elle avoit la figure d'un
trait ^K Elle fut auffi obfervée en Chine , en la première
année Kien - tfou , ■ ^u jour Keng-yn de la huitième Lune
(7 Septembre), dans le Tien-che (vers la tête d'Hercule;
voyez fur les années 68 & i i avant J. C. ). Sa queue
étoit de 3 degrés ; elle entra dans le troifième degré de la
conftellation IsHeou ( environ 3 degrés à l'efl de ^ du Capri-
^ifr'^' ^'^'^''^' corne ) : on la vit pendant quarante jours.
y y ou y^, *
En ia même année, première Kîen-tfou, au jour Vou~ym
de la onzième Lune, Comète vue en Chine, dans le troi-
fième degré de la conltellation Leou ( 3 degrés environ à l'efl
de (l du Bélier), avec une queue longue de 8 à 9 degrés:
Cmlll, ^^^ ^"^ ^^^ pendant cent fix jours. Le jour Vou-yn tombe au
a 3 Janvier yy \ mais il appartient à la douzième Lune &
non à la onzième. Le P. Couplet dit que la Comète fut
obiervée à la douzième Lune ; mais il retarde fon appari-
tion d'un an , en la rapportant à la quatorzième année
du quarante -feptième cycle : alors elle auroit paru en
Janvier 78. Le P. de Mailla date pareillement fon appa-
rition de la douzième Lune 78 , & dit qu'elle fut aux
Maïlk.tJlî, Etoiles Tfé-oueï ( qui ne le couchent jamais). En ce cas>
^'•^ "^ le jour Vou-yn tomberoit fur le 13 Janvier 7^, & la
date de la Comète du P. de Mailla , feroit de deux ans
poftérieure à la date de celle du P. Gaubil. Peut - être ces
deux Comètes font-elles différentes : celle du P. de Mailla
pourroit alors être la même que la Comète fuivanîe.
79'
« Plufieurs prodiges précédèrent la mort de Ve/pafien ^
^ une Comète parut long-temps ; le tombeau d'Augufle s'ouvrit
* de lui-même. Comme \qs Médecins reprenoienî Velpafien
^ de ce que, attaqué d'une maladie férieufè, il continuolt de
DES Comètes, 291
vivre à Ton ordinaire , & de vaquer aux affaires de i'Etat : «
Il faut , répoiidit-ii , qu'un Empereur meure debout. Voyant «
quelques courtifans s'entretenir tout bas de ia Comète : «
Cette Etoile chevelue , dit-il , ne îiie regarde pas ; elle menace «
plutôt le roi des Parthes , il efl chevelu & je fuis chauve. «
Sentant fa fin approcher : Je crois , dit-il , que je deviens Dieu, «
li vécut foixante-neuf ans &huit mois. » J'ai cité ce pafTage Din Gif,
en entier, parce qu'il me femble qu'il ne laiHe aucun doute '^-. ^jf' °"'
fur le temps de l'apparition de la Comète. Velpafien étoit
bien certainement alors attaqué de ia maladie dont il mourut.
La Comète n'a donc pas paru dix-huit mois avant h mort
<îe cet Empereur ; elle n'efi; donc pas la même que celle
qui avoit été vue en Janvier & Février de l'année précé-
dente. D'autres anciens parlent de cette Comète en des termes
qui donnent clairement à entendre que ion apparition a pré-
cédé de fort près la mort de Velpafîen , qui arriva ie 24 Suet. in Vefpi
Juin 7_9. Aurei. Vléîor,
117.
Sous le règne de Gan-tî, troifième année Yven-tfou, au
jour Kia-ou de la onzième Lune (p Janvier i 17), on vit -
en Chine une Etoile nouvelle vers l'oueft. Au jour Ki-hay
( 14 Janvier) , elle fut au ^\\à de la confieliaîion Hiu (/2 du
Yerfeau & et du petit Cheval) : éàe alla jufqu'à la conftella-
tion Ouey ( la ?4ouche ). Le mouvement de cette Étoile Gau\tl
nouvelle, prouve qu'elle étoit une véritable Comète : elle
n'avoit apparemment point de queue.
128, Comète durant trente -neuf nuits dans le Verfeau &
le Capricorne ; elle fut fuivie d'un tremblement de terre qui
renverfa Nicopolis ( ou félon d'autres, Nicomedie) & Céfarée. LuhCœftnii^
Ce tremblement de terre appartient à l'an 12p. HeWl, Rock,
130. Comète très-favorable à Ujuard , roi d'Angleterre ; il
défit le tyran Carduela ; il augm.enta Joi: royaume & celui de
Dieu de plufeurs belles provinces. Rîcd Zahm
132. * Adrien écoutoit avec làtisfaélion ceux qui difoient
quel'ame d'Antinous avoit été changée en une nouvelle Etoile^
Q G ij
292
Histoire
'Dio Caf qL^e ion voyolt depuis peu de jours. Cette flatterie de Cour
iciphU, ' "^ prouve- t-eiie bien décirivement la réalité de cette nouvelle
Etoile ! Adrien , dit Dion , prétendoit voir l'Étoile d'An-
tinous : cela fuffiloit pour faire voir à des courtifans ce qu'ils
ne voyoient peut-être pas réellement. On voyoit fans doute ^
ou l'on eroyoit voir cette Etoile dans la conftellation de
Ganimèdes enlevé par l'Aigle, & c'eft apparemment ce qui
a donné occafion de changer le nom de Ganimèdes en celui
d'Antinoiis. En admettant la réalité de l'Etoile , il refteroit
à décider fi cette Etoile étoit une Comète. Struyck le croit;
'Stfiiycl,iy^o-, il juge même que cette Comète ell celle de 1652 : fi cela
^"^■^•- eft, cette nouvelle Etoile n'a pu paroître dans la conftella-
tion d'Antinoiis.
141.
Chun-ti régnant à îa Chine, en la fixième année Young-ho^
au jour Ting-fe de ia deuxième Lune (27 Mars) , on vit
une Comète longue de 6 ky degrés, à i'efi; : au fud-oueft elle
regardoit la conftellation Che [cl ^ àQ Pégafe ). Au jour
Ting - cheou [16 Avril ) , elle étoit dans le premier degré
de ia conftellation Kouey; Ton afcenfion droite excédoit de
peu celle de (^ d'Andromède. Au jour Kouey-ouey [2.2. Avril ) ,
elle parcourut au foir la conftellation Mao ( où font les
Pléiades , & qui a près de i i degrés d'étendue en aicenfion
droite). Au jour Kïa-chin (23 Avril ) , on la vit dans la
conftellation Tfnig ( pieds & cuilTes à^s Gémeaux ). Elle
parcourut les conftellations Yu- kouey, Lieou, Sing , Tchang ^
(depuis \qs Gémeaux jufque près de la Coupe) , & elle diiparut
Gml'il Maïïia, dans le Lion.
yp.^^z. -^^^ «45, fous Antonîn , une Comète fut vue pendant Jix
Lui. Rock, nuits dans le Verfeau. Quand l'apparition de cette Comète
^J' '^^"' ièroit bien conftatée, le temps de cette apparition leroit mai
déterminé par cette expreffion vague, Sous t empire d' Antotiin ,
ce Prince ayant régné vingt - trois ans , depuis 138 jui^.
qu'en 161.
%uh, lùcL 1^6* Une Comète parut long-temps &fui vue par toute la terre x
DES Comète s. 293
148 ou 145?.
Sous le règne de Huon-ti , deuxième année Kien~ho,
au jour Y-tcheou de la huitième Lune ( 24 Odobre ) , on
vit en Chine une Comète de 5 degrés de longueur, dans
ie milieu du Tien-che ( vers la tête d'Hercule ) : elle diiparut
au jour Vou-tchin de la neuvième Lune ( ou au 27 Odobre). CauUk
La huitième Lune doit renfermer l'équinoxe d'Automne,
lequel en 148 efl tombé le 24 ou 25 Septembre : la Lune
a renouvelé le i." Oétobre , & l'on a dû àts ce jour
compter la neuvième Lune. Le P. de Mailla ne fait paroître
la Comète qu'en 145? , & la difficulté dilparoît. La huitième Maîlia, u ilî^
Lune aura commencé le 20 Septembre, le jour Y-tcheou v- 4^^*
aura été le i p Oélobre , & le jour Vou - tchin le 2 2 du
même mois.
158. Janflen Twisk, dans (on Traité des Comètes, fait
mention d'une Comète , qui a dû paroître cette année. StruycA^iy^o^
161,
A ia première Lune de l'année 161 (elle commençoiî
ie 1 3 Février ) , on vit en Chine une Comète à la conflella-
îion Sin (o-, a, r du Scorpion). MaWa/uijl^
En 161, l'Empereur Antonin mourut : fous fon règne il
parut une Comète. Mais en quelle année , demande Lubie- Luh. Edfij^
ïiietzki lui-même? en 160, difent Eckftormius & Zahn.
1^2. * Lucius Cé/àr làcrifiant à Athènes, un feu parut
îraverfer le Ciel d'orient en occident ^ Mais ce feu étoit-il c^Éj^^nlr-
bien une Comète ? Je ne le penfe pas. Struyck ^ cite auffi »w?'«- Comr.,
une hiftoire Chinoife^ dans laquelle je ne trouve aucune ^^^>''iy^^^
mention ni de cette Comète ni de la fuivante. Un ignorant é?/^/^]/;.//'
Copifte aura fans doute communiqué à M. Struyck les ' Sjn. Chonoli
Comètes de 182 & 188 fous \qs> dates de 162 & 168. ' ^ ■
168. * On vit une Comète. Ici Struyck cite \2i mtmQ stmyck,i^^oi
Bïftoire Chinoife, où il n'eft parlé d'aucune Comète fur cette /"• -^^^ ' ^^
année, & P. JaniTen Twi^k , auteur trop moderne ; pour '^^^'^''^
2.94 Histoire
que (on autorité puiiïe condater la réalité de cette Comète.
Je trouve auffi dans le Recueil des Tables Aflronomïques ,
imprimé à Berlin en 1776, & dans un Catalogue manufcrit
de Comètes, qui m'a été envoyé de Pollingen en Bavière,
r apparition d'une Comète en l'an 165 ; apparition qui n^û.
fondée que fur à^s autorités modernes , & par conféquent
trop caduques.
178.-
A ia huitième Lune (commençant le 3 o ou le 3 i Août),
AMld, 1. 111, on vit à la Chine une Comète dans ÏQTien-ché. he.Tien-ché
i^' J°^' renferme la Couronne boréale , la tête & les épaules d'Hercule
& du Serpentaire, &:c.
180;
A la dixième Lune ( commençant vers le 6 Novembre) ,
les Chinois obfervèrent une Comète aux Etoiles Lang-fin^
^^nîâ.p.;oS ^ }iou-frng^ [yexs Sirius ).
\iY\i^j 181. Comète barbue^.
JLckfi. Zahn. 182. '*'
Wàer,
Han-Iing-ti monta fur le trône de ia Chine en 1(38 : en
^jttXhmoL la quinzième année dé fon règne, il parut une Comète.
A la feptième Lune ( qui en cette année commença vers
le 17 Août), elle étoit dans San-tay (patte précédente de
* Gaulîl. la grande Ourfe^) : on la vit dans Tdi-ouéi^ ( qui contient
^ Mailla, î.Uh la queue du Lion, prefque toute la Vierge, partie du
M' i°7-' Bouvier, &c.)
188. *
On vît une autre Comète en la vingt-unième année du
^ Syn. Chronol. même Empereur^, à la deuxième Lune^ Cette Lune com-
fc Maiiiaj t. W, mença en 1 8 8 , le 16 Mars.
Vers ipo. *
jLamprid. m ç^^^^^ l'empire de Commode, on vit une Étoile cheveIue^
imodfUL «Piufieurs prodiges, dit Herodien'^, parurent en ce même
DES Comètes. ipy
temps : on voyoit continuellement àes Etoiies en piein jour ; «
quelques-unes d'entre elles, étendues en long, paroifToîent «
comme fufpendues au milieu de l'air. » Hérodien , immédia-
tement auparavant , avoit parlé de la mort de Cléanthe ou
Cléandre , qui fut tué en i8f) : auflitôt après il parle de
l'incendie du temple de la Paix, brûlé en i^i. Si donc la
Comète de Lampride eil du nombre des prodiges dont
parle Hérodien, elle aura pu paroître en ic>o. Struyck en^^'-m^''i7^o'i
détermine l'apparition à l'an i86. Peut-être en a-t-on vu^'"^"^'
plufieurs Tous le règne de Commode : celles de 182 6c
de 188, font conftatées par les chronologies Chinoiies.
tp2, A la mort de Commode, on vit une Comète. Luhùn. Ed^i
15)3.
A la dixième Lune ( commençant vers le i i Novembre) ,
ïi parut à la Chine une Comète dans le Tien-ché. Y oyç:z Maiiia,t, m ^
fur l'an 178. P'S^S>.
1^3. Peu avant la mort de l'empereur Perîinax , il parut
une Comète. Pertinax régna depuis le i .^'^ Janvier julqu'au Foutan. h //j
2.8 Mars 1^3.
IP3. Sous l'empire de Julien, en Avril ou en Mai 15)3,
« On vit , dit Dion , trois Etoiles autour du Soleil ; on les dîo Caf,
diflinguoit très-faciitment , les Soldats fe \qs montroient : «t''^^''^.,-^;Ç^^d
IIS etoient perluades qu elles annonçojent de grands mameurs «
à Julien. Ce préfage nous flaîtoit; mais la crainte de l'Em- «
pereur ne nous permettoit pas de regarder ces Etoiles : je «
fuis cependant bien alTuré qu'elles parurent, comme je l'ai «
dit. » Au commencement d'Avril 15)3 , on pouvoit voir
Vénus de jour : quant aux deux autres Etoiles , avant que
de décider ce qu'elles étoient , il faudroit favoir combien
de temps elles ont paru.
En ip5 , du temps de l'empereur Sévère, on vît une
Comète, Lubienietzki fbupçonne qu'elle ne diffère pas de îa v^^*
Comète de fan 2.04.
296 Histoire
200.
A la dixième Lune ( commençant \q 2.6 0(5lobre ) ,
'Ma'Ua,t,iV, Comète obfervée à la Chine dans la confleilation Ta-léans.
204.
Avant la difgrâce de Plaiitien , on vit une Comète à Rome
• plo Caf Jurant plufieurs jours ^ Plautien fut tué en 204, ou peuti^
jiHvhii. eti'e même au commencement de 205 . KjeliQ Cornet»
i> Ti'l/em. fur fut vue à la Chine; on comptoit alors la vingt -unièm©
'S'eum. année du quarante -neuvième cycle ^: elle fut vue à la
''^P ^'' dixième Lune , commençant le i o Novembre à l'Étoile
^Mmlla.t.IK Tom--tfwq^,
* ^ 206 & 207.
En la vingt-troifième & en la vingt-quatrième année du
Çoufieu quarante -neuvième cycle , on vit à^s Comètes en Chine.
Le P. de Mailla les rapporte toutes \ts deux à l'an 20^. La
première fut vue le premier jour de l'année ( 27 Janvier),
près du pôle; la féconde à la dixième Lune ( commençant
mailla, t. IV. vers le i 8 Novembre) , dans la confleilation Chun-oue'i,
211. La mort de l'empereur Sévère fut précédée de ïappa*
■^"^ ^jfiî riîïon d'une Comète. Sévère mourut en Février 211.
^^Imagtli VJU,
Jeél. I.eap.V,
^, ^ ^, Zahn, ^ i _j •
L'an 2 12, à la douzième Lune ( elle commençoit le p
ou 10 Janvier 213 ), on vit en Chine une Comète à
mailla, u IV, l'Étoile Ou-tchu-heou (9, ê, t à^i Gémeaux, &c. félon le
*^' ^' P. Noël ).
217. Une Comète parut durant dix - huit jours dans les
Poijfons , avant la mort de Caracalla ; fon mouvement étoit.
'Luh. Rsch, 4' orient en occident. Caracalla mourut en Avril 217.
%ahttt
218. *
Peu avant la mort de l'empereur Macrin, « Une Etoile j
iLXXvfîu' dit Diôiij cjui durant plufieurs nuits étendit fon rayon ou fa
^~ - — '" " " ' ' queue
DES Comètes. 297
queue, de l'occident à l'orient, nous effraya beaucoup. »>
Macrin fut tué en Juin 218. On vit cette Comète en
Chine , mais du côté de l'orient , à la troifième Lune , qui
commençoit le i 3 Avril.
2 2 2. En Chine, troifième année Hoang-tfou , neuvième
Lune, jour Kïa-tchin (4 Novembre), on vit une Etoile
nouvelle dans Tay-ouey , près de Yemen oriental ( ou entre ^
de la Vierge ^ s du. Lion). Gmhli.
232.
Sixième année Tay-ho, jour Ping-yn de la onzième Lune
( 4, Décembre ) , Comète vue en Chine , près de <r du Lion. ihid,
En la quatrième année Tftng-Ioung , dixième Lune, jour
'Kia-chïn (30 Novembre) , une Comète de 3 degrés parut
en Chine dans le Scorpion. im.
En la même année, au jour Ki-hay de la onzième Lune
(16 Décembre) , on vit une autre Com.ète près de Hoan ,
au milieu du Tien-che. ( Hoan efl une petite Étoile au fud
de la tête d'Hercule ). Ces deux Comètes n'en font peut- îbîà,
être qu'une feule. Le P. de Mailla \qs fait paroître toutes
\qs deux dans la dixième Lune, l'une à l'Etoile Ta-tchin,
l'autre du côté de i'eft. Mailla, t. iv,
p, 10;.
238. Deux Comètes.
On vit à la Chine deux Comètes en cette année , deuxième
Kin-tfou. La première parut à la huitième Lune, la queue
étoit de 3 degrés; elle rétrograda pendant quarante-un jours:
on l'obferva dans la conflellation Tchang ( entre le cœur de
i'Hydre & la Coupe). GaulU
Au jour Kouey-fe de la dixième Lune ( 2p Novembre ) ,
on vit une Étoile nouvelle dans la conllellation Goey ( et du
Yerfeau, é & ô de Pégafe) : elle étoit rétrograde; tWe fut
au nord de Pégafe , parut entre le Cygne & Céphée. Au jour
Tome L Pp
298 Histoire
Kia-tchin ( 10 Décembre), on l'obferva à i'ouefl: Je la
queue de l'Aigle. Au jour Ki-yeou \ 15 Décembre), elle
Gauhii, dilparut. Le mouvement de cette Étoile ne permet pas de
l'évoquer en doute que ce ne fût une vraie Comète.
240.
A la première année Tching-cin, au jour Y-yeou de la
dixième Lune ( i o Novembre ) , on vit en Chine une
Comète de 30 degrés de longueur , dans la conftellation
Ouy ( laquelle renferme toute la queue du Scorpion ) : elle
fut en approximation avec Vénus ( mais quel jour î Vénus
étoit alors dans le Capricorne ; elle y refta jufque vers le
5 Décembre, qu'elle entra dans le Verfeau. Sa latitude,
au I o Novembre , étoit d'environ 2. degrés au fud ; au
commencement de Décembre , elle n'étoit pas d'un degré
entier ). Au jour Kia-tfe de la onzième Lune ( i ^ Décembre),
la Comète fut près dts Étoiles Yu-lin ( qui font entre le
JUd, Verfeau & la Baleine, au fud de l'écliptique ).
245.
En la fixième année Tchîng-chï, au jour Voa-on de îa
huitième Lune { 1 8 Septembre ) , les Chinois obfervèrent
une Comète de 2 degrés dans la conftellation Sing ( le cœur
de l'Hydre Se Étoiles voifmes ) : elle fut vue vingt-trois
jours ; elle parvint à la conftellation Tchang ( entre le coeur
ihid, de l'Hydre & la Coupe). ,
247.
L'année fuîvante, une autre Comète fut vue dans ia conf-
tellaiion Tchin ( le Corbeau ) , au jour Kouey - hay de la
onzième Lune {16 Janvier 247) : elle parut durant cent
Wd, cinquante -fix jours.
248.
Neuvième année Tchwg-chi, à ia feptième Lune , Comète
DES Comètes. 299
de 2 degrés dans la confteilation K ( la Coupe ) : elie fut
à la confiellation Tchin ( le Corbeau ) ; on la vit 42 jours : Gaubl
ce pourroit être la Comète d'Haiiey. La feptième Lune
commença le 6 ou 7 Août 248.
^52. Deux Comètes.
En la troifième année Kia-ping , au jour Kouey-ouey,
onzième Lune (10 Janvier 252), Comète vue en Chine
dans la confiellation Che ( aile de Pégafe ) : elle fut à l'oueft
& parut quatre-vingt-dix jours. i^an*
En la quatrième année, jour Ting-yeou de la deuxième
Lune {25 Mars ) , Comète dans la confiellation Ouey ( la
Mouche) : fa longueur étoit de 50 à éo degrés; on la vit
vingt jours. La Comète précédente paroifloit donc encore, Uem»
iorfqu on découvrit celle-ci.
En la cinquième année Kia-pïng, à la onzième Lune
{ elle étoit prefque toute entière renfermée dans le mois de
Décembre) , on vit en Chine, près de vi de la Vierge, une
Comète longue de 5 o degrés. ^^'f^.
En Chine, troifième année Kin-yven , jour Gîn-yn , onzième
Lune ( 2 Décembre), Comète longue de 50 degrés, dans
ia conftellation Kang (les pieds de la Vierge ) : elle alla au
nord & parut quarante-cinq jours. idemt
2.6%, Deux Comètes.
Sous l'empereur Vou-ti , quatrième année Tay-M, pre-
mière Lune ( au mois de Février ) , on vit en Chine une
Comète dans la confiellation Tchin { le Corbeau ) : elle alla
au nord-ouefl. Idem,
A ia neuvième Lune ( commençant le 2 5 Septembre ) ,
Ppi;
300 Histoire
en Automne , il parut à la Chine une Comète dans Tfe-
' Mailla. u IV, ouéi , partie du Ciel autour du pôle, & qui ne defcend
f. j^S, jamais fous l'horizon.
A la feptième Lune de cette année ( elle commençoit
le 1 6 Août ) , on vit encore à la Chine une Comète dans
n!d.p, 1 62, Tje - oue'i.
Sous l'empereur Vou-tï , quatrième année Hien-ning , on
vit une Comète à la quatrième Lune , ou vers le mois
Gaiilii. de Juin.
En la huitième année Tay-kang , on vit en Chine une
Comète de plufieurs dixaines de degré de longueur : elle
étoit dans la conftellation Téou (ja,A, (?',(r,r,Çdu
Idem, Sagittaire ) ; elle parut ^dix jours.
A la huitième Lune ( commençant le 6 Septembre ) , on
'AM/a,t,JK vit en Chine une Comète, près de l'Étoile du nord.
305 ou 30^, Avant la mort de Conflance Chlore , on
Hév. Lui, Vît une Comète. Cet Empereur mourut en Juillet 30 (S.
'Ilhn, Vers 319 ou '^^'i^l y une Comète Je montra dans la Vierge»
^Peucer.iùcJi. 4ivant que l'héréfiarque Arius commençât à publier fes erreurs^'
^ocï ^chi Struyck en date l'apparition de l'an 316, d'autres de l'an
Weh. ire. 307, &c. M. de Tillemont^ tient pour probable que l'hé-
J- Tiii. Hîfi. réfie Arienne éclata vers l'an 510, quoique Arius ait pu
note I fur les Commencer a la lemer quelques années auparavant : a autres
Arkos, diffèrent cet éclat jufqu'en ^2.^, On met auffi la Comète
avant la dernière défaite de Licinius par Conftantin , en
323, ou avant le Concile de Nicée , célébré en 325.
Lycofih. Quelques Auteurs parlent même de plufieurs Comètes: La
Comète de Halley a dû paroitre vers 324.
DES Comètes. 301
La mort Je l'empereur Conftantin fat annoncée par l'ap-
parition d'une Etoile chevelue , extraordinairement grande :
elle brilla durant quelques jours. Conflantin mourut en 3 37, Eunop.i.x^
îe jour de la Pentecôte, 2,2 Mai. On s'accorde cependant
affez généralement à rapporter l'apparition de la Comète à
l'année précédente: en effet, on vit à la Chine une Comète
en la trente-troifième année du cinquante-unième cycle , Se Coupkt,
par conféquent en ^'^6. Au jour Sïn-fe de la première Lune
( I 6 Février ) , au foir , elle étoit dans la conftellaîion Kouey GauUk]
( le bras auflral & la ceinture d'Andromède, &le Poiiîon boréal ).
On la vit auffi dans la conftellation Leou ( tête du Bélier ). Mailla, t. ly.
Quelques Auteurs font paroître cette Comète deux ans avant ^* ^^-^^
la mort de Conftantin. Nos Cométographes modernes ont Hiflor, Mijc,
imaginé c]iielle avoîî para dans le Bélier durant fix mois & (^emur.
trois jours. Rock. Ed^,
Zan, & alii,
340.
A la première Lune ( commençant le 1 4 Février ) , on
TÎt en Chine une Comète dans Taï-oiiéi, partie du Ciel Mailla, t,iv,
qui contient une grande partie du Bouvier, de la Vierge,^' ^^^'
du Lion, &c.
En 340 , Comète avant la mort de Conflantin - le - Jeune. Lui. RvciC.
On lui donne aulîi cent quatre-vingt-trois jours de cl urée , -^"^f" ^'^A^-î
& on la fait paroître dans le Bélier : c'eft fans doute la fuite
de quelque erreur de chronologie , fur l'année de la mort
du grand Conftantin. On cite Orofe, Uv. VU, chap. xix ;
il n'y efl: fait mention d'aucune Comète.
343-
En Chine, fous l'empire de Kang-iî , première année
''Kien-yven , fjxième jour de la onzième Lune ( vers le p
Décembre ) , on vit une Comète de y degrés dans la conf-
tellation Kang ( les pieds de la Vierge), ç^^^^^
302 Histoire
■ _ 35^'
Mo-tî régnant en Chine, cinquième année Yowig-ho,2iM
jour Y-mao de la onzième Lune ( 7 Janvier 350), on vit
Cauhil. u"6 Comète longue de i o degrés dans la confteliation if^/;^
(pieds de la Vierge).
3(^3. *
Sous l'empire de Jovien , on vît des Comètes en plein
"Ammlatu jour. Quelques Ecrivains ayant dit que ces Comètes avoient
Jh, xjlV, pgJ.^ fQU5 Jovien , après la mort de Julien , Lubienietzki en a
pris occafion de faire paroître une Comète avant la mort de
Julien : il cite pour garant Riccioli , qui ne parle point de
cette Comète. Il eft certain, par les Annales Chinoifes,
qu'il a paru au moins une Comète en 3 63 ; elle fut vue à
la huitième Lune ( commençant \q z6 Août ) , dans les
j\Mk,t, IK conftellations Kio Se Kang (et, Ç, îc. A, /, i» de la Vierge).
jh^ip £jj -^j Qy '^7^* Comète -pendant on:(e femaines dans le.
Luh. Hévéi Bélier,
'Jlock, Zahn. 5 ja
En l'année 373, douzième Lune ( commençant le 18
Janvier 374 ) , il parut une Comète en Chine aux Étoiles
■Maiik,î.X, Oueï & Ki (peut-être Oui 8l Ki, €, /a, r, Ç, 8, /, Jc, A, u
f'^j7' du Scorpion, 7, J^, e, vi du Sagittaire).
375' '^
Très-peu de jours avant la mort de l'empereur Vaïentînîen,:
Ammian. OU vit dçs Comètes : Valentinien mourut le 17 Novembre
m, XXX, _ _ -
3/5' , , . . .
Luh.Cœfus, 377* Comète. La plupart de ces Comètes imagmaires ne
'Ljc. lùck. Joivent leur exiftence qu'au défaut de la chronologie qui a
guidé nos Cométographes modernes. Keckerman , par exemple,
cite ici Nicéphore-Callifte pour fon garant ; c'efl qu'il anticipe
manifeftement de douze ans la date de la Comète men-
tionnée par Nicéphore.
DES Comètes. 303
'380. Comète ronde & plus grande que la Planète de Vénus:
on la vit dans la Balance depuis le commencement- de Mai
juj qu'en Septembre ; elle éclair oit tout l'horizon : fa durée fut
de quatre mois. C'eft encore vraifembiablement la Comète Luh, Hévél.
Je 38^; l'anachronifme neft plus que de neuf ans. °'^^' ^^'^''
383. Grande Comète^. C'efI; encore la Comète de 38^, ^ Luh. Rkc.
anticipée de fix ans. Caj..Aifi.Zahn.
384. Comète femhlahle à une colonne^. Celle-ci eil la ^LuhHévéU
oniete de 3^0.
2 'S 6, Comète"". Ceû encore celle de 3po. On vit cette ^ Lue. RUc.
année en Chine une Etoile nouvelle dans la conftellation ^'^''"'
Teou ( yu, , A , (p , 0- , T , Ç du Sagittaire ) : elle parut depuis
la troiiième Lune jufqu'à la fixième. Gaulil,
3h- *
« Sous le Confulat de Primalius Se de Promotus, indiélion
deuxième , une Étoile fe leva du côté du Septentrion , à «
i'heure du chant du coq. Semblable à l'Étoile du matin , elle «
brûloit plutôt qu'elle ne luifoit ; elle ceffa d'être au bout de *«
vingt-huit jours. » Ces paroles du Comte Marcellin déter- Marceîiin,
Biinent l'année de l'apparition : les caraélères ne peuvent
convenir qu'à l'an 38^. Voici maintenant, d'après Philoftorge PhUoflr.i x,
& Nicéphore , quelques détails à^s circonllances de cette "'/^'*^//^''
apparition. « Une Étoile infolite & extraordinaire parut au caiu xxxvii,
milieu de la nuit dans le Ciel , près de Vénus , vers le ^^
cercle que l'on nomme Zodiaque. Comme les rayons qui ,^
i'environnoient la rendoient grande & brillante , elle égaloit .^
prefque en éclat j'Ètoile du matin : on vit s'approcher d'elle ^^
un très-grand nombre d'Étoiles. » ( Elle s'approcha peut-
être elle - même ées Pléiades , ou àes Hyades , ou de la
Nébuleufe de l'ÉcreviiTe, ou de quelqu'autre amas d'Étoiles).
« Si vous euffiez vu ce fpeélacie, vous l'eufTiez comparé à
un eiTaim d'abeilles qui le rafTemblent autour de leur che£ »
(Tout cela, & ce qui fuit, pouvoit n'avoir d'autre caufe
que des variations dans l'atmofphère de la Comète, les diffé-
rentes parties de fon noyau étant fucceffivement couvertes
lï'IarceUîn ,
Cah'if, Tillem,
^ur Théodoje g
ifCt
>04 Histoire
ou laiffées à découvert par les nuages de cette atmofphère : on
fait d'ailleurs combien l'imagination efl féconde pour groffir
ies objets extraordinaires). « La iumière de ces petites Etoiles
que leur choc violent & réciproque faifoit en quelque forte
étinceler, fe raflembk bientôt en une feule flamme, & prit
la forme d'une épée à deux tranchans : la vue feule infpiroit
la terreur. Ainfi , toutes les autres Étoiles ne formant plus
qu'un feul tout, auquel fAftre qui avoit été vu le premier
fervoit en quelque forte de fondement ou de manche ( ii
n'eft point dit qu'il en eût la figure ) , on auroit pu prendre
tout ce phénomène pour une lampe dont la flamme s'élevoit
en haut. Cet Aflre procura donc un fpeélale tout -à- fait
nouveau. Son mouvement différoit auffi totalement de celui
de tous \qs Aflres. Il commença à le mouvoir du lieu où
nous avons dit qu'il parut d'abord; il fè levoit & fe couchoit
avec l'Etoile du matin;, il s'en écarta enfuite peu -à -peu,
avança, pour ainfi dire, à petits pas vers les O li r fes , &
fembloit prendre fa route à la gauche de ceux qui le regar-
doient. 11 étoit fujet au mouvement commun à tous les
Aflres; mais par Ion mouvement propre, qui dura quarante
jours, il parvint à peine jufqu'à la grande Ourfe : il s'évanouit
enfin vers le milieu de cette confteliation. « L'empereur
Théodofe palfa à Rome l'été de l'an ^%^, Sl àhi les pre-
miers jours de Septembre, il quitta cette ville pour fe rendre
à Milan. Or , félon Philoflorge , la Comète commença à
paraître avant le départ de Théodofe ; elle aura donc paru
dans le mois d'Août. Mais j'ai calculé le lieu de Vénus &
j'ai trouvé qu'au mois d'Août 38 c), cette Planète ne paroilfoit
pas le matin : elle approchoit alors de fa conjonction inférieure
avec le Soleil; elle n'a commencé à paroître le matin que vers
le commencement de Novembre. Cependant , félon Phi-
loflorge & Nicéphore , la Comète paroiffoit au matin , &: elle
fe levoit & fe couchoit avec Vénus , près de laquelle on
l'obferva d'abord. Dira-t-on que l'on a pris Jupiter pour
Vénus ! Jupiter étoit en effet îilors à foccident du Soleil,
^ pou voit fe lever peu après minuit. Mais il paroît dur
d'imputer
DES Comètes, 305
cî'imputer une pareille méprife à des gens qui coiinoifToienî
le Zodiaque & lesOurfes, qui diilinguoient le mouvement
diurne dQs Aflres de leur mouvement propre , enfin qui
voyoient alors Vénus tous hs foirs à l'orient du Soleil. C'eft
cependant le feul parti qu'on puifle prendre pour accorder ces
Hiftoriens, Toit entr'eux, foit avec eux-mêmes. La Comète,
difent-ils, fut vue d'abord près de Vénus, vers le milieu de
la nuit. Or Vénus , en Décembre 3 8p , ne le le voit que
vers quatre & cinq heures du matin , plus tard encore en
Novembre. La Comète, félon le comte Marcellin, fe levoit
vers le leptentrion : elle pouvoit en Août fë lever au nord-ell,
aiïez près de Jupiter & vers le milieu de la nuit ; mais en
Novembre & Décembre , jamais Vénus ne le leva vers le
fèptentrion. Puifqu'il eft donc certain , par le témoignage de
Philoftorge, que la Comète fut d'abord obfervée le matin,
au mois d'Août, il faut dire qu'elle parut près de Jupiter,
& non pas près de Vénus. Le comte Marcellin compare fa
grandeur & fon éclat à la grandeur & à l'éclat de Vénus ;
mais il ne dit pas qu'elle ait été obfervée au voifinage de
cette Planète.
3c?o.
Sous le quatrième confuîat de Valentinien & le premier
cle Néotéricus , indiélion troifième , on vit dans le Ciel ,
durant trente jours, un figne femblable à une colonne pen-
dante. L'autorité du comte Marcellin & la différence (\^$ Marcellin.
dates, montrent clairement qu'il faut diflinguer cette Comète '^'^'' '^^''^
de la Comète précédente. Quelques Cométographes & Hif-
toriens , font parohre une colombe au lieu d'une colonne : le
changement d'une feule lettre, dans les mots latins columba,
columna , leur a fans doute paru propre à rendre le phé-
nomène plus merveilleux.
L'empereur de la Chine Kien-ven-ti meurt, la neuvième
année du cinquante - deuxième cycle : Vu-ti lui fùccède
Tome L O a
30(5 HtSTOiRE
i'année fui vante; l'an io du règne de Vu-tî, il paroît une
Coiipht, Comète.
Sur l'an 3^3 & 3^4» ï'»os Cométographes nous parlent
encore .de colonnes & de colombes ; ils nous entretiennent
de la Comète de 385? : ils en font paroître en i^o^G , lous
l'empire , difent - ils , de Théodofe , qui étoit mort en
Lycojlh, Centur, 3 O 5 , &C.
Aret. Gare. a r\ • t^mj» • rr • /y
Luhkn, Hév. 390» ^n Vit une Ltoiie de jour; elle paroidoit auni
^°^S' belle que l'étoile du Bouvier peut le paroître durant la
Cîaudian. in nuit. ^\\ 3^8 on a pu voir Vénus de jour , vers la fin de
^Honorit Janvier & vers le commencement d'Avril,
395'
En Chine , à îa feptième Lune ( au mois d'Août) , îî
parut u 'e grande Comtte à léioile Siu-niu ( probablement
à la conflellation Nu ou Niu e, pu du Sagittaire, 6cc. )- Elle
prit fa route vers l'Etoile Cou-fm , dans la confleliation Hm
-Mailla,!, IV, [(l du Yerfeau, ce du petit Cheval ).
400. *
«t Les malheurs dont Gainas menaçoit ConflantJnopîej,
» étoient fi grands, difent les Hiftoricns , qu'ils furent annoncés
>» par la plus terrible Comète dont \qs hiftoires falTent mention ;:
M elle brilloit au-deflus de la ville , & du plus haut du Ciel
•JWr./.r/,,, qWq atteignoit prefque julqii'à la Terreur elle avoit la forme
1 viîl.c. 'iv. d'une épée^". La perfidie de Gainas 8c fon defîein de fur-
Mceph.i.xin, pi'endre Conftantinople, appartiennent à l'an 400. Philoftorge
»• PhiM f XI ^^^^^^^ cette Comète comme un préfage d'une pefte qui
»." 7» Niieph, arriva vers ce même temps : il parle de Ion apparition j,
* après avoir rapporté la mort de l'eunuque Euti'ope , qui fut
îué vers la fin de 35? 5?. Ainfi, je ne crois pas qu'on puiïîe
douter que la Comète , à laquelle il donne la figure d'une
épée , ne loit celle dont il eft fait mention dans Socrate &
dans Sozomène. Les Chinois ont auffi obfervé cette Comète
fous le règne de leur empereur Gan-ti, quatrième armée
DES Comètes, 307
Loung-gan. Au jour Ki-tcheou de Ja deuxième Lune ( ip
JVIars 400 ), elle étoit dans la conftellation Kouey (formée
par le Poilîbn boréal , la ceinture & le bras au (Irai d'An-
dromède ) : fa queue avoit 3 o degrés de longueur. La Comète
parcourut les étoiles Ko-tao ( de Cafîiopée); elle entra dans
l^enceinte du palais Tfe-ouey ( ce palais céielîe renferme les
J^toiles qui ne fe couchent point à Nanking, où il paroît que
l'obrervatioD a été faite. Mais quelle peut être l'enceinte occi-
dentale de ce palais ! On a fans doute voulu dire que la Comète
paroifîoiî durant la nuit à la partie occidentale de ce palais :
mais à quelle heure de la nuit ) ! La Comète entra dans le
Kouey du Pe-teou ( dans le carré de la grande Ourfe ) ; elle
palîa près de l'étoile Tay-yang- cheou ( % de la grande
Ourle), fur l'étoile Tï-tjo (et d'Hercule), & enfin entre %"
Tfo-tchi-fa & Yeou-tchï-fa ( entre )i & /3 de la Vierge ). Cette Cadil
route de la Comète ne paroît pas naturelle ; elle le feroit
beaucoup plus, fi au lieu de Ti-tfo, tête d'Hercule, on lifoit
Ou-ti~tjo , queue du Lion.
401.
L*an 400 , à la douzième Lune ( commençant le 2 Janvier
'401 ), il parut au Ciel une Comète à l'étoile Tien-tfin
{ J^ du Cygne ). Le temps de l'apparition de cette Comète Mailla, t.IVt
& le lieu où elle fut oblervée , ne permettent pas de la^'^^'^*
confondre avec la Comète précédente, ni avec la fuivante.
Vers 402. *
Claudien parle de la crainte que l'arrivée d'AIarîc en Italie Ckudkn.
înfpiroit à tous les Romains. La frayeur imaginoit àt^ fonges, ^/^'"^: ^^V '
auxquels on ajoutoit toi, & à^s prodiges que Ion regardoit ^. ^^.f d^/f,
comme avant-coureurs Aqs plus grands maux. Ces malheurs
ctoient annoncés , diloit-on , par des oifeaux de mauvais
augure, par à^s orages, àç.s tonnerres fréquens , par des
éclipfes de Lune qui fe fuccédoient rapidement ; car , dit
Claudien , on ignoroit que ces phénomènes n'ont d'autre
note
308 Histoire
caiife que finterpofition de la Terre entre la Lune &: le
Soieil. « On rappeloit même ies prodiges vus l'année précé-
" dente , & que l'on avoit négliges au fèin de la paix ; àts
'' grêles monftrueules , àts abeilles raîTemblées en eliaim , à^s
=' incendies fpontanés, & l'apparition d'une Comète, ipeclacle
" que la Terre n'a jamais vu impunément. Elle commença à
'^ paroître du côté de l'orient, vers la partie du Ciel où l'on
» voit briller Céphée & Caffiôpée : chaffée enfuite peu-à-peu
'' au-delà de l'Ourfe Lycaonliienne ( la grande Ourle ) , elle
'* altéra , par fa chevelure errante , la beauté des Aftres du
*' Chariot, jufqu'à ce que languilfante enfin, elle fe dilfipa en
un feu très léger. » Stilicon vainquit Aiarîc en 403 , ou
VqyriJyilem. même, felou quelques Auteurs, en 402, près de Poîlence,
hmp. Hcrnor. En 402 , il failoit trembler toute l'Italie. Il y eut une éclipfè
totale de Lune le 17 Décembre 400 , deux autres également
totales les 1 2 Juin & 6 Décembre 40 i , &. enfin une de
plus de dix doigts le i.^"^ Juin 402 ; ces éclipfes font fans
doute celles que Claudien dit s'être fuccédées ii rapidement :
il n'y eut point d'éclipfe de Lune en 403. 11 y a donc
apparence qu'il faut rapporter la frayeur des Romains à l'an
402 , & l'apparition de la Comète à l'année précédente ou
à l'an 401. Je ferois très-difpofe à croire que cette Comète
ne diffère même pas de celle qui fut obfervée en Orient &
à la Chine, en l'année 400; elle porte avec elle des traits
frappans de reffemblance : cependant une difficulté m'arrête ;
Claudien dit que la Comète dont il parle fut vue en temps
de paix : or , il eft certain qu'Alaric & Radagaife , chefs des
Goîhs , avoient fait une irruption en Italie dès l'an 400 ^
& qu'Honorius fut obligé de leur céder i'Efpagne Sl les
Gaules. Si donc la Comète de Claudien fut vue au fein
de la paix , elle n'a dû paroître qu'en 40 i ou au com-
mencement de 402 : Sigonius rapporte fon apparition à
^ SIgon. Occid, l'an 40 I ^.
'l ' ' En 40 8 , ûVûTit la mort d' Arcade , Comète dans le Lion ^.
LuDiemetzki cite pour garant 1 ouvrage d un Mathématicien
anonyme de Nuremberg, fur la Comète de 1664.
DES Comète So 309
410. Le -2^ d'Août, Alaric prend Rome; une Comète
prélagea ce défaftre. Il s'agit ici de ia Comète de 418 : nos Héy//, Lui,
Cométographes ont été trompés par Nicéphore. Rock' Wcf'
412. Comète dans le Capricorne pendant quatre mois,
depuis le milieu de l'été jujqu'à la fin de ï automne ^ * Luh. Rock,
41J. Comète dans la Vierge pendant quatre mois^. ^^' "^ "'
Q ^ EckJ], Rock*
4^^' Herl. Zahn,
« L'empereur Théodofe (fécond), dit Philoftorge, étoît
déjà entré dans les années de i'adolefcence ; ie i^ du mois «
de Juillet , vers la huisième heure du jour, le Soleil fut «
tellement éclipfé qu'on vit même les Etoiles. Or, dans le «
temps même que ie Soleil étoit ainfi caché , on vit dans le «
Ciel une lumière en forme de cône ; quelques ignorans «
l'appelèrent Comète ; mais dans les phénomènes de cette 5e
lumière, nous ne vimes rien qui annonçât une Comète; car «
cette lumière n'étoit pas terminée par une chevelure : elle «
reflembloit à la flamme d'un flambeau, fubfiftante par elle- ce
inême, fans qu'aucune Etoile lui fervît de bafe. Son mou- «
vement étoit auffi bien diffèrent de celui àes Comètes : on <«
îa vit d'abord à l'orient des équinoxes; de -là , ayant pafTé «
près de la dernière Etoile de ia queue de i'Ourfe ( de la «
grande Ourfe fans doute ) , elle continua lentement fon «
chemin jufqu'à l'occident. Après avoir ainfi parcouru tout le ce
Ciel, elle dilparut enfin , fon cours ayant duré plus de quatre «
mois. Son fommet s'aiguifoit quelquefois en une pointe très- «
longue; elle excédoit alors les mefures & les dimenfions du «
cône ; elle reprenoit enfuiîe la figure conique. Elle com- «
mença à paroître vers ie milieu de l'été , & dura prefque «
jufqu'à ia fin de fautomne. « Suivant un autre Auteur : mioflorg.
« Sous ie douzième confulat d'Honorius & le huitième de ^''^' -^'^^ »•" «^•'
Théodofe , on vit du côté de i'orient une Étoile qui brûla «
fèpt mois^ » Elle fut aulTi vue à la Chine'', à ia dixième ^Manelîin,
Lune, qui commença cette année vers le 15 Novembre: ^ Cou^ku
c'efl un peu tard, fi, comme on ne peut guère en douter,
ia Comète vue en Chhie eft ia même que celle de Philoftorge»
îo Histoire
3
Au refle, celle-ci paroilToit encore au mois Je Novembre ,
& la Comète Chinoife qui paroifFoit à la dixième Lune,
pouvoit avoir paru dans {^^ Lunes précédentes. Quoi qu'ii
en foit, la Comète en Chine « parut commencer à l'étoiie
* Tien-tfin ( cP du Cygne) : elle pafla aiïëz près de l'étoile
^*' Pé-téou { du carré de la grande Ourfe ) , d'où elle alla par
» la conftellatîon Tfé-ouéi ( partie du Ciel qui ne defcend
»» jamais fous l'horizon), à la conftellation Tdi-ouéi (partie du
»> Ciel comprenant la plus grande partie du Bouvier, de la
>» Vierge , du Lion , la Couronne , &c. ) Elle diiparut au bout<
N!aUla,î,lv. de quatre-vingts jours. »> Le P. de Mailla n'étoit point
V S9'" Allronome ; il transforme des conftellations en étoiles, des
parties du Ciel en conftellations , &c. Ici il attribue à la
Comète une route qu'elle n'a certainement pas fuivie : il
faut fuppofer que de la conftellation Tien-tfin elle aura été
au Pé-téou par le Tfé-oueï , & du Pé-téou au Jdi-ouéù
Revenons à Philoftorge. Sans craindre de paffer pour igno-
rant, je ne balance point à regarder la lumière dont il parie,
comme une Comète bien décidée. Mais fi je m'écarte de cet
Hiftorien fur la nature de la lumière qu'il a vue , je crois
que, par rapport au temps de l'apparition, fon témoignage
'Kiceph.iXîU, eft d'un poids bien fupérieur à celui de Nicéphore. Celui-ci
copie Philoftorge, fans indiquer la fource dans laquelle il
a puifé fon récit , ce qui lui eft fort ordinaire : il s'écarte
feulement de fon original , en ce qu'il rapporte le phéno-
mène au temps du fac de Rome, prife par Alaric en 410,
Nicéphore vivoit au xiv.^ fiècle, & Philoftorge eft témoin
oculaire : celui-ci donne au temps de l'apparition de ia
Comète deux caraélères décififs. Théodofe et oit , dit -il,
entré dans l'adolejcence ; ce Prince n'avoit que neuf ans
en 410 : entre-t-on dans l'adolefcence avant neuf ans! De
plus, la première apparition de la Comète eft déterminée
par .une éciipfe totale de Soleil , arrivée le 15? de Juillet;
or cette éciipfe appartient inconteftablement à l'an 4 1 8 , &
n'a pu avoir lieu en 410. La Comète de Philoftorge a
donc certainement paru en 418 , 6c ne diffère point de
&. XXXV i. copie
DES Comètes, 311
celle dont le comte Marcellin fait mention : il faut peut-être
lire dans la chronique de celui ci , quatre mots au lieu de fept
mois. On peut auiïi luppofer que Marcellin ou d'autres,
auront vu cette Comète dès la fin de Juin, & ne l'auront
perdue de vue qu'après le commencement de Décembre J
ce qui aura pu fuffire à Marcellin , pour dire qu'elle a été
vue pendant fept mois : Sigonius fixe l'apparition de la ,./'<^^ ^^^'^'
Comète au mois de Septembre 418. Des Cométographes
modernes /a font paraître dans la Balance : cela e(l très- Rock. Zahn,
pofTible; mais où ont-ils puilé cette anecdote?
Struyck, en 1740, avoit penfé que cette Comète étoit Smyck.iy^Q,
la même que celle de 15^6; en 17 5p il a cru devoir ^' '^*'°^'
abandonner cette fuppofition : il a fans doute obfervé qu'en
Juillet, Août, Septembre &. Ocflobre, la Comète de 150^
ne pouvoit paroître facilement du côté de l'orient, acquérir
enfuite une latitude géocentrique allez boréale , pour être
vue au voifinage de la queue de la grande Ourfe , 6c diP
paroître enfin en Novembre du côté de l'occident.
420 ou 42 1. *
Kao-tfôu monta fur le trône de la Chine en 420 ; en
la première année de fon règne , on vit une Comète à la
quatrième Lune. D'autres retardent l'avènement de Kao-tfou ^k» Ckrm
au trône , & piU* conféquent l'apparition de la Comète juf-
qu'en l'an 411. En Europe, on vit en 42 i un ligne admi- Couplet,
rabie daiis le Ciel. Seroit-ce cette Comète! pyofp. T^r^
422. *
Sous ié treizième cônfulat d'Honorius , & ié dixième de
Théodofe , indidion cinquième, on vit au mois de Mars
une Etoile de laquelle il partoit un rayon blanc, dune
iongueur extraordinaire : on la vit pendant dix nuits ou
environ après le chant du coq. On i'obferva en Chine, au Ckm, Fajsk.
jour Siii-fe de la deuxième Lune ( 16 Mars), dans les
conftellations Hîu & Goey ( ies épaules du Verfeau , le petit
Cheval, la tête & le cou de Pégafe* GmèH-
3^
Histoire
423. *
înJîéliôii fixîème, Afclépiodote & Marînien étant Confliîs,
la Comète parut fouvent , & l'empereur Honorius paya le
Marcdlm, îribut à la Nature : il mourut ie i 5 d'Août.
En 430, l'apparition d'une Comète précéda le fiége d'Hip-
Lub, Rock, pone & la mort de Saint- Augujlin. Lycoflhènes & d'autres,
Ljcefih.Zahn, datent tout cela de 434»
■43^.
En Chine, deuxième année Tay-yen, jour Gin-chin,
cinquième Lune ( 2 i Juin ) , on vit une Comète danî ia
Ca^Ul conftellation Fan g ( ie front du Scorpion ).
442. *
Au mois de Décembre , on vit une Comète ; elle parut
Marceilin. Idai. durant quelques mois.
448. Une Comète parut long-temps , félon Weber.
44p.
Dixième année Tching-Kun, jour Sin-fe de la dixième
Lune ( ip Décembre), on vit en Chine une Comète dans
Tay-ouey (partie du Ciel au nord de i'écliptique, renfermant
GauJ>ii. ia plus grande partie du Lion , de la Vierge & du Bouvier).
En ia vingt-huitième année du règne de Vaîentinien ÏII,
Attila vint dans les Gaules & y fut défait par Aétius. Une
Comète commença à paroître le i o de Juin. Le 25) du mcme
mois , après qu'on l'eût vue de grand matin à l'orient , on
commença à i'obferver du côté de foccident, après le coucher
du Soleil : le i.*^*^ Août, elle fe montroit à l'occident. Il y
îdau eut une éclipfe de Lune le 27 de Septembre. D'.aiîre5
Ecrivains rapportent l'apparition de la Comète aux années
448, 44p, 450, 452» 453' ^ ^^"^ y ajoutent une
éclip/è
T>ESCûMETFS, 313
ecïipfè de Lune. II y en eut une en effet en 451 , non
ie zj y mais le 26 Septembre au foir , ou la nuit du 26
au 27. Saint -Ifîdore rapporte auffi cette Comète au temps
de la défaite d'Attila^; mais il regarde féclipfe comme fur- '■iftdor.y.gs.
naturelle^: d'autres Anciens font auffi mention de l'écîipfe, '^ Chron, îfid.
vue du côté de l'orient^, Olahus'^ fait précéder la journée ^Rodeïk.ili,
de Châlons ou la défaite d'Attila , par l'apparition d'une '^' ^^^^'
Comète & par deux éclipfes de Lune : la première de ces ^Oj^^j^-i^^^i'^'
deux éclipfes étoit arrivée le 2 Avril au matin. Ces éciipfes
décident l'année de l'apparition de la Comète.
452. Agnelli dit qu'avant la prifè d'Aquilée par Attila, AgueiLmlîhr»
une Etoile brûla durant trente jours : ceci pourroiî bien ne ^"^^'
regarder que la Comète précédente.
453. '*' Attila mourut en 453 : avant fa mort on vît Pro/p. cwm,
une Comète vers le lieu du Ciel où le Soleil fe lève au
printemps. Les Cométomantiens étendent les efïèts d^s Okh. m Attîi.
Comètes à piufieurs années : la Comète de 45 i n'auroit- >/^///, Fabric
qWq pas été regardée par quelques-uns d'entre eux comme mimorak
prélage de la mort d' Attila , arrivée deux ans après î Les
Auteurs cités ne difènt point que la Comète ait paru immé-
diatement avant la mort d'Attila : d'ailleurs ces Auteurs font
refpeélables , mais ils ne font pas anciens. Il feroit inutile de
fortifier leur témoignage par d^s autorités encore plus
modernes \ *^«^« ^^'''A
455. La mort de Valentlnien fut préce'dée de l' apparition c^^tL ' Frai
d'une Comète'^. Valentinien fut tué le 16 iViars 455. '^'^^'^' ^^•
457. Une Etoile d'une grandeur prodtgieufe parut au-dejjiis ^ ^ontan. /« IIL
de l'Angleterre, &c. (Voyez-en la defcription fur l'an 504).
he roi Ambroife Aurèle mourut alors , &c. Tous nos Corné- Sigeh
tographes ont copié Sigebert , & Sigebert s'eft trompé. Aurèle
n'eft certainement mort que vers l'an ^00 : la Comète, dont
l'apparition , félon Sigebert , efl liée avec la mort de ce Prince,
n'a donc pu paroître que vers l'an 500.
45^. Chilpe'ric , roi de France , commença à régner; de
Jon temps on vit une Comète environnée d'un nuage obfcur, ^Gaguk.LiL
avec un rayon ou une queue éclatante^'. La critique d'Hévéiius -^'/f -^i^^f'
À orne L Kr Wehr,
314 Histoire
eli ici plus judlcieuie que de coutume ; ii remarque que
Chilpéric ne monta fur le trône qu'en 565 (ou plutôt 562)^
& que Gaguin décrit une Comète qui parut vers la fin àvt
règne de ce Prince (en 582 ), précifémenî dans les mêmes
termes dont il s'eiî fervi pour circonftancier celle de 459-
467.
*
"Sous le confuiat de Puféus & de Jean , îndidion cin-
quième , on vit durant quelques jours un grand prodige
^ dans le Ciel ; il fut nommé par les uns , la trompette ; par
*Chon.Faj(.h.\Qs autres , la pique; par d'autres enfin, la petite poutre ^^o-
^ Theophan. Cette Comète fut obfèrvée le foir^ durant quarante jours ^:
^'f/ibid G/'c. ^^"^ quelques lieux cependant Ton apparition fut bornée à
y, 2 6^> dix jours ^.
\ ^'^' ^^""""' 480. Plufeiirs Comètes \
* Aveu ~ ^
f Lub. Heu, 48 8. * Vers cette année ^ on vît des Comètes extraordinaires ^«
l^ycajlk. Lavât
ex Sei
Franck,
Weba\
ex SeèajUano a r\f\ ■^
Fi'anck, Zahn. ^9^-
L'apparition d'une Comète précéda la féconde irruptîoîi
Zonay, t. II, àes Bulgares en Iliyrie»
Vers 504. *
a Au temps de ïa mort d'Ambroifè- Aurèle , roî de îa
n Grande-Bretagne , on vit une Étoile d'une grandeur & d'un
y> éclat prodigieux : elfe n'avoit qu'un rayon ; mais ce rayon
?> étoiî terminé par un globe de feu , qui par fon étendue
X. reprélèntoit un dragon , de la bouche duquel fortoient deux
aa rayons: l'un fembloit s'étendre au-delà de la France; l'autre s,
5» tourné vers la mer d'Irlande, fe terminoiî en fept rayons plus
Gaîfred.lVîIl, p^îl^s. » H y a quelquc confufion dans cette delcription ;, on
f. IV. Voyei y parle d'un ièul rayon , de dtux & de fept. Au refte , j'ai
au(ïi Sieelu ad j/-\ , i l'/r'/ r • i i»
annum\s7. ^^}^ remarque que la airterente connguraîjon de 1 atmo-
£oeth, h IX, fphère d'une Comète , peut y faire imaginer Aq^ figures de
dragon j de trompette & d'autres (emblables. Ne nou5
DES Comètes. 3 1 -j '
repréientons - nous pas iouvent ies nuages de notre atmo-
iphère fous mille formes étrangères l
507.
En Chine, quatrième année Tch'mg-ki ^ jour Ki-ntao ,
ièptième Lune ( i 5 Août ) , on vit une Comète au Nord-eft, CadH
51p. *
Juflin & Euîhéric étant Confùls , indiélion douzième ,
on vit du côté de l'orient un Aftre effi'ayant, une Comète
il dont la queue , tournée vers l'occident, étoit comme pen-
dante: on appela cette Comète Pogonias ou barbue. Chron.Pafck.
> Theophan,
y.i A.2. Mtulal,
520. ai, XVII.
■ ^ ^ Cedren.p.j 6^,
Première année Tching-kouatig ^ jom Sin-fe, neuvième Zomr.t.ii,
Lune (7 Od:obre), on vit en Chine, à l'efl, une Comète ^' '^-^'
brillante comme le feu. Au jour Y-^ay (30 Novembre ) ,
on la voyoit le matin. CatM,
524.
En ia feptième année de l'empire de Juflin, on vît,
durant vîngt-fix jours & vingt-fix nuits, une Étoile au-
deflus de ia porte d'airain du palais. Cedren.p.s^f,
Glyc, pé z 6 ()»
&sic Ant, Confianu
531- B,nL
On vît du côté de l'occident , pendant vingt jours , une
Comète très-grande & très-efîrayante : elle étendoit ^qs rayons ,
c'eft-à-dire fà queue , vers la partie ia plus élevée du ciel ; en
conféquence, on lui donna le nom de Lampadïas, parce qu'elle
reffembloit à, une lampe ardente, Théophanes dit qu'elle parut Theoph.p.if^,
dans la neuvième indidion , donc en 5 3 i . Maîala en place ^^jf,'^lp^^^J'\
i'apparition fous le confulat d'Orefte & de Lampadius , & ciyc. p. 270,
Cédrène fur la quatrième année du règne de Juftinien , carac- ^,''X /' '
tères qui femblent convenir à l'an 530. Selon Zonare , elle a
paru ea ia cinquième année de Juftinien, donc en l'année
Rr i|
^i6 Histoire.
531. Théophanes & Malala font fuivre iinmédiaîement k
conclulîon de la paix entre les Perfes & \ç^i Romains, &
celte paix n'a été conclue qu'en 532. Enfin, une Comète
fut vue à la Chine pendant la neuvième Lune de la quarante-
Couiku feptième année du cinquante-quatrième cycle , c'eft- à-dire
vers le mois d'Oétobre 530. On peut donc douter à quelle
année il faut rapporter l'apparition de cette Comète.
Le mois de l'apparition eil défigné par Théophanes , ie
plus ancien des hifloriens Européens qui ont parlé de cette
Comète : elle parut d'abord au mois de Septembre. En
Chine l'année commença le i 3 de Février; 2X\'\{\ le premier
jour du neuvième mois ou de la neuvième Lune en 530,
tomba fur le 6 ou 7 d'Oélobre, ce qui ne s'éloigne pas
beaucoup du rapport de Tiafto^fianes. Haliey n'avoit point
vu c^i autorités lorfqu'il fe pcri'nada que cette Comète éioit
ia même que celle de 1^80» La révolution de cinq cents
ioixante- quinze ans qu'il attribue à la Comète de 1680,
exige en effet un retour en 531. Mais cette Comète n'a pu
paroître alors du côté de l'occident en Septembre & Oétobre;
il elle s'eft montrée pendant ces deux mois, ce n'a pu être
que le matin à l'orient : vers la fin de fon apparition feii-
iement on auroit pu la voir ie foir , mais entre ie feptentrion
& l'orient; & le matin, peu après fon pafîàge par ie méri-
dien & vers le Zénith. Ainfi , la Comète dont les Auteurs
Byzantins font mention, ne paroît pas pouvoir être la même
que celle de i 680.
La révolution périodique, affignée par Haliey à la Comète
de 1680, eft-elle donc imaginaire & deflituée de fon-
dément ? Je ne le penfe pas. Nous avons déjà vu que les
circonflances de la Comète de l'an 43 avant l'ère Chré-
tienne, s'accordent avec la théorie de celle de 1680. Nou5
reconnoîtrons ailleurs un rapport alfez fenfible entre cette
dernière Comète & celle de i \q6. En remontant dans ia
plus haute antiquité , nous avons trouvé quelques velliges
de {qs retours périodiques : il efl vrai que dans cette fuppo-
iiîxon, un defes retours tombe Hir l'an 531. Mais efl-ii bÏQn
DES Comètes. ^ij
décidé qu'elle n'a point reparu alors î Et quand eiie n'aurolt
pas reparu, s'enfuivroit - il néceffairement que ion retour
n'auroit pas eu lieu ?
D'abord la difficulté ne rouie que fur un feui mot de
Théophanes, il nomme feul le mois de Septembre. Mais fi
par une erreur très-poflible , foit dans fon texte original, foit
dans les premières copies qui en ont été faites , on a écrit
Septembre au lieu de Novembre ou Décembre , la difficulté
dilparoît. Elle s'évanouira pareillement , fi l'erreur tombe fur
ia partie du Ciel où la Comète fut d'abord aperçue; car
fi Théophanes s'efl trompé , ceux qui ont écrit depuis lui
ont copié fon erreur, & l'erreur générale aura fa fource dans
ia feule erreur particulière du premier Ecrivain. Théophanes
écrivoit trois fiècles entiers aprèo l'apparition de la Comète;
une errtur d'un feul mot , dans des circonftances qu'on juge
très-peu importantes , peut échapper à un Auteur qui ne fait
que raiTembier d'anciens Mémoires.
En fécond lieu , il a paru probablement deux Comètes,
i'une en 530, obfervée à la Chine ; l'autre en 531, vue
à Conllantinople. Tous ies Auteurs Byzantins parlent de
cette dernière : il n'efî; pas difficile de \qs concilier fur
l'année de fon apparition, Malaia ne dit pas exprelfément
que la Comète ait paru fous le confulat d'Orefle & de
Lampadius ; il rapporte feulement Its faits de l'an 531,
fans nommer les Coniuls de cette année, parce qu'il n'y en
eut point. Juflinien commença à régner feul, après la mort
de Juftin fon oncle, le 31 Août 527; Juftin étoit mort
ie premier du même mois: ainfi, l'année 527 pouvoit être
comptée pour la dernière année de Juftin, ou pour ia pre-
mière de Juftinien ; & (èion ces deux différentes manières
de compter , l'année 5 3 i iè trouve être la quatrième ou ia
cinquième du règne de Juftinien. La Comète vue à Conl^
îantinople a donc f raifèmblablement paru en 531; elle eft
donc différente de celle qui fut obiervée en 530 à la Chine:
d'ailleurs , celle-ci fut obfervée depuis l'étoile Ta-kio (Arâurus),
jufqu'à Tchon^'taï ( A & //. de ia grande Ourfe ), Cette
MarUa.u V,
^8 Histoire
circonflance convient auffi peu à la Comète Jes Byzantins,
qu'elle paroît s'accorder avec la théorie de celle de 1680.
Je regarde donc comme très - probable que la Comète de
1680 a paru en 530 , & quelle a été obiervée à la Chine.
Le temps ne permit pas apparemment de robferver en Europe,
ou les Hiftoriens ont négligé de nous inlhuire d^s circonflances
de Ton apparition , ou nous, avons perdu les monumens qu'il
nous en avoient iaiffés.
Enfin, par furabondance de raîfons , on pourroit dire qu'il
eil très - poffibie que la Comète de 1680 foit defcendue
en 5 3 I » fans être remarquée. Qu'elle ait été périhélie vers
la fin de Mai , elle étoit alors en conjonélion inférieure avec
ie Soleil ; plongée dans les rayons de cet Aftre , elle étoit
invifibie : il n'aura pas même été poflible de la découvrir,
foit quelques jours avant , foit quelques jours après fon
palTage. Cependant elle fe fera écartée de la Terre , & la
pofition de fon orbite eft telle, qu'à 20 degrés feulement
d'élongation du Soleil , fa diilance à la Terre aura été prefque
aufli grande qu'elle i'étoit en 1 68 i , iorfqu'au commen-
cement de Mars on ne pouvoit plus ia découvrir qu'à l'aide
des téielcopes. Ainfi , dans cette fuppofition très -poffibie,
elle aura pu paffer fans être obfervée : donc , fi le temps de
fa révolution périodique étoit d'ailleurs bien déterminé, on
objeéleroit vainement qu'on ne Ta point vue vers 531.
Mais fi elle n'a pas été obiervée en 531, il efi: au moins
très-vraiiemblable qu'elle l'a été en Chine l'année précédente.
Yoyez d'ailleurs ce que nous difons plus bas fur la Comète
de 53p.
534-
En îa deuxième année Tien-ping , on vît en Chhie une
Comète dans Tay-ouey ( partie du Ciel «enfermant les Étoiles
ies plus boréales du Lion & de la Vierge , & les plus
auftrales du Bouvier). La Comète paffa par Hia-tay (deux
petites Étoiles, à 10 ou 1 1 degrés au nord de ^ du Lion);
DES Comètes. .3^9
elle aila aux conftellations Che & Toung-pi ( au quadrilatère
de Pégafe). ^''''^'^'
Ç28. Comète^, On cite Idace, mais mai-à-propos. '^ Rkc Lui.
53 p. Cornet e dans la Balance^, ^Eckji.Hirh
539^
En la treizième année de Juftinien , on vit une Comète»
te Sa grandeur , dit Procope , égaloit d'abord celle d'un
grand homiiie; elle augmenta encore dans ia fuite. La tête «
de la Comète étoit vers l'orient , fa queue s'étendoit vers «c
l'occident ; elle étoit dans le Sagittaire , & fuivoit le Soleil « -
qui étoit alors dans le Capricorne : on ia vit pendant plus a
de quarante jours «. On peut rapporter à cette Comète ce ^^occf l ^L
que dit Abulfaraje , que « lous l'empire de Jullin (ou plutôt
de Juftinien ) , Cofras , roi de Perfe , affiégea EdefTe & fit «
périr une grande multitude de citoyens : il parut auffi une «
Comète qui dura quarante jours» » Coll'as ou Coircès , a Ahul-fnu
régné depuis 531 juiqu en 579. il ne recommença ia
guerre contre les Romains qu'en 53^ ou 540 : il affiégea
Edefle en 543 ou 544.
La Comète de 539 fut aufTi obfervée à la Chine, en îa
première année Hing-ho, Au jour Sin-tcheou , dixième Lune
(17 Novembre ) , elle étoit dans ia conflellation Teou
(iJLy A, (p, û",T, Çdu Sagittaire) : fa queue étoit longue
de dix pieds. Au jour Phig-fu de la onzième Lune ( le
i.'*^ Janvier 540 ) , la Comète n'éloit éloignée que de
3 degrés de Vénus. ( Ceci ne s'explique pas facilement» Le
i.*^*^ Janvier 540, à midi, m^éridien de Gréenwich , & par
conféquent vers fept à Iiuit heures du foir en Chine , le
Soleil étant en 12^ :2i' 35" du Capricorne, Vénus étoit
en id'^ 2 i^ 2 i" du même figne, avec une latitude i>oréaie
de 4<^ 55' 8". Les Chinois ont-ils vu Vénus à 6 degrés &
demi du Soleil, ou bien ont -ils pris un autre Aflre pour
Vénus ) ! La Comète étant arrivée à ia confteliation Leou
( tête du Bélier ) , elle commença à difparoiîre : ce fut le
Djnaf,
• y»
320 Histoire
<^ '-il jour Y-mao (30 Janvier). Vénus paroît mai-à-propos à
côté de la Comète ; mais d'ailleurs l'obfervation àç:^ Chinois
s'accorde trop bien avec le récit de Procope , pour qu'on ne
regarde pas ces deux autorités comme confirmatives l'une
de l'autre , & pour qu'on ne détermine pas l'apparition de
la Comète à la lin de l'an 539-
Stfuyd,iy^o, Struyçk , auquel i'obfervation Chinoifè étoit inconnue ^
v^iziri^, ^j.Quyg beaucoup de rapport entre la Comète de 53^ &
celle de 1(^80 : il croit en conféquence que Procope s'eft
trompé , que fa Comète ne diffère point de celle que les
autres Auteurs Byzantins rapportent à l'an 531; qu'il faut
cependant corriger Théophanes par Procope fur le mois de
l'apparition , qui aura été celui de Novembre & non pas
celui de Septembre , comme le dit Théophanes ; que Procope,
en retardant jufqu'en 535» l'apparition de cette Comète, &
la donnant comme préfage d'une irruption que les Huns
firent en 540 fur les terres de l'Empire , aura confondu
jdeux invadons que firent les Huns fous le règne de Juflinien,
l'une en 532, l'autre lèpt ou huit ans après ; qu'il eil jufte
de faire céder l'autorité du feul Procope à celle des autres
Hiftoriens Byzantins réunis, &c. Ces raifbns font plaufibîes,
mais elles ne me convainquent pas. Les circonllances de
l'apparition à&s deux Comètes ne font pas \qs mêmes; l'une
a duré vingt jours , l'autre plus de quarante : la première
a paru en Septembre, la féconde en Décembre ou Janvier,
puifque, comme le dit Procope, le Soleil éîoit alors dans
le Capricorne : celle-là fut vue le foir à l'occident, celle-ci
ie matin à l'orient. Procope efl; feul, dit-on; mais il eil; feui
contemporain ; il faudroit des autorités bien graves , à^^
raifons abfolument péremptoires , pour l'abandonner fur un
fait dont il a été vraifemblablement le témoin. Si tous les
Auteurs Byzantins parient d'une feule & même Comète, la
fàine critique demande qu'on faiïè plier Ibus l'autorité de
Procope, toutes \qs autres autorités, plus nombreufes il efl
vrai, mais dont la plus ancienne efl de plus de trois fiècles
poftérieure à l'apparition de la Comète, Enfin Procope n'efl
pas
DES Comètes, 321
pas feuï, ies annales Chinoiles ne laifîent pius aucun doute
rur l'année à laquelle il faut rapporter cette CoiP.ète. Ajoutez
à tout cela que le SoJeil étant dans le Capricorne , félon
Procope , il n'étoit pas poffible fous nos latitudes ièplen-
îrionaies , de voir en 531 la Comète de 1680 dans le
Sagittaire. Le Soleil elt au Capricorne en Décembre &
Janvier, &: non pas en Novembre; quoiqu'il foit d'ailleurs
certain, par ies annales Chinoiles, que la Comète a été vue
en Chine dhs le 17 Novembre.
Calvifius place l'apparition de la Comète iur la fin de
Tau 535, je ne vois pas fur quel fondement.
541. Au jour de Pâques on vit une Comète , félon prefque
tous nos Coméîographes. Sigebert le dit en efî'et ; mais il
joint à ^apparition de la Comète plufieurs prodiges , que
Grégoire de Tours , Auteur contemporain , rapporte dans
ies mêmes termes à l'an 582. Voyez cette année,
54,7. Une Étoile entra fur le difque de la Lune ^ ^Aimchuiii,
Quelques Ecrivanis rapportent ce phénomène a ian 553 ; Devjs.
d'autres le font arriver entre 547 So. 545» '^^ H feroit difficile ^ Greg. Tur.
de décider fi ce phénomène étoit une Comète. V.- ' ^' 1 ù^
5 5 o. Lorjque Home jut prije par l otila , il parut une cap. xliv.
Comète^. Rome fut prile par Totila en 547 6c 54^. a lub. Aif.,
Pontan , en conféquence, fait paroître la Comète en 546 ^'^'""' ^^''^'
ou 547^. ^ Pontan, LUI,
552. En l'année quî précéda la mort de Théo deb al de ,
on vit des fîambeaux dans le Ciel , & une Comète parut. ibid.
Indiélion cinquième , au mois de Novembre , on vit
dans le Ciel un feu qui , comme une lance , s'étendoit de
l'orient jufqu'àf occident, dit un Auteur Byzantin. C'étoit, MakllXVlll
dit un autre Ecrivain , une Comète en forme de lance ;
elle s'étendoit du feptentrion jufqu'à l'occident. Quelques Eiflor.mîjciTi
Hiftoriens anticipent d'un an l'apparition de cette Comète , J"ft"^^^"^-
en la marquant iur l'an 555 "", ou fur la vingt -neuvième ^ Sigeh.
année de Juflinien ^ . ^cimnop;
Tome L - SÇ ^''''
^22 Histoire
Lui. Ricc. ç c 7, Comète.
Première année Tïen-kîd, neuvième Lune, jour Kouey-
îcheou ( c? Oélobre ) , on vit en Chine une Comète; Ta queue,
Çaiibii ionc^ue de 4 degrés , regardoit le fud-ouefl.
Une Comète , dont la queue ou îe rayon reîîèmbloîî à
Creg.Tur.lJV. mie épée , parut durant un an entier. Lubienieîzki , Zahnj
Sîruyck, penfenî qu'il (uffiroit de lire, durant iin mois entier.
En la première année Tien-toung , jour Gin-fu , fixième
Lune ( 4 Août) , on vit à la Chine une Comète dans Vert-
îchang ( e, f, 83 ^, y , h de la grande Ourfe ) : fa queue
n'avoit de longueur que quelques dixièmes de degré. Elle
alla à ia conilellation Goey ( et du Verfeau , g & G de Pégafe ) :
fa queue fut pour lors longue de i o degrés. Après cent jours
Gaul'il d'apparition , la Comète fut dans la conftellation Hiu ( jS dis
Verfeau , le petit Cheval ). Le P. de Mailla fait paroître
Mailla > t. V, cette Comète dès la quatrième Lune»
566.
En ia deuxième année du règne de Juflin îe jeune, un
feu, lançant une longue flamme, parut vers le pôle arélique
' Abul-f&r. Sl dura un an\ Marius parle auffi de ce phénomène^; mais
^Af'c/- ^^ ^^^ ^^^'^ donne que foixante-dix jours de durée, ce qui efl
plus vraifemblable. lî le rapporte à Tan 566, mais il met la
mort de Juftinien en la même année: or, Jufiinien étoit
mort le 14 Novembre 5^5, indiélion quatorzième. Cette
indication , chez les Grecs , étoit commencée dès le mois
de Septembre 5^5.
5^8. Première Comète.
En la quatrième année Tien-toung ^ à la iîxième Lime,
IhiA.
DES Comètes. 323
on vit en Chine une Comète dans la confteilation T(îng
(pieds & cuifles dQs, Gémeaux). La fixièmeLune a dû com- Çauhii.
mencer vers ie i o ou ï i Juillet.
5^8. Deuxième Comète.
En ia même année, feptième Lune, jour Ki-ouey [ 3 Sep-
tembre ) , les Ctiinois obfervèrent une autre Comète dans
ies confleliations Fang & Sin ( le front & ie cœur du
Scorpion ) : qWq alla vers l'eft. A la huitième Lune ( qui
commença vers ie 8 Septembre) , elle îrainoit une queue
de 40 degrés, près àes Etoiles boréales du Dauphin : elle
parcourut les confleliaîions Hlii ( ^ du Verfeau , cl du petit
Chevai ) , & Coey ( cl du Verfeau , e & 6 de Pégafe ) ; elle
entra dans la conilellation Che (aile de Pégale). A la neu-
vième Lune ( qui commença vers le 8 Oélobre ) , elle fut
dans la conflellation Leou ( tête du Bélier ). On i'obferva
pendant foixante-neuf jours.
Ç70, Comète. ,,^^'"' ,^"^'
574-
En la feptième année Tay - kîen , quatrième Lune , jour
ping -fu ( 2 Mai ) , on vit en Chine une Comète , près
d'Ardurus. ^'ï"'^'^»
577. Le I I Novembre, lorfqu'on célébroit les Vigiles
de Saint- Martin , une Étoile brillante parut au milieu de la
Lune. Grégoire de Tours ajoute qu'il y avoit un grand Greg.Turen,
nombre d'Étoiles près de ia Lune. Struyck a calculé le lieu j-o/g^', ^uf.^jv,
de la Lune & de Jupiter pour la nuit du 10 au 11 cap.ixxv
JNovembre 577 : n a trouve que la Lune etoit alors près
àes Hyades / & Jupiter entre la Lune & Aldébaran. Quant
à l'Étoile qu'on crut voir au milieu de la Lune , ce pouvoit
il* être qu'un météore.
Pontan fait paroître une Comète en l'année de la mort
deMérouée, fils de Chilpéric, & par conléquent en 577: Pontan, LUI,
c'efl fans doute ie météore de Grégoire de Tours.
Sfij
324' Histoire
580. ^
Greg. Turon. On Vit uîie CoîTiète. Hermanniis-CoiUra(5lus cîlt que ce
l.V,c.xL}i. ^^^ 1^ j^^^j. jg Pâques; mais il y joint des prodiges qui
appartiennent certainement à fan 582.
582. *
« Au mois de Janvier , dit un Auteur contemporain 5 on
35 vit piufieurs prodiges. II parut une Comète ; eiie étoiî
^^ entoure'e d'une noirceur épaiiïe : placée comme à une efpèce
«d'ouverture, eiie brilioit au milieu à^s ténèbres, qWg étin-
3» celoit, elle étendoit fa chevelure. Il fortoit de cette Comète
» un rayon d'une grandeur furprenante : cette queue paroiffoit
w comme la fumée d'un grand incendie que l'on verroit de
» loin. La Comète fe montroit, dès la première heure de la
» nuit, du côté de f occident. Le jour de Pâques, on vit le
Id.LVlcKiv, Ciel en feu à Soiflbns. » Le tout eft daté de la feptième
année du règne de Chiidébert, & de la vingt -unième de
Torom, l IK celui de Contran & de Chiipéric. Toromachus fait paroître
€, Lxxxiu j^ Comète le jour de Pâques , en la feptième année de Chii-
débert, &. la vingtième feulement des deux autres Princes:
c'eft fans doute une erreur des Copiftes, qui auront oublié le
motprinîus après vigefimtis; car Contran & Chiipéric régnoient
depuis quatorze ans bien complets, iorique Chiidébert monta
Fredegar. fur le trôue. Piufieurs Auteurs marquent pareillement l'appa-
Aimm. L Uh juIq-^ Je la Comète au jour de Pâques , qui cette année
étoit le 2^ Mars. Ces Ecrivains auront pu prendre dans Gré-
goire de Tours, la date de l'aurore boréale vue à SoifîonSj
pour la date de l'apparition de la Comète.
584. *
Chron.TuroH, En i'année de la mort de Chiîpérlc, on vît une Comète*
c'étoit comme une colonne de feu, fuipendue en l'air : au-
Aiminj.lll. d^Hus y on voyoit une grande Etoile.
5 8 d ou 5 87. En la quatnème aimée de l'empereur Maurice f
DES Comètes. 325
(9« vtt une Comète environnée d'un nuage fomhre. On feroit R!cc. Lui,
tenté de croire que cette Comète eft ceile dont Grégoire ^^'' "^ "'
de Tours parie fur i'an 582 ; mais nos Cométographes
citent Zonare : j'ai lu Zonare , & je n'y ai rien trouvé qui
ait trait à cette prétendue Comète. Frédegaire & Hermannus-
Contradus , parient d'un giobe de feu qui tomba du Ciel
en terre; mais ce n'efl pas là une Comète.
588,
En Chine, huitième année Kay-hoang , dixième Lune,
jour Kïa -tfe [zz Novembre ) , une Comète parut dans la
conH^lhûon Nie ou (tête du Capricorne ). GauHl,
58p. Quatre ans avant la naijfance de Mahomet, une
'Comète brilla durant un mois entier. Mais l'année de la ^-y^- ^^^>
naiiïance de Mahomet n'efl pas bien conftatée: aufTi quelques
Écrivains retardent de cinq ans l'apparition de cette Comète. Cmnerar. Com
5^0. i^n 1 année qu Agiluiphe prit poileilion du trône
dQs Lombards (donc en 5^1 & non 5^0 ), une Comète
fut vue durant un mois entier. Bonfin.Dec.!,
m, vni
5P5- *
On vit une Comète en cette année^, ou en îa troîfième ^ Simocnu
année du règne de Chiidébert en Bourgogne ^ Childébert 'ynmok.! ni,
Hiccéda en Bourgogne à fon oncle Contran , le 2 8 Mars b chron.
'593' Quelques Auteurs modernes ^ rapportent l'apparition ^' ^^^-i"'
de cette Comète à l'an 59^, ou plutôt, lëlon notre manière ^'^ ' ' '
aéluelle de compter, à l'an 600 : cela vient fans doute
d'une fauiTe chronologie, félon laquelle des Ecrivains, elli-»
mables d'ailleurs , diffèrent la mort de Contran jufqu'en
'5p7% La Comète fut vue en Janvier, félon Paul 'Dhcïe^,^CaIi^if'à'aiu,
dont le récit cependant foufîi'iroit d'affez grandes difficultés; '^P^ul.Diac.
mais les annales Chinoifes les font abfoiument diiparoître. irxîi» '
En la quatorzième année Kay-hoang , jour Kouey-ouey^
onzième Lune, donc le ^ Janvier 55)5, les Chinois obfer-
.vèrent cette Comète dans la conftellation Hiu ( ^ du YerfeaUj
>26 Histoire
a. du petit Chevaî ) : elie alla jufqu'aux conflellatîons Kauey
(ceinture & bras auftral d'Andromède & le Poiffon boréal),
GauMi. & Leou (cornes cju Bélier).
597. Avant la naîffance de Mahomet, on vît une terrible
Lycoft. Luh, Comète. La chronologie de nos Coméîographes a au moins
ZaL ^"'^' ie mérite de la variété.
Caîvij.Hévéï. 5PP OU 600. Comète. C'efl celle de 5^5 ; voyez cette
année.
<^02. *
Lubien, Calch,
fupra Zahn,
L'avarice de l'empereur Maurice ayant occafionné la mort
de plufieurs de Tes Soldats , \es Hiftoriens racontent que ce
Prince crut en fonge être tranfporté devant le tribunal de
Dieu , qui lui demanda en quelle vie il choififfoit d'être
puni : En cette vie , répondit auffitôt Maurice ; & Dieu
ordonna qu'on le livrât au ioldat Phocas. La nuit même il
parut une Comète; on l'appela Xiphias , parce qu'elle avoit
Tkeoph.p.2^o.\2i forme d'une épée. Lubienietzki , d'après Ofiander & les
*^^^^'J:f;f J^-^' Centuriateurs de Magdebourg, croit qu'en l'année de la
p.p'g-chronogr. mort de Maurice , il parut deux Comètes , l'une en Avril
IV.adfrà'c. ^ Mai , l'autre en Novembre & Décembre : Maurice fut
tué le 27 Novembre. Hermannus-Contraéîus dit en général,
qu'on vit alors des globes de feu & plufieurs prodiges. Il y
â ici une grande confufion dans la chronologie de nos
Cométographes : les fix premières années du vii"" fiècle font
toutes fpécifiées chez eux par la mort de Maurice , & par
i' apparition d'une ou de plufieurs Comètes.
Vers 60 y *
Paui.Diac.UV, Comète aux mois d'Avril & de Mai, ou l'année fuivante
€, XXX j II, ç^^^^^ Hermannus-Contradus.^
Vers 60 y *
Autre Comète durant les mois de Novembre & de Dé-
liim, m. IV, cembre ; celle-ci parut le matin. Les Centuriateurs parlent
cap. XXXIV. *■
DES Comètes, - 327
Je c^s Jeux Comètes, & les rapportent à l'an 606; mais ils
ont tort de donner leur apparition comme antérieure à la
mort de Maurice. Quelques Ecrivains ne parlent que d une
feule Comète. Platine, en marquant fon apparition fous le P/aim.inSaùm
pontificat de Sabinien, la rapporte à l'an 604, s'il eu vrai
que Sabinien n'ait tenu le fouverain Pontificat que depuis
le mois de Septembre 604 juiqu'en Février 605, comme
le penfe M. Fleury; mais, félon le P. Pagi, Sabinien n'efl:
mort qu'en 606. Sigonius^ fait paroître la Comète fur la ""sigon.OccU,
fin de 6^05 ; Pontanus^, trois ans après celle de 602. En 'hP^ytjr/
général , les Auteurs qui parlent de ces deux Comètes , ou
Ibnt trop récens , ou ne déterminent pas le temps de leur
apparition par des caractères affez décififs. Je fuis très-porté
à croire qu'elles ne diffèrent pas des deux fuivantes.
60 j. Deux Comètes,
En la troifième année Ta-ye, on obferva en Chine deux
Comètes, que quelques Aitronomes prirent pour une feule,
La première parut en la troifième Lune, jour Sïn-hay (4
Avril ) ; elle étoit à l'ouefl; : elle îraverfa les coniteliations
Kouey ( Poiffon boréal , ceinture & bras auflral d'Andro-
mède ) , Leou ( tête du Bélier ) , Kio ( a & ^ de la Vierge ) ,
& lùwg ( pieds de la Vierge ) , & elle difparut. GauùH
ha. féconde Comète fut vue à la neuvième Lune , jour
Sin-ouey { 2. i Oélobre ) , dans les mêmes conflellations Kio
Sl Kang; elle traverfà le palais Tay-ouey (partie boréale du
Lion & de la Vierge & autres Etoiles plus au nord). La
Comète n'atteignit pas la conilellation Tfan (ci, jS, y, <^, g,
{^, VI, ô, X, &€. d'Orion). Il efl facile d'apercevoir l'analogie îhidt
de ces deux Comètes avec les deux précédentes.
614. Lorfque Cofroès, roi de Perfe, s'empara de Jéru- /
faîem , on vit une Comète durant un mois. Les uns placent US. Hévét,
l'apparition de cette Comète fur f année 614, les autres fur C^nt.Lyc.Mij.
j^ , r ' -r' / T /^ • Lavât, tcjtornu
ies années luivantes juiquen 617. Les Centuriateurs ne ZahuCaf.^c.^
mettent aucune iiaifon entre ia prife de Jérufalem & la
32.B Histoire
Comète, & rapportent celle-ci à Tan 6iy, II peut avoir
paru piufieurs Comètes ; peut-être aulîi n'en a-t-on vu
aucune en Europe.
Onzième année Ta-ye, fixième Lune ( en Juillet), on
vit en Chine une Comète au fud àes étoiles Ven-tchan (a) :
fà couieur étoit noirâtre , & durant la nuit fa pointe avoit
comme un mouvement de libration 3 Ta longueur étoit de
co à 60 degrés : elle alla pendant quelques jours au
CauUi. nord - oueft.
Treizième année Ta-ye , à la fixième Lune , autre Comète
, dans ie paiais Tay-ouey (voyez à i'an 607 ) : elle avoit
3 ou 4 degrés de longueur. On la vit près de la queue du
îhid. Lion ; elle diiparut au bout de quelqpes jours.
Eckfl, Lui, 62.2» Comète.
ZAhn. 5^^^ *
En la feizième année du règne d'HéracIius , indiéîion
quatorzième , on vit au mois de Mars , à l'occident , après
t^hrcn> Pajch. le couclier du Soleil, un Aflre extrêmement brillant. Cette
Comète fut obfervée à la Chine , en la neuvième année
Vou-îe. Au jour Gïn-ou de la deuxième Lune ( 2 6 Mars ) ,
die étoit entre les confteliaîions Mao & Ouey ( les Pléiades
& la Mouche ) : au jour Ting-hay ( 3 i Mars ) , elle fut à la
GauhiL jambe occidentale de Perlée.
628. En la ciix-feptième cannée d'HéracIius , Mahomet
meurt , & cette même année l'on vit durant trente jours une
Vafceus. fyure d'épée dans le Ciel. C'efi la Comète fuivante»
^32. *
En ia vingt-troifième année du règne d'HéracIius, on vit
(a) Le P. Gaubii n'explique pas ce que c'efl que ces étoiles Ven-tchani
félon le P. Noëî , p. 8 i , Ven-cham (ou Ven-tchang) , font dts Étoiles
dans le genou & les cuilTes antérieures de la grande Ourfe, e^ f, ô^ ç, v,
un
D E s C 0 M è T E s. 329
un figne Jii côté du midi ; fà forme lui fit donner le nom
de poutre : il dura trente jours. Il s'étendoit du midi au nord.
D'autres iui trouvoient la figure d'une épée. Cédrène dit que Theeyh.y.^^.
ce figne parut après la mort de Mahomet, arrivée, félon lui, )if!'i]Jaf>l"iv.
en la vingt-unième année d'Héraclius: il ne dit cependant <^^^^^«'/''^^/*
pas que 1 apparition du phénomène ait luivi immédiatement
la mort du faux Prophète. Glycas fuit Cédrène , excepté qu'il
ne fixe pas le temps de la mort de Mahomet ; il paroît même
le faire vivre juiqu'au règne de Confiant. Mahomet eil;
réellement mort en Mai ou Juin (^3 2. Cette Comète pourroit
être la même que celle de iGGi, cumcnc,
djj. Comète en forme défaire, iVehr.
634..
Huitième année Tclihig - kouan , huitième Lune , jour
Kia-tfe (22 Septembre), on vit en Chine une Comète
dans la conftellation Hiu ( iS du Verfeau , a, du petit Cheval ) :
elle parcourut le figne qui répond à peu-près à notre Verfèau ,
& difparut le jour Y-ha^ (3 Odobre), CaM,
Douzième année Tchîng - kouan , troîfième Lune, jour
Y~tcheou ( 5 Mai), une Comète fut obfervée en Chine,
entre les conllellations Pi & Mao (entre les Hyades & les îbid.
Pléiades ).
640. On vit une Etoile fur le difque de la Lune. Katm^f.lU^
(.IV.
641.
En îa quinzième année Tchîng - kouan , fixième Lune,
jour Kï - ouey ( i .^^ Août ) , on vit en Chine une Comète
dans Tay-ouey (voyez fur l'an 607). Elle palTa auprès àes
Étoiles de Lang-ouey (chevelure de Bérénice ) : au jour
Kia-fu de la feptième Lune ( 26 Août) , elle ne parut pas. GmU.Mami
Le P. de Mailla la fait paroître dans la cinquième Lune. ' 'V'^^"
^48. "^ En la dix- neuvième année du, règne deTai-çum,
Tome L T t
^20 Histoire
Siïuyd.îj^c, une Comète parut ci la Chine, Struyck donne ponr garant
^v^^' de ia réalité de cette Comète, l'auteur de la Synopfe Chro-
nologique , page ^y. Je trouve en effet à cette page l'appa-
rition d'une Comète, rapportée à la dix -neuvième année^
non de Tai-çum , mais de Cao-çum Ton fuccefTeur.
Luk Eckjl. 660. Comète dans le Scorpion , durant douze jours.
Ciif, Zahn,
661.
En !a troifîème année Loung-cho , jour Kouey-mao , hui-
tième Lune ( 27 Septembre) , on vit en Chine une Comète
Cûdil. près â'Arânms,
66^. "^ En la première année du règne de Thierri , roi de
• Striiych , ^ France , une Comète fat vue pendant deux mois ^, Struyck ,
j/^o,p.2o,, ^^^ perfuader la réalité de cette Comète, cite Jean Balée^
f. Sj> ol 1 Auteur anonyme de la vie de oamt- Léger, baiee me
paroît un Auteur peu judicieux ; d'ailleurs il eft moderne*
ïl rapporte, il eff vrai, l'apparition de la Comète à fan
66^; mais il y joint des faits que des Hiiloriens bien
plus anciens datent de fan 6y^. Quant à l'Anonyme, if
me femble que lelon lui ia Comète ne parut qu'en 6yj^
Clotaire ÏII ne mourut qu'en 670 ; Ton frère Thierry I lui
fuccéda , ÔL fut auflitôt cha(fé & renfermé dans un monaftèreo
Childéric il , déjà roi d'Auftrafie , fut reconnu Roi de la
France entière; il mourut en 6'/'^ , Thierry fut rétabli, &
c'efl: certainement de ce rétablhîëment que f Anonyme date
le commencement du règne de ce Prince. La chronologie
que Struyck a fui vie, n'eft pas deflituée de tout fondement;
mais celle que je viens de propoier ert plus certaine & plus
Clemtnco ¥ç, généralement admife.
6(37.
En îa deuxième année Kien-foung , jour Ping-tchïn , qua-
trième Lune (24- Mai ) , on vit e» Chine une Comète au
Gmjjii, nord-ellp entre le Cocher, les Pléiades & le Taureau.
En ia dix-neuvième année de Kao-tfong ^ empereur Je
DES Comètes, ^^i
ia Chine , une Comète parut à h. quatrième Lune. Cette Syn, Chrmo!.
Comète ne feroit-elle pas ia même que ia précédente! Dans
les annales du P. de Mailla, il eil dit que ia Comète parut Malk,u Vi,
à i'étoile Ou-tche , & qu'elle dura peu de jours. L étoile, ou ^' '^^'
piutôt i'aflérirme U- che ou Ou - tche , comprend , félon ie
P. Noél, et, iê, 9, / du Cocher & /3 du Taureau; cefl pré- ^"^'^^ v- S S.
cifément où l'on a obfervé ia Comète de 66j, Kao-tfong eil
monté fur le trône à ia fixième Lune de l'an 649 ; fi cette MaïUa-, u VI
année 64^ eft regardée comme ia première année de fon ^' '^•''
règne, la dix -neuvième année tombera fur fan 66y, Mais
outre que ce n'eil pas Là la manière ordinaire de compter
àes Chinois, le P. de Mailla dit qu'il y eut une éclipfè de
Soleil l'année qui précéda l'apparition de la Comète, & que
cette éclipfe fut obiervée le premier jour de la huitième
Lune: or, cette éciipfe appartient certainement à l'an 66 j; l/n'^/.p. r^f.
donc la Comète aura paru en 66S.
En la première année du règne de Thierry, on vît une
Comète ^ Un feu parut au ciel durant dix jours ^. Une » Viia S. Leod.
iris extraordinaire caufa tant de frayeur , qu'on crut que le ^Cenw.Chro»,
\ ' ' /. •. TCrr-i^ • r / J • A ^ Bon, Are!, G arc,
dernier jour etoit procrie . lout ceci le réduit peut-être a paimer. Bonfin,
une aurore boréale. Des Auteurs cités en marge , un fèul ^^^- ^' ^' ^^^^'
nomme une Comète; il eft contemporain, mais le mot de er?v7 ;,^t »
Comète eit queiquerois bien équivoque. Sisd,
^74. Grande Comète'^, ^ Aifl. Lui,
67 S' Comète pendant trois mois'^. ^'^^"'
6y6» Première Comète.
Seconde année Chang-yven , au jour Gtn-ou, douzième
Lune ( 4 Janvier 67e ) , on découvrit en Chine une Comète
longue de 5 degrés , au lud àts conflellations Kio ( ce, & (^ de
ia Vierge) & Kang (pieds de la Vierge). ^^"^''"^^
676. * Deuxième Comète,
Le pape Adéodat mourut au mois de Juin 6y6; Donus
Ttij ^
33^ Histoire
Ion fucceiTeur ne fut élu que le i ." Novembre de k même
année : ce font des points de chronologie qui ne font plus
dilpuîés. Or, « lorfque Donus étoit élu, au mois d'Août,
» une Eîoiie fe montra du côté de l'orient pendant trois mois,
« depuis le chant du coq juiqu'au matin : fes rayons péné-
» troient le ciel. Toutes les provinces , toutes les nations
M radmiroient à Ton lever : revenant enfuiîe iur elle-même,
* Amft<if. m elle dilparut ^ « Selon quelques Auteurs , fa flamme ou fa
Dono, FauL qyeue avoiî la forme d'une colonne ^. Quant à la date de
cap. 'xx'xi'. l'apparition , elle parôît d'abord ne pouvoir fouifrir de diffi-
joann.Diac. ^uiié t au mols d'Août 6j(). Donus n'étoit pas encore élu;
Chron. luron, ., , . ., • x n m r i i i i
SigeL ad. li eîoit mort en pareil mois 670 ; il lembie donc que la
ann. 6yj, ire Comète n'a pu paroître qu'en Août ^y/. Et en effet, Bède
c, x]u' ' témoigne qu'elle a paru en cette année 6yy & non en 678,
comme le F. Pagi le démontre victorieufement , & par à^s
raifonnemens décififs, & par l'autorité de plufieurs manufcrits,
^PagiCritic. contrc Celle des éditions ordinaires de Bède ^ Higuen dit
^' ' ^ auffi que la Comète parut en automne en 677 ^.D'autres j
^ '" • ' trompés fans doute par des manufcrits fautifs de Bède ,
Afn.ChronùL diffèrent l'apparition de la Comète jufqu'en 678 : mais,
Sa^o.Huraind. j^^j^j^-jg jg j'^j ^\\^ ^ Donus étoJt moFt alors. Il feroit donc
naturel de conclure que la Comète a été vue en 6yy. Mais
pourquoi Anaftafe le Bibliothécaire & les autres , difent-ils
cju'elie a paru lorfque Donus étoit élu, & non lorfque Donus
étoit Pape! Le lens ne feroit -il pas que lorfque le i." No-
vembre 676, Donus fut élu Pape, on voyolt une Comète
qui s'éîoit montrée des ie mois d'Août précédent, & qui en
tout dura trois mois ? Un Auteur du xi." fiècle dit en effet
Cdtai Summ. que la Comète parut lorfque Donus n'étoit que Diacre.
Hermannus - Contraéîus , d'ailleurs exaét fur la date des
éclipfes de ce temps-là, marque l'apparition de la Comète
fur l'an 6y6. D'autres, mais moins anciens, datent même
Eatin. Simone tt. fon apparition du pontificat d'Adéodat. Mais ce qui doit
Chïo'n/Bof ' abfolument décider pour 6y6 , c'ell que cette Comète
femble ne pas différer de celle qui fut obfervée en Chine,
à la îroifième année Chang-pen , à la feptième Lune. Le
D E s C 0 M à T E s, 7^:^^
jour Twg-hay (4 Septembre ^j6), elle étoit près de Pe-ho
( tête des Gémeaux ) : fon cours fut au nord-efl. La longueur
de fa queue , d'abord de 3 degrés , s'accrut jufqu'à trente. La
Comète atteignit les étoiles Tc/wiing-iay ( A & /^ de Ja grande
Ourfe) : le jour Y-yeou de la neuvième Lune (ou ie i/^ de
Novembre ) , on ne la vit pas. De cette defcription , il eft GmbiL
facile de conclure que la Comète a dû paroitre tous les jours
au matin du côté de l'orient. On ne i'obiërva qu'au commen-
cement de Septembre en Chine; on a pu la voir quelques
jours plus tôt en Europe.
681. .
Première année Kay-yo , neuvième Lune, jour Phig-chin
( 1 7 Oélobre ) , Comète vue en Chine au milieu du Tien-che
( près la tête d'Hercule ) : elle étoit longue de 5 o degrés.
Peu -à-peu elle diminua; elle prit Ion cours vers l'Aigle,
Au jour Kouey-îchéou ( 3 Novembre), elle dilparut. Uid,
684. Première Comète.
Première année Ven-ming , feptième Lune, jour Sin-oney
( 6 Septembre), on vit en Chine, vers l'oueft, une Comète
longue de 10 degrés. Au jour Kïa-tclïm de la huitième
Lune ( ^ Oélobre ) , on ne la vit pas. ihid.-
^84. * Deuxième Comète.
Sous le pontificat de Benoît î î , entre Noè'l & l'Epi-
phanie , on vit de nuit , près des Pléiades , une Etoile
abfolument obfcure; elle refiembloit à la Lune couverte d'un
nuage. De plus, après le 14 Février (685 ), on découvrit
en plein midi une Étoile d'un grand éclat , laquelle paiïa
d'occident en orient. Struyck croit que cette Comète ne Anajhf. fn
diffère point de celle de 1652; & il faut convenir que Is ^A^^'^'lk^^f
reiïëmbiance de ces deux Comètes efl bien frappante. Quant cap, jx, 'sigoL
à l'Etoile du mois de Février 685, il y a app^ence que ce ^'^^'^'^'•^^^
n'éîoit qu'un météore.
354 Histoire
Lé. Hévél 684. Comète qui a duré trois mois,
C<x.f, Zabi, <lXc,
yiu
L'an p2 6.ÇS Arabes, il parut une Comète; elle Jurit
onze nuits : elle paroiiïbit toutes les nuits avoir un mou-
HalyînCcnùi, vement fenfibie. L'an ^2 de l'Hcgire a commencé le 2p
Odobre 710, Se a fmi le 1 8 0<5tobre 711.
712. "*"
En la deuxième année du règne de Jouî-tfong en Chine,
au feptième mois ( commençant le 7 Août ) , une Comète
fortit du côté de l'occident, &: rentra enfuite (\.2^ï\sTdi-ouèi
( chevelure de Bérénice , grande partie du Lion , de la
Mailla, t.Vf. Vierge & du Bouvier, &c. ) Arétius dit qu'elle avoit un
^Chrono/,' ^"' afjDeél fombre , & que fa queue étoit tournée vers le pôle:
il cite Sabellicus , qui parle certainement de la Comète
fuivante.
y 16, * Vers cette année il y eut une éclipfe de Lune,
&: l'on vit une Comète d'un aipeél terrible ; fa queue étoit
SahfWe. tournée vers le Pôle. En Perfe, réclipfe dura depuis la pre-
frvf/^^^^' l'nière veille de la nuit juicju'à la troifième; on y vit aufli
la Comète : Théodofe étoit alors empereur de Conftanti-
Bt'iar. l, VI. nople. Théodofe fut proclamé par les Soldats en 715; fon
Clcmenc, prédécefîèur Anaflafe abdiqua àhs le commencement de 7 1 ^.
Le 13 Janvier 716, il y eut une éclipfe totale de Lune;
elle dura à Rome depuis cinq heures julqu'à neuf heures du
foir : gWq arriva plus tard à Conftantijiople , & bien plus
tard encore en Perfe. Il n'y a donc point de doute qu'il ne
s'agiffe de cette Eclipfe , îk. que fapparition de la Comète
n'appartiennne à l'an y 16, 11 feroit feulement à defirer
qu'on appuyât la réalité de cette Comète fur quelque autorité
moins moderne.
lui. Eckfl, 7ip* Comète rictus le Sûgittûire. On y joint des faits qui
Caj.Zahtt, n'ont aucune fuite, aucun fondement dans l'Hifloire.
r> E s Comètes, 335
Plufieurs Écrivains afTurent qu'au mois Je Janvier il parut
deux Comètes , qui accompagnèrent le Soleil pendant qua-
torze jours ; l'une fè montroit le foir après fon coucher,
i autre le matin avant Ion lever : leur queue éîoit tournée
vers le leptentrion ^ D'autres ne font mention que d'une ' ^'^' ^'^' ^i
Comète, qui fut vue du côté de l'occident ^ avec une queue ^Hm>eid.Flhrk,
tournée vers le nord , & qui s'étendoit jufqu'au milieu du orig. Stainaei.
ciel ^. Pierre Apien , Hagecius , Struyck & d'autres, ont chr(m."En'"e/h,
cru qu'en effet il n'avoit paru qu'une feule Comète, peu ^ordun, lib. iii.
diftante du Soleil en alcenlion droite, & plus feptentrionale /Iv.HimuJon,
que lui , ce qu'il etl facile de conjedurer par la dire(51:ion ^' ^^'
feule de la queue , toujours tendante au nord : une telle Cref.TLAijer.
Comète a dû fe lever le matin avant le Soleil & fe coucher Erhehv.tia.ii,
ie loir après lui. Struyck conjedure, avec quelque vraifem- '^SaJon,' '^""^
blance, que cette Comète efc ia même que celle de lùyy.
Quelques-uns de nos Cométographes modernes anticipent
de trois ans l'apparition àts deux Comètes. Higden les rap-
porte à fan 728; mais de fon temps , le mois de Janvier
72p appartenoit félon plufieurs à l'an 7281.
730*
En Chine, dix-huîtième année Kay-ynn , fixième Lune,
jour Kia-tfé ( 2^ Août), on vit une Comète dans le Cocher.
Au jour Koiiey-yéou (7 Septembre), elle rcpandoit la
lumière entre les conflellaiions Pi ( les Hyades ) , & Mao
i^ÏQs Pléiades). Cmhlh
735. En la dix-huitième année du règne de Léon flfaurien^
on vit un feu dans le ciel. Ce feu étoit-il une Comète? Miflor. mfc.
Q /. XXI, in Leout
y 3 ^» Çetttiir> Funcct
En Chhie , vingt- fixîème année Kay-yven , troifième Lune,
jour Ptng-tfe ( i/' Avril ) , Comète dans le palais Tfé-ouey
( partie du ciel qui refte toujours fur fhorizon ) ; elle par-
courut la grande Ourle ; les nuages empêchèrent enfuite de
la voir» Cmhr,
3 3^ // / j- r ^ 7 i? JF
742. Eli îa deuxième année du règne de Conftantin
Copronyme , indidion dixième , au mois de Juin , on vit
Hi!^or. niijc. uw figue dans le ciel vers le nord , peut-être une aurore
l.XXlI.Cedren. J^ .^^j^ ^u ^^^ Ç^^^[q météore.
■p, ^6 o< A
Hift. mifc, au, 743* E'^"^ ^3. troifième année du même Prince, on vit un
Cedrcn.-p.f6i, fjgne du côté du nord,
744- ""
En îa quatrième année de Conflantin, une grande Comète
^Theophan. fut vue cu Syrie % Piufieurs Cométographes modernes^
p.^^j.Cedren. f\Q^\^\QY^[ cette Comète , & la font paroître & en 744 Se
;w//f. /. XXIL en 745»
^Cenmr.Lyc. 745. Comètc dcius V Écreviffe pendant trente -neuf jours , ifl
•^' "^ "' dit Lubienietzki, d'après fon Anonyme de Nuremberg. Ou .|l
cite auffi Prastorius. ^
Hoveden, 75 5* « H 7 ^"^ > dît-on, Une éclipfe de Lune le 8 (lifez
part. I. « le p ) des calendes de Décembre ( elle fut totale & de plus
1» de dix-fept doigts). Une Etoile brillante fuivoit la Lune»
» & elle 1 A patîa de manière qu'après l'éclipfe, l'Étoile précédoit
»» autant la Lune qu'elle la fuivoit avant le commencement de
l'éclipfe. » Calvilius a fuppofé que cette Etoile pouvoit être
Aldébaran ; il s'eft convaincu du contraire par le calcul du
lieu de la Lune : il auroit pu même fe détromper facilement,
iâns recourir à aucun calcul , la latitude ^Aldébaran diffère
trop de celle de la Lune totalement éclipfée. Par un autre
calcul, fait fur \ç^^ Tables d'Hallei, j'ai trouvé que l'Etoile
dont parle Hoveden , n'étoit autre que la planète de Jupiter.
760, *
En la vingtième année du règne de Conflantin , le Soleil
fut éclipfé un vendredi, i 5 du mois d'Août, vers la dixième
heure du jour. En la même année, une Comète trçs-éclatante ,
imitant la figure d'une poutre , parut durant dix jours du
côté de l'orient, & enfuite à l'occident durant vingt- un
Theoph.-p.3 62.}^o\\xi, En Chine, on la vit pendant cinquante - neuf jours.-
^jifl7.n$dù Au jour Ting-Je de la quatrième Lune ( id Mai) , elle
lib, xxiu " avoit
DES Comètes, 3 3*7
avolt 4 degrés de long ; elie étoit entre les conflellations
Ouey & Léou ( entre la Mouche & les cornes du Bélier ) :
elle paiïa par \qs conflellations Mao ( les Pléiades ) y Pi [ \qs
Hyades j , Tfoay ( A , (p d'Orion ) , Tchin ( ou plutôt Tfan ,
Orion ) , Tfng (pieds 8c cuilfes des Gémeaux), Yii-kouey
(9, 71, y, <P de l'EcrevilIë), Lieoii (tête de l'Hydfe) : enfin
ti'averfîint le Lion, elle parvint jufqua Yéou-tchi-ja ( jS de
la Vierge )o De cette defcription , il fuit que la Comète a CmllU
dû paroitre d'abord le matin à l'orient , & enfuite le fbir à
l'occident. Quelques modernes diftinguent ici deux Comètes;
l'une, qui aura paru durant dix jours à l'orient; l'autre,
vue pendant vingt-un jours à l'occident, & les rapportent
à l'an ydi^i d'autres n'admettent qu'une Comète, mais il ^Funcc.Luh,
retardent d'un an Ton apparition^. L'éclipfe de Soleil & \e$ lJc".' Tm/!"^'
annales Chinoifes déterminent l'année 760. ^Cri,j.j,an,ii
lih, XL Calviù
En la vingt -deuxième année de Conflantin , on vit du
côté de l'orient une Comète en forme de poutre. Ceux qui Tiuoph.v-f^^è
retardent dun an la Comète précédente, en lont autant ^ nb, xxil.
l'égard de celle-ci.
701. Comète dans la Vierge ^, l.^"!''^'^ffî
{.■^ >^ » k j:.ckjlorm.Herh
<>00. Comète^, Zahn.
809. Horrible conjonélîon de Saturne 5c de Jupiter dans ^ Rîcc. Luh,
ie commencement du Sagittaire : pendant celte conjondion , il ^^^' ^'
parut une Comète. La conjonélion a eu lieu, mais l'apparition ^«t* ^^'^«
de la Comète n'en ell pas pour cela mieux conftatée : les "^ '^*
Cométomantiens étoient perfuadés que la conjonélion des
Planètes Tupérieures produiioit néceiîairement une Comète;
de la néceffité de la Comète, on aura facilement conclu fa
réalité.
813, *
En îa deuxième année du règne de Michel Curopaîate,
ou, félon d'autres, au commencement du règne de Léon
l'Arménien, «on vit, le ^ du mois d'Août, une Comète
Jome L U u
^^S Histoire
» qui reiïembloit à deux Lunes jointes enfembfe : elles fs
» réparèrent , 6c ayant pris diverfes formes , elles parurent
• Teophan. enfin fous celle d'un homme fans tête \ » Un feui Auteur^
j), ^2j. Suv. ^^^ anciejî , date ce phénomène du <: Novembre <: 12 ^.
Ceorg. mon. Ce phé|ioraène peut avoir été une vraie Comète, & voici
^iAf.V.i°2j', comme on pourroit l'expliquer. La Comète était d'abord
i'Hifor.Mijc, entre le Soleil & ia Terre, plus boréale cependant que le
HhJ^Xiy, Soleil; en conféquence elle paroiffoit en croiiïant, telle que
la Lune lorfqu'eile n'a que deux ou trois jours : le refle du
noyau de ia Comète étoit invifible. La queue de la Comète
éîoit épailîè , mais courte, vu fa direélion tendante prefque
à la Terre. Celte queue débordoit donc de peu ia partie
obfcure du noyau ; arrondie par fon extrémité ,. elle pré-
fentoifc à la vue la forme d'un iêcond croiffant, qui îouchoit
ie premier par les pointes ( & non pas qui lui étoit adofîes,
comme il a plu à Lubienietzki de le repréfenter ). La Comète
s'approcha de fa conjonélion avec le Soleil : \gs croiiTans
devinrent plus déliés; les pointes qui les joignoient dilpa-
rurent : on conclut que les deux Lunes s'étoient féparées»
Divers changemens , lurvenus enfuite dans l'atmolphère de
la Comète, firent imaginer les diverfes formes qu'on lui
attribua. Cet Afire, par exemple, s'éloignant de la Terre
& s'approchant du Soleil , fa chevelure & fa queue auront
augmenté en grandeur & en éclat, tandis que la tête devenoifi
prefque invifible : la Comète aura pris alors dans l'idée de
plufieurs fipe<flateurs la figure d'un homme Ç^ns tête. En tout
ceci, je fuppofe que la Comète aura été^ ou de moins aura
pu être vue pendant plufieurs jours; car fi l'apparition du
phénomène a été bornée à une ieule nuit, il ne mérite pas
le nom de Comète.
812,814,815. Nos Cométographes modernes marquent
àes Comètes fur toutes ces années. Ici , c'eil ia Comète pré-
cédente qu'ils tranfportent ; là, c'efc celle de 837, dont ils
anticipent l'apparition de vingt-deux à vingt-trois ans , attri-
buant à Charlemagne ce que \qs Auteurs contemporains ont
dit de Louis-le-Débonnaire : ils imaginent même de noiweiles
ID ES Comètes. 339
Comètes Jont je ne trouve aucun veftige dans Tantiquité.
Plufieurs font fur-tout fort ardens à nous forger une Comète ^^
,qui puiffe être le préfage de ia mort d'un aulTi grand empereur
que Charlemagne. Ce Prince eft mort le 28 Janvier 8 14,
& félon nos Cométographes , i'Aflre précurfeur de cette
mort ne parut qu'au mois d'Avril de la même année ou la
fui vante.
Schédélius rapporte l'apparition d'une Comète , comme
préfage de la mort du pape Léon lîl , & il fixe cette mort
à l'an 814: il a tort; Léon efl; mort le 8 Juin 816. Chron, Nm-mit
817. *
Le 5 Février , à la deuxième heure de la nuit , il y eut
une éclipiè de Lune , & l'on vit une Comète monftrueuie
dans le figne du Sagittaire '\ Quelques Auteurs, qui font * Anon.Aflron,,
également mention de la Comète, ont fubflitué par mégarde Pl!^^ ^i'^jj^th.
une éciiple de Soleil à celle de Lune °. La Comète avoit la Fuid. Aïkr,
figure d'une épée \ ^ifv.c^civ.'
•818. Comète^. ''^^nn. Fuld.
Herman. cont)-,
824. * Comète^. II faut, dit Struyck, qu'elle ait paru ^ Annal. Fuld»,
bien peu de temps , puifqu'aucun autre Auteur n'en a parlé. ^Lub. Aljf»
Si la Comète de i 677 achève fa révolution périodique en "' "^ "'
quatre- vmgt-quatorze ou quatre-vmgt-qumze ans , comme Seufano,
ie penlbit Struyck, elle a dû paroître vers 824, &. d'ailleurs
elle ne doit pas ordinairement paroître long -temps. Mais
û telle étoit la révolution périodique de ia Comète de 1 6yj,
elle auroit dû paroître en 1771 ou 1772, Sl elle n'a pas
paru.
828. Comète dans la Balance^, ^Fakmemorah
829. Comète dans le Bélier^. Ces deux Comètes font Eckfi.' Zahn» *'
certainement celles de 837 & S^^, anticipées de neuf à ^ Hdm,
dix ans.
830. Autre Comète dans k Bélier^ Luh. aîji,
U u ï) ^'^' ^^^'*'
540 Histoire
Le P. de Maiiia ne nous dit autre chofe de cette Comète,
obfervée en Chine , fnion qu'à la troifième Lune, on i'obferva
dans la conileilation Tchang , & qu'elle avoit quatre -vingts
7rf^//7^, ^. F/; pieds de long- Le P. Gaubii s'étend davantage iur les mou-
l>.f(^s,i-7o. vef^^ens de cette belle Comète : voici ia marche qu'il en; a
extraite à^s ajinaies Chinoifes.
En la deuxième année Kdi-îchïn , jour Ping-mi, deuxième
Lune ( 2 2 Mars) , ia Comète étoit dans la conilellation
Goey ( CL du Verleau , g & G de Pégafe ; qtl 'è ^y elle com-
mençoit vers i6 degrés & demi du Verfeau & avoit ij\
degrés d'étendue]. La queue de ia Comète avoit 7 degrés
de longueur»
Jour Voii-chin ( 24 Mars ) , îa Comète était au Sud-ouell:
'de ia conileliation Goey : elle étoit très-brillante.
Jour Koitey-tchéou ( 25) Mars ) , on ia vit dans la confteila-
îion Hiu ( fè du Verleau , a, du petit Cheval , commençant
en 8 3 7 au feptième degré du Verfeau ),.
Jour Sin-yeou [6 Avril), elle avoit une queue longue
de I o degrés ; fbn mouvement étoit vers i'oueft.
Jour Gin-fu ( 7 Avril), elle avoit vingt pieds de lon-
gueur, & elle étoit dans la eonfteiiation Nu i^t^ f/., y du
Verfeau & y du Capricorne ; elle commençoit à e du
Verfeau,- vers 25 degrés du Capricorne , & s'étendoit juF-,
qu'à ï 2 degrés vers l'eft ) .
Jour Koiiey-hay ( 8 Avril) , la Comète étoit plus grande.
Jour Kia-tfe , troilième Lune ( p Avril, c'étoit préci-
fément le jour de la nouvelle Lune) , on vit ia Comète dans
la conftelktion Teou ( cP, ^tt. A, (p, (t, r, Ç du Sagittaire,
commençant alors vers 23 degrés & demi du Sagittaire <>
(Se ayant x6 degrés d'étendue vers i'efl ),
Jour Y-tchéou ( i o Avril ) , ia queue de la Comète avoit
'50 degrés de long: elle.fe divifoit comme en deux rayons^,
dont un s'élendoit vers la eonfteiiation Ti ( et & 1.1 de ia
Balance ) ^ l'autre couvroit ia conileliation Fang ( front du
D E S Comètes. 3^>i
Scorpion). De cette diredion de la queue, il éfl facile de
.conclure que la Comète étoit dans i'écliptique, ou du moins
qu'elle n'en étoit pas foit éloignée.
Jour Ping-yn ( i i Avril ) , la longueur de la queue étoit
'de 60 degrés; mais fans divifion. La Comète étoit au neu-
vième degré de la conftellation Kaiig ( laquelle , formée par
- ies pieds delà Vierge, commençoit en 837 au dix-huitième
degré de la Balance,. ou vers \^6 degrés & dem^i d'alcenfion
droite, & avoiî leulement c^ degrés d'étendue vers l'eft).
Jour Ting-nmo ( 12 Avril ) ^. la Comète alla au nord-
ouefl.
~Jour Ki-fe ( 14 Avril) , la longueur de k queue étoit
de 80 degrés : on obferva la Comète dans la conilellation
Tchûiig ( (Çi, /x, A, u, x de l'Hydre, commençant en S?-/
vers ip degrés du Lion, & ayant 18 degrés d'étendue à
i'efl ). Il elt donc clair qu'elle avoit été en oppofition avec
le Soleil entre le i i & le 14 Avril*
Enfin au jour Kouey-auey (28 Avril) , fa queue étoit
réduite à 3 degrés & on ne la vit pas depuis. On pourroit Gaulîk
foupçonner que la Comète n'eft pas fortie de la conftellation
Tchang , puifqu'on n'en avertit pas»
Cette Comète a beaucoup d'analogie avec celle crui fut
obfervée en même temps en Europe. Prefque tous les auteurs
Latins qui parlent de celle-ci , témoignent qu'elle parut dan^ "■ Pen. BMiotn^
la Balance , & plufieurs datent fa première obfervaîion du ^■''^^^- ^^^''^^
Il I Avrir: or, le iï Avril, les Chinois obfervèrent leur ^ \ Ai^nùn!
.Comète dans la Balance. La Comète àQ% Latins parut, ^'^'' ^^'
dit-on, vinot-cinq jours en tout^; on la vit, félon d'autres, ^ ^ahic.
depuis le i i Avril juiqu au 7 cle Mai . Cela peut facilement AAnnaiFuîd.
s'accorder avec la théorie de la Comète, que je fonderai fur J-^^rman. comn.
les obfervaîions Chinoifes. Mais il fe préfente ici deux diffi- c^'^j^^i^rk
cultes ; ia première regarde l'année de l'apparition de \^ Po>it.i.iv.Cruf,.
Comète : félon les uns ^, elle a paru en 857 ; en 8^8 J'Jl'^'!!.i. ,
lelon les autres . En pelant les autorités de part & d autre, Sigeb.Smyck,
il ell difficile de ne pas fe décider pour l'année 8 ^ 7. Un ^T^^' ^^^'' ^^"
. >o^' i^f'^T rahic, ?nemor„
anonyme ^ çantemporain oc témoin oculaire^, ne donne f^^^z^^^/?^^..
342. Histoire
pas exprefTëment la date de l'apparition ; maïs ïes faits qu'il
rapporte enfuite appartiennent à l'an 837, feion les plus
CJmencCabif. hablIes Chronologlfles. Pierre le Bibliothécaire , le plus
ancien de ceux qui diffèrent l'apparition de la Comète juf-
qu'en 838, n'eft pas exad fur les dates; il retarde d'un an
plufieurs faits arrivés alors : par exemple, il date de 818,
l'éclipfe de Lune du 5 Février & la Comète de 817; or»
l'année de l'éclipfe ne peut fouffrir de difficulté , elle ne
peut être que 8 1 7.
La féconde difficulté efl; plus embarraffante , elle a pour
objet le lieu de la Comète , & elle naît c\qs paroles de
"Ason, ÀJîron. l'Auonvme contemporain que nous avons déjà cité : les
voici fidèlement traduites. « Vers le milieu de la foiennité
>. de Pâques ( Pâques tomboit au i" Avril en 837, au 14.
» du même mois en 838 ) , il parut une Comète dans le
»> ficrne de la Vierge. Elle étoit dans la partie de ce fgne,
» laquelle, outre le bas de la robe de la Vierge, renferme la
» queue du Serpent ( c eft-à-dire de THydre ) & le Corbeau.
( La Comète étoit donc dans la Balance; car cette partie du
ciel, où fut obfervée la Comète, étoit paffée dans le figne
de la Balance, bien avant 837 ). « Le mouvement de la
w Comète ne fut point femblable à celui des fept Planètes,
î» dont le cours eft vers l'orient. La Comète , au contraire , ce
» qui ed bien furprenant, parcourut en vingt -cinq jours Iqs
î> fignes du Lion, de l'Écreviffe & des Gémeaux; enfin elle
« dépofa fon éclat & fa longue chevelure dans la tête du
5> Taureau , fous les pieds du Cocher. L'empereur ( Louis-le-
» Débonnaire ) , perfuadé que ces Aftres font des avant-coureurs
5» de la mort des Grands , m'interrogea fur la fignification de
» ce prodige , parce que je paflois pour avoir quelque con-
» noiifance du ciel. Je tentai de le raffiirer, en lui alléguant
» la parole de l'Ecriture , Ne craigne?^ rien des fignes du ciel,
« Je ne crains point le figne, me répondit ce pieux Monarque,
î> je crains l'Auteur tout-puiffant de ce figne & de mon être;
il m'avertit fans doute de me dilpofer à la mort , &c. •»
La Comète en Chine fut obfervée dès le 32 Mars, on
DES Comètes, 343
îa vit Jans le Verfeau, dans le Capricorne, dans le Sagittaire
& dans ie Scorpion , jufqu'au i i Avril : l'Anonyme ne fait
pas mention de ces obfervations. On peut répondre que le
ciel e'toit alors couvert à Aix-la-Chapelle. D'ailleurs , félon
la théorie de la Comète que nous propoferons ci-après , la
Comète devoit alors monter très -peu fur l'horizon de la
France <Sc de l'Allemagne.
On conclut, à ce qu'il femble, des paroles de l'Anonyme,
que vers le milieu de la femaine de Pâques, ou vers le
4. Avril, la Comète étoit dans le figne de la Balance : or,
félon \çs obfervations Chinoifès , elle n'a été dans ce figne
que le I I du mcm.e mois. Cette difficulté peut fe réfoudre
en difant que vers le 4 Avril on vit la Comète , fans
remarquer bien politivement le lieu du ciel où elle paroiffoit,
L'Empereur & le foi - difant Aflronome en furent avertis ,
ils furent attentifs: les jours fuivans le ciel fut couvert;
enfin le i i Avril le ciel s'éclaircit & la Comète reparut dans
ia Balance. Nous avons vu que félon plufieurs Ecrivains,
ia Comète avoit été réellement vue le i i dans le figne de
ia Balance.
La Comète a parcouru, par un mouvement rétrograde ^
Iqs fignes de la Balance, de la Vierge & du Lion; cette
circonilance eft commune aux deux obfervations.
Mais, félon lAnonyme, ia Comète a été de -là, par
rÉcreville & hs Gémeaux , jufqu'à la tête du Taureau : or
il eft abfolument impoffible de concilier ceci avec la fuite
des oblèrvations Chinoiles. Diilinguerons-nous la Comète
Européenne de celle qui a été oblervée en Chine ? Mais
il feroit lurprenant que deux belles Comètes ayant paru dans
ie même temps &: dans la même partie du ciel, une eût été
vue en Chine , exclufivement à la féconde , laquelle auroit
été obfèrvée feule en Europe fans le plus léger foupçon de
ia première. Dirons -nous que l'anonyme Européen s'efl
trompé dans la route qu'il a afîignée à fa Comète ? Il paroît
cependant inlîruit de la divihon du ciel. Les autres hiftoriens
Occidentaux difent fimplement que la Comète a été obfèrvée
^344^ H I s T 0 IRE
en Europe dans la Balance & dans la Vierge, & c'efl pré-
cifcment dans ces fignes que les obrervateurs Chinois lui ont
trouvé le plus d'éclat. L'Anonyme ne paroît pas trop exaél
fur le lieu de la Comète de Bjp , comme nous le verrons
bientôt. Tout ce que nous pouvons imaginer de plus favo-
rable pour fauver en partie ion honneur, c'eft qu'il aura
ceffé de voir la Comète dans le figne du Lion , ainfi que
les Aftronomes de la Chine: quelques nuits fombres auront
fuivi fa dernière obfervation. Du mouvement de la Comète
qu'il avoit obfervé , concluant mal- à- propos celui qu'elle
devoit avoir eu durant ces jours de mauvais temps, il l'aura
cherchée vers le figne àts Gémeaux; un phénomène ou quel-
que météore, vu dans cette partie du ciel, aura été pris par
lui pour la Comète qui s'évanouilîoiî.
J'ai eiTayé de profiter àes obier vations Chinoi fes pour
calculer l'orbite de la Comète, & je crois y avoir réulîi ,
du moins en partie. J'ai luppoié que la Comète avoit pafTé
par fon nœud le i o Avril ; la direélion de fa queu« dénotoft
qu'elle ne pouvoit être alors éloignée de i'écliptique. J'ai
conjeduré que ce nœud étoit le nœud afcendant : autrement
ejle n'auroit pas pu aller le 12 Avril au nord - ouefL J'ai
déterminé l'inclinaifon de l'orbite de 1 o à 12 degrés : les
Chinois ne marquant nulle part la diftance de la Comète au
Pôle, je n'ai point adez de données pour établir avec préci-
fion cette inclinaifon; mais des iuppoiitions que je fais, ii
s'enfuivra , i .° que la Comète aura eu d'abord une déclinaifori
auflrale alfez forte, qu'en conféquençe elle aura peu monte
fur notre horizon, &: qu'elle aura été vue aiïez tard en Europe ;
2..^ que fa déclinaifon boréale ne iera pas devenue afîez
çonfidérable pour que la Comète ait pu être obfervée dans
Ifi partie du ciel que les Chinois appellent le Tien - che ,
circonftance que leurs Adronomes n'auroient point palfée
fous filence. Je crois \ç.i auires éiémens alfez exaéls.
Lieu du périhélie ....,..- cf i cj^ 3',
X^ieu du nœud aleendant. ^. 26. 3 :;.
Inclinaifon*
DES Comètes. 345;
încïinalfon ^ ï 0 à 1 2*
Logarithme de la cliftance périhélie ^,7^ 3 4.2 8.
Pajfage au j)érïhélie , i^ Mars à midi, MeYidien de Paris.
Sens du mouvement Rétrograde.
837. * Mézerai dit qu'il parut deux Comètes en ^^J %
mais que la féconde n'eut rien de remarquable. Boèthe
ajoute , je ne fais fur quelle autorité , que cette féconde parut
en Automne. Quelques Cométographes modernes ont fuivi Boetk m, x
Boèthe : d'autres d'une feule Comète en font deux , dont Eckfl, Vide
ils font paroître l'une dans la Balance en 838 , l'autre dans -^«^''"v
la Vierge en 83^. , Mer.Cafw,
^39- *
«Durant cet hiver, dit l'Anonyme déjà cité , c'efl-à-dire ^
ie i.^** Janvier (83^), on vit le feu cruel d'une Comète »«
dans le figne du Scorpion , peu après le coucher du Soleil ».
Le témoignage de notre loi-difant -Aflronome fe trouve ici
contredit par une multitude d'autorités contraires. Je ne Amaï, Mef>
parle pas de ceux qui rapportent l'apparition de la Comète ^o^^* ^^'''^*
à l'an 8 3 8 ; elle a pu réellement paroître à la fin de cette
année : d'ailleurs il en efl, parmi ces Auteurs, qui anticipent
d'un an la plupart des faits qu'ils rapportent. Il s'agit ici Annal, Ma.
principalement, du lieu de la Comète; l'Anonyme nomme
ie Scorpion; tous \qs autres Hifloriens atteftent unanimement
qu'elle parut dans le Bélier. L'Anonyme feul efl; contem- Anytai FiM.
porain ; cette raifbn fembleroit devoir faire préférer fmi ^^''' ^'''^'"'^'"
autorité à celle de tous \çs autres ; mais ion récit implique Chro?i. mddag,
contradiaion. Le i.^' de Janvier, le Soleil étoit dans le [^!Z''7'%IU
Capricorne; la Comète, placée dans le Scorpion, étoit donc An>er. Cifln.
à l'occident du Soleil, & devoit paroître le matin avant le ^J„7if, aZII
lever, & non ie foir après le coucher du Soleil : cette difficulté ^^f^- StahM,
s'évanouit fi la Comète efl dans le Bélier ; elle doit alors
paroître le foir. On pourroit dire que le i.^*^ de Janvier la
Comète étoit réellement dans le Scorpion avec une latitude
boréale de 50 à 55 degrés ^ ce qui fuffifoit pour qu'elle fe
Tome L X x
346 Histoire
foit couchée ce jour- là après le Soleil. Quelques joïirs de
mauvais temps feront furvenus, après lefquels on aura revu
la Comète dans le Bélier avec une moindre latitude. Je
doute cependant que l'Anonyme eût placé la Comète dans
ie Scorpion , fi elle eût été diilante de 5 o degrés de la
confteilation qui porte ce nom ; il auroit probablement dit
qu'elle éîoit dans Hercule. Aimera-t-on mieux dire que cet
Anonyme étoit plus Aflroîogue qu'Aflronome, & qu'il ne
connoiflbit pas le ciel auffi parfaitement qu'il fe glorifîoit
de le connoître? Il eft enfin pofTible qu'il ait paru plufieurs
Comètes en 8 jp; un Auteur ancien dit qu'en cette année ^
Annal Berlin. {[ parut fouveut des Etoilcs avec des chevelures ardentes»
Lubien, Aijî. 840, 841, 842, Trots Comètes,
Zahn, Weè,
84Î , 842. *
Anml Fuld, Comète le 2 5 Décembre dans le Verièau. Un Hiftorlen^,
aflèz peu exaél fur les dates, dit qu'avant la bataille de
Fontenay, c'eft-à-dire, ayant le 25 Juin 841, on vit une
Alher.Cafin. Comète dans le Sagittaire. Cette Comète, fi elle a exifté,
diffère fans doute de celle qui fut obfervée le 2 5 Décembre
fui vaut. Plufieurs Européens font mention de celle-ci, comme
» Herinann, ayant été oblervée le 2 ^ Décembre^ & dans le figne du
^rr*, '^^,' Verfeau ^. Mais que veut dire Nithard , lorfqu'il dit « que
*> Itdem. Chron. , . -ii-x/ t t- or-/'
Turon. Memor. oans îes mois cie i/ecembre, Janvier ol revner, cette
hijwr, „ Comète monta par le centre d^s Poiiïbns, (ou, comme il
>» eft dit dans le texte, per Pifces cenîrum ) entre le ligne qui
» eft appelé Lyre par quelques-uns, par \qs autres Andromède ^
Nithard, lîIL & le moindre des Arélures»! On entrevoit ici quelques
traces de la vraie route de la Comète obfervée en Chine ^
au jour Gin-yn de la onzième Lune ( 22 Décembre 841 ) ,
près de l'étoile Fomalhaut ; de -là ^Wq fut à la conftellation
Che ( aîle de Pégafe ) ; elle entra enfuite dans le palais
Tfe-ouey ( partie du ciel dont \es Etoiles ne fe couchent
point). Au jour Sin-niûo de la douzième Lune ( c) Février
Gauhn, 842), elle ne parut plus. Une ancienne Chronique dit
•qu'on la vit, indi^ion cinquième, à l'occident, depuis k
DES Comètes, 347
y Janvier jufqu'au 13 Février. Selon ies autres autorités Chron.Turm.
que nous avons alléguées, on dut la voir d'abord à l'orient,
enfuite durant toute ia nuit.
843. On dit qu'il a paru plujieurs Comkês, Ricci.
844. Comète. Aîhumafar vivoit alors , il a vu une Comète LnhUn. Eckji.
cu-de^us de Vénus. ^ On afTure qu'il ne fe trouve rien de ^Luh.Hévéï.
fembiable dans \qs écrits d'AIbumafar.^ Mais quand cet f^'^^^; ^''^'''
Aftronome auroit vu une telle Comète, qui a dit à nos b Smyck,
Cométographes que c'eft en 844 qu'il l'a vue! Il auroit pu 17^° '
voir une à^s Comètes précédentes ou à^s fui van tes. Dans
ia réalité, il n'en a vu aucune dans ce temps-ci; il efl plus
que probable qu'il vivoit en un autre fiècle.
855.
On vit en France une Comète pendant vingt jours. La Chr.m,
Comète d'Halley a dû paroître vers cette année. Une ^' ^''''"''
Chronique ancienne parle de « deux Étoiles , l'une plus
grande, l'autre plus petite, qu'on vit, au mois d'Août, s'avancer <«
d'occident en orient, & cela pai* dix fois confécutives , avec «
une fi jufte proportion, que ia plus grande paroiflant toujours, «
ia plus petite difparoifloitTouvent». Je fuis fort éloigné de Annal, Bertifit
décider que ces deux Etoiles fuflent des Comètes.
858. *
Au temps de la mort du Pape Benoît III , il parut une
Comète du côté de l'orient , fa queue étoit tournée vers
l'occident. Benoît eft mort le 8 Avril 858. Ftoim.Hipr.
l XVI, c. IX,
g^^ ^~ Martin. Fuld.
On vît une Comète vers le premier jour de Mai. chren. Fimac^
866.
On vit àts Comètes avant la mort de Bardas. Bardas CohJI. Poriih
fut tué le 2 I Avril 866. biyc'.pilpj,'
8 6y, Comète. C'eft peut-être la fuîvante anticipée d'un chron. Auft.
.an, ou qui aura été vue àhs ia fin de 867. Chon. Mdiic.
Xx ij
34^ Histoire
Indîélîon première , on vit une Comète vers ie 2p
Janvier ; elle parut durant environ dix-fept jours. Elle étoit
d'abord fous le timon du petit Ardure ( ou ibus la queue de
MecroiSemn. la petite Ourfe ) : elle s'avança prefque jurqu'au triangle»
''Ann. Fuid, Beaucoup d'Auteurs font mention de cette Comète.^
^chr'ol'Augt 8(39. Une Comète annonça la mort de Lothalre le
chron. s. FiorU jeune ^ mort le 8 Août 860.
Chron,Mailu ' ^ ^
Hoved.^ p. t, , S7?»
HepiJann. / j"
hmnann.contr. r^ >^ t r^ ^ \ « . . c
AJmor, Hijior. Un Vit en Trauce une Comète durant vnigt-cinq jours,
Andeglù, La mort de l'empereur Louis II fut annoncée par un©
Etoile ardente comme un flambeau, laquelle fe montra le
dv-on. Vuiiurn, j Juin , au-delà du feptentrion. On la vit même àhs le 6
chron.Cajaur. j^jj^ ^^ nord-efl , à la première heure delà nuit : elle étoit
plus brillante que les Comètes n'ont coutume de l'être , Sl
Annal. Fuid. elle étendoit une belle chevelure. Cette Comète éclatante
Nem.contraéi. ^ ^ longue queue parut le matii'i & le foir durant tout ie
ChroK.Andr, moîs de Juîn , indi(!T:ion huit. Quelques Chroniqueurs
retardent la mort de Louis & l'apparition de la Comète
Sigeh.Amai. jufqu'en 87 d; ils fe trompent, Louis efl mort le 13 Août
¥û£jf* ^7 5' " -^^^ ^'^" ^^ l'Incarnation 874 , dit un ancien Écrivain ,
»• indi<51ion trois , au mois de Juin , un vendredi, à la cinquième
» heure de la nuit,, on vit un figne dans le ciel; il parut une
»• Comète dans le Bélier , elle étoit éclatante comme un flambeau 5
»» elle brilla durant quatorze jours. Or en cette même année ^
» le féréniflîme empereur Louis mourut au mois d'Août, un
Ckor.r Kovai vendredi''. Il y a ici une confufion manifefte de dates. En
874 l'indidion étoit fept , & Louis efl: mort un famedi ,
non un vendredi. Au lieu de ces mots : indïâion trois au
mois de Juin, on pourroit llibftituér , indiflion huit ^ trois du
mois de Juin, & ce jour étoit réellement un vendredi en
875. Ces corredions de dates étant faites , on peut admettre
^JlLer. Cafn,
^Necroh Fuld,
DES Comètes, 349
îe refle de la narration. La Comète aura paru ie 3 Juin
dans le Bélier , avec peu de latitude ; elle Te fera levée en
conféquence peu après minuit, & aura été vue ce même jour
à Novalaife. Lqs jours fuivans , fa longitude diminuant , &
fa latitude boréale augmentant, on l'aura vue par-tout le 6 ou
ie 7 Juin au loir vers le nord-efl. Quant à la durée, on
(ait qu'elle peut varier beaucoup, à raifon de la différente
conflitution de l'air en différens pays , de l'attention des
obfervateurs , & de l'intérêt plus ou moins vif qu'ils peuvent
prendre au phénomène.
^y6. Quelques Hiftoriens marquent fur cette année une
Comète très - éclatante ^ qui auroit paru le 6 de Juin,^
Quoique ces Ecrivains ne le trompent pas fur l'année de la
mort de Louis , leur Comète paroît ne pas différer de la Chromgr,
Comète précédente,
874, ou 875 , ou Îj6, ou ^j^ , on vit une Comète
au mois de Juillet, félon trois anciennes chroniques, & ii
y eut une grande éclipfè de Soleil le 28 Gdobre de la
même année 874^ , ou 87 5 ^ , ou 2)y6.^ Ces trois chroniques, -Chrort,
affez exaéles ordinairement fur les dates , font ici manifelle- l chw^!'
ment en erreur : il ne peut y avoir eu aucune éclipfe de Âri^-gar.
Soleil en ces trois années, au mois d'Oéiobre. Il y en eut MalkaL
réellement une, non le 28, mais le 2p Oélobre 878; elle
fut prefque totale à Paris : faut -il en conféquence rapporter
l'apparition de la Comète au mois de Juillet 878. Les trois
chroniques fe trompent vifiblement en portant le 2 8 Odebre
au lieu du 2^; ne pourroient-elles pas le tromper pareille-
ment iiir le mois de l'apparition de la Comète \ îi le mot de
Julio, Juillet, s'eil gliffé dans ces chroniques au lieu de
Junio , Juin, la Comète fera celle de 875, de laquelle
nous venons de parler : d'ailleurs cette Comète de 875 a
pu paroître jufqu'en Juillet,
877. *
On lit dans une ancienne chronique : « Charles , roi de
France, entra en Italie avec une puiilante armée ; il tint «
jp Histoire
n l'Empire durant deux ans ( il avoit été cou-ronné Empereur
« 16 2 5 Décembre 875 ). En la féconde année de fon entrée
« en Itâiie , on vit au mois de Mars une Comète du côté de
» l'occident , dans le figne de la Balance ; elle brilla pendant
» quinze jours, mais avec moins d'éclat que la précédente
» (celle de 875 ). En cette même année, l'empereur Charles
Ckron,Novah ell mort ». Charles-le-Chauve eft mort le 6 Odobre 877 >
donc la Comète a paru en Mars ^yj* Puilcju'elle étoit dans
ia Balance, elle étok oppofée au Soleil; elle paroi (Toit donc
toute la nuit, le foir à l'orient, le matin à l'occident. Mais
elle étoit affez obfcure ; l'inattention , ou peut-être \qs nuages
empêchèrent de la voir d'abord le foir à l'orient. Les Moines
de Novalaife la découvrirent le matin à l'occident , fans
doute à la fbrtie de leur Office de la nuit. D'ailleurs ia
Comète ne fera pas refiée dans la Balance tous les quinze
jours de fon apparition , elle aura pu rétrograder jufqu'à
i'Écreviffe ou jufqu'aux Gémeaux, & alors on l'aura vue
le foir du côté de l'occident.
882. *
Le I 8 Janvier, à la première heure de la nuit, on vit
une Comète , dont ia chevelure étoit prodigieufemeni
'Annal FuU, étendue.
Herman, conir. 9iCi\ ^
Lamhec J
Aventin, /. IV,
^C' tt Lorfque le jeune Urfus eut commencé à gouverner,
Axon. Benev* Une Comète jeta durant quelques jours un éclat efîrayant »*
Urfus ceffa de gouverner Bénévent en Oélobre 8p i , if
n'avoit régné qu'un an. Un Écrivain du douzième fiècle dit
que « le 21 Mars 8p i , vers le milieu du carême, on vit
» une Etoile d'une grandeur furprenante : plufieurs prétendirent
» que ce devoit être une Comète : éX^ iançoit en bas de
» grands rayons , & durant plufieurs nuits , elle paroifîbit
'Annal, Saxo, monter dans le Zodiaque». Deux Auteurs contemporains
diffèrent l'apparition de la Comète jufques après Pâques,
^hdwluiv! "^^^^ ^'^ temps à.t^ Rogations. Pâques tomboit en 8pi au
D E s C 0 M È TE S, aîl
4 Avril, les Rogations aux lo, ii, 12 MaL En Chine,
ia Comète parut à la quatrième Lune , commençant vers ie
i I Mai : on la vit d'abord à l'Étoile San-tay (pattes de la
grande Ourfe ) , elle fe perdit dans Tay - ouey ( partie du
ciel où font la chevelure de Bérénice, le petit Lion, grande
partie du Bouvier , de la Vierge & du Lion). On jugea
qu'elle pou voit avoir cent pieds (100 degrés de long). Si, Mailla, t. VIL
comme il n'eft guère poffibie d'en douter, cette Comète n'efl f' ^^'
autre que celle de 1661 , elle a pu paroître dès le 2 i Mars,
mais elle n'a pu parvenir qu'au mois de Mai à fon plus
grand éclat. Un Écrivain du onzième fiècîe la fait auflî
pai'oitre aux Rogations; mais il la rapporte à l'an Spi, Chmmi. Saxon,
Une Comète parut cette année dans îa queue du Scorpion ,
durant près de quatre - vingts jours : elle fut fuivie d'une
féchereflë extrême aux mois d'Avril & de Mai. Le lieu de chm.Aadeg,
cette Comète ne permet pas de ia confondre avec la précédente.
85*5.
Seconde année Kin-fou , quatrième Lune , jour Y-yeou
(25 Juin ) , à travers its nuages on vit une Comète de i po
degrés de long dans Chang-tay (/, x de la grande Ourfè) s
elle alioit à l'eft. Elle entra dans Tay-ouey (voyez fur l'an
8p I ) : elle pafla dans le Tien-che (la Couronne, grande
partie d'Hercule & du Serpentaire, &c ). En trente -ièpt
jours fa longueur augmenta jufqu'à 200 degrés (cela efl
difficile à croire ). Les nuages empêchèrent de la bien obferver. CauUf,
Il ell à remarquer que le 2 5 Juin efl bien le jour Y-yeou > mais
il appartient à la cinquième Lune , & non à la quatrième.
Peut-être s'ell-ii giilfé une erreur de chiffre dans le manufcrit
du P. Gaubil. Cette Comète a beaucoup de rapport avec
celle dont le P. de Mailla rapporte l'apparition à fan 8pi ,
& en Spi la quatrième Lune avoit un jour Y-yeou. c'étoit
le \y Mai. L'apparition de la Comète du P. de Mailla en
Mai 8^ I eu confirmée par des auteurs Européens contem-
Chron.Malleac»
3^2 Histoire
porains. Dirons - nous qu'on peut rapporter la Comète du
P. Gaubii à l'année 891! Mais le Père de Mailla dit exprejP-
fément que la Comète de 8p i fe perdit dans Tay-ouey ;
donc elle n'a point palTé au Tien - che» Je fuis d'autant plus
porté à croire que les Comètes du Père Mailla & du Père
Gaubii font deux Comètes différentes, que , comme je l'ai
dit, je ne doute prefque pas que la première ne foit un retour
de celle de 1661 ; or c'eft ce qui ne pourroit fe dire de la
féconde. La Comète de 1661 n'a pas pu parvenir en Juin
8pi , à la partie du ciel que les Chinois nomment le
Tien - che.
Lnh. Zabi. 8p8 OU 8^9. Une Comète partit Jurant quatorie jours.
On cite Aimoin, c'efL - à - dire , Ton Continuateur; nous le
citerons fur ia Comète de poj.
^Lul>. Aijî. poo. Comète après la mort de l'empereur Arnoul.^
Tack, Zakn. go 2. Comèîe.^ C'efl la fuivante anticipée de dcux ans.
b Calvif. Lui, «^ ^
He..EckJl,irc. ^^^^^
Vers îe temps de la naiifance de fempereur Conftantin
Porphyrogénète , une Comète éclatante lança Ïqs rayons du
Léo Gr. côté de l'Orient; elle dura quarante jours & quarante nuits.
V''f^3- Conflantin fut baptifé le jour de la Théophanie , ou le
Confiant. Poyh, ^ , . K r^ ^ t a 1 r
p. 28c), Léo 6 Janvier ^05 : la Comète a donc pu paroitre vers la nn
f.^66.GeQrg. ÇOS" *
Aîon, p, j 6^,
Cedrcn.p.^g I, "tr r m* r • t -sx • t*. • t»
« y/ ers le milieu du mois de Mai , nous dit-on , un jeudi
» ( donc le 1 6 Mai ) , on vit une Étoile vers le feptentrion ,
» en déclinant un peu vers foccident : elle lançoit vers le
» fud-eil; un grand rayon qui reffembloit à une longue pique,
Chren. Fior, & qui traverfoit le Zodiaque entre le Lion & les Gémeaux ».
Franchi Eft - îl poffibk que ie Soleil étant au commencement à^s
Gémeaux , la queue de la Comète traversât le Zodiaque
entre ie Lion & \qs Gémeaux. De plus , que fignifie cette
expreffion , entre les Gémeaux & le Lion! Pourquoi ne
pas nommer i'ÉcrevilTe , qui eft entre deux ! La fcience
Agronomique
DES Comètes, i^:^
Allronomîque de nos Chroniqueurs ne s'étendoit probablement
qu'à quelques mots, dont ils ne favoient pas faire une jufle
application. D'ailleurs l'apparition de la Comète au mois de
Mai efl conftatée^; elle parut en Chine à la cinquième Lune, ^Syn. Oivonot
qui commençoit enpo5 dhs les premiers jours de Juin; on ^j^^^^^] //^K,
ia voyoit vers le couchant d'été, ou vers le nord- oueft^ : /o/. ^;?i>.
û\q cou vroit tout le ciel'^. Le feul Continuateur d'Aimoin ^Synopf. Chron.
dit qu'elle fut vue quatorze jours vers le milieu de Mars '^ : il ^'^^^^îi^^f^'V^^r
l'aura peut-être confondue avec celle de pi 2. Réginon & àjif„oin.fuv,i
Hoffmann anticipent d'une année la date de fon apparition'^: c.xli.
ils ont été luivis par quelques Modernes ^. ^Regin. i. il
^06. On vit une Comète^ prefque pendant la moitié de "^^' "^"^ ^^'
l'année ^ L'auteur de la Chronique deMailros dit fur l'année Cœj.
précédente , que la Lune fut terriblement obfcurcie : cela ^ chwn, Maïk.
s'entend naturellement, quoique non néceiïairement , d'une ^^ Amiq. Brhan.
éclipfe de Lune; il n'y en eut point en poj , il y en eut ''^" ' ^^'"°°
deux totales en 5)04.
L'empereur Alexandre régna à Conftantînople depuis le
ï I Mai ^ I I jufqu'au 7 Juin p i 2 ; fous fon règne on vit
une Comète durant quinze jours du côté de foccident : on
i'appeloit Xiphias , parce qu'elle avoit la figure d'une épée^ ""Lio Gr.
Un feul autcLir Bylantin lui donne quarante jours de durée ^ ^Baîin^Àkxm.
Selon \qs auteurs Latins, elle parut durant environ quatorze r.^j^.Georg.
jours , vers le nord-ouefl, au mois de Mars ^ Quelques-uns cednn.v^ô^S,
la rapportent à l'an 911^, ce qui ne peut être , puifque ciyc.p.^00.
Alexandre ne régnoit pas encore , & qu'il eft plus que pro- ^'^^"^' ^ogoth,
bable que les Grecs & les Latins parlent d'une feule & même 'c^,^ °^ ^j^^.
Comète. -Clarius, ire,
Q I 2 ou 0 I ^ . ^Ordericl. VU.
•^ . ^ ' Heftdan.
Il parut plufieurs Comètes en 912^, ou , fèîon un fêui ^Amai Saxo.
Auteur, en 913 ^ En effet, outre la Comète précédente , c"mrMe"rcc
il en pai'ut une chevelue en Egypte , en l'an 300 de l'Hégire, c/imt. Quedi,
dans un des angles de la conjonction". L'an 300 de f Hégire ^C/imt.Aujlr,
a commencé le 18 Août piz & a fini le 6 Août pij. 'HaiiinCmiL
Tome L Y y
3^4 Histoire
Lui/. Eckji, 013. Comète dans le Scorpion.
^23. *
En la première année du règne de Tchiiang-tfong, ora
' Syn.Chïoml vit en Chine ime Comète à la neuvième Lune, commençant
vers le 12 Ocflobre. Selon le P. de Mailla, la Comète ne
Mailla, t.vih parut qu'à la dixième Lune, à l'étoile y^w-/^o/^/ (6, vi, y, J^^,.
^'^'" de l'Écieviffe).
^25. En l'an 313 âiQs Arabes, on vît en Egypte une
grande Etoile , étincelante & environnée de rayons ; une
grande flamme la fui voit, elle infpiroit la terreur; elle étoit
très -rouge. Son mouvement étoit du feptentrion à l'orient:
elle étoit longue d'environ trente piques & large de deux^,
entortillée comme un ferpent. On la vit après le coucher
du Soleil , le mercredi 24 du fécond Gjumadi. Elle s'éteignit
%imacîn* au bout de trois heures^ Donc cette Etoile n'étoit qu'un
météore. La date de fon apparition eft le 1 6 Septembre
5)25; mais ce jour étoit un vendredi. Si l'on veut lire le
premier Gjumadi au lieu du fécond , la date fera le mercredi ^
17 Août de la même année^
Mil. Lui, 9'^^' * Comète dans fEcrevifîe. Si elle a paru vers les
'Eckji.Caf,irc. j^QJ^ jg M2i\,. Juin ou Juillet, ce feroit un retour de la Comète
d'Halley.
«En ce temps-ià, dît un Auteur contemporain, îe Soîeil
» fouftrit une grande éclipfe , qui effiaya tout le monde ; elle
» arriva le vendredi, à la troifième heure du jour (donc le iq
»> Juillet 5? 3c?; elle fut à Paris de plus de dix doigts, bien
»' plus forte en Italie). De plus, on vit en Italie, durant huit
'» nuits continues une Comète d'une grandeur furprenante ;
^Lmtpr. l V, elle lançoit des rayons d'une longueur extraordinaire «^
hAmn.Gneirt. 5?4i' ^^^ '^^^ des Comètcs*^: uue dura quatorze nuits*^;
"^■^c^f^) elle préfageoit la mortalité qui iê ht fentir l'année fiiivante
Zaïin. ire. ' fui" les bœufs '^, Un Auteur dit hmplement qu'il parut
^chron.Leod.L ^j^^ figne admirable dans le ciel". Selon une ancienne
Cnron, Lob, O
fHepldamsi^
DES Comètes, 355
chronique, ia Comète fut vue au mois d'Odobre pendant
vingt-un jours : il eft clair 'que c'eft ia Comète fuivante que
cette chronique a anticipée d'un an.
Chron.
S> Fhretic,
9^
2.
Une Comète parut au mois d'Ocflobre durant vingt - un
ou vingt^deux jours dans ia partie occidentaie fbj du ciel. La
tête étoit afîèz obfcure , elle îrainoit après elle un long flambeau
qui reiïembiôit à une efpèce de fumée : elle s'avança peu à
peu vers l'orient jufqu'au méridien ^ Plufieurs cependant ne '^c^ro»,
virent cette Comète que pendant quatorze jours, ou depuis ^^^"f^'j^^J^^
le ï8 Oclobre jufqu'au i." Novembre^ Tous parlent d'une h \Yitichind,
mortalité furies bœufs, arrivée l'année fuivante, comme Hem. comu
d'une fuite ou d'un effet de l'apparition de cette Comète. Sw«!'"
Une ancienne chronique dit qu'il parut cette année en Italie Nepiach.
C\TJ î r »C/'~'» "ii,* col, I o 2 Oê
omete d une grandeur lurprenante « l^ecipourioit bien Cemein. l. Ill,
regarder la Comète de o^o. f°^' ^S'' ^
^43. On Vit QQs Comètes durant quatorze nuits ^. Le Cmm. Fah-k.
temps de la durée peut faire foupçonner qu'il ne s'agit ici ^ww. t-c.
que de la Comète précédente. ^ Chron. Sah.
5)44. "^ Il y eut une terrible éclipfe de Soleil , un vendredi yi™f'jiyil\
€1 la troifième heure du jour. De plus , on vît en Italie une Anon.Leob.lJ.
Comète d'une grandeur furprenante ; elle dura huit jours. Le AnnahHhfaug,
nombre des Auteurs qui ont parlé de cette Comète, en ^ sigeb.' NangL
Impofé à Struyck. îl efî cependant manifefte que cette Co- Ai^^^- Cafm.
N ' il II j i ^ V •.' a. Hermann.Corii,
mete nelt autre que celle de ^jp». dont i apparition eit Cnifius.-p.z,
retardée de cinq ans. L'éclipfe du Soleil fuffit feule pour ''• iV.Cenw,
conftater l'erreur de tous ces Ecrivains. Il y a réellement
eu en 5)44, le vendredi 20 Septembre , une éciiple de
Soleil, mais très-petite & non terrible ; mais au lever du
Soleil & non pas vers ia troifième heure du jour ; mais vifible
(b) Puifque la Comète s'avançoit vers le méridien & vers i'orient,
comme le témoignent uniformément les Chroniques d'Angers &; de Maillezais,
elle fut donc obfervéc d'abord dans la partie occidentale du Ciel, comme
on le lie dans la Chronique d'Angers : c'eft donc une erreur de copifte dans
celle de Maillezais, fi l'on y lit que la Comète parut d'abord à l'orient.
35^ Histoire
à peine au nord de la Lapponie & de la Ruffie, & învîfibîe
pour tout le refle de l'Europe. Depuis le vendredi, ip
Juillet P3P jufqu'en 0)44 , il n'y a eu aucune éclipfë de
Soleil vilible en Europe le vendredi à la troiiième heure du
jour. Nos Chroniqueurs parlent donc fur l'an ^44 de l'éclipfe
de P3P : leur Comète efl donc pareillement celle de ^Jp,
qu'ils n'ont pas voulu féparer de réclipfe obfervée la même
année que la Comète, Au refle ^ Sigebert & i'Annalifte
Saxon , les deux plus anciens de ces Hiftoriens , écrivoient
près de deux fiècies après la Comète & réclipfe.
P45- *
«Théotilon, évcque de Tours, étant part! de Laon pour
» retourner en fon diocèie , fut lurpris en chemin de la maladie
>3 dont il mourut. Il rendoit le dernier (oupir, lorftjue l'on vit
>» un ligne lumineux traverfer l'air. Ce figne avoit une coudée
M de longueur ; fa lumière avoit affez d'éclat pour éclairer
» au milieu de la nuit ceux qui furent chargés de conduire
» à Tours le corps de ce Prélat, dans une traveriée de près
'FrodoarJ. de deux cents milles ». La durée de ce figne me perfuade
prefque que c'étoit une véritable Comète. En effet, pluheurs
Vrjperg. iper. Auteurs marquent fapparition d'une Comète lur l'an ^4^ i
Memor, hifl. ^^"^^^ H €n elf parmi eux qui font cette Comète un peu
trop reiïemblante à celle de 5)3^.
Leovit, apud En 945, ielon quelques Auteurs modernes , on vit une
?i^r;//ii: nouvelle Etoile près de Caifiopée.
B. V,. c, XII, .
limh 959*
Vers le temps de la maladie & de îa mort de Confïantlîï
Porphyrogénète , on vit une Etoile fombre & oblcure; elle
'Conilant.Porph. parut affez long temps. Conftantin eft mort le ^ Novembre
'logol^'p i""^' 959' ^^^'^J^^ trouve beaucoup de rapport enti'e cette Comète
& celle de 1652. Elle fut vue, dit Tackius, depuis le 17;
0(51:obre juiqu'au i,^*^ Novembre.
On vit l'an 6y ^ ( de fère de Dioclétien , ou p 59 de la
BÔtre ) , un phénomèue fembiable à celui dont nou5 avons
DES Comètes, 357
parlé (fur fan ^25 ). Au premier Rabie (au mois Je Mai),
on vit une grande Etoile, environnée de rayons, étincelante
& fuivie de trois fl.;mmes: elle étoit claire comme le jour. Elmacm
li ne paroît pas que ce météore puiiTe être confondu avec
ia Comète àts Auteurs Byzantins.
^64. Comète^» *Aret,LnI>,
^68. Comète''. Alfled.Tack,
^ji* On vit dans le Ciei un figne de couleur de feu^ ^Cenm.Lycofl'
Mais étoit-ce une Comète \ Lub. Ruck,
Zahtt,
975' ^ 'Wi"rg.
Sous l'empire de Jean ZimifcèSy au mois d'Août, indiélion
trois (donc en ^75 ) , on vit une Comète barbue : elle parut
jufqu'au huitième mois, indiétion quatre y, c'ell: - à - dire , Ctdren.p.sSj.^
jufqu'au mois d'Oclobre delà même année, \qs> Grecs chan- ^^^'/'•i«'^?
géant l'indiélion au mois de Septembre. Calvifius fait dire
à Cédrene qu'elle parut durant huit mois , ce que nos Comé-
tographes modernes n'ont pas manqué de faifir. Le P. de
Mailla la fait paroitre en Chine dès la cinquième Lune MaUla,uvn\
qui , cette année , a fini vers le 11 Juillet. Beaucoup ^' ^ '
d'Auteurs Latins rapportent fon apparition au temps de
î'automne. Selon le P. Gaubil, on commença à la voir en Simon Dmelmr
Chine le jour Kia-tje de la fixième Lune (3 Août), ^S.ChZl
dans ia conitellation Lïeoii (tête de l'Hydre). La queue Avgufi.
de ia Comète avoit alors 40 degrés de longueur , on la J'^^]^ /^*
yit entre fept heures & neuf heures du matin. La Comète Huntmdon^
parcourut la conflellation Yu - Couey ( l'EcreviiTe ) ; elle ' Brùann!'^^*
parvint à la conflellation Toung-pi [y de Pégafe, cl d'An- CauhiU
dromède). Son apparition fut de quatre-vingt-trois jours.
Il y a beaucoup d'apparence que c'eil: ici un retour de la ^
Comète de 1556, qui aura palTé par fon périhélie quelques
jours avant la fin de Juillet. Dans cette hypothèfè , il aura
été très - polfibie de découvrir la Comète dès avant le i i
Juillet. Elle aura été vers le 3 Août en conjonélioii avec
Je Soleil, mais avec une latitude boréale aflez forte, pour
paroître avant le lever du Soleil j avec une queue de 4Q1
^^8 Histoire
degrés , &: avec aflez d'éclat pour pouvoir être aperçue de
jour. Elle aura parcouru par un mouvement rétrograde en
apparence , ies fignes de i'Éereviiïe , des Gémeaux , du
Taureau & du Bélier; & enfin on aura pu ceiTer de i a voir
au mois d'Octobre dans ce dernier figne.
Lnl, Eckjî. py^' Comète Jans la Vierge,
'iîaU Zahn,
5,81. *
Sous ie pontificat de Benoît VÏI, qui fiégea depuis Mars
^Chon, ^j<y jufqu'en Juillet ^83, il parut des Comètes '\ Outre
Engheih. ^^11^ de ^75, on en vit une durant l'automne de ^8 i^
€ I. HepiJ!' ' 9^3' ^^^'^ ^^ temps de la mort de l'empereur Othon II,
^Luh.HévéU on vit une Comète^.
MkchZahn. ^84. On vit unc Etoile en plein jour^. C'étoit appa-
fChronogr. gemment Vénus, Tackiùs fait paroître une Comète en cette
année.
^8j. Sous ie pontificat de Jean XVI, fils de Léon, il
Pïatin,, parut, dit -on, une Comète. Ce Jean, que plufieurs ne
s!^xLvi. ' comptent point au nombre A^% Papes, & que d'autres
nomment fils de Robert, fijt élu en ^85, & mourut ou îvX
dépofTédé la même année*
^pSp. * Plufieurs Comètes,
'Annal Saxo, 0\\ vlt des Comètes. Dîtmare , livre ^, parle d'une qu'il
Omdiinb ^^"^ vraifembiablemeut rapporter à cette année. II en parut
'fhronoguSaxo. une cu Chine au jour Kia-chin de la première Lune ( 10
Février ) , au nord de la confiellation Che {a., (2> de Pégafe ) :
elle n'avoit qu'un degré de longueur; on la vit durant qua-
iGaul/iL torze jours.
Le jour du Soleil , vingtième du deuxième Rabie de l'an
37^ ( Dimanche 28 Juillet 5)8 c) ) , on vit à l'occident une
Etoile chevelue : elle dura vingt jours & plus; on la voyoit
'Eimacifi. toutes les nuits : elle fe diffipa enfin.
En automne , à la feptième Lune (qui commença le 5 Août)
il parut en Chine une Comète à l'étoile Tong-tfing ( c'eft-
à-dire , je penfe , à la partie orientale de la confieilatio»
DES Comètes. 359
Tfnig , qui renferme les pieds & les cuifles dçs Gémeaux):
elle le fit voir dLirant trente jours , jufqu'à la huitième Lune. Mailla.uVIIl
Pour que cette Comète foit la même que celle dont parle ^' "^'
Elmacin, il faut qu'après avoir paru le 28 Juillet à l'occident
dans le ligne de la Vierge, elle ait parcouru, par un mou-
vement rétrograde , \qs fignes du Lion & de l'ÉcrevilIë , afin
qu'au mois d'Août on ait pu lobferver en Chine dans ce
dernier figne, ou dans celui des Gémeaux; ce qui n'eft point
impoffible. Sa grande latitude boréale a pu contribuer à la
rendre vifible toutes les nuits. Hépidanne dit qu'elle parut le
jour de Saint-Laurent, i o Août. Voyez fur l'an 5)^5»
Un Hiflorien , très-infidèle fur les dates , fait paroître au
nord une Etoile dont la queue avoit la longueur d'un pas ;
il ajoute que quelques jours après l'Etoile étoit à l'occident ^
& que fa queue s'étendoit vers l'orient. Cette autorité , fort JRomuaid,
équivoque en elle-même , eft appuyée de celle des Annales
Chinoiles. On y lit qu'en la quatorzième année du règne de
Taï-tfong, au huitième mois, commençant le jzj Août, on
vit une Comète du côté de l'occident. Coujjkf, Smf
Du temps du comte Arnoul , qui régna en Hollande ''^°^°'
depuis c)8^ jufqu'en pp8 , il parut une Comète fort épou-
vantable. Mais en quelle année parut - elle ? LcPnUJAL
pp2. Une Comète fut vue durant quatre-vingts jours , &
Jon apparition fut fuivie d'une grande fécherejfe. C'eft certai- Om, Salmun:
iiement ia Comète de 8^2 retardée d'un fiècie*
PP5- * ^
Le jour de Saint-Laurent, 10 Août, on vit une Comète, Hepîdam
Les favans Éditeurs du Recueil des Hifl;oriens de France,
tome X, croient qu'il faut rapporter cette Comète à l'an ^ 8p.
« Hépidanne, difent-ils, retarde de fix ans tous \es faits qu'il
rapporte dans cette partie de fa chronique. « Ces faits, outre
les apparitions dts Comètes , font en petit nombre ; &
d'ailleurs la réalité de la Comète de 00 5 efl confirmée par
i'autoiité de Florent de Vinchefter».
Florent, yigr
360 Histoire
Bergom.i.xiï. p^6. Coinète. Les Ecrivains qui font mention de cette
^uur. H . Qqj^-,^jç f^j-ji; ^Yop modernes pour qu'on puifle faire un grand
fonds fur leur autorité.
p^J' On vit dans la partie auflrale du ciel une Comète ,
Chïon, Belg^ qui répandoit des flammes effrayantes. Tous les faits dont on
accompagne l'apparition de cette Comète, appartiennent
certainement à l'an 1005 ou lood. S'il faut anticiper de
fix ans les Comètes de la chronique d'Hépidanne , il faut
rapporter à fan p^j celle que cet Écrivain dit avoir paru
l'an 1003.
998.*
En la première année du règne de Tchin-tfong , on vit à
^Coupi.Syn, Ja Chine une Comète au premier mois^ (en Février) : elle
T-.r"!' T„r, étoit au nord de l'Etoile Yng-clie^ (cl. /3 de Pégafe).
^ ^ ÏOOO.
L*an 1000 de Jéfus-Chrift fut accompli en ia quatrième
année du règne de Robert; il avoit été fertile en prodiges,
félon un très-grand nombre d'Hiltoriens ; on avoit éprouvé
de grands tremblemens de terre , une Comète avoit paru
Iperks, pendant neuf jours. La plupart de nos Auteurs datent foii
apparition du ip à^s calendes de Janvier , ou du 14 Dé-
cembre. Prefque tous continuent ainfi : « Le ciel s'étant
?> ouvert , une efpèce de flambeau ardent tomba fur terre ,
» laiiTant derrière lui une longue trace de lumière, femblable
» à un éclair. Son éclat étoit tel qu'il effi'aya non -feulement
^S^'geh. Ipey. „ ceux qui étoieut dans les campagnes , mais même ceux qui
Hfmannî' '* étoieut renfermés dans les maifons. Cette ouverture du ciel
'Â^^^^r'r ^' ^^ refermant infenfiblement , on vit la figure d'un dragon ,
Vincent. '" dout les pieds étoient bleus, & dont la tête fembloit croître
^cvH^cIrô toujours^». Ce météore ou chafma , joint à l'apparition de la
Turon. Anton. Coiiiète , a répandu de robfcurité Iiir l'exiflence même de la
^c,^nTa.iv.' Comète & fur le temps de fon apparition. Quelques Auteurs
^ Aller. Cafin. paroiiïcnt Confondre la Comète avec le chafma ^ D'autres
Diugof L //. p{y5 anciens, 6c en bien plus crraiid nombre, diltinpuent
Crujms, p. 2. *• - 10 ' D
//^, K/fc i^f. clairement
DES Comètes, - 361
clairement l'une & l'autre comme deux prodiges difFe'rens'\ ^ Baideuc
D, .ri 1 r^ \ ^ j r ' Chron, BalJ,
ailleurs nous avons vu que la l^omete ciura neur jours , chmi, Neumi.
ce que l'on ne pourroit dire d'un fimple météore. iif^''' ^hron,
i- i- i luron, Anton,
Quant à ce qui regarde ie temps de {'apparition de îa ivSr.
Comète, pfufïeurs la rapportent à l'an pc?^ , & Struyck eft ^^«^''' 54' ^
de ce fentiment ; il fe fonde fur l'autorité de Winfenius, ^'aif '/o?*
en fa chronique de Fri/è. Winfenius y dit que la Comète v-^7''^^'
fat vue dix jours dans la Frife. Cette Comète de Winfenius ^^"y^^-
pourroit être différente de celle que mille autres Ecrivains y. 21 S.
difent avoir été vue en l'an looo. Mais, dit-on, prefque
lous nomment la Comète avant le <r/z<^/w^/; donc elle a paru
avant le chafma : or la date du chalma eft le vendredi-îaint
( 2p Mars) de l'an looo^ ou le printemps de la même ^ chron.
année ^; & la date de la Comète, lëlon prefque tous les -y"*^^ ^'' •
Auteurs cités, ^ÇtÏQ 14 Décembre : donc la Comète a paru
le 14 Décembre pp^i» J'ai lu tous \qs Auteurs cités, & il
m'a iemblé que ce qu'ils difoient de plus clair , c'efl que
la Comète a paru en l'an 1000: il fe pourroit même que le
chafma auroit accompagné la première apparition de la
Comète. Les deux Ecrivains qui fèmblent rapporter le
chafma au printemps de l'an 1000 , font de près de trois
fiècies poflérieurs à l'événement. Uii Hiflorien , plus ancien
de deux fiècles , dit expreffément, que le chafma ïwX y \\\q 14
Décembre , un an avant la mort de l'Empereur Othon 111. BaUmc,
Ce Prince mourut le 23 Janvier 1002. L'auteur ajoute,
que la même année on vit des Comètes : Ipfo etiam anno
Cometa apparuenmt. Donc i.° oiûre ie chafma il a paru une
ou plufieurs Comètes. 2." La Comète a paru au plus tôt en
l'an 1000, ou peut-être même en .1001. Un Ecrivain Bucei/n.
ancien femble même en retarder l'appariiion jufqu'en 1002. Càron. Vhdum
D'autres fe contentent de dire qu'elle a paru avant la mort
d'Othon. ChroTj.Gematt,
r-i- r • • Tarchagiu
S if en fuit croire Mizaud, la Comète a commence' à paraître p> 2, i. XI,
le I ^ Décembre ç p ç , à la neuvièmie heure du jour, ou peu
après le coucher du Soleil dans le fgne de la Vierge. Il n'efl Mii.Lll,c,Xî
1 orne L Z z
362 Histoire
pas facile de concilier toutes ces circonllances : maïs nos
Cométographes n'y regardent pas de fi près.
1003. *
Au mois de Février, on vit une Comète, elle s'écarta peu
à\x Soleil , on ne la vit que quelques jours , peu avant le
Heyidan, lever de cet aftre. Soit qu'on rapporte cette Comète à l'an
1003 , ainfi qu'elle e(l datée dans les annales d'Hépidanne,
foit qu'on l'anticipe à l'année ppj , comme le veulent les
Éditeurs du recueil des Hifloriens de France , fa réalité ne
fera fondée que fur le feul témoignage de cet Auteur : il
eft contemporain , & \qs circonftances de l'apparition de
cette. Comète ne permettoient pas que beaucoup de per-
fonnes la découvrirent.
Quelc|ues Auteurs marquent l'apparition d'une Comète
Chron.Niiremh. fous le pontificat de Jean XVIÎ. Jean fut ordonné Pape le
inToan.'xvïL ij J^-'ii"^ 1003 , & mouiut le 7 Décembre de la même
Simonet, /. V, année. La Comète d'Hépidanne , ayant paru en Février ,
n'appartient point au pontiiicaî de Jean. Une ancienne chro-
nique dit qu'on vit en 1003 une Comète qui dura long-
Chron. Stederh. tcmps. C'cfl fans doute celie qui fut obfervée en Chine à
la onzième Lune ( commençant le 26 Novembre, à l'étoile
Mailla. t.vin, Tf.ng-kouéi , (peut-être Tfing , les pieds Sl les cuiffes des
!'• 'fS' Gémeaux, & Kouey ou Yu-kouey l'Écrevifle ).
1004. *
= chrsn. On vit long-temps une Comète ^ ; elle refTembloit à une
col"^/^.' gi'ande poutre '^. Cette Comète ne diffère peut-être pas de
Urfperg.chron, celle qui fut obfervéc en Chine à la onzième Lune de
Gefman°"' l'année précédente, & qui aura été vue en Europe dans les
Gemein.t.i, mois de Janvier & Février 1004; elle a même été décou-
' ' verte avant le 7 Décembre 1003 , on aura pu la rapporter
^' au pontificat de Jean XVIL
1005,
On vit, dit -on, dans la partie auflraie du ciel une
D E s C 0 Âl è T E s. 363
Comète ; elle étoit terribie. Nonobflant le grand nombre Alperr. Chon.
àes Ecrivains qui rapportent l'apparition de cette Comète à yv^Z/^, chàn.
l'an 1005 , j'ai de ia peine à me perfuader qu'elle diffère de Athn. Antonk.
celle de Tannée fuivante. Alpert eft cependant contempo- '^'cf '/k,'.?. /. '
rain , & il attelle que la Comète parut trois ans après que f^eymatm'Corn,
Henri HT fut couronné Roi dQs Romains : or Henri avoit
été élu le 6 Juin 1002, & couronné le lendemain. L'erreur
d'Aipert, fi c'en efl une , . aura entraîné celle de piufieurs
autres. Quoi qu'il en foit, il efl certain qu'il a paru une
Comète en 1005; on i'obfervà en Chine à la huitième Lune
( commençant vers le 6 Septembre) , dans Tfé-ouey. C'eft fans Mailla, t. viiL
doute à cette Comète qu'il faut rapporter ce que dit Giaber ^'' '■^^'
Rodulfus , que « fous le règne du roi Robert on vit une
Comète dans la partie occidentale du ciel , au mois de Sep- «
tembre, au commencement de la nuit; elle dura trois mois, «
brillant d'un éclat extraordinaire ; elle éclairoit la plus grande «
partie de l'air, & ne fe couchoit que vers le chant du coq ».
Cela fuppofe que ia Comète avoit une grande latitude fepten-
trionale : cette latitude avoit été ou devint encore plus boréale,
puifqu'en Chine on la vit dans le Tfé-ouey ( c'eft -à- dire,
qu'elle ne fe couchoit plus). La Comète paroifîbit encore en Centur. Cmfvs,
Octobre, Nos modernes font paroître la Comète de 1 0 0 j vers ^' ^' ' '
la fête de Pâques , pendant treiie nuits. C'eft manifeftement Lub.Ha-.Ricc,
la. Comète fuivante qu'ils anticipent d'un an?
100^. *
Haly-ben-Rodoan étant jeune ; on vit une Comète dans ie
quinzième degré du Scorpion : la tête étoit trois fois plus
groffe que Vénus : elle rendoit autant de lumière que ie
quart de ia Lune pourroit en donnçr. Peu après fa première
apparition , le Soleil & la Lune furent en conjondion dans
ie quinzième degré du Taureau , Mercure étoit alors en
5^^ 58^ du Taureau, Vénus en 12^ 28' des Gémeaux,
Mars en 21^ ^' du Scorpion, Jupiter en i i^ zi' de i'Ecre-
vïfTe , & Saturne en 12^ i i ^ du Lion. La Comète fut
emportéepar un mouvement précipité d'orient en occident
Zz ii
^6^ Histoire
^Cardan, conirc l'ordrc clcs figues, jufqu'au 15.^ degré Je îa Vierge ^
c'^fx.['ext!!'4. Nos Cométographes ^ rapportent cette Comète à l'an 1200,
hRicc, Lui'. ^oi"t mai-à-propos ; la poiition à^s Planètes, déterminée par
Heu.Zahn.irc. Y{2[y ^ appartient au 30 Avril 1006 : j'ai calculé le tout
fur les Tables d'Halley ; une erreur de 3 à 4 degrés échappée
fur le feul lieu de Mars , peut facilement être attribuée à
l'inattention d'un copifle, ou même à l'impcrfeélion des
Tables dont Haly fe fervoit : c^^r Mercure étant alors indi-
vifible , il eft clair que Haly nous a donné ces pofitions de
Planètes d'après le calcul , & non d'après i^Qs obfervations«
La Comète a donc commencé à paroître peu avant le 3 o
Avril , ou comme plulieurs Auteurs le diloient , fur l'année
précédente , vers la fête de Pâques , qui, en 1006, tomboit
au 2 I Avril. D'autres Hifloriens rapportent à cette même
année 1006 l'apparition d'une Comète dans les parties auf-
Menwr,}iiflo)\ trales du.ciel : c'ell le caradère qu'on donnoit à la Comète
f aimer. i v ' ' ' J *
Stamdei. dc 1 anncc précédente.
Fontan. B. V. Maintenant qu'on fuppofè que le nœud afcendant de k
' Comète de 1006 fût au 8.^ degré du Taureau , l'inclinaifon
de ion orbite de 17 degrés & demi , fon périhélie en 4 ou
5 degrés du Verfeau, le logarithme de fa diftance périhélie
^,766040, qu'elle ait paifé par fon périhélie le 22 Mars,
6 enfin que fon mouvement fût rétrograde , il s'enfuivra
de ces fuppofitions , que la Comète aura été le 2p Avril au
foir en i 5 degrés du Scorpion , qu'elle aura été très-voifme
de la Terre , & par conféquent belle , grande & éclatante ;
que par un mouvement précipité contre l'ordre à^$ fignes y
elle aura bientôt été emportée juiqu'à i 5 degrés de la Vierge ;
qu'on l'aura vue enfin dans \qs parties auftrales du ciel, &
comme le dit Hépidanne, au-delà à^s confteilations qu'on
Hefid&n. y difiingue. On aura même pu la voh* dans \qs fêtes de
Pâques; mais elle étoit alors dans les parties boréales du
ciel. 11 y a plus ; on aura pu même la voir en Mars après
fon périhélie, tout le mois d'Avril & jufqueversla mi-Mai;
ce qui fans doute aura lufîi pour faire dire à quelques HiP
Chm.Leod.n. toriens qu'on i'avolt vue durant trois mois,
Chron. Lob, -*■
Lamkert,
D E s C 0 M È T E s. 365
La théorie que nous venons d'affigner à cette Comète e(l
celle de la Comète d'Hailey; ilneparoît donc point douteux
que ce ne foit ici un de Tes retours. Nous avons été obligés
d'avancer un peu le lieu du périhélie; mais on fait que le
périhélie àçs Comètes rétrogrades eft lui -même rétrograde.
On pourroit cependant retrancher quelques degrés du lieu
que nous avons affigné à ce périhélie; il faudroit alors anti-
ciper l'obfervation d'Haly & le paffage de la Comète par
fon périhélie au moins d'autant de jours qu'on auroit retranché
de degrés. On peut remarquer qu'en 1006 \qs circonftances
du retour de la Comète étoient plus favorables qu'en, 1750;
Je paffage au périhélie arrivoit huit à neuf jours plus tard;
l'équinoxe , au contraire , étoit fix jours plus tôt ; la différence
totale étoit de quinze jours : d'ailleurs Haly obfervoit dans
mi pays plus méridional que la France. Il n'y a donc pas
iieu de s'étonner qu'il ait trouvé dans la Coiriète un éclat
fupérieur à celui que nous y avons remarqué en 175p.
1007. Comète horrible. Kecken
1008. Le lundi de Pâques, on vit une Etoile en plein
jour. C'étoiî ou un météore, ou Vénus qui approchoit alors Amaî. Saxo,
de fa conjonction inférieure. ^^"'Tfrof"''"
1009^ On vit une Comète durant quatre mois : elle QuediM.
reHembloit à une grande poutre'^; elle parut au mois de Mai ^ , ^Ch-on. Be!g>
dans la partie auftraie du ciel ^. Tout cela pourroit bien ^ Centur.
n'être qu'un aifembiage informe dçs phénomènes des Comètes "" Cardan.
précédentes & fui vantes, c/xT/èxi/'^,
Ricci, Hcv%
1Q\Q, "^ Zahti,
On vit àes Comètes. Annal, Saxo,
ioi2 * Hépidanne rapporte à cette année « l'apparition QueMiah
d'une nouvelle Etoile d'une grandeur extraordinaire ; fon «
éclat bleifoit la vue, on ne pouvoit la regarder fans frayeur. »
Tantôt reiferrée dans à^s bornes plus étroites, tantôt s'éten- »
<Iant au loin , elle dilparoiifoit même quelquefois. On la vit «
pendant trois mois , en la partie la plus auftraie du ciel , «
au-delà à^i conftellations qû'oii y diftingue ». Si Hépidanne Hepi^am
^66 Histoire
retarde cîe fix ans tous les faits qu'il rapporte dans cette
partie de fou journal, celte Comète efl ceiie de 1006;
mais la Comète de 1006 n'efl pas reftée trois mois dans
ies parties auftraies du ciel.
10 14. Autre Étoile vue par plufieurs en plein jour vers
Annal. Sûxo. la fin de l'année. C'étoit encore Vénus qui tendoit à fa plus
Chronogr. axo. gj,^^^ jg (jigreiTion occidentalc , après fa conjonôlion inférieure,
ICI 5. *
Fmof/^. On vit une Comète au mois de Février, Struyck croit
que ce pourroit être la Comète de 1 ^77 : eile ne peut
paroître long-temps en Europe : c'eft pour ceia que û peu
d'Auteurs font mention de celle de 10 15,
10 17. *
Une Comète, femblable à une grande poutre, pîus terrible
^Sigeh. Nangts, que de coutume, fe montra durant quatre mois^: eWe fut
AibeuChmu vuc très-loug-temps dans la Hollande, elle paroiffoit tous \qs
Rem, Hevman. foirs ^ : elle éîo'ït dctis le Lion ^ & dans la partie auftrale du
Corner. Staindel, . y a r i r^ ^^ u J
^' , , ciel"^ : lelon nos Cometographes modernesa
7, IX, c. VIII. o *
Hevrl. Herl,
à Mil. ^y mois d'Août, une Étoile, placée près du Chariot,
effraya durant plus de quatorze jours ceux qui la regardoient,
Dimar,/.VIII. (iit un Auteur qui écrivoit alors, & qui mourut cette même
année le i.'*^ Décembre; on peut conclure de (es paroles,
que la Comète paroifloit encore lorlqu'il écrivoit. D'autres
j-AnnaLSaxo. (jifent fimpicment qu'on vit une Comète ^ Un Hidorien
Fabric. memor. contemporaui dit qu elle avoit ia forme d une epee tort large,
^',^^a9'M^'J^' & qu'elle parut vers le feptentrion durant plufieurs nyits
irMijn.l.L 1 1^ ^r . u j 1 c
^Ademar " ^^^ ' ^'^ ^^itre Contemporain attelle qu elle dura long-temps .
""Omn. C'eft probablement de cette Comète qu'il faut entendre ce
Qiiedlinb. que dit un écrivain du même fiècle, que « l'on vit dans la
» partie boréale du ciel une Comète dont la chevelure étoit
^^W"^- ^^^ » très -longue & la couleur livide. « Il ajoute que « avant
»i l'apparition de ce prodige, il s'éleva une guerre vers le
DES Comètes, 367
rivage de l'océan ». li s'agit nianifeftement de la guerre de A/j>erf. i, ij,
Frife, laquelle commença en Jiiiliet ici 8. En Chine, la*^'^^'
Comète fut vue d'abord à ia fixième Lune ( commençant
vers le i 5 Juillet), à l'Étoile polaire, c'eft-à-dire fans doute, Maiih.t.vuh
vers le pôle. ?• '7^^
10 15?.
Hépidanne dit fur cette année :
Infolïto more tr'ijles arfere Cometœ ,
Tempora longa quidem , per loca non eadem .'
Nunc médium cœii , nunc interlora fub aujlri ,
Nunc fê pojl gelidûs occuluere polos.
«On vit de trifles Comètes durant long -temps, mais
non pas dans les mêmes lieux du ciel : elles parurent tantôt «
vers l'Equateur, tantôt vers les parties les plus méridionales, «
& tantôt derrière le pôle glacé ". Outre qu'on pourroit, HefidM.
comme nous l'avons dit, changer la date de loip en celle
de I G 1 3 , il me fembie qu'Hépidanne ne prétend ici que
récapituler les Comètes qui avoient paru \qs années précé-
dentes, les unes vers l'Equateur, comme peut-être celles de
1003 & 1004; les autres au Sud, comme en 1006; les
autres enfin au Nord en 1005, 1018 & peut-être i o i p.
Les Annales de la Chine font mention de l'apparition
d'une Comète en loip: au jour Sin-hay, fixième Lune
(30 Juillet), elle parut vers la grande Ourfe avec une
queue de 3 degrés d'abord, & enfuite de 30; en trente-fept
jours, elle traverfa les étoiles Ven-îchang (e, f, ô, cp, li, h,
de la grande Ourfe), celles de San-tay ( /, x. de la grande
Ourfe), & enfin celles du Lion & de l'Hydre. Ne feroit-ce Cauhik
pas la même Comète que le P. de Mailla rapporteroit à
l'année 10 î 8 & le P. Gaubil à loip? Il y a bien de
l'analogie entre le temps de l'apparition & le lieu où la
Comète fut obfervée : c'efi; de part & d'autre la fixième
Lune & le voifinage du pôle. Si l'un des deux Annaiilles
s'eil trompé, ce n'eil pas le P. de Mailla; ion témoignage
^68 Histoire
eft confirmé par ceiui àts auteurs Européens. S'il faut
rapporter à Tan i o 1 8 la Comète du P, Gaubil , ii eft à
remarquer que le jour San-tay tombera alors fur le 4 Août,
Au refre, ii n'efl pas impolTible que les deux Comètes
foient différentes.
1023. Eciipie de Soleil en Janvier à la fixième heure
du jour ( elle eut lieu le 24 Janvier à midi ). Eclipies
fréquentes de Lune; ,(il y en eut une de dix doigts le p
Janvier, une totale le 5 Juillet, & une encore totale le 2^
' Décembre, toutes trois vifibfes en Europe). Deux Étoiles
parurent fe combattre vers Ife fud , dans le figne du Lion ,
pendant toute l'automne. La plus grande & la plus claire
étoit à l'orient, la plus petite à l'occident: celle-ci s'élançoit
comme en colère jufqu'à la grande, qui ne lui permettoit
pas de s'approcher d'elle, mais qui, par fes rayons chevelus,
'Aàmar. ia repoulToit vers l'occident. Le fait, quoiqu'atteûé par un
Auteur contemporain , ne peut être admis dans toutes fes
parties. Ce que j'y trouve de vraiiemblable eft, qu'il aura
paru une Comète qui étendoit î^s rayons ou (a queue vers
une petite Etoile qui fe fera approchée de la Comète, Le
iendemain, la Comète ayant dépaffé cette Etoile, une autre
Étoile de même grandeur aura paru à l'extrémité de la queue;
on aura fuppofé que c'étoit la même Etoile qui, s'étant
approchée ia veille de la Comète, avoit été repouflee vers
le lieu dont elle étoit partie. Que Ton ait remarqué trois ou
quatre fois cette même circonftance , durant le temps dç
l'apparition de la Comète, cela aura fuffi, dans le onzième
fiècle, pour conftruire la fable dont le Moine d'Angoulême
a voulu bercer {^s lecteurs. Ainfi je croirois volontiers que
l'apparition réelle d'une Comète en automne ÏO23, a fervJ
de fondement à cette fable.
1024»
La mort de Bpleflas L^*^ roi de Pologne, fut annoncée par
Vlugos,Cmus, une Comète qui parut l'année précédente. Boleflas eil mort
le 28 Oélobre 102^.
Î025.
D Ë s C 0 M E T E s. 369
ï 01 5 . Comète ^ ""Echji. L-ui.
1027. Comète"^, ^''•^"•
1029. Le 31 Oaobre, une Étoile pafTa de l'occident à ' ^'^^- ^'^'^"^
l'orient. C'étoit fans doute un météore, Cedïen.p.yz^,
103 I. Comète , inondation, famine & pejîe. Aijl. Hev. Lvh.
1032. Une Étoile pafla du midi au feptentrlon, éclairant ^'"^"'
toute la Terre par fa lumière. Ceé-en.v.-r,o,
1033. *
Peu avant ia mort de Robert, roi de France, on vit une
Comète ardente^; çWq parut en l'année de la mort de ce ^Frapn.hùi
Prince"^, le 7 àes Ides de Mars, ou le ^ de ce mois, vers la F'ranc.i.Chron,
dixième heure de la nuit^ Elle avoit la longueur d'une 'V ^ .,
pique; elle parut ainn durant trois jours jufqu'à l'aurore*^. Je <^ pr ■ Fd
lais que les plus habiles Chronologiftes marquent la mort Franc, il
de Robert fur l'an 103 i^ Mais «Robert, dit un Auteur ''^'^''^•
contemporain, mourut le î 3 A^s Calendes d'Août (20 Juillet). « ^ckmenc.
Avant fa mort, le jour du martyre de Saint- Pierre & de « '^"^'^"^'
Saint- Paul, à la fixième heure du jour, le Soleil devenu «
iemblable à la Lune, lor/qu'elle eft dans (on quatrième jour, «
parut obfcurci dans toute la Terre : il pâlifîbit en quelque «
façon fur les malheurs qui nous menaçoient. Infortunés que «
nous étions, nous reffentimes bientôt le coup qui nous étoit «
préparé; car depuis le jour de Saint-Pierre, il ne s'écoula «
que vingt-un jours jufqu'à celui de la mort de notre fàint «
Roi". Voilà une date que tout Aftronome jugera préférable Htigddp.yj,
à toutes les chartes. Le 2C) Juin, jour confacré à la mémoire
des faints Apôtres, en l'an 1033, peu après onze heures du
matin, le Soleil fut écliple à Paris d'environ onze doigts.
Donc Robert eil mort en 1033. Un autre Auteur, U'ès-voifin
'de ce temps-là, lie & la mort de Robert & l'apparition de F,vgm. hijf»
ia Comète avec une éclipfe de Lune , qui arriva vers la ^^'^''^^' ^^'
îroifième heure de la nuit. En 103 i, il y eut une éclipfè
totale de Lune le i o Février au lever du Soleil; une autre
le 5 Août, invifible en France. En 103 2, il n'y eut point
d'éclipfe de Lune vifible en France. Eniin en 1033, le 8
Tome L Aaa
^ya Histoire
Décembre, il y eut une éciipfe de Lune d'environ dix doigts;
elle commença vers neuf heures du foir ou vers ia troilième
heure de la nuit. Donc c'eH; en 1033 que Robert efl mort,
& que la Comète a paru.
Au refte, en accordant mcme que Robert efl mort en 103 i ,
l'apparition d'une Comète en Mars 1033 n'en feroit pas
moins certaine; elle efl encore conftatée par les Annales de
ia Grèce &: de la Chine. En Grèce « le Dimanche i 3 Août
(donc en 1032 ), on relîëntit un tremblement de terre».
Je ne rapporte ce fait , que pour conftater la date. « Le i^
Février, une Etoile paffa du midi au feptentrion avec bruit».
Quelque météore aura apparemment accompagné ou précédé
la première apparition de la Comète à Conftantinopie.
« On continua de voir cette Etoile jufqu'au i 5 de Mars ».
C'étoit donc une vraie Comète, d'autant plus que «elle avoit
une efpèce d'arc au-deflus de fa partie fupérieure ». On fait
que la queue des Comètes fe courbe quelquefois en forme
d'arc. «' Le Mardi 6 Mars ( donc en i o 3 3 ) , on éprouva \qs
Cedrn.p.yjo. fecouiïes d'un autre tremblement de terre ». Donc la Comète
a paru en Mars 1033.
En Chine, « à la deuxième Lune {elle commençoit îe
>» 4 Mars), il parut une Comète du côté du nord-oueft. On
5j la prit d'abord pour une nouvelle Etoile, & le Tribunal en
M parla ainfi à l'Empereur ; mais enfuite elle étendit une queue
« de deux pieds ( de 2 degrés ) de longueur, & l'on vit que
Ma't!Ja,t.viii, c'étoit une véritable Comète»,
F' 'Pi-
ÏO34. *
Sous l'empire Je Michel le Paphlagonien , îndiélion 3,
au mois de Septembre, on vit une colonne de feu du côté
Ceiiren.p.yj;^' de l'orieut ; fon fommet inciinoit vers le midi. En Chine,
J^'P-J'/' ^ j^ huitième Lune, commençant le 16 Septembre, il parut
une Comète aux étoiles Tchang (îc, y, A, ^, (p de l'Hydre)
^Mania.uviîi, & y (x de l'Hydre & toute ia coupe )^
^Aifl. Luh. 1038. CometeK
Hep, Zahn,
D E s C 0 M è T E s, 371
ï o 3 8 ^ Ou félon d'autres en i o 3 7 '^j ou 103 c?^, ou 1 040*^, * ^^Ww.:.
on vit, le 6 Avril, une poutre de feu pafTer fur le Soleil, ^chron.
Hirfa,
tomber en terre, &c. C'étoit un météore. ^"-'f'''^*
104
I.
mulii,
^ Chron. Belg,
Des Comètes paroiflant de nouveau au ciel, annoncèrent
fa mort de Michel le Paphlagonien. Ce Prince mourut le cij'c.p.jiS,
iio Décembre 1041.
1042. *
Le 6 0(5lobre, indicflion onzième, vers le commencement
'<îe l'empire de Conflantin-Monomaque, on vit une Comète
dont le mouvement étoit d'orient en occident : elle parut
durant tout le mois. Giycas rapporte fon apparition à la Cedïe}up,yj4,
'deuxième année du règne de Conilantin ; ou plus tôt ^b^^^i'-s ^p'
l'exprelTion grecque dont il le iert fignifie mot à mot que
la Comète parut un an après, ou l'année d'après l'avènement
de Monomaque au trône; ce qui ne contredit point Cédrène.
Monomaque commença de régner le 12 juin 1042, in-
diétion dix; donc la Comète qui fe montra le 6 Oélobre
fuivant, parut la première année du règne de ce Prince,
comme le dit Cédrène. Mais l'année avoit renouvelé chez
ies Grecs le i.^^ Septembre, & ce même jour on avoit
commencé à compter i'indiétion onzième. Ainfi Giycas a
pu dire que la Comète n'avoit paru que l'année d'après le
couronnement de Monomaque.
,1043. Comète félon nos Cométographes modernes. Caj. Hevei,
Alfkd. Lyc,
1046. Rock,Web,ifc,
Un feul Hiftorien, mais ancien, témoigne qu'en la CoddU
quinzième année du règne de Henri L^^ roi de France,
indidion quatorze, il parut une Comète.
104p.
Première année Hoang-yeou, à la deuxième Lune, au jour Maîiia.uVlîh^
Tifi§-mao ( 10 Mars), le maiia, avant le lever du Soleil, ï'^i-^'
Aaa ij
GùiiliL
3^2 Histoire
on vît en Chine une Comète dans la conflellatîon Hlu
( /3 du Verfeau , et du petit Chevai ) ; eile paiïà par les
conftellations Tfoui (tête d'Orion), Ouey (la Mouche),
Léon ( les Cornes du Bélier ) : elle parut cent quatorze jours*
La route qu'on affigne à cette Comète n'eft pas naturelle»
Luh. Sifard. 1053. * Comète,
10 J^.
Première année Kia-yeou, feptième Lune, une Comèfe
fut obfervée en Chine dans la conftellation Tfoui ( tête
d'Orion ) : elle alla jufqu'à la conflellation Sing ( cœur de
l'Hydre &: Étoiles voifines). Sa longueur fut de 10 degrés.
Au jour Kouey-hay de la huitième Lune ( 25 Septembre),
GauUi. on ne la vit pas. Le P. de Mailla dit qu'elle parut dès la
fixième Lune (commençant vers le 14 Juillet) dans le
Mailla, t.vui Tfe-ouey, c'ell-à-dire , parmi les Étoiles qui ne fe couchent
^'^'^■^' jamais, ce qui eft très-poflibie»
Î058. "^
La mort de Cafimîr, roi de Pologne, fut annoncée par
^ Hennenf, xiuQ Comètc qui parut durant pluiieurs nuits ^ Quelques
jyiTgofiil'i, Écrivains difent qu'elle fe montra durant toute la femaine
Mchov.Li, Je Pâques^: ils ont peut-être confondu cette Comète avec
£, xiV,Cureus, u j / /^
Funccèrc. celle de lOOO*
^Moug.LL. 10 do»
Mort de Henri, ror de France (le 25? Août). Peu après ^
une Comète parut le matin avec une chevelure longue &
Will. Â'iaimejh. enflammée.
^Corner!' io6o. ( Ou pius tôt lo^i), le pape Nicolas mouruL
Alexandre II lui fuccéda (donc en 1061). Au temps de
ceUe mutation de Pontifes, on vit une Comète durant un
CakLi. VI. mois. La Comète précédente auroit bien pu ne paroître
qu'en 1061.
Cmop.y,8iy. Un auteur Grec rapporte, au règne de Conftantin Ducas^
indidion quatorze (donc à l'année ro6i), l'apparition
DES C 0 M è T E S. l'Ji
d'une Comète, que Zonare décrit dans ies mêmes termes
fur l'iiididioii 4, feptième année du règne du même Prince;
donc fur l'année 1066* Nous parierons de cette Comète
fur cette dernière année à iaqueile je penfe qu'elle appartient.
L'addition d'un /, faite au texte de Curopalate par quelque
copifte inattentif, a fans doute cccafionné cette erreur.
10^2. Comète. . Chcn.Cav,
I o 64. Comète^ durant quelques mois^, loricjue Guillaume " Fah-k,
conquit l'Angleterre^ Cette dernière date dénote l'an i o 6'6. '"'^'"■^^' ^' ^^
10(^5. Indiélion trois, on vit une Comète^. Piufieurs ^ " '^""
hcrivams anticipent a cette année 1 apparition de la L-omete Catakun.
fuivanîe. Elle a paru, félon eux, en l'année à^s grandes ^Chron.Vhdun,
guerres d'Angleterre ^ fous le règne d'Harald^, le jour de ''Stadweg.
iodave de Pâques, 8 à^i Calendes de Mai ^ : tous ces '^^o'^^. ^' /^=.
caraélères appartiennent à f année \q66. Quelques-uns font ^Benhold,
paroître la Comète avant la mort d'Edouard, mort le 6
Janvier \o6G, La Comète auroit donc paru en 10(^5?
Mais lorfque ces mêmes Hidoriens joignent à l'apparition
de cette Comète la mort de Henri L^*" roi de France KrJgth. l /,
(mort en io6o ), ou celle de l'empereur Henri III (mort Higdfu,uvi,
àhs 1056); ils nous difpenfent de \q$ regarder comme à^^
Chronologiftes dont fautorité mérite quelque confiance.
100 0. JHmtind.},VI[,
Mat th. Paris,
Grande & célèbre Comète. Voici les circonftances de 'l^f^'^' ^^ffi*
fon apparition, telles que j'ai pu les recueillir d'un nombre ^i /y"^'
infini de relations. c^^ '
Elfe parut au commencement de l'année, fèion piufieurs <=< ^^i 'aiià's
auteurs Anglois^: mais alors, en Angleterre, l'année ne Brct' Abf'
commençoit qu'à Pâques. En Chine , la Comète fut vue àhs '^"^^'
le 2 Avril ^. En occident on ne la remarqua que vers la fête ^^""^^•^vgujï,
de raques . Quelques hcrivains, non contemporains, difent /. vu.
qu'elle parut le jour même de Pâques^, qui, en cette année, ^Chon.
îomboit le i 6 Avril. D'autres fe contentent de dire qu'on ^'"^^^'Chrem
ia vit durant \qs fêtes de Pâques ^ Il en eft qui fixent ion tsiagi cl-
apparition à toute la femàine de cette fête^. Selon à^^ Belg.'chwn!
Aller. Harans-t,
Anienln,
f
^jA Histoire
Hirtoriens , la plupart comtemporains , elle commença à
^Chnn. Saxon, paroîu'e le I 8 ^ le 2 3 ^ le 24^, le 25 "^ ou le 26 Avrils On
^Fior£vig. lie peut donc révoquer en doute qu'on ne l'ait vue en occident
jw7. Dundm. ^^5 {q mois d'Avrll : il y a même tout lieu de préfumer qu'elle
B,vmm,HoveJ. étoit déjà fort belle. En orient on ne la vit qu'au mois de
p. 1, Bnthoid. j^^j . Jq moins les auteurs Byzantins^, fuivis de quelques
GoM. ' ' Latins ^, difent limplement qu'elle parut au mois de Mai. Le
AAimoin.Suppl ^jçj ç^^ peut-être couvert à Conftantinople les derniers jours
^' « chro'n, d'Avril : il fe peut faire aufn que les auteurs Grecs aient
S.Dionyf' nommé le mois de Mai, parce que la très -grande partie de
;/>S.^i^/' l'apparition de la Comète apparîenoit à ce mois. Un Latin^
2o!mr.p.^7f- jji; Que ia Comète parut fur le déclin du printemps, Jecli-
Cliron. Car. ncinte jaiiî vere , ce qui peut ne ligmner autre choie Imon que
, h^^^'i^i'^Yrlr la Comète fut vue durant les derniers jours d'Avril & durant
c, XV. tout le mois de Mai.
/P''^'"' ^"^' Les Hirtoriens ne font pas moins partagés fur la durée de
Abbï, tr. Kfg, ri ^ , r -^ • • r-ii
KAimoin.Suppi. la Comète que lur le temps de la première apparition. Liie
^Florent, ^^q parut que quelques nuits, félon un écrivain Allemand*;
hunelm, Cinq jouî's Icuiement, s li en raut croire un auteur rrançois"^,
Raduiph. Les Auslois reflrelo-neiit fa durée à fept jours ^, un François à
Knigth. L 1, neuf , un autre a douze , piulieurs Allemands ce JNormands
H'.gden. i. VI. ^ quatorze ou quinze^. Son apparition a excédé vingt jours^,
S.Dh7^>r. ^ même été jufqu'à trente"^, félon les Italiens & quelques
"Chron.F. Vm. Allemands. Les Grecs s'accordent à dire qu'elle a été vue
^Schafnab. j^u'^j-jt quarante jours *". Les Allemands orientaux affurent
ivii.W'aijingh. qu'elle a paru long-temps; diu vifus ejl\ ou multis Jiehis Mon
.r.;ff'"'i' ■ ua auteur Françoise En Chine on la vit durant foixante-
i.vi.c.xxxi. fept jours . Ennn un François témoigne qu elle rut vue durant
^'p^i . près de trois mois^. Struyck, peiiuadé que cette Comète ne
Bamherg.L II, diffère pas de celle de 1665, ne s'accommode pas de cette
«1"'^^''^''' longue durée. «Le temps de quarante jours, dit-iP', eft une
"iBertkoid.n durée que les auteurs Byzantins accordent alîez ordinairement
uîf.a'xv, à leurs Comètes». Mais, i.° fautorité d^s Byzantins eft ici
'C«ro/;.G/}r. confirmée par celle à^s, Allemands orientaux, & par celle
Z.onay.
f Cronogr, Saxo. Annal Saxo. Chron, reg. Urfperg, Chron, Adnwnt. Staind. « Rkh, " Cauhtl "" Fragtn,
Jiij}, Fr&nc. IL ^ Straj/d. iji-o, y.zzz.
r> E s Comètes. 375
Jes Annales de la Chine. 2.° La raifon qu'allègue Struyck,
pour infirmer l'autorité des Byzantins, eft d'autant moins
décifive, qu'il ne s'agit ici que de Jean Curopalate, de Glycas
6 de Zonare; ce font \(^s feuls Grecs qui parlent de la
Comète de 1066. Or, de toutes les Comètes que j'ai
recueillies de ces trois Auteurs, je ne trouve que celle de
1066 dont ils prolongent l'apparition jufqu'à quarante jours.
Ce n'efl: donc point par habitude cju'ils lui accordent une
û longue durée. La Comète a été vue en Chine jufqu'au
7 de Juin. En Grèce «Se dans la partie orientale de l'Alle-
magne, on la vit pareillement jufqu'en Juin. C'efl le mau-
vais temps ou l'inattention qui l'aura fait perdre de vue
beaucoup plus tôt en Angleterre , en France , en Italie , &
dans une partie de l'Allemagne.
La Comète fut donc vue en Chine àhs la troifième Lune. Mailla, t.vili,
Au jour Ki-ouey ( 2 Avril ) , elle étoit dans la confleilation ^' ^^^'-
Che [cl, (è de Pégafe). On la voyoit le matin; fa longueur
étoit de 7 degrés : ûïq alla fort vite vers l'eft , & fut près
du Soleil ^ En occident on la vit auffi d'abord le matin ^ du ""GavMi
côté de rOrient^; Jfà queue étoit tournée du côté du midi'^, ^ Chon. Aiheu
ou du côté de l'occident^; l'un & l'autre pouvoit être vrai " R^'^^aU.
à différentes heures, ou mieux encore à difierens fours. Le t^°''™ij.'a
24 Avril on la^yit le loir a i occident*; ce qui eft confirmé Franc, ii.
par iQs Annales de la Chine, où il eft dit que le jour Sïn-fe " Dhgof
( 24 Avril) on commença à la voir le fbir; ^V^q paroilfoit ^C^'rQn.P,Vivk
comme une Etoile fans rayons , & telle qu'une vapeur blanche
de 3 degrés. On ajoute ocelle traverfa les Etoiles Ven-
îchang ( e, f, 9, (p, v, h. de la grande Ourfe ) , & celles du
Pe-teou (du grand Chariot ). Un Hiftorien femble dire que GmiMl
le 25 Avril fa queue regardoit encore foccident, ce qui eft Amomjuppi
îrès-poffjble , fi elle fe levoit le matin avant le Soleil; éX^
fe couchoit certainement après lui : car dans ce même temps
on l'obferva dans \qs Gémeaux , & par confè'quent elle avoit chnn, Aup^^
pafîe par fa conjonélion inférieure avec le Soleil. Ce même
jour, en Chine, on lui vit des rayons, c'étoit une Comète
rfe 10 degrés • elle traversa Bootes , les Gémeaux & la
^-76 Histoire
Cauhil, Vierge. Il n'eft pas poffible que le 24 &: Je 2 5 Avril la
Comète ait fuivi la route que lui affignent \qs Annales Chi-
ïioifes. Si le 24 elle eût été dans les Étoiles de la grande
Ourfe , on l'auroit vue toute la nuit. D'ailleurs que la Comète
ait été de la grande Ourle au Bouvier, rien de plus naturel ;
mais que du Bouvier elle ait paffé dans \es Gémeaux , pour
aller de-là dans la Vierge, &: revenir eiifuite dans la conflel-
ktion TcJiang (x, u, A, ^, (p de l'Hydre) , cela ne fë peut.
Il y a néceirairement erreur , ou dans Ïqs obfervations même,
ou dans les copies qui en ont été tirées. Des Gémeaux la
Ckon. Augufi. Comète rétrograda avec tant de promptitude , que dhs le
Chron, 26 Avril OU commcuça à la voir le loir. Nous avons vu
S.Dionyj. ç^y'gjig avoit commencé à paroître le foir dès le 24. Sa
^GaulîiMailia, qucuc étoit dc 15 degrés "", tournée du côté du midi^, ce
r,vni,p.2jj, g^j e(l très - poffible fi l'on fuppofe à la Comète une décli-
^RomuaU ^^^.^^^^ j^^^^^j^ de 3 G à 40 degrés ; & cefl ce qu'il faut
ïiéceiTairement fuppofer , puifque l'on voyoit la Comète au
^Waifngh. iiord-ouefl^: ii en fortoit trois rayons qui s'étendant au loin
WiiMm^Gemif, ccîairoient prefque toute la partie auflrale du ciel^ Ces rayons
\ lidem, ' "^ furent point d'abord de cette longueur. Nous avons vu
que le 24, en Chine, la Comète avoit paru fans rayons; elle
étoit fans doute alors très-voiûne de fa conjondion inférieure.
C'eft peut-être ce même jour, 24 Avril, que \qs Grecs la
découvrirent pour la première fois : elle fuivoit alors le
Soleil après ion coucher ; fa grandeur égaioit celle de la
Lune, lorfqu'eiie eft pleine. Le lendemain du jour de (à
première apparition , on commença à lui découvrir du côté
de l'orient une queue qui augmenta de jour en jour , & ia
^ Curôp, Gijic, tête diminuoit à proportion. Vers \gs premiers jours de Mai
^o,.w. ^jj^ paroilîbit depuis le commencement de la nuit jufqu'au
Chron. s. Dion, chaut du coq ; elle s'avança vers l'orient durant quarante
Ar<ï'. Gijc. jours : cette dernière circonftance peut s'accorder avec ce
qui eft dit plus haut, que la Comète rétrograda avec beau-
coup de promptitude. La Comète n'a pu paroître le matin,
être vue enfuiîe dans les Gémeaux & le montrer le foir, fi
ion mouvement appai;ent étojt véritablement rétrograde.
L'écrivain
D "E s Comètes. 377
L'Ecrivain qui s'eft fervi de cette expreffioii a apparemment
comparé le mouvement de la Comète au mouvement diurne
dçs allres, qui fe fait d'orient en occident. La Comète a
rétrogradé feion lui , parce qu'elle a avancé promptement de
l'occident du Soleil à ion orient. La Comète, en Chine,
celTa de paroître dans la conflellation Tchang ( entre le cœur
de l'Hydre & la Coupe). CaulnL
Il fuit de ce détail, que le mouvement réel de la Comète
a été probablement rétrograde ; que lorfqu'on la découvrit
en Europe, elle étoit afîèz voifine de la Terre; qu'elle avoit
paiïe par fon nœud alcendant peu avant le 2 5 Avril ; qu'eu
conféquence ce nœud étoit un peu plus avancé que la Terre
ne l'étoit alors dans ion orbite, ou qu'il n'étoit pas éloigné
du 20.^ degré du Scorpion, Continuant de combiner Ïqs .
phénomènes obfervés de cette Comète, voyant fur-îout fa
tête diminuer à mefure que fa queue augmente , je crois
pouvoir en conclure qu'elle s'écartoit de la Terre en s'appro-
chant du Soleil , & qu'elle n'a paiTé par fon périhélie que
vers la fin de fon apparition. On peut fuppoièr qu'elle y a
paifé vers la fin de Mai avec une latitude géocentrique de
12 à 15 degrés au moins; que le lieu de ce périhélie étoit
vers le commencement du Lion; que l'inclinaifon de l'orbite
ée la Comète à l'écliptique étoit de yo ou 80 degrés, &
que fa diftance périhélie étoit égale au tiers de la diilance
moyenne de la Terre au Soleil, ou même un peu plus forte.
Plufieurs circonilances de l'apparition de cette Comète, &
fur-tout fa longue durée , ne me permettent pas de foufcrire
au jugement de Struyck, qui croyoit, comme je l'ai dit plus
baut, que cette Comète étoit la même que celle de 166^5.
Celle de 1066 auroit plus de rapport avec celle de i 677 ;
je n'oferois cependant pas prononcer définitivement fur leur
identité, celle de 1066 a été obiervée trop long-temps.
La Comète de 1066 a été regardée comme le préiage de
îa conquête du royaume d'Angleterre par Guillaume, duc
de Normandie. Cette circonfiance occafionna quelques dii^
îiques, qui conilateroient l'année de l'apparition de la Comète,
Tome L ^bb
378 Histoire
il on ne la favoit pas d'ailleurs. Selon un Poëte Je ce
temps -ià, la Comète avoit été plus favorable à Guiiiaume
que la Nature à Céiar : celui-ci n'avoit point de chevelure ^i
Guillaume en reçut une de la Comète.
Cœfarîem , Cœfar , tïbi fi natura negavlt ^
Huntindoa, Hanc , Willelme , tibi Jiella Comata de dit,
î, VIL
Cette chevelure étoit-elle la couronne d'Angleterre! Un
Moine de Malil^uri , voyant fa Patrie fur le, point d'être
attaquée, d'un côté par Harald, roi de Norvège; de l'autre
par Guillaume, & jugeant qu'il y auroit du lang répandu :
«Te voilà donc, dit-il en apoÛrophant la Comète, te voilà,
» fource à^s larmes de plulieurs mères. Il y a long -temps
'» que je t'ai vue; mais je te vois maintenant plus terrible : tu
'}-J!gden, l VI. meuaces ma Patrie d'une ruine entière ». C'étoit ainfi qu'on
Knigih. l. L j-aifonnoit alors.
^Chrom 1 067, Comète^ à la mort de Conftantin Ducas ^ , & par
^" ^^* ' conféquent en Mai 1067. On pourroit appuyer la réalité
■^ de cette Comète lur ce qu une ancienne chronique lait men-
Chron.AïaUeac. tioii , &L de la précédente & de celle-ci, ce qui a été luivl
^Giib. I.IIL par quelques modernes ^
%[ip!l ^^'^^^"' Ï06S, Comète^, Les Centuriateurs , pour la décrire-,
hCatner.Coni. emploient les expreflions de Zonare fur celle de 1066, &
p. 88. HeveL s'appuieiit même de l'autorité de cet Hiftorien.
Entre 1071 & 1078.
*
Sous l'empire de Michel Parapinace, on vit fréquemmenî
'Çurop.p,B;^. à^s Comètes.
1071. Comète durant vingt-cinq jours: on avoit vu
'€af. Aift.Ricu précédemment une Etoile nouvelle vers le midi & l'occident*
%ub, Hev,
loyy *
'Syn. chronoL On Vit en Chine une Comète. Elle parut dans la conf^
'Mai/la, t. VIII, tellation Tc/ii/i (le Corbeau) , à la dixième Lune, au jour
^. 28/. Y-ouey ( 17 Novembre) ; Tes rayons s'étendoient à 3 degrés s
au jour Tin§-yeou ( ip Novembre) ils furent de 5 degrés 3
DES Comètes. 379
Bc Je/ au jour Voii-fu ( 20 Novembre). Au 29 du même
mois la Comète ne parut pas. Caukl
1077. Le jour du Dimanche des Rameaux , p Avril,
vers la fixième heure , par un temps ferein , on vit une
Étoiie. C'étoit fans doute Vénus qui aporochoit alors de fa Sige^. Chron.
n- ' r/ • i. i. Alber, Annal,
conjonction mierieure. Waveyl ire
1080.
A la ieptième Lune, commençant vers le ip Juillet, on
vît en Chine une Comète dans Tay-ouey , partie du citi ^^^'^^.f-Vm.
qui contient la chevelure de Bérénice, les Chiens de ChafTe ^* ^^^*
& partie du petit Lion , du Lion , de la Vierge & du Bouvier.
La Comète d'Hailey a pu paroître en 1080 au mois de Juillet
dans le Tay-ouey.
1084. Comète cm mois de Juin. Tout ce qu'on ajoute à Woîf.
f' ^ f o Tl Centen, j 2 ,
on apparition appartient aux années i i i o oc i i i i. 11 juj^j,
pourroit y avoir une faute d'impreffion dans Wolf.
1085. Le 17 Février, au commencement de la nuit,
une Etoile très - claire entra dans le cercle de la Lune, qui
n'avoit encore qu'un jour. D'autres rapportent ce phénomène Aihey. Cafm
à l'année fuivante^ à laquelle il convient beaucoup mieux. ^Romudd.
\J>\\ Écrivain dit expreiïément que cette Étoile étoit la planète ^^^i^^l'yonÉv.
^e Vénus ^ ^ ^ ^vni.fGwv,)^
Sur l'an lopi on commence déjà à parler de la Comète i.iv,c.xv,
Je I 006, Centur.
1092. Comète au fil d vers le 7 Odobre, C'eft celle à^ Cœj.EdJî.Luh,
[10^6 anticipée de quatre ans.
En la même année, le i.^^ Août au foir, une grande
Étoile & comme une grande poutre, parut être tranfportée
de l'efl à l'ouell: par le nord. 11 y a toute apparence que ce Laml>erf,
îi'étoit qu'un météore.
10^3. Deux Comètes. La première eu celle de i 106, h CAron.Nuretnl'f
féconde celle de i o(56, rapportées par une faulfe chronologie
à l'an 10^3.
En cette même année on vit une lumière comme celle
id'un flambeau , voler dansi'air en partant de l'orient. D'autres f'-'^^^- Saxa.
Sbb 1} Urjperg, '
380 Histoire
^■Nangis. difent que ce phénomène reiïembloit à un bâton embrafé^,
emor, ij or. . ^^^^ javeiot en feiA II parut de plus un dragron^. C'étoit
lans doute autant de météores.
c/iroii. reg. Comète encore en la même année ^. C'ell: fans doute celle
^m>eT-' ^^ ioc?6 ou de lop/.
^Aifled, ï ^9 5 • ^'^ ^^^ ^^'^^ Comète au midi vers le y Odohre^. C'efl
^ Annal, cncorc Celle de 10^6. Un Hiftorien ancien dit qu'il y eut
Hirjaug. cette année un grand mouvement d'Étoiles^»
Tahric, memor, ^
Effl'J^uK iog6,
Iiei\ Weo, ■^
^m""^^' ^^ "^ conflaterai point l'apparition d^une Comète en cett^
Me
arsan,
année , par le témoignage de ceux qui difent en général qu'on
^Naucler. vit unc Comète en iop6^ encore moins fur l'autorité de
vf^yTs^Aret. quelques Écrivains, qui rapportent à cette année & l'appari-
Ctnmr. Woif. tîon d'uue Comète & la prile d'Antioche^ : ceux-ci fe trompent
v!^-2o!&c. manifeftement, Antioche n'ayant été prife par les Croiiés
"^Amn^Cafm, qu'eu 10^8 ; îes premiers font tous modernes, & d'ailleurs
Chron Cajin. jg^ caraélères qu'ils donnent à la Comète peuvent convenir
a la Comète iuivante. Mais je me tonde lur 1 autorité claire
& décifive d'un Auteur fenfé & contemporain , témoin oculaire
& irréprochable. « On vit , dit-il , plufieurs prodiges ; car nous
»ï vimes nous-mêmes ( bien décidément en io(p6 ) , vers ie
îî 7 Oélobre une Comète dans la partie méridionale du ciel :
35 femblable à une épée, elle étendoit obliquement {q^ rayons..
S5 En la troifième année qui fuivit , nous vimes pareillement,
M le 24 Février , du côté de l'orient, une Étoile qui changeoit
^AnnalSaxo. A'Q lieu par de longs intervalles , comme fi elle eût fauté ».
Cette dernière Étoile étoit fans doute un météore. Plufieurs
Chron. reg. Ecrivains ont rapporté à l'an 100(3 la Comète vue par
Abb,Stadt -î^i^^caf^ij niais lans dire quils lavoient vue eux-mêmes.
Conrad, abbé d'Urfperg en 12 15, a fait, vers 1230, une
chronique , dans laquelle il copie Ekkéard prefque mot pour
mot , fans en avertir. II a eu ici la mal - adrelîe de ne pas
changer la première perfbnne ; il dit avoir vu lui-même cette
Etoile, lui qui n'efl né que près d'un fiècle après fon appa-
rition. Cependant , à l'imitation d'Ekkéard dans ua autre
DES Comètes, 381
Ouvrage , îl parle de la Comète fur l'an i op/ , mais fans Ekkeard,
décider qu'elle ait pai'u en cette année. Ils rapportent l'un &
l'autre {^i prodiges qui précédèrent la première croifade , fans
déterminer à quelle année chaque prodige appartient. La
croifade fut prêchée en 1095 * ^^^ ^^ croifa , on partit en
\jo^6 : on ne commença à porter les grands coups qu'en
Il 097. Piufieurs ont copié l'abbé d'Uriperg. 11 eft à remarquer
qu'Ekkéard , dans Ion Annalifle Saxon , n'oublie pas de faire
mention fur l'an 1 05)7 de la Comète fuivante.
1097. *
Cette Comète a été fort remarquable ; mais on ne îa vil
que très-peu de temps. Il lemble qu'on la découvrit pour la
première fois le 3 o Septembre , & qu'elle fut vue en Europe
durant cjuinze jours, à compter de cette date'^. Quelques-uns
bornent fa durée à la première femaine du mois d'Oèlobre^
En quelques endroits on ne la vit que le 5 ou' le 6 Oélobre ,
& X^i fept ou huit jours fuivans^ : elle dilparut ( en Europe )
vers le 14. du même mois. Prefque tous s'accordent à dire
qu'on la voyoit du côté de l'occidenf^ : elle fut oblervée en
Chine dans cette même partie du cieP. Elle lançoit deux
rayons ; le plus long étoit tourné vers l'orient , le fécond vers
ie midi^, ou plutôt vers le fud-efl^, fi l'on en croit quelques
Hiftoriens ; mais d'autres ne lui reconnoiifent qu'une feule
queue , aflez éclatante ^, très-longue S & reiïemblante à une
pique ^ : quelque nuage léger de notre atmofphère pouvoit pro-
duire quelque part fapparence d'un fécond rayon. En Chine,
au jour Ki-yeou , huitième Lune (6 Odobre), la queue
parut longue de 30 degrés: elle s'étendit jufqu'à 50 degrés
au jour Gin-tfe de la neuvième Lune ( 9 Odobre ) '. Un
Écrivain contemporain dit que le 5 Oc%bre la Comète étoit
yers le feptentrion , que fa queue regardoit le midi , qu'elle
parut depuis le coucher du Soleil jufqu'à la féconde veille
de la nuit ( c'eft-à-dire, durant trois ou quatre heures au
moins ) , & cela pendant huit jours. Cela s'accorde fort bien
j^vec ce qui eit dit dans les Amiales de la Chine ;, <ju ou ia.
^ Florent, Vig^
Sim. Dmelnu
&
autres Anghisi
^ S'geb. Chren,
Belg, StaindeJ,
" Chron. Mail,
Chron, S, Albi
^ Sigeb. Chron.
Albtr. Chron,
Leod.II, Chron„
Belg. Nangis»
StaindeL
^Coupl.Maillax
^ Chron, AlheK_
^ Annal.
Morgan. Wl/L
Malmefi. /. IV.
^ Chron, Augujl,
' Annal»
IVaverl,
k Fragm.^ Hifl^
Franc. 11,
Chron, S. Aib^.
^ GauliU
Chren, StAê^
3
I s T a T R Ë
* Couplet,
'Mailla.
voyoit vers ioueH^ le 6 Odobre dans ia conflelîatîon , Ti^
[cl, /x de la Balance ). Tout cela fuppole que la Comète avoit
une déciinaifon boréale aiîez forte : en conféquence , comme
elle n'étoit que d'un petit nombre de degrés plus orientale
que le Soleil , peu après le coucher de cet Aftre elle paroiifoit
du côté de l'occident ; elle avançoit enluite vers le nord :
on ne la voyoit pas au nord même , puilqu'alors elle ne (e
feroit point couchée; mais elle ailoit juiqu'au nord- 'ucll,
où elle fe couchoit à la féconde veille de la nuit, ou vers
neuf ou dix heures du foir. Un autre Auteur contemporain
Fragin. Hifl. dit que la Comète parut du côté du midi, ce qui n'ell pas
"^'^' ' impolTibie, pourvu que l'obfervation foit rapportée à ia fin
du mois de Septembre , ou aux premiers icurs d'Oélobre.
Un autre non contemporain , mais d'ailleurs exaél , dit que
cette Comète fut vue le 4 Octobre au >oir ver^ le iud-ouefl ,
& qu'elle fe couchoit preique auilltôt ; que fa queue éloît
Oimul, Waverl tournée vers le fud - ouelL Si cela efl , il faut qu'elle ait
parcouru bien du chemin du 4 au 5 Oélobre, & que'par
conféquent elle ait été bien voifme de la Terre. Ces deux
Auteurs n'auroient-ils pas pu confondre la Comète de i op/
avec celle de l'année précédente. Au jour Kï-oiiey ( 1 6
Oélobre ) , les Chinois virent la Comète fort près de la
GaiilU. petite Étoile qui eftau lud de ia tête d'Hercnle« Un Ecrivain
du temps dit que cette Comète n'étoit ni grande , ni fort
'Chron, S, Aîb. claire : c'étoit donc la grandeur de fa queue qui la failoit
remarquer. On cefla de la voir en Chine au jour Von-
Gauhïl. tchin (25 Odobre). Un Hiftorien, exaél d'ailleurs, mais
qui n'écrivoit que dans le feizièinc fiècle , dit qu'elle étoit
Annal Augujî. fort grande, & qu'elle parut au miis de Novembre.
10(^8.
« Je ne dois point palTer fous fiîence , dit un Hiflorlen
35 contemporain , que ia nuit même de ia prife d'Antioche
>> ( 3 Juin ) , la Comète , qui a coutume d'annoncer la révo-,
3ï lution Aqs Empires ,.brilioit entre les autres A rtres du Ciel^
i* & étendoit au loin i'éclat de k^ rayons. On vit auffi entre
D E s C 0 M è T E s, 383
îé nord & Torient une rougeur de feu , &c. » Plufieurs autres ^ohn, m. v,
Écrivains marquent auffi fur cette année la prife d'Antioche '''^•^"^"'•
^l'apparition dune Comète^: mais un d'entre eux a tort ^ Chron. Fof,
de rapporter cette Comète au mois d'Odobre ^ : elle parut .T".: ^'"'''"'
■ I T • 01 'Ci II I ^i ^ûw. AnnaL
au mois de Jum, OL les crepulcules, plus longs alors dans WaverL '
nos climats que du côté d'Antioche , ont fans doute empêché '' Protofj},
qu'on ne l'obfervât dans la plus grande partie de l'Europe.
ÛAuteur qui a diffère jufqu'au mois de Novembre l'apparition
de la Comète précédente , en fait paroître cette année une
extraordinaire au mois d'Odobre. D'autres diffèrent jufqu'à Amal, Augufi^
cette année l'apparition de la Comète précédente. Cemur. HêréU
lopp. Comète, wdeu
iioo *. C'efl vraifemblablement ie ^24 Février 1008
ou iop9 au plus tard, qu'Ekkéard vit cette Étoile fiutanîe
dont nous avons parlé fur l'an \o^G, Je crois, comme je
i'ai dit, que ce n'étoit qu'un météore. Struyck la rapporte
à l'an I 100, & paroît très-porté à y reconnoître un retour
de la Comète de 1652. Struychi^^^^
I ICI.
En la première année du règne de Hoey-tfbng en Chine,
au premier jour de la première Lune ( le 3 i Janvier i i o i ) ^
on vit une Comète vers le couchant d'hiver : elle rcpandoit
une fi grande clarté , que toute la Terre en étoit éclairée ;
elle effaçoit la lumière de tous les Aftres. Elle paroiffoit du Syn, Chom
côté de l'occident auffitôt après le coucher du Soleil ; qWq.
étonnoit par fa grandeur ^ . cent. Lavât,
Sur I 102, nous trouvons encore la Comète de 1007^ r'!^^"'!f'^'
On anticipe au contraire à l'an i 1 03 la Comète de 1 1 oé ^, ^^^'
En I 1 04 , on vît de nouveaux Àftres d. ^iTÈcïfolt
î I o 5. Quelques Hiftoriens^ même contemporains^, datent ^^^'' ^^''"'^'
i'apparition d'une Comète du mois de Février i 10^. Mais « ^l' TC' '
ces iicrivams aonnent a cette Comète ùq^ caradere.s qui chron, Cav.
f Fak, Cet
384 Histoire
femblent appartenir à la Comète fuivante , de laquelle ifs
ne parlent pas. Dans une hifloire Chinoife , où l'on pafTe
pareillement loiis illence la belle Comète de i io<^, quoique
Gavl'tl Ma'iUa, oblcrvée bien certainement en Chine, on dit qu'en lacinquième
u ,p.si-o. g^j-jj^^g jg Hoey-tfong , ou en i 105, à la première Lune, on
Syn. Chrott, vit une Comète du côté de l'orient. Je loupçonne qu'il y a
ici erreur de date, & même de lieu : la Comète de i \oG
a été obfervée à la première Lune , il efl; vrai , mais du
GmUl.Mailla, côté de l'occideut & non du côté de, l'orient. Je ne parle
point de ceux qui anticipant d'un an & la mort de l'empereur
Henri IV & l'apparition de la Comète , rapportent l'une &
Sdnon. Cafm. l'autre à l'an i i o 5 , ni de ceux qui , commençant l'année
en Mars , comptoient encore 1 1 o ^ , lorique la Comète
'ChYoju Elnon. fui Vante a paru.'
I 106. ^
^S'igeh.^Memor, Grande & belle Comète. On vit d'abord le 4^, ou félon
Aiher. chron. u autrcs le ^ Tcvrier^, une Ltoile qui netoit datante du
'^^^S' Soleil que d'un pied & demi : elle fut vue ainfi depuis la troi-
!> Lycojih fjème jufqu'à la neuvième heure du jour. Quelques Auteurs
^ Matth. Par. ont donné à cette Étoile le nom de Comète^. On pourroit
demander p,ourquoi cette Ltoile ne iut pas vue plus long-
temps, frc'étoit un Aitre fixe & permanent! Ce ne font pas
ies témoins oculaires de ce phénomène , qui lui ont donné
ie nom de Comète , ce qu'ils n'auroient pas manqué de
faire, s'ils lui euffent découvert quelque apparence de queue
ou de chevelure. Ils ne voyoient donc que l'apparence
d'une Etoile; or, je demande fi une Etoile, un Aûre pro-
prement dit , peut être vifible à une aulîi petite diflance
du Soleil !
[Ph'ihJ. TranJ, Le 7 Février on commença à découvrir en Paîeflîne , &'
(^aubil, ie I o en Chine , une Comète proprement dite : elle étoit
ie j vers le commencement du figne d^s Poilfons. « Au
'* mois de Février , difent trois Hiiloriens contemporains , le
'* joiu* ique BOUS comptions pour premier de la Lune ( donc
ie 7
DES Comètes. 385
le 7 Février) (c) , une Comète parut dans le cîel &: nous «
furprit fort. Placée vers ie iieu du ciel où ie Soleil fe couche «
en hiver , elle étendoit au loin un rayon blanchâtre qui «
reffembloit à une toile de lin. Depuis le commencement de «
Ion apparition , tant la Comète même , que Ton rayon qui «
imitoit la blancheur de la neige , diminuèrent de jour en «
jour. » Ces dernières paroles ne doivent pas cependant être Fukher. i n.
prifes à la rigueur, comme fi la Comète eût commencé à ^'^J//^ '^'/l'
diminuer àhs le 8 de Février, & eût continué de décroître Hifl. Hieraf,
les jours fuivans. Au contraire , félon quelques Chroniques ,
« Sqs rayons , plus blancs que le lait , paroiifoient augmenter
tous les jours, »» Selon d'autres , on vit une grande clarté , Cbon. Men
jfemblable à une poutre enflammée , le joindre à l'Etoile , en
s'étendant entre l'orient & le nord. Nous tâcherons de con- Fiormt. vig.
eilier ces contrariétés apparentes. BrompuHoved.
Tous ne virent pas la Comète ie même jour, y Février» P' ^'
Guillaume de Tyr ne date fa première apparition que du p. Apud, Calvif.
H paroît qu'en occident on ne la vit pour la première fois
que le i6^, & en quelques lieux le i8 du même mois^ ^sfm^^'u^eim.
On efi; encore moins d'accord fur fa durée , ce qu'il faut Brompt. Annah
attribuer en grande partie à la différente conftitution de l'air, il^aifàl.'^''"'^ '
Selon quelques-uns, elle ne parut que durant quatorze ou h chmi. Rem.
quinze jours ^: félon d'autres, elle brûla pendant quarante "^y^nW.^/rfrjr.
jours ^ ou pendant tout le Carême , depuis le 7 Février ^J^;^(' '^^2^;
jufqu'au 25 Mars^, ce qui fait quarante -fix jours d'appa- //.
rîtîon. Après cinquante jours d'apparition , « la vue la plus ^ Comnen,
perçante avoit de la peine à la dillinguer , » dit un àçs
( c ) Dans un manufcrit de la
Bibliothèque de Sainte-Geneviève ,
que je juge du xiii." fiècle au plus
tard, à la fuite de l'Hiftoirede ia pre-
mière Croifade par le moine Pvobert,
, on trouve une partie de l'Hiftoire de
J-érufalcm par Foucher de Chartres ,
telle que cet écrivain l'avoit cpnipofée
d'abord. Entre autres variantes très-
cumufès , que ce manufcrit pourroit
Tome L
fournir , la première apparition de la
Comète de i 106 y ell expreiïement
datée du 7 àti ides de Février , ou
du 7 Février. La date par la Lune
pourroit être équivoque , celle-ci ne
l'efl pas. II y ed dit de plus que la
Comète fut vue cinquante -fix jours
& au-delà : les imprimés ne portent
que cinquante jours.
C C C
'^ Vinc. Beîlou,
lib. XXV,
eap, CXVlt
^S6 Histoire
* Gefl. Franc, témoîiis ocufaîres ^ : un autre enfin prolonge fa durée juA
^Tpn' • ' 4"'^ cinquante-fix jours & au-delà''.
dans la note. Des Autcurs dilènt que cette Comète étoît très-grande^,
= Chrm. Sic. qu'elle imitoit le flambeau du Soleil ^ , qu'elle couvroit de
d ri ^ ^^^ rayons une grande partie du ciel , & qu'elle jeta la
/f/yi.^w/f^, terreur dans tous les efprits^; qu'elle étoit la plus grande
cap.^Lv. chron. jg toutes Ics Comètes qu'on eût vues jufqu'alors ^- elle étoit
"'Mailla, ^'■' contraire très-petite, s'il en faut croire deux Hilloriens*
t,viii,p,^^o. i[ efl; vrai cependant que ceux-ci ajoutent que fon rayon
Cemnen. ^^^jj. très-graud & très-étendu^, & l'on peut remarquer que
g chroir. fautorîté d'un des deux au moins eft fort équivoque.
S. Aib. IL Ce qui regarde le lieu du ciel où la Comète fut obfervée,
efl plus intérelTant , & mérite plus d'attention de notre part,
hes anciens hifloriens Européens daignent rarement faire
mention du lieu à^s Comètes ; & lorfqu'ils en parlent , ik
fe contentent de nous apprendre en général de quel côté ils
ont plus particulièrement obfervé la Comète, au temps de
fa première apparition , fans nous indruire d^s changemens
de lieu poilérieurement furvenus. Comme tous n'ont pas
découvert la Comète le même jour , il s'enfuit qu'il doit y
avoir entre eux d^s contradi^ions apparentes , que l'on
peut, & par conlequent que l'on doit concilier, en rapportant
à différens jours les oblervations qui paroilfent contradiéloires»
Cela pôle , je vais faire un tout de ce que j'ai pu recueillir fur
le lieu d>L les mouvemens de la Comète de i i 06.
A Conftantinople & en Paleftine , « on vit la Comète
'' dès le 7 Février;, elle étoit ce jour-là vers le commencement
-^ê''^' du figne des Poilfons. « On la vit le 10 en Chine, vers la
CauU fin du même figne; « fa queue avoit ^o degrés de longueur,
" Le 7, on la voyoit vers la partie du ciel où le Soleil a coutume
ui^^!T^6 " ^^ ^ coucher en hiver'' : fa queue s'étendoit jufqu'au corn-
Gtfl. /v««r. " mencement du figne dts Gémeaux'*, fous la eonfiellation
f. z/F. Hiji, J'Orion^* » Sa latitude étoit donc méridionale , autrement
^ Fhiioj.Tranf. ^^ queue n auFolt pu atteindre la conftellation méridionale
"^ Chron. Aiùer, d'Orlou ; & comme le Soleil étoit en 25 degrés du Ver/eau,
la Comète ne pouvoit être moins avancée que le 10 ou x^
DES Comètes, 387
degré à^s PoiiTons , pour pouvoir fe montrer le foir après le
coucher du Soleil. On ne voit pas que la Comète ait été
oblervée du 10 au i (d de Février. Alors, c'eft-à-dire vers
Je 1 6 ou le 18 de Février , « elle avoit paffe à^s parties
auftraies du ciel aux parties occidentales^; on la voyoit en c^ ^Cav!t.
plein occident^; c'étoit du côté de l'occident qu'on robfervoit, « ^ RomuaJ.d.
rr f^ \i lOJMC y^r Tii Ordir. Vit,
aumtot après le coucher du ooleil . » Ce rut probablement b. v. chon.
dans cette circonflance ou à peu -près, que la Comète ayant ^l^^^^. chron.
d'abord paru fans queue, vu la clarté du erépufcule, on vit ^ piatin. m
ie erépufcule s'afFoibliiïant, la queue iè former & s'étendre M'^- ^^•
en forme de grande poutre de l'occident au nord-eft. Cette
queue pouvoit avoir alors plus d'éclat & plus de longueur
que le 7 de Février : & il peut fe faire auifi que le mauvais
temps n'ait pas permis qu'on obfervât cette circonll:ance en
Palefline. Plufieurs jours s'écoulèrent, & « la Comète parut
du côté du Septentrion vers l'occident: fa queue, fembiable « Landui^h,
à une grande poutre , regardoit la partie du ciel qui eft entre «
ie feptentrion & l'orient'*; on la voyoit jufque vers le milieu « ;. Fior^Vig^
de la nuit^. Durant vmgt-cmq jours elle briiioit de la même "^^ Bwmpt.
manière à la même heure ^«, paroiflant n'avoir d'autre mou- ^GepFmnc.
vement que celui du Soleil, & « elle avoit en conféquence ' Fhr.Vigom.
lin mouvement bien réel d'occident en orient^. Elle parut ^'^""^^^"'1'"'
en effet traverlèr les conftellations Kouey (épaule & bras auftral « Annal
d'Andromède & Poiffon boréal), Léou (ce, ^, y du Mier), «f^7^^;^''
Mao ( les Pléiades), & Pï (les Hyades) ""; » c'efl-à-dire qu'en ^ q^i,-i^
Chine, depuis le 10 Février, jour de fa première apparition ,
on ia vit fe tranfporter de la fin du figne à^i Poiflbns jufque
vers la iin du Taureau. Elle s'éloignoit fans doute & de la
Terre & du Soleil, au moins depuis le 20 Février, puifque
ies Hifioriens àç.s guerres de la Paleftine alfurent, comme
nous l'êivons vu plus haut , que tant la Comète que ion rayon,
diminuoient de jour en jour.
On croit communément que la Comète de 1 10^ eft la
même que celle de 1680, & cette opinion eft aflez foute-
nable. Mais pour qu'elle foit vraie , il faut d'abord renoncer
à ia prétendue apparition de celte Comète , antérieure au 7
Ccc ij
388 Histoire
Février; je veux dire que l'Etoile , qu'on a cru voir îe 4 cTii
mois à un pied &: demi du Soleil , ne peut être la Comète
de 1680, qui auroit été alors en Ton périhélie. La latitude
de la Comète de 1680 , après Ion paiïage au périhélie eu
1106, n'a pu être que feptentrionale: or la latitude de la
Comète de i 106 a paru méridionale depuis le 4 Février.
On peut facilement récufer l'autorité des Ecrivains que j'ai
cités, hors celle des trois témoins oculaires. Ceux-ci nous
difent qu'au y Février on voyoit la Comète le foir vers le
lieu où ie Soleil a coutume de le coucher en hiver : celafignifîe
naturellement que fa latitude étoit auftrale. Je laifle au Leéleur
à apprécier , ou plutôt à expliquer ce témoignage. H efl certain
que û la Comète a été périhélie dans les premiers jours de
Février, tout ce qu'on connoît de Tes mouvemens s'applique
on ne peut mieux à la Comète de j 680. Mais fi fa latitude
étoit auftrale le y , elle n'aura pu 'être périhélie qu'entre le
Il 0 & le 1 6 , &: alors il n'aura pas été poiTible de la voir le
iio à la fin du figne des PoilTons', où ce même jour elle fut
obfèrvée en Chine. Dirons -nous que le 7, au coucher dm.
Soleil , on la voyoit du côté de l'oueft-fud-oueil:, ou du couchant
d'hiver, mais avec quelque hauteur fur l'horizon, de manière
qu'elle fe couchoit vers l'occident des Equinoxes l alors M
fera rigoureufement vrai que depuis le y Février la tête &
ia queue de la Comète auront diminué de jour en jour. Si
l'on admet cette explication, qui me paroît aiïez plaufible,
tous les Auteurs contemporains, ou dignes de foi, feront
accordés , & rien n'empêchera de reconnoître en i io<5 un
retour delà Comète de i68o.
Il eft vrai qu'en prenant ce parti , il faudra abandonner
Alberic ou Aubri de Trois - fontaines , qui fait terminer là
queue de la Comète fous ia conftellation d'Orion ; mais c'efî
un inconvénient très -léger, cet écrivain n'eft ni contempo-
rain, ni exaél, ni judicieux. Un anonyme, que nous avons
cité quelquefois d'après Struyck , donne lieu à une bien plu'S
forte objeétion : félon lui la Comète de i 1 06 parvint jufqu'au
commencement du ligne de i'Écrevilîè, Or il n'eft pas pollibie
DES Comètes. 3^9
que la Comète de 1680 ait été périhélie en Février 1106,
3c ait pu atteindre ies premiers degrés de l'ÉcrevilIe. Mais
ia difficulté s'évanouit, fi, comme Struyck le fuppofe, & je Struyd,!;;^;^,
penfe avec raifon, cet anonyme n'eft autre qu'un certain Fr. '^ ,iv,arr.^.
Gilles, qui a compofé un Mémoire lur ia Comète de 126^,
J'ai prouvé, dans un Mémoire particulier, que ce Fr. Gilles, je. (ies Sdcnc,
Aflrologue plus qu'Aftronome , avoit très-mal reprélenté les ^7/<'>
mouvemens de la Comète de i 264, qu'il avoit vue : de quel
poids peut être Ton témoignasse fur la Comète de 1106 qu'il
n'a point vue? Je n'objeéte point qu'il fait paroître la Comète
au mois de Juin : on répondroit peut - être qu'il s'efl: glifîé
dans ion manufcrit une erreur de copifle : mais qui m'empê-
cheroit de dire qu'il peut y avoir une pareille erreur fur le
lieu de la Comète? Je n'infiflerai pas même fur ce que le
Soleil étant au vingt-cinquième degré du Verfeau , 8l la latitude
de la Comète étant auflrale , l'anonyme la fait paroître au com-
mencement des Poiiïbns, ce qui ne peut être. Je dirai feulement
qu'on peut bénignement interpréter fes paroles, de manière que,
félon lui , ce ne fera pas la tête , mais la queue de la Comète
qui aura atteint le commencement de i'Ecrevifle.
Un écrivain, que nous avons apprécié plus haut, dit que
ie troifième jour de l'apparition de la Comète, il en tomba un ^,
I 1 j r a o I u • r a ^ Chron, Aller ,
globe de ieu en terre . oelon d autres , on vjt vers ie même ^ //^^^^^ y^^
temps plufieurs Étoiles extraordinaires ^. Sim. Duneim,
I 1 07. On vit une Comète ^ : elle parut à l'orient ( ou* J^'^f'
T I • \ I ChronogY.
apparemment dans les pays orientaux] vers le commencement Saxo. Luh.
de la nuit pendant quarante jours '^. C'eft fans doute la Comète '' Tj^ms, IXJ,^
précédente. '^' ^'
I 1 08. Il parut une Comète ^ : elle fut vue en Normandie Suderb. ùh
pendant quelques jours ^ : on la vit ailleurs durant quarante / Fo/yd. v/rg,
jours ^. C'eft encore , à ce qu'il paroit, la Comète de 1 1 06. ^'t'^T^'' ^ ^
1 A ' b Chron, Fop
710V,
■^* ^ Hemingf,
Comète au mois de Décembre près la Vole lactée, avec ^Hmfdfn^^p/h
ime chevelure dirigée vers la partie aulirale du ciel ' . Quelques Fkrem, Vigom,
auteurs paroi (fent anticiper à cette année i'appaiition de ia cZ'ofMÏlL
390 Histoire
^ Atio». CafK. Qomhte fui vante ^ Struyck croit que cette Comète eft la
_^«. zj-^ff. Q^ ^.j. ^j^^ Comète à ia Chine "^ & ailleurs ^. Quelques-
" Chron, regt , ^ 1
o>w. ^^û//r. uns la virent àhs le mois de Mai^; d'autres l'aperçurent pour
Uneb ^7"' ^^ première fois le 6 ou le 8 Juin ^: un hiflorien retarde fon
*^ Chron. apparition jufqu'au mois de Juillet ^ ; c'eft fans doute une
Leod, II. erreur de copiite. On commença à la voir en Chine le ip
^hn^'^Dunelm' "^^^ » ^^ qu€ue s'étendoit à 6 degrés: la Comète fut obfervée
Hmingf. i. I, dans les confteilations Aow^y (épaule & bras auftral d'Andrc-
'^ÂmuA%'. "^ède, & Poiflbn boréal) , «Se Leou (cornes du Bélier) : elle
%Hopeden, ^Ila au nord ^ On la voyoit au nord-ell': depuis le loir
P' I' jufqu'au matin elle paroiffoit tourner autour du pôle ^. Sqs
i- Caubil. xàyons étoient tournés du côté du midi ^ ; on les vit aulfi s'étendre
iVnverï ' ^^ fud-oucfl'" & à feft ". Toutcs ces circonllances peuvent
k RomuaJd. facilement s'aci:order : mais je ne conçois ni n'admets ce
i Sigeh. QQe clifent quelques hifloriens Angiois , que le mouvement
Memor. hift. \ r^ s , ■ ^ r • ^ i- - > u
Fuicher. /. Il , ^^ cette Comète etoit tout - a - tait extraordmaire , quelle
;;. 8jS. Hift. commençoit à paroître du côté de l'orient: & qu'étant montée
HieroJ. Annal. i / ^ j ■ I II -/r •
Siixo. Annal, au plus haut du Ciel, elle ne paroiiloJt pas avancer, mais
Hiidesh. reculer plutôt fur Ces pas °. Huntindon aura rêvé cela, les
WaverlT^' autres l'auront cru fur fa parole. La Comète parut tout le
" c/iron. mois de Juin ^ : àes Écrivains anciens bornent à quelques
S. Aib. IL ^xuits la durée de fon apparition ^; d'autres l'étendent à trois
h viT'Aiattiu femaines*". En Chine, elle fut vue jufqu'à la fixième Lune^,
Pay. Aiatth, commençant vers le p de Juillet, Quelques modernes , (ans
„„'"',, citer leurs garans, étendent fa durée jufqu'à fix mois^
P RomuaJd. r- i ^ ' i ' ta / i • r
q fi,icfjfr. ^^ 1^ même année, le 24 Décembre, on vit entre les
HJI. Hier, aftres du lirmarnent une Étoile d'un éclat furprenant ; on
^ Knigth. i IL i'auroit prile pour un Soleil : elle parut du côté de l'orient ".
SiT^DunJm ^^^ ^'^^^ I M i> Comète , &c^, C'eil la précédente que l'on
Hovtden. double»
s M 1 1 1 I ^ ' i^omete' : ce pourroit être la luivante anticipée
uviii.p.s^s. d'un an.
^ Nauckr. gentr. ;<?>/'. 8t2. Lub, ire, î* Ctntur, * Centur, Hév, if'c ^ Chron, reg. Chron, Hirfaug,
DES Comètes. 391
1 1 13.
Grande Comète au mois de Mai. ^^^^'h' Par,
Matth, Wefm,
II 14. *
Autre Comète en Mai ^, vers ia fin du mois^. On vit ^^ lûUm,
durant plufieurs nuits une Étoile extraordinaire , accompagnée ^ Hmtinden,
V ï ^ r 1 .^ c ^ ^ B. VII,
d une longue trace de lumière . c ^ .
o ^ * Annah
I I 1 5. Comète ^: on la vit durant fix moîs^. On vit en '^Vaval,
Chine, à la huitième Lune (commençant vers le 22 Août) , ./ Annah
une Ltoile extraordmaire dans la coniteliation Leou [cn^^^y ^ , ,,
du Béh'er). Sa lumière très - éclatante fe faifoit fenfiblement
apercevoir par l'ombre à^s objets qu'elle éclairoit : cette lumière
étoit d'une couleur rougeâtre , tirant un peu fur le jaune , &
l'Étoile avoit une aflez longue queue. On ne nous apprend ^ Mailla. t. vi 11,
rien de la durée de cette Étoile; c'eft ce qui m'empêche ^'' -^^/^*
d'affirmer décidément que ce foit une Comète.
1 1 17. Une Etoile , aufli grande que la Lune, avançoît
vers le midi. Coupkf.
I I ip. Comète. C'efl: encore celle de iio^, dont nos Keck.Luk
Cométographes modernes nous répètent ia delcription fur
i'an 1 1 i^.
i 125.
<i Uladiflas , roi de Bohème , tomba malade à Stebna : il
parut en cette même année une Comète , préfage ordinaire tt
de la mort àQS Grands. L'époufe d'Uladiflas craignit tout en «
voyant un tel phénomène: elle écrivit à la foeur ». 11 s'agit DuhavJ,XIi
de la dernière maladie d'Uladiflas , &: ce Prince efl mort en
1 125.
112e. * Première Comète.
Comète * : on la voyoit avant l'aurore entre l'orient & fe '■Amah Sofm
nord ; fa queue s'étendoit versus nonam ^ : ce terme fignifie ^'^' ^^^f'
lans doute le lieu où efl; le Soleil vers la neuvième heure du ^ ' '
jour, ou le iud-oueft. Pour que ia queue ait eu cette direc-
tion, il paroît néceffaire que i'obfervation ait été faite en été^
ainfi cette Comète eft ia même que celle ciui fut obfervée
cette même année en Chine à la fixième Lune (commençant
ie 2 2 Juin ). Elle étoit fort grande ; « on la vit dans le Tfe-ouey
» (partie du Ciel dont les Etoiles ne fe couchent pas) : elle com-
» mença à fortir de l'étoile Ti-tfo [cl d'Hercule), & finit à l'étoile
Maîlla, t.vui, Veii-tchang ». Ouen-tchang ou Ven-îchang , n'efl pas une
F' i-i-S' Etoile, mais une conftellation compofée de ^, /, 6, (p, i», h de la
grande Ourle. Ces iieux de ia Comète, obfervés en Chine,
ne cadrent avec ce que difeiit les Hilloriens Latins, qu'autant
q^ue l'on fuppofera que la Comète aura été dans les Etoiles
Ven-îchang vers la fin de Juillet, ou même au mois d'Août.
i iz6. Deuxième Comète.
La même année , onzième Lune intercalaire (Gommençaht
Ibid.p. ^^7. ie ï 5 Décembre) , on vit en Chine une fort grande Comète.
Chron, Scederh, iizy. Comète. Sou apparition n'efl fondée que fur ie
témoignage d'un feul écrivain , qui ayant daté de i 1 2 5 une
éclipfe de Soleil, arrivée certainement en i 124,, a pu pa-
reillement rapporter à l'an 1 1 27 l'apparition d'une Comète
obfervée en 112^.
11^2.*
j
'Annal. Saxa, Oïï Vit une Comète le 2 0(5lobre. En Angleterre on la
'Florenu vig. vit le 8 du même mois , & elle parut durant fept jours. On
comin. i'obferva en Chine , à ia huitième Lune , dans les parties
^Ma!iia,t,vili, méridionales ^ ou depuis le 7 jufqu'au 27 Odobre, dans ia
^''{y\., confleilation Ouey (la Mouche )^ Quelques Auteurs anti-
f^Gaiwiu , f /, ^ ^ p / , /T c I I
é^L r / cipent Ion apparition a 1 année précédente , ou la retardent
"^ Chron. Lune b. ^ r ,'■ r ■ j t t • • t • î r t
^Frior.Hamfl.)^^^^ 1 aunce lui vante '^. Lubienietzki en prend occalion de
doubler la Comète.
ï 1 3 7. « La mort de l'empereur Lothaire ( arrivée le 4
>» Décembre i 137 ) , fut précédée & fuivie de celle de plu-
» fieurs Grands. On vit une Comète ; il y eut une éclipfè de
Chm, EngeJh. Soleil au mois d'Août, Sec. >» L'éclipfe de Soleil appartient
certainement à l'an 1 1 3 3 : ia Comète pourroit être celle
de 1 132.
:i 1 3 8.
t> E s Comètes. 393
1138.
En Chine , à la feptième Lune ( commençant vers le 7
Août), ii parut au ciel une Comète ^ '^Mailla.t.vm,
;i I4i- Comète^, ^'/if r ,
^ '' Ricc, Luit
-ju Héie'l,
1 142 OU 1 143. ^
En la feizième année du règne de Kao-tfong, à la douzième
Lune (commençant le ip Décembre i 142 ) , on vit en
Cnine une Comète , vers le couchant d'hiver. S^n, Chronot,
I 1 44. Comète, Les garans de Ton apparition rapportent Anoti. Caf».
à i'an I 1 44 la mort du Pape Luce 11, qui n'efl m.ort qu'en '^^'"'- ^''^'"' .
il 145 ; ils marquent fur i 14.6 une éciipfe de Soieii, arrivée
certainement en i 147: ii y a toute apparence qu'ils auront
pareillement accéléré d'un an l'apparition de la Comète
fuivante.
1145. '^
'Au mois de Mai ^, on vit une Comète^ dans la partie * Dodechm
occidentale du ciel*^: elle étoit fort grande'^ : elle avoit com- u'!^r''"lT^'
mence a paroitre des le i 5 Avril ; elle dura long - temps ^ Chrcn, Bof
En Chine , le premier jour de la quatrième Lune (24 Avril ), ° Tùpat.
on la découvrît du côté de l'eft S, félon le P. de Mailla: mais ^(ff^f *
félon le P. Gaubil, on ne la vit qu'au jour Vou-yn de la ' cJendàn
quatrième Lune (26 Avril) : au jour P'wg-chhi (14 Mai) , Ambrof.
elle fut dans la conftellatîon Tfan , (croix d'Orion; donc ^^■^^Ti'i''^^^'
avec une latitude fort boréale; autrement elle n'auroit pas été sy\jaiHa,t.viiL
.vifible). Son rayon étoit de 10 degrés au nord-elt. Au F- JfS*
jour Ting-fe de la cinquième Lune (4 Juin), la Comète
ctoit comme une Etoile: au jour Giri-fu (9 Juin), elle fut
ftationnaire dans la conllellation Tchang ( entre le cœur de
l'Hydre & la Coupe). On la vit jufqu'au jour Ting-hay de la
dixième Lune (14 Juillet).
1 14^. *
On vit une Comète : elle parut loiig-temps du côté de P'^'°^:J.'f'
Tome l. ^ %dd ^'"•H..j.„i.
394 Histoire
l'occident ; elle éciairoit par Tes rayons tout l'air qui Tenvî-
Matth. Par. rounoit. Il fe pourroit abfolLiment que cette Comète ne
Tjui'iZf'' différât point de la précédente ou de la fuîvante.
1147.
L'empereur Conrad partit en Mai i 147 pour ia Terre-
fainte : cette expédition avoit été précédée de l'apparition.
'Hifl. Ep. d'une Comète. En Chine, première Lune, ]ouï Sin-ouey-
(0 revrier) , une Comète parut vers 1 ett; on la vit pendant
Caubil. quinze jours; fon rayon éîoit de 10 degrés. Au Japon, en
la fixième année du règne de Konjei, le vingt-deuxième jour
'tiiempfeïjAl, du Icptième mois (vers le 20 Août) , on vit une Comète».
Aura-t-il paru à^v\^ Comètes en cette année \
La Comète de 1661 a dû palier veri ce temps -ci.
1135. *
Çhron>Admonh Comète le 5 Mai : c'ell probablement un retour de îa.
Comète d'Hailey..
I I 5 6»-
En la vingt - fixième année Cliao -Inng , jour Ping- ou,
feptième Lune (2^ Juillet), on vit en Chine une Comète
de I o degrés dans ia confleiiation Tfing (pieds des Gémeaux )»
Au jour Koiiey-îchéou ( 2 Août ) , elle fut près de l'Étoile ê
€auML é.Qs Gemeaux.-
î I 62>
Au Jour Vou-tcliîn, dixième Lune (13 Novembre )j oîl:
vit en Chine une grande Etoile entre \qs conlleilations Che
(^x,i8 de Fégafe), S^Toung-pi (y dePégafè, et d'Andromède) t.
elie alla jufqu'aux Étoiles de Yu-Hn (entre le Verfeau & la.
Baleine au fud deTécliptique). La trace de fa queue excédoit
^hU, ïo degrés^
î 1(^5. * Deux Comètes,.
Deux Comètes parurent au mois d'Août, avant le lever
'ûu Soleil; i'uiie étoiî du côté du midi^ l'autre du côté du.
DES Comètes, 39^
îîor J^ Quelques Ecrivains fe font imaginé que ce n'étoît qu'une ^Chrott.Maiin
leule Comète avec aeux queues, dont les dn'ections etoient ^^/^y^^
diamétralement oppofées ^ Ces écrivains font modernes : ils hBoeth.lXliL
ignoroient d'ailleurs , ou plutôt ils avoient oublié que la queue Carjm. Ajîror,
àes Comètes efl toujours oppofée au Soleil. 'text.'j^i.',Faheu
Mizaud place la Comète de 1 16 ^ dans la Balance, joi-
gnant les deux Comètes en une feule : Riccioli en diffère Mi.i.ii,c,x»
i'apparition jufqu'en i i ^p , d'autres en font paroître en 1 1 65 ,
11^8, 116^ , Sec, Lui,. H/y. ifc,
I I ^7, OU quelqu'une àç:s années fuivantes , on vit deux
Étoiles de couleur de feu , l'une plus grande , i'autre plus
petite : jointes d'abord, ejies feféparèrent à une grande diftance,
& difparurent. Il auroit fallu nous apprendre combien ces Roh.àeMim.
Étoiles avoient duré, fi elles avoient à^s queues, &:c. Lj7.'&c.'"''
En 1173, ou quelqu'une des années lui vantes , une
Étoile immenfe , environnée d'une infinité d'autres d'un
roUge plus éclatant , fixa le jour & la mût du côté de l'occident,
iioâem diemque perpétué in occidente fixum tenuit. Qu'eft-ce Soeth.lxiIÎ^
que celafignifie! Davus fum , non Œdipus. Ce que j'y vois ^"'' ^'^'
de plus clair, c'eft que le tout n'étoit qu'un météore.
1 17^. Vers la fixième heure du jour, le i.'^'^ Août, on
vit une Etoile près du Soleil. Ce ne pouvoit être Vénus ; Godefrîj,,
c'étoit quelque météore.
1181.
On vît une Comète au mois de Juillet ; elle parut peu Chron. Maîlrà
de temps avant la mort d'Alexandre III. Ce Pape eil: mort Cavit,
ie 3 G Août 1 1 8 I .
Le P. Gaubil fait mention d'une Etoile nouvelle , que
Ton vit en Chine le i i Août de cette année , dans {qs
étoiles Hoa-kay (fous le marchepied de Caifiopée) ; il ajoute
qu'après cent cinquante - fix jours elle difparut. Il ne nous
.dit pas fi cette Etoile avoit un mouvement.
I I 82. Après que les Latins eurent été chaffés de Conflan-
tinople , on vit un pronoftic d^s fureurs & des crimes auxquels
Aiidronic devoit fe livrer : « Une Comète parut dans le ciel :
D d d i j
3S^6 Histoire
'^ fembiabîe à un ferpent tortueux , tantôt elle s'étendoît , tantôt
'» elle fè replioit fur elle-même ; tantôt, au grand effroi des
» Ipeélateurs , elle ouvroit une vafle gueule; on auroit dit,
»» qu'avide de fang humain ^ elle étoit fur le point de s'ea
" raiïafier. On ne la vit que le refte du jour & la nuit fuivante i
^icet. p. t ^s ' elle s'évanouit enfuîte. » Ce phénomène étoit plutôt un météore
qu'une Comète : peut-être même aura -ce été une aurora
boréale qui aura donné lieu à ces belles imaginations. Quoi
qu'il en foit, les Latins furent chalfés de Conflantinople ea
ij 182 ; Andronic vint la même année dans cette ville, &
3'empara du gouvernement : il fit étrangler l'empereur Alexis^
& devint feul maître de fempire en 1183. C'efl donc àL.
i'an I I 8 2 qu'il faut rapporter l'apparition, du phénomène.
I 184. Le i.^*^ Mai, vers la fixième heure du, jour, on
vit un figne dans le Soleil; fa partie inférieure fut totaie-
ment obfcurcie; on voyoit au milieu comme une poutre qui:
le traverfoit. Le refte de fon difque étoit fi pâle, qu'il impri-
jfrjiM, Gémi/, moit la même pâleur fur le vifage de ceux qui Le regardoient»..
Ce phénomène étoit-il l'effet d'une Comète placée entre le
Soleil &: nous! Je n'en fais rien, mais je tiens le fait pout
pofiible.
1:1^7. « Après la mort de l'empereur Henri Vî, lorfque
S3 l'on délibéroit dans le palais fur l'-éleélion de (on fucceffeurj,
nous vimes après midi une Etoile très -brillante , » dit um.
Csfar.Heîfinb. Auteur contemporain. Ce ne pouvoit être Vénus.
En l'année fuivante, on vit une Etoile à Cologne, verij
Ço&frid, ia neuvième heure du jour.
On vît Je jour ime Comète au. mois de Novembre,;;
elle parut durant quinze jours : elle annonçolt la mort de.
Co^hesh, Richard X^ roi d'Angleterre ; ce prince eft mort le 6 Avril!
I I C)C),
€arAan.Ricç, 1:2 oo. HûJy - bcu- RoJoûîi. Vit Une Conûte. , &c. C'eft. fcà
mk>0m. Comète de 1006 , déplacée de cent quatre-vingt-quatorze.
3iisa y 11 autre Auîeujc en. a accélère l'apgaritibn 4^ de.iix. ceiits.
V D E s C 0 M E T E s. 397
iqiiatre- vingt -quinze ans, en la rapportant à l'an ^3 àç^s
Arabes, 711 de Jéfus-Chrifl : celui-ci a vraifembiablement Sneil
confondu deux Haly. Il tomba, dit-on^ àQ% pierres de celle
.Comète. KedXaràaUi
120Z. Comète dans le Scormotu Eckji. HnL
Hé'.; lub.
1204.
En Tannée Je la prife de Conflantînople par les Latins,.
«ne grande Comète brilla dans le ciel > dit un Auteur
contemporain» Chon» Si^
1208. *
Eclipfè de Lune le 4 Février { elle fut totale îe 3 Février
au foir). En la même année il parut une Comète. Durant c/im,]V£i§^f
deux femaines, on vit après le coucher du Soleil une Etoile
fi brillante , que femblable à un feu , elle produifoit une
grande lumière : les Juifs la regardoient comme un figne
de l'avènement du Meffie. Cette Etoile parut dans l'année Cœjar,He']ler^
même de la mort de l'empereur Philippe , ou dans l'année
précédente. Si le garant de fon apparition eût déterminé le
mois dans lequel elle s'^efl: montrée, on pourroit décider fi
ce n'étoit pas la planète de Vénus , qu'on prenoit pour une
Etoile extraordinaire. Je trouve encore ailleurs qu'en 1207,
on vit deux cercles entrelacés l'un dans l'autre: on diflinguoit
au milieu une Etoile fort éclatante , & peu éloignée du Soleil,. AnnalCaJ^,^.
Ï2 I 1. "^
On vît en Pologne mne Comète au mois de Mai,, durant
dix-huit jours^: elle tournoit au-deflus de la Pologne,, de ^^IZ'tn'JVÏ^,
la Ruffie & d.u Tanaïs^; là queue étoit dirigée vers forient J^khov. i in\,
félon les uns."" ^ vers l'occident félon les autres 'ï;. l'un & Zj/;™^//^
i'autre pouvoit êti-e vrai à différentes heures de la nuit. u.'xiL
On. anticipe jufqu à cette année l'apparition de la Comète ^^chov^
'de 1240 V ^ Cromer,.
ÏZÏA ou 12 1 s, '^ ^Dkgoj^'
Qn yii eji 1^14, au mok de RUp ^ deia ComÔes
^p8 Histoire
^Boethî.XliL îerribks; Tune précédoit le Soleil & l'autre îe ^uîvoît^ If
c^irdan. Afiror. n'a peut-étrc parti qu'une feule Comète , qui fe levoit ie
lit. II, cap, IX. ixjatin avant le Soleil & fe couchoit le foir après lui. Plufieurs
*^*,''^7' ; Écrivains ne parlent en effet que d'une feule '^. Tous com-
Hh-faug. inencent certainement l'année en Janvier , & fixent l'apparition
CrufMs. F. II. ^^^ Comètes ou de la Comète au 6 Mars 12 14: un feui*^
? Codefrid. J j^int Une éciipfe de Lune au 17 Mars. Or, cette éciiplè
appartient à l'an 1 2 i 5 : c'eil ce qui a donné lieu à plufieurs
modernes de différer jufqu'en 1 2 1 j l'apparition de la
» Calvif. Comète ^
Stiuyck,ij^o, Hï"/* On oblerva plulieurs prodiges; on vit des Comètes
^Contin^Tyr. Meues ^ Entre ces Comètes, il faut fans doute compter la
!-'"''■"'■ fuivame,
I2I7. *
UrfpeYg. « En automne, dît un témoin oculaire, après îe coucher
" du Soleil, nous vimes un figne admirable dans une Etoile,
5* qui alloit bientôt defcendre ious l'horizon. Cette Étoile étoit
?* vers le midi , déclinant un peu vers l'occident ; fon lieu
regardoit celui de la Couronne d'Ariadne : « ( c'eft ainfi que
je traduis c^s termes , /// Jireéîo fuleris illius , qiwd vocmit
ajîrologi , Coronam Ariadnes ). Selon d'autres, l'Étoile étoit
» Centar. à l'oppofite de la Couronne , ex adverfo Corons ^ , ou fous
^'Irf xf'^' ^^ Couronne , fub Coronâ Ariadies ^ L'un & l'autre efl
" '' ' ' infbutenable. Je penfe que fÉtoile déclinoit autant de l'oc-
cident vers le midi , que la Couronne déclinoit de l'occident
au nord , &: que la hauteur de l'une & de l'autre étoit la
même : c'efl le feul fens railbnnable que l'état du ciel , en
automne, le foir, après le coucher du Soleil, permette de
donner aux paroles de TAuteur contemporain. Il pourfuit :
«t Cette Étoile, qui étoit auparavant fort petite, & qui revint
se enfuite à fa première petiteffe , brilla d'un éclat qui ne lui
?» étoit point ordinaire: on en vit fortir un rayon très -clair,
s» lequel monta comme une grande poutre jufqu'au plus haut
p du ciel. Ce phénomène dura plufieurs jours , & fut vu ie
f? foir en Automne; comme je l'ai dit: il s'affoiblit enfuite, ^
DES Comètes. 399
l'Êîoile diminuant revint à fon premier état. » On trouve
dans une Hiiloire plus moderne une defcription de cette ^'"M'^- 7>w>,-
Éioile, fort anafogue à celle de l'abbé d'Ufperg, & calquée ^' '^•^^'
iàns doute fur la iienne. Un Écrivain contemporain dit iîm-
plement qu'il parut une Comète. En effet, je ne crois pas Chro?i,\Vf!c„.
qu'on faflë difficulté de reconuoîîre cette Etoile pour une
vraie Comète , fujette à toutes \çs viciffttudes de grandeur
fi ordinaires à ces fortes d'alires. Si le fens àes expreffions^
de l'abbé d'Ulperg , efl: que la queue de la Comète s'eft
portée jufque vers le Zénith , il faut que la Comète même'
ait abandonné le voifmage du midi, où on l'avoit d'abord
découverte, & qu'elle fe loit avancée vers l'occident; autre- "-Cenm.iVoif^
inent, fa queue n'auroit pu fe porter vers le Zénith : cette p.j"A!ecâ/,.
queue ne paroifîbit pas d'abord ; elle ne fe montra qu'après ^"^•
que la Comète eut reçu plulleurs accroifTemens de grandeinv ,.f^^^''{* ^"^»
12 10. Comète extrêmement grande . L. elt certaniement c ^ r
1 r ' • r AnnaU
la iuivante; car tous ceux qui en font mention , citent Waverh
Poiydore-Virp-ile. fi'^'"'^"
J a col, 1 01 1 1'
_ 122 1. Il parut en Angleterre une Comète extrêmement a Griffon,
grande K Ce pourroit être la fui van te, anticipée d'un an.- jF'^"''"';,, ^''=''
^^^^' 'Roland. Lie.
. En Automne'', e'efl-à-dîre aux mois d'Août 'î 8c de % Vi' fn-'"
-Septembre , on vit une Etoile de première grandeur^, fort de s. Germ.
-rouge, & accompagnée d'une grande queue ^ qu'elle étendoit ^°^' ^'^'^''
vers le haut du ciel , en lorme d un cône extrêmement aigu \. Ajmai, WaverU.
elle paroiiïbit fort près de la Terre : on l'oblerva (d'abord) ^ Hifl.Bonon,^
vers le lieu où le Soleil fe couche au mois de Décembre ^^ Griffon,
Le 15 Août, jour de la première apparition de cette Comète '^^.^7' ^f "T"
t{peut-être à Milan) , la Lune fut comme morte ; elle n'avoit maris.
pius d'éclat, & elle joignit la Comète'. On vit. enfuile cette ^ Caknd.^
Comète à 1 occident *", & même vers le nord , avant la fin ^""!^-^'
du mois d'Août'. En Chine on i'obferva le 10 Septembre^- cfffonî'mL
entre la conftellation Kang {\qs pieds de la Vierge), Arâurus^: Bonon,
& ia chevelure de Bérénice : éX^ difparut le 8 Oflobre"". Le J^'^'^V^'^
rere de Mailla dit que jes Chinois virent une Comète à ^ CmèiU-
400 Histoire
Maîîla.t.ix, l'oLieft en 1222, à la première Lune: c'efl fans doute une
^' ^^^' erreur de copiile, il faut lire à la huitième Lune.
I 223.
ce Au commencement de Juillet , efl-il dit dans une vieille
» chronique , un peu par avant la moitié , par huit jours apparut
3> un figne du ciel , que l'on appelle Comète , dénotant i'éternuent
" du Royaume; car Philippe le roi, qui long-temps étoit
» contraint de fièvre quarte , à Mante clouifl fon derrenier
ÇhYm, Franc, jour » le 14 Juillet 1223 «. Cette Comète parut dans toute
»5 la France , dit un Hiflorien voifin de ce temps-là , au com-
» mencementde Juillet , durant huit jours, avant le crépufcule
l^ang's, de la nuit » , & par conlequent vers l'occident , comme la
précédente, mais non pas dans le même temps de l'année;
ce qui fuffit pour regarder ces deux Comètes comme incon-
teftablement diftinéles l'une de l'autre. Celle de 1223 fut
apparemment moins belle , & dura certainement moins que
celle de 1222 , c'efl ce qui fait fans doute que celle de
11223 a été moins obfervée. La plupart des Hifloriens ont
regardé celle de 1222 comme le préfage de la maladie &
^Wiïi. Br'it, de la mort du roi Philippe-Auguile"^: celle de 1223 pouvoit
\^ilP'^4S' bien préfacer fa mort , mais non la maladie dont il étoit
Antonin.P.lll. attaqué depuis près d un an. Cette Comète fut aufli vue en
^mu î'/' ^^^ ' Italie'': beaucoup d'auteurs font mention de fon apparition^.
^ Mahec. ^^ conviens cependant que plufieurs d'entr'eux ont pu rap-
l^'j^'7' porter, par erreur, à Tannée de la mort de Philippe fobfer-
^'rh F ^"^^^^^^ d'une Comète vue l'année précédente , & regardée
'Eicob. compih comme un préfage de cette mort; mais l'erreur n'a pu être
Cemein. t. 1. g^Y\éï2i\Q. Gaguiu donuc pour pronoftics de la mort de
Ceniur. Areu Philippe - Augufle une Eclipfe (totale) de Lune, arrivée
^^^' l'année précédente entre minuit & le lever de l'aurore (le
2 2 Odobre 1222), & une Comète obfervée en Tannée
Cagnmj.vj, même de la mort de ce Prince, donc en l'année 1223.
Chmu Bof IZ2^, ComèîÇ,
1230. *
lluhcv,ixv. On vit une Comète: ce pourroît être un retour de fa
Comète d'Haliey,
i^3U
DES Comètes. 401
123 1.
Comète obfèrvée en Chine. Au jour lùng-yn Je îa
douzième Lune ( 6 Février 123 i ) , elle étoit au fud du
gué célefle ; c'eft le nom que ies Chinois donnent à une
partie du Cygne, renfermant, ct,y,t^,e,Ç,j',o,u,&
une autre petite Etoile de cette confteilation. La Comète
pou voit donc être alors vers 20 degrés du Verieau, avec
une latitude boréale de 58 à 60 degrés : elle étoit dé la
■grandeur de Saturne. Elle pafla auprès des étoiles Nien-tao
(n & ô de ia Lyre) : on i'obierva enfuite au lud de (ia
îuifante de) la Lyre. ïi paroît, par la fuite de la deicription,
que la première de ces deux obfervations doit être attribuée
à la nuit du 8 au p de Février, & la féconde à une des deux
aiuits fuivantes. Ainfi , durant la nuit du 8 au c? , la Comète
aura été vue vers la fin du figne du Capricorne, avec une
latitude de 60 ou 6 1 degrés : elle aura enfuite continué de
rétrograder, fa latitude diminuant un peu. Au jour Y-ouey
■( I I Février ) , elle entra dans le Tien-ché ; elle en fortit au
jour Vou-chin ( 24 Février). Le Tien-ché efl une partie du
ciel bornée à l'efl: par le colure à&s folflices , au fud par
i'équateur , au nord par le cercle de perpétuelle apparition
A'ès Etoiles , & occupant en aicenfion droite environ deux
fignes , ceux du Sagittaire & du Scorpion. Il paroît donc
que la Comète, le i i Février, étoit vers le commencement
du Capricorne, & que le 24 elle paffa au Sud de I'équateur.
Au jour Kouey-tchéou ( i.^'^ Mars), elle fut au nord de la
confteilation Farig ( J^ , /S , tt , p du Scorpion ) : de-là , elle
le porta au fud-eft. Le lens de cette dernière expreffion GaubîU
peut être que le mouvement de la Comète , rétrograde juf-
qu'alors , commença à devenir direél , la latitude boréale
diminuant toujours : peut-être auffi n'a- 1- on voulu dire
autre chofe , fnion que le lieu du lever de la Comète
5'avançoit tous les jours vers le fud-eft. Quoi qu'il en
/oit, les circonftances du mouvement de cette Comète m'ont
Tome L E e e
402 Histoire
donné îleu detabiir la théorie fuivante, qui les repréfènt^
toutes afTez bien.
Lieu du nœud afcendant , . o^ i 3"^ 30'^
Incîinaifon dç i'orbite li 6. 5.
Lieu du périhélie ^^ i/^. ^8.
Logarithme de la diftance périhélie.. . . 9^97^7- '
PafTage au périhélie en Janvier 30' 7^ 22'.,
Sens àvL mouvement. ,.. Diredl.
123 2 ..
Autre Comète obfervée en Chine , à ia neuvième Lime
MaSia,t,lX, Intercalaire. Au jour Ki-yeou { 17 Octobre), on ia vit ai
?' V^' Y^ç^ ^ g,y j^jjj jg 1^ confteiiation Kio ( c. , Ç de la Vierge) %,
fa longueur étoit de i o degrés. Au douzième jour ( de l'ap-
parition de la Comète , lans doute ) , elle étoit longue de
20 degrés. Le feizième jour, la Lune rencontra ia Comète».
Le vingt- feptième jour, à la cinquième veille , la Comète
reparut au fud-eil, longue de 40 degrés : elle dilparut le
premier jour de la dixième Lune , c'eil-à-dire vers le 14.
Gmib'il, Novembre. On la vit en tout durant quarante -huit jours. lii
faut ou lire vingt -huit jours , ou dire que la Comète avoit
paru long -temps avant le 17 Oétobre.
1238. « Edouard, ^s d'Henri IIÎ, roi d'Angleterre ^
»' naquit vers le commencement de l'an 1238. Peu après, ou.
»' vers le temps de la nailTance, fuh ejus ortum ,. une Etoile
w d'une grandeur immenfe, parut durant quelques jours avant
» le lever du Soleil., Par un mouvement prompt & répété ^,
» veloci crehroque curfu , elle traverfoiî de longs efpaces du
'> cieî , tantôt précédée d'une trace de feu , tantôt fuivie d'une
Pdvd. ï^%. traînée de fumée ". Il efl; vraifemblable qu'il s'agit ici d'une
tXjii'ccn7r ^'^^^^ Comète, décrite en àts termes un peu trop arapouiésa.
^'c. Mais Edouard n'eft bien certainement né qu'en 1239 : il y^
a donc quelque apparence que cette Comète ne difière-^as
de la Comète fuivaiiîe^
123^..
En ta quinzième année du règne de Li-tfong>: à la première
DES Comètes,
Lune (en Février 1239), on vit en Chine une Comète: Syn, Chronoh
la Comète précédente efl auffi rapportée à cette année par
quelques Hiftoriens. Centur, Baliz,
12^^ « Le 3 Juin, on vit une Etoile chevelue, accom-
pagnée d'un Aftre, iequei s'avançoit avec promptitude vers «
le couchant, » dit Caviteili.
123p. Et le 24 Juillet, félon Matthieu Paris, dans le
crépufcule, les Étoiles ne paroiffant point encore, l'air étant
pur & ferein , on vit une très-grande Etoile femblable à un
flambeau : elles etoit levée du côté du midi , & elle s'avançoit
vers le nord , par un vol à peu-près égal à celui de l'épervier.
Lorfqu'eile fut parvenue au milieu du ciel , elle fe diffipa &
difparut, laiiïant après elle une fumée enîre-mêlée d'étincelles.
Il eft inutile que j'avertilîe que cette prétendue Etoile n'étoit
qu'un météore.
1240.*
Vers ïe 2 5 Janvier , on vit une Comète ^ ; fur la fin du '"^^^c"- P^A
même mois, on l'obferva du côté de l'occident^; durant \'v/j,r/
tout le mois de revrier, elle contmua de paroitre le Ion- du c. /,
atiême côté du ciel : elle étoit d'une couleur brune , & fon
rayon étoit dirigé vers l'orient. Albert le Grand l'obferva ^^^f- Par,
du côté du pôle boréal. Sa queue étoit alors tournée vers la ''^"' ^•' °
partie du ciel qui eft entre l'orient & le midi, déclinant
un peu plus du côté de l'orient. Cette Comète dura fix mois, Alhat.imgn;
félon nos Cométographes modernes. En Chine, elle fut vue Ricc. Lub.
à la première Lune (commençant le 26 Janvier), dans la ^^^^^'^^S'
conflellation Che (et, /2 de Pégafe). Mailla, ulXf
« Le Soleil parcourant i'Ecreviiîè, dit un auteur Byzantin,
fut éciipfé vers le milieu du jour. ( Il s'agit bien certainement «
de l'éciipfe du 3 Juin 1 239, le Soleil étant dans les Gémeaux,
non dans l'Écrevifle). L'Impératrice me demanda la raifon «s»
de cet obfcurciflement du Soleil Cette PrincelTe mourut «=
quelque temps après , & je ne doute point que fa mort n'ait «
cté annoncée par cette écliple du Soleil. Six mois avant fa «
mort, on avoit auÏÏi obfefvé dans la pai'tie boréale du ciel, «
' E e e i|
4^4 Histoire
5j une Comète de l'efpèce de celles que nous appelons harhuesl
w elle dura trois mois; elle nétoit point arrêtée à une feule
55 partie du ciel ; elle en parcourut plufieurs durant le temps de
^crQf.p,^^, ion apparition. » Cette Comète peut avoir paru vers le
commencement de 1 24.0.
Polydore - Virgile ( 1. xvi) retarde probablement d'une
année l'apparition de la Comète de 1240, en la datant diL
commencement de 1241. : il la fait durer trente jours.
1245. Vers l'Afcenfion , on vit du côté du midi, comme
dans le Capricorne, une Etoile grande comme Vénus, fort
claire, rouge cependant, reiTemblant à une Planète, réglée
dans Ces mouvemens ; plufieurs croyoienî que c'étoit la Planète
de Mars. Ce n'étoit certainement pas Jupiter». Plufieurs
^flliroient que ^ quoiqu'appliqués depuis long-temps à l'étude
des mouvemens céielles, ils ne reconnoilibient point cette
Étoile, & qu'ils n'en avoient jamais vu de femblable. Après-
AhlK.Stad,. le 25 Juillet, fa grandeur & fon éclat diminuèrent, &c«
^aï/f'^''^^'^' ^^^ avoit tort de ne pas reconnoître cette Étoile, qui n'étoit
autre que la Planète de Mars. Cette Planète fut en oppo-
fiîion avec le Soleil ie 20 Juillet 1245 , en j degrés du:
Verfeauo.
1245. A la même heure que le pape Innocent IV pro^-
nonçoit la fentence de dépoiition contre l'empereur Frédéric 11^
on vit avant le coucher du Soleil, une Etoile enflammée,
iortir de l'horizon du côté de l'orient: elle fendit le ciel d'un
cours précipité, & parvint jufqu'à la partie occidentale du.
'gohnd, L V, ciel. C'étoit lans doute un météore. Frédéric fut dépofé ie:
t%-X[V.Malvec. t .11 .
I2J0. *
K Le grand empereur Frédéric , dépofé & excommunié^;,
» mourut le jour de Sainte Luce , 1 3 Décembre,..,.. Une-
55 Comète paroiflbit depuis plufieurs jours , & continua de lè.
^Arch.Trevir. montrer encore durant quelque temps ^ 55 II eil auffi fait
Vidât: ' ^ ^^^" nieiîtioiî de cette Comète dans ies Aanales. de Gènes %
'kCaJfar, /. VL
DES Comètes, 405
1253. On trouve fur cette année un combat d'Etoiles,
livré, dit-on, le 18 Septembre, vers le foir» Annal Bvnc^
1254. *
Vers îa fin de 125,4 ou le commencement de 1255, on
vit une Comète en Angleterre "" & en Allemagne ^, avant , ^If/Z'J'''^*
la mort de Gautier, eveque d lorck, arrivée le i. Mai un , v/rr-
I12 5 5. Une ancienne chronique dit qu elle parut le vendredi, Rock.RiccUh
dixième jour de la Lune, avant la fête de Saint André; on ^""^'^'
ajoute que le pape Innocent I V mourut le jour de Saint
Nicolas de la même année. Innocent ell mort en 12 54, le 7 Chron, Piâair».
& non le 6 Décembre. Un auti*e Auteur fait paroître la CkmencCahiff^
Comète en 1 2 5 5 , & date pareillement fon apparition du
.vendredi:, dix de la Lune, avant la fête de Saint André. Eu ^^^^''^^'■^k^
[12 54, le vendredi 20 Novembre étoit réellement le dix de
la Lune; mais félon le Calendrier de ce fiècle, il n'en étoit
que le 7. En 1255, le vendredi, 12 Novembre, étoit eix
effet le dixième jour de la Lune^. félon le comput eccléfiaf-
tique ufjté alors. Faut-if en conféquence diflinguer ici deux
Comètes, comme l'ont fait nos Cométographes modernes! Lyc.Luh&r^
Ceux-ci difent qiie la Comète de 12. j/^ a duré quelques
mois ^ ^CaJ. LycoJ?r
12^6. Comète ^. Les Centuriateurs de Magdebouro- garaiv- JUcd^^' ^"''
tiïfent Ion apparition fuE l'autorité d'un abrégé manufcrit de,-, ^ Cent. E^Af.
i'Hiiloire du monde^ '^*^'
i 1 2 5 8 .. Comète;. Xuh'en,-
1260. Comète êr mort d'Urhain IV. Urbain n'efî mort '^^^^^'^'•^/w'"^-
qu'en 1264 : c'efl donc la Comète de 12^4 qu'on anticipe ^'"'H^uZ'l^'
de quatre ans,. MijaldJib, ii',.
120 1^ Au commencement de l'année 126 1, on vît a- Pto-
'fémdide une Comète en forme d'e'pée ; fa longueur étoit de fx
hraffes , fa largeur d'une palme: elle venoit de l'orient, fa:
pointe fe terminoit fur la tour de l'églife de Notre-Dame, Cilku
1262. On vit une Comète durant quelques mois,, fefoir
pn Auteur qui fait en fon temps mention de celle de 12 (54> CruÇ^us, p, im
406 H I s T û T R E
126^. On rapporte encore à cette année & îa mort Ja
■*-Nauchr. 'pape Urbain , & l'apparition d'une Comète^ » II eft des Écri-
JTl'yfiVo'f vains qui marquent l'un & l'autre événement , & fur l'année
centen. ij, 126^ &L fur la fu 1 Vante ^ Un Ecrivain contemporain, mais
b'// * jeune alors, après nous avoir aiïiiré qu'il a vu la veille de
Nuremb.c'hrotu l'Afcenfion 12(^1, Une éclipfè de Soleil arrivée le lendemain
^"S^A de l'Aflomption 1262-, aprè^ avoir commis un anachfonifme
suffi révoltant fiir une éclipie de Lune , qu'il dit pareillement
avoir vue, n'eft plu5 reçu à nous dire qu'il a vu une Comète
Venîur, c. V, en 1263. Stéron , hiflorien contemporain , date de l'an 1263,
Freher. 1. 1. l' apparition d'une Comète, dans la coileélion de Fréhere ;
'Bajnng, t, ly, mais dans celle de Canifius, on lit 12^4, & c'efl ians doute
la véritable date. On ne peut donc appuyer l'apparition d'une
Comète en 1263, que fur l'autorité de deux Annaiiftes, qui
:^md.Augitjl. T\Q font pas aiïèz anciens pour mériter une confiance entière:
^Annli^Ad! , ^^^^^ Qw^ , on vit aux mois de Juillet & d'Août, du côté de
F.hlXXlV. l'orient, une Comète qui répandoit au loin {ç:s rayons, &
en l'année fuivante, il en parut une autre durant trois mois,
avant la rnort du pape Urbain.
1264. *
Grande &: célèbre Comète ; prefque tous les Hiflôrîens"
en ont fait mention : voici les circonflances de Ion apparition ,
recueillies principalement des Auteurs contemporains, témoins »
pour la plupart oculaires , à.^s mouvemens de cette Comète.
Deux d'entr'eux certifient que la Comète commença à
paroître avant le mois de Juillet; elle parut, dit Pachymère,
'l^ach. Mich. depuis le printemps jufqu'à l'automne , de l'occident à l'orient,
rres de cmquante ans après i apparition de la Comète , un
Anonyme , qui prétendoit l'avoir oblervée , voulut réformer
Pachymère ; il écrivit en marge du manufcrit de cet Hiftorien ,
qu'il y avoit dans fon narré une double erreur; i.° que la
Comète n'avoit point paru depuis le printemps jufqu'en
automne, mais feulement dans les mois de Juillet, Août &
Septembre ; 2.° que ion mouvement avoit été ôbfervé d'orient
è i'oççident, ou de l'orient au midi , & non pas d'occident'
DES C û M É T E S. ^.OJ
€11 orient, comme te dit Pachymère ^ Je crois avoir prouvé ^^Paé. m-ch
ailleurs ^,, que l'Anonyme a confondu la Comète de Pachy- '^J^-^^/'-f/i^.
mère avec une autre Comète, qui ne parut que deux ans ' b'^.^^, ^.^
après; Pachymère, d'ailleurs, n^ dit point que la Comète Sciaic. rp^i^a,.
art ete vue depuis le commencement du printemps juiqu a >'■> ^
i'automne: pour le difculper d'erreur,, il fuîlit qu'elle ait paru
quelques purs avant le (oiftice d'été,, ou avant le 14 Juint
cependant , comme Pachymère eil le feul qui accélère fi
fort ia première apparition de la Comète , il faut dire , ou
que la Comète étoit alors bien petite & difficile à découvrir,
ou qu'il eft échappé à cet Hiftorien quelque légère erreui'
iur le temps de la durée de cette Comète. Quant au fécond
reproche de l'Anonyme , Pachymère ne dit pas que le mou-
vement de la Comète ait été d'occident en orient; félon [uiy
elle a paru d'occident en orient, c'efl-à-dire apparemment ^
que la Comète s'étendoit fuivant fà longueur , entre l'occident
(8c l'orient , ck non pas entre le nord & le midi ; ou même 5
fi l'on veut, qu'après avoir paru d'abord à roccident, on la
vit enfuile à l'orient. Pour ce qui regarde le fécond Auteur,
qui date la première apparition de la Comète du 24 Juin, CaM^tAm^yaù-
M la fait diiparoître avant la fin du mois d'Août ; il écrivoit
en Italie ; or il ell certain qu'en Italie , la Comète fut vue
jufqu'à la fin de Septembre: il y a doncJieu de foupçonner
qu'il s'eft gliiTé dans l'Ouvrage de cet Ecrivain une erreur
d'un moii , fur la date de la première & de la dernière
apparition de la Comète.-
En France , peut-être dès le 14 Juillet , m.aîs bien certaî- 'jEgid»
îiement le 17 du même mois, on vit la Comète le foir,^
après le coucher du Soleil ^; il paroît qu'on la vit quelque 'i^l'uru'vf*
part le matin,- dès le 22. ^, ou le 25 Juillet '^; elle fe levoit ^Aneiucompiri-
alors avant la planète de Vénus, entre le nord & l'orient ^, ^''sf"^!dt
mais bientôt par un cours précipité , elle précéda de loin cette Chron.Erfuru
Etoile ^ ; fa queue ou i^s rayons paroliToient long-temps avant & chmu 71X-
que la tcte ou le noyau fortît de deffous l'horizon ^, Le p- ^•
27 Juillet au matin, le Soleil ayant paffé le onzième degré y-^^2r T'^"^
du Lion j la Comète etoit eu 30 degrés de l'ÉcrevifTe (:fans eompi/.-^
4o8 H I s T 0 î R E
doute avec une latitude boréaie de quelques degrés ) ; eîle
avoit deux mouvemens bien diflincls , l'un rétrograde en
ioJigitude , ou d'orient en occident , contre l'ordre àes fignes
Thierr. Val/ic, du Zodiaquc, i'autrc en latitude du leptentrion au midi. Ces
deux mouvemens nous font repréfentés comme aflez égaux:
la latitude de la Comète peut avoir varié de 40 degrés en
deux mois, & de plus de 50, durant tout le temps de Ton
apparition : en longitude , elle paffa en peu de jours du
jBgy. huitième degré de l'Écreviffe dans les Gémeaux ; on la vit
Idem, entre Orion & le Chien; elle s'approcha de la conflellation
Pioiem. Annal, d'Orion ; k I .^^ d'Août elle fe levoit deux heures avant le
Annal. Colmar. Soleil ; le 2 2 de Septembre, elle étoit au méridien avant
^Ckron.Beig. l'aurorc ^; elle traverfa la conflellation d'Orion ^; fa queue
Vit. Uïh.iv. ^jjïijnuant de jour en jour en largeur , augmentoit au contraire
^ Therr.Vnihc. ^^ longueur*^. Elle fut aulfi obier vée eh Chine, à la feptième
<i r "^^r/; '°'i -^^""^^ "^ • ^" j*^*^^' Kia-fu de cette Lune (26 Juillet) , elle
Jiâaiiia, t. ix] étoit dans la conflellation Liéou (tête de l'Hydre ) ; la longueur
/v/*'-^' de fà queue étoit de i 00 degrés : au jour Ki-mao (3 i Juillet) ,
elle avoit rétrogradé; on l'obièrva dans la conflellation Yu-kouey
(il, -A, y, ^ de l'Ecrevide). Au jour Tfin-fe , (ou plutôt
Sin-je , 2 Août; il n'y a point de jour Tfm-fe dans le Calen-
drier chinois ) , la Comète étoit dans la conflellation TJtng,
(pieds des Gémeaux) ; on la vit enfuite dans la conflellation
JJan , (croix d'Orion) : à la lin de la huitième Lune, ^its
rayons diminuèrent, on la vit durant quatre mois. Telle efl
la defcripîion du cours de cette Comète , telle que le P. Gaubil
î'a extraite des Annales de la famille régnante alors à la Chine ; '
tout s'y fuit bien , & s'accorde d'ailleurs avec ce que les
Auteurs européens nous apprennent de cette Comète. 11 n'en
eil pas de même d'une autre defcription , que le même P. Gaubii
a puifée dans les fafles de la dynaflie Yven , qui commen^^
jçoit alors à s'établir, &. qui, quelques années après, s'empara
du trône Impérial. Selon cqs dernières Annales, la Comète
parut le 2 6 Juillet , dans la conflellation Liéou , comme ci-
deiïus; on la voyoit le foir au nord-ouefl: le P. -Mailla dit
j^ii'elle parDiiloit à i'eft; à la quatrième veille de la nuit, ou
vers
DES Comètes. 409
vers Jeux Heures du matin : i'un & i'autre peuvent être vrais,
à caufe de la grande latitude de la Comète. De-là. , la Comète
fut , félon i'Hiflorien de la dynaflie Yve/i ,■ aux étoiles Tchang-
tay , Ven-tchang & Pé-téou , c'eft-à-dire , que fuivant l'ordre
à^s Signes , & montant au nord , elle traversa la grande
Ourfe; au lieu que tous les Hiftorîens aflurent que (on mou-
vement étoit contre l'ordre ôi^% Signes, & qu'elle deicendoit
du nord au lud : on borne Ton apparition à quarante jours ,
au lieu que les Annales de la dynaftie régnante l'étendent
à quatre mois , ce qui peut s'entendre de la fin de la fixième
Lune , de la feptième & de la huitième Lune entières , &: du
commencement de la neuvième. Il paroît très-probable que
ia dynaftie régnante avoit de meilleurs Ailronomes que la
dynaftie Tartare à^s Yveiu Quelques Européens terminent
i'apparition de la Comète à la fin d'Août^, ou au com- *vitodur,
mencement de Septembre ^; le mauvais temps a pu fans ^ Chron,
doute empêcher de la voir plus long -temps en quelques s!'j3idT
parties de l'Europe: d'autres au contraire étendent fa durée Anon.compiL
jufqu'à trois mois'^, ou quatorze fèmaines'^, ou même jufqu'à *" Dandui
fix mois ^ On la vit dans \qs mois de Juillet, Août, Sep- Amai.Hhflug,
îembre & Odobre : cela fans doute a pu fuffire pour lui ^"«f/; Fjandr,
j ' .0 A I j J / #^ • B.îX. Onforg,
accorder trois mois oc même plus de durée. Ceux qui pro- Xack.
iongent fon apparition jufqu'au mois de Novembre ^, ou à ^ Chron, Augujî,
quatorze femaines & au-delà , ne font point contemporains ; ' Nepkch.
ils ont pu ne faire qu'un feul tout de ia Comète de cette "' \°^^'
année & de celle de l'année fuivante. Les témoins oculaires ^ y^ ejxci'ii'
atteftent que la Comète difparut le jour même de la mort du
pape Urbain IV, ou le 2 Odobre; ils en concluent qu'elle Amaîrk.
ne s étoit montrée que pour annoncer cette mort ; cette coii- yl^^^ijyianiiv,
clufion feroit puérile , à ce qu'il me fembie , fi la Comète Poie^, Rhe^,
grande encore & pleine d'éclat, n'eût difparu que par l'iii-
terpofition à^s nuages, pour quelques pays, & pour quelques
jours feulement.
J'ai cru que l'on connoiffoit affez de circonftances de
cette Comète, pour calculer les élémens de fon orbite. Il eft
clair que cette détermination ne peut être de la plus grande
Tqm^ /• F f f
410 Histoire
précifion : je ne donne les élémens fuivans que comme
approchés ; mais je les crois au moins auffi exads que ceux
à^i Comètes de 1337, 1472& i ^ ^6 , calculés par Halley.
Lieu du nœud afcendant 5*" 28*^ 45'.
Inclinaifon de i'orbite 30. 25,
Lieu du périhélie 9. 5.45,
Logarithme de la diftance périhélie ^,61 3^4.
Paffage au périhélie, en Juillet lyi 6^ îo'.
Sens du mouvement Diredl.
M. Dunthorne , de la Société royale de Londres , avoit
calculé avant moi cette orbite. 11 avoit principalement appuyé
fa théorie fur l'autorité d'un manufcrit latin de la bibliothèque
Voy, Smiyck^, Je Cambridge , intitulé , Tmâatus fraîrïs yF.gidn de Cometïs,
VJ/ie'y. ' Mais je crois avoir fuffiCimment démontré la caducité de ce
témoignage, dans une Diflertation particulière faite fur la
Comète de 1264, & que j'ai jugée trop longue pour l'in-^
Voy. Ac. éics férer ici. J'y fais voir que ce frère Gilles contredit tous les
^ ' 7 0. Y{\[\q^Iq^^ Je Çç^Y\ temps, & qu'il (e contredit lui-même fur,
les mouvemens de cette Comète. Selon lui, la Comète ,
durant tout le temps de fon apparition, n'a parcouru que
5 degrés en longitude : félon la vérité , elle en a parcouru
plus de 60, M. Dunthorne a conclu dts expreffions du frère
Gilles, que le 14 Juillet, la Comète étoit vers 8 degrés de
i'Ecrevifîe : du témoignage exprès de Thierri de Vaucouleurs^
confirmé par les annales Chinoifès , que je n'avois pas encore
confultces en 1760, on conclut que le 27 du même mois,,
îa Comète n étoit encore qu'en 3 o degrés de I'Ecrevifîe , de
manière que par un mouvement , rétrograde en apparence ^
elle n'a pu atteindre le huitième degré de ce figne que vers
le 13 Août. Ce qu'il y a ici de lingulier, c'efl; qu'en partant
de données fi différentes , fi oppofées même , nous nous
réuniffoîis , M. Dunthorne & moi, dans un point qui peut
paroîîre très - effentiel. La théorie de la Comète de 12^4^,
telle que M. Dunthorne Ta établie, s'accorde affez avec la
théorie de celle de i 5 5 6 ; la mienne en approche beaucoup
r> È s C 0 M è T E s. 41 !
J)îus ,- s l'auroit même repréfentée bien plus parfaitement,
îi je n'avois pas voulu éviter de faire pénétrer la Comète
ti'op avant dans l'Éridan, avant le 3 d'Odobre, jour auquel
elle diiparut , Thierri de Vaucouieurs fe contentant de dire
qu'elle traverfa Orion. D'ailleurs, la théorie de la Comète
de 155^ n efl pas aflez précifèment déterminée , pour que
àes différences légères puiiTent légitimement nous arrêter.
Je conclus donc que la Comète de 12(^4 efl très -proba-
blement la même que celle de i 5 5 d , que fa révolution
périodique efl d'environ deux cents quatre-vingt-douze ans,
qu'on peut en confequence en efpérer le retour vers 1848.
Léovitius, après avoir parlé d'une nouvelle Étoile, obfervée
félon lui près de Caffiopée en ^45 , ajoute que l'apparition
d'une femblable Etoile, au même lieu du ciel en 12.6^ y efl
fondée fur un témoignage bien plus authentique. Mais Tycho Tych, Uh /^j
remarque, avec plus de juftelîe , que \qs Hiftoriens connus^' '^'^^*
ne parlent point de ce phénomène ; & que l'autorité d'un
ieul manufcrit , dont Léovitius ne nomme point l'auteur , efl
abfolument infufîilante , pour perfiiader la réalité de l'appa-
rition d'une telle Etoile. U!d.p,f2^i
» Vers le commencement de l'automne 126^^, dit un
fiiflorien Autrichien , en défaut quelquefois flir les faits qui «
concernent l'Italie , mais très - exaél fur les autres dates , on «c
vit une Étoile extraordinairement éclatante : ellecommençoit «<
à paroître après minuit , Sl. elle brilioit le refle de la nuit. «
On la vit jufqu'à la fin de l'automne ; comme une fournaife «
ardente, elle vomiffoit en quelque forte une épailfe fumée. ^Chm.Mdllc,.
On vit au mois de Septembre , dit un Auteur contemporain , «
une Comète qui fut de longue durée. Je l'ai vue fouvent «c
vers le lever de l'aurore, à l'endroit du ciel où efl le Soleil c<
à la troifième heure du jour : du côté de l'occident , il en «
fortoit une traînée de fumée, qui fe terminoit en une pointe «s
fort aiguë ; elle avoit la longueur d'une pique de foldat. >' RUoh Iwp,
Plufïeurs autres Ecrivains s'accordent à dire qu'il parut une
Fffij
412 Histoire
*Chm, Pîpin, Comète au mois de Septembre ^ après l'arrivée de Charles
^ Anon, Brev. d'Anjou Cil Italie^, & par conféquent en 126*:. Quelques-
compii. ""S dentreiix le trompent, il eit vrai , en rapportant a la
''Chim,MeWc. même année la mort d'Urbain IV ^, Mais s'il a réellement
^^' paru deux Comètes, l'une en Juillet, Août & Septembre
1264; l'autre en Septembre, Oélobre &: Novembre 1265,
il n'eit pas furprenant que dans ce fiècle on ait confondu &
les prétendus effets de ces Comètes & les Comètes mêmes.
Tel qui ne connoifFoit que la Comète de 12^5 , & qui
favoit d'ailleurs qu'une Comète avoit été regardée comme
l'avant - coureur de la mort d'Urbain, éioit naturellement
porté à retarder d'un an la mort de ce Pape. C'efl: par une
raifon femblable que quelques Hiftoriens anticipent d'un an
l'arrivée de Charles d'Anjou en Italie & fa victoire furMainfroi,
''^f°^''f^Yfj-^i l'oi de Naples & de Sicile ; c'eft même ce qui a pu faire dire
Annal. Mediol. r ^ ^ ^t r
a quelques Hiltoriens, que la Comète de 1264 avoit paru
^ViiL(G!ov.) jufqu'en Novembre^, & qu'elle avoit duré fix mois^,
' b'i^'epiach.' L'apparition de la Comète de 1265 effi'aya Maînfroi :
col io^j» « Ce prince, dît un Auteur grave &i contemporain , ayant
''appris l'arrivée de Charles à Rome, parut déconcerté. Les
=' prodiges que le ciel , la terre & les eaux produifjrent vers
» le même temps, lui firent faire les réflexions ies plus férieufes,
=» Car la Comète , laquelle cachée pendant plufieurs lufires
» dans la profondeur du ciel , n'a coutume de paroître que
^' pour transférer les fceptres & abattre les trônes les plus
'^ folides , étendit jufqu'à la terre à^s rayons émules de ceux
GeJJa Fnder. du Soleil. »> SI Cette Comète n'a paru qu'après l'arrivée de
SalL, if//'jl', Charles à Rome , elle n'a pu paroître qu'en 12^^. Charles
(ap, XX, attaqua l'armée de Mainfroi, le 26 Février iz66 : Mainfrol
perdit en ce fèul jour la viéloire , la couronne & la^ vie. Cet
AmahcSaiias, avènement fut précédé de l'apparition d'une Comète, félon
Vit.Urb.iv. plufieurs Anciens; & tel qui a décrit alTez au long les cir^
VinCIm.JK confiances de l'apparition de la Comète de 12 {^4, fait aulîi
mention de celle qui précéda la mort de Mainfroi. 11 efl
donc au moins probable qu'il a paru une Comète vers la iiB
de l'an iz6j^
D E s C 0 M È T E s. 413
1266.
Voîcî une troîfième Comète de la réalité de laquelle ii
me paroît difficile de douter. « Elle fut vue en France au
mois d'Août avant l'aurore ; Tes rayons étoient tournés vers «
Vorient. " Il faut lire vers l'occident ; une telle erreur peut Nangîsi
facilement échapper à un Copifle. On vit la même Comète
au Japon & à la Chine, en la leptième année du règne de
^Kame-Jamana au Japon. On la vit enfin à Conflantinople , Kampf. h ÏÏ^
Se Grégoras nous en a laiiïe la defcription fui vante : « Elle ^"^'* ^'
parut près du figne du Taureau. On la voyolt la nuit, vers «
le point du jour , un peu au-deflus de l'horizon. Autant que «
3e Soleil s'avançoit fuivant l'ordre des figues , autant la ce
Comète s'écartoit peu-à-peu de l'horizon, julqu'à paifer même «
3e milieu du ciel. Car , lorfqu'elle commença à paroître, le ««
Soleil , parcourant i'Écreviiïë , ramenoit l'été fur la Terre : «
3'automne égaioit les nuits aux jours , quand la Comète «
perdit fa. lumière & fe diffipa. Ainfi, depuis le folilice d'été ce
jufqu'à l'équinoxe d'automne, le Soleil parcourut l'e/pace de «
trois fignes , la Comète reftant toujours comme fixe vers le «
iTaureau. » C'eft fans doute de cette Comète qu'il faut Greg,m,iy^
entendre ce que l'Annotateur de Pachymère difoit de celle ^'^■^' ^' '^'''' ^'
■de 12(^4, qu'elle avoit paru près des Hyades. Prefque tous Pachym.Mkh..
les Hifloriens & Cométographes appliquent la defcription '"^""''P'^js^
de Grégoras à la Comète de 1 2 ^4. Dans la DifTertation dont Chron, Car.
j'ai déjà fait mention , j'ai fait voir que les defcriptions que ^&^f: -^*'^'^*«
les Anciens ont faites de ces deux Comètes , étoient abfo-
iument incompatibles. De plus , Grégoras ne date point Ac.àesSàenëii
fa Comète ; il dit feulement qu'elle parut du temps que ^7.^°'^
Charles d'Anjou étoit roi d'Italie , & en état de fecourir
Baudouin fon allié , dépoffédé du trône de Conflantinople i
or , Charles n'a point été en cet état avant le 26 Février
11266. D'ail eurs , des raifons prifes du texte même de
Grégoras , perfuadent que l'apparition de la Comète ne peut
être pofténeure à l'an ii(>6 \ ceft donc en iz66 qu«
a paru^
414 Histoire
Struyck avoît cru, en 1740, que la Comète 3e 12^4'
étoit la même que celle de i 5 8 5 ; la defcription de Grégoras
lui fembioit alors préférable à toutes les autres. Il eut depuis
communication du manufcrit de Cambridge & du calcul de
M. Dunthorne : l'analogie entre les Comètes de 12^4 &
de I5 5<^ étoit frappante, Struyck changea de fentiment, il
embralfa celui de M. Dunthorne ; il accufa Grégoras de
s'être trompé. Ce dernier point étoit de trop : la defcription
de Grégoras efl: bien fuivie ; toutes (ts parties fe lient & fe
foutiennent réciproquement ; il faudroit qu'il eût inventé à
plaifir toutes les circonftances qu'il rapporte , {^i elles n'étoient
pas fondées directement fur l'oblervation. Cette circonftance
feule m'auroit paru fuffire , pour diftinguer la Comète de
Grégoras de celle qui eft décrite par les autres Hiftoriens de
ce même fiècle. Cette diltinélion admife , il ne me paroît
pas hors de vrailèmblance que la Comète de 1266, décrite
par Grégoras , ne puifle être la même que celle de i 5 8 5 : au
moins , fi l'on fuppofe que celle de 1585 ait été périhélie
au premier degré du Bélier, vers le milieu de Juillet 1266,
elle aura paru durant prefque tout l'été dans le figne du
Taureau , ou dans les Étoiles qui compofent la conltellation
de ce nom , avec une latitude méridionale d'un petit nombre
de degrés ; elle aura été alfez long-temps près des Hyades :
elle aura paru d'abord peu élevée fur l'horizon , 6c elle s'en
fera écartée de jour en jour, jufqu'à paroître au-delà du.
méridien. Mais il faut convenir aufli que tout cela peut
s'adapter à une Comète différente de celle de 1585,
Pour appuyer la réalité des Comètes de 126^ & de 12 66,
je n'ai point cité les Auteurs qui lient leur apparition avec la
* Aiatth. Parrf. mort du Pape Urbain^, ou qui font paroître la Comète de
Te'ot f"r' i^^5 «depuis le 25 Juillet jufqu'à la fin de Septembre^;
^Chron. Cav. c^tte durée efl trop analogue à celle de la Comète de 1264;
Crufius.p.iii, ni enfin ceux qui difènt ç^ià la mort de Mdinfroi on vit
J M ' , mr ,■ , une Comète pendant trois mois ^ : il ne faut pas prendre
^Amal.MedwI. m y i j ii r T r i
c. XXXVI ir cette expreliion a la lettre ; eue iigmrie lans doute que vers
xxxvii, }g temps de la mort de ce prince, on vit une Comète. En
DES Comètes, 41 j
efîet, iï en parut une avant , une autre après la mort de
Mainfroi : ii n'efl: pas facile de décider de laquelle ces
Auteurs ont prétendu parler.
12^7. « Le 18 Juillet, au lever du Soleil, on vit
paroître une Étoile fort belle & très -grande, près de la «
Lune, qui étoit alors à fon dix-huitième jour. Cette Étoile, «
avec beaucoup de précipitation, s'avança du lieu où étoit la «
Lune jufque vers le milieu du ciel , laiflant après elle une «
nuée blanche & enflammée, fuivie d'une féconde nuée plus «
petite , & le tout cefîa de paroître en même temps. » C étoit ^"»û^. Colman
nue Comète, félon nos Cométographes : dans la vérité c'étoit RUd, Lub.
,un météore.
.1268. Comète , Sic, C'efl: la fuivante, anticipée d'un an. R/cd. Lui^
Hév, Faber%,
I2^p.
En la vhigtième année du règne d'Alexandre, roi d'Écofle,
on vit plufieurs jours de fuite une très-grande Comète, vers
3e m\ài, juh mendiem^. Elle paroiflbit, félon quelques-uns, ^Bceth.iXUU
vers l'heure de midi^; & c'eft-là en effet la fignification la ^Sror^ifb^Ti
plus naturelle de l'expreflion , fuh meridiem : le fens cependant c.ix,text,j^\
peut être aulTi que la Comète paroiiïbit dans la partie auftrale ^ Ricc. Cardan,
du ciel. On l'obferva aiilîi du côté de l'orient aux mois
d'Août & de Septembre. Struyck Ibupçonne que tout ceci Mahec.difl.s^
pourroit bien ne regarder que la Comète de 1254. clxxvuu
1273.
En îa dixième année Tcîiî-yven , dixième Lune, jour Kouey-
yéou ( 5 Décembre ) , on vit en Chine une Étoile nouvelle
dans la conftellation Pi ( les Hyades) ; elle pafla par \qs étoiles
du Cocher, par celles de Ven-tchang { e, f, §, cp, v, h de
îa grande Ourfe) & Keng-Jio (e, o-, y du Bouvier) ; çMg
continua la route jufqu'à l'étoile Ardurus : ^]!iQ parut vingt-
un jours. Le mouvement de cette Étoile ne permet pas de Cmllii
douter que ce ne fût une Comète. Lubienietzki marque î'appa-
4'ition d'une Comète en cette année.
4i6 H T s T a
T R É
1274. *
Trois jours avant la mort de Saint Thomas d'Aquhi, on"
vit, au-deflus du monaffcère de Fofle-neuve, une Étoile qui
refTembloit à une Comète : on ignoroit ce qu'elle preTageoit ;
on n'en douta plus , lorfqu'après la mort du faint Dodeur
Gu'ili. de Tlwc. elle cefîa de paroître. Cette Comète eft probablement un
''/,'"'' p^w retour de celle de i(5di.
îit.2s.c,vii, 1275. Kong-tlong ne régna en Chine que cette année:
*"'''"' à la troifième Lune on vit deux Etoiles fe rencontrer; l'une
'S^n,ChmoL des deux fe diffipant, cefla d'être vue.
1277.
En ia quatorzième année Tchi-yven , deuxième Lune , jou^,
Kouey-hay ( p Mars ) , oH<yit en Chine une Comète au*
Gaulih nord-eft; la longueur de fa queue étoit de 4 degrés.
1280. Le 2^ Janvier , la Planète de Saturne fut dïjlin^uée
Paltram, dans le ciel , depuis neuf heures du matin jufquà onie, Saturne
étoit alors fur l'horizon ; mais je ne crois pas qu'on l'ait
jamais vu de jour à la vue fimple : Vénus étoit alors dans;
fon plus grand éclat apparent , approchant de fa conjonélioii
''Amm, L(ol, inférieure. Un Anonyme rapporte ce phénomène à l'année fui-
^'^' ^^' vante ; mais le 2 9 Janvier 1 2 8 i , Vénus étoit au-delà du Soleil.
Luh.Sifard, 1282. Comète,
1283, En l'année de la mort de l'empereur Adolphe , oi%
Frxtor, Ricci vit une Comète, Adolphe, élu en I2p2 , n'eft mort qu'eu
1298.
1285. *
Il parut une grande Comète, dont la queue regardoît le
'Ptôiem. Hifl. nord - oueft.
'' xYii. ' Le 5 Avril, en Bohème, on vît une Etoile très-brillante ^
au-deflus d'une d^s cornes de la Lune ; elle fut regardée
'Bohm.PM.ll, comme un préfage du retour du roi W^enceflas , circonftance
qui détermine l'an 1285. Mais en cette année, la Lune fut
nouvelle le 6 Avril au matin ; eft-il pofTible qu'on l'ait vue
le j en Bohème \
Pu
DES Comètes. 417
On trouve ailleurs qu'il parut une Comète entre 1284
& I2p4. Rokw.
128(3. Comète. C'eft la précédente, différée d'un an. Cmtur. Lyu
Lubien,
I2CJ3 OU 1294.
Des annales de la Chine difent, qu'en la première Lune,
commençant le 8 Février 12^3, on vit une Comète, &
qu'elle dura tout le mois ^ D'autres annales en diffèrent l'appa- ^ Coui>I. Syn,
rition jurqu'à la dixième Lune ^ En la trentième année Tchi-
yven y dixième Lune, jour Keng-yn ( 6 Janvier 12^4, mais Mailla, t. IX,
c'étoit la onzième Lune) , on la vit dans Tfé-ouey ( enceinte à^s p- f/^«
Etoiles qui ne fe couchent pas) ; elle palïa par le quarré de la
grande Ourfe : elle dura un mois. Lubienietzki en fait paroître
une durant l'été 12^3 ; j'ignore fur quel fondement.
I2c^^. * « On regardera peut-être comme ri^iicule un
fait que quelques Auteurs rapportent à cette année (i 2^4). «
Le 8 Février, par un temps extrêmement froid, on entendit «
deux roffignols chanter dans le temple d'Harlebec. On vit «
aufîi une Comète. '» Si cette Comète a aulîi paru durant le Amat. Flâner,
mois de Février , il faut la rapporter à fan i 2^ 5 , félon ' ' *
notre manière a(fluelie de comm.encer fannée.
Je trouve aulfi une Comète marquée fur le mois de Juillet
[12^4, & une autre, que Ton dit en général avoir paru chron.Cav^
en I2p4, comme un pronoflic de la bataille de Courtrai ivita/:
(livrée en i 302 ).
12^6. Une Comète, paroiffant long-temps dans le cîel,
annonça les évènemens futurs, & fur-tout la mort de fem-
pereur Adolphe, mort en 12^8. Anon. Leoh
i2.^j, * Adolphe fut tué le i j Juin , le Soleil étant dans
le Lion : on vit alors , dit-on , une Etoile chevelue. L'empereur Feneu
Adolphe fut tué le 2 Juillet 12^8, le Soleil étant dans
i'Ecreviffe. Struyck effaye de reélifier ces erreurs i mais il y
en a trop en trop peu de mots : le meilleur parti eft, je penfe,
d'abandonner un Écrivain fi peu exaétc
Tome L -C^gg
î8 HiSTOinE
I2Cj8,
Des fignes céieftes annoncèrent la mort de Boémond , arche-
vêque de Trêves ( mort ie p Décembre i2pp ). L'année
précédente, on vit une Comète durant douze nuits confé-
cutives , vers ia troifième heure de ia nuit; fon rayon éîoit
^^Arch.T\epiu toumé du feptentrîon au midi^ Ailleurs, on ne la put voir
t, 11, i. XVI ' que durant trois jours après le coucher du Soleil ; fà queue
^AiaffUVe/lm, .'p-ài'oiiToh touméc vcrs l'orieut ; la tête étoît du côté du fep-
'= Anon. B,-ev, teutriou ^ Pluficurs Hirtoriens ont parlé de cette Comète^:
ku/eù. pZ. "o^ modernes la font paroîîre au mois de Novembre ^*
M Bantj, VIII. Struyck crovoit que cette Comète étoit ia même que celle
e.xiV.Siffrid. «e 1677.
\\ ^. ' 1209. ^
^Spond, Ricch -^ -^
Lub,
En la deuxième année Ta-îe, douzième Lune , jour Kia-fii
(24 Janvier i 2pp ) , on vit en Chine une Comète au-deflbus
^ Mailla, t.iX-, de i étoile Tfé-lun, ou au lud du hçc de la Colombe^; elle
't^'^'^" ' ^^^^^ fbixante-feize jours ^. On ia vit auffi en Europe avant
' ' la fin de Janvier; ia têîe étoit alfez grande, ia queue longue
relativement à ia tête : elle étoit en i 8 degrés du Taureau ,
avec plus Aq -^o degrés de latitude auftrale. Après ia fête
de Saint Mathias , tombant au 24 Février , elle étoit en
14 degrés du Taureau, avec une latitude auftraie de 5 degrés;
la tête & ia queue éîoient fort diminuées: fon mouvement
paroiffoit dirigé vers les Pléiades & Aldébaran , plus cependant
au nord qu'à l'oueft. On la vit jufqu'au 5 de Mars ; elle fe
nifCantahr. diffipa près de Vénus , qu'elle îouchoit prefque. Selon les
Tables deHailey, le 5 Mars i2^p, à neuf heures du loir,
temps moyen, méridien de Çréenwich , Vénus étoit en
8^ 30' 37" du Taureau , avec une latitude bôréaie de
2^ 41^ 55". Ces obferyations Européennes ne s'accordent
point entr'elles. J'avois fait d'inutiles efîbrîs pour en déduire
ia théorie de l'orbite de la Comète ; je fiippofois la première
obfervation faite ie 3 i Janvier , & je rapportois la Ççconàe
au lendemain de ia fête de Saint Mathias : je n'ai retiré
DES Comètes. 419
d'autre iî'uît de mon travail, que de me convaincre qu'une
de ces deux obfervations éîoit abfblument inconciliable avec
celle du 5 Mars. Cependant i'obfervation du 24 Janvier,
faite en Chine , eft venue à ma connoilTance : elle exclut
décifivement l'obrervaiion Européenne de la fin de Janvier;
mais éiiç. Te concilie facilement avec celles du 2 5 Février
& du 5 Mars. De leur combinaifon j'ai conclu la théorie
fuivante.
Lieu du nœud afcendant w , 3*" ly^ 8'.
Incfinaifon de l'orbite à i'écliptique. ... 68. 57.
Lieu du périhélie o. 3. 20.
Logarithme de fa diftance périhélie. ... 9,502330.
Paflage au périhélie en Mars 31' 7^» 3 8'.
Sens du mouvement Rétrograde.
Selon cette théorie , la Comète a dû être le 3 i Janvier
au foir , en i i degrés & demi des Gémeaux , avec une
latitude auftrale de 3 5 degrés & demi , c'eft-à-dire qu'elfe
étoit éloignée de la fin du Taureau d'environ 1 2 degrés à
i'eft, au lieu que l'anonyme Européen l'en éloigne de 1 2 degrés
à i'ouefi. Seroit-ce-là le vrai point de vue de Ton erreur!
De cette même théorie il fiiit que la Comète a été vifibie
durant foixante-feize jours & plus; mais ou les nuages, ou
les crépufcules, plus longs en Angleterre qu'à Pékin, ont pu
ne pas permettre aux Anglois de la fuivre auffi long- temps
qu'on Ta fait en Chine.
12pp. En la cinquième année de Ki-tfong , empereur de
la Chine, on vit une Comète avec une queue rougeâtre
trcs-éclatante ; elle fe dilTipa peu après , avec un bruit égal
à celui du tonnerre. Cette Comète n efl vraifemblablement Syn, Chronoi,
qu'un météore,
12^9. On fait encore mention de quatre Comètes qui parurent
Tune après l'autre en la nuit de Noël 12pp. La première,
dit-on, étoit auffi grande que la Lune; elle difparuî au bout
d'une heure : deux autres également grandes lui ayant fuccédé ,
fe difTipèrent prefque aufliiôt. 11 ne s'étoit pas écoulé une
420 Histoire
heure, lor/que îa quatrième parut, pour ne pas durer pïus
^Archkp.Trevïr. fong-teiTips oueies précédentes. On conçoit que ces prétendues
Comètes etoient de iimpies météores.
» RocL Aifi. 1300. Il parut une terrible Comète^ en l'année du. Jubilé^,
"' "'^'. au mois de Septembre^. Quelques Auteurs ayant dit des
Woif. 'cernai. Comètes précédentes , qu'elles avoient paru dans le temps
/i ./'./«?/. que Boniface VÏII indiquoit le Jubilé pour l'an 1300;
^ Annal C ajtn, ^^^^^^^ auront pu confondre l'année de i'indiélion avec
celle de la célébration. On aura auffi pu anticiper d'un aa
l'apparition de la Comète fuivante.
I 3 o I . * Première Comète.
Grande Comète. Voici la defcription que Pachymère^
témoin oculaire, nous en a donnée,
Autumnus luci ac tenehrïs œquaverat horas ,
Ofque facrum Erïgones fol annuus hofpes hahehaï p
Cîim lœtiun rutîlans e Thracum parte Comètes ■
Cœfarïem in traélus extendere cœp'it Eoos ,
Limite ab ocàduo procedens Ipfe ; fed ufqiie
Imparïhus gyris , dum neâis femper omïttit
Amplïus hejlerno fpatium , quo furgit in alto.
Ocyiis , & propioY fummo fefe admovet axi.
JVam nullius iter fxi cornes injlitît ajlri ;
JVoâe fed unâquâque viam in fuhlime fupinat^
lUo iterum , primœvo uhi fufit crine , rêve fus ,■
Jldarcuit hic caudâ mutilus , desitque yidefu
«c L'automne a>voit égalé îa nuit au jour, & le Soleil, par
3 fon mouveniejit annuel , avoit atteint les étoiles de la Vierge,
38 iorfqu'une Comète paroillant du côté de la Thrace , com-
59 mença à étendre fa belle chevelure vers la partie orientale
» du ciel. On la vk d'abord du caté de l'occident :■ prenant
>j de-là fa courfe , elle décrivoit tous les jours des cercles
=> inégaux, paroiffant plus avant dans la nuit, fe montrant
» plus élevée , & s'approchant de plus en plus du pôle du
DES Comètes, ^ii
monde. Elle ne fuivoit la route d'aucune Étoile fixe : à «
chaque nuit on la voyoit s'élever de plus en plus vers ie «
plus haut du ciel. Revenant enfin au lieu où elle avoit «
d'abord fait briller la chevelure, fon éclat diminua, fa queue «
fe diliipa, elle-même cefla bientôt d'être aperçue. » Pachymère ^Pachym.
ajoute qu'il n'ignore pas que d'autres ont parlé différemment ^,^7r.' ^' '
de cette Comète; que pour lui, il l'a décrite félon les con- ^ Nkm. Piolcm,
lîoiflances qu'il en avoit ^ Selon les hiftoriens Latins , ia Diug Jlf Martin,
Comète a paru au mois de Septembre, du côté de foccident, Poion. Vm
dans le figne du Scorpion , en quelques endroits pendant un jv2j. Chrom
mois^, en d'autres durant quinze jours feulement^. Sa che- Franc. Chron.
velure étoit tournée tantôt vers l'orient , tantôt du côté du "^^"Faimc.
midi^. En îfîande on k vit vers la ïèiQ de Saint Michel; memor.nh. ii.
r' T • T r/ ] I ^ C/ircn Rotom,
la queue pendoit en bas; par un mouvement renverle, elle Niem. Chron.
alloit de l'orient au fepîentrion ^. Il pourroit bien y avoir Seig, Piohm,
quelque chofe de renverfé dans ce narré. Ailleurs « elle *= Eddf,
parut àhs le i.^*^ de Septembre, & fut vue durant plus d'un «
mois. Le dernier du même mois, i heure 40 minutes après «
le coucher du Soleil, on compara fon lieu avec celui de trois «
Etoiles connues; & l'on trouva quelle étoit en 20 degrés «
du Scorpion, avec une latitude boréale de x6 degrés (d). «
Sa longitude étoit prefque ia même que celle de Mars» (Cette «
Planète, félon les Tables de Halley, étoit alors en 2 i degrés
& demi du Scorpion }. La longitude de k Comète croiiibit ^'.
toujours vers l'ed , mais fà latitude diminuoit. Loriqu'elle «
commejiça à paroître , fa queue étoit tournée vers le nord ; es
elle fe tourna enfuite par l'efl du côté du fud , & elle s'éten- c;
doit JLifqu'à l'étoile Alîair du Vautour volant (et, de l'Aigle ). k
Le premier jour qu'on vit cette Comète , fa latitude étoit de «
(d) Selon M, Dunthorne , ie
chiffre 2 , dans ce nombre de degrés,
a été altéré par une autre- main : ce
Savant penfe qu'il y avoit oviginai-
rement i6 degrés. En effet, l'Auteur
dit que la latitude de la Comète était ,
le i/"^ Septembre, de 20 degrés ,<3c j feptenîrionale,
que cette latitude diminuoit- tous les i
jours. Mais il me femble qu'il ne
faut entendre ztxit diminution jour-
nalière que de la fin de Septembre &
jours fuivans ; car , félon Pachymère
& les annales Chinoifes , la latitude
devenoiîd'abcrd de jour en jour plus-
422 Histoire
>» plus Je 10 degrés. Le jour de Sainte Foy [6 Odobre ) ,
w à i'heure fufdite , ie iieu de la Comète étoit dîins un degré
* MSS. du Sagittaire, avec une latitude de lo degrés au nord ^ »
Ccmtabr. Phiïof. Uj^ Hiftorieu date feulement du mois d'Oétobre l'apparition
' .,', n de celte Comète''. Un autre la fait durer iulqu'au mois de
« r//V<îiW Janvier : celui-ci lans doute a juge quelle n etoit quune
uiu VIII, feule & même Comète avec la fuivanie.
cai>, xLvii. YiW^n la première Comète de i 3 o i a été obfervée à ia
Chine. Lailîànt de côté le peu qu'en dit le P. de Mailla ,
qui n étoit pas Aflronome, voici ce que le P. Gaubil nous
en apprend. Au jour Keng-tchïn , huitième Lune ( 16 Sep-
tembre) , elle étoit en 24 degrés 40 minutes de la conftei-
lation TJi'^ë ( ^^4^1^^^^ formée par les pieds des Gémeaux,
commençoit alors à 25^^ 32' des Gémeaux ). La Comète
alla à Nan-ho ( Procyon ; la latitude étoit donc auilrale ) : fa
queue étoit longue de 5 degrés. Elle courut enfuite au nord-
ouefl , traverfa les étoiles Ven-tchang ( e , f , ô , u , (p , h de
la grande Ourfe ) , celles du Fé-téou (du grand Chariot),
& les trois Koung ( trois petites Etoiles dans ia tête d'Aitérion ,
au fud de -a de ia grande Ourfe ) : la longueur de fa queue
fut de 10 degrés. Elle entra dans le Tien-che (où font la
Couronne, les têtes d'Hercule & du Serpentaire, &c. ) Sou
apparition fut de quarante-fix jours. Il fuit de cette delcrip-
îion , I .° que la Comète a paru d'abord dans i'Ecrevifle , &
qu'elle a dilparu vers le Sagittaire : en conféquence , on ne
peut prendre à la lettre ce que dit Pachymère, que la Comète
efl revenue vers la fin de fon apparition au lieu où on i'avoit
d'abord obfervée; Pachymère convient qu'il étoit jeune alors,
& que fon récit fur les mouvemens de cette Comète étoit
contredit par d'autres témoins. La Comète a fans doute paru
à l'occident , mais à la fin de Septembre , après avoir patlé
par fa plus grande latitude boréale, & non auparavant. 2.*^ Si
îa Comète a eu 20 degrés de latitude le i.^*^ Septembre,
comme on ie dit d'après les manufcrits de Cambridge, celte
iatitude a dû être auflraie & non boréale, puifque, ielon \ts
obfervaîions Chinoifes, la Comète étoit encore au-delà de
x>ES Comètes, 423:'
i'éclîptîque ié 16 du même mois. ^ ." On peut conclure de^
obfervations Chinoifes , que le nœud afcendant de l'orbite
de cette Comète étoit vers ie milieu du figne du Béiier ;
fon inclinaifon à l'écliptique de do ou 70 degrés, ou peut-
être même davantage; le mouvement rétrograde, la diftance
périhélie moindre que la demi - diftance du Soleil à la Terre;
le périhélie dans le Capricorne : la Comète y aura pafle avant
la fin d'Oélobre , mais non pas avant ie milieu de ce même
mois. Ces élémens généraux repréfenteront , à quelques degrés
près, les obfervations de Cambridge. J'ai cherché inutilement
une théorie plus précife ; les oblervateurs Anglois de ces fiècles
reculés n'étoient point des Newton , àes Hailey , à^s Bradley :
)e puis répéter que leurs obfervations n'ont été retirées de
l'oubli, que pour donner la torture aux calculateurs trop zélés.
1 3 o I . * Seconde Comète.
Avant Noël on vit une Comète du côté de Tocciclent ,
après le coucher du Soleil ; elle fe couchoit avant minuit ;
elle parut durant quinze jours ^ L^/7rf;w/>r de Décembre elle ^ Sifrid. Rkoh.
étoit dans le Verfeau ou dans les PoifTons ^ En îllande, 'pjnfjfj''
on la vit depuis le commencement jufqu'au milieu de l'hiver. ^ Rock, Luh,
A Berghen en Norvège , elle fut vue avant le Carnaval , & '^'^^^^'
à B.ome avant la fête de Pâques. Si cela ell, elle a dû paroître zdda.
plus de quinze jours. Un Italien dit en général 5 qu'en ijoi
on vit à^i Comètes. Chron, Bcjf,
1302. Dans le temps que Matthieu Viiconti fut dépouillé
de la fouveraineté de Milan (en Juillet 1302), on vit
une Comète au nord ; fa queue étoit tournée du côté de
Milan. Quelques Ecrivains difent que la bataille de Courtrai, -^nnai.Medy,
livrée ie 11 Juillet 1302, fuivit immédiatement l'apparition
d'une Comète. Mais ceia peut s'entendre d'une des Comètes Rokw.Pontan,,
de 1301. A plus forte raifon a-t-on lieu de foupçonner ' ' ^
d'erreur ceux qui difent qu'en 1302, en automne, on vit
du côté de l'occident, dans ie Scorpion, une Comète, qui
dura un mois , &c. ces caradères appartiennent évidemment stevon, contïn
a la première Comète de 130 1. L^^>
424* H r s T 0 î R E
120'^, Avant ia mort de Mechtilde , fœur Je l'empereur
ÂnnaJ, Adii. Albert, on vit une Comète en automne durant un mois. Ne
P.i, hXJiV, ç^^qI[_ç.q pas encore la première de 1301 ! Celle de 1303 ,
dit-on, reflembloit à une colonne de feu, qui deicendoit
RkcL KecL fur terre , & remontoit auffitôt. Quelques-uns de nos Comé-
^'''''''' too-raphes modernes ont alTez de difcernement pour douter
HeWi, {i ce dernier phénomène étoit une vraie Comète, ou même
fi les Écrivains qui rapportent de tels faits , n'ont pas un peu
MuUn.c.xKi. trop compté fur la crédulité des fimples.
1304.
^Syn. ChromU JJnç Comète parut durant foixante-feîze jours ^ , ou pendant
v.'lg'^.' ' trois mois, du côté du fèptentrion'^, à la douzième Lune de
b Lj>c. Rock, l'année 1303^, donc en Janvier ou Février i 3 04. Le Père
-^"'''' Gaubil parle deux fois de cette Comète , & femble la rapporter
p. //'t '' ' à deux années différentes , à la feptième & à la huitième année
Ta-îé ; cette contradiélion n'eft qu'apparente. En la feptième
année Ta -té, douzième Lune, jour Keng-fu {3 Février
1304), la Comète fut obfervée dans la confleilation Che
( ce , /2 de Pégafe ) ; elle alla jufqu'au palais Tjé-ouey ( enceinte
à'&s Etoiles qui ne fe couchent pas ) : elle traverfa les Etoiles
Teng-ché (entre la queue du Cygne & Céphée). Son appa-
rition fut de fbixante-quatorze jours. La huitième année Ta-té
avoit commencé en Chine dès le 6 de Février. Ainfi la Comète
a voit commencé à paroitre dans la feptième année; mais prefque
toute la durée de fon apparition concouroit avec la huitième
année. D'ailleurs il n'y a point eu de jour lù/ig-fu durant la
douzième Lune de la huitième année Ta-té. Il efl donc hors
de doute que l'an 1 3 04 eft la véritable année de l'apparition
de la Comète.
1305, "^
Trois jour5 avant Pâques , & trois jours après , on vit une
Chon.Bothon. gvaude Comète avec une longue queue, C'efl probablement
libfi'n, Ftincc. ^'l'i retour de la Comète d'Hailey. Struyck paroît incliner
'BucauuFryjkb, ^ différer ce retour jufqu'en 1^06 \ mais tous les Ecrivains
qui
DES Comètes, 42 5
qui parient de cette Comète , en rapportent Tappantlon à l'an
1305. D'ailleurs Pâques en 1305 tomboit au 18 Avril, &:
en 1306 au 3 du même mois : or l'orbite de la Comète de
Hailey efl tellement placée , que cette Comète a pu paroître
fort belle vers le 1 8 Avril 1305, & beaucoup moins belle
Ters le 3 Avril de l'année fuivante.
><-> I , a * Caf, Lavât i
1307. Comète .^ ^ , . . Aiji.Lub.Hév.
1 3 I I . Lorfque l'empereur Henri VII aflîégeoît Brelcîa , b Muffat. /,
on vit en France un Afîre inconnu & menaçante On joint ^•^^^-^"''p^J;
à ce phénomène des Éclipfes de Lune &: de Soleil, qui n'ont „.. T.l'.xviii,
certainement pas eu lieu en i ^ i i. ^V,[% ^^"^'
13 12. On vit une Comeîe pendant quatorze jours . c^^.^^ Bucdin-
13 13. Avant la mort de l'empereur Henri VII, on vit, le Fabrk. memor.
jour même de l'Epiphanie, une Étoile chevelue très-brillante; ^fJl'h.^'^^'^'
elle étoit dans le figne de la Vierge : elle fut fui vie d'une à AnnaiTrevir.
Écliple de Lune'^. L'Éclipfe de Lune avoit plutôt précédé , ^-^^^ ixviu
étant arrivée le 14 L/ecembre 13 12. m^ c.xvi
if XV lU
1313. *
En la deuxième année du règne de l'empereur Gin-tjong, Sj>n. c/im^
deuxième année Hoang-kin , jour Ting-ouey , troifième Lune
(13 Avril ) , on vit à la Chine une Comète dans la conftel-
iation Tfmg (pieds des Gémeaux). En Europe, « le 16 Gauùïl,
Avril , Jupiter & Vénus furent en conjonélion dans le figne «
des Gémeaux. Quatre jours après on vit en Italie une Comète «
vers ie lieu du ciel où le Soleil paroît, lorfqu'il efl: près d^en- «
trer dans les eaux de l'océan : fa queue chevelue, iemblable à <«
une fumée blanchâtre , s'étendoit à la diftance de vingt pieds ^^
du côté de l'occident ( il faut lire, du côté de l'orient). «
Après s'être afFoiblie peu-à-peu durant quinze jours, cette «
Comète enfin s'évanouit ^ « D'autres Hiftoriens témoignent *^^ufae.l,
•II I /^ ^ r T A / I i> • î k I.XV,rul)r,.ifm
pareillement que la Comète tut vue du cote de 1 occident''; h chron, Bown,
donc fa queue ne pou voit regarder l'occident. Un Ecrivain Cf"'on^ Slau.
dit qu'elle fe retira du fepîentrion au midi : un autre ajoute MiHd,
«qu'elle fuivoit le mouvement de Mars. uka
Je trouve qu'en 1 3 1 3 on vit une terrible Comète ^ qui
Tome L Jihh
.^w.^,.£^. 42-6 Histoire
col i^yd. paroiiïànt durant près de quatre mois , ne difparut qu'en
v.sl's'^'^^' ^3 ^4'""' ^^^^ n'auroit donc commencé à paroître qu'en Sep-
' CAron. Cù/i. temhre ou pius tard. li y a iieu de foupçonner que cette
Y'i^'C^'""'^ Comète eft celle de i ^ i s . anticipée de deux ans.
Chron.Nuremh. Le T. de Mailla dirtere 1 apparition de la Comète de i 3 i 3'
'^AimninRui j^^^î^'^ ^^ douzièiTie Lunc , ou julqu'en Janvier 13 14^. Mais
uxxi.c.iji, comme il la fait auffi paroître dans la conftellation Tfing , ii
en. ^. Statmki. ç^ probable qu'il s'eft gliffé dans fon Ouvragée une erreur de
^ Kecher Hombre, ocquil tant lire troijieme Lune au lieu de douzième
'Mkc, Lubien. Lunc, comme dans le P. Gaubil.
*" Chrnn, Citi:^,
'Bodin. LU. 1514,''^
^ Chron, /^ ' r^ \ i tttt«t/t
'.H''rfaug,ch)'on- On Vit une Comète vers le nord , dans les derniers degrés de
Nufemb"' 1^ V^^^g^ ^\ ^1^^ parut ûu mo'is d'Oâohre'^ durant trois jemaines ^,
'Antonin, iTc, OU pendant un mois & demi^, ou même durant trois mois
^Pontan. i, VI. prefque entiers ^. Elle fut vue pour la première fois le i .^"^ Mai ,
ûgec.c.iv. & l'on continua de la voir durant dix mois, li nous voulons
Aiedtûi. en croire Pontan^ Il eft enfin d^s Annaliftes qui anticipent
eap. Lxxxvi. à cette année l'apparition des deux Comètes fuivantes.
IChm.Engelh. • ^ ï 3 I S * & I 2 I 6 *.
oteron, Niem. J 7 J
Medb. "pabr. ** Depuîs îc moîs dc Décembre i 3 i 5 » dit un Ecrivain
MJa. L II, ,, du feizième fiècle, jufqu'aii mois de Février de l'année fui-
CaMs, ire, ' \ d-^ \ p •CL' I
"" Ch ** vante, on vit deux Comètes; lune en conjonction avec la
Verd. Zan'tfi, » Planète de Mars , i'autre renfermée dans le cercle polaire
'MetiMix. " ^f^ique. L'une & l'autre a été décrite par un Aftronome de
c.H. Cagiiin. Cologne , dont j'ai vu & lu le manufcrit'». Ces deux Comètes
%aub\i Mailla P^i'Lirent du côté du feptentrion, félon d'autres Auteurs^; &
t.ix,p,;i^, en effet, j'ai calculé le iieu de Mars; cette Planète étoit alors
'„ '^' dans l'Ecréviffe, avec une latitude boréale , & par conféquent
T^otom'. Niem.' en deçà du Tropique d'été. Un grand nombre d'Hiftoriens
{^ron.Beig. parlent des deux Comètes'; quelques-uns ne font mention
"Chron. Verd. ^"^ d'uue leulc "^. La première étoit plus grande & plus
'Meier. Annal, éclatante ouc la féconde"; c'eft ians doute pour cette raifbn
Flandr. l. XI, i r A '.' ' ' \ - '. v
Bariand. <^ue la lecoiide aura ete moms remarquée. La première etoit
€ap. Lvi, tl'uae grandeur prodigieufe " ; on la découvrit vers la fête de
DES Comètes. 427
Saînt-Thomas (21 Décembre^), ou vers Noè'i^; eiie dura //^
Hanns,
iufqu'après la fête de la Chandeleur, 2 Février^. Elle îournoit "^/i^rm. Poh
' T AI o II / T • r I I' • Steron. Anon.
autour du pôle , oc elle etendoit la longue queue vers 1 orient , leoL i v, &e.
& quelquefois vers les autres parties du ciel ^ , circondance , " ^"^"' ^^°^'
qui, félon Hagécius , fembleroit plutôt caraétérifèr ia féconde ^ Sieron. Niem,
Comète. On ia vit près de l'Étoile de Mars ^ Selon un ^J""/^;^^^ ^^^^^
Auteur contemporain , « elle commença à paroître vers le B. V.
î."'' Décembre. Elle fuivoit ie mouvement diurne, & de «
plus elle étoiî alTujettie au mouvement de i'épicycie de Jupiter: «
car autant que Jupiter, avançant dans fon épicycle, déclinoit «
en latitude vers le nord , autant cette Comète raontoit , en «
s'approchant du pôle arélique; non pas dans une parfaite «
égalité, mais au moins dans une certaine proportion de mou- «
vement. En effet, ie vingt-cinquième jour, àla vingt-feptième «
heure du mois de Décembre vigefimâ quinîâ die , hora XXV lî ^
Decembris , elle étoit diftante du pôle de iS'^ ^y' 53", & «
ie XV Janvier à XVII heures , (à diftance au pôle n etoit <«
plus que de ^^ 48^ 39". Cette Comète avoit auffi un mou- *«
vement femblable à celui A^s Planètes : en conféquence de «
ce mouvement, fa chevelure étoit toujours tournée du côté ^
de Jupiter , quoiqu'à caufe de l'afpeél de la diverfité , propîer "■"
diverftatîs afpeéïum , ces rayons de ia Comète parufîënt un «
peu s'écarter de cette direélion ». En effet , Jupiter ne fut Mufat. il,
en oppoiition avec ie ooleil qu au mois de revrier 13 16;
donc fi ia queue de la Comète , fituée près du pôle , étoit
dirigée à l'oppofite du Soleil , elle ne pouvoit pas être tournée
précifément du côté de Jupiter. Mais iailîbns-ià ces rêveries
aflrologiques & péripatéticiennes que leur Auteur fans doute
ne concevoit pas plus que moi, & venons à fes obfervations.
II s'y efl d'abord gliiîe au moins une erreur de chiffre. A la pre-
mière, Struyck croit qu'il faut lire, le 2^ Décembre à XVIÎ Smych,ij^p\
heures, & je penfe de même. li ajoute qu'on pourroit rapporter
la féconde obfervation au 5 Janvier au lieu du 15, une X dans
ie chiffre Romain XV ayant pu facilement fe glilfer dans les
premières copies de Muffiti. Le but de Struyck dans cette der-
nière corredion efl d'établir une analogie entre cette Comète
Hbh ii
^28 Histoire
& la dernière Je 1 6 1 8, dont la révolution efl , felcn lui, de cent
cinquante-un à cent cinquante-deux ans, & dont un retour
tomberoit en conféquence fur Tan 1 3 i 5 ou 1 3 i 6. Mais li telle
étoit la révolution périodique de la dernière Comète de i 6 i 8 ,
elle auroit dû revenir vers l'an 1770, & elle n'a pas reparu»
Celle de 1315 a été obfervée à la Chine en la deuxième
année Yen-yeou , au jour Ping-îfe de la dixième Lune (29
Oélobre i 3 i 5 ) , dans le Tay-ouey ( comprenant le dos ôc
îa queue du Lion^ partie de k Vierge^ la chevelure de
Bérénice, les Chiens de chafTe , les pattes de derrière de la
grande Ourfe, &c). Au jour Ping -ou de la onzième Lune
(28 Novembre), ia Comète fut au Palais TJé-ouey (elle
ne fe couchoit plus fous l'horizon de Pékin). Elle traverfa
-^ enfuite la conlleilation Tchin (le Corbeau). Soit, qu'elle ait
eu la même afcenfion droite que \qs Étoiles du Corbeau ^
cela ed très-poffible; mais qu'on ne ia faiïe pas fortir pour
cela du Tfe-oiiey : autrement, on lui afTigneroit une route
bizarre, qu'elle n'a certainement pas tenue.) Elle alla jufqu'à
la conlleilation Toung-pi (y de Pégafe, cl d'Andromède.)
Elle ne diiparut qu'au jour Keng-yn de ia deuxième Lune
Gmhiï. de l'année fuivante ( i i Mars 1316.) Ces circonftances ne
peuvent convenir à la Comète de 16 18. En Europe, cette
Comète a difparu dès le 6 Janvier, luivant une feule Chro-
^Chmu Cav, niquc^ ; d'autres ne la font diiparoître qu'à la fin de Février ^.
hSteron.Niaru Ceux ciui parlent de la deuxième Comète, diient qu'on ia
Chron. kotom. i a i n • c /^ • ii» i ' i >
^chYon.Rowm. voyoit du coté de ionent . Cavitelli donne a entendre qu on
.Wwn, Niem. Y\e l'a vue qu'au mois de Mai 131 6. Si cela efl, on ne peut
irc^ ' *'' confondre les deux Comètes en une (èule.
A Weher. ^3^7' CoUlète ^,
* Eckj}, Herl, 1318. Comète élans l'Ecreviffc ^. Le 20 Janvier de cette
même année au foir , on vit une grande Etoile > dont les
rayons s'étendoient vers les quatre parties du Monde : ce
météore ne dura qu'une demi-heure , & fut fuivi d'un fécond
Coms.hll, cle même efpèce, dont la durée ne fut pas plus longue.
^*^^^' ^3 33^ Un foir , au mois de Juin, on vit une grande
Ghirard, Étollc avcc unc qucue très-ample»^
p. IL t, XXh ^
DES Comètes, 429
1334.
En la féconde année du règne de l'empereur Chim-Hoang-tî ,
on vit à la Chine une Comète grande comme une tafîe, de
couleur rougeâîre, avec une queue très -éclatante, & longue
de cinq coudées ou de lept pieds & demi. Ce phénomène
fut vu dans la feptième Lune ou vers le mois d'Août. Sj/n, Chr&nol
I 3 3 (j. Une Comète commençant a paroîîre au mois de Juin ,
fut vue durant trois mois. C'elt manifeftement la fuivante, Anon.Leeh,
lib.Vï.
^3 37' * Prc'mière Comète.
Un Hillcrlen dit que la mort de Frédéric, roi de Sicile j,
arrivée le 2^ Juin 1337, fut annoncée par une Comète cjui
parut plufieurs jours auparavant, vers le folftice d'hiver. Il eil BtmfglP.t,
clair qu'il faut lire vers le fol flic e d'été ; autrement Buonfiglio ° *i''i^ '-
parleroit d'une Comète que perlonne n'auroit vue , & il
palîèroit fous filence une dts plus belles & des plus grandes
qu'on ait jamais obfervées. D'ailleurs , le folltice d'hiver
étoit arrivé , non plufieurs jours , mais plufieurs mois avant
ie 23 Juin.
La célèbre Comète de 1337 fut vue à la Chine depuis
la quatrième Lune jufqu'à la feptième , s'il en faut croire des
Annales imprimées de ce Royaume : or la quatrième Lune Sjin> Chrmi
Chinoiiè en 13^7 a été entièrement renfermée dans notre
mois de Mai ; ia Comète auroit donc été vilible dès le mois
de Mai. Alais le Père Gaubil retarde ces dates d'un mois.
Selon lui, la Comète fut obièrvée durant foixanîe-trois jours ^
depuis le jour Ting-mao de la cinquième Lune ( 26 Juin)
jufqu'au jour Keng~ou de la huitième (28 Août ). Le 26 Juin
elle fut vue au nord~eft , en 5 degrés de la confteilation Mao
(les Pléiades); la longueur delà queue n'éîoit que d'un
degré. Au jour Vou-tchïn (27 Juin), elle alla fort vite au
fud-oued, dit le Père Gaubil. Mais de toutes \qs autres
autorités, & de celle du P. Gaubil lui-même, il eft aile de
conclure qu'elle montoit plutôt au nord. Au jour Y-mao de
la fixième Lune (il y a encore ici néceifairement une faute
430 Histoire
de copifle : la fîxîème Lune de l'an 1330 n'a point eu de jour
Y-mao; on aura peut-être écrit Y-mao pour Ki-mao , & le
jour fera ie 8 Juillet ). Alors la Comète fut près des Etoiles
du pôle boréal, jufqu'à Tien-hoang-ta-ti (petite Etoile dans
le pied de Céphée , près de 1 Etoile polaire). Au jour Ting-
%éou ( -lG Juillet ) , la Comète fortit du palais Tfé-ouey^ ( elle
commença à fe coucher fous l'horizon de Pékin; les Etoiles
du Tfé'Ouey font celles qui ne fe couchent jamais ). Au jour
Vou-fu ( 27 Juillet ) on 1 obferva près de la Couronne boréale
& àes Etoiles Tien-kï ( qui font au voifmage de la Couronne
à i'eft). Au jour Keng-tfé, feptième Lune ( 2p Juillet),
elle fut près de ï%ioï\^ Ho-kien (y d'Hercule) , & elle entra
ckns le Tien-ché, ( Il (emble qu'elle étoit dans le Tïen-ché
àhs ie 27 ou même dès le 26 Juillet ; mais cette confidération
eli: ici de peu d'importance). Au ]oux P'wg-ou (4 Août),
elle fut près de l'Étoile Lié-fé [m ou n d'Hercule). Au
j,our Kï-yéou ( 7 Août ) , la grande lumière cle la Lune empêcha
de voir la Comète ; elle lortit du Tien - ché ( elle traverla
i'équateur dans le Serpentaire). Elle palla enfuite près de
i'Etoile Léang ( J^ du Serpentaire). Au jour Sin-yéou[ 19
Août ) , {es rayons étoient foibles ; elle étoit au nord de
l'Étoile Fang ( front du Scorpion ) , & fort difficile à obferver s
elle parcourut en foixante - trois jours quinze conflellations ,
depuis Mao jufqu'à Fcmg. Le P. de Mailla lui fait parcourir
le même nombre de conftellations , & lui donne foixante-
■Afd//ii,^ /a; quatre jours de durée.
I), s6p, £1^ Europe, on obferva cette Comète àhs le commen-
*Vili,fGm',) cernent de Juin, dans le figne du Taureau, au nord^ Dans
hXLc.Lxvi. ce même mois on la yit dans les Gémeaux'^ vers la fête de
^SuenoJ.Xl. Çaint-Jean-Bapîiile, ou vers le 24 Juin'^ : elle avoit alors
'yE<yid"apud une forte déclinaifon boréale^ puifqu'elle approchoit du pôle
'Struyck.i^;!, arcftique, & que le lendemain elle étoit entre les deux pôles
^''àGîfdi 4e f éclipîique & de i'équateur'^. Ces dernières drconftances
ibid_, ' font extraites à^s manufcrits de Cambridge, cités par Struyck»
L'expreffion vers la fête de Saint- Je an eli bien vague. Ou
4it d'ailleurs que la Comète ne fut entre les deux pôlei que
DES Comètes. '431
vers ie 8 Je Juillet, II femble que ces manufcrits de Cam-
bridge n'aient été tirés de la poulFière que pour einbarraffer
ies Cométographes. Un Auteur dit que la nuit du 2.3 au
2.^ Juin, on. vit la Comète entre l'occident & le midi. Ce Spécial i.vill,
fait efl unanimement démenti par tous les autres Hiftoriens '^' ^^^^'
Latins, Grecs Si Chinois. Le Fr, Gilles, déjà cité, dit que
du pôle arctique la Comète continua fa route vers ie midi ,
déclinant cependant un peu vers l'eft par un mouvement
rétrograde, puifque dans Tefpace de fix femaines elle dirigea
fa route vers ies Planètes de Saturne ôc de Mars , qui étoient
alors dans le Scorpion ; mais qu'avant de les atteindre , elle
5'évanouit. Tout cela efl un vrai gaiimathias qui ne fait que
déceler l'ignorance de l'Auteur du manulcrit. Un autre Écri-
vain dit que le mouvement de la Comète étoit d'orient en
occident , ce qu'on peut bénignement entendre du mouvement MeU,
diurne.
A Conftantinople , « ie Soleil ayant atteint le folftice
d'été, la Comète commença à paroître tous les foirs, vers «
ies parties feptentrionales de l'horizon ; elle fembloit avoir ^
pris fon origine vers les pieds de Perfée , lefquels font peu
éloignés de fépine du Taureau. Sa chevelure s'étendoit au
loin vers l'orient. Partant donc àes pieds de Perfée , cet aftre
s'avançoit tous les jours d'environ trois degrés vers ie nord.
Ayant paffé le pôle boréal , il traverfa la petite Ourfe , Its
plis du Dragon , toucha le pied droit d'Hercule , paiîa par
la Couronne, & la main gauche du Serpentaire : enfin fa
chevelure étant diffipée , il ceiîa d'exifler ». Voilà un détail Greg. l Xli
afîez circonltancié des mouvemens de cette Comète; il feroit ^' ^' ^^^' ^'
à defirer queGrégoras, qui nous l'a lailîe, eût déterminé le
temps de chaque oblervation. Il dit que la Comète commença
à paroître vers ie folftice d'été : cela efl bien vague. Savoit-il
d'ailleurs quand arrivoit ce folflice ! Il fè trompe de cinq
jours fur le terme de l'équinoxe du printemps : or cinq jours
d'erreur fur les obfèrvations d'une Comète qui palîë fort
près de ia Terre , peuvent occafjonner des erreurs confidérables -
dans la détermination dQs élément de ion orbite. Nonobflant
432 Histoire
les incertitudes qui réfultent de ces réflexions, Halley a cru
pouvoir calculer forbite de la Comète de 1337 Tur les feuies
obfervations de Grégoras. J'ai voulu appliquer la théorie de
Hailey aux obfervations Chinoifes; les erreurs ont quelquefois
excédé 20 degrés. En conféquence, j'ai calculé l'orbite fur
nouveaux frais, & j'ai trouvé pour réfultat ies élémens fuivans ,
qui repréfentent alTez bien tant les obfervations de Grégoras
que celles àes Aftronomes Chinois.
Lieu du nœud afcendant 2*" 6^ 2.2.' .
Inclinaifon de i'orbite 32. 11.
Lieu du périhélie o. 20. o.
Logarithme de ia diftance périhélie 9,809240.
Paflage au périhélie en Juin IJ o'^ 40'.
Sens du nî.puv.ement Rétrograde.
Selon la théorie propofee par Halîey, îe lieu du nœud
& celui du périhélie font plus avancés de \j^ 59', i'incli-
naifbn & le fens du mouvement font \qs mêmes , le loga-
rittime de la diftance périhélie efl 9,600)236 ; enfin, la
^ Hall Cornet, Comètc a été périhélie le 2 Juin à 6^ 34^^
^ Arentin. ^ ^ , ,
///;. VU. La plupart des écrivains Européens donnent trois ^ ou
l xi.c.LxvL quafi'e mois *^ de durée à l'apparitioiî de cette Comète. En
Chron. citii. Normandie elle ne fut vue , à ce qu'il fèmble , que durant
"^ilfnl^.^Rhfu ^^5 quinze derniers jours de Juillet & les quinze premiers
StdmdehBodln. d'AoÛt '^^
^.Chron. Rotm' I ? ^ 7. Secondc Comète*
Waifmg. Hifi, :>:>/
L'apparition de cette féconde Comète n'eft pas aufîi £onf-
îatée que celle de ia première ; la féconde ne fut point obfervée
^ViihfGiov.) à \^ Chine, Cependant prefque tous les auteurs Européens,
'«' ViiL-Buceiin. ^^^^ *^"^ parlé de la première, s'accordent à dire que lorfqu'elle
Chron. Cnij, paroifToît encore, on en vit une féconde dans l'Écreyifîè ^ î
Ch-on, Kf* celle-ci dura deux mois^ ou trois , félon quelques Modernes^.
'Staindd, iTc. Struyck croit que cette Comète pourroit n'être autre chofe
Fr kk' ^"^^' ^^^ ^^ planète de Vénus , laquelle fut vue à la Chine en
pleiiî
DES Comètes, 433
pîeîn Jour , depuis la Septième Lune juiqu'à la onzième, li Syn. Chmu
eft vrai que Vénus étoit vers ce tenips dans Ton plus grand
éclat , ayant pafîë par fa conjondion inférieure à la iin de
Septembre. Mais \es Hilloriens qui font mention de la féconde
Comète de 1337, nous affurent qu'elle a paru dans l'Ecre-
vifle, & lorfque la première paroiiïbit encore; l'apparition F7/. & alii
de la première n'a même précédé que d'un mois celle de la '^"^"'
féconde : or Vénus , depuis le mois de Mai , n'a point paru Cabh,
dans l'Ecreviiïe. De plus , on ne nous dit pas que cette
féconde Comète ait paru en plein jour. Vénus depuis le
mois de Février paroilToit tous \çs foirs à l'occident , & con-
tinua d'être vifible à la même heure jufqu'au commencement
de Septembre ; il n'étoit pas poffible qu'on la prît durant
deux mois pour une Comète. Ces confidérations ne me
permettent pas de foufcrire à l'opinion de Slruyck. Styuycii,ij^o>^
1338.*
La fête de Pâques tomba cette année au 1 2 Avril : or ,
durant l'oélave de cette fête, on vit encore une Etoile che-
velue; elle dura quinze jours & plus. On la découvrit Chon,Rmm
d'abord le i 5 Avril ; elle paroiiFoit aiîez près de la Terre ;
mais elle n'étoit pas belle, on ne la voyoit pas avec plaifu*:
elle étoit fans chevelure. Le Mercredi i 5 Avril , le Soleil ISlangis»
étant dans le Taureau , la Comète étoit vers le commen-
cement des Gémeaux : fon mouvement étoit d'occident en
orient, avec quelque déclinailon vers le nord : elle fuivoit
ie Soleil , & fe couchoit vers le milieu de la nuit. Le 1 7 Avril
elle étoit en 24 ou 25 degrés à^s Gémeaux : une ligne
tirée par l'étoile de la Chèvre 8c Jupiter , touchoit prefque
ia Comète. Struyck a calculé le lieu de Jupiter pour le i 5 yEgîd..^truycJii
Avril 1338 , à neuf heures & demie du foir, temps moyen, '7SS'F'-^°<'-
au méridien de Londres : il a trouvé la longitude de cette
Planète en ^^ ^^ 2,' 50", avec une latitude boréale de %%' 20".
Le 17 du même mois, Jupiter ne pouvoit être éloigné de
cette même polition : je dis le ij; car il me paroit mani-
fefte par le paflage même du Frère Gilles , tel qu'il ell
Tome I, 1 i i
Cavit.
43^ Histoire
rapporté par Struyck, que ce Frère n'avoit pas obfervé plus tôt
la Comète. Il l'obferva durant quatre jours , à commencer du
17 Avril ; & du mouvement apparent de la Comète pendant
ces quatre jours , il conclut que s'il étoit vrai , comme on le
difoit, qu'elle eût été oblèrvée ailleurs Ahs le i 5 Avril, on avoit
dû l'observer vers le commencement du ficrne des Gémeaux.
Nous n'avons donc de véritable oblervation de cette Comète,
que celle du 17 Avril; elle fut ce jour là en 24 ou 2 5 degrés
des Gémeaux, avec une latitude boréale de 17 à 18 degrés.
Le Frère Gilles préfenie d'ailleurs le lieu de la Comète par
des configurations de triangles auxquelles je n'entends rien :
il dit que fi la Comète eût fuivi la route qu'elle lembloit
tenir les quatre premiers jours de Ton apparition , elle auroit
atteint la planète deSaturne, qui étoit alors dans le Scorpion.
Je ne parle point de quelques Ecrivains, qui , par erreur
de chronologie , rapportent à cette année l'apparition d'une
àts Comètes de 1 3 ^ 7 ^ ou de celle de i 3 40 ''.
k Eckji. Lui. 1 3 3 0. Comète ^. C'efl certainement la fuivante.
* Eber.Peucer, ■> ■> ^
Gare, , ^ . ^ ^
1340.
« La faifon de l'hiver étant écoulée , le Soleil parcourant
3' déjà le figne du Bélier, une Comète en forme d'épée parut
» dans le ciel. Semblable d'ailleurs à celle que l'on avoit vue
" trois ans auparavant , elle n'étoiî point dans le même lieu
« du ciel , elle n'avoit pas le même mouvement ; car on la
M vit d'abord vers la ïm. du figne de la Balance , au lieu où
« fe trouvoit alors l'épi de la Vierge: àç.-W elle rétrogradoit
5> chaque jour de 5 degrés, jufqu'à ce qu'elle parvînt au fjgne
^Gregor.lXl. du Lion , où elle ceiïa de paroître^ » C'eft ce qui fut obfervé
c- VII, n. ;, ^ Conflantinople. A la Chine, on la vit à la féconde Lune
B. 11. dans la coniiellaîion Fang ( front du Scorpion ) ; elle dirigea
^ Mailla, t, IX, fou cours vers l'oueft, & difparut après trente-deux jours ^.
^''^^ ' La deuxième Lune Chinoife commença en 1340, vers le
2.^ Février. Le P. Gaubil dit que ce fut le jour Kï-yeou de
la féconde Lune (24 Mars), que la Comète fut obfervée
dans le feptième degré 'de la coniîellation Fang , & que de-là
DES Comètes. 435
e!ie fut au nord-oued. II s'enfuit que la première obfervatioii
de Gregoras a dû être faite , lorfque le Soleil étoit déjà avancé
dans le Bélier. On vit la Comète le 26 Mars, dans la partie
occidentale de l'Europe^; elle étoit entre l'occident & le • Ow».
midi; fa queue étoit tournée vers le nord-eft ^. Si la Comète s'£h^'^'^^''^*
étoit vers le fud-ouefl, fa queue devoitlè diriger vers le fud ^ Nangis,
ou au moins vers le fud-eft. Vers la fin de Mars on vit la
Comète à l'orient , à la fin de la Vierge ou au commence-
ment de la Balance : eiie dura peu% Un Ecrivain dit qu'elle ^ vm. (Giov.)
fut vue comme dans le fi^ne de l'ÉcrevilTe ^ ' -'^•^^^^^«
1341. Comète . C'efl manifeftement la précédente. Baidew.i.iii,
I 5 4. c , *^ Calvis. LuJf,
^^^ Ricc. Bonfin.
Grégoras fur l'an r34() s'exprime ainfi : « En l'année ^^^' ^^ ' ^' ^-^^^
précédente , au lever de la conftellation d'Orion ( vers la «
fin de Juillet ) , une Comète en forme d'épée parut dans le «
ciel , près de la tête de la grande Ourfè : de-là , elle s'avança «
chaque jour vers le zodiaque , julqu'à ce qu'elle eût atteint «
la fin du figne du Lion , où le Solçii étoit alors , &: là elle "
difparut. « ' Greg.LXV^
^ C.V. n." é,
1347.
En la dernière année du règne de l'empereur Louis de
Bavière , on vit une Comète durant deux mois. En Italie on Chron, Nuremh
ne la vit que pendant quinze jours, au mois d'Août; elle
étoit en I 6 degrés du Taureau , dans la tête de Médufe :
on la décida de l'efpèce de celles que l'on appelle Comètes
noires^. Quelques Modernes ont dépeint cette Comète fous ^^'l^- (Gm.i
ies couleurs d'un météore ^ ; ils ont pu la confondre avec le ' xcvîu
météore fuivant. Des deux Comètes de 1345 & de 1347, ^ Bergom.
Struyck n'en fait qu'une , & la rapporte à fan 1 3 46 ; mais ^^'Z^^^' ^" *
ces Comètes ont paru dans des lieux du ciel trop différens,
pour que je croye qu'on puilfe les confondre.
1348. Comète durant deux mots, C'eft certainement la -^reti
précédente.
En cette même année w au mois d'Août, on vit (à Saint-
lii i;
^^6 Histoire
*' Denys en France ) une Etoile âu-deffus de la viife de Paris ^
» du côté de fa partie occidentale : elle étoit fort grande &
» très-claire. L'heure de Vêpres étoit palfée ; le Soleil , encore
« fur l'horizon , tendoit à ion coucher. Cette Etoile n'étoit
*' point élevée au-de(îus de notre hémirphère , comme le font
>> les autres Aflres ; elle étoit aiïez voifme de nous. Le Soleil
» s'étant couché, & la nuit approchant, cette Etoile, obfervée
» par plufieurs Frères & par moi, dit l'Auteur que je traduis ^
» ne nous paroi (foit avoir aucun mouvement. Enfin la nuit
^ commençant , en notre préfence , & à notre grand étonne-
»> ment, cette Etoile très-grolfe fut divifée en plufieurs rayons,
» lefqueis fe répandirent fur Paris &L du côté de l'orient , «Se
«le tout difparut. Ce phénomène étoit -il une Comète ou
>» une autre Etoile, ou bien étoit- il formé de quelques exha-
»» lailons , 6c fe réfolut-il enfuite en vapeurs l ceiï ce que je laiffe
Nangîs. au jugement des Aflronomes. » Je juge facilement que ce
phénomène n'étoit qu'un météore; mais il a piu à un Auteur
Le P. Bertier. moderne, grand partilan de la difTolution des Comètes, de
déciàer que c'étoit une Comète fublunaire, de lui accorder
deux jours de durée, & de fonder le tout fur l'autorité de
Mézerai , qui ne le dit pas fc). C'eft pour cela que j'ai cru
devoir rapporter en entier le texte de l'Auteur contem-
porain, témoin oculaire du fait: j'ai traduit ce texte avec
toute la fidélité poffible»
1350» A la fixième Lune , ou vers le mois de Juillet ,,
on vit en Chine une nouvelle Etoile , auffi grande que la
'Syn, Chïonel Lune ; elle entra dans la eonflellation des fèpt Etoiles, avec
MaUk.t.ix, une explofion auffi forte que celle d'un coup de tonnerre.
j7. /^t», C'étoit fans doute un autre météore.
(e ) Je n'atltopte ni la phyfiqtie,
ni les raifonnemens du P. Bertier ;
mais je ne prétends pas le faire foup-
çonner de mauvaifê foi. Il a confuîté
unabrégéde Mézerai, de format /V/-^,"
où ce phénomène ell aïïèz exad;ement
décrit; mais une légère équivoque a
îronipé le P. Bertier , & lui a fait
croire quê le phénomène avoit duré
plus d'un jour. Je lui ai montré le
textedu Continuateur deNangîs; il l'a
trouvé clair îSc décifif. Si /à Phyfique
des Courtes eût paiîe à une féconde
édition , la durée de la Comète fub-
lunaire de 1348, eût été réduite à
(^$ juftes bornes-
DES Comètes. 437
« Au mois de Décembre , dit un Auteur contemporain ,
nous commençâmes à voir une Comète du côté de l'orient, w
vers la fin du figne de l'EcrevifTe. Quelques - uns difent «
qu'elle entra dans le Lion ; mais avant qu'elle nous parût «
hors de l'EcreviiTe , l'hiver finit, le Soleil s'approcha de «
l'Ecrevifle & la Comète ceiïa d'être vue, » Eft-ce que cette Viîi. {Mat/h,}
Comète fut vue durant près de fix mois, toujours dans jg '-^ 'f»^^^*^-
figne de rÉcreviffe? A-t-elle mcme été dans ce ligne! A la
Chine, onzième année Tchi-tchïng , onzième Lune, jour
Sin-hay (24 Novembre 1351 ), on vit une Comète afiex
petite dans la conftellation Kouey [(è, /jl, v d'Andromède Se
le Poiiïon boréal ). Au jour Kouey -tchéou (26 Novembre) ,
elle fut dans la conftellation Léon (tête du Bélier). Au jour
Ping-tchin ( 2 c) Novembre), dans la conileilation Mao [\q%
Pléiades). Au jour Ting-fe ( 30 Novembre), dans Pi [les
Hyades ). Qu'au mois cie Décembre cette Comète ait été Gmirk
vue dans l'Ëcrevllfe , & qu'elle y ait été llationnaire ou
même rétrograde , cela eft lans doute poffible ; mais qu'elle
foit reftée dans ce même ligne jufqu'au mois de Mai , je ne AnimLHh-LfL
le crois pas. D'autres Écrivains témoignent pareillement que Chron, Nuremiu
cette Comète fut vue au mois de Décembre ^ du côté du ^Chron.Beig,
. , Annal. Hirjaugi
Septentrion *^, Cavîu
On parle auffi de ï'O.ux ^ de poutres enflammées, c'eft-à- '^ Niem.Chron\,
dire d'aurores boréales ou autres météores, vus en la même Hwjang^ ^°^'
année . •' Anmhu
1352. Comète ûu mois de Septembre ou de Décemhre^, e'.xi'^^àrfVi'
C'eft certainement la précédente retardée d'un an, Lubkn, Rock,-
Le I 2 Oéiobre on vit un grand feu célefte, qui répandoit Jiji°d?'B7ovi
à^s flammes fur la terre & qui fut fuivi d'un grand bruit ^; t. xiv. Areu
jl ne dura qu'un demi Ave JVÎarïa^ : on dit cependant qu'il r,f,V,v^ , ,
r II- rj A II A!-- II ^"/' (Matth)
lut VU en iiaiie, kir \qs cotes de la mer Adriatique, dans le ub. m, '
Frioul , dans l'Efclavonie, la Hongrie, &c. ^ Cela peut être, ^"^'-J^^^^^^'
û ce feu célefte étoit une aurore boréale. On ne dit pas que i chron. Munn,
ie bruit accidentel qui s y joignit , fût entendu par-tout, sym^^Matth,)
438 Histoire
Un Hiflorien dit qu'une Etoile chevelue parut le i 5
Odobre 1352, & qu'elle fut obfervée durant plufieurs
• GhirarJ. nultS ^»
p.ii.LXXiH. Comète \
^Camer.Com, r^ \ r ri c t rr
p.SS.Luùien, On parie encore iur cette année dç poutres , de rtammes
Ricc. Hei'. célefles ^ , d'autres météores ^ : on en décrit un vu le
ubi fupra. Vill. M S ^'
cap. Lxxiv, £j^ Chine, à la huitième Lune, on vit une Comète d'une
chmuHirjaug. couieur blanchâtre, tirant fur le bleu; elle difparut à la dou-
' Faùric.memor. zièmc Luuc ^. Cette Couiètc uc fut pas obiervée ailleurs,
f viil.fAiatth.j ce qui me feroit douter de la longue durée qu'on lui afhgne,
Vo'!lf^^', Il s'eft piiiïë fans doute dans le texte une faute de Copifte
ou dimprmieur. Le r. Oaubii rait paroitre la Comète eu
la feizième année Tchi- tchïng , au jour Kia-fu, huitième
Lune ( 21 Septembre) , en ly'^ i o' de la confteilation
TchûTig ( cp, lU,, A, u, X. de l'Hydre) , & termine la durée
de fon apparition au jour Vou-ou de la dixième Lune
( 4, Novembre ),
A la Chine , pendant la troifième Lune ( commençant
vers le ï 8 Mars ) , une Comète commença à ie faire voir
^Mailla,). IX. du côté de i'efl:^ On la vit auffi en Europe vers la fête de
p. 6s j. l'Annonciation (25 Mars) : elle dura peu de jours ^
c rr ' ' I ; <5 1 . Grande Comète à l'orient'^. C'efl: la fuivante : car
Corner, chroti, OU y joint la mort d'Innocent V I , qui n'eil mort qu'en
Biddag, Septembre i^6z.
13^2. * Première Comète.
A la Chine, en la vingt-deuxième année Tchi-tchïng , on
obfèrva deux Comètes. Au jour Y-yéou de la deuxième
Lune ( 5 Mars), la première étoit en j^ 20' de la conitella-
tion Goey ( cl du Verfèau, e & 9 de Pégafe), Au jour 77//^-
^eou ( 1 7 Mars ) , elle fut près de A de Pégafe. A la fin de
DES Comètes. 43^
la Jeuxîème Lune, les rayons de la Comète éîoîent de vingt
pieds. Au jour Gin-tfe de la troifième Lune ( i.^"^ Avril ) ,
la Comète fut fans rayons au fixième degré de la confiellation
Mao ( \qs Pléiades). Au jour Vou-ou ( 7 Avril ) , elle di/parut. Cmlil
Le P. de Mailla dit qu'après un mois d'apparition , on ne
vit plus la tête de la Comète, & que la feule chevelure qui
reltoit alors, difparut peu de jours après^: la durée de l'appa- ^-Maiikj.lX,
rition fut de trente-quatre jours ^ En Europe, on vit durant ^'^ ^°',
1 r-^ ^ !• -r-.ir Tr, 4>'"' C/iroiî,
le Carême, avant le jour, une^ Etoile fort grande & tres-
éciatante : ce n'étoit point une Etoile ordinaire, c'étoit plutôt
une Comète. Au mois de Mars , on l'oblerva le matin entre Nar^^rs,
i'orient & le midi dans le figne des Poiflbns; elle avoit une
longue queue de couleur cendrée''': elle devint enfuiîe plus ^vnifAUtth)
boréale, puifqu'on la vit non-fèulement du côté de l'orient^, ^'^•'^'^ciu.
mais encore entre i'orient & le nord , dirigeant fa queue vers ^Awe?xf"^'
le nord ^, Toutes ces circonflances s'accordent entr'elles & Rebdorf.
avec \es obfervations Chinoifes ; il n'en efl: pas de même ^"^ fi^^"'
de celles que je trouve dans quelques écrivains Saxons &
Polonois : lelon eux, le i i Mars (f), la Comète étoit vers
la fin du Verfeau près de la planète de Vénus; elle dirigeoit
fa queue vers l'orient , du côté de la planète de Mercure, Mkhov.Uh. îV,'
Le II Mars ( à midi ), le Soleil étoit en 28'^ ^o' des ^J'P'.^^''vt'.
roilions , Mercure en i'* 30 du même ligne, oc Vénus
en 27^ 27' 30" du Verfeau. Tout fe foutient jufqu'à préiènt.
Mais fi la Comète étoit proche de Vénus, (à queue, diri^^ée
vers Mercure & vers l'orient , étoit tournée vers le Soleil ;
& Texpérience démontre que cela n'arrive jamais : depuis
que l'on obferve les Comètes avec quelque attention , c'ell-à-
dire depuis deux cents cinquante ans, on a toujours vu les
queues des Comètes oppolées au Soleil. Dans la pofiîion
qu'on donne à la Comète le i i Mars, elle ne devoit paroître
en Pologne & en Saxe, que dans les rayons d'un crépufcule
bien fenfible : comment, dans cette circonflance, auroit-on
- - — ..-..■ .-■■■■ . _-..... ■ ■ - . ■ _
(f) On ilt dans Fabricius k ji A'Iai j c'efl fans douîe une fauî«
cJ'iniprcffion. ^
^^O H I s T 0 T R E
pu obfêrver une queue entr'eile & le Soleil! Seroît-ce ïa
lumière Zodiacale , qu'on auroit prife pour une queue de
Comète, ou plutôt un nuage léger qui le fèroit trouvé par
halard entre Mercure &: la Comète \ Celle-ci continua d'être
^Mkhov.iiV, vifiLle pendant cinq femaines ^ Un Auteur prolonge fon
c. XXV II. apparition jusqu'au mois de Mai ^.
* Rehdorf,
1362. * Deuxième Comète.
Cette Comète parut en Chine à la quatrième Lune &
Syn. Chronoi (jura quarante jours. Le P, Gaubil , qui la circonllancie
Mailla, t. IX. X / i rv '^^ > ' c- r i \ f- -^
V, 64.0, davantage, ne la lait paroitre qu au jour Sin-je de la lixieme
Lune ( 2p Juin); ^\\q étoit en 2^ ^o' de la conflellaîion
Nieou ((^, /3, 5>, a- du Capricorne), & dans l'enceinte du
Yàhis Tfé-ouey ( c'efl-à-dire qu'elle ne defcendoit point /bus
l'horizon de Pékin ) : Tes rayons étoient d'un pied. Elle alla
au /ùd-oueil. Au jour Y-mao, feptième Lijne (2 Août),
Caulil, elle dilparut. Le P. de Mailla dit qu'elle parut avec une
queue de plus de cent pieds , entre i^s coniteilalions Hiu
(/3 du Verleau , cl du petit Cheval ) , & Ouey { et du Verieau,
'Mailla, t. IX, e, ô de Pégale) , ce qui eft incompatible avec la deicriptiou
^' "^"V du P. Gaubil. Auroit -il paru en 13(^2 trois Comètes à la
Chine, ou plutôt le P. de Mailla auroit -il attribué à la
féconde Comète ce qui ne convenoit qu'à la première!
13(^3.
On vit une Comète en Chine à la troifième Lune; elle
Syn, chmwL dura un mois : elle paroilToit du côté de l'orient. La troi-
fième Lune, en 1363 , a dû commencer vers le i 5 Mars.
Nos Cométographes modernes rapportent à cette année l'ap-
Rock. Aiji. parition d'une Comète immenfè vers l'orient,
m'el''^' ^''^' La veille de la Trinité ( 27 Mai) avant midi, yqys la
troifième heure du jour , on vit à Paris une Etoile très -
petite, vers le lieu du ciel où le Soleil eil: à midi ; on la
Nantis. diftingua durant quelques jours. C'étoit fans doute Vénus ,
qui avoit été quelques jours auparavant en fa conjonélion
inférieure avec le Soleil,
13(54.
DES Comètes. 441
î 3 (^4. L'ûpparîtion d'une Comète en cette année , n'eft
appuyée que lùr l'autorité de quelques Modernes , dont la ^-^"Z <■• ^j^
chronologie efl; très-iuiceptible de deux ans & plus d'erreur. Paber',
1365. A la féconde Lune, on vit en Chine la Lune &
une Étoile près du Soleil. Cette Étoile pouvoit être Vénus. Syn. chromU
En cette même année , Comète entre V occident & le nord. Poiyd. Virg.
Polydore-Virgile, qui a induit les autres en erreur , dit que Annaif'Adii'^,
cette Comète a paru vers le temps que Henri , après la mort ^^^k
de Pierre -le -Cruel, devint pailjble poiîefltur éts royaumes
de Caftille & de Léon ; ce qui n'eft arrivé qu'en Mars
1166,
En la vîngt-fîxième année Tchi-tclnng , jour Keng-tfé,
huitième Lune (26 Août), on vit à la Chine une Comète
dans le Pé-téou (dans le grand Chariot). Au jour Sin-tchéou
( 27 Août), elle fut en i '^ 5 o^ de îa conllellation Ouy ( queue
du Scorpion). Au jour Kouey-mao ( 2.^ Août ), en (>^ cjo' de
ia conlteliatïon Nu (e, ^ ■. u Verieau ). Au jour Kïa-tchïn
( 3 o Août ) , en o^ 80' de la conftellation Hïu ( /8 du Verfeau ,
6C du petit Cheval). Le P. de Mailla dit que cette Comète Gaulîi
parut à la neuvième Lune, du côté du nord-efl : il faut AUiiia^t.ix^
làns doute lire a la huitième Lune, V' ^/^'
1368. *
Cette Comète fut obfervée en Chine à la première Lune Cou^îeu
(laquelle finilloit vers le 18 Février) , ou à la troifième
Lune (commençant vers le ip Mars), au nord de ia conf^
teiiation Mao { les Pléiades ). On la vit en Normandie au GauUl
mois de Mars , entre l'occident & le nord ; fon rayon étoit
tourné vers la France ^ En d'autres endroits on la vit, nous ^ Waifng. Hijt,
dit - on , en Carême ^. Pâques , cette année , tomboit au fji,faug"ciiroH
p Avril. Quelques-uns datent fa première apparition de la ^r^'^à.^
S maine iainte*^, d'autres du mois d'AvriH. On s'accorde MéinTÉond.
afièz à dire qu'elle a paru le foir à l'occiden-t , ou entre ^Chron.pucent^
l'occident ,& le nord ^ En quelques provinces elle ne parut Nutigh:Afe'ier.
442 Histoire
'^Chron.Pkcent, que durant quinze jours ^; ailleurs on ia vit long- temps ^:
^ Nangis, çj-, Chine elle dura trois mois*^ & même trois ans^^, ce qui
• Couplet. ^^ irnpofTible , & ce qui n eft dû fans doute qu'à l'inattention
. j/n, )ono. ^^ qyelque Copifte. Sa queue étoit tournée vers l'orient,
déclinant cependant un peu vers le nord ; elle refTembloit à
une pyramide : à Reims , on la prit d'abord pour un clocher
^I^angts.Ale'ier, embrafé.
I37I.
Comète très - grande , le i 5 Janvier , vers le nord : fà
'Bonîncontr. queue étoit dirigée vers le fud. Un Auteur parle d'une
Comète qui a dû paroître, félon lui, vers 1370 , le jour
de la iiiort de Philippe , empereur titulaire de Conftanti-
Vky. Neapoh nopie : mais Philippe ne mourut que le 2 5 Novembre 1 374.
Edda, 1 37 5* Comète : nos Cométographes modernes en parlent;
mais quelques-uns' d'entr'eux y joignent dçs faits qui appar-
tiennent à l'an I 3 7 B .
1376. Les Chinois obfervèrent une Étoile nouvelle,
au jour Vou-tfé de la iixième Lune ( 22 Juin ). Le jour
, Y-hay de la feptième Lune ( 8 Août ) , fut le dernier de fon
€auhii. apparition.
1378. *
Durant ia neuvième Lune , qui commença en Chine vers
le 22 Septembre, une Comète traverfa les Etoiles du pied
■ ^GauMl. occidental d'Anîinoiis^ On la vit auifi en Europe^ Le 2^
\^u''^"if'F' Septembre elle étoit près de la grande Ourfe, entre le Bélier
' & le Taureau; fon mouvement étoit très-prompt & contre
V/ugof. i. X, l'ordre du firmament : on ne la vit que durant cinq jours.
Il y a ici du louche ; la grande Ourle eft fort éloignée du
Bélier & du Taureau. Que d'Antinous la Comète ait été à
la grande Ourfe , cela eft très-pofTible ; mais il efl difficile
qu'elle ait été de-là au Bélier & au Taureau. Cette Comète
efl celle de 1652 , félon Struyck.
1380.
Go-jenju monta fur le trône du Japon en 1372 : en la
DES Comètes. 443
huitième année de (on règne ( en 1 3 8 o , félon ie flyîe ordi-
naire de Kaempfer 5c à^s Orientaux ) , il parut une Comète *: "^ICampf. i n,
elle parut la veille de la fête de Saint -Martin ou le 10 '^' ^'
Novembre ^ Lorfque la Comète de Hailey , dont celle-ci ^Chron.Cinxs
efl probablement un retour , paroît vers le mois de Novembre,
elle ne peut être fort brillante, & elle ne doit pas être vue
long-temps : c'eft fans doute par cette raifon que peu d'Hlf-
toriens font mention de fon retour en 1380. Nos Comé-
tographes modernes marquent une Comète fur cette année*; "" ^f' ^"^*
quelques-uns difent qu'elle a paru dans le Verfeau^, ce qui "'^', , .
conviendroit tort bien a la Comète cl HaiIey : mais ils HéiéL
ajoutent qu'elle dura trois mois , ce qui efl incompatible
avec ies éiémens de celte Comète.
Je ne parie point d'une Étoile qui parut dans f air , traî-
nant une longue queue embrafée , le 2 i Août à une heure
de nuit : elle éciairoit ies rues & les maifons ; elle fembloit
fe mouvoir du levant au couchant ; elle étoit fi grande, qu'elle
rempliffoit d'étonnement tous ceux qui la regardoient. Ce ^^'^'^"' ^'^»' ^^^
n'étoit-ià qu'un météore.
1381. Comète vers la fête de Saint- Martin : elle dura
quatorze jours. C'eit probablement la précédente. La durée ^'■^^■''e^memwi
de quatorze jours qu'on lui attribue ici , eft plus analogue à
l'orbite de la Comète d'Halley.
1382. * Plufieurs Comètes.
II a paru au moins une Comète en cette année ; il eft
même fait mention de plufieurs dans mes recueil*.
i.'' On en vit une le jour des Rameaux (30 Mars): Chwn, Bothom.
fon apparition efl confirmée par \^s annales Chinoifes ; on y
lit qu'une Comète fut obfervée à la féconde Lune. Gmhil
2." Il n'eft pas pofhble de révoquer en doute celle qui
parut au mois d'Août, le famedi 20 (ou plutôt ip) de ce
mois. Louis, roi de Hongrie & de Pologne, mourut ie i i ^nnd. Augfl^
Septembre , &: ili mort fut précédée de l'apparition d une
Comète. « Elle parut, dit un Auteur, dans la partie du BonfnDec.n,
ciei où le SoleJ a coutume de fe coucher au mois de Juin, « ' ' '"'^'^'^
Kkkiï
444 Histoire
» vers la vingt- deuxième heure du jour ( & par conféquent
« deux heures avant le coucher du Soleil ). Je la vis, ainfi
» que beaucoup d'autres citoyen-s de Vicence; elle me paroifloit
» refîembler à une lance : i^i rayons s'clevoient en haut : fa
' Annal, Vie ent. couleur étoît blanchâtre. » Struyck ajoute, peut-être d'après
la chronique deMansfeld^ qu'elle parut durant quinze jours;
& par la vingt -deuxième heure du jour, il entend celle
qui précède de deux heures le lever du Soleil ( comme û
les Italiens commençoient le jour au lever & non pas au
coucher du Soleil ). Enfin Struyck croit que cette Comète
'StruyJi.i/^o, ç(i u^-^ retour de celle d'Halley , fans cependant le décider
poiitivement.
3.° Au temps de la mort de Louis , roi de Hongrie , uiu
"'Annal. Forol, Comète errolt dans le ciel , au mois d'Odobre, 11 y a mani-
feftement ici une erreur de mois.
4.° Comète durant quatorze jours , vers la fête de Saiut-
Eckf}. Rock, Martin. C'eft manifellement celle de i ?8o.
'^"' <y.^ En Décembre, une Comète parut à l'occident durant
Waifmg. H'ijU plus de quinze jours.
En 1383 on ouvrit le tombeau de Saint Dominique, &
tant qu'il demeura ouvert, une Etoile grande, grolTe & très-
éclatante , de laquelle on voyoit lortir trois queues , refta
Cn^on. Hifor. perpétuellement immobile fur l'Eglife de ce Saint. Je ne
regarde pas ce phénomène comme une Comète.-
1385.
En l'a dix-huitième année Hoiing-vou , neuvième Lune,
jour Vou-yn ( 23 0(fl:obre ) , on vit une nouvelle Etoile
dans le palais Tay-ouey (partie du ciel où font les parties
les plus boréales du Lion & de la Vierge, \qs plus auilrales
de la grande Ourfe, &c. ) Au jour Y-yeou (30 Ocflobre),
au matin , une Comète traverla la conflellation 1^ ( % de
l'Hydre, la Coupe)» A la dixième Lune-, une Comète
traverfà l'efpace au iud de la conflellation Tchang (<p, /t,
Cauliil, A, K, X de l'Hydre ). Cette Etoile & ces deux Comètes,
indiquées par le P. Gaubil comme trois Aflres difîéiens ,:
Monon,
DES Comètes. ^^j
peuvent n'être , & ne font probablement qu'une feule &
même Comète, dont ie mouvement étoit du nord-efi: au
fud - ouell:.
1386. On vit ie 27 Septembre une Comète terrible par
fa forme, & par la variété de {ts couleurs, rouge, lioire,
verte, livide: elle donna lieu à beaucoup de dircours\ Un ^ Sveyro,
Hillorien rapporte ce phénomène à l'an 1385 ^» ^'^'' ^^^^'
^ \ c ^ Annal.
13^90. Comète . Fkndr.hxm
j.Ol. * ' Alfl.Liib.
^ -^ Wé.
Au mois Je Mai, on vit une Comète obfcure & petite,
près àes Étoiles de k grande Ourfe : t\\Q erroit dans le ciel
avec une chevelure qui n'étoit pas fort îumineufe. On i'ob- ^„„j/, ^^,^^^
ferva auffi en Chine, à la quatrième Lune ou au mois de
Mai; elle ne le couchoit pointa Plufieurs '^ rapportent à "" Gmdnl
cette année l'apparition d'une Comète qu'on appela la broche , ^Smiych,.
parce que fa chevelure & {ts rayons étoient élevés direc- ^.z.^"- h'^'
tement vers ie plus haut du ciel , & que fa tête pendoit en
quelque forte du côté de l'horizon : elle alloit de l'occident
au nord ; on ne la voyoît pas le matin , mais le foir : elle
parut entre 1384 & 1404. Roîew.
1394. Comète en forme de hrocîie. ICeck.Aifl.Luh
135)8. On trouve dans un ancien Hifïorien , qu'il parut
tme Comète en 13^8; c'elV une faute d'impreffion , il faut Anon. Brep,
îire I2p8 : l'Auteur ne vivoit plus en 1398. cap.xx.
En cette même année 1398, à la neuvième Lune, ou
vers ie mois d'Oclobre, une Etoile cetTa d'être en rendant
un grand bruit. C'étoit apparemment quelque météore» Coupku
ï3^p. *
Au mois de Novembre ,■ on vit en France une Étoile
d'un éclat extraordinaire; fa queue étoit tournée vers l'aueft:
elle ne parut que pendant une leinaine'\ On vit près d'Eifenach CanJU'uTx^
en Thuringe, trois grandes queues de Comètes ^ Sîruyck V' '''>'
croit que ce pouvoit être la queue d'une même Comète, ^ ^^'f"- ,
^j^6 Histoire
vue en Jlfférens jours avec Aq^ différences marquées dé
grandeur, cie figure, de direélion ou d'éclat: Hévélius penfe
au contraire que c'étoit des queues de parhéiies.
1400, 1 40 î , 1402, 1403. On fait paroîîre àts Comètes
en ces quatre années coniécutives. De-ià , quelques Ecrivains
auront conclu que les quatre premières années du xv.^ fiècle
avoient été marquées par à^^ apparitions de Comètes. Mais
comme, à proprement parier, i'an 1400 n'appartient point
au fiècle qui commence, mais à celui qui finit , cela aura
donné occafion à un Hiflorien de rapporter ces apparitions
TheohaU. jg Comètes aux années 1401 , 1402, 1403 , 1404. Cet
a Camerar, Auteur eft d'ailieurs le feui qui faiîë mention d'une Comète
;/. p6. Gare, fur l'an 1404.
Ceman. t, II, ^ y .r r i an
lib, XIII, 1400. Comète terrible avec une longue queue : elle
r ' ^^^', P^i'Lit durant le Carême ou vers le commencement du Carême;
^ LycSchuler. S , . , i' • j . 1 -^ j ^
HéWL Lavar. 1^ queue ctoit toumec vers i occident ; on la vit pendant
'Dlugof i, X. quarante jours ^. Son mouvement étoit d'orient en occident^:
Hkc.iuh^^' ^^ ^^ ^^^ ^ l'occident^. Le temps de l'apparition, la direcliion
^Onjorg, de la queue, le lieu, la durée, la grolfeur de la Comète,
Chrm!'Bmhm. ^^"^ autant de circonftances qui paroiffent déiigner la pre-
Chron.s,/EgiJ. mihïQ Comète de 1402,
^ Stadtweg. 1401. On vit uno Comète^ du côté de l'occident^ &
^And,\Ratijb, Jy côté du nord ^ : elle étoit très-grande'^ & reffembloit à la
"^"^ a'iron. queue d'un paon'. Elle parut vers la fin de Février ou durant
Saiijhuria. {q Carême *", après le coucher du Soleil': elle dura long temps
i 't^'V^' ou plus d'un mois"\ Il efl encore difficile de méconnoître
T.ui. i. VI. ici la Comète fu i vante , anticipée dun an, d autant plus
uvÀ "^ r I ^■' ^"^ quelques-uns ô.Qs Auteurs qui font mention de i'appa-
//lifii.iJLAndr. Htion d uue Comcte en 1401 , y joignent ia mort du duc
^Ëif'É't!' ^^ Milan", qui n'eft mor^u'en 1402. Au temps de i'appa-
Wand, rition de la Comète fuivante, ou durant le Carême de Tan
^^^^''R^^'fi' 1402, \qs François ne comptoient encore que 1401 , puif^
'Andr. Ratifh. ^ ^l^ "6 commençoieut 1 année qu a raques ; cette cuirerence
Krami. Waiid, Je compte aura pu induire quelques Ecrivains en erreur,
^""Faitram, i^c, ceux-ci auroiit été fui vis par d'autres.
DES Comètes. 447
1402. * Première Comète.
Cette Comète étoit fort grande & très - éciatante ^ : per- *Pogg.i.iv.
fonne ne fe fouvenoit d'avoir vu un tel prodige ^. Les uns ^ Ebendorf,
iui donnent la figure d'une broche*^, les autres celle d'une ^°''^^^'
CD ' CD'
épée'^. Elle commença à paroître plufieurs jours avant le ^
Carême^; un Écrivain date fa première apparition du pre- Croyicomin,
mier jour de Carême*^, 8 Février. Elle étoit apparemment '^ Anon.
alors fort petite, ou le ciel ne permettoit pas de l'obferver, ^^'l'^'^f-
puifcjue tous \qs autres Hifloriens rapportent cette première ^^'''^'
apparition de la Comète au i x ^, au 15 '^j au 23 ^ au 28 Jp" Amal'
Février^, ou en général à la fin de Février^, ou même au ^edwi.c.iâ^,
commencement de Mars"^. ^ J-Hji, Bonon.
,Le II Février, la queue ou la chevelure de la Comète ^^^''^^'Efl.
paroiflbit s'élever en haut ; on la voyoit tous les jours au ^ x}S'in.'^^'
foir, entre le midi & l'occident: elle fe couchoit à l'occident". 1 Rofiti. RuI.
Un Ecrivain dit qu'on la vit le i 5 Février , & qu'elle ^v^^(' '^'""^^'
,rr '. I • o Ti J /i rri i t .1. Forol, Anon,
paroiiloit toute la nuit . n neit pas poliible de conciher Bay.
cette circonflance avec celles qui fuivent. Si les anciens " Ehcndorf,
Hifloriens fe font permis fouvent de confondre fous une f"^xvi \ ^■'
feule date, tous les phénomènes fucceffifs de l'apparition /• iv. Soiom.
d'une même Comète, ils ont, je penfe, principalement ufé ^^fi'^^'^'^'M^'^
ou plutôt abufé de cette permiffion par rapport à la première apiu^Amai'
Comète de 1402. J'accorde qu'il y a eu un temps où cette ^^^edioi.
Comète paroiflbit toute la nuit; mais ce ne pou voit être au " Hifi.Bonou.
mois de Février. Le 23 Février, vers la première heure
de la nuit, la Comète étoit du côté du midi ^. Cela eli ^ Anml Ejl,
très - poffible ; mais ce qu'on ajoute, que Çqs rayons étoient
dirigés en haut, ne peut convenir au 23 Février; la queue
n'auroit pas été , à beaucoup près , oppofée au Soleil. Le
2.8 Février, à vingt -quatre heures ( c'e(l-à- dire vers le
coucher du Soleil ) , la Comète parut entre le midi &
l'occident. Vers la fin de Février & le commencement de Ghkard.p.iî,
Mars , on la voyoit à l'occident : qWq fe couchoit vers la '
îroifjème heure de la nuit. Tout cela fe iiiit ; mais on ajoute Rofu^^,
que la queue de la Comète étoit vers l'occident, & fa baie
^^8 H r s T 0 î R E
(ou Ta tête) vers l'orient, ce qui efl abfoi.ument împofTibîe.
D'autres difent que prccilément dans le même temps, c'ell-à-
dire à la fin de Février ou au commencement de Mars, la
Comète étoiî du côte de l'orient , &: qu'elle prccédoit le
Annal Foroh Soleil. Mals l'un de ce5 Ecrivains, en ajoutant qu'elle étoit
^" ' ^' ^' ' dans le Bélier , & qu'elle ne paroiffoit que dura t deux
Annal. FcroJ. heures & demie, donive une preuve évidente qu'il confond
tout, & nou;> difpenle de nous airèter à ion témoignage. La
Gomète au commencement de Mars ^Loit réellement dans le
^ So7om. Pijfor. Bélier' : elle paroiiroit le loir dès vingt-deux iieures, ou deux
["yxiIc.111. heures 6i demie avant le coucher du Soleil ,^ & elle duroit
an. ^2. julqu'à trois heures de nuit ^, 11 y eut même un temps
i' Sanu!, q{j q[\q ne dilparoiiîbit que cinq heures après le coucher
^ Pogg.LlV. clii Soleil^. Ce fut fans doute loHqu elle luivoit de près le
''' Soleil , que fa queue parut dirigée vers le haut du ciel. Sa
latitude étoit alors boréale , puilqu'on l'obferva auffi entre
Waiftig^^ l'ouefi & le nord , avec une queue dirigée au nord-ell: : elle
Ruh.L VII, croidbit de jour en jour en grandeur & en éclat, en s'appro-
'Amai.Mediûi. chant du Soleil. Le dimanche des Rameaux, lo Mars, &
l'ijior, les deux jours lui vans , Ion accroiiiement rut prodigieux :
le dimanche, fa queue fut longue de vingt -cinq braiîes ;
le lundi, de cinquante & même de cent; de plus de deux
cents le mardi. On ceiTa alors de la voir de nuit ; mais
durant les huit jours fuivans, on la voyoit de jour près du
Soleil , qu'elle précédcit : la queue n'étoit plus que d'une ou
deux bralfes ; ion éclat étoit tel que la lumière du Soleil
^Ekol. cotnpU. n'empêchoit pas de la voir en plein midi. On ne nous dit
'AnmiL Med-oi. pj^^ pourquoi on celfa de la voir de nuit. Je penfe que les
piace>it. Anr.aJ. uuao-es ieuis y mirent obltacle en itaiie ; car clans ce même
^j^ t^mps , c'eft-à-dire dans celui de la conjonclion intérieure
(Je la Comète avec le Soleil , on obferva en Allemagne qu'elle
fuivoit le Soleil après le coucher de cet alh'e, & qu'elle le
., EL-ndorf. précédoit le matin avant Ion lever. Ce ne fut que dans cette
Nifin,'Schlfhî. circonilance que l'on put voir fa queue tournée vers foccident,
Je penfe que ce fut peu après la conjonélion qu'on com-
mença à la voir toute la nuit, Elle continua de fe montrer
jufque
DES Comètes. 449
jufque vers îe milieu du mois d'Av^i^ On i'obferva au ^AnmiLFiandr.
Japon, au printemps de ia vingtième année du règne de MdUc' Poman
Gokomatz^ l'Vii'ï'
Struyck croit que cette Comète pourroit bien être la même ^ ^^^"M- '^' '^^ >
que ia féconde de 1702. Pour moi, je ne fais aucun doute
que ce ne /oit un retour de celle de 166 1. r
Jean-Galéas Vifconti , duc de Milan, mourut en cette
année ie j Septembre : fa mort fut annoncée par l'appa-
rition de ia Comète précédente , félon plufieurs Hiftoriens ^ ""AnnaiForol
1 ous les Uccidentaux qui ont parle de la Comète luivante , Anwmn. Pogg,
i'ont regardée comme figne, ou même comme caufè de la ^''
mort de ce Prince. Ainfi , iorfque quelques Ecrivains ^ difent ^ ^^fl- ^fi:.
limplement que la mort de Jean-Gaieas lut précédée de c, xxiv,
i'apparition d'une Comète , il n'efl: pas poffibie de décider
de quelle Comète ils ont prétendu nous parier.
Sponde fait dire à Walfmgham , que la première Comète
de 1402 fut vue àhs le mois de Janvier : dans mon édition,
Walfmgham ne nomme que ie mois de Alars.
1402. * Deuxième Comète.
€c Le printemps étant fiir fa fin , & le Soleil parcourant le
fjgne des Gémeaux , on vit ( à Conflantinople ) un figne «
dans la partie occidentale du ciel : c'étoit une Comète claire «
&: brillante , qui portoit fi chevelure éclatante , élevée en «
iair, fêmblable à un brafier enflammé. Imitant la forme d'une «
pique , longue de quatre coudées & plus , elle lançoit Çqs «
rayons d'occident en orient. Après le coucher du Soleil, ««
fon éclat le répandoit fur toutes les parties de la Terre : elle «
ne permettoit ni aux autres Etoiles de déployer leur lumière, «
ni à la nuit d'obfcurcir l'air, parce que la lumière étoit fupé- «
rieure à l'éclat àts autres Ailres , & qu'elle s'étendoit jufqu'au «
plus haut du ciel , durant tout le temps qu'elle étoit fur c?
l'horizon. Ce prodige fut vu dans les Indes, en Chaidée, «
en Phrygie , en Perfe , dans i'Afie mineure , en Thrace , «
dans ie pays des Huns, en Dalmatie, en Italie, en Efpagne, «
en Allemagne , dans tous les pays qui bornent l'océan. Cet ««
Tome L L 1 i
450 Histoire
>• étonnant phénomène dura jufqu'à l'équinoxe d'automne, 5c
« ne difparut que lorfque ie Soleil entra dans ie figne de ia
jDucp.S'f- Balance: on i'appeia Lam^adïas. " Cette Comète eft datée
de i'année de ia défaite de Bajazet par Tamerian , & par
conséquent de l'an 1402. Il paroît par ia defcription qu'en
îi^ fait Ducas, qu'elle égala au moins la précédente en éciat,
en grandeur & liir-tout en durée : cependant peu d'Occi-
dentaux en ont fait mention ; les nuages apparemment ne
permirent pas de l'obferver auiîi affiduement qu'on avoit
obfervé ia précédente. On ia remarqua principalement en
Italie, & les circonftances que les Italiens nous ont appriies
de fon apparition , s'accordent avec toutes les parties de la
defcription de Ducas. « La Comète commença à le montrer
« au mois de Juin ; on ia voyoit de jour & de nuit : elle
« traînoit après elle une très -longue queue. On tint pour
Ckon, Bof certain qu'elle préfageoit la mort de Jean-Galéas Y ifconti (g) ».
Seion un Hiflorien, que je croîs contemporain, « avant la
'» dernière maladie de Jean-Galéas, on vit briller dans ie
" ciei une Comète durant trois mois entiers ; elle fe montroit
» vers le coucher du Soleil : eile continua à paroître durant
»' ia maladie de Galéas , & ceiïà de fe montrer après ia mort
Cand.Decemhr. ^q qq Prince. '> On la voyoit de jour , avant ie coucher du
Soleil ; elle conlinuoit de paroître le foir , après le coucher
Annal. Gen. Je cet Aflre. On foblèrva plufieurs mois avant la mort du
Duc; elle celfa de paroître, lorfque ce prince eut celfé de
Str, Caml, vivre. Un Hiftorien fait mention des deux Comètes de cette
année. « On vit, dit-il, une Comète, dont ie mouvement
^ étoit d'occident en orient. On obferva de plus dans le ciei
" une Etoile , qui précédoit le Soleil durant le jour & ia Lune
" durant ia nuit. ( Cela n'eft , ni ne peut être exaél. La deuxième
Comète a pu précéder le Soleil durant ie jour & ia Lune
'^ durant la nuit, mais en des jours différens ). Cette Etoile
, —
Cg) Boiïius dit que GaléaS mourut le 3 Mai : c'efl manifefteraent une
erreur de Copifte. L'apparition de ia Comète en Juin , ne pouvoit être le
préfage d'une mort arrivée en Mai : d'ailleurs Boffius, A4ilanois, ne pouvoii;
ignorer que Galéas étoit mort ie 3 Septembre.
DES Comètes. 4^1
parut Jurant plusieurs jours & plufieurs nuits. Oii dit que «
Galéas {'ayant vue dcfefpéra de fa vie: Car, dit -il, notre ««
père , au lit de la mort , nous a révélé que félon le témoi- «
gnage de tous les Aflrologues , au temps de notre mort , «
une femblable Etoile devoit paroître durant huit jours. Ce «
Prince ne fe trompa point ; furpris d'une maladie inopinée «
( occafionnée peut-être par fa frayeur chimérique) , il mourut ec
peu de jours après. >» Cet Ecrivain n'efl pas le feul qui fèmble ChY^n, Tamst
refîerrer la durée de l'apparition de la Comète dans éLÇ:S
bornes auiïi étroites. Selon Bzovius 6c Paul Jove , elle ne
parut que quelques jours avant la mort de Jean -Galéas. Biov. t, XV»
L'Auteur àts annales de Gènes paroît favorifer cette opinion.
Un Hiftorien , qui écrivoit peu après le milieu de ce même
fiècle , donne même à entendre que la Comète ne parut que
iorfque Jean -Galéas étoit déjà atteint de la maladie dont il
mourut. « En ce temps, dit-il, on vit une grande Comète.
Galéas en fut averti , {q% amis l'aidèrent à fortir de ion lit , il et
vit la Comète & s'écria : Je rends grâces à mon Dieu , de ce «
qu'il a voulu que ma mort fût annoncée aux hommes par ce «
pgne célefle. Sa maladie empirant, il mourut peu après à «
Marignan le 3 Septembre. » Ne pourroit-on pas conclure Boninctmtfi
aa moins de ces témoignages , que la Comète n'atteignit
fon plus grand éclat que vers la fin du mois d'Août l Le 4.
Septembre elle parut encore le foir; les jours fuivans on ne
la vit plus qu'au matin. Quelques Auteurs paroifTent avoir Hijlcr> Bonan^
confondu les deux Comètes de cette année en une leule:
après avoir décrit celle qui parut en Février & Mars, ils
difent qu'après la mort du duc de Milan , la Comète dis-
parut. 11 n'efl pas poffible de croire qu'une même Comète Annal. Medtoi
ait pu paroître depuis le commencement de Février iufque rj'ri^^^i^'
vers le milieu de Septembre , avec toutes ies circonirances
que les Hiftoriens attribuent aux deux Comètes de cette
année.
14,03. Outre les témoignages généraux que j'ai cités fur
l'an 1400, je trouve dans un Auteur, que Muratori juge
contemporain, qu'en 1403 il parut une Etoile plus éclatante
Lllij
4)2 Histoire
Hijl. Bonon. q^g j^ Luiie , depuis le lo Janvier jufqu'au 17 Février.
Seroit-ce la planète de Vénus, laquelle étoit en effet alors
dans fon plus grand éclat \ D'autres Auteurs font mention
d'une Comète , qui auroit paru vers la fin de Mars ou vers
*Camer.Com. jg commencement d'Avril^; on la voyoit du côté de l'orient^:
Kochkdjîom. un Écrivain dit qu'elle paroiiïbit le foir^.
Ccef> Lub,
b Are!. Eber. I4OO.
Lub.
" Dlugofi.x. En la douzième année du pontificat d'Othon, évéque de
AChron.Brm. Brème, on vit une grande Comète à l'occident^: elle parut
« Gerirand. duraut plufîeurs nuits avec une queue embrafée ^. Comme
^'^* 'vu'^^^' Othon efi: mort le 30 Juin de cette même année, il femble
que l'apparition de la Comète doit être rapportée à l'un des
iix premiers mois.
Fontan.j.vni, 1407. Comètc au Commencement de l'année! Seroit-ce
« . lec, et. 1^ précédente î
1408.
^
Thii Vgn. Comète fort fmgulière. « Le \6 Odobre, dit un Auteur ^
Roiew.Nciuj, „ pgy après le coucher du Soleil , nous nous mimes en chemin
memàr.Chron.''' pour aller fouper chez le Fr. Antoine de la Bulle. Une très-
Verd. „ belle Etoile s'offrit auffitôt à notre vue , ainfi qu'à celle de
» la plupart de ceux qui étoient alors dans la rue de Saint^-
'> Pierre. Cette Etoile paroifîbit venir du lieu nommé Tonione),
'> & fe mouvoir vers le château Saint-Ange : elle étoit accom-
Diar, Rom. pagnée de deux autres Étoiles rayonnantes & très-éclatantes ».
Ce phénomène étoit différent lans doute de la Comète que
les autres Hiiloriens témoignent avoir été obfervée cette
année. ^
Capù. 141 G. * Comète Je lo Mars.
141 I. En Tannée qui fuivit la mort de l'empereur Rupert,
Chron.Beig. on vit une Comète dajîs le ciel. Rupert ou Robert efl mort
le I 8 Mai 141 o.
KecJi. Lub, 14 14. Comète.
lùck. 141 6. Deux Comètes en Juin, Lubienietzki convient lui-
même qu'il faut lire î45<5.
DES Comètes. 455
ï^i6. Le p Juin , on vit une Comète au-deffus de
rÉglife des Frères - mineurs ; elle étendoit Tes rayons vers
la grande place de la ville ( de Liège ) : elle dura une
femaine. Chron. Beig,
142c) ou 1430.
Gofunna-(o monta lur le trône du Japon en 142^ : en
îa première année de fon règne (1430 plutôt que 1425) ) ,
aw cinquième jour du huitième mois ( vers le 24 Août
1530)» on vit une grande & terrible Comète. Le P. Gaubil Kaem}^f,lU,
fait mention d'une grande Etoile, qui fut obfervée îa mcme ^' ^'
annce en Chine à 'la dixième Lune ( commençant le 17
Odobre ) , & qui dura huit jours.
143 ï.
Le P. Gaubil fait encore mention d'une Comète obiervce
cette année à la Chine durant la quatrième Lune ( com-
mençant vers le i i Mai), dans la conftellaîion Tftng (pieds
àes, Gémeaux).
1432.*
Vers le 2 Février, on vit une petite Comète; elle dirî<
geoit fa queue de l'orient au nord : elle diiparut au bout de
huit jours. Micîm'.iiV,
IA:5 ?. * c. X Lviii,
^^^ Dlugof l XL
On vit, fur- tout en Pologne, une Comète remarquable ""''' ^^'^'
& brillante : elle paroiiîbit depuis le foir jufqu'à l'aurore ; fon
rayon étoit tourné ^txi l'occident : elle dura pendant plus
d'un mois^, ou plutôt près de trois mois^ Il paroîî qu'elle *<^ww?'./.^X
fut vue en automne, puifque le roi de Pologne Cafmir IV "^^^chov.i.iv,
étoit déjà arrivé dans la ville où l'ouverture de la diète devoit LXngof i, xi
fe faire le i i Novembre ^ Quelques-uns datent fa première ^"'^^•^M
apparition du 12 Qélobre'^. En ce même mois elle paiïbit ^^''^""^''''''^^'
/•!• IJ-•r^ T Jj •eT-^i.. ^ Annal, ForoL
au méridien vers la troJiieme lieure de la nuit . Fabncius Chon. Foroi.
dit qu'on la vit au mois de Septembre, après une grande ^Hijl,Bonon
éclipfe de Soleil obfervée au mois de Juin *" ( le 1 7 Juin }* ^ ^'"'''' ^^^^
'*' • ^ f . i lit, ji^
on.
454 Histoire
Ailleurs ii fait paroître la Comète le 2 Février 1433, &
Fahr, memorak lui doiiiie trois lîiois de durée. Enfin dans un troifième
^' ^^* Ouvrage, ii diffère & réclipfe de Soleil & la Comète ju(^
qu'en 1434, & nomme Odobre pour le mois de l'apparilion
Idetn. Origin, de la Comète. La Comète de 1433 fut aufli obfervée à la
/. VU. Chine , à la huitième Lune intercalaire ( commençant vers
le 14 Septembre), près de la Couronne boréale, àes Etoiles
Cauhil, «^, (jiy V à\x Bouvier, & à^s Étoiles (p, ^, 4 d'Hercule.
1434. Comète vers le commencement de Tannée, à ce
Càvîtf Comîers. qu'il paroît. Il eft àes Ecrivains qui joignent à l'apparition
d'une Comète en 1434, une éclipfe de Soleil qu'ils datent
Eckjl, Lui), du mois de Juin de la même année. L'éclipfe appartient
certainement au 17 Juin 1433 ; il efl à prélùmer que la
Comète appartient à la même année.
143^.
Jaques L^ roi d'Écofle , fut afTaffiné le 20 Février 1437."
on avoit vu une Comète durant l'automne qui précéda la
Boeth 1. XVII. mort de ce Prince.
Biou.uxn 1439. *
On vit en Pologne une Comète entre l'occident & le
midi; fa queue étoit tournée vers le midi : elle dura environ
» Diugof un- mois ^ Plufieurs Écrivains en font mention ^ Elle fut
l XII. Fabnc. Q^QÇQ^^^^Q 2i\x Japou , au troifième mois de la onzième année
memor. lib. II. \ A r r c • • j • > r
funcc, du règne de Gofunna-fo , ce qui reviendroit a ian 1440,
^ Cavit. plutôt qu'à 14^9.
Çamerar, Corn, *■*•*■ J <^ -
^,102, Gare, 1444*
Lyc, Chron,
Nuremb. £n Juillet 1 444 , les planètes fupérîeures , Saturne &:
Frkcltirc. JLipiter , furent en conjondion dans i 2 degrés de l'Écre-
^ Kaejnpf. L II. viffe : au mois d'Août de l'année fuivante, Saturne & Mars
«^« ^' furent pareillement en conjonélion dans 27 degrés du même
figne. Cette grande conjonélion fut accompagnée de l'appa-
Leouit, rition d'une Comète, qui fe montra vers le foiftice deîé.
Ceci ne fufKt pas pour décider l'année de l'apparition ; mais
prefque tous les Hifloriens s'accordent pour l'an 1444, jour
DES Comète s> 455
de îa fête de Saint- Guy ^, 15 Juin, ou vers le folûice ^ Fah.mmou
d'été '^j ce qui ell la même choie. Quelques-uns diknt ^LycSthukr.
qu'elle parut dans le Lion *^. Deux Écrivains en diffèrent Hév. Fryjick! '
l'apparition jufqu'à l'année fuivante^; mais Mizaud , l'un ^Rcck,Eckfl.
d'entr'eux , la donne pour avant- coureur de la mort de ^'^^'''^'' ^
Ladiflas, roi de Hongrie: or, Ladiflas efl mort à la iin de ^^^^q^y/^'
1444. Le même Mizaud dit que cette Comète parut dans
i'oppofition du figne de la Balance; donc dans le Bélier. Mi-i, ihîd.
J44J. Comète, C'efl une répétition de la précédente. Eckjh Luh
1450.
Au jour Gin -ou de la première Lune, première année
^Kin-îûy ( ip Janvier 1450) , Comète dans le Tien- c lie
( dont la tête d'Hercule occupe le centre ) : elfe traverfa
Hercule. Quelques Européens font auffi mention d'une Com.ète Gaul'il
fur cette année; mais comme ils s'étayent de l'autorité de x?^/'. RiaU
Phranza, il eft manifefle que la Comète dont ils parlent eil ^'^^'''^^*
celle de 1454.
1452. *
Le P. Gaubiil fait encore mention d'une Comète qui parut
en la troifième année Kin-tay ^ à la troifième Lune ( com-
îTiençant vers le 20 Mars 1452), dans la confteiiation Pi
( \q^ Hyades ). Selon deux écrivains Européens , vers le
temps du couronnement de f empereur Frédéric IIÎ (cou-
ronné à Rome en 1452), une Comète , paroiffant au lolilice
d'été, efîraya les eiprits; elle parut pendant tout le mois de AvemmlVlh
Juin. Ces caractères font bien analogues à ceux de la Comète Cavîu
de 1456, de laquelle aucun de ces deux Ecrivains ne fait
d'ailleurs mention. D'ailleurs Aventin, l'un àçs deux, ne
s'ailreint à aucun ordre chronologique fuivi : au même endroit
où il parle de l'apparition de la Comète, il enîalfe en très-
peu de lignes un grand nombre de faits , dont plufieurs
appartiennent certainement aux années 1457 & 1458. Je
crois donc , mais fur la feule autorité àti annales Chinoifes ,
qu'il a paru une Comète eu 1452.
C.LX.
4j6 Histoire
La même année troifième Kin-tay , onzième Lune, jour
Kouey-ouey ( 4 Janvier 1453 ) , on vit à ia Chine une
nouvelle Etoile, dan^ la conftellation Yu-kouey ( ôj vi, y, J\
Gauiii. de l'EcrevifiTe ).
1454.
<c Vers ce temps (en 1454 , autant que je puis en juger) ,
3> les Envoyés des Pruffiens arrivèrent (en Pologne) le Mer-
» credi avant la fête de la Chaire de Saint-Pierre : car l'année
>j précédente, une diflenlion s'étant élevée entre les Pruli^ens
» & \qs Chevaliers de l'ordre Teutonique , ceux-ci avoient
» été expulfés de toutes les villes & de tous \qs châteaux
» fortifiés. Sur ces entrefaites, on vit (ou bien on avoît vu;
•» le texte comporte les deux fens), on vit, dis-je, des pro-
*j diges dans le ciel & àçs Comètes : Super hoc prodigia in.
Mkhov.LIV, cœlejlibus , & apparitïones Cometanim vifœ^.» Des Cométo-
graphes modernes^ marquent fur cette année l'apparition de
Eckjl. Lub. 2eux Comètes; mais Hévélius lui-même remarque judicieu-
fement que ces Comètes appartiennent à l'an 1456. Une
autorité qui ne permet pas de douter de l'apparition d'une
Comète en 1454, efl celle de George Phranza , Proto-
veftiaire ou Maître de la garde - robe dei empereurs de
Conftantinople. Mais il faut corriger dans Phranza une faute
d'impreffion 11 manifefte, que je m'étonne qu'elle ait échappé
* Ricci. Luh. à nos Cométographes ^ Après avoir parlé de ia prile de
^"'' Conftantinople pai' Mahomet II ^, arrivée bien certainement
hf>hran7. i, IIL j^ ^^ jy^^j 145 3 , ^^^m^z^ dit au chapitre XX , qu'il fut
du nombre à^h prifonniers, & qu"ilfut vendu le i/"^ Sep-
tembre 69*52, 1453 de l'ère Chrétienne. L'an à^^ Grecs
6962 commun çoit en effet le i .^^Septembre 1453. Phranza
ajoute peu après : « Durant l'été de l'an 6962, 1450 de
•» Jédis-Chrilt (il eft clair qu'il faut lire ici 1454 & non
1450; l'ordre de la narration le demande, .& d'ailleurs l'ilé
de l'an <5p62 à^s Grecs, concourt certainement avec l'été de
j» l'an 1454 de notre ère) ; durant l'été donc de 1454, une
55 Comète commença à parplîre tous les foirs après le coucher
du Soleil ;
DES Comètes. 457
dki Soleil ; eile avoit la figure d'une longue épée. La Lune «
ayant atteint fon plein, ia Comète pafTa devant Ton diique «
& réciipfa , conformément aux loix qui occafionnent les «
éciipfes des corps céiefles. Quelques-uns faifant attention à"
la forme d'épée qu'on remarquoit dans cette Comète , la «
voyant d'ailleurs s'avancer d'occident en orient , approcher «
de la Lune & la dépouiller de fa lumière , conclurent que «
les Princes Chrétiens, formant enfemble une puiiïante ligue, «
viendroient de l'occident, attaqueroient le trône Ottoman «
& le renverferoient. Ce prodige ne caufa pas même de «
petites frayeurs dans l'eil^rit des Turcs. » Ce récit ell telle-
ment circonftancié , toutes les parties en font tellement liéejs
entr'eiies , que je ne vois pas comment on pourroit en afFoi-
blir l'autorité. On pourroit feulement demander comment
un tel phénomène a pu échapper aux peuples de l'occident;
aucun de leurs Hiftoriens , û vous en exceptez peut-être
Michow , n'en fait mention. Mais un ciel couvert a pu
nuire aux obfervations. D'ailleurs , fi ia Comète étoit alors
plus près de nous que la Lune , ce que nous difcuterons
autre part , fa parallaxe étoit plus grande que celle de ia
Lune , & par cela feul i'éclipfe a pu avoir lieu à Conitan-
tinople , &; non en Allemagne , en France , en Italie. Si
i'écliplè ou la conjondion eft arrivée à Conflantinople vers
neuf heures du foir, ia Lune n'étoit point encore levée fur
notre horizon. La pleine Lune , vers le folflice d'été , eft
peu élevée; la Comète rabailTée peut-être encore par fa
parallaxe à la Lune , étoit moins haute ; l'éclat de la Lune
d'une part, de l'autre les vapeurs de l'horizon , ont pu dérober
aux Occidentaux la vue de la Comète. Enfin il fuit affez
naturellement du récit de Phranza, que le vrai mouvement
de la Comète étoit rétrograde : donc lorfque ia Terre par
un mouvement précipité étoit emportée vers l'orient , ia
Comète avançoit vers l'occident avec une égale prompti-
tude: ces deux Planètes ont bientôt lailfé entr'eiies un grand
efpace ; ia Comète , par fa grande diftance , étoit dé]k
devenue prefque invifibie à la vue fimple , iorfque ia Luna
7 orne L M m m
45^ Histoire
ayant atteint fà dernière quadrature , a cefle de roffufquer
par des rayons trop éclatans.
i/^<)6, Cavitelii marque fîir cette année l'apparition de
deux Comètes terribles & de couleur noirâtre. Il fait paroître
l'une en Janvier au vingtième degré à^s, Poiiïbns , & l'autre
CaviuLeomio {q ^ Décembre, On trouve ailleurs, qu'en Décembre &
Janvier l'on vit quatre Etoiles admirables, qui s'avançoient
avec force d'orient en occident ; elles étoient difpofées en
'Annal Placent, forme de croix. Enfin , il efl des Auteurs qui divifent la
Comète fui vante en deux, dont l'une auroit précédé le Soleil
Geerg. Trap, levant , l'autre auroit fuivi le Soleil couchant. Voici le raifon-
Ljc. ire. nement de George de Trébilonde à ce fujet : « Lorfque
j'écrivois ceci, dit -il, une Etoile chevelue parut à Rome,
& éÀQ paroit encore* On la vit d'abord le i .^"^ Juin , à ce
qu'on dit , entre cinq & ï\x heures de nuit , dans l'angle
oriental. Durant près de quinze jours, elle fembla fe mouvoir
vers l'orient, par un mouvement diurne, qui étoit d'environ
4. degrés par jour. Le i 6 Juin , on la vit après le coucher
du Soleil ; elle avoit été , dit - on , deux jours fans paroître»
Puifque le i.*^ Juin la Compte le levoit trois heures & demie
ft avant le Soleil, elle étoit nécefiairement vers 3 degrés du
M. Bélier: ayant 4 degrés de mouvement par jour, elle aura
7,y paru le 14 Juin vers la fin du Taureau. Comme le i 6 Juin
» le Soleil étoit en 5 degrés de l'Ecrevilîè , pour qu'on ait
î5 pu voir la Comète ce même jour au foir après le coucher
» du Soleil , elle a dû être nécelTairement au commencement
55 du Lion: qWq aura donc parcouru plus de 60 degrés en deux
!.» jours. Ceux ^ui ont vu la Comète le 14 Juin , témoignent
M qu'elle étoit beaucoup plus petite que celle qui a reparu
M deux jours après. Mais fi cette Comète diminuoit de jour
» en jour avant que de dilparoître le 14 Juin , comment Ion
» mouvement ^'elt-il accéléré de manière qu'au lieu de 4 degrés
» qu'elle avoit parcourus par jour julqu'alors , elle en ait par-
» couru trente en chacun àts deux jours qui ont lliivi fà
K difparition! Le mouvement de la Comète qui paroît main-
» tenant j le raiientit d'autant plu5 que lagroileur du corpi
DES Comètes. 459
<îe îa Comète diminue. » Je ne m'arrêterai point à réfuter
ce railonnement ; ii porte tout entier fur une fuppofition
fauiïe , à ilivoir que ia Comète ne s'écartoit pas de 1 eclip-
tique. Si la Comète avoit piufieurs degrés de latitude boréale,
comme nous verrons bientôt que cela étoit, elle pouvoit fe
lever le i ."^"^ Juin trois heures & demie avant le Soleil , quoique
beaucoup plus avancée que le troifième degré du Bélier;
elle pouvoit paroître le i 6 Juin au ioir après le coucher du
Soleil , quoiqu'elle n'eût point encore atteint le commen-
cement du Lion. C'eft donc bien gratuitement que George
de Trébifonde lui attribue un mouvement de 60 degrés en
deux jours , & qu'il en prend occafion de la divifer en deux
Comètes différentes.
J'ai expofë tout ce qui peut faire foupçonner une appa-
rition de plufieurs Comètes en 1456: je paffe au détail des
circonilances qui caraclérifent celle qui fut certainement
obfervée au mois de Juin de la même année.
Retour de îa Comète d'HalIey. Cette Comète ne peut cap. lxvi.
/guère fe montrer avec un plus grand éclat, que lorfqu'elle //^^'"Çf^/* '
paffe en fon périhélie au mois de Juin : on la découvre alors b pm. de Ugn
quelques jours avant fon périhélie ; on ia voit en fon péri- ^"'^^' Zamfi.
héiie même, & loriqu'elle l'a paffé, elle continue d'approcher e^,^^j^ jr/^^^^.
de la Terre, & Ion éclat en conféquence augmente durant hxvi.y.^éé'
quelques jours. C'eft le cas où elle s'eft trouvée en 1456. ^ll^"''xuW'
Auffi , quoique deux hiftoriens Polonois nous affurent <j^q fol ^^2.
ia grandeur de cette Comète n'avoit paru que médiocre en ^ Simomtu
Pologne , tous \çs autres s accordent a nous ia repreienter p^i,^^^
comme grande^, terrible^, d'une grandeur extraordinaire^, ^Ammk.RU,
traînant après elle une queue très -longue^, couvrant de fa '''''' -^j-^Uh
queue deux fignes céleiies ou 60 degrés ^ Cette queue n étoit hfefur: Faber,
■cependant pas toujours d'une égale longueur^: on l'obferva / Amai
de trente palmes ; ou l'obferva de plus de cent palmes de ^v^'^'
iong ; en quelques cii'conllan ces on n'y découvrit aucune ^Hiflor.BonoH.
appaience de queue ^. Au commencement de Juin , la tête h ^n^d. Raim,
Mmm ij
j^6o Histoire
étoit ronde &: de la grandeur d'un œil de bœuf; H en fbrtoit
une queue épanouie , que l'on auroit pu comparer à une
Hiji. Bomn. queue de paon. Le 6 du même mois ( trois jours avant fon
paflagë au périhélie ) , fon corps ou fon noyau étoit auffi
Anon.àeCom. éclatant qu'unc Etoile fixe: c'eft un phénomène qu'on a
^^ encore remarqué depuis dans cette même Comète, en 1682.
Ammir. P. Il, ^^ coulcur de la queue imitoit celle de l'or : en d'autres
temps, & peut-être en d'autres lieux, elle paroilîbit pâle &
Hifl, Bown. blanchâtre : elle refTembloit quelquefois à une flamme étin-
Zantfl. celante , & c'efl ce qui aura donné lieu d'imaginer qu'elle
Chren, Mdlk,_ étoit commc furmontée de plufieurs petites Etoiles.
Pour ce qui concerne le mouvement apparent de cette
Comète, j'ai recueilli tout ce que les Écrivains contempo-
rains nous en ont appris, & j'ai calculé la. route qu'elle a dû
tenir en 1456: les élémens de fon orbite ont dû être , à
très-peu près , tels que je les propofe.
Lieu du nœud afcendant » i ^ i 8"^ 30'.
Inclinaifon de l'orbite.. 17. 5 <^.
Lieu du périhélie. . 10. il o.
Logarithme de ia diftance périhélie. .... C);y6y<,à^o,
PafTage au périhélie en Juin. ......... 8' z?.^ 10',
Sens du mouvement Rétrograde.
II fuit de ces élémens , qu'à ia fin de Mai la diflance de
la Comète à la Terre étoit à peu -près égaie à celle de k
Terre au Soleil ; ia Comète ne devoit pas être fort brillante ;
il n'étoit cependant pas impofîjbie de ia voir: auffi, un feu!
Auteur remarque qu'on commença à ia voir dès le 2.p de
'Ducas,p,ipp, Mai. Les autres Hiftoriens datent fa première apparition
' Annal, Foïoi, du I .^"^ ^ OU du 2 Juîn^, OU plus généralement du commen-
^ Annal. Raim. cemeut de ce même mois*^.
^ Hifi. Bonon, Vcrs le I .^"^ Juiu , la Comète fe ievoit entre cinq & fix
^Seofg,Tray%'\xQ\xx^s de nuit , OU trois heures & demie avant ie SoieiH,
OU vers une heure du matin : c'eft une conléquence néceffaire
delà théorie que j'ai propofée; fuivant elle, ia Comète a dûfë
lever ^^ïi quatre heures du matin ï^i premiers jours de Juin.
DES Comètes. 461.
« Le 6 Juin, avant le jour, entre cinq & fix heures de
nuit, on vit pour la première fois la Comète vers 20 degrés «
du Taureau ; elle déclinoit de l'écliptique vers le nord d'en- «
viron 14 degrés : la longueur de fa queue étoit de 2 2 degrés. » Anoti. de Corm
Selon le calcul, à l'heure fufdite , au méridien de Rome, la ^^^^'
longitude de la Comète étoit de i^ 20'^ & un quart, & fa
latitude de i 3 degrés & demi au nord.
« En la nuit qui fuivit le 3 Juin, dit un Hiflorien
contemporain , cette Comète s'étoit montrée ; mais je ne «
l'ai vue que la nuit du 6 du même mois ( ou la nuit du 6 «
au 7, à ce qu'il me iemble ). Je la trouvai vers i 2 ( lifez 22 ) ce
degrés du Taureau , avec une latitude de 24 (lifez 14) degrés «
au nord. Sa tête s'étendoit vers l'Étoile fixe au pied de Perfée : «
fa queue , contre l'ordre des fignes , fe portoit vers A/goI ou «
ia tête de Médufè; elle avoit en tout 10 degrés de longueur, «
comme on s'en eft convaincu à l'aide des inflrumens. Cette «
Comète fuivoit le mouvement du premier mobile ; on ia «
."vit d'abord le matin , deux heures environ après le milieu «
de la nuit ; elle parut enfuite le foir après le coucher du «
Soleil , ce qui fit juger à quelques - uns que c'étoient deux «
Comètes différentes. » La polition du pied de Perfée dans Ehendorf,
le ciel , la longueur mefurée de la queue de la Comète , fa "J' f^?, "^
direélion vers ia tête de Médufe , direétion qui détermine
à peu-près le lieu de ia Comète entre la tête de Médufe &
ie Soleil , enfin fon lever vers deux heures du matin , font
autant de circoniiances qui néceffitent la correction des deux
erreurs de Copifle , qui s'étoient gliffées dans le texte
d'EbendorfFer. Or ie 7 Juin, à deux heures du matin, méri-
dien de Vienne en Autriche , félon les élémens propofés
ci-deffus, la Comète étoit en 22 degrés du Taureau, avec
IJ4 degrés de latitude boréale.
« Le Dimanche 1 3 Juin, à environ cinq heures de ianuiî^
ia Comète étoit vers ie nord , & fa queue étoit tournée comme «
vers l'orient. « L'Auteur qui nous fait part de cette circonf- i?^^;^,
tance efl contemporain; mais, peu initié probablement dans
ia connoJlTance du ciel, il a pu coniondre des phénomènes
j^6z H r s T 0 ï R E
ôbfervés en Jifîerens jours : d'ailleurs , il ne nous donne que
des à peu-près. Le 13 Juin , vers minuit ou une heure du
matin , la Comète a pu paroître à peu de didance du nord :
mais fa queue ne pouvoit être dirigée vers l'orient ; elle
regardoit plutôt le midi,
ce Le mouvement diurne de la Comète , vers le commen-
Ceoyg.Trq). cément de Juin, étoit de 4 degrés. » Cela eft exaélement
•vrai du i i Juin. D'ailleurs, depuis le 7 Juin jufqu'au 15
Juin , en huit jours de temps , elle a parcouru environ
3 2 degrés de longitude ; c'efl fur le pied de 4 degrés par
jour l'un portant l'autre.
Ebnidorf. Hi(f. « Après avoîr vu la Comète le matin, on la vit le foir. »
'"*°"' On auroit pu la voir le loir dès avant le i 5 Juin ; mais les
vapeurs de l'horizon , la force du crépufcuie , les nuages peut-
être en empêchèrent.
Ce qui ell certain , c'efl que le mercredi d'après la fête
de Saint Gui (ou le 16 Juin ) , on la vit très-bien le foir:
^Mxhoi'.iiv, en Piplogne, elle ne /e coucha point & parut toute la nuit^,
'^d'u tiLt^n ^ Bdiogne, après le coucher du Soleil, elle (è montra entre
ï'ih. xiu, 'l'occident & le nord; elle difparut pour peu de temps, &
^B'fi.Bonon, fe leva bientôt après du côté du nord^. Selon notre théorie,
le 16 Juin au foir, la Comète n'étoît éloignée du Soleii
que de trois ou quatre degrés à l'ouefl ; mais fa latitude boréale
étoit de I 8 degrés & demi , & là déclinaifon , pareillement
boréale, étoit de 42 degrés. Ainfren Pologne, & par-tout
où la hauteur du pôle excédoit 48 degrés, la Comète reftoit
perpétuellement au-deflus de l'horizon. Mais à Bologne eit
Italie, où la latitude n'efl que de 44 degrés & demi, la
Comète le couchoit , mais pour peu de temps ; fa queue
flu"-tout , après avoir entièrement difparu , ne devoit pas
tarder à reparoitre.
La queue étoit tournée en haut vers le pôle ; mais au
Dh^4' '• ^^' lever de l'aurore elle fe îournoit vers l'orient. Il faudroiî
lire, je penfe, vers l'occidenU
Le loir, dit un Italien, la Comète paroifToit vers le midi.
Annal Raim. & le matin vers le nord , fous ictoile de Diane. Après la
D E s C OMET E S. 463
'tj Juin, la queue de ia Comète a pu être tournée îe foir
vers ie fud , le matin vers le nord. Mais qu'au mois de
Juin la Comète même ait été vue en Italie le foir vers le
midi , & le matin au feptentrion , cela n'efl: pas poffible : il
faudroit pour cela qu'elle eût eu un mouvement tout-à-fait
Singulier, & abrolument différent de celui que tous les autres
Ecrivains lui attribuent. D'ailleurs je ne connois pas l'étoile
de Diane.
La Comète parut à l'orient dans le quinzième degré de
î'Ecrevilfe. Le jour n'efî: pas déterminé; mais au moins il Anmï.Hirfaug.
faut que , dans ma théorie , la Comète ait été de nuit fur pjime'r. Bo"i^'.
l'horizon, du côté de forient, dans le quinzième degré de ^^c. ^j.viii.
iLcreviiie: or, celt ce qui elt arrive le ip Jum, vers trois Eber.Car^,
heures du matin.
A AufI)ourg « la Comète commença à paroître du côté
<îe l'orient ; elle fut obfervée dans les fignes de l'Écrevifîe «
^ du Lion: elle parut durant plus de deux (emaines- »> On Annal. Augp»
ne c®mmença fans doute à la voir à Auibourg, que vers la '^°-^^^j^'
ml -Juin au matin ; elle continua de ie montrer le foir
|ufque dans \qs premiers jours de Juillet (h) : durant cet
intervalle de temps , elle parcourut en effet les fîgiies de , _,
i'Écrevifîè & du Lion. Anmi^FiIndr,
Elle ne paroiffolt plus que ie fôîr à l'occident, après le ^•^^J'P'S''^-
coucher du Soleil^: on la vit ainfi jufqu'à la fin de Juin, ^Hi^.Bo'noL
ou même jufqu'en Juillet ^ Le i .^^ de Juillet fa diftance à Arm^tck.
ia Terre étoit encore moindre que \ts trois -quarts de ^^ p,"n,' j. vuL
^liftance moyenne de la Terre au Soleil ; mais le 16 du (^^uf^u^, P^ Jli.
même mois^ qMq excédoit cinq-quarts de cette même diflance* 'piacmt[ EhnL
(h) GafTare , ^ans les Annales
€Îtées , dit : Durant ce même mois en
mt une Comète ; & il vient de nommer
3e mois de Juillet. Mais comme peu
■de lignes auparavant il avoit nommé
le mois de Juin, il y a lieu de croire
que c'efl à ce même mois qu'il a
iprétendu rapporter la première appa-
•xiîion de la Comète j autreniem H
feroiî en contradlcflion avec tous \çs
Auteurs contemporains. Infeffura dit
auiîi que la Comète a paru en Juillet^
di Giuglio ; mais il y a fi peu de dif-
férence-entre les mots italiens Giuglio
Juillet , & Giugno Juin , que l'un a
pu facilement fe glifler dani uive copie
au lieu de ]'âuîr£^
464 Histoire
Eiie étoît donc encore vifible dans ies premiers jours de
^Cromer. Juillet: Ton apparition dura un mois entier^ & même pius^;
v'/û fff^Rii'c. ""^^^^ J^ doute qu'on ait pu i'obferver durant cinquante jours,
Mchov.Frijich. commc un feui Hiflorien l'a avancé ^.
^ Doerivg. jç j^g ç^'^^ yj^ pgjj étendu fur cette Comète; il m'a paru
p. II Tx^XilL intérelTant de convertir en certitude le foupçon que l'on
avoit déjà, que cette Comète ne difFéroiî point de celle qui
a paru en i 53 i , i 607 , i 682 &: 175^.
1457.*
En l'année qui précéda la mort d'Alphonfe , roi d'Arragon,-
de Napies & de Sicile, on vit des Comètes en divers temps,
^AmnLFiaiidr, & en diverfès parties du cieP. Alphonie mourut le 2 8 Juin
lib, X, Anwnin. q
p.ui,m.xxn, 1450.
c, XV. Tack. I ^ |{ en parut une , dit - on , au commencement de
b Pontan. Tannée ^.
\' ' 2,? Nos Cométographes modernes '^ en font paroître une
Prmr, ' ' au mois de Juin , dans les Gémeaux & i'EcrevilTe : ils ont
raîion , mais par hafard feulement ; car la Comète dont ils
parlent eft manifeflement la Comète précédente , différée
d'un an.
3.° Qn trouve dans beaucoup d'Auteurs, qu'au mois de
Juin 1457» on vit dans le vingtième degré des Poiffons
une Comète , de i'efpèce de celles qu'on appelle Comètes
Chron.Nuïemh. noii'es. Auroit-il paru deux Comètes dans le même temps,
ST.'S'Ji! i'une dans ies Poiffons, l'autre dans ies Gémeaux!
Amai, Âugflb. 4*° « Le 8 Juin au matin, dans le crépufcuie, après (ou
col. z-^^^.» plutôt avant) le lever du Soleil , on découvrit la féconde
Eber'pnhner. » Comète depuis l'année précédente : elle étoit en 5 degrés
Lub.Héy. „ jjes Gémeaux, avec une latitude feptentrionale de près de,
» < degrés , près d'une Étoile qui efl à la racine d'une des
» cornes du Taureau , à moitié chemin environ entre \ç$
M Pléiades & les cornes du Taureau. Cette Comète étoit fort
»» petite ; fa queue , très - longue d'abord , égaloit i 5 degrés
?» d'un grand cercle: elle s'étendoil: directement au midi, y^rs
l'Etoile
DES Comètes. 465
i'étoiie que l'on nomme Bellatrix (i). La queue relîembioit «
à une lance bien droite : la couleur livide & obfcure de ia «
Comète imitoit celle du plomb. Son mouvement étoit félon c<
l'ordre des Signes: depuis le lieu que nous avons nommé, «
elle atteignit prelque , dans une durée de trois mois , la fin ce
de i'Êcreviiîe. Vers le milieu de fa courfè, elfe changea de ^
latitude ; vers la fin de ion apparition , elle éîoit autant «
méridionale qu'elle avoit été feptentrionale au commence- «
ment. La direélion de la queue avoit aufli un peu varié, «
elle déclinoit du midi à l'occident. Son mouvement étoit «
donc fort lent : elle diiparut après trois mois de durée. » EhenàQrf,
Au mois d'Août, on la voyoit vers ia feptième heure de la '^°^' ^^^'
nuit à l'orient^: elle parut ainfi durant plufjcurs jours, fa ^Àntonin.nhi
queue étant dirigée vers le midi ''. Quelques Écrivains difent ^"P*"^'
en général , qu'on a vu une nouvelle Comète vers ie mois ^ ^"Z^^'
de Juin de cette année '^; mais comme ils n'en donnent ^f"^^"'"''"^'^^'
aucune defcription, il n'ell guère pofhbîe de décider s'ils ^ ^^'
parlent de la Comète vue dans \qs Poiffons ou de celle qui
parut dans les Gémeaux. II efl au refte difficile de confondre
ces deux Comètes.
5.° « Ladifîas , roi de Bohème & de Hongrie , dit le
même EbendorfTer , mourut le 23 Novembre 1457. J'ai «
entendu affurer à un homme favant, digne de foi, & qui «
étoit alors à la Cour de ce Prince, que la nuit qui avoit et
précédé (à mort, on avoit vu à Prague une nouvelle Comète «
de couleur de fang : fa chevelure ou fa queue imitoit la «
couleur de la flamme. » On ne nous dit rien de la durée E^ndorf,
Ci)!. 88 ^^
(i) L'étoile Bellatrix eft celle de
l'épaule occidentale d'Orion; elle eft
près de 17 degrés au fud de i'éciip-
tique. Si la Comète, placée au nord
de i'éclipîique , dirigeoit fa queue
vers cette Étoile, cette queue n'étoit
pas à beaucoup près direélement
oppofée au Soleil , ce qui feroit | fous ce nom.
une exception à îa loi conftamment |
Tome !> N n n
obfervée depuis deux fiècles & demi.
L'étoile Bellatrix n'étoit point d'ail-
leurs au midi , mais au fud-efl du lieu
qu'Ebendorffer affigne à la Comète.
Cet Écrivain donnoit peut-être le
nom de Bellatrix à une Etoile diffé-
rente de celle que nous connoilTons
î s T 0 r R E
de ce phénomène ; nous ne pouvons décider fi c'étoit une
Comète ou un météore.
6f^ Comiers dit qu'en 1457 il parut une grande Comète
dans i'Écreviffe & dans la Vierge, & il cite Ponîan fur le
Com'ers,Tf.2, centième apnorifme de Ptolémée. Pontan parle probablement
F. h cil, ^^ 1^ Comète de 14.56.
1458 ou 1459.
En 1455? » ^ ^^ fixième Lune, on vît à la Chine une
Mailla, uX, Comète. Je crois qu'il y a une faute d'impreffion dans le
^"^^ ' chiffre, & qu'il faut lire, 145 8. La fixième Lune corn-
mençoiî en 1458, vers le 14 Juin. Nos Cométographes
Eoek.Caf.Luh. modernes difent auffi qu'il parut une Comète en Juillet
^'^^^^' Ï458, dans le Taureau.
Jacques lî, roi d'Écoife , fut tué le 3 Août 2460 : la
» Boeth. veille de fa mort, on vit une Comète très - éclatante '^; fa
i^-A ' ''"' ^^^^^ ^^oit longue de cinquante aunes ^ On ajoute qu'à
^ Stum, cette occafion Jean Capiftran prophétifa la déiolation , ou^
^ Wo!f. félon d'autres, la réformation de i'Eglife par Luther'^, Or
emeu. //, j{ f^^jj necelfairemeut que Capiftran foit refllifcité pour faire
pjcc Lub> cette prédiction ; car li etoit certainement mort quatre ans
auparavant, ou en 1456.
Cureiis. Luh> Î461. Comète.
1463 & 1464.
En ïa feptîème année Tien-chun, ( I4<^3 ), on vit à la
Chine une Comète, près à^ r ^ xj de la Vierge; & l'année
Çaulil fuivante , au printemps , on en vit une autre dans le Lion»
14(35.
En ia première année du règne de Go-îliitfî-mikaddo au
Japon, on vit à la deuxième Lune (en Mars) une Comète,
Eaemyf. h II, dont la queue paroiiïbit avoir trois bralîès de long. Le P. Gaui)ii
'"^' ^' témoigne qu'elle fut aufli obfervée à la Chine.
DES C 0 M E T 'E S. 467
146^7. « Après la fête de Saint- Michei ( après ie 2p
Septembre ) , on vit une Comète fort élevée au - JefTus du «
figne des 'Poisons , comme fi eile eût été formée dans i'Écre- «
vllfe; on ne l'apercevoit que rarement, à caufe du temps
pluvieux.» J"'%T'5'
1460. rremiere Comète.
En ia quatrième année Tclihig - hoa , jour Gîn-tching ,
premier de ia deuxième Lune (24 Février 1468 ) , on vit
en Chine une Comète vers ia grande Ourfe. CauM,
14^8. * Seconde Com.ète.
Un Auteur contemporain dit de cette Comète : « Nous
ne devons point paffer fous filence la Comète qui parut cette «
année en Septembre, Oélobre & Novembre. Eile fut vue «
d'abord au figne du Lion , près de ia queue du Lion : fa «
couleur étoit bleue avec quelque méiange de pâieur. Eiie «
avoit une longue queue , &: eiie étendoit (es rayons en haut, «
la tête reftant toujours en bas : elle tournoit autour du Chariot, «
fans fe coucher. On auroit pu ia voir plus tôt, û ia clarté du «
Soieii &: de ia Lune n'en av oient empêché. Ceux qui penfent «
autrement font dans l'erreur. J'examine tous les jours avec « TleolpL
foin cette Comète , dit un autre Ecrivain. Le premier jour « Anon, ^*
que je i'obfervai , fa fituation , à l'égard de deux Etoiles « "'^'i^f^'^'
fixes , étoit telle que je ia repréfente ici. ^ «
Le nom d'une de ces deux Étoiles eil: «
Raflalangue ; la féconde fe nomme Raf- «
daîegetï. La Comète me parut enfuite * «
changer de lieu , & former avec ces lit «
deux Etoiles un triangle , en ia manière «
que j'ai repréfentée dans la figure ci -après. Hier, i^Oélobre, «
la Comète avoit encore changé de lieu; rf. «
elle étoit jointe avec ia plus haute defdites ~ é ««
Étoiles : elle étoit affez précifément en
I -L^ 4' du Capricorne, avec une latitude *
boréale de 38^^ 3o\ Depuis ie commen-
cement de mon obfervation , je l'ai *
N n n ij
^68 Histoire
» toujours vue dans le figue du Capricorne, avec un mou-
» vemeiit marqué par rapport aux Étoiles que j'ai défignées;
« & c'eft par ce moyen que je me fuis alî'uré que ce n'éîoiî
» pas une Etoile fixe , ni une Planète , mais une vérit^bie
« Comète Cette Comète , comme je l'ai dit , étoit
5' jointe, le î6 Otflobre , à une des deux Étoiies iufdites :
35 aujourd'hui i 8 , elle en eft éloignée d'environ 2 degrés vers
55 le midi & vers la voie laélée Lorfque cette Comète
3» commença à paroître , ie Soleil (ortoit du fjgne de la
3> Balance Je ne fuis pas bien aiïliré du temps de fa
3' première apparition ; je crois feulement qu'elle a été vifible
avant la fin de Septembre. » Ce paffage feroit bien précieux
s'il étoit exad. Mais i." les figures de la fitualion de la
Comète , à l'égard à^s deux Etoiles , ne s'accordent point
avec le mouvement qu'on lui donne jufqu'au i 6 & au 1 8
Oélobre. Si quelqu'un avoit un manufcrit de l'Auteur plus
complet que celui que nous avons confuité, & où les figures
iulTent plus régulières, & qu'il daignât nous en communiquer
l'extrait, nous ferions peut-être en état de calculer l'orbite
de la Comète, a."" Les Etoiles qu'on a défignées par les noms
de Ras - ûlhague & de Ras - algethi , font la tête du Serpen-
taire & la tête d'Hercule: or, ces deux Etoiles font dans le
Sagittaire & non dans le Capricorne. En conféquence, on
ne peut tirer de ce long paffage aucune lumière pour déter-
miner l'orbite de ia Comète : il pourra cependant fervir pour
la reconnoître, lorfqu'on en aura d'ailleurs déterminé la révo-
lution périodique. La féconde Comète de 1468 étoit fort
petite; elle trainoit une queue blanchâtre: on la vit vers ie
^Cavît.Chron, commencement d'Oélobre^ On la vit à Augfbourg ie i 2 du
b^ 4 rb ^^"^^^^^^ mois; elle parut rarement, à caufe du mauvais temps*'»
eolié'ôô. En Pologne, on i'obferva durant quinze jours entre l'orient
& le noi'd , vers la fin de ia coîiftellation de i'Ourfe & dans
CwmeY. le timon du Chariot.
Diugief t. II, 1468. Troifième Comète. Les auteurs Polonois difenî
B-. XJII, que lorfque la Comète précédente eut dilparu , on en vit
une autre plus belle du côté de l'occident pendant quinze
DES C 0 7d È T E S. ^6^
Jours : c'étoit probabiement ia même Comète. Celle dont
l'Anonyme nous a donné la pofition pour le i 6 0(5lobre,
de voit paroitre le foir du côté de l'occident.
146^. On vit une Comète au Japon en la cinquième
année du règne de Go-trutfi-mikaddo, au dixième jour du
neuvième mois ( vers, le i 6 Oélobre ) : la queue avoit une
brafle de longueur. Seroit-ce la précédente! K^innpfrr.iJï,
Lycoflhènes fait paroître en celte même année deux ^' ^'
Comètes.
1470. Comète le /j Janvier. C'efl fans doute celle de Luh-en. Rkc.
î^yi, anticipée de deux ans.
1470 en Décembre, & 1471 en Janvier, Comète, C'efl Biov.i.xviL
encore celle de 1472.
Bodin fait mention d'une Comète qui parut le i 3 Janvier
1470 , & qui avec une longue chevelure parcourut tout le
Zodiaque. C'efl manifeftement une faute d'imprefTion , mais Sodiu. i il
qui fe trouve dans toutes \qs éditions que j'ai confultées, Wv-^'s*
faut lire en 1472 & non 1470.
147 1. Le F. Gaubil dit qu'en 147 1 , à la troifîème Lune
( commençant vers le 2 3 Mars ) , on vit en Chine une Comète
vers les Etoiles r & l/ de la Vierge. Auroit-il paru deux
Comètes en 1471, ou ceci ne feroit-il qu'une répétition de
la Comète de 1463 , ou enfin ne fuidroit-il pas fubftituer
îa onzième ou la douzième Lune à la troifîème \ En ce
dernier cas la Comète leroit celle de 1472 , fur laquelle \^s
annales Chinoifes du P. Gaubil gardent d'ailleurs le plus
profond filence.
Ï471»
« Deux Comètes avoient annonce les maux que je viens
(de décrire , dit un hiflorien Poionois. La première avoit « Mkhoviiv,
paru durant l'automne de Tannée précédente ( ou de l'an «^•^^'f^'
1 47 1 ) : elle étoit très-grande , d'une couleur rougeâtre ; ék^ «
fe levoit avant l'aurore : fa queue la précédoit, c'efl-à-dire ce
qu'elle étoit tournée du côté de l'occident. J'étois alors «
enfant : conduit par mon précepteur au lieu defliné à l'étude «s
^yo Histoire
« des Sciences, je vis fouvent cette Comète. Je ne connoîiïbîs
») pas encore alors ies loix du inouvement des Allres : depuis
î> que je fuis initié dans cette fcience , j'ai jugé que cette
» Comète éîoit de l'eipèce de celles qu'on appelle Mathuca
M ou le Soldat: elfe efî: de la nature de Mars. Elle parut vers
» la fin du figne de la Vierge & dans celui de la Balance :
» elle dura un mois ou environ. La féconde Comète parut
» bientôt après, c'efl-à-dire au mois de Janvier 1472 : elle
» fil i voit le Soleil après Ton coucher, tramant après elle une
« longue queue , dirigée vers l'orient. Si cependant on la
>j compare avec la précédente, elle étoit beaucoup plus petite:
» elle dura environ deux mois. Je fais que cette Comète étoit
« de l'efpèce de celles que les Aftronomes appellent le feigneur
« Aflone ; elle étoit de la nature de Mercure , participant un
5ï peu de celle de Saturne. On la vit d'abord fous le figne du
î3 Verfeau: elle parcourut ceux àes Poifîbns & du Bélier, fui-
vant toujours le Soleil. »> Il efl clair qu'en Pologne cette
féconde Comète a été découverte plus tard qu'en Allemagne
& ailleurs, Ùlws doute à caufe du mauvais temps. Quant à
ia première, Hévélius croit que Michow n'a vu qu'une feule
& même Comète ; mais que l'ayant vue d'abord le matin ,
enfuite le foir,'il en a fait fort mal-à-propos deux Comètes
différentes. Cette opinion ell digne de la Phyfique d'Hévélius.
Si ce zélé obfervateur eût été plus initié dans la connoiffance
de la nature & du mouvement des Comètes, il auroit conçu
qu'il n'étoit pas pofîible que la Comète de 1472 parût
l'automne précédent dans le figne de la Vierge. Cette Comète
efl fortie de la Vierge dhs le mois d'Oélobre 1471 ; fa
diftance à la Terre excédoit alors le triple de, la dillance
moyenne de la Terre au Soleil : étoit- elle vifible à la vue
limple! De plus, félon Michow, la Comète vue en automne
1471 , étoit plus grande que celle qui parut au mois cfe
Janvier fuivant : or, la Comète de 1472 étoit certainement
plus grande en Janvier & Février 1472, qu'en Oétobre &
Novembre de l'année précédente , puifqu'elle étoit beaucoup
plus près de la Terre. Il faut donc dire, ou que Michow,
DES Comètes.. 471
jeune alors , s'eft trompé fur le iieu , fur ie temps de l'appa-
rition , & fur la grofTeur de la Comète ; ce que la fuite du
texte , dont toutes les parties femblent fe foutenir récipro-
quement, rend aiïèz peu probable ; ou qu'en automne j 47 1 , il
a réellement paru une Comète différente de celle qui fut
obfèrvée en Janvier 1472. D'autres Auteurs ont parlé de la
Comète de 1471 , comme cbfervée durant l'automne dans
ies fignes de la Vierge & de la Balance. Je ne parle point CureiJs. Aijt
dun ecrjvam italien qui rait paroitre deux Comètes vers ie
commencement de cette année : un anachronifme d'un an Caviu
lui a fait manifeflement anticiper à l'année 1 47 i , ce que
piufieurs Hidoriens rapportent à l'année fuivante»
^ '* Chïon, Sponh,
147^' Spond.
Dès ie mois de Décembre 1 47 1 , on vit paroître une ^. y[^^^' ' "
belle Comète^. Au Japon, on ne l'ob/èrva qu'au premiier ^Coupla.
jour du douzième mois ^ (vers le _p Janvier 1472 ). En ^Chrcn,
Chine, elle fut découverte durant la onzième Lune^ ( laquelle .^ Tf,',
j , i-x ' T \ A f ^ "Anml.Placenu
dut commencer vers le i i Décembre 1471 ). Au Japon, f E,mn.
elle fut jugée la plus grande qu'on eût jamais vue: fa queue, ^'^' ^^^'VL
dit Kaempfer, avoit la longueur d'une rue. En Europe , on /. ViL/ùcSy.
la découvrit plus tôt ou plus tard, à proportion de la féié- WandaLfaben
nité du ciel, ou du plus ou moins d'attention qu'on apportoit ^^^^"^'^^vang,
l'/T/ 1- xi'ir ■ 1/ in Anon. comp,
en diiterens climats a loblervation des phénomènes céleues. Ckmi.s.AgU.
Je trouve fa première apparition datée du 25 Décembre'-^, ^ Veter. hjc.
der T • e j . t / • Reeiom.drCcm,
u I. Janvier , du commencement du même mois , ou j^^^.civon,
des premiers jours de fan 1472^, du 6^, du 13 ^, du 21 Carion. è-c.
Janvier', &c. Quelques Ecrivains nous repréfentent cette ' ^^^'''f 'f'-
a-^ y rr • Ml' ' C.CX X I.Cruon.
Comète comme allez petite: ils 1 ont vue lans doute plus Nmemi' . AnncL
tard que les autres; & d'ailleurs, ils ajoutent que fa queue ctwt'B^Zi!'
étoit d'une longueur prodigieufe ^. Selon d'autres, elle éîoit kMc/wi'././y,
d'abord petite, mais elle devint extrêmement groffe l Le cap.Lxu.
très -grand nombre des Hiftoriens la repréfentent comme i'^rfjf'
très -belle, ou, félon le flyle de ce fiècle , comme très- ^^chron.s^av,
borrible & tout- à -fait effrayante "\ Chnm. AUik.
Un tel pnenomcne ne pouvoit échapper aux yeux de Amai. Fiandu
Cm'iu ir'Ci
472 Histoire
Régiomontan (k). Ce grand homme travailloît depuis quinze
ans à revivifier i' Agronomie , que la barbarie à^s îiècles
précédens fembioit avoir enfeveiîe dans ies ténèbres de ia
pius profonde ignorance. li comprit que la feule multitude
d'oblervations exades , pouvoit faire réuffir un fi glorieux
deiïein; il n'épargna point Ï.Qi veilles; il étudia le ciel dans
le ciel mémce II vit la Comète le 1 3 Janvier ; il fuivit
jufqu'à la fin de Février fon mouvement entre les Étoiles
fixes : il nous en a laifîe la defcription fuivante. « Le 13
» Janvier 1475 ( ^^^ convient généralement qu'il faut lire
» 1472), on vit une Comète Ibus le figne de la Balance,
»> dans les étoiles de la Vierge. Le mouvement de la tête fut
3j très -lent, jufqu'à ce qu'elle fe trouvât près de l'épi de la
« Vierge. Enfuite elle accéléra fon mouvement, paiïa par \ts
n cuiifes du Bouvier, vers la gauche de cette conlMiation :
« en s'en écartant enfuite , elle décrivit , dans i'efpace d'un
» jour naturel , une portion de grand cercle de 40 degrés.
M Etant alors vers le milieu de l'Ecrevifîe , fa plus grande
» diftance à l'écliptique fut de jj degrés: ainfi, palfant entre
w \ts deux pôles du zodiaque & de l'équateur, elle fe trouva
j' bientôt entre les pieds de Céphée. Elle pafla de -là fur la
» poitrine de Caifiopée , fur le ventre d'Andromède, fur le
î> Poiifon boréal , qu'elle fuivit félon toute fa longueur; & là
»» fon mouvement le ralentit beaucoup. Elle approchoit ainfi
s> de l'écliptique , qu'elle traverfa vers le milieu du Bélier.
5:» Enfin elle fe perdit avec X^^ étoiles de la Baleine dans les
w rayons du Soleil , & nous cefiames de la voir dans \qï> der-
» niers jours de Février. Par fon mouvement propre , elle
>» décrivit une portion de grand cercle : fon mouvement étoit
M vers le feptentrion , & contre l'ordre àç.s fignes , de la Balance
» au Bélier. Au commencement & à la fin de fon apparition ,
M fa lenteur fut proportionnellement la même; mais au milieu
(k) Son véritable nom éidit Konigjberg ^ mot Allemand qu'on a traduit
en Latin par de /\^onte - regio ou par Regiomontdnus ) en François par
B^é^iomoRtm ou d& Âlont-ro^al,
de fa
DES Comètes. 473
Je fa courfè, fa vîîelîë fut teile, qu'en un jour eîîe parcourut «
quatre fignes du zodiaque, depuis ia fin de la Vierge jufqu'au «
commencement des Gémeaux. Dans une même nuit, vu le «^
mouvement diurne combiné avec le mouvement proprQ de «
ia tête, & la direction confiante de la queue vers les Gémeaux, «
cette queue regardoit l'orient, après le coucher du Soleil; ce
ie midi, peu avant minuit; l'occident, après minuit; & «
enfin le nord , peu avant le lever de l'aftre du jour. Com- ce
parant la Comète avec l'épi de la Vierge , lorfqu'elle en «
étoit voifme, j'ai trouvé que la parallaxe ne pouvoit excéder *«
6 degrés. Le diamètre de la tête étoit de i i minutes , & «
celui de la chevelure de 34 minutes. » De ces dernières Reghm de
oblervations , Régiomontan conclut la diflance de la Comète ^"'' ■^^-^'^*
à la Terre & la grolTeur abfolue de la Comète. Ses raifon-
nemens (ont fondés fur d'excellens principes; mais les
inflrumens n'étoîent pas afTez parfaits pour des obfervations
aufTi délicates. Je trouve ailleurs une obfervation pofitivè
de Régiompntan , faite avec un inftrument nommé rayon
aflronomique. c» A Nuremberg, le 20 Janvier, à dix heures
après midi, la Comète paroiiïoit en ligne droite avec la «
cinquième étoile du Bouvier , & la première des Etoiles «
informes qui font près de la grande Ourfe. ( C'efl; celle que *.
l'on appelle maintenant la claire fous la queue de la grande
Ourfe , ou l'anneau du collier de Chara). La diftance de la «
Comète à la cinquième étoile du Bouvier, égaloit environ «
le tiers de la diilance de ces deux Etoiles entr'elles. La «
queue s'étendoit prefque jufqu'au fixième degré du Lion; «
elle fe terminoit un peu en-deçà, environ fous la première c*
des informes , avec quelque déclinaifon vers ie midi. En ce
employant le rayon pour mefurer la diilance de la Comète c*
à l'Etoile ( de l'extrémité ) de la queue de la grande Ourfe, «
on trouvoit pour fmus ^53 & ipo. Faifant la même opéra- c«
ration par rapport à ia première des Etoiles informes , les «
iinus ont été c) 5 3 & 2 i o ; » ce qui donne la didance de la Regkm.foL^^^
Comète à la dernière Etoile de la queue de la grande Ourfe,
de II degrés, & au collier de Chara de 14^' 22'; & par,
Tome I. Ooo
^4 H T s T 0 T R E
conlc'quent Ja longitude de ia Comète de 6^ 5^ 12', & fa
latitude boréale de 46^^ 3^ Après le témoignage de Régio-
montan , il feroit inutile de citer \qs Ecrivains qui n'ont fait
^GUhertJ.Uh qae le répéter'', ou qui ne nous apprennent lur les mou-
Thurec! k^'ii , vcmens de ia Com.ète, que àts circonftances confirmatives
c. ut f jeq. Jy l'^cit de cet Alironome ^ Mais deux d'entr'eux difent
H/T^ir^!" que ia Comète fut obfervée dans les fignes du Verfeau , à^QS
^Amn.compii. PoîfTons & du Bélier'^: fon cours auroit donc été direél, &
Chron.s.j^gid, jf^^Qj-, ^q^^ jg^ autiTS Ecrivains il étoit rétrograde. On peut
Annal, AuglM), ^ r r/ t
Chron. Nuremh. concilier ces témoignages, fi oppolés en apparence. Le 2 i
"MokT.' ^'chrmi. Janvier, ia Comète palfa entre les deux pôles, de l'écliptique
Carion. BtTar. & de l'éqiiateur : fon cours, rétrograde en longitude ou par
P.Z'/^. ' i'apport à l'écliptique, étoit nécelîairement direél en afcenfion
'^ Mk/wv, i. JV, droite on par rapport à l'équateur. C'eft fans doute fous ce
c,Lxii,Cureu£, Jej-|^ier rapport que Michow & Curée auront confidéré la
Comète. PJufieurs datent fa première apparition du 2 i Janvier
ou d'après le 21 Janvier: or, en ce feul jour, 21 Janvier,
la Comète eut un mouvement fi précipité qu'elle paifa en
vincft- quatre heures des derniers degrés de la Vierge aux
premiers des Gémeaux. Ceux qui ne commencèrent qu'alors
à la voir, la trouvèrent dans les Gémeaux, en la rapportant
à l'écliptique , & dans le Verfeau , en la rapportant à
l'équateur.
Haiiey a calculé la théorie de l'orbite de cette Comète Çui
les obfervations de Régiomontan. En voici les éiémens.
Lieu du nœud afcendantc . . , . t^*" i i'^ ^6' 20*^»
Inclinaifon de i'orbite 5. 20. o.
Lieu du pcrihclie î. 15. 33. 30.
Logarithme de la diftance pcrihclie. . . . ^,734.584.
PafTage au périhélie en Février 28' 22*^ 33' o".
Sens du mouvement Rétrograde.
Selon cette théorie , la plus courte didance que Régio-
montan ait pu obferver entre la Comète & l'épi de la Vierge,
a dû être de 12 à 13 degrés, le 13 Janvier, & cette dillance
â augmenté les jours fuivans. Ceci fembieroit contredire ce
DES Comètes. '47^
que dît cet Aftronome , que la Comète a eu un mouvement
très-lent , juiqu'à ce qu'elle parvint au voilinage de l'épi de
la Vierge , Aonec vicinaret fpica. L'épi de la Vierge ell: au
fud de l'écliptique : or, il eft facile de prouver par la fuite
de la narration de Régiomonîan , qu'il n'a oblèrvé la Comète
qu'au nord de l'écliptique , que (on mouvement depuis le
I 3 Janvier, jour de la première oblervation de Régiomonîan ,
a toujours été vers le nord, & qu'en conféquence elle s'efl:
toujours éloignée de l'épi. Pourquoi Régiomontan dit- il
donc, donec vicinaret fpicœ l Le fens ell;, ielon Kepler, que Aimd HeWL
ia Comète s'eft mue lentement , tant qu'elle a été affez;
voifine de l'épi pour qu'on pût comparer fbn lieu au lieu
de cette Etoile. La réponle à mon avis ièra plus péremp-
toire , en difant que le texte de Régiomontan eft corrompu.
J'ai fous \qs yeux un Ouvrage fur les Comètes, imprimé
pour la première fois très-peu après 1472 ; M. l'abbé Rive^
favant Bibliographe, juge que c'ell; en 1475- ^^-'giot^ontaii
n'y efl: pas nommé; mais fon oblervation y ed détaillée à^iis
les mêmes termes que nous avons traduits ci-deiïus, avec deux:
différences cependant. i.° L'obfervation eft datée de 1472
& non de 1475. -^^ ^^^ "V ^^^ point donec vicinaret fpicœ ,
mais donec vicinaret Alramech : or, l'Etoile que \ç:?> Arabes
nomment Alramech , n'efl point l'épi de la Vierge , mais
celle que nous nommons Arâurus ; & il efl exaélement vrai
que la Comète s'efl: mue lentement, jufqu'à ce qu'elle fût
parvenue au voifmage d'Ardurus.
Comiers dit que la Comète commença à paroître le 7,
Janvier, que le i i elÏQ étoit en 20 degrés de la Balance,
éloignée de l'étoile Alramech de 5 degrés en longitude &
de 2 degrés en latitude, diflanîe de i'équateur de 24^ 57^ Comim , tr, lî,^
Cela s'accorde à peu -près, &: l'on voit Alramech pris dans ' ' ^' ^^*
fa véritable fignification pour Arâurus , & non pour l'épi de ^ AmaL
ia Vierge, comme im Copifle ignorant l'a inféré dans i'ob- Hirjaug.chwn,
lervaUon de Kegiomontan. Bergom.i.xvi;
Quelques Ecrivains donnent quatre-vingts jours ^ ou même Nauckr,
.(rr/\ r^ \ y I T • gêner, / o .
troismois'^aeaureeacetteCoinete,acommencerdu2 i Janvier. ^ Eariand,
O o o ij '""F' ^^^^'
4^G Histoire
îi n'tfl: point impoffible qu'elle ait paru jufqu'après îe milieu
ti'Avril ; mais il faut nécefTairement excepter àiis jours de
fon apparition, ceux durant lefquels elle aura été en conjonc-
tion intérieure avec le Soleil ,' vers le milieu de Mars,
d'autant plus que (a latitude étoit alors méridionale. Lorfque
Régiomonîan cefla de i'obierver vers la fin de Février, elle
eîoit encore afîëz grande pour être vue diu'ant quelques jours,
Re^wm, de f] fa proximlîé du Soleil n'y eût mis obftacle. Si quelques
'^7^' Écrivains ont dit le contraire , leur autorité ne peut être
prépondérante à celle de Régiomontan.
1472. Seconde Comète. Plulieurs Hiftoriens témoignent
que la première Comète n'étant pas encore évanouie, on
^ Chron, en y\i yj-je féconde dans le Bélier^, au mois de Mars^. Mais
Bergom.iXVi. la première, au mois de Mars, eîoit certainement dans le
^v^i^'n^^' ^^^^^'^' U^^ Auteur contemporain, mais peu judicieux, nous
'/. x'vJli. dit que ia premJère parut le y Janvier; la deuxième, huit
Bucehn, Rhau jqj^jj.^ après ; que la première dura leulement quinze jours , &
^Riccio, ia féconde quarante*^. Selon Comiers, la première étant, devenue
^i/' invifible, une autre parut en Mars, & parcourut à reculons
Comiers. ir. Il, îout le Zodiaque en commençant par la Balance. Qui ne
^' ^' ^' ^^' voit que c'eil: ici une répétition de ia route de ia première
Comète ! L'apparition de la féconde ell: ailleurs rapportée
au 2 Mai; fa queue, nous dit-on, étoit tournée vers l'orient:
ia Comète s'avança vers l'occident , enfuite vers le midi,
jn^ekcrJ.VL enfin vers l'orient. Je trouve encore que le i i Janvier 147 i
( 1472, félon notre ftyle aéltiel ) , on vit à Sienne une
grande Comète , qui fe ievoit vers l'orient avec cinq Etoiles
d'un côté 6c une de l'autre ; & qu'enfuite il en parut une
autre fort belle, laquelle oppofoit la pointe à ia première,
■jEphœ. Jen, & fe levoit le foir vers deux heures ( après le coucher du
Soleil).
i^j^* Depuis le 17 Janvier jufqu'au î8 Février, une
Comète étonnante fe montra vers le fud ; elle iançoit vers
le fud de grands rayons enflammés : elle étoit entre ie pôle
£oeth, append, & les Pléïades. On pourroit taxer ce récit de contradiéloire;
ce qu'on peui en extraire de mieux , peut convenir très-bien
D £ s Comètes. 477
à îa Comète de 1472. D'autres parlent aiilTi d'une Comète
de I473« -^^ pefte qui ravagea J\iagdebourg en 1474, eft
attribuée à la Comèie qui avoit paru l'année précédente^, ""Ckyon.AUgâ.
dans l' Êcrevijfe^ , traînant après eile une longue queue, qui ° EdjL Herl,
reiîëmbioit à une lance ^. '
1475. Ziégler , Frofeiîèur de Mathématique en AWe- Sarifb, il'.
magne , nous a tranfniis i'oblervation de la Comète de 1472. ,
faite par Régiomontan : il lui échappa une faute d'impreiTion
fur la date de la Comète ; on imprima 1475 P*^*^^' 1472.
C'eft à cette erreur fans doute qu'il iauî attribuer celle de
plufieurs Écrivains, qui font paroître en i^yj une Comète
parfaitement femblable à celle de 1472 ^ ^ ''Lui, Aijl,
i^^yô. Comète au mois de Juin, en î j degrés de TÉcreviffe : GarL'a. Uovit,
elle dura tout le mois^. C'ell manifeftement une répétition Mi.B.i,
de ia Comète de 1456, fondée apparemment lur quelque ' Mdanchthm!
faute d'impreffion. C'eft pareillement par une faute d'im- ^Z"^- ^^^^- <^^
preiiion, qu on trouve la Comète de 1472 datée une lois ^f,
dans Tycho ^ de l'année 1476» - ^Lub.sdmkr,
^ Tych, l. Il,
Vers la fin de Décembre 1476, on vit une petite Comète : chron. £of
elle parut avant la mort de Gaiéas Sforce , tué le 2 6 Décembre
1476^ On favoit même vue dès le commencement du ^ Riram.
même mois^. On ia voyoit encore le 5 Janvier 1477 : fa ' ^"''/* '
couleur étoit d'un bleu paie, tirant fur le noir^ On la regarda Cadon.'
comme préfage de la mort de Charles -le -Téméraire , Duc '^ Pontan.lix.
de Bourgogne, tué devant Nanci , le même jour 5 Janvier ^'^''' '^^^^'
1477. Au mois de Décembre, on vit une autre Comète ^ Oi>-o>j. Carwn,
1 47 8 . * On vit une grande Comète au mois de Septembre ^. ixïv'.p.s Ta,
1 47p. On vit en Arabie une Comète qui reîiembloit à une ^ chnn. Bof
poutre très-aiguë Ôc comme parfemée de petits points : elle ^chon.Bojf»
étoit accompagnée d'une faulx^. ^'"'''
i^c^o. Cow^/^é' <'H/jDri«r<f/7i/7i\ Je penfe qu'il faut lire I 3 po t,^
au lieu de 14^0. L'ordre chronologique que fuit l'Auteur, ^ y.,, ,
exige cette corredion. Un autre Écrivain ' anticipe à cette g, r,' »fj^^ '
^7^ Histoire
année l'apparition de la Comète fulvante ; cela peut venir
de la dlfîérente manière de commencer les années : la chro-
nologie de cet Auteur efl d'ailleurs bien peu exade.
i4pi. "^
Vers le commencement de cette année, on vît une grande
* Chyon. Bof Comètc , avec une queue blanchâtre & très -longue^; elle
^nneiîj. amt, j^.^^ ^^^^ j^ jours ^, « On la vlt Cependant en^ Pologne
eakh. Nupt. » jufque vers le milieu de Février. Vers la fête de rÉpiphanie
» ( 6 Janvier ) , elle étoit dans la troifième divilion ( dans les
» dix derniers degrés, je penfe ) du figne des Poilîbns. Sa
i' tête n'éîoit pas grande; fa queue étoit longue, mais rare &
" de peu d éclat. Elle fuivoit le Soleil après fon coucher ; (a
Mchor.liv, queue étoit tournée vers l'orient. » Le 17 Janvier, entre
g, Lxiv. ç^^ ^ ^çpj. f^çLjj.e5 jy Çqi^ ^ Bernard Walter l'obferva à
Nuremberg au commencement du figne du Bélier , avec
Eegiom. une latitude aiiftrale. Le P. Gaubil dit qu'à la Chine, troi-
fième année Hoiing-tchi , douzième Lune, jour Sîtî'hay
( ï 3 Janvier 1 49 i ) , on vit une Comète dans le Cygne. lî
n'ell; guère poffible de concilier cette obfervation avec \qs.
obièrvations Européennes.
14^2. Après le milieu de Décembre 149 i , on vît trois
Soleils , & quelque temps après , une Comète parut durant
deux mois après le coucher du Soleil. Ces phénomènes
O orner. ^ furent regardés comme prélages de la mort du Roi. Cafimir,
roi de Pologne, mourut effeélivement en Juin 14^2. Quelques
/. XXIX,
Écrivains retardent l'apparition de cette Comète jufqu'eii
Chron.WaUs. Décembre 1492 ou en Janvier 14^3. Peut-être faudroit-ii
Sch!er^I.7l!' ^^^ contraire l'anticiper d'un an , & ne la pas diilinguer de
la Comète précédente»
145^4 ou 1495. " ^'■^ temps que Charles VIÏI, roi de
France, entra en Italie , on vit au coucher du Soleil une
Comète , qui peu de jours après précédoit le lever de ce
même Allre. Mon précepteur Niphus, dit Scaliger, l'ayant
Smiig. ainfi laiiTé par écrit , j'ai cru devoir en faire ici mention. »»
Ou trouve ailleurs, qu'en 1495 ^^^ ^^^ ^" ^'^^^ ""^ flamme
DES Comètes,
de f^Li, au-deiïî.is de ia citadeile de Milan , & que ce phé-
nomène dura plufieurs jours. Cavîu
I 500. *
Au mois d'Avril^, on vit du côté du nord une Comète, * Miuich, ^
'ào\\\ \Qi rayons obicurs regardoient le midi ^ ^Wç. fut obfervée Or^„? Carkn,
en ce même mois cian.^ le Sagittaire'^ & dans le Capricorne^. Comkrs. Zoh.
Des Vo va tueurs qui fiiifoient voile du Bréfii au cap de Bonne- ""Chwn.Meiic.
efpérance , ia virent le 1 2 Mai ( &: non pas en Janvier j^^^' ' '
comme le dit Hévélius ) : elle paroilloit du côté de l'Arabie; ^ Pmtor. Rkd.
fès rayons éîoient très - ioncrs : elle fut ainfi continuellement ^'^'A^- Major.
obiervée , jour & nuit, durant, huit ou dix jours . Cette '^ Cadamufl,
Comète, qu'on nomma le feigneur AJîone , étoit le mercredi, ca}'. lxvii,
2.0 Mai, du côté du nord , fous le fjgne du Capricorne;
on remarqua qu'elle tournoit au-defllis de la Lithuanie, de
la RufTie & de la petite Pologne. Je rapporte ce que diient Mdwv.iiv,
les Hifloriens ; je n'entreprends point d'interpréter \qs pro- ^^''' ^^^^^'
duélions de leur imagination & de leurs préjugés. Cette
Comète fut obiervée à la Chine ; c'efl tout ce que nous en
apprend le P. Gaubil.
1503.
Un Hiflorlen , qui écrivoit l'an 1506 ou peu après,
décrit la Comète de i 506, & il ajoute : « On avoit pareille-
ment vu une Comète trois ans auparavant ( certainement «
en I 503 ) ; elle avoit paru vers la fête de l'Affomption de «
la glorieufe Vierge Marie , dirigeant fa queue ou fa barbe «
vers l'orient. => Chron,Wauis;
I 504. t' Auguftinus Niphus écrit qu'en i 504, deux ans
après la conjonélion àçs Planètes fupérieures dans le figne de «
rÉcreviiîë, il parut une Comète d'une grandeur & d'un éclat «
furprenant. » On a confondu ici l'année de la conjonélion Cemma,lî,^
des Planètes avec celle de l'apparition de la Comète. Jupiter '^^'^'' ^ ^ '
êi. Saturne n'ont été en conjonélion dans l'Écreviffe , que
durant l'automne de l'an 1504 : ia Comète, n'ayant" paru
480 Histoire
que deux ans après, n'a donc été vue qu'en 1^06. Pîufieurs
Rock. Eckfi. Cométographes ont été induits en erreur par Gemma.
Ricc.Lub.Hév. ^ ^
1505.
» Chron,
Germati,
•> Annal,
Hirfaug,
' Ml-
On vit une Comète d'une grandeur & d'une forme
extraordinaires ^ « Je la vis à Douriach ( l ), dit unHiftorien,
Cemfin. 1. 1 "» Cîitre l'occideut & le nord ; elle ne parut que durant peu de
L ii.foi.pl, jours : fbn feui afpeél; intimidoit ceux qui ia voyoient ^ »
Joachim Heiier i'obferva vers ie commencement du Bélier*^.
Ces Auteurs , qui conftatent la réalité de la Comète de i 5 o 5 ,
n'ont point paifé (ous filence celle de l'année fuivante; c'eft
ce qui m'a fait regarder celle de 1505, comme abfolument
certaine. Mais eil-il également certain qu'il ait paru deux
Comètes en cette même année , l'une en Avril , fautre en
Cluver. CalviJ. Août , commc l'out avaucé quelques Ecrivains, qui donnent
F*l,c.ii, même ces deux Comètes comme precurleurs de la mort de
Philippe I.^*^ roi d'Efpagne ! La Comète de 150^ a certai-
nement été regardée comme préfage de cette mort. On ayra
peut -être fait le même honneur à celle de 1505; & c'eft
ce qui aura donné lieu à quelques Écrivains de les rapporter
toutes les deux à une même année, ibit à l'an 1505, fdit
à l'an 1506. On peut pareillement douter fi la Comète de
1505 doit être confondue avec un phénomène , que ie
continuateur de Rolewink décrit en ces termes : « Vers la
« fête de Saint-Michel (20 Septembre), & vers la nouvelle
" Lune de Novembre ( vers le 2 Oclobre ) , on vit une grande
» Étoile nouvelle , quatre heures environ avant ie jour : elle
» duroit jufqu'à la huitième heure du jour, félon une horloge
» moyennQ, fecundim médium horologiunu Cette Étoile éclairoiî
(l) II y a dans le texte Budoris : ce
terme, félon Baudrand, fignifie ou
Heidelberg, ou Douriach, ou enfin
Burîach , viilage ou très-petite ville,
\/oiiine de Douriach. Trlthème dit
qu'il a vu ia Comète de 1506 à
0eide!berg, Heidelbergœ : il y a donc
apparence qu'employant ici un autre
nom que Heidelberga , il a voulu déli-
gncr une autre ville qu'Heidelberg.
J'ai choifi Douriach, comme plus
connu que Buriac ; l'erreur au refte ,
s'il y en avoit une , feroit de la plus
petite conféquence.
ia Terre ,
DES C 0 31 è T E S. 481
ïa Terre, comme ia Lune auroit pu ie faire : elle avoit ce
cependant moins d'éclat; elle procuroit du moins une iumière «
fuftifante pour éclairer ceux qni voyageoient le matin , paîTant «
du midi comme vers l'occident. Une Etoile, moindre qu'elle, «
la précédoit , précédée elle-même par deux Etoiles plus «
petites. " Rokw,A}'pend.
I 50(5. Vers le i i ou i 2 Avril, on vit du côté de i'Ourfè
une Comète, dont le mouvement étoii d'occident en orient;
elle dura cinq jours félon \es uns , félon les autres vingt-cinq
jours. Ce pourroit être la Comète précédente, retardée d'un ^""^^'^'J^^f;
an, ou ia lui vante , accélérée de quatre mois; un Copiite luù.Comiers.
inattentif ayant pu écrire le mois d'Avril au lieu du mois
^'Août.
1 5 o d. *
On vit une Comète^ au mois d'Août^, du côté du nord"", ^Chron.Nniwh.
I r o i> • j i" j' • I 01 Chron, Cuit,
OU entre ie nord oc 1 orient °, ou enlm entre i occident oc ie . ^ • . /r
nord ^ Comme cette Comète étoit près du pôle arctique, B. Xiil,
qu'elle paroifîbit le foir après le coucher du Soleil, & le matin J°nah^i^ich
avant fon lever ^, elle devoit avoir, à différentes heures de Heiy,
la nuit, les différentes pofitions que les Hiiloriens lui attribuent. , \r9'.T7.' ,
T-iir ^ -' I o/J '11/ !• '• aaX, Keek,
Elle trainoit une queue longue & éclatante , qu elle etendoit j ^^^^^^
entre les premières & les dernières roues du chariot ^. On Hîrjaug, Annal.
l'obferva en Chine & au Japon à la feptième Lune ( qui l'J'y! Lyc. '
commença vers ie 20 Juillet) ; elle couvroit (de fa queue ^ Annal.
fans doute ) , une partie du ciel '\ Le P. Gaubil dit qu'elle Au^fl^.
parut d'abord (en Juillet) dans la conflellation Tfan (croix {jif^j^^^/j yf
d'Orion ) ; que le 3 i Juillet qWq fut dans le palais Tny-oiiey Avenm.Llv,
(où font le dos & la queue du Lion, le petit Lion, la ^'^' ^' '\
chevelure de Derenice, cxc j ; quelle tut de -la a la grande iv.Eber.Aret.
Ourfe, Se qu'elle parut jufqu'au c) Août. 11 n'efl pas pofffble ^CovpLGmihih
qu'en fi peu de temps la Comète ait été à^s Gémeaux, où c'^v^MaW.a
efl la croix d'Orion, à la grande Ourfe , en paffant par le t. X, p. 2.6;.
Tay-ouey. Je penfè qu'au lieu du Tay-oiœy , il faut lire le
Tfé-oiiey , partie du ciel qui refte perpétuellement fur fho- ' ^^^'f- ^y- ^-.
rizon. En Europe, quelques-uns ia virent dès le 3 Août^: '^è.vh '^' '
Tome L ï* P P
ai'. IV.
cûp.Lxxxr
482 Histoire
» Annal qh l'obferva dans ies fignes du Lion Se de la Vierge ^» « Le
^Amaî » Samedi , 8 Août , dit un témoin oculaire ^, eiie étoit près
Trevir. „ j^ pôle, au-defTiis à,ç:?> fept Etoiles ou A^s Etoiles du grand
Tj'«y?r^' » Chariot. La nuit fuivante, elle fut obfervce entre ces mcmes
^ Mkhov. •» Étoiles: enfin, en d'autres nuits , on la vit au-delFous du
Chariot. Déclinant ainfi par les fignes de l'EcrevifTe, du
Lion & de la Vierge, elle atteignit la partie feptentrionale
de l'horizon & difparut le 14 du mois d'Août. » Il fuit de
ToLfervation de Michow, qu'à la fin de Juillet la Comète
a bien pu être dans la conflellation IJa/i , c'efl-à-dire avoir
même afcenfion droite que la croix d'Orion ; mais que pour
aller de-là à la grande Ourfe , elle a îraverfé le Tfe-ouey &
non le Tûv-oucy ; qu'elle a cependant été au Tay-ouey , mais
après le p Août, c'ell-à-dire lorfqu'on ne l'obiervoit plus en
^ Anmi. Chine. Cette Comète dura peu"", on ne la vit que durant
Htrfaug. j^^^ij. -^^^ h^ Plufieurs Écrivains étendent fon apparition à
" Bariand «^bx-huit, vmgt OU vuigt- uu jours oc même julqua plus
cniucLxvi. d'un mois^. Quant à ceux qui difent qu'elle commença à
paroître vers le 13 Septembre, près du Chariot^, il y a
manifedement une erreur de date; il faut lire Août au lieu
'^ Pontan, h XI, àfà Septembre,
B'jar, Gen. Uj| Auteur du xvî.^ fiècle ' dit qu'il ne parut aucune
ad'fincm. ' Comète dcpuis \^o6 jufqu'en 1531. H "e faut pas fans
i Decim. doute pren.ire cette afîèrtion en toute rigueur.
e Gemein. 1. 1 , I 5 o/. Cotiiète tembîe, s'il faut en croire un feul Ecrivain K
' '-''^^° ^'' 1508. Comiers fait paroître au mois d'Oc1:obre une horrihk
Comète y fort rouge , repréfentant ^qs têtes humaines, à^s
membres coupés, à^s inftrumens de guerre, une épée au
Comiers. 17. II, milieu; elle dura une heure, &c.
^'^' ^' ^^' I 5 10. Comète Ae laquelle on fait tomber fur la Terre des
lùck. Lvb. pierres de foufre , &c,
I 5 I I. Du 30 Mai au 3 Juillet, en Egypte, en Arabie ^
Fr.hnc. memor. en Ethiopie, on vit une Comète dans le Lion. On en fait
Lublm'él. e^^core tomber trois pierres de foufre : la première pefoit cent
fixante livres , la deuxième foixante , la troifème vingt feu-
Kech. Gatn kmenî. Gatti les fait fimplement tomber du ciel, & il ajoute
P.ÎV.cxvu, - -^ - /
Sno. nh. XII.
Fryflch.
'5 Maurol. l. VI.
DES Comètes, 485»
que ces trois pierres furent de rechef enlevées en i'aîr par un
vent violent , qui accompagna la formation d'une Comète
qu'on découvrit alors. Cardan dit avoir vu en 1 5 1 i à
Milan, en plein jour & par un ciel fort ferein, une Etoile
extrêmement éclatante. Comme il ne défigne ni le jour, ni , î?f'/' ^'f'^
,9 . 1 ' 1 ^ ^' ■^'■^' C,LXX,
le mois, nous ne pouvons décider 11 ce netoit pas la planète
de Vénus.
1512. *
Comète^ en Mars & Avril ^ ^ Chrott.
1513. A Crémone, à dix-huit heures [6 heures avant ScLier'.
le coucher du Soleil ) , on vit vers le baptiftère une Étoile b Vkomerc,
très-éciatante, avec àQs troupes de papillons^.
Ricc.
Cavit,
15 14.
Comète : depuis la lin de Décembre i 513 jufqu'au ip ^chnln'^'
ou 21 Février 15 14, tHe parvint de la fin du ligne de
i'Écrevifle à la fin de celui de la Vierge : on la voyoit
toute la nuit. ^•^■^' -^«^•
15 14. ^ On vit pendant deux nuits continues trois
Lunes furmonlées par des cercles , dont la partie fupérieure
étoit enflammée; deux Soleils parurent durant l'aurore. J'ai ^'^'''^'
de la peine à découvrir dans ces parhéiies &: ces parafe-
lènes , &:c. un retour de la Comète de 1652, comme
StrLi3'ck étoit tenté de le croire.
En cette même année ou en la fuivante , une Comète
parcourut les douze fignes du Zodiaque: quelques livres en ^ ^^'^' hj,]n
font foi , dit Mizaud. AVolf marque aufii fur cette année Rock, Lub,
i apparition d'une Comète, qui, félon Dubravius, fut regardée
comme préfage de la mort de Ladiiîas, roi de Bohème. ^Voif.cent.ià,
Mais Wolf a confondu deux Princes de ce nom. /'•7/'
I 5 1 6. '*'
La mort de Ferdinand - le - Catholique , roi d'Arragon IXIX.}k^^6.
(^arrivée le 23 Janvier 15 16) , fut annoncée par une ji^l.^f'^ir^^,,^
Comète, qui brûla durant plufieurs jours ^ D'autres ne lui Struych.iy^o.
accordent que quelques jours ou quelques nuits de durée ^ ^A^iR^ok. Lié\
P p p ij ^^'^e'^-
^4^4 Histoire
Je trouve dans i'Hiiloire naîurelle à^s Indes , que farrivée
à^s Espagnols au Mexique en i 5 17, fut annoncée par plu-
fieurs prodiges ; qu'entre autres il parut dans le ciel une
fiamme de feu, très -grande Se fort refplendi (Tante , de
ligure pyramidale: elle commençoit à paroltre vers le miiFeti
de la nuit; s'élevant enluite julqu'au point du jour , elle
atteignoit le méridien vers le temps du lever du Soleil, &
ià elle dirparoiffoit : elle fe montra ainfî durant une année
entière. On ajoute qu'on vit de plus une Comète en plein
jour: elle couroit de l'occident à l'orient, en jetant un grand
Acofl. l VU. nombre d'étincelles. Ceci reffemble plus à un météore qu'à
<f. xxni, ^^^^^ Comète. Quoi qu'il en foit , comme les Elp^.gnols n'étoîent
point encore arrivés au Mexique, ils n'ont pu être témoins
de ces phénomènes : ainfi leur certitude ne peut être fondée
que fur le témoignage Aqs Mexicains» Si le premier fur-
tout eût été une véritable Comète, leroit-il poifible que
dans i'efpace d'un an qu'il dura , il n'eût pas été obfervé
dans l'Europe, dans toutes \ts parties de la Terre l
Eckjî; Lud, Ï5I7' Comète dans le Lion, Un Ecrivain qui penioit
qu'il ie formoit ^q^ Comètes au-deiflis de la Lune, d'autres
au-dellous, cite pour exemple de ces dernières une Comète
Giih. /. 111, qu'il dit avoir paru le i i Oélobre i 5 17. Ce n'étoit peut-
s* vii^ ^^j,g qy\|j^ météore, qu'il faut rapporter plutôt à l'an i 527^
15 18.. *
« Durant les nuits qui précédèrent le 6 Avril , une
Cavîu Comète pâle fut vue au-deffus de la citadelle de Crémone. >>
1520. On Vît une Comète le ly JVhii. La defcription
qu'en fait Sponde, feul garant de ion apparition, eft plutôî
celle d'un météore que celle d'une vraie Comète.
I 521. *
Vwow.en.
Snim!'v!7l. Comète ^ en Avril , à la fin de l'Ecrevife : fa chevelure
^ Rkc. Luh. étoit courte, elle rejjhnbloït à la Lune en quadrature^. Elle
IhvéL ^x^-j. ^gy^ l'équateur *^ ; elle dura quelque temps ^. Cavitelli
^nLIcxi ^y^^^ P.^^^^ ^^ ^^ ^"^ ^^^^^ ai'rivé ie 28 & le 2^ Juin 1 52 ij.
DES Comètes. 485
ajoute qu'à la féconde heure d^s nuits précédentes , on avoit
vu une terribie Comète.
Le P. Gaubii dit qu'en Chine, à ia première Lune (en
Février i 5 2 i ) , on avoit vu une grande Étoile , répandant
la fumière au fud-ell;. Jupiter paroiffoit alors le matin ati
fud-efl.
15
22.
Aiizaud dit que « 6es témoins oculaires , agronomes
înftruits , obfervateurs exaéls , vivans encore, lui avoienî «
afTuré avoir vu en 1522 une Comète du côté de i'oc- „
cident^ » D'autres Cométographes font mention de cette ^Mh.m
Comète ^ c. XI.
1523. On vit une Comète à Napîes, le 28 Odobre". ^,^5f ' ^"^'
I 524. Pendant la nuit du p au 10 Décembre, on vît " Schuier, Rock.
ime Comète^. On cite Luther; j'ai confuité inutilement ^^iij] ^'^"^"''
plufieurs éditions de {qs ouvrages. ^Eckfi.Lui,
1525. Comète ^. • Herllc. Hév.
152(5. Comète, fembiabîe à une épée enflammée^, fSrurm.Rkc,
horrible, vue depuis le 2 ^ Août 'lufqu'au 7 Septembre^. Lub. Heu.
1527. Le II Août, a e grand mat w , vers quatre heures , îr.ll,P.lc.ii>
on vit paroître pour la première fois une Comète: toute l'Europe
l'obferva. Contre la nature des autres Comètes, il en fortoit
une main armée d'une épée , & qui fembloit menacer la Terre. Woif. cent, i ^ ,
Beaucoup d'Ecrivains font m.enlion fur cette même année /''^^-'"'"^i?^'^^*
d'un météore , qu'ils honorent du nom de Com.ète , qui
fut vu le II Oétobre félon les uns . le i i Décembre félon
les autres, dans le Paiatinaî du Rhin: il étoit, difent-ils,
environné de têtes tranchées , & ne dura que cinq quarts
d'heure ou pas plus de deux heures ^ Rockemback leul , ^ Gemma ^e
dit qu'on le voyoit tous les jours durant une heure & un ComMtm.lh
Z c. VIII. Biiau
Deux Ecrivains, non contemporains, dilent fimplement Gerne'm. 1. 11 ,
quil parut une Comète en 1527^: il elt probable qu ils ^^^ j^^^- ^
ont auiTi donné le nom de Comète au météore précédent»
^86 Histoire
1528. * A Noto, en Siciie, on vit une Comète pendant
dix jours , au mois de Janvier , depuis la troifième jufqu'à
la cinquième heure d^ ia nuit; elle paroiiïbit incliner vers
■ Lîttar, la partie occidentale de i'îie : fa couleur étoit blanchâtre, li
eft dit que cette Comète parut l'année fuivante , & l'on n'a
nommé que i 524: mais on a enfuite rapporté i'hifloire du
fac de Rome, arrivé certainement en 1^27; donc l'année
fuivante ell; 1528. II faut que cette Comète ait été bien
méridionale , pour ne paroître que durant deux heures au-
à^^us de l'horizon de Noto. Nos Cométographes difent
quel/e commença à paroître le i 8 Janvier, dans les Poijfons ,
Ficc, Luh. en ovpof.iion avec Saturne. Ceci appartient maniieftement à
^^^'^^'^' ia Comète de 1538. En 1528 Saturne étoit dans le Taureau,
& ne pouvoit être en oppofition avec une Comète, qui
n'étoit éloignée de lui que de deux Signes.
I 525?. En Juillet & Août, on vit une Comète en Italie,
Cavît.Baf. en Allemagne & en France; elle étoit barbue.
l II, c, II. ^^ j^i^ ^Q^^Q même annéi , on vit quatre Comètes oppofe'es
5> entr elles : leurs queues étoient tournées vers les fjuatre parties
>^ du monde, ou ( plutôt ) c'étoit un grand Chalma , formé
5î par un feu qui luifoit depuis l'orient jurqu'à l'occident, en
Or/MP.///, padant par le Nord. » Ce pouvoit ctre une Aurore boréale
/. XL Qj^f quelque météore. Nos Cométographes modernes n'ont
AiilR!cc.Lul.^d.s laide échapper ces quatre prétendues Comètes.
Hévél, Tacii,
Coiniers. \ ^'XQ>»
Je fuis aiTez porté à croire qu'il a paru une Comète en
^Âlii.Alpd. I c?o; piufieurs Écrivains contemporains en font foi^; mais
^Mt^lÉDal i^s n'entrent dans aucun détail à ce fujet. Un feul dit que
/. i.c.ix, ir cette Comète fut vue à la Haye, la nuit même de la mort
/. II, c. II. ^^ Marguerite, hlle de l'empereur Maximilien^ Cette Prin-
Jf!^'^'""""\cc'^Q efl morte le 30 Novembre 1530 ^ Un Hidorien
contemporain , mais peu exad fur les dates dQs Comètes
''yTf^wo/././, fui vantes^, rapporte l'apparition de cette Comète au mois
^ ^^' de Juin : il a été fuivi par quelques Modernes ^ Cette
■/li/l^' ^^"^' CoïïièiQ auroit été grande, terrible, elle auroit duré un
DES Comètes. ^87
mois entier, fi l'on pouvoit ajouter foi au témoignage d'un
autre Écrivain de ce même ficcie, plus inexacT; encore que Gtdecîard. l. L
Maurolycus. Le grand nombre de Comètes qui parurent
alors, aura fans doute confondu \qs idées i^Qs Hiitoriens;
ils auront attribué à l'une ce qui appartient à l'autre: & c'eft
à cette caufe qu'il faut rapporter ce que difent piufieurs
Cométographes , que la Comète de 1530 a paru depuis le
6 Août^ jufqu'au 3^ ou jufqu'au 13 Septembre^; qu'on l'a '^ Lyc, Rke,
vue dans le Lion , en ligne droite avec les deux dernières '^ Woif.
Étoiles de la queue de la grande Ourfe'^; qu'elle a parcouru judsp'.Fryfiâ^
\çs fignes de TÉcreviflè , du Lion , de la Vierge & de la ' i^icc.
Balance^; qu'on la voyoit d'abord le matin avant le lever ^Biiar.Gen,
du Soleil, & qu'elle parut enfuite après fcn coucher, &c ^. ' nvoff.^lil"
Tous ces caraélères dcfigncnt trop pofitivement la Comète Fryfuh.ComUrs.
fui vante, pour qu'on puitfe s'y méprendre. * iidem.
1531. *
Retour de la Comète d'Halley. Je trouve fi première
apparition datée du i.^"^ Août^ ou de la fin de Juillet ^ Le ^Vapor,
2. s Juillet, dit un Auteur contemporain , on vit à Rome ^ Gii^cdavd,
une poutre de reu , & deux Comètes parurent . La date c^^^/^^
appartient probablement au météore feul & non aux deux
Comètes. À la Chine & au Japon, la Comète de 153 i
commença à paroître à la feptième Lune (commençant vers Kaempf.liî^.
ie 13 Juillet). Au jour Y -je ( 5 Août), elle étoit dans la ''^^'GaubiL
conitellation Tjlng ( pieds des Gémeaux ). Le P. de Mailla CaubiL
la fait auifi paroître à la feptième Lune dans la même conf-
tel'ation , du côté de l'orient, & il ajoute que fa dired:ion,
celle de fa queue fans doute, étoit au nord : tous ces carac- Maiik^uX^,
tères appartiennent à la Comète de i 53 i ; c'efî donc une ^* ^^^'
faute dans le P. de Mailla d'avoir daté de 1532 l'apparition
de cette Comète. L'obfervation la plus précieufe que nous
ayons de la Comète de i 5 3 i , ^ ft celle d'Apien , Allronome .
des empereurs Charles V & f erdinand L^*^. Il ne commença
à i'obferver que le 1 3 Août : il remarqua en général que
fa queue fut toujours oppolée au Soleil, & qu'elle difpai'oiiïbiî^
^88 - Histoire
iorlque la Comète approchoit de i'horizon , de manière qu'il
crut d'abord que queique nuage lui en dérobait la vue.
Apien , pour déterminer les lieux de la Comète , choifit
conftamment l'heure à laquelle l'étoile Arâurus étcit au pre-
mier vertical ou au plein ouell : cette pofition (^Arâurus
donne le temps (\qs obfervations. Dans la Table fuivante ,
dreffée par Haliey , la première colonne contient les jours
du mois d'Août, auxquels Apien obferva la Comète ; la
féconde colonne eft celle à^s heures des obfervations : elle
eft calculée par Haliey. La îroifième & la quatrième, donnent
les hauteurs obfervées de la Comète & fa diilance au pre-
mier vertical, ou fon amplitude de i'oueft vers le nord; ces
'Ap.r.ILc.i. dtux colonnes font copiées d'après Apien : enfin dans la
cinquième & fixième colonnes, on trouve les longitudes &
les latitudes de la Comète , déduites des obfervations &
calculées par Haliey ; car Apien , deftitué du fecours des
locrarithmes , avoit fort mal calculé ces deux colonnes.
Table des Obfervations de la Comète de ijjr.
Hal/eifoi.Rrn
fV^S^SlStSX^
5a.^j^aariuaasgt:j^-^J
1
■'"■'*■■'
a
1
Cl,
C
O
HEURE
de
l'Observ.
H. AL
HAUTEUR
obfervée.
D. M.
A M I
obfe
D.
^LIT.
'rvce.
LONGITUDE
de
fa Comète.
LATITU D E 1
de 1
ia Comète. |
AI.
s. D. M. S.
i^. M.
7
8. 26
7. 56
49.
-6
4. 20. 1(5. 0
23. 30.
loB.
14
8. 22
8. 2y
45.
22
4. 24. 41. 31
23. 18.
45
M
8. 19
9. 0
41
21
4. 29. I. 0
23. I.
30
16
8. 15
9. 43
3 5
13
5. 5. 3^. 15
2 2. 2 1.
40
^7
8. II
10. 14
30
46
5. 10. 19. 40
21. 47.
0 1
18
8. 7
10. 39
-4-
42
5. i<5. ^_,j. 0
20. -^6.
15 !
22
7' 54
II. 25
7
. 34
6. 3. 49. 0
I 6. 20
40 j
23
7. 50
w. 16
• 50
6. 7. 25. 30
15. 13.
40 1
Apien obfervoit à îngoiftadt; ainfi les ternps marqués
dans ia deuxième colonne, font moyens & rapportés au
méridien
DES Comètes, 489
méridien d'Ingoldadt en Bavière, 36^ 10" de temps à i'eft
du méridien de Paris.
Ces obfervations ^'Apîen font afîez groffières , foît à
caiife de i'imperfection des inftrumens dont ii fe fervoit,
fbit parce que la méthode qu'il employoit pour déterminer
le lieu de la Comète, étoit, fur-tout alors , fort équivoque
dans la pratique. Ainfi la théorie de l'orbite de cette Comète,
déduite à^s obfervations d'Apien & calculée par Halley, n'a
pas toute la précifion qu'on pourroit defirer. Voici cette
théorie.
Lieu du nœud afcendant i*" i p'^ 2 5'.
Inclinaifon de l'orbite 17. 5 (5,
Lieu du périhélie 10. r. 39.
Logarithme de la diftance périhélie 9'75 3 5 83'
Paflage au périhélie en Août # . . . . 24/ 21^ 27',
Sens du mouvement. Rétrograde.
Cette Comète a été vue Jufqu'au 3 de Septembre, ou, ^i^^^
félon quelques Auteurs, jufque vers le commencement de
Septembre. ~ t^abrk, Mijn^
1531. Comme la Comète obfèrvée par Apien a paru
d'abord le matin, enfuite le loir, quelques-uns ont conclu
qu'il avoit paru deux Comètes en i 5 3 i • Une autorité aiïèz ■f'^'^f''' Cavlu
grave , fur laquelle on pourroit appuyer l'apparition d'une
féconde Comète en i 5 3 i , efl; celle de Fracalior. Il dit : fracaft.Homoe,
ce Nous avons oblervé avec le plus grand foin les trois cav,'xxiu.
Comètes qui ont paru ces dernières années. La première fut ce
vue en I 5 3 I le 8 & le 9 de Septembre : elle parut d'abord ce
au matin ; elle étoit fort boréale, étant beaucoup plus au ««
nord que le tropique d'été. Vers le treizième jour ( le i 3 «
Septembre ou le treizième jour de fon apparition ! je n'en
fais rien ), on la vit le loir vers le tropique d'été. Les jours «
fuivans, variant peu en longitude, elle changea de latitude c«
avec une Isiie célérité , qu'on la vit au-delà du cercle équi- «
Iioxiai , ailes près de Jupiter , qui tîoit alors en ij degrés «1
Tams L Q 4 ^
49^ • Histoire
5> du Scorpion. Vers le dix-huitième jour , elle (e diffipa peu-
à-peu. » Par la figure jointe au texte, il paroît que Fracaftor,
par latitude, entendoit la déclinaifon ; donc par longitude,
il entendoit probablement l'afcenfion droite. Cardan fuppofe
que le 8 Septembre la Comète étoit un peu plus orientale
que le Soleil, & par conféquent en 24 degrés de la Vierge,
& qu'au commencement d'Oflobre elle étoit près de Jupiter,
dont le lieu , félon Cardan , étoit en 3 & non pas en i 3 degrés
du Scorpion (dans la réalité il n'étoit qu'en 28 degrés trois
quarts de la Balance). « Ainfi , ajoute Cardan , Fracaftor
» s'efl un peu négligé dans Ton explication; la Comète en un
Cdyd^n, Subtil, mois a parcouru 40 degrés en longitude. »* Cela eft vrai; mais,
liù. IV. comme nous l'avons dit, il y a toute apparence que Fracaftor,
par le terme de longitude, entendoit l'afcenfion droite. A-t-il
donc paru deux Comètes en 143 i ? Lubienietzki ne veut
tub.p.^^j. pas, dii-il , multiplier fans néceflité la famille des Comètes.
Quel'e dilciéiion ! Il décide en conféquence que la Comète
de Fracaftor eft la même que celle d'Apien , vue par celui-ci
en Août, par celui-là en Septembre; ce qui n'eft pas poflible:
ia Comète d'Apien n'a certainement pu être vue le matin en
Sracajl.hcgm. aucun jour de Septembre. Fracaftor, dans un autre Ouvrage,
dit que la Comète qu'il a vue en i 5 3 i , a paru d'abord le
matin, enfuite le foir ; & qu'en près de dix -huit jours elle
a parcouru près de 30 degrés en latitude ( c'eft-à-dire en
déclinailon ). Donc dans le paifage rapporté ci-deftus, par
le dix-huitième jour , il faut entendre, non le i 8 Septembre,
mais le dix 'huitième jour de f apparition de la Comète,
c'eft-à-dire le 26 ou 27 Septembre; c'eft alors que la Comète
fe iera trouvée allez voiiine de Jupiter, non longé a Jove.
Cela pofé, je penfe qu'en effet il n'a paru en 1531 qu'une
feule Comète, obfervée & par Apien & par Fracaftor dans
ie mois d'Août. On la voyoit le matin au 8 ou p Août; vers
le milieu du même mois on l'a vl^e le foir; à la fin du mois
elle étoit alîèz près de Jupiter. En dix -huit jours ^Wq a
parcouru au moins 3 o degrés en déclinaifon , & fon mou--
yement en afcenfion droite étoit moindre. Il fe fera giiffé
DES Comètes. 491
<îans Fracaflor une faute de mémoire ou d'imprefTion : il
faut lire Août au iieu de Septembre , & la difficulté efl
évanouie.
153
2.
II parut en cette année une Comète, qu'on a revue depuis
en 1661, Apien obferva fept fois celle de 1532, avec un
très-grand io'in y ftudiojijfîmè , dit-il : Ces obfêrvations cependant
ne font pas marquées au coin de la plus grande précifion. Il
les avoit calculées lui-même, mais avec auffi peu d'exac-
titude qu'il \qs avoit faites. Dans la première colonne de la
Table fuivante , font ]es jours dçs obfêrvations ; dans la
féconde, des hauteurs du cœur du Lion & à'Arâunis, prifes
par Apien , du côté de l'orient. Dans la troifième colonne ,
je donne les heures moyennes de chaque obfervation , telles
que je \es ai déduites des hauteurs marquées dans la colonne
précédente. La quatrième & la cinquième colonne contiennent
les hauteurs &• les amplitudes de la Comète , prifes du fud
vers l'efl & obfèrvées par Apien. J'ai mis enfin dans \ts
fîxième & feptième colonnes, la longitude & la latitude de
la Comète, telles que je les ai calculées fur les obfêrvations
précédentes. Les lieux de la Comète, marqués pour le 14.
oc le 19 d'Oétobre, ont été donnés, tels qu'on les voit ici,
par Apien lui-même, fans aucune mention des moyens qui
lui ont fervi à former cette détermination. Il dit feulement
que le 14- Oélobre la Comète, à l'heure même de fbn lever,
étoit en même temps dans l'équateur & au commencement
du figne de la Balance. De la polition du point équinoxiai
dans l'horizon , j'ai conclu l'heure de l'obfervation. Cette
obfervation du 14. Odobre a été faite à Léipfick, les autres
à un lieu qu' Apien nomme Drefenum. Je ne trouve point
JJrefeniim dans Baudran ; comme ce Drefenum efl en Mifiiie»
je ne doute pas que ce ne fbit Drefde , ou du moins quelque
lieu peu éloigné de cette capitale de la Mifniç.
Qqq^i
492. Histoire
Table des Ohfer varions de la Comète de iyj2.
JOURS
HAUTEUR
des
TEMPS
HAUTEUR
de
AMPLIT.
de
LONGITUDE
de
LATIT.
de
du
Étoiles.
moyen.
la Comète.
ia Comète
îa
Comète.
la Comète
Mois.
D. M.
H.
yv^.
D. M.
D. M.
S.
Z>. yl^. J-,
D. M.
Regubis.
S. vers E.
Aujirale.
Od. 2
34. 0
4.
5 0 m^f.
13. 10
<^5- 30
5-
9. 5^. 0
13.27
3
31. 30
4.
30
9. 0
73- 17
I 3. ^. 30
10. à^6
14
3-
48
(^.
0. 0. 0
Boréale.
19
5.4^. 0
4. 51
Arâurus.
31
20. 0
5-
0
8. 0
8^. 17
(^.
22. 50. 0
13.41
|Nov. I
2.6. 0
5-
35
I 2. 40
81. 10
25. \6. 0
15. II
1 ^
25. 40
5-
5
7. 20
90. 30
7-
4. 33. 0
Sur les obfervations précédentes , Hailey a calculé l'orbite
de cette Comète ; en voici les élémens :
Lieu du nœud afcendant. . 2.^ 20*^ 27'.
Inclinaifon de l'orbite 32. 3<5.
I.i£u du périhélie 5. 21. 7,
Logarithme de la djflance périhélie.. . . 9,706803.
Paffage au périhélie en Oélobre 19' 22*^ 21'..
Sens du mouvement Direél.
L'apparition de cette Comète ne fè borna point au temps
àts obfervations d'Apien : cet Aflronome l'avoit vue dès le
25 Septembre, & il continua de la voir jufqu'au 20 No-
vembre. Ailleurs on la découvrit après le milieu de Septembre
dans le Lion. Une obfervation bien précieufe feroit celle de
Fracaflor , fi l'on pouvoit compter fur Ton exaélitude. « La
« Comète de i 5 32 , dit il, parut conftsmmenî le matin avant
» le Soleil : la tête étoit trois fois plus grofle que Jupiter ; la
cap, xxiii. „ 5arbe avoit deux braffes de longueur. On commença à Ja
Fracaf.
Momoc,
DIS C 0 M Û T E S, 493
voir ie 22 Septembre; elle parut jufqu'au 8 Décembre ce
( faute d'imprelîion : il faut lire ^ Décembre ). Sa durée fut m.
donc d'environ foixante-onze jours. La première io\t> que je « -
pus fobfèrver avec àes inflrumens ( le 3 o Septembre , & non «
pas le 22, comme fe i'eft imaginé Riccioli , trompé fans doute
par Cardan ), elle étoit prefque en 5 degrés de la Vierge, 3^^ « rw,7f.
au fud de i'équateur, 14^^ au fud de i'écliptique. Nous la ^^ Ricc,' ' *
vîmes enfuite en près de 11^ de la Vierge, déclinant de «
I'équateur i'^ 3 1' au fud , & de i'écliptique 12^^ au iud. «
Elle parut de plus en 12*^ & enfuite en ly^ de la Vierge, «
déclinant de I'équateur de 4^^ au nord , & de I'écliptique «<
de 3'^au fud. Le 8 Odobre, elle étoit en 21^ de la Vierge, «
3^ 30^ au nord de I'équateur & dans I'écliptique. Le 14, on «
ia vit en 1 2^ de la Balance , 2.^ au nord de i'écliptique , «
autant au fud de I'équateur. Le 4 Novembre, qWq fut au 8^^ «c
du Scorpion , 6^ au fud de I'équateur ; elle étoit petite & «
prefque dilTipée. Le 3 Décembre, elle étoit entièrement «
confumée. » Il y a encore une faute d'impreilion à la dernière
obiervation. Elle fut faite le 2p & non le 4 Novembre.
Dans un autre ouvrage , Fracaûor entre dans un plu? Frac^fl. Fra^m
grand détail. ?. f-2.
Le 30 SeptemLre , Saturne étant au 13*^ de rÉcreviffe,
avec o'^ 2y' de latitude auikale, élevé de 6 ^^ fur l'horizon,
précédant de 13*^ le milieu du ciel, qui étoit alors en 2^^
de l'ÉcrevilTe , la Comète étoit élevée fur l'horizon de ly^;
elle précédoit de 60"^ ie milieu du ciel , ayant environ 6^
de déclinaifon auftrale , i 5^ de latitude auftrale, étant vers
j<^ de la Vierge.
Le lendemain, i.^"" Oélobre , le milieu du ciel ayant
pareillesnent été déterminé par le lieu de Saturne, la Comète
étoit en y"^ de la Vierge, déclinaifon auftrale 3^ 30'; latitude
auftrale près de 14*^. .
■ Le 2 Oi^tobre, longitude 5^ 8'^ 30' prelque; déclinaifon
2^ ; latitude 12^^ 30',
Le 3, longitude 5^ ii'^; déclinaifon auftrale i'^; lati-?
tu de p^
494 Histoire
Le 12, longitude 5^ 32^^; déclinaifon boréale 3*^; latitude
auftrale o"^ 30'.
Le 16, longitude 6^ 2^ prefque ; déclinaîfbn boréale 2*^;
latitude boréale 4*^.
Le 23 , longitude 6^ 12^; latitude boréale 2^; déclinaîibn
auftrale 4^.
Le 4 Novembre, longitude 6^ 20^; latitude boréale, près
de 8"^; déclinaifon auflraie 3^^ 30'.
Le 27 Novembre, longitude 7^ 8^^ prefque; déclinaifon
auflraie 6^.
Le 4 Décembre, la Comète parut ; mais robfervation
qu'on en lit fut trop équivoque. « Ainfi, ajoute Fracaflor ,
» cette Comète paroit, en foixante-cinq jours, avoir parcouru
» 6-j degrés de longitude d'occident en orient, & en latitude
» ( c'ell-à-dire en déclinaifon) feulement 10 degrés ou envi-
•» ron , formant comme une efpèce d'arc, dont le ventre étoit au
nord, les cornes au fud. «
Fracaflor obfervoit probablement à Vérone , ou au moins
près de cette ville. Ses obfervations font faites vers cinq
heures du matin : il ne nous apprend pas de quels inflru-
mens il s'ell fervi pour les faire. Il ne feroit pas pofîible de
ies concilier avec celles d'Apien. Auquel à^s deux sqw
rapporter ? La préfomption eft pour Apien , d'autant plus
que la méthode employée par Fracaflor efl bien plus com-
pliquée que celle d'Apien , & que d'ailleurs \qï> obfervations
de Fracaflor ne s'accordent pas même enîr'elles. On fait dire
iikc, Luh. à Fracaflor qu'il jugeoit la Comète plus élevée que la Lune;
Fracafl. il dit exprelTémeut le contraire.
Trapfup.i-j, Un autre Aflronome du même temps, Jean Vogelîn ,
Mathématicien de Vienne en Autriche, difciple du célèbre
Régiomontan, tenta de déterminer la diflance de la Comète
à la Terre , par la parallaxe de la Comète. C'étoit fans
doute la meilleure méthode : iriais ou Vogelin employa des
inflrumens fi mauvais , ou il sçn fèrvit avec fi peu d'intelli-
gence ou de dextérité , que je regrette le temps que j'ai em-
ployé à calculer ki obfervations. Les voici avec leur réfuitat»
DES Comètes,
49 î
fjOURS
TEMPS MOYEN
AZIMUT
HAUTEUR
LONGITUDE
LATITUDE
1
de
du
de
de
de
1 ^^
1 OCTOB.
l'Observation
Sud à l'Est.
fa Comète.
la Comète.
la Comète.
H. M. s.
D. M.
£>. M.
J". Z). yT/.
D. M. ■ J'.
6
15. 53. 40
S6. 45
5. 0
5. 18. 2d
3. 24. 0 A.
6
16. 3 5. 40
78. 0
Ï2. 30
17. 30
3. 47. 0
I o
16. 22. 30
S-/. 0
^. 45
5. 27. II
2. 0. 30 B.
10
17. 17. 0
75' 30
18. 30
24. I 2
2 . 22. 0
Les temps font rapportés au méridien Je Vienne : Vogelin
ne nous apprend ni comment ii s'eft affuré de ces heure?",
ni quels inflrumens ii a d'ailleurs employés. On peut alTurer
en générai que {^î, meilleurs inflrumens aftronomiques étoient
alors fort imparfaits. Nous ne ferons point de tort à Vogelin,
en fuppofant qu'il a pu fe tromper de quatre à cinq minutes
dans la détermination du temps , & d'un degré dans celle
àt?> azimuts & à^i hauteurs. Or, en voilà beaucoup plus
qu'il ne faut pour renverler de fond en comble lediiTce de
tous {qs calculs fur la parallaxe de cette Comète : il la fait
monter le 6 Od:obre, lors de la première obfèrvation , à
3 5^^ 31' i" ; au temps de la féconde, à 34^ 58' 3^"i ^
à la première obfèrvation du i o , à 32^ 57' 16".
Lubienietzki conclut d'un pafîage de Keckermann, qu'ii
a paru deux Comètes en 1532; cette autorité ne feroit pas
décifîve. D'ailleurs Keckermann ne dit pas cela pofitivemenî;
ii dit feulement qu'on a vu deux Comètes dans l'efpace d'une
année, ce qui peut s'entendre à^s Comètes de 1532 &
1533, ^^'^^ l'apparition ne renferme pas l'efpace d'une année
entière. L'unique autorité fur laquelle on puiiîë appuyet*
i'apparition de deux Comètes, en i <j 3 2 , eft celle àiti Annales
Chinoifes , où il eft dit qu'il en parut réellement deux en
k onzième année Kia-tjing ( 1532), l'une au printemps^
i'autre à la huitième Lune ( en Septembre ) , au côté de
i'orient.
Vogdin, c, 1ÎÎ ,
V' ^SS '
& c. VII ,
^ïï,
49^ Histoire
Ï533- ""
A^nlAugp. Vers le milieu Je Juin, on vit paroître une Comète ; elle
(e montra peu après le lolftice d'été dans le pôle ardique,
Vapov, dans le Taureau , avec une queue fort longue. On date afTez
généralement la première apparition de la fin de Juin, & on
Rkcbh ia fait durer jufqu'au 4 Août, ou mieux encore jufqu'aux
* Mil. Aret. derniers jours d'Août , Se jufqu'aux premiers de Septembre %
L^T'Jix' ^^ ^^ ^^^ ^^^ Chine à la fixième Lune ( finiifant au 2 i!
text. j^. ' Juillet), dans les confleilations Mao [\es Pléiades) Si Pi^
^ Gauhil. ^ les Hyades). En Europe elle fut vue hors du Zodiaque,
" Miikh. pj.^g jg Perlée ^ : par un mouvement rétrograde , elle
fiyjlch. parcourut les Gémeaux , le 1 aureau (k le 15elier '^. Ele
&Crufms,p.îii, ne s'arrêta pas même dans le Bélier ; car après avoir é.é
/W/7. ^Ara!" ohfervée vers le commencement de Juillet en 5 (ou plutôt
en I 5 ) degrés des Gémeaux , près de l'étoile de la Chèvre,
avec 24. degrés de latitude , & 48 de déclinaifon au nord,
elle fut emportée par un mouvement d'orient en occident ,
contre l'ordre des Signes , le long de ia voie laélée, juique
dans la conftellation de CaiTiopée, qu'elle traverfa pour aller
Genuna.hl, s'éteiudre dans le Cygne. Ce mouvement de la Comète fut
€*vm, obfervé par le célèbre Gemma Frifius, père de Cornélius
Gemma : s'il étiit plus détaillé, il nous feroit d'un grand
fecours pour calculer l'orbite de la Comète. Fracaflor.dit que
quelques-uns virent la Comète le i.*^"^ Juillet, entre les
Pléiades & \qs cornes du Bélier , ce qui n'eit pas polTible.
Dans ce que Fracaftor ajoute, il eil plus croyable, parce
qu'il ne dit que ce qu'il a vu lui-même. 11 vit la Comète
pour la première fois le 7 Juillet; elle étoit dans la tête de
Médufè , formant prefque un triangle avec les deux Étoiles
qui font au-de(]us de la claire de Médufe. La nuit fui vante,
elle s'étoit éloignée de ces deux Etoiles de près de 3 degrés
vers le nord. Le 2 i , elle parut près de l'Étoile qui efl: à la
main droite de Perlée, dont il tient une épée : elle s'étoit
donc écartée de i 5 degrés en latitude du lieu où on l'avoit
>ue le 7. Le 27 , elle étoit près de i Étoile qui elt à la
chaife
DES Comètes. 497
cliaiïê d'Antiope ( de Cafliopée ) , ayant paixouru près de
30 degrés en latitude, depuis notre première obfervation ,
dit Fracaftor , & environ 6 5 depuis que d'autres l'avoient
découverte. Fracaflor dit de plus que ie 7 Juillet la Comète
fe levoit à deux heures de nuit, & que fa tête étoit un peu
plus grolfe que Jupiter. ^ ^ HomoT.fà.j^
Apien obferva aulFi cette Comète, mais quatre fois feu- c.xxm.Gan,
T ^ II i>i i r \ r • . ir. II. c, VU»
lement. 11 ne marque pas 1 heure de \ts oblervations ; mais ^f^-ç^
du lieu du Soleil qu'il détermine chaque jour , on peut
conclure qu'il les a faites vers dix à onze heures du loir.
La Table îuivante eft entièrement de lui. Je n'y ai changé
que ie mois de Juin en celui de Juillet, dans la première
colonne: au mois de Juin , ïe Soleil n'efl pas dans leLion;
i'énoncé de la Table , les diftances & les élongations du
Soleil à la Comète, la figure qu'Apien ajoute à Ion obfer-
vation , tout concourt à déterminer le lieu du Soleil dans
ie Lion , & par conféquent ie mois de Juillet. On peut
même confirmer cette correction par les témoignages 4e
Fracaflor & de Gemma.
Table des Ohfervatïons de la Comité
de i^^^'
L 0 N G I T.
du Soleil
Ijours
LONGITUDE
de
LATITUDE
de
L 0 N G I T.
du
distance!
du s 0 L E I L 1
i ^"
ijuiLLET.
b Comète.
s. D. M.
la Comète.
Soleil.
la Comète
fa C 0 M È T E.
D. M.
s. D. M.
D. M.
D. M.
18
2. 3. 40
32. 0 B.
4. 5. 6
61. 26
66. 0 1
21
I. 20. 20
3<?. 20
8. 0
6S. 30
73- 0 1
83. 0 1
,88. 0 yip'an. 1
23
25
21. 30
15» 0
40. 30
43. 0
9- 53
ri. 48
78- 23
8^. 48
La féconde obfervation feroit peut-être plus exaéîe , fi
Apien eût déterminé la longitude en i^ 27^ zo'. Sur cqs
obfervations d' Apien, M. Cornélis Douwes, à la prière de
Tome L R r r
49B Histoire
Struyck, a calculé l'orbite de cette Comète : en voici les
élémens, qu'on ne peut regarder comme étant d'une grande
préciiîon.
Lieu Ju nœud afcenJant ^^ 5"^ 44.'.
Inclinaifon de l'orbite à l'éclîptîque . . . . , 55. ^(j.
Lieu du pcrihclie 4. zy. 1 6.
Logarithme de la diftance pcrihéire 9,307068.
PafTage au périhélie en Juin î 6' 19'' 39'.
Sens du mouvement Rétrograde,
Quelques Écrivains fèmblent ne dater la première appa-
rition de ia Comète, que de la fin d'Août ou du mois de
Chytuï'xill. Septembre ; mais on peut fans conféquence négliger leur
autorité.
Cavtt. 15 34' Comète aa mots Je Juillet, C'efl: la précédente ,.
Guicciard. /. L ^ li ,,
SpoKd. Locr. retardée d un an.
1535. En ce feul efpace de deux ans , il parut trois
Woif.cent. i ^, Comètes. Ce font les trois précédentes, qui ont paru depuis
Août I 5 3 I julqu en pareil mois 1533»
1535. « A Milan, dit Cardan, par un ciel fereîn , j'ai
» vu en plein jour, avec toute la ville, une Étoile un peu
»> obfcure, au temps de la mort de François Sforce II, duc
Cardan, Var. de Milan. » Ce Prince eft mort le 24 Oélobre 15^5:
Venus etoit alors trop éloignée de la lerre, pour être vue
de jour.
1537. Comète en Janvier , dans les Poijfons , & autre
'Lyc.Reck.Lub, Comète en Mai dans le Taureau, Ce font manifeilement les
deux Comètes fuivantes.
1538. *
Le 18 Janvier, au foir, on vit une Comète; elle fui voit
EheY. Mi?^, \q Soleil & elle étoit dans le figne des Poiiïbns. Apien
i, VI, Fabric. lODif-iva depuis Ic 17 juKju au 21 ; Il ne nous a laiiie que
memorab. à- fon obfervation du 1 7 ; la Comète étoit en s degrés des
HeiUr, fr}'Jich. Jtoiilons, avec une latitude boréale de 17 degrés: la queue^
longue de 30 degrés, étoit direétement oppoiee au Sokii
DES Comètes, 499
& tournée vers le zénith. Le 22, Gemma Frifius obferva
îa tête en p degrés Aqs Poiiïbns , la latitude n'étoit plus que
de I I degrés. La queue étoit très-longue ; mais la tête étoit
obfcure, & paroiiToit former une ligne droite avec l'Etoile
A\i cou & celle de l'épaule de Pégalè. Il y a donc lieu de Gama. î, r,
croire que îa latitude de la Comète diminuoit. On nous dit ^cJ, î xki\
cependant qu'elle parut en Janvier dans \^?, Poiiïons, qu'elle V' S^S^,
fuivoit le Soleil, qu'elle refîembloit à une longue pique qui
auroit été étendue depuis l'aile de Pégafè jufqu'à fon pied;
enfin , que par un mouvement précipité elle s'approcha de
la tête d'Andromède, après avoir paru d'abord vers le cou-
chant d'hiver. Si ce récit efl; vrai, la direélion de la queue Chytr.
n'aura point été à Toppofite du Soleil , ce qui eft démenti ^""^"-^
par l'obfervation d'Apien; & la latitude boréale de la Comète
aura augmenté , ce qui n'eft pas conforme à ce que nous
venons d'établir. Struyck elTaie de juflifîer Chytrée, fur la
direélion de la queue, en expliquant {ç:^ expreiïions d'une
autre aile de Pégafe, différente de l'unique que nous con-
noiffons , & à laquelle Chytrée n'a certainement pas penfé. '^"Yu^^^*
Je penfè qu'il eft plus court d'abandonner cet Hiftorien &
de nous en tenir aux obfervations d'Apien & de Gemma.
Il paroît que la Comète de 1538 a été vue fort peu de
temps , & que fon apparition n'a pas pafle le 3 o Janvier. Annal. Augp.
Lycofthènes & Garcée diient qu'elle fut vue du côté de "^' ^^°9'
l'orient : il faudroit d'autres autorités pour nous le perfuader.
On retrouve cette Comète , datée du mois de Janvier 1539,
dans Lubienietzki.
Bucelin ayant parlé de la Comète de 1538, qu'on voyoit
ie foir , ajoute que dans le même temps on voyoit , au matin ,
une certaine Etoile , traverfée comme par <^qs lignes de fang. Bucdîn Rhau
Faudroit-il entendre de cette Etoile ce que Scaiiger écrivoit
vers I 5 5 <^ î Voulant prouver que deux Comètes peuvent
paroître en même temps : « il y a quelques années, dit-il,
que nous en avons réellement vu deux, durant les mêmes
nuits : l'une paroiiïbit le ibir » l'autre le matin : leur latitude
ctoit différente. » _ ^'^''J'i'
K r r i|
joo Histoire
Struyck croît que ia Comèie de 1538 poiirroh ne pas
'StYuychiys), différer de celle de 1744.
V. 8â, / ^^
1539. *
La Comète de cette année fut obfêrvée depuis îe 6 Mai
'Jpian, jufqu'au 17. En Chine on ne ia vit que le i o Mai, &
GauhiL elle dura vingt jours. Quelques Européens la découvrirent
^Amal.Atigp. dès le 30 Avril ^ Plulieurs lui donnent trois femaines
co^ y /^. ^^ Jurée ^. Des Auteurs, peu exaéls d'ailleurs , ia font
'//Wf//*5 apud paroitre dans le Taureau^, ou dans le Bélier^: elle fut
Héi'.Frj'jich, j-éellement obfêrvée dans le Lion ^ , ôc peut-être dans la
Cavit}' Leo'Au Vierge ^. La caufè de l'erreur vient fans doute de ce que
Hdier. \çs Allrologues attribuèrent ia génération de cette Comète
<« Rock. Luh. ^ yj-jg écliple de Soleil obfêrvée quelques jours auparavant
yî;»wH. Gemm. ^^"^^ 9 degrcs Gu 1 aureau. La rhiloiophie de ce temps-ia
Eèer. Bi'iar. coucluoit que la Comèîe avoit été formée dans le ligne du
f ^ , Taureau : de-là quelques-uns crurent & dirent qu'elle avoit
^uttiïngo, paru dans ce figne. Apien i'obferva le 17 Mai, le Soleil
étant dans 5 degrés des Gémeaux. A la dixième heure de
la nuit , la Comète avoit i p degrés de hauteur ;. elle étoit de
5 à 6 degrés au fud du premier vertical : d'où Apien con-
clut fa longitude de ly degrés dans le Lion, & fa latitude
'Aptan, ^^ 3 degrés au fud. Par la dixième heure de la nuit, il efl
clair qu'il faut entendre i o heures du foir ; la CoMète étoit
alors, félon i'oblervation faite par Apien de fon azimuth &
de fa hauteur en 20 degrés du Lion, avec une latitude
auflrale de 4 degrés & demi. Le i i Mai on favoit vue
'Eheu près de la tête du Lion. Gemma Frifius I'obferva ( peut-être
le même jour i i Mai ) en 5 degrés du Lion , avec une
^Gemm.i. I, latitude boréale de 12 degrés : elle étoit pâle, &; fa queue
Gen'l'xxi' ^^^^^ P^" ^^ longueur, ion mouvement étoit principalement
/./«<?. de l'écliptique vers le fud ^ Struyck penfe que cette Comète
i>S{ru)'c/i, pourroit être la même que celle de 1737 ^.
' Lyc Cav't M4^* L apparition dune Comète en cette année eit
Cuïcciard. i. I. appuyée fur d'alfez foibies autorités '^^ Celle de Mézerai fèroit
ComUrL P^*-^^ forte; mais après avoir fait men.îion de la Comète, if
DES Comètes. joi
«dît que l'année fuivante , il y eut une grande éciipfè de
Soleil dans le Bélier : or i'éclipfe appartient certainement à l'an
I 540 ; donc la Comète doit être rapportée à l'an i 539.
I S4I» Le 2 I Août , Comète en forme de dragon ^ ^^i'' '^"^'^'
f^ ^. rr * ^ z-' /i .• I j .. CœJ.Eck(}.Héi'^
I 542. Comète eiirayante a Conltantmople pendant qua- aijî. Tack.
rante jours ^ S'agiroit-ii ici de la Comète de i 548 , anticipée ^ WAtm,
de Ik ans ? ^ ^^'^'^
1543. « A Zefenhufen , village de Souabe , près de
Pfortzhaim , le 4 Mai , vers quatre heures & demie du foir , «
on vit une grande Comète, avec une queue tournée vers le nord^ «
II en fortit une flamme, qui, femblable à un dragon, vola «
vers la Terre , engloutit un ruilTeau voifm , dévora une <g
grande partie âes biens de la terre, & revola enluite vers „
le ciel. « 11 eft clair que cette prétendue Comète n'étoit Lyc. Crues ;
qu'un météore, „> ,/■ ' ' '
rx Wolj, cent, i o,
1545'. f.sosà-so8,
« Une Comète, dit un de nos CométograpRes , dont ^'à^^'^sfr''^'^
clieveiure étoit de couleur de fang, brûla durant quelques ^ra,
jours; étant devenue plus pâle, elle s'évanouit bientôt. Peu
de perfonnes la remarquèrent ; mais àç$ perfonnes dignes
de foi m'ont alTuré qu'elle avoiî été iérieufemenî obfervée à
Thorna , » c'efl-à-dire , je penfe , à Dierna en Tranfilvanie.
D'autres Écrivains ont parlé de cette Comète» Alfl.Rod.Lvl,
1548. « Avant le départ des Turcs de Coniîantinople , ^-^^"'(^"^/'TacL
on vit, dit-on, ifne Etoile chevelue, de laquelle il fortoit
comme deux traits de feu. '» C'efl; un feui Auteur qui parle; ^/ ^ ^j^
il ne parie que par ouï-dire > & il ne dit rien de la durée
du phénomène.
ijj^. Comète^. .\ , ^Cœj.Luh,
1555. On vit une épée dans lecieP. En Italie on obferva ^''^^* -^-''«^'^'^
durant un mois une Étoile chevelue très - efîl*ayante & de '^'j^\^
couleur pâle ; {^^ rayons étoient éclatans comme l'or : elle
aiioit du fud au nord. De plus , on vit près de la Lune une c^vît.
Etoile d'un éclat extrême & d'une grandeur extraordinaire;
on ne pouvoit en foutenir i'afpeél. Cette Étoile pouvoit 7^^,^,
n'être qu'un météore.
^02 Histoire
15 5^.*
Paul Fabrice, médecin & mathémaicien de Vienne en
Autriche, luivit le cours de cette Comète depuis le 4 Mars
jufqu'au 15. J'ai cherché inutilement (es oblèrvations ; j'en
ai feulement trouvé dans Lycoilhènes &: ailleurs, une figure
petite & aifez groffière : j'ai cependant cru devoir en pro-
fiter, d'autant plus que c'efî: principalement ilir les obfervations
de Fabrice, qu'Hailey a calculé l'orbite de cette Comète, &
que l'inutilité de mes recherches me porte à croire que cette
Carte ou figure, eft l'unique monument qui nous relte des
obfervations de Fabrice.
"Annal Augflh. La CoiTièîe Commença à paroître àhs ia fin de Février.
coh iSSo, £j^ pkifieurs lieux, on ne la vit qu'au commencement de
Mars : elle égafoit en grandeur ia moitié de la Lune. Sa
chevelure étoit alTez courte; elle n'étoit point confiante, on
y découvrolt un mouvement fembiable à celui de la flamme
dans un incendie , ou à celui d'un flambeau agité par le
CarAan, Vau yent. Cette queue regardoit l'occident, c'eft-à-dire le lieu
Ijc, precilement oppoie au ooleil , dit Gemma , dont 1 autorité
peut au moins contre-balancer celle d'Homméiius, qui nie
que la queue ait toujours été oppolée au Soleil. Au refte,
nous ne difconvenons pas que cette direélion ne puiffe être
lujette à quelque déviation ; nous en verrons bientôt àçs
.exemples.
« Quoique Paul Fabrice ait écrit que la Comète lui parut
»? petite, je puis alTurer, dit Gemma, que dès le commen-
« cément de fbn apparition , je i'ai trouvée au moins aufîi
»> grand-e que Jupiter. La longueur de la queue étoit d'environ
>» 4 degrés : la couleur de ia Comète imitoit celle de Mars ;
Cmm.lib.ji, fa jougeur dégénéra cependant en pâleur. » Un autre témoin
'^'^^' ^' oculaire dit que la couleur de la queue , vers fon extré-
mité, fut toujours pâle, livide, fembiable à celle du plomb;
ZWr. .a}^ud mais qu'elle acquéroit de l'éclat en approchant de la tête.
Le 3 Mars, félon Gemma, la Comète étoit vers le figne
Gemm. lib^H, jg [^ Balance , peu éloignée du zodiaque,
§ib,lll,cap,lllf,
DES Comètes, 503
Le 4 Mars , félon ia Carte de Fabrice , elle étoit en
8 degrés de la Balance & dans i'équateur : fa pofition en
8 degrés de la Balance , efl coniirmée par d'autres Auteurs. ^^"^î'^- Car. K
Le 5, elle avoit un peu rétrograde, oc elle etoit plus c;,„,^,2';^y;/^
boréale: ^Wq étoit à peu-près dans une ligne droite, qu'on V' ss^>
fuppoferoit tirée par les Etoiles y & ô de la Vierge , & à
une diftance renfiblement égale de l'une & de 1 autre : fa
queue ie terminoit à l'Etoile y : telle eiï l'obfervation de
Fabrice. Hommeiius prétend l'avoir vue le même jour près
de l'aile gauche de la Vierge , au-delTus de l'épi. Deux Apud //rk/.
Ecrivains , contemporains l'un &: l'autre , difent en termes
abfolument les mêmes , qu'ils ont obfervé la Comète le 5
Mars , au milieu de la Balance, avec 60 degrés de décli-
naifon boréale. Lequel des deux a copié l'erreur de l'autre ! Cûv^av , uLl
Le 6 , la Comète étoit plus boréale que ^ de la Vierge, & "^'^^' '^^*
la queue le terminoit à cette Etoile : elle étoit à peu -près
entre g & G, plus voilme d'g: ceci efl tiré de la Carte de Fabrice»
On trouve ailleurs que la Comète étoit en 8 degrés de la
Balance. Thuan.ixvih
Le/, elle étoit dans le parallèle de t de la Vierge, & n'en "' ^^'
étoit pas fort éloignée ; fa déclinaifon boréale étoit moindre Leovu. apud
^ue celle à'Arâiirus. -^^'^''^^*
Le 8 , on l'obferva au-deiïbus du genou du Bouvier, Homme!. z-^nà
plus occidentale cependant que cette Étoile. Elle parvint ce ^^^^^'
même jour au tropique de l'Écreviife. Ripamontius la place Gemma, 1,11,
au milieu du fléau de la Balance , où elle n'étoit certaine- '^' ^*
ment pas.
Le 9 , elle étoit vers 5 degrés & un tiers de la Balance ,
un peu au nord du tropique : fa latitude étoit prefque la même
que celle d'Arâiirus ; fa déclinaifon étoit plus boréale que
celle de l'Etoile : elle paroiffoit en une même ligne droite
avec Arâunis & la chevelure de Bérénice. Hommeiius dit
feulement qu'elle étoit près à' Arâunis. Ces deux autorités, Apud Hùil
de Fabrice & d'Hommelius , fuffiient pour montrer quel ïonds
on peut faire fur le récit de nos deux témoins prétendus ocu-
laires, Cardan & Lycoflhènes, iîelon eux, la Comète étoit
504 H r s T 0 T R E
le 5> Mars au pôle même de iequateur, ayant parcouru 30
degrés en déclijiaifon, Sc/^ degrés d'orient en occident. La
pluie les empêcha (}ieiLi obferver davantage , & nous n'y avons
rien perdu.
Le 10, la Comète étoit entre la Couronne & la cheve-
lure de Bérénice.
Le I ï , (AÏQ étoit entre ê du Bouvier & îa claire du collier
de Chara. En la même nuit qWq parut plus haute que y du
Bouvier; elle étoit environ dans un degré de la Balance.
Le 12 , elle étoit en o degré de la Balance, & avoit
près de 42 degrés de déclinaiibn boréale. Le même jour &
le fuivant, elle parcourut \qs figncs de la Vierge, du Lion
&L de i'Ecreviiïè ; & lorfqu'elle fut ainii voifme du pôle de
i'éclipti,(|ue , Ton mouvement fut de i 5 degrés d'un grand
cercle en un jour. Vers le 12 , elle étoit, ielon Ripamonîius,
nipamHipr, à 60 degrés de l'équateur : mais Ripamonîius ne fait pa,s
une autorité deciiive.
Le 14, Fabrice Ici vit au commencement des GemCiiux,
à 7 ou 8 degrés de diilance du pôle du zodiaque.
Enfin , il robferya pour la dernière fois le i 5 Mars , vers
%Q degrés du Bélier; elle étoit encore en-dedans du cercle
polaire, & par conféquent dans la condellation de Céphée,.
Le 17, elle n'avoit point encore quitté cette confteilaîion,
félon Léo vi.ti us. Le 16, elfe avoit ^5 degrés de décli-
naiion boréale, félon Ripamontius; & dans cette pofition,
-dit- il, elle étoit un aftre bien etfrayant.
La Comète ne difparut point après le milieu de Mars;
on continua de i'pbferver jufqu'en Avril. Elle avoit para
dans la Vierge & dans le Bouvier: de -là, par un mou-
vement précipité , elle s'étoit avancée jufqu'au voiiînage du
pôle arélique de l'écliptique : continuant ainfi fa route par
CéiDhée & Andromède, elle parvint au ligne du Bélier, où
le Soleil étoit alors, avec Saturne, Mars & Mercure. On
^continua ainli de la voir durant quelques jours , au mois
f/y'/r.f,;^'^///. d'Avril , avant le lever du Soleil. Elle parut ainfi décrire
^vfTez exactement un grand cercle de Ja iphère , qu'oii
fuppoleroit
DES Comètes, 505
iîippofèroît tiré par i i degrés de la Balance & i i degrés
du Bélier ( félon Fabrice, l'orbite apparente de la Comète
coupoit l'écliptique en S'^ 3 o' de la Balance ). Plus la Comète
approchoit de Saturne, plus Ton mouvement fe ralentiiïoit:
Saturne étoit alors fous le Poiffon boréal, dans le figne du
Bélier; la Comète le joignit, après s'être arrêtée quelque
temps dans les chaînes d'Andromède. Continuant de rétro- Camerar. Com.
grader, elle parvint enfin, avant la fête de Pâques (tombant ^'^^ ' '"
au 5 Avril en 155^), à précéder le Soleil , & à paroître le
matin avant le lever de cet aftre. Hommelius dit que , fur i^ock,
la fin de fon apparition , la Comète prit un mouvement
direél depuis Andromède jufqu'^w Jlgfie des PoiiTons. Mais
Andromède eli dans le figne du Bélier : fi donc la Comète
a pafTé d'Andromède dans le figne des PoifTons , elle conti-
nuoit de rétrograder. II ell cependant poffible & même
vraifemblable , que la Comète avant de diiparoître entiè-
rement, fera devenue ftationnaire & direéle. * Annal. Aw^ilb,
On continua de voir la Comète jufqu'au 21 Avril*, ou coi. 1S80.
jufqu'à la fin du même mois ^ Selon Gemma, « elle dilparut ^J,f^^'
vers le 23 Avril , près de la chaife de Caffiopée , aflez «
belle encore pour être vue durant plufieurs jours , mais «
effacée par l'éclat des rayons du Soleil , dont elle étoit trop «
voifine, Sec. " Il n'eft pas étonnant que Cornélius Gemma, Gemm^UUi
qui, de fon propre aveu, goûtoit alors fort peu les Sciences ^' ^'
mathématiques, ait obfervé fort imparfaitement cette Comète,
& qu'il ait encore eu moins d'exaélitude dans le compte
qu'il a tenu de {es obfervations. Mais je ne conçois pas
facilement comment , après avoir fait des progrès aflëz
confidérables dans fAftronomie , il a pu faire imprimer en
1573, que l'éclat des rayons folaires empêchoit la Comète
de paroître dans la pofiîion qu'il lui donne. Il n'ignoroit
certainement pas que la conflellation de Caffiopée ne fe couche
point fur l'horizon de Louvain , & qu'en conféquence la
Comète, étant dans cette confiellaîion, devoit paroître toute
la nuit : or , les rayons du Soleil ne font pas fenfibies toute
k Buit fur l'horizon de Louvain , au mois d'Avril,
Tome L S f f
jo6 Histoire
Hailey a calculé , comine il fuit, Torbite de la Comète
de I 5 5 6»
Lieu du nœud afccndant 5^ 2,5*^ 42' o".
Inclinaifon de l'orbite ^ 32. é. 30.
Lieu du périhélie 9. 8. 50. o.
Logarithme de la diftance périhélie. . . . 9, <5 (56424..
Paflage au périhélie en Avril 21' 20*^ 12'.
Sens du mouvement Dired;.
Cette théorie, appuyée fur àti fondemens auffi imparfaits,
ne peut être qu'ébauchée : elle relTemble beaucoup à la
théorie de la Comète de 1264 , comme je l'ai dit en fbn.
lieu. Pour rapprocher davantage ces deux théories , il Tuffiroit
de diminuer un peu l'inclinaiion &. la diftance périhélie de
la Comète de i 5 5 6 ^ & de retarder de quelques heures le
temps de Ton paiïàge au périhélie : alors la nouvelle théorie
reprélenteroit les obiervations de Fabrice , d'une manière
auffi fatisfaifante que le peut faire la théorie d'Halley. Je ne
doute donc pas qu'il ne faille mettre la Comète de 1556 au
nombre de celles dont on connoît la révolution périodique.
L'apparition de cette Comète produifit un effet bien fin-
GiticciardJ.iii. gulicr , felon plufieurs Écrivains. Elle effraya l'empereur
^^^hèmienf.^' Charles -Quint : ce Prince ne douta point que fa mort ne
Pontan.i.xiii, fût prochaine; il s'écria, dit-on,
Biiçir. Gen.
hh. XXII 1 , j^i^ ^Ypro indiciïs me me a fat a vacant,
j'.j ; S.Spond. ° ^
Chytr.LXvm, ç^ ^^^^ ^ ^^^ ^jj^^j traduit en notre langue :
Par la trîjle Comète ,
I Qui brille fur ma tête ,
Je connais que les deux
CQfi^ffg JSd' appellent de ces lieux.
On l'auroit peut-être mieux rendu par ce ieui vers :
Dans cefigne éclatant je lis ma fin prochaine,
Cette terreur panique contribua beaucoup, s'il en faut
DES Comètes. 507
croire les Hiftoriens que j'ai cités, au delfein que forma
Charles V, & qu'il exécuta peu de mois après, de céder la
Couronne impériale à Ton frère Ferdinand : il avoit déjà
renoncé à la couronne d'Eipagne en faveur de ion fils Philippe.
Si ce récit eft vrai, on peut mettre ce fait au rang des grands
cvènémens produits par de bien petites cauies.
Keckermann tranfporte l'apparition de la Comète des mois
de Mars & d'Avril en ceux d'Août & de Septembre. Ailleurs
il la rapporte au mois de Mars; & il obierve qu'après avoir
difparu quelque temps (fans doute à caufe des nuages), elle
' reparut de nouveau : en cette féconde apparition , on la vit
à un endroit du ciel prefque oppofe à celui où elle avoit
paru d'abord. C'eft fans doute ce qui a donné lieu à un
Écrivain de dire que, outre la Comète du mois de Mars,
on en vit une la même année, au matin, avant le lever du
Soleil, & que cette dernière s'arrêta long -temps dans les
chaînes d'Andromède. Camerar.amtot.
1557- *
«Au mois d'Oélobre, le Soleil étant dans la Balance, on
vît une Comète du côté de l'occident, dans le Sagittaire >>. Camerar. Cmn,
Camérarius écrivoit cela en i 5 5 8. Il ajoute que cette Comète ^ *
avoit la figure d'un poignard ou d'une épée.
1558. *
Cette Comète parut des le 1 4 Juillet , félon Mézerai :
ies autres rapportent affez unanimement au mois d'Août fa
première apparition. « On la vit d'abord, dit Camérarius, Leo^t, Gare,
du côté de l'occident, dans le figne du Lion, fous la grande " ^^*
Ourfè , près de la Chevelure de Bérénice. Elle parut pour «
ia première fois vers le 5 Août; pour nous, nous ne l'ob- «
fervames que peu de jours après. Elle montoit en haut vers «^^ Cmnerar.
le cercle méridien, mais par un chemin que je ne connois « ^ Anyiœh.
pas bien encore « ^. Le 6 Août elle étoit fous la Chevelure ^ ,^/"""^f'
de Bérénice °; & c eit ce même lieu qu on lui donne encore Pontan.i.xiii,
ie 13 au foir^. Le i 5 elle étoit fous ia queue de la grande j^^ùanj x^xi
S f f ij n,' le.
5o8 Histoire
'Annal Augftb, Qurfe. Lc I / , Gemma i'obferva lefoirvers roccîJent, elle
'^' cloit beaucoup plus pâle que celle qui avoit paru deux ans
auparavant. Gemma la jugea en 12 degrés de la Vierge. Le
20 elle étoit diftante de 30^32' d'Arâurus , & de 28 '^ 33'
GewTiû, l. II, de rextrémité de la queue de la grande Ourle, ce qui donne
'^' ^' Çà longitude en 5^ \^^ 36', & fa latitude de 26^ 23' au
nord. Sa queue étoit tournée vers l'orient. Les pluies qui fur-
vinrent ne permirent pas à Gemma de fuivre plus long-temps
cette Comète. Le Landgrave de Hefle, détermina Ton lieu
ie 20 Août vers p heures en 5^ 20^^, avec une latitude
boréale de 3 i'^. Le 21, elle s'étoit avancée au 23^^ de la
Vierge, fans changement lenfibie dans fa latitude. Le 23:
enfin, la Comète étoit, félon ce même Prince, en 28 '^ du
Ep.Tych. même figne, avec 3 5^^ 30^ de latitude boréale. On a pu
ï' i^â. remarquer l'énorme différence qui fe trouve entre l'obferva-
tion du Landgrave au 20 Août, & celle de Gemma au même
jour : l'une ou l'autre eft certainement fauffe , & Tycho croit
que l'erreur eft du côté du Prince, qui fe fervoit d'un inl^
ib'id. p. 1^4. trument bien plus défeélueux que celui qu'employoit Gemma;
^ ^'^1"- mais fi cette obfervation du Landgrave efl fauffe, qui nous
garantira rexa(flitude àes obfervations fuivantes, faites avec
le même inflrument! J'ai en effet tenté fort inutilement de
fonder fur les connoifîances précédentes une théoi'ie tolérabl©
de f orbite de cette Comète. Elle difparut le 24 ou le 2 5
* Fal'r'c. Août, apparemment derrière des nuages : car d'autres la
, ^/ " * virent iufqu'au <: ou 6 Septembre. Un Hiftorien affure même
^Thuan.A^eTer, , m i.r )x pi t i . i p 4^r i
Henmnf. qu elle ne dilparut qu a 1 heure de la mort de 1 empereur Charles-
quint, c'efl-à-dire, le 2 i Septembre. Il ajoute qu'elle étoiî
d'abord affez peu brillante, mais que Ion éclat augmentoit en
même proportion que le danger de la maladie dont Charles avoit
"pontan. l Xill. été attaqué dhs \qs, premiers momens de fon apparition. Mais
tout cela pourroit n'être que des rêves de Cométomantiens.
Quelques Écrivains paroiffent anticiper fapparition de la
Bell. Lwon. Comète jufque vers le milieu du Carême.
^''''° De 1558 à I "yjji il ne parut aucune Comète, dit Fro-,
Trom (, vu, mond 3 il auroit pu excepter au moins la Comète de i 5 6^,.
Cavit,
Ricc.Lub.Hev,
LnhUn,
jj Thuan.
l. XXVIl,
A
Epi t. Fndin^I,
Lub. Hév,
Lub. Hév,
DES Comètes. 509
I 5 5p. Autre Comète, depuis la fin de Mai jufqu'au 22
de Juin, ou, félon Comiers , du 17 Mai au 2 8 Juin, elle
paroiiïbit à l'orient.
i')')^» Comète en Novembre.
I 560.
« A Orléans, durant la tenue dts Etats -généraux, nous
vîmes, dit de Thou , une Comète au mois de Décembre,
figne certain de la mort du Roi » François 1 ï , mort le 5
Décembre. Elle parut durant 28 jours (m).
I 5 ^4. Comète. Leovitius l'avoit prédite : Leovitius pou-
yoit-il fe tromper?
l'y 6 6, Deux Comètes, dont une barbue. Woif.
En la même année, le 10 Juin, à 15 heures (vers 10 "S. i»/,
heures du matin), on vit à Turin une Comète, dit un témoin
oculaire, qui aura pu prendre pour une Comète quelque c/iron.Tam
météore , ou même la planète de Vénus , qui étoit alors
vilible de jour.
1568 *. Le 30 Août, pendant l'aurore, on vit vers le
couchant une Étoile chevelue , avec une queue tournée vers
l'orient. Elle avoit donc paru toute la nuit, û c'étoit une Cm\
véritable Comète. D'ailleurs, le Soleil étant prêt à fe lever,
& la Comète étant à l'occident , c'eft-à-dire , prelque oppofëe
au Soleil, fa queue ne pouvoit pas être bien longue. Cette
Comète n'eft probablement qu'un météore.
En Novembre, on vit une Comète dans le Serpentaire,
& dans les fignes du Sagittaire & du Capricorne. Son mou- Ke^hr,f'i l'f^
vement en longitude égala l'étendue de ces deux lignes , félon
(m) Dans la deuxième édition
de l'Hifloire de M. de Thou, par
Drouart , on lit : Cometa XXVIII
apparuit Decembri menfe. Ce pafTage
cft altéré : s'il a quelque fens , c'efl
fans doute que la Comète a paru
durant vingt - huit jours , & noTi
qu'elle n'a été vue que le 28
Décembre. Dans ce dernier fens ,
elle n'auroit pu être figne ou préfage
de la mort du Roi , qui étoit moït
dès le 5 du même mois.
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'STî r _r b àn mois eiuS
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DES C : j / 1 7 1 î. 511
I ; " I . Y^^\£StBSBBi pale dW âambesn cpe fiHi râ si
cette £-r.rc , &: que ^aà^DEs P^^dais, «ët-â, lÛEBt an
î --2. CosÊetem Ce r/r^:n pcirt '^~e C:r:f-r. n^ii iizc -i;'- ^-^ ^*
beik ElDfie éxe, - " ;t: - : 1 : ---it — r- :t
N^Ofonfire, près _- -^ : ._ z :^ ,. \ -.-. .. :.. __:i,-'
en 1574.
1573. On Tït une ter^Â^ Êtooe «^sei^doe, - 1 \ ^ zn
<Êi %îîe des PoiSbus, Si c^éëok kœ te^ C - t t t t j^it
deroîî psj être fi tsrîble, pisCr^r ^ t^t - . t__: 3 : 1.
iDsiîîOD. Adizreitrer. 2i?rè5 ^^c. : .; r _. _ :_: :— "- -^ -^
DOtrveile Étciie , :::::: t : : ;r ;. I>:.c MiiiJ=:_r-
de Bivière, ei Aini^ij": -_ :. t r-t ::: :" ;t
cet sîire tiToriIiie î_: ;:;:z:i.^ rt .z :-_t _ ._ it ^ :_t
cœ * ei-kjCi 3r - - V7
i>-f'. Gr^zid Ci^zit-^ r-, Sz-^r^Ji^i.. C fi": 12 :'_ — f '^'^^_
soîtîcipce c ;:i: aH . Jr _-_ _izj o- : . - . r .,. z
' - - — - ^^«•" - g,
fe TÎîTgt-troÊèB^ : --* -- :i-' :rf - ; _- f rers îe 2 No-
T^nbre ), on vit 1 t : : : le C : - c:e \ £^e 7 ; - f f " ^^"^ ' ~'
Percs fc i.^y: 7 - 7 I 1:75 7 t :. . ^ ^j^ z ZZ,
le 10, le II ;_ r 1 .. 7- t ; . _t ; t : . r^ ^ ^-•
B'avoh px5 e-crre crrini de d^bs ffewmi», Jnrfqpp ce- -J--^'''^f%^
Boorei âizre t: : 7 t. fax du ^s»i Tjcfeo : il le léic- - ^^lasaal
lie iiiiv T r f 4T€c lii«l& la pEédâoa, étsm. ._ /^^^ asaK*
fée! ei7-: _--7 .-:77,î . ii crwiimrnçs lès €?|?éf^pksss ^ .^
jour mé— e.
parmcH tse ^ n^xire- f :l :7r :f -57^ * ~ r^s.
TvcnO ivc': Zr ': : .. r 7 : : " -77""r _ T . ; : f .
:7:--r ^-. . .:73re a A:..:: :7 w^ ^r : :.;";r .-. . . ; 7
p2 Histoire
dont les cieux font formés. Quelques Phyficîens penfbîent
comme Tycho ; le plus grand nombre demeuroît attaché aux
anciens préjugés. A peine la Comète de i 5 77 commença-t-elle
à paroître, que tous furent attentifs à l'arrêt que ce phénomène
porteroit pour ou contre Ariflote , & qu'ils s'emprelsèrent
même de le diéler. Cornélius Gemma , Michel Mœlilin ,
Thaddée Hagecius, le Landgrave deHeffe, Simon Grynée,
en un mot tous ceux qui fe piquoient alors d'avoir quelque
connoiiïance du ciel, obiervèrent les mouvemens de cette
Comète, & firent part au public de leurs découvertes réelles
ou prétendues. La plupart employèrent des inftrumens gref-
fiers, n'en connoiffant pas de plus parfaits, des méthodes qui
exigeoient dans les obfèrvations une précifion dont ils étoient
incapables , des fuppofitions qui ne pouvoient que les égarer.
Tycho feul conçut les précautions qu'il convenoit de prendre;
il ufa àç^s meilleurs inflrumens connus en ce fiècle, & per-
fectionnés ou imaginés en partie par lui-même : il eut recours
à la méthode la plus afTurée qu'on pût fuivre alors , celle de
prendre tous les jours plufieurs difîances de la Comète à des
Etoiles fixes : il rétablit par {^s propres obfervations , les vrais
lieux à^s Étoiles auxquelles il avoit comparé la Comète , en
déterminant l'heure de leur pafîage au méridien , & leur
hauteur méridienne : &: fi l'imperfeélion de {qs eonnoiiîances
fur les réfraélions , le défaut d'une horloge bien précife , &
de plufieurs autres inftrumens inconnus alors, ne permettent
pas de reconnoître dans fès obfervations la précifion la plus
parfaite , on peut dire au moins que ces mêmes obfervations
(ont moins au-defîbus àç.s plus parfaites d^entre les nôtres ,
qu'elles ne font fupérieures à toutes celles qui avoient été
faites avant lui. Je ne rapporterai donc ici que les obfervations
de Tycho ; ce que je pourrois dire ^ts autres ne ferviroit qu'à
groifir inutilement ce volume. Si quelqu'un cependant eft
curieux de les çonnoître & de Iq^ comparer, il peut confuiter
fe dixième chapitre du deuxième livre de Tycho, il les y
ti'ouvera prefque toutes raffemblées; il y lira, il y admirera
i^ critique fage & éclairée de Tycho fur chaque obfervatioii
particulière ;
DES Comètes. p I
particulière; il conviendra qu'aucune vue d'utilité ne pouvoit
m'engager à les inierer ici.
^ Tychy a fait Tes obfervations à Uranibourg, dans i'île
d'Huène, fous une latitude boréale de 55^ 54^ i ^", & fous
un méridien d'environ quarante-une minutes de temps plus
oriental que Paris. Dans la Table fuivante , la première
colonne contient les jours d^s obfervations ; le figne : : affec-
tant un jour, délîgne que les nuages ont nui à i'obrervatiou
de ce jour, & ont pu y répandre quelque incertitude. Dans
la féconde colonne font les heures d^s obfervations, telles
que Tycho lui-même les a déterminées : les abréviations av.
ap. env* qui font quelquefois jointes aux heures, dénotent
que les obfervations ont été faites ou un peu avant , ou un
peu après l'heure marquée , ou aux environs de cette même
heure. La troifième colonne préfente le nom des Étoiles aux-
quelles Tycho a comparé la Comète. La quatrième donne la
diflance obfervée entre la Comète & TEtoile nommée dans
Ja colonne précédente. La cinquième colonne renferme les
longitudes, &: lafixième les latitudes de la Comète calculées
par Tycho lui-même , d'après \qs difiances marquées d'un
aflérifque * dans la quatrième colonne.
Table des Obfervations de la Comète de ry^y'^ parTycho-Brahé,
JOURS
des
Mois.
HEURE
des
Observât.
NOMS
des
ÉTOILES.
DISTANCES
obfervées.
L 0 N G I T.
de
la Comète.
LATITUDE
de
la Comète.
«
H. M.
— .
D. M.
s. D. AI.
D. M. ■
Nov. I 3
5. 30
6. 0 av.
La Lune
Claire de l'AisIe . . .
Corne infér. du 7> . .
18. 30
26. 48 *
21.19 *
9- 7' 15
8. <,^ B.
H
4. 50
6, 0 av.
Bord voifin de ^. .
Claire de l'Aigle. . .
Corne infér. du ;6 . .
Saturne .........
26. 25
23. 23 *
18. 26 *
I 0. I 2
p. 10. 42
10. 42
1
Tome '
/.
Ttt i
■
514
H I S T 0 I
R E
JOURS HEURE
NOMS
DISTANCES
L 0 N G I T.
LATITUDE
des
M O I s.
des
Observât.
des
É T 0 ÎLES,
obfervée.';.
de
la Comète.
de
fa Comète.
H. M.
D. M.
s, n. M.
Z). Al.
Nov. I 5
6. 0 env>
Claire de i'Aigle. . .
20. 25 *
Corne infér. du ^ . .
16. 14 *
9, 13. 47
12. id B.
20 l6. 0 av.
Claire de l'Aigle . . .
II. 7 *
\peu après.
Bouche de Pégafe..
27. 35 *
9' ^^' 59
18. 15
zi .6. 0 ap.
Claire de l'Aigle . . .
10. 37 *
Bouche de Pégafe. .
25. 19 *
9' 29. 14
19. 9
23
5. 30
Bouche de Pégafe..
21. 8
5- 45
6 d'Antinoiis
4. 38 *
1
6. 0 ^v.
Claire de i'Aigle . . .
II, I *
1
(h du Verfeau
18. 15 *
1
Bouche de Pégafe..
21. 5 *
10. 3. 31
20. 45
1
<5. 30
ô d'Antinoiis
4. 40
1
8. 0
Bouche de Pégafe. .
21. 0
8.35
Bouche de Pégafe. .
20. 5^
25
.5-45
Bouche de Pégafe..
17. 2 1 "^
5. 52
6 d'Antinoiis. .....
8. 25 *
^. 0
Claire de l'Aigle.. .
12. 38 *
10. 7, 24
22. 6
1^. 30 ::
Cuiffe de Pégafe.. .
42.
: : 28 fit T med.
Bouche de Pégafe..
12. 45
y Andro.
Cuifle de Pégafe.. .
35- 15
z^^6. 0 av.
9 d'Antinous
14. 35 *
6. 0
-y du petit Cheval. .
Claire de l'Aigle . .
3. 50
id. 49 *
'
d. 15
Bouche de Pégafe..
II. 33 *
Cuifle de Pégafe . . .
35- 45 *
10, 13. 45
24. 0
1
7. ^
* du petit Cheval. .
4- 5 3
1
9. 0
Bouche de Pégafe..
11.25
1
9. 10
fjL de Pégafe
35- 3<^
1
1.
i
D
ES € 0 M E
T É S.
5'S
jjOURSj
HEURE
NOMS
DISTANCES
L 0 N G I T.
LATITUDE
■ ^^^
des
des
obfervée5
de
de
Mois. 1
Observât.
Étoiles.
fa Comète.
la CO?4ÈT£,
H.
M.
D. /W.
X D. M.
X>. yW.
Nov. 30,
6.
0 ^v.
Bouche de Pégafe..
9 d'Antinous
I 0. 25
15- 53
*
*
■
6.
0 em.
Claire de l'Aigle.. .
17. 45
*
10. 15. 3
24. 29 B.
6.
45
CuifTe de Pégafe . . .
34. z6
*
7-
0
Bouche de Pégafe. .
10. 20
8.
45
a. du petit Cheval . .
4. 27
9-
15
Bouche de Pégafe. .
10. 14
Dec. I
5-
30
Claire de l'Aigîe. . .
18.47
*
5-
30^/.
Bouche de Pégefe. .
a. du Ver-feau
9. 20
17. 3^
*
*
Cuifle de Pégafe. . .
33. 14
*
10. 16. 22
24. 47
7-
10
Bouche de Pégafe. .
9- ï7
9-
30
Bouche de Pégafe..
9. 10
,10
5-
30
Bouche de Pégafe . .
4. 43
*
j
(^.
0 ^;2V.
Cuifle de Pégafe. . .
Markab
24. 33
21. 14
*
10. 25. 47
2(^. 50
I 2
^.
0
Bouche de Pégafe. .
5. 8
*
"
Cuifle de Pégafe. . .
23. 7
*
10. 27. 2 1
27. 8
Markab
20. 0
*
13
6.
0 env.
Cuifle de Pégafe. . .
22. 23
*
Bouche de Pégafe..
Markab
5. 30
I 9. 20
+
^
10. 28. 10
27. 18
7-
40
Cuifle de Pégafe. . .
22. 18
1
9-
30
Cuifle de Pégafe. . .
22. 14
i
14
6.
0 ^v. ,
Cuifle de Pégafe. . .
21.42
*
1
Bouche de Pégafe.,
5- 53
*
10. 28. 5 5
27. z6 1
17
8.
0 env.
Cuifl"e de Pégafe. . .
19- 3 5
*
1
Bouche de Pégafe..
7. 20
*
II. I. 17
27. 4^ 1
Markab
l
17. 0
*
1
Ttt i]
5i6
Histoire
JOURS
des
Mois.
HEURE
des
Observât.
\H. M.
8. 30
23 (?. o env.
30
31
6, o ^/.
(5. o emi
9. o «f/^V-
fJanv. I
1578
6. o ^;2v.
6. o ^w.
f). o enV'
6. o <f;^y.
^. O ap.
y. 20
NOMS
des
Étoiles.
Cujfle de Pégafe. .
Markab
Bouche de Pégafe.
M de Pégafe
Cuifle de Pégafe. .
Markab
Cuiffe de Pégafe. .
Adarkab
Bouche de Pégafe.
^ de Pégafe
Cuifle de Pégafe. .
Cuifle de Pégafe. .
Markab
Bouche de Pégafe.
Cuifle de Pégafe. .
Markab
Cuifle de Pégafe. .
Cuifle de Pégafe. .
Markab
Cuifle de Pégafe. .
y) de Pégafe. , . . .
de Pégafe
ju de Pégafe . .
de Pégafe
Cuifle de Pégafe.
DbTANCES
obfervées.
D. M.
8. 4.0
6, 20
O. 27^*
3. 58I*
2. 35
1. 5^
2. O
r. 36
4. o
I. 2
I. 56
35
25
8
10
5
5?. 50
10. 34
8. 15
7. 40
2. 45
3. 50
L ON GIT.
de
ia Comète.
s. D. M.
latitude!
de
ia Comète.
D. AI.
II. 5. 23
28. 24IB.
II. 9.14
II. 9. 54
28. 42
28. 4(i
II. 10. 22
II. 10. 54
ri. 12. 24
II. 14. 15
28. 49
28. 51
28. 57
29. 3
29. 10
29. 18 B.
DES Comètes, 517
La iongitude & la iatitude du 2.6 Janvier, font fondées
fur ce que la Comète paroiffoit à une diilance fenfiblement
égale de Scheat ou la cuiïfe , & de ft de Pégafe : elle s'écartoit
d'environ un degré au lud-efl, d'une ligne droite qu'on
fuppoleroit tirée par les centres de ces deux Etoiles. La peti-
teife & robfcurité de la Comète ne permit point de faire
d'autres obfervaîions. Tycho , durant le temps de l'apparition
de cette Comète, avoit pris fou vent des aiignemens fem-
blables : il exécuîoit fans doute ces opérations avec plus
d'intelligence & de dextérité que les autres Aftronomes de
Ion fiècle; mais fimperfeélion &: fincertitude de cette mé-
thode fubfillent toujours; elle n'efl admilfible qu'au défaut
de toutes les autres. En conféquence, j'ai cru pouvoir omettre
tous ces aiignemens, les diftances aux Etoiles obfervées par
Tycho, fufîifent pour établir la théorie de f orbite de cette
Comète. Je me fuis d'autant plus volontiers déterminé à
conflruire & à inférer ici une Table de toutes ces diftances
& de leurs réfultats fur les mouvemens de la Comète , qu'il
ii'eft pas facile de les déduire des œuvres de Tycho. Outre
que les Étoiles y font fou vent défignées , de manière à n'être
pas facilement reconnues , fédition dont je me fuis fervi ,
celle de 1648, efl remplie de fautes d'impreffion, que je
crois avoir toutes corrigées , n'épargnant pas même les calculs
iorfque je les ai jugé néceffaires.
Feu M. de flfle l'Aûronome, m'a communiqué un ma-
nufcrit précieux; il fait partie de la bibliothèque qu'il a
cédée au Roi, pour être confervée au Dépôt de la Marine.
Ce manufcrit contient un grand nombre d'obfervations de
Tycho, entre autres celles des Comètes auxquelles il a eu
part , foit direélement , foit indireélement. Je compte en faire
im grand ufage pour les Comètes fuivantes; mais pour ce
qui regarde la Comète de i 577, je crois pouvoir m'en tenir
à ce que Tycho lui-même en a fait imprimer. Dans le ma-
nufcrit il eft dit qu'on donne les diilances corrigées de feffet
de la parallaxe de f œil : Tycho fe fervoit alors d'inftrumens
tels, que l'œil 11e pou voit être placé à leur centre^ mais uis
ji8 Histoire
peu au delà , de manière que l'angle marqué fur le limbe
par les deux règles de l'indrument, éîoit néceffairement plus
grand de quelques minutes que f angle de vilion, formé fur
ia rétine de l'œil. Lorfque Tycho faifoit imprimer fes Œuvres,
il connoilîbit ce défaut de lès inp:rumens, puifqu'il enfeigne
le moyen d'y remédier: n'y a-t-il donc pas lieu de croire
qu'il y a remédié réellement \ Il avertit que les lieux des
Étoiles, tels qu'il les détermina en 1577, ne furent point
établis auifi exaélement qu'ils le furent après la reélification
de {^s inllrumens , & il domine une Table à^s erreurs de {^^
premières obfervations; mais les erreurs dépendantes de la
parallaxe de l'œil dévoient être plus fenfibles, & Tycho n'en
parie pas : c'eil fans doute parce qu'il y avoit eu égard dans
le détail de [q?> obfervations. Les différences que j'ai remar-
quées «nîre le manufcrit & l'imprimé , peuvent donc être
attribuées à la plus grande correélion de l'imprimé. D'ailleurs
ces différences, qui font ordinairement très-légères, alîére-
roient peu le réfultat àts obfervations. Tout cela mûrement
confidéré, j'ai cru devoir laiifer le tout, tel que Tycho lui-
même a jugé à propos de le publier.
Outre les obfervations relatives au mouvement de la
Comète, Tycho en a fait beaucoup d'autres fur ia grandeur
de cet aftre, lur la longueur, la forme,, la direélion de fa
oueue, &c. Un trop long détail ennuieroit : je me conten-
terai de dire que le premier jour que Tycho vit la Comète,
-î' jugea que le diamètre de fa tête étoit de 7 minutes; que
la longueur de fa queue étoit de 22 degrés; que cette queue
fut toujours direélement oppofée au S'oleil; qu'elle n'étoit
point droite , mais un peu courbée en arc de cercle , de ma-
nière que la convexité regardoit le zénith ; que ia tête étoit
blanche , mais un peu livide & moins éclatante que les Etoiles
fixes ; que l'éclat de la queue fe ternilTbit à proportion qu'elle
s'éloignoit du noyau, le tout fe terminant par un pâle obfcur,
dont il étoit fouvent difficile de faifir fexîrémité; que la queue
^toit quelquefois rougeâtre à fa nailîance, &. qu'elle relfembloit
à une fiamme qui fait effort pour percer une fumée épaifîè,
D E s C O^M ETES. 519
phénomène que Tycho attribuoit à l'épaifleur de l'air qui
borde notre horizon; que depuis la première apparition de
la Comète, la grandeur de la tête, la longueur de la queue,
l'éclat de l'une & de l'autre diminuèrent prefque toujours,
de forte que des avant le 1 8 Décembre, Tycho fe plaignoit
que les obfervations devenoient difficiles. Un Écrivain, très- .
capable de fè tromper, témoigne que la Comète fut obfervée Littar,
juiqu'en Mars; mais il paroît certain qu'on n'en aperçut plus
aucun veftige après le 26 Janvier, jour auquel Tycho feul
l'obferva pour la dernière fois; tous les autres avoient celfé
de la voir vers le milieu du même mois.
Voici la théorie de l'orbite de la Comète de i 577, calculée
par Halley, fur les obfervations de Tycho.
Lieu du nœud afcendant o*^ 25*^ 52' o".
Inclinaifon de l'orbite 7^. ^2. 45. _
Lieu du périhélie 4, (j. 22. o.
Logarithme de la diftance périhélie c)jz6 ^^^y.
Paiïage au périhélie en Oélobre 26 J 18^ 5^'.
Sens du mouvement Rétrograde.
Comme l'appafition de cette Comète a duré jufqu'en 1578,
pïufieurs la datent de cette même année 1578; ce qui paroît s^uarcp.j^i
ne devoir donner lieu à aucune difficulté. ^'^^' ^- ^^^'
I 578. Depuis le 13 Février, prelque juiqu'au 22 Avril, z^o'ixz^^l
le ciel fut couvert de nuages & il plut fouvent. La nuit qui
précéda le premier mardi d'Avril ( i Avril), on vit une Étoile
chevelue, dont la queue divifée en deux reffembloit à un
dragon : le temps étoit pluvieux & le vent violent. C'étoit Câvu,
probablement un météore.
I 578- Le I 6 Mai, à neuf heures, après le coucher du
Soleil, Jupiter & la Lune étant en conjonélion dans la Balance,
on vit une Comète vers l'orient ôc le midi ; elle étendoit une
longue queue vers le nord : deux autres Comètes plus petites
la fuivoient; & à l'oppofite on vit à^s flambeaux ardens qui
s'évanouirent bientôt. Tout cela paroît devoir être relégué LukHtpJlocài.
dansia clallè à^s jnétéoreSj
j2o Histoire
I 578. En Oélobre & mois fuivaiis, on vit une nouvelle
Comète, plus pâle que celle de l'année précédente, dans le
Verfeau , fous la conftellation de Pégafe , parcourant trois
degrés par jour; elle parvint bientôt aux têtes du Serpentaire
Annah. Faimc ^ d'HcrcuIe. Comment cette Comète a-t-elie échappé aux
memor, tLkjt, n-.! i^ii fw r- 70
l.ub, lycho, aux Mocltun, aux Gemmai occ.
1578. Durant la nuit qui précéda le 23 Novembre,
entre la feptième & la huitième heure, on vit à Rome &
ailleurs un€ Etoile très-éclatante , avec une chevelure qui iè
Caviu divifoit pareillement en deux. C'étoit apparemment Vénus
ou Jupiter, dans un nuage rare & léger.
I 578. Vers la fin de cette année, Simon Gryneus vit la
planète de Vénus environnée d'un éclat extraordinaire. Elle
avoît paru avant le coucher du Soleil ; elle étinceloit comme
les Etoiles : ces apparences ne furprirent point Grynée ; il
iavoit qu'elles avoient été fouvent obfervées. Mais il vit
d'autres phénomènes , qui , félon lui , ne pouvoient être
attribués qu'à une Comète qui accompagnoit Vénus. Cette
Planète étoit plus grande qu'à l'ordinaire; elle n'étoit point
parfaitement ronde, mais triangulaire ou même quadrilatère;
éXo. lançoit Aq^ rayons : quoique fort éclatante , elle étoit
d'une couleur rougeâtre , comme Mars , &c. Mais il me
lèmble que tout cela peut être facilement rapporté à la conf-
îitution de fair. En effet, excepté le 26 Décembre, premier
jour de fobfervation , jour auquel Grynée jugea fair très-
pur , il convient que le ciel fut moins fèrein \qs jours
îliivans , qu'il y avoit à^s nuages, & fur -tout que Vénus
étoit environnée d'une couronne ou halon. îl remarque, au
ïefte , qu'en d'autres lieux on avoit vu long - temps ce
phénomène , & qu'à Rome on i'avoit obfervé àhi> le i G
■Cryn. p. 6^ Novembre*
ï 57p. Halepo dit, qu'en 1575), on vit à Cotiflantinople
me grande Comète ; qu'il n'en avoit point paru de femhlable
depuis celles qui annoncèrent la deflruéîion de Sodome , & la
Wûif. cent. î 6, fubmerfton de Pharaon dans la mer rouge,
DES Comètes, 521
1580. Cavitelli dit qu'au commencement Je Juiiiet.
on vit une Étoile très-éclatante, C'éîoit fans doute Vénus»
I 580. *
Michel Mœftiin découvrit cette Comète à Tubingen,
dès le 2 Oélobre : Tycho à Uranibourg 6c Hagecius à
Prague, ne i'aperçurent que le 10 du même mois. Tous
fes trois 1 obfèrvèrent avec quelque attention ; mais les obier-
vations de Tycho font fans doute préférables à celles des
deux autres, quand ce ne fèroit que parce qu'il empîoyoit
àQS inftrumens plus parfaits. Je rapporterai ces obfervations
de Tycho en détail , parce qu'elles n'ont point encore été
communiquées au public : je les ai extraites du manufixit
dont j'ai parlé fur l'an i 577. Les diitances de la Comète
aux Etoiles ont été prifes avec deux inftrumens, un rayon
aftronomique & un fextant : je diftinguerai ces diftances par
les lettres R Sl S, initiales du nom àQS inftrumens avec
iefquels elles ont été faites.
Je donne deux Tables pour chaque jour. La première
contient i." l'heure marquée par l'horloge de Tycho ;
^,^ l'heure vraie, que j'ai déduite du paftage des Étoiles au
méridien , de leur hauteur ou de leur azimut , & quelque-
fois même, quand je n'ai pu mieux faire, de la médiation,
de la hauteur & de l'azimut de la Comète ; 3."" le nom
des aftres dont Tycho a déterminé la hauteur & l'azimut ;
4.° & 5.° les azimuts & \qs hauteurs obfervées par Tycho.
Les azimuts font toujours comptés depuis le méridien ou
depuis le fud à l'eft ou à l'oueft , félon que les nombres
de l'azimut font fuivis de la lettre E ou O. J'ai défigné \qs
Étoiles par les caracftères qu'on leur donne à préfent , ce
<jui ne m'a pas été toujours également facile.
La féconde Table contient i.'' le numéro des obferva-
tions; 2. '^l'heure marquée par l'horloge de Tycho; j.Theure
vraie , conclue des obfervations de la première Table ; 4. le
nom àts Étoiles dont on a pris la diflance à la Comète;
|." la diftance obfervée entre la Comète & l'Étoile. Cette
Tomi L Uuu
522 H T S T 0 T R E
dillance efl; fouvent double & quelquefois triple. La première
diftance eft celle que marquoit l'inflrument , afFedée de
l'erreur de l'indrument , &: de la parallaxe occafionnée par
ia diftance de l'œil au centre du fextant, peut-être aufli de
l'erreur de la pofition que Tycho donnoit alors à l'Etoile à
laquelle il comparoit la Comète : la féconde & la troifième
diflance font corrigées. Je ne trouve pas dans ces corrections
une marche uniforme ; mais Tycho favoit fans doute ce
qu'il failoit : je donne ce que j'ai trouvé dans (on manufcrit.
Les obfervations auxquelles Tycho donne l'épithète de
bonnes , font défignées par un aflérique * ; celles qu'il donne
comme très-bonnes , par un double aflérique * * ; les dou-
teufes par le ligne : :
lo Odobre.
Vers 7 heures, Tycho découvrit la Comète près ie Poifîbn
auftral : fa lumière étoit foible , fa couleur livide, fà queue
rare &: difficile à diflinguer , la grandeur de la tête égale à
celle de Vénus périgée, c'eft-à-dire , félon Tycho, d'environ
8 minutes.
T E M
de
l'H o r l
P S
o G E,
H.
M-
8. 4
8. 10.
8. 17.
8. 25).
8. 37.
9. 17.
o
50
40
10
5
30
TEMPS
vrai.
H. M. S.
9. 5). 30
NOMS
des
A S^ T R E s.
La Comète.
La Comète.
La Comète,
La Comète.
La Comète.
La Comète.
AZIMUT
de
L' A S T R E.
D.
21.
14.
I 2.
O.
M.
E.
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de
l'A s t r e.
D, M.
30. 17
30. 32
30- 57
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31. 47
DES Comètes.
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EMPS
^ > de
i'Horlogfc.
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H.
M.
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7. 25
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6 II I. 15
7 I ^^z^ après,
8 II. 35
9 !-• ^5 I
TEMPS
H.
M.
7
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7
9
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I 2
1 1
18
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N
É T
O M
des
O I L
E S.
23
2
Markab de Pégafe . .
Aigénib de Pcgafe . .
y des Poiiïbns
Markab
Aigénib
Aigénib
Markab
Markab
Markab
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
D.
AU
D. Al,
21.
3-
15-
21.
21 .
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15'
20 R.
3 R-
40 R.
43 S.
53
53
3c»
28
25
eu 5
21
Après avoir détaillé de fuite toutes les obfervations de
Tycho , nous en donnerons îe réfultat fur la longitude &
îa latitude de ia Comète pour chaque jour.
1 1
Odobre.
La queue de ia Comète pouvoit à peine fe diftînguer,.
28
V.
M.
jf-fWilWgWif I *'tW
TEMPS
de
Il'H o R L o G E.
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TEMPS
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des
A s T R E S.
Claire de i' Aigle.
Étoile polaire. . .
La Comète
Comète
Comète
a du Verfeau. . . .
Comète
Markab
Comète
Comète
Comète
Rigei d'Orion. . .
AZIMUT
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524
Histoire
Item PS
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14
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53
NOMS
des
Étoiles.
Markab
Markab
Algénib ,
Enif de Pégafc.
6 de Pégafe . . . ,
^ de Pégafe . . .
y des Poiflbns ,
'(du. Verfeau. . ,
Markab
( de Pcgafe . . .
DISTANCES DE LA COMÈTE.
AUX ÉTOILES.
D.
M.
13
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50
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S.
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45
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13
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57
42
43
Tycho dit qu'à l'heure de la reptième & de la huitième obfervation ;.
la Comète étoit bien précilément entre y ^es PoifFons & (^ du Verleau»
1 2 Ocîobre.
A midi, dit Tycho, l'horloge avançoit de plus de deux heures; on
Fa remife à peu-près fur l'heure vraie.
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52
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20.
20
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15
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Astres.
24. 10
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et de l'Aiole
Etoile polaire . . . .
Comète
Comète
Comète . .
Comète
Comète
338'' de l'équateur,
Markab
Comète ........
Comète
Comète
Comète
Comète
Comète
Comète
Comète
Comète
Comète. ....,.,.
Comète ... « ... .
Comète
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8
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43
8
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I 2.
8
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I 2.
15
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I 2.
39
8
I 2.
53
25
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10
57
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42
wmiammammmmaBaBamaamsia
N O M, S
des
Étoiles.
a. du Verfeau. .
ô de Pégafe ...
a. du Verfeau..
0 de Péagfe ...
Enif de Pégafe.
Markab
^ de Pégafe. . .
a du Verfeau. .
ô de Pégafe . . .
^ de Pégafe . . . .
Markab
Markab ■
^ de Pégafe ...
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
r>.
7
6
7
6
13
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42
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51
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ZJ. yw.
7-
32
Tycho avertit que la treizième obfervation eu de fon Archi-
tede , & qu'elle n'efl que médiocrement bonne.
^3
Odobre.
A midi, dit Tycho, l'horloge avançoit de i
& le lendemain, à pareille heure, de zi' 35".
TEMPS
de
l'H orlog e,
H.
M.
6
6
6
6
7
7
8
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I o
I 2
I 2
I 2
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• 31-
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o
10
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I o
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35
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TEMPS
vrai.
H.
M. S.
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S-
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6.
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I o.
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30
o
o
18
o
o
o
20
NOMS
des
Astres.
minutes,
Z I M U T
de
l' A s T R E.
M.
a de l'Aigle.
a. de l'Aigle.
La Comète. .
Comète. . . .
Comète . . . .
Comète. . , .
Comète . . . .
Comète . . . .
Comète. . . .
ûL du Verfeau.
Comète . . . .
Comète . . .
Comète . . . .
Aldébaran . .
TmmiWBroWWBBijOTHWniWgBBMWBBi
o.
E.
5. o
6. 30
29. 48
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28. 18 o.
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Id. prefque.
^5. o
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de
l'A s T R E.
Z>. M.
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526
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Histoire
l.'.'il»Jja'.«^n..ilil»ll,m».jiiiii|,iHi|mi[ff^.
/î". yl/.
44
50
15
34
39
44
18
22
NOMS
des
ÉTOILES.
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
9 de Pégafe
^ de Pégafe
Enif
8 de Pégafe
^ de Pégafe
^ de Pégafe
ê de Pégafe, Enif. .
Enif
t, de Pégafe
CL du Verfeau
a. du Verfeau
a. du Verfeau
c£ du Verfeau (b) . .
e: du Verfeau
Enif
D. M.
32
17
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R.
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r.
9,
3<^i
22
i *
5. 30
5- 3ï
(^^^ Au moment de la treizième obfervation , la Comète étoit en ligne droite
entre 9 de Pégafe & «t du Verfeau,
17 Odobre.
Tycho commença ce joiir-ià à fe fervir de Jeux Horloges»
une plus petite, que je défignerai par la lettre P ; une autre
plus grande, qui ne fera défignée par aucune marque.
naaasaBSSBSi
TEMPS
Horloges.
H.
M.
TEMPS
vrai.
H.
M.
6. 7. 2(5
^ <?. 12. 47
6. 17. 40 P.
6. 23. 40
6. 22. I o P.
6. 42. 20 [ 6. 30.
îo. 5. 5 ^
9. 54. 20 P. J 9- 42. 15
''•5- p I 'O. 37.
10. 50. I 5 P. 5 ^'^
NOMS
des
Astres.
a de l'Aigie. . . . .
a de l'Aigle. ...
Comète
Algénib de Pégafe
Comète
12. 20. 30
12. 13. 30 P.
16^. émir en.
1 1. 50.
1 2. o.
AZIMUT
de
l'A s t r e.
D.
M.
> Comète. ......
. I Etoile polaire. . .
a'*»>tivwiW(iiBiMnaiaflifctffiiWitffifli3Ëaa
15
16
O
o
7^
5
10 O.
54
o
o
o
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HAUTEUR
de
l'Astre.
M.
41.
40.
43.
47.
23.
I Ir
6
53 I
20 :
O
2
4-1
V E s Comètes.
'5^7
TEMPS
de la grande
Horloge.
H. M.
O
1 I
2 I
32
47
54
45
TEMPS
vrai.
H. M.
8. 41
8. 51
9. I
9. II
9. 25
9. 32
II. 17
NOMS
des
Étoiles.
Enif de Pégafe.
a de l'Aigle. . .
ô d'Antinous. .
yâ du Verfeau . .
y du Dauphin. .
É du Dauphin . .
et de i'Aigle . . .
DISTANCES DR LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
AT.
II. 27 S.
I^. 58
16, ^6
18. 53
6. iz
6. I 2
II. 31
yW.
II. 14,
ï6. 39
i(^. 37
18. 31
6, 5
I(^.
45 i
I^.
31
18.
27
5-
53
zo Oélobre.
Tycho étoit à Helfmbourg, ville du Schonen ou de la Scanie,
41' 10" de temps à l'orient de Paris, & par ^6^ z' d^ latitude, L'hor-
ioge de la ville marquoit fept heures trois quarts , & il étoit tout au
plus huit heures lorfque Tycho , avec Ton rayon agronomique ,
obferva la diftance de la Comète à la claire de l'Aigle de 7^ 35',
Les nuages ne lui permirent aucune oblèrvation ultérieure.
z I Odobre.
Tycho étoit à Helfinbourg ; les obfervatîons faites avec le rayon
aftronomique ou marquées d'une R , font de lui : il fe lèrvoit d'une
petite horloge réglée fur l'horloge de la viile. Il remarque que l'éclat
de la Lune nuifoit beaucoup à celui de la Comète ; à peine on
pouYoit y diflinguer une queue extrêmement rare , & d'une ténuité
plus grande qu'aux jours précédens. La dernière obfervation de la
hauteur d'ot de l'Aigle, fans fon azimut, eft auiïi de Tycho.
Toutes les autres oblèrvations ont été faites à Uranibourg par deux
difciples de Tycho : les diftances ont été prifès avec le fextant. L'heure
étoit marquée fur les deux horloges, dont il a été parlé fur le 17^
Oélobre. La petite horloge retardoit allez conftamment de feize
minutes fur la grande ; j'ai cru en conféquence qu'il fuffifoit de
donner les temps , tels qu'ils étojent marqués par la greffe horloge.
T E M
P S
de
l'H O B L
0 G E.
H. M.
J'.
5. 31.
30
6, 2.
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6. 17.
15
6, 57.
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0
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518
T E M
vrai.
Histoire
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17-
4-5
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25
NOMS
des
Astres.
Markab. . .
La Comète,
et de i'Aigle
La Comète,
a de l'Aigle
La Comète.
a de rAic(Ie
AZIMUT
de
L' A s T R E.
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HAUTEUR
de
L'A s T R E.
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1 6. 34
environ.
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TEMPS
vrai.
H. M.
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30
I
7
NOMS
des
Étoiles.
a de l'Aigle
^ de i'Aigle
P> du Cygne (c) • • -
et. de i'Aigle
Enif de Pégafe ....
Enif .
a. de i'Aigle
a de i'Aigle
Claire du Dauphin ('t:/^
rt de i'Aigle
Enif
Enif
et de i'Aigle
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
M.
20
3°
5
6
13
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^.2 1
z6. y
26. 10
^.21
6, 22
* R.
*
8. 53 S.
6. 22
26. 1 6
26, 21
^. 25
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15. 3
6. i9i
25. 44
^. 22
6
25
43
15
47
52
18
-O. yW,
6, 22 ♦*
rt« /-'/î/j'.
/c^ De cette obfervation, Tyclio conclut qu'à S"* o', ou temps vrai à S^» 17', fa Comète çtoif
diUante de ê de Pégafe, de zd^ o' : je ne vois pas bien clairement la conféquence.
{dj Je crois que c'eft i du Dauphin,
f r
On avertit que la grofle horloge d'Uranibourg avançoit de 3^ i^' j
îe 2i Odobre à midi
3.6 Odobrer
DES Comètes,
1 6 Ocftobre.
î^9
Tycho continua d'obfèrver à Elfmbourg &: Ces deux dif-
cîpies à Uranibourg. Tycho ne fit aucune obfervation qui
puiiîe lèrvir à reélifier l'heure marquée par (on horloge. Les
dix premières diftances ont ctc prifes par lui avec le rayon
agronomique, les huit autres par Tes difciples avec le fextant.
Les hauteurs & les azimuts ont pareillement cté détermines
par içs difciples de Tycho.
TEMPS
de
!l'H O R L O G E,
H.
Af.
S'
6,
3y. 25
6. 14-. 50
TEMPS
Af.
5. 4.5. 56
6. I I. o
6. 22. o
7. 23. ri
NOMS
des
Astres-
oc de l'Aigle
La Comète.
La même . .
La même . .
AZIMUT
des
Astres.
V.
A-f.
19.
4.2.
44.
63.
20
30
O
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HAUTEUR
A s T K E s.
D.
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2
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I o
I I
I 2
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17
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TEMPS
de
l'Hoi Joe; ^,
H.
M.
15
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o
15
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30
35
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y-
TEMPS
H. M.
6.
6,
6.
6.
7-
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7-
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39
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5^1-
N O M S
des
É T o I L K s.
r de l'Aigle . . .
/i du Cygne . . .
^ de i'Aigle. . .
/î du Cygne . . .
La même
a. de lA'igfe.. .
^ de l'Aigle.. ^
^ du Cygne. •
y de la Flèche
^ de l'Aigle. .
a de l'Aigle. .
C de l'Aigle . .
(h du Cygne. .
È du Dauphin.
La même. . .
OL de l'Aigle. .
^ de 1 Aigle. .
La même . . .
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
3-
10.
3-
I I .
1 1 .
I 2.
3"
1 1 .
1 1.
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I r .
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I 2.
y
3'
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30
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35
50
5
50
38
37
32
1 1 .
12. 33
II. 43*
12. 22
3
1 1
20
20
1 2
31
37
38
41
34
3- 3
/'r^ Il doit y avoir ici Une fauie de Codifie, la diflauce doit être i r« ^^\
Tome L X x x
iîu plus.
530
Histoire
Tycho avertît qu'au moment de ia féconde obfervatîon ia
Comète étoit au-deiFous de l'Étoile , prefque dans le même
vertical.
La queue de ia Comète s'étendoit , dit Tycho , vers les
Étoiles de la Flèche, & principalement vers celle que Bayer
a depuis déligné par la lettre A
Les deux dernières oblervations dçs difciples de Tycho
font douteuiès , à caufe des nuages , qui , s'accumulant de
plus en plus , ne leur permirent pas de fuivre plus loin la
Comète.
27 Oélobre.
La Comète, vers p & 10 heures , avoit dépalfé fenfi-
blement la ligne droite , tirée de Ç de l'Aigle à /3 du Cygne,
ligne dans laquelle elle avoit été obfervée la veille. Une autre
ligne droite, tirée de la claire du Cygne à /3 de la même
conftellation , auroit paffe le 27 par le milieu de la Comète.
C'ell l'unique obfervation que la multitude àçs nuages ait
permis à Tycho de faire ce jour -là à Eilmbourg. Il revint
ie 28 à Uranibourg : les oblervations fuivantes font de lui.
Je continue à ne faire ufage que des heures marquées par
ia grande horloge.
2 8 Oélobre.
T
E M
de
P S
T
E M
P S
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0 R L
0 G E.
vrai.
H.
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37-
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20.
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55
9-
52.
0
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NOMS
des
Astres,
AZIMUT
de
l'A s t r e.
La Comète. ....
La même
oL de i'Aigie. . . .
La même
La même
La Comète
La même
CL de i'Aigie ....
La Comète.
La même . .
5^
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M.
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HAUTEUR
de
L'Astre.
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iiiMiirfWi<mKftf't»ifft'mvi-ii<wiiwiiftM>ii<iii iiuiiiffli* ^iit.wif Biiriifiii'v.-iHi«ffiaff.'gassmaBi.*iii«
DES Comètes.
^3'
TEMPS
de
l'Horloge.
H. M.
5- 3
5. 20
Idem.
5. 27
5>
38
7. 30
7. 35
TEMPS
vrai.
//. M-
7. 30
7. 48
presque,
7- 5 5
8. 3
8. 6
10. 2
10. 8
NOMS
des
ÉTOILES,
(^ de l'Aigle .
jS du Cygne .
^de l'Aigle.
/3 du Cygne.
La Lyre. . .
a. de l'Aigfe
iS du Cygne .
a. de i'Aigîe .
..s ^.i~^ ij....tM>.mcwu.iT!ai»a»
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX Étoiles.
D.
4.
I 2.
4.
I 2.
I 2.
21.
15-
16.
13-
13-
y1^.
25 R.
4(j R.
30 S.
48 R.
58 S.
35 S.
55 R-*
II S.
10 S.
4 R::
i^. 30 S.
J2C) 06lobre.
Z).
yj/.
4.
22
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4-
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44
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I I
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53
I 2.
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I^.
1 1
Al.
4. 22
21. 30
TEMPS
de
Il'Horloge.
H.
5
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5
6
6
9
9
9
9
I o
I o
I o
I o
M.
32.
43.
51-
3-
10.
18.
25-
19.
29.
39-
50.
o
25
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35
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15
45
o
10
55
25
o. 30
28. 5
43. 25
55- 45
TEMPS
H. M. S.
5'
19.
33
5-
38
9
5-
49
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9
23
0
9
32
. 29
9
57
. 38
10
1 1
• 31
10
22
. 45
NOMS
des
Astres.
a de i'Aigîe.
a de l'Aigle
a. de l'Aigle.
La Comète.
La même. . .
La même . . .
La même . . .
La même » . .
La même . . .
La même . . .
La même . . .
a de l'Aigle
La même . .
La même. .
La Comète.
AZIMUT
de
l'Astre,
15
18
2 I
47
49
51
53
92
94
96
98
81
87
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I I o
Al.
(f) O O.
30
o
o
o
o
o
o
o
o
o
41
o
o
15
HAUTEUR
de
l'A s T R E.
n. Al.
(f ) L'Étoile , die Tycho , pouvoit avoir paiTé cet azimut , mais de b'en
Xxx i|
s.
41
1 0.
40
43-
40
21.
44
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43
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42
19-
41
53-
20
4.
18
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17
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. 0.
15
0.
1 1
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o
o
o
o
30
o
o
o
o
o
o
o
o
o
50'
peu,
53^
Histoire
TEMPS
de
l'HorJoge.
H. M.
6.
6.
6.
7-
7-
7-
10.
I o.
38
47
7
19
38
5
46
TEMPS
vrai.
H. Aï.
7
7
9
10
22
3<5
39
48
I
37
14
N O M S
des
ÉTOILES.
(^ de i'Aigle . . , . .
/o du Cygne
CL d'Ophiuchus . . .
La même •
oL de l'Aigle
La Lyre
^ de l'Aigle,
La même. . .
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX ÉTOILES.
D. M-
5
5
13
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18
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18
18
17
17
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5
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40 S.
24 R.
45 S.
30 R.
o S.
32 R.
58 S.
18 R.
3 5 S.
55 R-
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45 S.
46 R.
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5. 36 *
5- 34
iJ. ykf.
au plus.
13-
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18.
38*
18
37-
18. 38 bis.
ly. 30
17-
1(5
20.
25 i
21. 3
Tycho dit que ia dernière obfervation de la didance de
la Comète à ia Lyre ed bonne j & qu'elle a été priie
deux fois.
Le 30 Oélobre, à midi, i'horîoge avançoît Je 45^ 40"»
3 o Oélobre.
T
E M
de
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T
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NOMS
des
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de
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vrai.
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D. M.
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a de l'Aigle
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34
La même .......
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La même ,... = ..
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La Ccmèie» .....
47- 0
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La même . . . . é . .
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42.
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8
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La même .......
53. 0
artiotfi
DES Comètes,
533
T E M P S
de
THorioge.
H. M.
6. 15
6, 23
6. 29
6. ^6
TEMPS
vrai.
n. M.
NOMS
âes
Étoiles.
6. 5
6. 11
6. 18
6. 24
a de l'Aigle.. . . . .
a. d'Ophiuchus . . . .
La Lyre
(h du Cygne ......
DISTANCES DE LA COMÉ 'Y E
AUX Étoiles.
D, M.
18
19
20
20
14
14.
41 R
5^ S
17 R
29 S
29 R
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17. I o
20. ad
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18. ^yy
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"r-r.«f<itrHTt\vTi>t«ffi'ff,^-™j<™''iMtT!^jjjw..AaiM.i»37..7Tyi^^^,rY.[''j'Tia.rfiTffrrn''^^
Le 3 I , à midi, i'horloge avançoit de i^ 45' lo'^.
3 î 06lobre*
Les azimuts, les Iiaiiteiirs & les huit premières diflances,
ont été prifes par les difciples de Tycho à Uranlbourg; ies
douze autres dillances , par Tycho à Eifmbourg,
T
L'H
E M P S
de
o R L o G E.
H.
M.
4
• 45
4
53
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29.
E M P 5
vrai.
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N C) M S
des
Astres.
AZIMUT
de
l' A s T R E.
a de l'Aigle
La même. .
La même . .
La Comète.
La même . .
La même . .
CL de l'Aigle
La mêm.e , .
La Comète.
La même . .
La même .
La même . .
La même. .
a de l'Aigle
D.
Aï.
15.
17-
19.
52.
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30
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o
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30
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o
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o
o
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HAUTEUR
de
l'A s t r e.
»tam°ji»»Yi»ifmr-.^»rY'w ti yiffi'MiiTTmairiTiiini
41. 8
40. 52
40. 24
42. 38
41. 32
40. 39
31. 39
30. 50
29. 3
27. 49
2 2. O \tcr
19. 54
I 8. 34
18. 41 I
/r.
534
H T s T 0 T R E
IT E M P
de
i'HoiIo^e.
H. M.
3
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5
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20
TEMPS
yj^.
9
17
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3^
4.()
5^
59
5
N O M S
des
• ÉTOILES.
DISTANCE SDE LA COMÉ
AUX Étoiles.
D.
M.
a de l'AioIe. . .
a d'Ophiuchus .
La Lyre
(h du Cygne . . .
a d'Ophiuchus o
a. de i'Aigle.. .
La Lyre
/3 du Cygne . .
a de i'Aigfe.. . .
CL d'Ophiuchus. .
^ de I'Aigfe. . . .
et de l'Aigîe.
|aa«i»agaguM^av-jj.Agi'ywjMW>~ j v^^rrmirrr.
La même ......
et d'Ophiuchus. .
La même
(h du Cygne. . . .
La Lyre
a de l'Aigîe. . . .
La même ' • • ! -*^*
(h du Cygne f 15
20.
16,
20.
16.
20,
20.
15-
rp.
19.
20.
15-
15.
15.
20.
20.
I
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45
45
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19.
55
15-
50
20.
2 2
15-
27
15-
4<S
20.
2
20.
17
15-
25
20.
10
15-
48
20.
34
20.
14
i? . AI.
Tyclio aîïïire qu'ii avoit vérifié Ton horloge fur le coucher
du Soieifc
Les diilances prifes par les difciples de Tycho , ne
paroiiT nt pas s'accorder bien parfaitement avec celles que
Tycho lui-même a déterminées.
La Comète étoit le 3 i Oc%bre à peu-près égale en gran-
deur à la claire de i'Aigle , un peu plus livide cependant :
elle n'éîinceloit point; on auroit pu la comparer à Saturne;
mais celui-ci la furpaifoit en éclat. La queue paroilToit peu ^
à caufe des nuages qui la couvroient fréquemment; elle
étoit plus vifible la veille. Tycho donne fouvent fa direélion
vers différentes Étoiles : ces fortes d'obfervations n'offrent rien
d'intéreffant. Je me contente de remarquer que des obfer-
vations de Tycho , il fuit que la queue de la Comète étoit
toyjolirs aiïez direélement oppofée au SoieiL
DES Comètes. 53J
I o Novembre.
La Comète parut vers l'occident, aiiffi belle qu'on l'avoît
vue le mois précédent : fa queue , très - aifée à diftinguer ,
étoit comme courbée dans fon milieu ; elle étoit plus large
vers fon extrémité que vers fa naiffance de la tête de la
Comète. Une demi -heure environ avant que les cornes du
Bélier paffalfent au méridien, c'eft-à-dire vers neuf heures
& un quart, une ligne droite tirée d'/ du Cygne à et de la
Lyre, &: prolongée au-delà de la Lyre, auroit pafTé par le
centre de la Comète ; & la diftance de la Comète à cl de
la Lyre, prife avec le rayon aftronomique, étoit de ix^ j'^
Cette obfervaîion, faite fur-tout au voifmîige de l'horizon,
ïfeft propre qu'à déterminer bien gro (fièrement le lieu de
la Comète. La longitude de cet aftre auroit été , félon cette
obfèrvation , de 8^ 20^ 42' 46'' , & fa latitude boréale,
de 42^ 37' 55" : en comparant ce réfultat à celui à^s
autres obfervations de Tycho , l'erreur doit être d'environ
un degré, tant en longitude qu'en latitude; la réfraélion,
dont on a négligé l'effet dans le calcul , ne peut être la feule,
ni même la principale caufe de cette erreur.
12 Novembre.
Tycho avertit que dans \qs obfervations Je ce jour,
faites avec ie fextant, il n'y avoif aucune parallaxe de l'œil
à corriger.
A 7^ 2 8' de i'horioge, Aîgénib de Pégafe paffa au méridien '.
donc temps vrai, 7^ 57' -• s"'
Î3^
H I s T 0 I R E
p«TV»M'!lwl'Ui».l«-»»l''t'>><»a«)-»<»»rirCT>'W»i>Tmy.^^
•o TEMPS
^ de
^ i'Horlogs.
H. M.
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4
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6.
6
6.
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6. 30
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5
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45
TEMPS
vrai.
H. /W.
6. 2f)
Idem>
6
7-
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7-
7-
7-
7-
7-
8.
8.
59
4
14
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34
48
54
9
î4
NOMS
des
Étoiles.
a. d'Ophiuchus
La iTiémc. . . .
a. d'Hercule . .
La même. ■ .
Cf. d'Ophiuchus
La même. . . .
La Lyre ....
(T d'Hercule- .
La même. . • .
e. d'Ophiuchus
La même. . . .
C de l'Aigfe, .
DISTANCES DE LA COMÈTE.
aIjx Étoiles.
M.
23
9
9
5
6.
19.
o
13
I 2
59
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16
48
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59
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30
R.
S.
R.
S.
R.
Z3. yv:f. ! -O
6. 8
8. 20
6. ^
23. 27
^^ y A ! 'mflant de cette quatrième obfervation , îa Comète étoit en ligne droite
avec la Lyre & a. d'Ophiuchus, plus haute que cette dernière Etoiie,
La queue de ia Comète avoit environ trois degrés de
longueur : quoiqu'elle fût encore fort rare , on la voyoit
^Tiieux ^ue \t^ autres jours , nonobflant le clair de Lune*
1 3 Novembre.
Markab paiïa au méridien à 6^ i 5' de îa pendule; iî
étoit donc alors 6^
45 25 temps vrai.
Ta.
O
TEMPS
de
f Horloge.
H. M.
6.
6.
7-
38
38
43
TEMPS
vrai.
H. M.
6, 5
7-
7. I
3
NOMS
des
Étoile
et- d'Ophiuchus
a. d'Hercule . . .
^ d'Hercule. .
La Lyre . . . . ,
a de l'Aîgie.. .
^^;..KjlMU|.J^.i(Jiy^^«l«^
DISTANCES DE LA COMETE
AUX ÉTOILES.
M.
5. 31
7. 16
9. 25
23. 44
33. 24
D. M.
5- 34
M.
Aux
DES Comètes, 537
Aux deux dernières oblervations , la Comète étoit bien
voifiiie de i'horizon : ces deux oblervations doivent paiTer
pour un peu équivoques.
1 5 Novembre.
A 4^ 55' de i'horloge , g de Pégafe pafla au méridien
avec 42^^ 9' de hauteur: on en conclut 5^ 16' 48" de
temps vrai.
o
TEMPS
de
i'Horloge.
H.
M.
5'
5-
6.
6.
3^
45
o
9
TEMPS
vrai.
H.
M.
5-
58
6.
7
6.
22
6.
31
NOMS
des
ÉTOILE
a. d'Ophiuchus . . .
a d'Hercule
ce d'Hercule
a d'Ophiuchus . . .
DISTANCES DE LA COMÈTE
AUX Étoiles.
Ai.
48 R.
54
5 5
48 j
:jui' nniMf&UMWM,
17 Novembre.
A 7^ 30' de l'horloge, et d'Andromède étoit au méridien;
II étoit donc en temps vrai 7^ 31' 32". Tycho ne prit ce
jour -là que deux diltances avec le rayon. A 7^^ 35' dé
l'horloge ou 7^ 3<^'r temp^ vrai, la Comète étoit à 4^ 28'
de la tête d'Ophiuchus, & onze minutes après, à 4^^ 28^
de la tête d'Hercule. Cette dernière Etoile étoit alors bien
voifme de l'horizon ; ce qui rend cette obfervation un peu
douteufè.
2 5 Novembre,
Le Vendredi 2 5 Novembre , vers 6 heures , Tycho faifant
voile d'Uranibourg vers le Schônen ou la Scanie , vit la
Comète comme une Étoile de la féconde grandeur. Elle
étoit plus balTe que ia tête d'Hercule , dont elle étoit
Tome J, ^YJ
M.
D. M.
^38 Histoire
diftanie d'environ un degré &: demi : une ligne droite tirée
par cette Étoiie 6c par la Comète auroit atteint y du Cygne.
Celte diflance & cet alignement donneroient à la Comète
8^" 11^ 10' de longitude, & 38^ ^^' 50" de latitude
boréale.
I 2 Décemibre.
\-Qs obrervations fuivantes font d'un difciple de Tycho.
z
T E M P S
de
THoricgc.
H
T E -M P S
vrai.
N 0 M S
ÉTOILES.
DISTANCES DE LA
AUX É T 0 I L
COMÉTE
E S.
<
H. I-:.
D.
D. M-
-•-'■
I
3
I 8. 25
18. 42
18. 49
18. 25
18. 42
18. 49
jc d'OpIliucîiUj. . . .
y d'Ophiuchus ....
CL d'Ophiuchus ....
7. 29 K.
14. 45
16. 0 *
8. 20
15. 27
Les 18, ip (Se 20 Décembre, & \qs jours fui vans ,
Tycho (Se i^i diiciples cherchèrent en vain la Comète.
Hévélius dit cependant que Matthias Meine i'obferva jufqu'au
I I , ou même jufcju'au 14. Janvier 158 i.
DES Comètes. 539
Table des lieux de la Comète de i J 8'o ,
calcidés fur les Ohfervations de Tycho.
JOURS
des
Mois.
Oa. 10
I I
I 2
21
z6
28
29
Nov. 1 2
13
15
17
Dec. 12
TEMPSTEM PS
vrai.
H. M.
moyen.
H. AI.
7. II
7. 38
7- 31
8. 21
8. 44. i
7. 41
8. 7
8. 22
7. 16
7. 58 f
8. 34
I r. 46
8. 5^
9. II
^. 30
9. 27
9. 30
6. yz
8. ^
10. 8
7. 19
^. 18
8. 21 J-
8.45
14
7
47 T
33
4^
6.
7-
9-
7-
7-
7-
8.
7-
7-
8.
1 1.
6.
9-
9-
5^
23
31
16
29
26
52
y
o
42
18
30
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55
14
1 1
14
6. 1,6
7. 50
9. 52
7. 3
^. 2i
8. 5
8. 29!
7- I
6. 55
5- 55
7- 3 5
8. 33
8. 4^
rt.',*'am"Jim'j'Ni'"r 'fi-ju
OBSERVAT,
de Tycho,
comparées.
2.= & 3.^
4.^ & 5.^.
2.^ <5c 3.*.
7.= & 8.^
Markab méd
i.^= & 2.^
3.^ &4.= ^
Markab méd
I." & 2.^
Médiat. . .
5." 6.^ & I
14.*
2.^ & 3.^
Algénib med
4.^ & 5.^
lo.'&ii.Y/i)
d.^ & 8.'
ii.^&i3.Y4;
5.^ & 6.^
7."^ & 8.*
5." & 6."
i." & 3.^
i." Vertical ^^;
17.' & 18.".
3.^& 5.^ .
i.'" & 2.^.
I." & 2.^ .
I.'^ & 2.^ .
i.^^ & 2.^ ^/4;
2.^ & 3.^ ('a;
SlJBli.Ji'lm'tAI^MLH.S'.t-^VJJI
LONGITUDE
de
la C O iM È T E.
n. AI.
S.
36.
44.
7-
24-
13-
13-
13-
9-
9-
9-
S-
5-
5-
I.
I .
o.
o.
14.
14.
14.
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16.
I 6. 46.
II. 47.
15-
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7-
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5
14.
5 5-
20
15-
^5-
s!
44
0
I >•
30.
37
26.
52-
50
26.
53-
27
26.
41.
40 .
34.
26.
40
34-
24.
10
39-
1 1.
20
39-
10.
I 0
40.
18.
20
40.
33-
0
40.
42.
30
41.
I .
20
41.
28.
5^
41.
18.
20
41.
-5
41.
14.
0
40.
40.
1 0
40.
23-
:) ■
44.
40
o{l)
24.
!/•
0
fîj De la cortihinairon des deux mêmes obfervations deuxième & troifîème , Tvclio
conclut la longitude de la Comète en ii^ 13'! 25'; détermination qui s'accorderoit
Yyyij
540 Histoire
Dans la Table précédente, i'expreffion med. owmédiaî.
dénote que la pofition coiTefpoiidante de la Comète a été
conclue de la médiation de la Comète ou de fon paffage au
méridien combiné avec le palTage d'une Etoile fixe , dont
je nom précède ladite exprefiion. On a auiîi employé une
fois le patîage de la Comète par le premier vertical , pour
"* déterminer la longitude & fa latitude. Mais ces détermina-
tions font les plus incertaines de toutes ; Tycho fe déficit
lui-même de l'exaélitude de i^s obfervations de patfages au
méridien ; il recommande de s'en rapporter aux feules ob-
fervations à^s diftances.
Halley a calculé l'orbite de la Comète de 1580 fur les
obfervations de Mefllin , \ç:s moins mauvaifes dont il eût
connoifTance : j'ai appliqué fa théorie aux obfervations de
Tycho ; j'ai trouvé des erreurs de près d'un degré. Je me
fuis déterminé en conféquence à calculer de nouveau \t^
élémens de l'orbite de cette Comète fur les obfervations de
Tycho ; mais quelque foin que j'y aie apporté , je n'ai pu
concilier le calcul avec les obfervations qu'à 10 ou \%
jninutes près. Voici le réfultat de mon travail :
Lieu du nœud afcenJant 0^19*^ y 37".
Inclinaifon de l'orbite à l'éciiptique. .. . 64,. 51. 50.
Lieu du périhélie 3, 19. 11. 55,
Logarithme de la diflance périhélie.. 9,774903.
Paffage au périhélie en Novembre. ... 28' i 3'' 54.'.
Sens du mouvement Direél.
Cavitelli divife en deux la Comète Je lySo.
I 58 I. Au mois de Septembre, on vît une Comète en
Cavît. Normandie , & dans \ts provinces circonvoifmes.
beaucoup mieux que la nôtre avec les deux autres rélultats que nous avf «s propofés
pour te même jour. Tvcho avoit apparemment corrigé la diftance prife entre Algénib
& la Comète , ;iutrement il fe feroit trompé de 20 minutes.
(k) Les obfervations , marquées de cette lettre , ont été faites , non par Tycho , mais
par ^t% diiciples.
( l) De ces deux mêmes oblervations TycFio conclut la longitude de la Comète de
S*" 3<i 50' 30" & fa 'atitude de zû/^ 17' : il avott peut-être fait aux obfervations à^i
corredions qu il ne nous a pas commUHiqué«»
DES Comète s. 54 i
1582. * Première Comète.
En parcourant ies Annales du monde , nous avons fou-
vent accufé le filence des Auteurs su fiijet de l'apparition,
du lieu , du mouvement & des autres phénomènes des
Comètes. Inflruits par les détails qu'ils auroient pu nous
tranfinettre, combien d'orbites de Comètes n'aurions - nous
pas calculées ! la théorie de ces Aftres leroit peut-être main-
tenant aufîi perfeélionnée que celle àes Planètes. Je fuppofe
que les détails de ces Auteurs euifent été exacls, &: par
conféquent réfléchis : car loriqu'un Ecrivain , entraîné par
des préjugés , Toit contraires , loit même conformes à la
vérité , ne fait attention aux phénomènes , qu'autant qu'ils
peuvent appuyer l'opinion qu'il a embralîée au haiard , il
rapporte tout à ce but ; il traite légèrement , négligemment,
fauflement même les circonllances qu'il juge étrangères à
ion objet. Souvent un tel Ecrivain nous auroii éié plus
utile par fon filence, que par des détails ir;a!liables de laits
contradiéloires. Tel a vrailèmbiablement été Antoine San-
tucci de Ripomaranci. Il entreprit de prouver, veïs le com-
mencement du dix-fepiième fiècle, que les Comètes étoienî
fupérieures à la Lune; leur défaut de parallaxe lormoit fa
preuve la plus démonftrative : julque-là Santucci ne mérite
que des éloges. Mais rempli de ce ïeul objet, Santucci paroît
avoir négligé tout le refle; les dates iur-tout fembleni être
pour lui des circonflances abfolument indifférentes. Aijifi il
rapporte à l'an i 55)7, l'apparition d'une Comète, obfervée
bien certainement en l'année précédente. Ainfi au mois de
Mars 1582, il règle le lieu du Soleil furie Calendrier
Grégorien , qui ne fut établi qu'au mois d'Oélobre de la
même année. Ces anachronifmes ne me permettent pas de
faire ufage de l'obfervation d'une Comète qu'il dit avoir
faite au mois de Mars 1582: qui nous aiîurera en effet
qu'il n'y a point d'erreur lur la date de l'année \ Santucci
obfervoit à Rome à la Trinité du Mont : « Au commence-
ment du mois de Mars , dit-il , le Soleil fe trouvant en i z «
J42 Histoire
s» degrés àçis Poiflbns , ia fource de l'éclat ( e'eft-à-dîre la tête )
» de ia Comète étoit veri ie commencement du Taureau.
»> Elfe parut d'abord le matin , fur l'horizon oriental , avant le
» lever du Soleil. Le lo Mars, le Soleil étant en 20 degrés
« àiQs Poiflbns , la têie de la Comète étoit en 6 degrés du
>» Taureau ; fa diftance à l'Equateur , du côté du nord , étoit
» précifément de \j^ o\ Le même jour le Soleil fe coucha à
» 5^48': mais la tête de la Comète pafla au méridien à 2^
» 50', & fe cacha fous l'horizon, du côté de l'occident, vers
» 10 heures. Le Soleil fe leva à 18^ i i', & la Comète 4^
I g' avant midi ». Santucci ajoute que cette Comète fut vue
jufqu'au milieu du mois d'Avril, que fa queue avoit x6
degrés de longueur, que la Comète même étoit moins lon-
gue (Se moins grofle, mais plus éclatante que celle de i 577,
Santucà ^^' -^^ Soleil au commencement de Mars, (le 2 Mars,
sap. xiir, nouveau ftyle ) étoit, lelon Santucci , en 12 degrés.^ des
PoifTons , Se la Comète vers ie commencement du Taureau:
donc la Comète étoit de près de 50 degrés plus orientale
que le Soleil ; comment a-t-eiie pu être obfervée le matin ,
du côté de l'orient , avant le lever du Soleil ! Dira-t-on que fà
déclinaifon boréale pouvoit être aflez forte , paur qu'elle
parût avant le Soleil fur l'horizon \ Cela pouvoit être Ç^lus
doute. Mais en premier lieu dans cette hypotheie, la Comète
auroit été bien pks vifible le foir que le matin : pourquoi
donc un Aftronome nous dit-il fimpiement qu'on ia voyoit
d'abord ie matin \ De plus , fi eiie fe montroit réellement
le matin avant le lever du Soleil , quoique de 5 o degrés
plus orientale que cet Aftre , elle devoit paroître vers l'ho-
rizon feptentrional , plutôt quau-dejfus de l'horiipn oriental.
Enfin, en admettant qu'au commencement de Mars la Comète
avoit 40 degrés de déclinaifon , & que le i o du même mois,
comme ie dit Santucci, elle n'en eut plus que 17, fon
mouvement en longitude ayant été aiïez lent, quoique félon
î'ordre des fignes , elle a dû varier beaucoup en latitude du
nord au fud ; elle a dû paffer bientôt au fud de l'écliptique,
fe perdre dans les rayons du Soleil &: ceifer d'être vilible
DES Comète s. 543
bien avant ia fin de Mars ; & cependant on nous dît qu'elle
a paru jufqu'au milieu d'Avril. Outre ia confufion des deux
calendriers , que j'ai déjà relevée , on pourroit demander
encare comment Santucci a déterminé l'heure du lever de
ia Comète & celle de fon pafîàge au méridien \ tout cela
eit arrivé de jour ; la Comète étoit-elie vifjble en plein jour,
même à l'horizon \ Comment une telle Comète a -t- elle
échappé généralement à tous \qs yeux , excepté à ceux du
feul Santucci! Celui-ci ne dit -il pas en effet qu'elle éîoit
fupérieure en éclat , même à la Comète de 1577! Ces
raifons, & d'autres fur iefquelles je pourrois encore infifter,
m'empêchent de décider fi la Comète , obfèrvée par Santucci
en Février ou en Mars 1582, eft la même qui fi.it obfèrvée
deux à trois mois après par Tycho. Struyck difi;ingue cqs
deux Comètes; il a probablement raifon. Cependant j'ai
calculé l'orbite de la Comète de Tycho de différentes ma-
nières; & j'ai trouvé une théorie, félon laquelle la Comète
ie I G Mars étoit en 6^ ^' du Taureau , c'efi-à-dire , affez
précilément au lieu où Santucci obferva la fienne ie même
jour. De plus , félon cette même théorie , la Comète de
Tycho étoit au mois de Mars bien plus voifine de la Terre^
que iorfque Tycho la perdit de vue dans le crépufcule , au
mois de Mai ; elle étoit donc vifible en Mars. Mais elle
n'avoit point encore alors paffé par Ion périhélie , & fa dif-
îance, tant au Soleil qu'à la Terre, excédoit celle de ia
Terre au Soleil : comment accorder ces circonflances avec
l'éclat qui caracftérifoit , félon Santucci , ia Comète du mois
de Pvlars ! De plus , la Comète de Tycho , ie i o Mars ,
( ftyle de Santucci ) , devoit avoir 41 degrés de déclinaifbn
iioréale, & celle de Santucci n'en avoit que 17 f/jj. Enfin,
ia Comète de Tycho a dû difparoître avant ia fin de Mars;
& Santucci fait durer l'apparition de la fienne jufqu'au milieu
('nj On pourroit peut-être dire qu'il s'efl; gliffé une erreur dans le narré de
Saritucci , qu'il faut y lire que la Comète étoit diilante de 17 degrés ( non de
l' Équareiif , mais) de l'Ecliptiquer l'obfervation s'éloigneroit aiors moins du
calcul. Mais alors la Comète Te Teroit couchée bien après i o heures.
544 Histoire
d'Avril. Si donc îe récit de Santucci eft vrai dans Çqs prin-
cipales circonflances , on ne peut fè difpenfer de reconnoître
qu'il a paru deux Comètes en 1582; l'une au mois de
Mars, vue par Santucci; la féconde, vifible peut-être en
Mars , mais trop foible alors pour être facilement décou-
verte, invifible en Avril, vifible de nouveau en Mai, &
réellement obfervée par Tycho en ce dernier mois : car
Tycho ne fe contentoit pas de voir , il a circonftancié
celle-ci mieux que Santucci n'a fait celle du mois de Mars.
1^82. * Seconde Comète.
« On vit une Comète au mois de Mai, dans le 12.®
" degré à^s Gémeaux , près de l'Etoile appelée la Chèvre :
^ elle avoit une queue rayonnante , qui s'étendoit par-deffus
C^mhdat. Eiii. & au~delà de l'épaule droite du Cocher. » Elle fut obfervée
à Gorlitz dans la Liiface , entre les épaules du Cocher , de-
Myiius. puis le 12 jufqu'au 23 Mai. A Tubingen on la vit le ij:
Crufius,P.IlI, Mai dans même lieu du Ciel; elle étoit fort grande. La
U. Xil. pjij^ longue durée qu'on accorde à fon apparition , n'excède
Hennenf.Caviu pas quinze jours. C'efl fans doute cette Comète, & non la
précédente, qu'on obferva en Chine, en la r^'' année du
Coiifet, 72.^ cycle. Nonobflant la force du crépuicule, qui vers le
milieu de Mai n'a d'autres bornes en Danemarck que celles
de la nuit, Tycho découvrit cette Comète, & l'obferva à
Uranibourg depuis le i 2 jufqu'au i 8 de ce mois, ^qs ob-
fervations font extraites du manufcrit dont j'ai parlé ci-dedus;
elles n'ont point encore été communiquées au public. Tycho
aiïure qu'elles ont été faites dans la plus grande précilion ,
de manière qu'il n'y a pas même une minute d'erreur, fur-
tout par rapport à celles qui ont été faites avec le fextant :
ii ajoute que les temps à^s obfervations font pareillement
afiTez précis.
12 MaL
A I o heures &: demie , la Comète étoit alTez voifîne de
jlîorizon ; elle tengit à peu-près le milieu entre les Etoiles
de la
D E s C 0 M E T E s.
'ée la deuxième & de la troifième grandeur: fa couleur étoit
livide, fa queue tournée vers (è du Cocher.
■auiUAJUBLiusa&H
B-
' o
O
TEMPS
de
l'H o r l o g e,
H.
M.
10.
lO.
lO.
1 1.
1 1.
1 1,
47
o
3
NOMS
des
Étoiles.
La Chèvre. . ..
^ des Gémeaux
/S des Gémeaux
La Chèvre. . . .
La Chèvre. . . .
La Chèvre.. . .
LEUR DISTANCE
à
fa Comète.
/;.
Ai.
10.
10.
10,
10.
50
32
47
37
3^
R.
Les deux dernières obfervations font moins certaines que
îes autres; la Comète, trop voifine de l'horizon, avoit peu
d éclat. A 11^ 18' un difciple de Tycho trouva la diftance
de la Comète à la Chèvre de 10^ 45^ Le milieu de l'ex-
trémité de la queue étoit diftant de 2 à 3 degrés de i3 du
Cocher; la queue fe terminoit prefque verticalement au
delfous de cette Etoile : la Chèvre étoit éloignée de 5 degrés
de la partie de la queue la plus voifine d'elle.
Comparant enfemble la première & la deuxième obfer-
vation, on trouve à 10^' 49^» 2.^ 10^ 54' 33" pour longi-
tude, & 13'' 11^ 3" pour latitude boréale de la Comète;
& c'efl ce que donne la théorie que nous propoferons ci-
deffous.
13
lai.
A 10^ 32^ du ibir, la Comète étoit haute d'environ j
degrés , & avoit environ 23 degrés d'azimut du nord à
î'ouefl. Cette obfervation fut faite groffièrement : îes nuages
qui furvinrent ne permirent pas de s'affurer mieux du lieu
de la Comète. Une telle obfervation ne peut être employée
Tome L Z £ z
5^6 Histoire
pour la détermination de l'orbite de la Comète; elle don-
neroif fon lieu en 2^ i i'^ 33' & fa latitude boréale de i 5^
3-7', ce qui ne s'écarte pas d'un degré àe.s déterminations
que fournit la théorie : cette précilîon eil; bien luffifante pour
une obfèrvation auffi imparfaite.
17
Mai.
Z
TEMPS
de
O l'Horloge.
TEMPS
vrai.
4
6 !
7
î o
1 1
1 2
14 j
18 I
1 9 !
/W. X
4.0. 30
51- 57
o. 10
6. 20
8. o
11. 10
14. I o
17. 50
22. 20
24. o
27. 30
32. 30
46'. 50
4<^. 52
12. 10
20. I o
Q.i), O
47. 50
II. 50
/^. M-
I I. 0. 41
II. 7. 42
ï I . 25. 36
II. 47. 29
12. 30. 5
13. 12. 54
NOMS
Astres.
DISTANCES
fa Comète.
/â des Gémeaux . . .
La Comète
a. de la Couronne . .
/J des Gémeaux.. . .
ût du Serpent
/J des Gémeaux. . .
La même
La même
La même
/S du Scorpion. . . .
La Chèvre
/3> du Cocher. . . . .
a du Scorpion. . . .
La Comète
/S du Cocher
La Chèvre
La Chèvre. ......
La Comète
/2> du Cocher
D.
30. 40 S.
30. 42-
30- 37
30. 37
30. 42
30. 37
3. 52
4. 39
4. 42
3. 50
AZIMUT
des
Astres.
D. M.
2 i . 30 O.
O. O
o. o
o. o
o. o
II. 23 o.
o. o
o. o
o. o
HAUTEUR
des
Astres.
D. M,
î 2.
27
10. II
II. 16
9. 3e
Les trois derniers palîages au méridien ont été pris aa
nord fous le pôle* Les autres azimuts de la Comète font
comptés du nord vers l'oued.
La têie de la Comète égaloit à peine l^i Etoiles de la
«quatrième grandeur ; fa queue , longue au plus de trois
DES Comètes. 547
degrés , & très - rare , étoit tournée vers (è de la grande
Ourle.
Comparant \qs trois derniers paiïàges au méridien , ob-
fervés par Tycho , c'eft-à-dire les oblèrvations dix-feptième,
dix-huitième & dix-neuvième, on trouve la Comète en 2^
ip^ 23' 40" avec2o'^ 3 5' 50" de latitude boréale, à i 2^
47' 50", temps de la pendule, ou à i 2^^ 44' temps moyen.
Mais cette détermination efî: alfez incertaine, de légères erreurs
dans \qs temps des paiïàges occalionnant des erreurs bien plus
iènfibles dans les réïultats. Cette méthode eft regardée main-
tenant comme la plus allurée de toutes ; mais c'eiï: que nous
avons dQs quarts-de-cercle, foit hmples, foit muraux^ dQS
micromètres , des machines parallaéliques , des horloges à
pendules, inconnus à Tycho, & des inflrumens bien plus
parfaits que les {lens. Ce grand Aiïronome nous avertit lui-
même de nous défier de {^s obfervations de paiïàges au
méridien , & de nous en rapporter plutôt aux diiïances ob~
fervées avec le fextant. En effet, la hauteur méridienne de
ia Chèvre fous le pôle, telle que Tycho la détermine, eft
certainement trop forte de plus de 50 minutes : qui nous
afTurera que celle de la Comète eft exaéle , ou du moins que
i'on peut corriger une erreur par l'autre ! Cette obfervation
du paiïàge de la Comète au méridien , ne m'a cependant
pas été inutile. Dans les obfervations des diftances , la
Comète étoit fort près de la ligne droite , qu'on fuppoferoit
tirée par les Étoiles auxquelles je voulois la comparer , &
Tycho ne nous dit point fi la Comète étoit au nord , ou au
fud; à droite ou à gauche de cette ligne. Ainfi les feules
diftances obfervées ne fufîifoient pas pour déterminer le vrai
lieu de la Comète ; je trouvois par-tout deux folutions : les
faufîes folutions s'accordoient mal entr'elles ; mais \qs vraies
ne s'accordoient pas non plus bien parfaitement. Le réfultat
des paiïàges au méridien & des hauteurs méridiennes , m'a
pleinement décidé. Je n'ai pas pofé pour principe que l'info
îrument de Tycho fût bien orienté; j'ai fuppofé feulement
qu'iln'étoit pas irop éloigné du plan du méridien, & qu'il
Zzz ii
'54B H r s T 0 T n E
étoit fixe ,- au moins durant l'intervaile des troîs dernières
obfervations méridiennes. Dans cette ruppofition , Tycho
aura obfervé le paflas^e des Étoiles & de ia Comète par un,
vertical , peu éloigné du méridien , à une allez grande dis-
tance du pôle & du zénith. En conféquence j'ai pris la diffé-
rence du temps dQs paifages pour celle d'alcenlion droite ,
& la différence àes hauteurs pour celle d^s déclinai Tons ;
ie réiultat ne pouvoit être fujet qu'à quelques 8 à 10 minutes
d'erreur.
Mais les foîutions , que ce réfukaî m'a fait reconnoître pour
vraies , ne fe font pas auffi parfaitement accordées que je
i'aurois defiré. En combinant [es neuvième ôc onzième ob-
fervations, je trouve à i i^ zo' \ temps moyen, 2^ ip^
8' 47" pour longitude, & 20^ ly' 20" pour latitude nord
de la Comète ; mais de la comparailon des obfervations
onzième & douzième, on conclut la longitude, à i i^ ^'y'i:
temps moyen, en 2^ i^^ i 5'/", & la latitude de 20^ 24.'
\i o". En cinq minutes de temps , la Comète ne pouvoit
avoir fait autant de chemin. Le choix entre ces deux déter-
minations n'efl pas difficile à faire. Le lieu de la Comète
étoit tellement fitué à l'égard de la Chèvre & de jS des
Gémeaux , que la moindre erreur , dans l'obfervation des
^iftances , en occafionnoit une très-fenfjble dans la longitude
& la latitude de la Comète : j'ai fait varier Teuiement de
deux minutes la diftance de la Comète à (è> des Gémeaux ;
& j'ai trouvé 2^ icj^ 15' 15" pour longitude , & 20^^ 26'
33" pour latitude de la Comète; la longitude ell plus avan-
cée de 6 minutes, & la latitude augmentée de plus de ^
minutes. La Comète n'étoit pas dans cette pofition à l'égard
de la Chèvre & de j8 du Cocher ; \es erreurs de la longi-
tude & de la latitude conclues, n'excédoient guères celles
que l'on auroit fuppolees dans [es diltances. Ajoutez à cela
que le réfuitat des diflances de la Comète à ces Etoiles ^
paroît confirmé par la comparailon des palîages de la Comète
& de ces deux mêmes Etoiles au méridien. Donc pour éta-
blir la théorie de l'orbite de cette Comète, j'ai fuppoié que
D E ^ Comètes. 549
îe 17 Mai, à 11^ 25' temps moyen, la longitude de ia
Comète éîoit en 2^ i^' 15'^, & fa latitude boréale de
20^ 24' -i.
1 ycho avertit qu'au midi fuivant , ion horloge avançoit
de z^ (econdes.
18 Mai.
z
o
b
TEMPS
marqués
par T V C H o,
H.
10.
10.
10.
33- 30
54.
NOMS
àes
Étoiles.
/i des Gémeaux.
La même
/S du Cocher. . .
La même
LEUR DISTANCE
Ja C o M È T E.
D.
M.
29,
29.
3-
3-
47 S.
22
24 -i B.
La tête de la Comète étoit fort petite , ce qui empêche
Tycho de donner ces obfervations pour auffi exaéles que
celles du 17 Mai. Auffi, (oit à caufe de la peîitefFe de la
Comète & de fa trop grande diflance, foiî parce que le
crépuicule augmentoit toutes içs nuits, foit plutôt par l'union
de ces deux caules , il ne fut plus poffible de découvrir la
Comète.
Je iuppofe la dillance de la Comète à /2 des Gémeaux
de 2p^ 52', en prenant un milieu entre hs deux premières
obfervations, <Sc la diflance à /S du Cocher de 2^ 22', telle
qu'elle a été oblervée avec le fextant , je trouve deux folu-
îions; l'une àçs deux fuppoie un mouvement manifestement
trop précipité dans une Comète qui paroifioit s'éteindre.
L'autre folution efl; qu'à lo^ ^6', la Comète étoit en z^
2.0^ 2^' 24" , avec 21^ I 5' I 5" de latitude boréale»
Elémens Ae la Comète de i j 82,
Lieu du nœud afcendant 7^ 21^ y
Inclinaifon de l'orbite 5i. 2-7.
Lieu du périhélie , . 8.
•2"
20
50.
Î0 =
^JO H I s T 0 I R E
Logaritlime de la diflance périhélie 9,353522.
PafTage au périhélie en Mai <5' 16'^ 9'.
Sens du mouvement Rétrograde.
La détermination de l'orbite d'une Comète, qui a été vue
peu de jours , & dont le mouvement apparent n'a pas été
fort précipité , ne peut être regardée comme fort exade , la
Comète de 1582 en fournit un exemple bien frappant.
Qu'on fuppofe le 17 de Mai ia longitude & la latitude de
îa Comète, telles qu'on les conclut de ï^s diftances à la
Chèvre & à jÔ àç^s Gémeaux ; la différence entre cette iuppo-
fition & celle que nous avons admife , n'eft que de 6' 20"
en longitude, & de 6' 50" en latitude : voici la théorie
qu'on conclura de cette nouvelle fuppofition , en iailfant
intaéîes les déterminations établies pour le i 2 & le i 8 Mai.
Cette théorie repréfente la longitude de la Comète oblervée
le I o Mars ( nouveau ftyle ) par Santucci ; mais elle donne
une latitude fort différente de celle que Santucci a déterminée.
Lieu du nœud afcendant 7^ 4,'^ 4.2' 3 5".,
Inclinaifon de l'orbite 59. 29. 5'-
Lieu du périhélie 9. 11. 26. 45.
Logarithme de la diftance périhélie 'è,6ciiy<f/^.
Paflage au périhélie en Mai # . 7) 8'^ 30'.
Sens du mouvement . Rétrograde.
1584. LeovJtius avoit prédit pour cette année l'appari-
tion d'une grande Comète; fon Allrologie s'efl; trouvée en
défaut.
N. B.
J'empîoîrai dorénavant le nouveau flyle, ou le flyle Gré-
gorien , fi je n'avertis du contraire.
'^ *
1555. '
Tycho multiplia extrêmement \gs obfervations de cette
Comète : non - feulement il prit fouvent la diflance aux
Etoiles fixes ; il compara de plus la Comète foit à Aldéba-
ran , foit à la claire du Bélier , prenant avec ài^s armilles les
T>Es Comètes, 551
iJiftances horaires de ia Comète & de ces Etoiles au niéri-
dien , pour en conclure directement la différence d'afcenfion
droite entre la Comète & \qs Étoiles : on prenoit aux mêmes
inllans & avec Iq^ mêmes inftrumens la déciinaifon de la
Comète. Ces oblervations fe faifoient toutes en même temps,
foit par Tycho , foit par Tes difcipies ; on les réitéroit, on
employoit àes inftrumens diflerens , afin que ÏQs réfultats
fufTent moins équivoques. Le détail de ces opérations occupe
un très -grand nombre de pages dans le manufcrit déjà cité.
Tycho a calculé lui-même divers lieux de la Comète ,
fur un certain nombre d'obfervations cholfies ; \qs voici tels
qu'il les a publiés. J'ai aperçu quelques légères différences Tych. epifi,
entre le manufcrit & l'imprimé; la préfompîion doit être V'^^''^"
fans doute pour l'imprimé, je l'ai fuivi. Les temps font dé-
terminés par Tycho.
JOURS
Mois.
TEMPS
vrai.
LONGITUDE
de
ia C 0 M È T E.
LATITUDE
de
ia C 0 M Ê T E.
H.
M.
S.
D. m: s.
D.
yjf. X 1
Od. 28
I 0.
15
0,
I c). 29. 30
3-
29. 45 A. j
12.
43
0.
19.
42. 20
3-
25-
0
13-
30
0.
19.
45. 40
3-
24.
0
30
I 2.
16
0.
23
45. 0
I .
39.
0
13-
15
0.
23.
51. 0
I.
36.
0
Nov. I
I 0.
6
0.
27
20. 0
0.
7-
0
13
15
0
27.
30. 15
0.
I .
10 A.
16
10
0.
^7-
42. 15
0.
3-
0 B.
14
7
5
13
I 2. 40
6.
18
30
I 0
35
13-
1 6. 20
6.
19.
30
, M
7
50
14
3. 50
6.
3<^
^° i
I I
31
14
10. 30
6.
3?
0
13
30
> 14
T4. 30
6.
38
20
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5
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49. 0
6.
51-
0
I I
42
r 14
. 58. 0
6.
54
30
14
• 55
• 15
• 3- 15
6.
59
0
^7
7
8
• 19
. 16
• 15
• 15
. 34. 0
. 3<3. 20
7-
7-
4
6
40
3<^
15)
8
1 1
. 1(5
. <^6. 20
7-
3^
30
9
. 30
• 17
0. 0
7-
32
0
22
8
9
= 48
20
. 18
. 18
. 44. 30
. 46. 30
8.
8.
7
7
0
0 B.
h f
^<^% Histoire
La Comète durant les premiers jours de Ton apparition ,
égaioit Jupiter en grandeur ; mais ^\\q avoit moins d'éclat :
fa lumière étoit terne; on pouvoit la comparer à la nébu-
ieulè de l'Ecreviiïe. Elie n'avoit ni barbe , ni queue : ie 3 o
Octobre & le i.^^ Novembre feulement , on en voyoit
fortir un rayon très-grêle & difficile à découvrir, de la lon-
gueur d'une palme au plus.
Le mauvais temps ne permit pas à Tycho de découvrir
îa Comète avant le j| 06lobre ; le favant Landgrave de
Hefle, & Chriftophe Rothmann fon Aiironome, fa voient
obfervée dix jours plus tôt. Le Landgrave , alors abfènt de
Cafî'ei , la jugea le 1 8 Oc1:obre , à p heures du foir , en
I i^ 2j^ 13' avec une latitude auflraie de 14^ o^; le 10,
en I i^ 25^ 50' avec 13^ 6^ de latitude; eniin, le 20 au
Tych. ep!jl foir, en o^ 2 l'î, & avec 4 degrés de latitude auftraïe. Cette
dernière détermination n'a été faite que d'après des aljo-ne-
Diens rapportés fur un globe ; elle eil; bien certainement du
Landgrave ; les deux autres obfèrvations pourroient bien être
de Rothmann.
Rothmann obfervoit à CaiïeL Voici Çqs obfèrvations &
Snell. leurs réfultaîs, calculés par Rothmann lui-même.
IJOURS
ides
IM O I s.
Od.î8
19
HEURE
Rothmann
H.
M.
I I.
I I .
7'
7-
I r.
I I.
13.
7"°
7-
9-
9^
ÏO
45
55
4.0
50
25
30
10
13
o
NOMS
Étoiles.
ce du Bélier. . .
Markab
Markab . . . , .
et du Bclier. . .
a. du Bclier, . .
Markab . . . . .
a. du Bclier. . .
Markab . . . . .
a du Bclier . . .
Markab . . . . .
Ci du Béiier . . ,
Markab
LEURDIST.
à
la Comète.
LONGITUDE
de
h Comète.
D.
45
33
33
42
4.2
33
41
33
3^
3 3
3^
33
/W.
. 1^1
• 43 4
. 2 1
• 3^
• 9
. 19
• 55
• 17
• 47
. 10
• 55
. iz
1 1,
l I
1 1
1 1.
o.
M.
23. 9. 2
25. 47. 41
2(5. 14. 57
2(J. 28. ^
50.
ï. 40.
4
LATITUDE
fa Comète.
y^/.
n
I 2
I 2
I 2
î O
10
52.
49'
52.
48.
9 A.
20
43. 57
25 :
JOURS
DES Comètes.
JOURS'HEURE
I félon
Mois.
N O IVl S
àts
ÉTOILES.
LEUR DIST.
à
ia Comète.
H.
Al.
Oa.24
!Nov. I
I 2
14
I I
I I
15
16
9
15
ï 5
15
15
7
7
7
7
7
7
o 'a du Bélier
5
55
I
o
8
6
I o
7
I I
36
41
37
43
25
30
Markab . . .
et du Bélier.
CL d'Andromède
> de Pégafe .
CL du Bélier . .
Aldcbaran. . .
CL du Bélier. .
Aldébaran. . .
a du Bélier. .
a du Bélier. .
Algol Médus
oL du Bélier. .
Algol. .....
a. du Bélier. .
Algol
D.
M.
I
55
15
40 '-
38
25
14
36. 46
10. 45 4
I o. 24
34.
19.
31-
25-
I 2.
38.
I 2.
I ».
I I .
17-
14.
I î.
51 i
50
30
40
LONGITUDE
de
la C o M è T E.
553
L, A T I T U D E
de
la C o M
M. S,
O. 9. 5b.
O. 17. 57.
o. 25. 27.
o. 25. 55.
0. 27. 42.
1. 1 1
9
40
56
58
46
ETE.
/if.
7-
4.
o.
3^
I. I 3. 20. 49
r. I ^. 17. 19
31.
15-
53-
o. 42.
o. 3.
5- 39-
6. 18.
7. 15.
La première obfervatioii du 21 Odobre, eft douteufe à
caufe des nuages; les deux fuivantes ne font données que
comme médiocrement bonnes, pour la même raifon : à celle
du 27 Ovfîobre , cl d'Andromède étoit trop peu élevé fur
l'horizon. Enfin la première du 3 i Oélobre & celle du
i.^"^ Novembre font marquées très-exaéîes.
Rothmann remarque, ainfi que Tycho , que rinclinaifon
apparente de l'orbite de la Comète fur le pian de leclipti-
que n etqit pas confiante , mais qu'elle dimînuoit de jour en
jour. Copernic n'auroit pas été lurpris de cette variation;
elle efl une luite néceiîaire du mouvement annuel de la
Terre.
Halley a calculé l'orbite de la Comète de 1585; eu
voici les élémens.
Lieu du nœud afccndant ,...,,. i^ 7*^ '42 30 .
Inclinaifon de l'orbite 6. 4. o.
Lieu du périhélie ç. 8.51. o»
Tome L Aaaa
6: A.
15 : :
33 *
23 A.
25; B.*
6
49
39 B.
Myl'tus,
5J4 H I s T û I
Logarithme de la diflance périhélie. .
FafTage au périhélie en Odobre. . . .
Sens du mouvement
I 55)0. *
R È
10,038
7
50.
19" 29'.
Dired.
«t Depuis îe 5 Mars jufqu'au 17 cîu même mois, on vit
3> une Comète de grandeur médiocre : elle portoit une grande
5î queue, étendue vers ie zénith. Feu de perfonnes la décou-
M vrirent. Son cours étoit fi précipité, qu'elle parcouroit tous
» les jours 4 degrés d'un grand cercle. Elle parut d'abord vers
» le PoiiTon boréal : delà elle prit fa courfe en droiture vers
» le Cocher par le Triangle , la tête de Médufe & les pieds
» de Perfée : elle couvrit toutes ces Étoiles de fes rayons.
M Elle ne parvint pas cependant jurqu'au Cocher : avant que
M d'atteindre cette conflellation, elle s'évanouit près à^s pieds
» de Perfée^ après avoir parcouru la plus grande partie du
Bélier & du Taureau «.
Cette Comète n'a point échappé à Tycho : il l'obferva
avec autant de foin qu'il avoit fait la précédente : {q% obfer-
vations font détaillées fort au long dans le manulcrit dont
j'ai parié : voici les principales , telles qu'elles ont été choi-
fies & mifes en ordre par 1 ycho lui-même , je n'y change
que îe flyle du calendrier.
Tous \ts azimuts de la Comète font pris du fudàl'oueft.
7
TEM PSI
vrai.
H.
M,
30
3
I 2
55
49
58
^5
NOMS
des É T O ILES,
comparées.
^ ^u Bélier. .
^ du Bélier. .
^ d'Andromède
/S du Triangle .
a de Perfée. . .
Aldébaran . . .
CL de Perfée. .
tt. de Perfée. .
LEUR DIST.
fa Comète
DÉCLIN.
de
la Comète.
ï5-
I r .
6.
ï o.
23.
39-
22.
22.
D. M. D. M.
3^
ï3
33
5
3ï
51
55
à^6
23.
27.
27.
28.
31-
31.
31-
31.
5
58
5i^
2
28
38
39
43
8 B.
AZIMUT
de
la Comète.
£>, M.
HAUTEUK
de
la Comète
D. M.
I 2.
30.
30.
29.
38.
21.
o
40
o
o
5
25
17. 30
DES C 0 M è T E S.
5 55
>
TEMPS
lO
1 1
H.
M.
12
14
16
7'
7-
7-
8.
7-
7-
8.
7-
7-
9-
10.
II.
I 2.
ï3-
'5-
7-
7-
9-
10.
'5-
7-
9-
7-
8.
9-
10.
1 1.
8.
7
i^
55
18
léf
45
20
19
4^
4(5
40
40
37
25
9
49
o
47
35T
40
37
27
i(^
18
30
NOMS
des Étoiles,
comparées.
AlgoI
Algol
Algol
Aigol . ....
fi> du Cocher.
/3 du Cocher.
(i du Cocher.
a du Cocher.
La même.. .
La même . . .
La même . . .
La même . . .
La même. . .
La même. . .
LEUR DIST.
à
(a Comète
D.
M.
(h du Cocher.
La même . . .
La même . . .
La même. . .
/S du Cocher.
La même. . .
(h du Cocher.
La même . . .
La même . . .
La même. . .
La même . . .
(è du Cocher.
r o.
r o.
r o.
10.
33"
33-
33-
30.
30.
30.
29.
29.
29.
29.
59
5 3
44
39i
2,6
19
I 2
I
2T
51Î
41
3<^
^5T
DÉCLIN.
de
la Comète.
D, M.
34.
34.
34.
34.
37-
37-
37-
38.
38.
38.
38.
38.
3
6
6
9
34
3<^
39
38
40
40
41
45
52
53
D.
M,
27-
27-
27.
27.
3ï
24-
16
5
25.
24.
22.
22.
22.
22.
22.
o
53
59
54
50
4<5
40
3^
39-
39"
39'
39-
21
24
27
92.
98.
104.
55
20
43
n-
40.
40.
40.
40.
40.
40.
40.
41.
o
5
28
30
31
33
33
10
1 29.
138.
148.
159.
180.
89.
I 27.
180.
94.
III.
92.
27
6
35
24
o
o
o
o
o
o
23
A ZIM U T| HAUTEUR
de
fa Comète.
la Comète
I I o.
40.
38.
33-
30.
45.
41.
3^.
47-
43.
33-
21.
15-
I o.
7-
4.
51-
22.
5-
48.
3 5-
50.
43.
36.
28.
20.
Le ^ Mars la Comète paroifTbit comme une Étoile Je la
féconde grandeur ; fa queue , rare & obfcure , étoit dirigée
vers y heures & demie au zénith, elle pou voit avoir 4 à
5 degrés de longueur. La même nuit , Ja Comète parut
égaler les Etoiles du premier ordre en grandeur, mais non
pas en éclat ; la queue avoit 7 degrés de longueur. Tycho
a fait piuûeurs autres obftr valions fur la direciion de 1*4
A a a a ij
M.
20
34
ï5
30
40
31
4if
30
587
10
20
52
54
29
'>9\
3i
')7
38
30J
30
5
14
27
39
ï6
556 H r s T 0 I R E
queue : toutes concourent à prouver qu'elie avoit toujours été
alTez diredement oppoiée au Soleil. Quant à la tête ou au
corps même de la Comète, l'ycho rapporta fur fou grand
globe de cuivre les obfervations qu'il en avoit faites , & de
leur combinaifon il dreiïa l'éphéméride fuivante : les lieux
de la Comète y font déterminés chaque jour pour p heures^
temps vrai , méridien d'Uranibourg.
%
ASCENSION
DÉCLINAIS.
LONGITUDE
LATITUDEi
>
droite
boréale
de
de 1
a
delà Comète.
de laCOMÈTF.
la C 0 M
ETE.
la Comète. |
■ 1
D. M.
i3. A/.
X £).
Tkf,
D. M. 1
5
i). 29
24. I
0. 18.
27
18.
14 1
6
16
26
28. 16
0. 2(5.
2 I
19.
^^ 1
7
2 2
58
31. 40
I. 3.
17
20
24 1
8
28
52
34» 15
I. 9
I I
20.
55
9
34
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3(5. 12
I. 14
16
2 r
1 2
1 0
38
39
37. 38
I. 18
^5
2 I
^ ï5
1 1
42
3^
38. 41
I. 21
57
2 I
• 15
1 2
4<5
2
39, 27
I. 24
5^
21
1 2
13
49
I
40. 6
I. 27.
29
2 I
7
14
51
43
40. 32
I. 29
44
20
5«
15
53
58
40. 53
2. I
34
20
• 52-
16
5^
0
41. 10
2. 3
. 15
20
. 46
Tycho remarque que l'inclinaifon apparente de l'orbite
de la Comète avec l'écliptique étoit de 21*^ i ^ , &. de
^^'^ avec le plan de l'équateur.
Halley a calculé i'orbite de cette Comète»
Lieu du nœud afcendant # . 5*"
Inciinaifon de l'orbite.
Lieu du périhélie 7.
Logarithme de la diflance périhélie. . . .
Paffage au périhélie en Février. ......
Sens du mouvement .......... . . .
ly 30 40
29. 40. 40.
6. 54. 30.-
9,7(50882.
8i 3" 5V
Rétrograde»
DES Comètes. 557
î 5p2. En ia 2p^ année du 72^ cycle , on vît à la Chine
une Comète , du côté de i'orient. Couplet,
1593. *
« Le 20 Juillet, ie Soleil étant dans le dernier degré de
i'Ecrevifle , une Comète parut avant le lever du Soleil dans «
les fignes cardinaux du lolftice. Par Ton mouvement elle «
s'avança du tropique de l'EcrevilTe , par-deiïlis toute l'Eu- «
rope , jufqu'au cercle polaire ardique, ou du fud au nord; «
rétrogradant cependant par \qs fignes de l'Écrevid'e , des «c
Gémeaux & du Taureau , de manière que ie 27 Août on «
la vit près du cercle arctique au cojnmencement du Tau- «
reau : elle fe diiTipa le 3 i Août près de Céphée ". RocL HévéL
Tycho ne vit point cette Comète : un de Tes difciples ,
Chrétien-Jean de Ripen, la découvrit 6c i'oblerva à Zerbft,
ville de la principauté d'Anhait, fous ia l.titude d'environ
52^ 10^, & 41 minutes de temps à i'orient de Paris. Voici
{^s ob/êrvations \qs plus effentielies , exti'aites du manuicrit
mentionné ci-deiïlis.
Le I." Aoiit, ia Comète fut vue, mais non obiervée.
Le 4, à I o^ 39' 45" , la Comète éîoit diflante de 41^ |-
d'cc de Perlée ; & à i i^ 6' 24", fa diitance à i de ia
grande Ourle étoit de 43^» Donc, efl-il dit dans le manuf^
crit , à 10^ 53', ia Comète étoit en 3^ 14^ -y avec 2.^' -^
de latitude boréale. M. l'Abbé de ia Caiile, par un calcul
plus précis, détermine, pour 11^ 7' le lieu de la Comète ^'' ' "^^^ ^['^^^o
en 3' 14^^ 1,^' , & fa latitude boréale de 28"^ 59'. La tête ^-^^^'^''-^
de la Comète égaloit \qs Etoiles de troifième grandeur; fa
couleur éioit livide & rougeâtre : la queue avoit environ 4
degrés & demi de longueur.
Le p , à 14 heures, la Comète étoit en ligne droite avec
l'Etoile polaire & a des Gémeaux d'une part, & de l'autre
avec a. de la grande Ourle, & le pied gauche ou précédent
( c'efl; à- dire / ) du Cocher.
Le I 5 , \Qïs 14 heures, la Comète étoit très-ex a-flement
en ligne droite, d'une part avec cl de CalTiopée & 0 de la
jj8 Histoire
grande Ourfe, de l'autre avec ^ de la grande Ourfe & la
Chèvre. Il s'enfuit , félon le manufcrit , qu'elle étoit en 2.^
2.6^ 25' 40" avec une latitude de 47^ 42' au nord. Elle
furpafioit en lumière \ts Etoiles de la quatrième grandeur;
on y diilinguoit avec peine quelque léger veftige de queue.
Le I 6 , à I o^ 28', la Comète , haute de 3 8 ^ , étoit dis-
tante de 29^^ Y à^o. de Perlée: à 10^ 5 l' j fa diflance à ^
de la grande Ourle étoit de 40^ j.
Le ip, à p^ 3 5^ didance d'oc de CafTiopée, 2p^ 20';
à 10^ I i' 40" , diflance d'à de la grande Ourle, 5 i<^ 50^
A I i^ 2' 20", la Comète eil en ligne droite avec l'Étoile
polaire , & celle qui eit à la racine de la queue de la même
' cpnflellation (efl-ce e delà petite Ourfe!) de manière ce-
pendant que la queue décline vers le midi d'environ un de
{e.?> diamètres , (je n'entends pas cela. ) D'autre part la Co-
inète forme une autre ligne droite avec ce de la grande Ourfè
& / de CafTiopée. Quoi qu'il en loit de ces alignemens , dont
ie premier me femble inintelligible, M. l'Abbé de la Caille
'Ac d(s Sdenc. a calculé \qs diitances obfervées le i p , & a conclu qu'à i o^
i7f7'F'J<^^' ^2' 20", temps vrai, méridien de Zerbd, la Comète étoit
en 2^ ly'^ ^5^» dvec une latitude boréale de 53^ ^2', M.
de la Caille avertit qu'il ne faut point du tout compter fur
cette latitude : la pofjtion de la Comète entre les deux
Étoiles étoit telle , que la moindre erreur dans les dillances
en devait occalionner une très-fenfible dans la latitude de
ia Comète. Heureulement il n'en étoit pas de même de la
longitude; & la longitude feule étoit ici néceliaire , pour
calculer l'orbite de la Comète. On avoit beaucoup de peine
le icp à diftinguer quelque trace de la queue delà Comète.
Le 2^ à p^^ i^'î"» ^^ Comète étoit en ligne droite avec
i'Étoile polaire & ^a de Calfiopée; ou bien , une lign. droite,
tirée par f Etoile polaire & le centre de la Comète, divifoit
en deux parties égales l'efpace qui fépare y 8c cT de Caffio-
pée. Une autre ligne droite palToit par la Comète , par i de
Céphée & par une Étoile du bonnet de Céphée , c'eft-à-
dire , par celle qui eft la plus boréale , ou ia fuivante de ia
DES Comètes, 559
bafe du triangle, & la plus voifine de Caïïiopée. Ripen a
peut-être voulu défigner A de Céphée. En générai tous cqs
alignemens font au moins fort mai exprimés dans le manui^
crit : je \ts défigne autant qu'il m'elt poffibie par les carac-
tères qui nous lont connus; je ne me flatte cependant pas
d'avoir toujours rencontré jufte. Au même inftant, la Co-
mète , l'Étoile polaire dii. y à^ Céphée , formoient un trian-
gle , fenfiblement redangle à la Comète : la dirtance de la
Comète à «y de Cépiiée étant fuppofée 2 , celle de la Comète
à l'Étoile polaire étoit égale à 5. La Comète égaloit y de
Céphée en lumière , en grandeur , en couleur , li ce n'eft
qu'elle étoit plus pâle & plus obfcure.
Le 3 I à ^^ 34^ la Comète couvroit exaélement e de
Céphée , d'où M. de la Caille conclut qu'elle étoit en o^ y^ Ac. desSckr.a
:22^ avec 55»^ 58' 30" de latitude boréale. i7^7>V'S^^^-
Le I." Septembre à 14^ 3' ( c eft-à- dire, je penfè, ia
même nuit du 31 Août au i.^*^ Septembre) , la Comète
étoit à 48^' \ d'à de Perfée , & à 48 degrés & ^ d'ct du
Cygne. Elle avoit déjà quitté e de Céphée , dirigeant fon
cours vers le Cygne : éXo. étoit à-peu-près à égale difiance
d'e & de Ç de Cépliée , un peu plus voifme cependant de Ç^
qu'elle égaloit en grandeur. Sa lumière, rare & obfcure,
ia rendoit allez comparable à q^s deux Etoiles. ^\\q n'avoit
aucune apparence de queue.
Le 2 à p heures, une ligne droite , tirée d'cc du Cygne
à /S de Caffiopée , ialfloit la Comète à environ deux tiers
de degré du côté du pôle de l'écliptique; & une autre ligne,
tirée de jS de Céphée à ; de Pégafe , palfoit par le centre de
ia Comète. La Comète égaloit en grandeur & en lumière
\ti Étoiles du fixième ordre.
Le 3 Septembre elle étoit dans la Voie laclée, entre la
queue du Cygne & le bonnet de Céphée , dont elle étoit
à-peu-près également diilante : il fut impoffible de bien dé=
terminer fa polition.
Ces obfervations , comme on s'en aperçoit facilement ,
font' a^z groifières. Ripen ne manquoit pas i-aw^ doute
^6o Histoire
d'habileté ; maïs ii n'avoit pas d'inftrumens. Le rayon adro-
nomique , dont il ft lervoit pour prendre des diftances ,
étoiî apparemment bien petit , puirqu'il ne détermine ces
didances qu'en degrés & fixièmes de degrés. Cependant ,
•vu ia promptitude du mouvement de la Comète , ces obler-
vations, tout imparfaites qu'elles font , ont pu fufEre pour
calculer avec quelque exaélitude l'orbite de la Comète. En
voici les éiémens calculés par feu M, l'Abbé de la Caille.
Lieu du nœud afcendaiit , . . ^^ 14.*^ 15'
ïnciinaifon de l'orbite 87. 5 8.
Lieu du périhélie 5 . 26. 19.
Logarithme de la diâance périhélie. ... 8, 94.9 9 2<5.
Paffage au périhélie en Juillet 18' 13'' ^y"
Sens du mouvement Dire(fl.
Cette Comète fut auffi obfèrvée à la Chine dans le palais
Maf/ia, t.X, Tfé-oucy , (enceinte àQs Etoiles qui ne fe couchent pas).
Comiers dit que cette Comète , qu'il rapporte à l'année
ï 597, d'après Santucci , fut obfèrvée depuis le i i Juillet
jufqu'au I 2 Août. « Nos Allronomes , dit Mylius , virent
53 le 17 Juillet, une Comète dans la conffcellaîion du Cocher :
" fa couleur étoit foible & pâle ; fa queue tournée vers les
>' Chevreaux. Cette queue , au premier coup-d'œil , paroifToit
>' aiïèz longue; mais pour peu qu'on ia regardât fixement ,
" elle iembloit s'évanouir. La conltellation du Cocher appar-
'> tient au figne des Gémeaux : de là la Comète, par un mou-
» yement précipité , parcourut les fjgnes de l'EcrevilTe & du
» Lion , & après avoir atteint le commencement de la Vierge,
elle lè diilipa dans la grande Ourfe ^>. Mais avant que de
dii|3aroitre, elle devint Itationnaire, vers le quatrième degré
îù'pier.p. vs^ t!e la Vierge. « On Tobièrva à Roine le i 6 Juillet i 55^7 »
i'^ f^o. „ ^ i\Cq.^ ^ )9^) i ^'" deilus des deux Étoiles de la patte anté-
» rieure de la grande Ourfe. A deux heures de la nuit , elle
j» éto5t disante de 39 degrés & demi du pôle arétique , (elle
avoit
DES Comètes, j6i
avoit Jonc 50^ 30^ de déclinaiion ). A 6 heures & demie «
de la même nuit, elle paiïa au méridien ( de Rome) fous «
le pôie , avec 4^^ o^ de hauteur , ( donc avec 5 2 degrés de «
déclinaifon ). Dans fa plus grande hauteur méridienne , elle «
s'approcha de 7 degrés de notre zénith ; ( donc fa plus grande «
déciinaifon a été de 4^ degrés). Depuis la première obfcr- ic
vation , elle continua de faire trois révolutions entières au- «
tour du pôle, au-deiïlis de l'horizon. Mais s'écartant tous «
les jours du pôle, le quatrième jour, qui fut le 20 Juillet, «
elle toucha l'horizon fous le pôle dans le méridien; & le 22 «
du même mois , elle fe coucha vers cette même partie du ce
ciel , & ne reparut que deux heures après. Sa plus grande «
longueur fut de 4 degrés. Elle reftolt tous \qs jours en arrière «
vers l'orient. La nuit qui fuivit le 5 Août, elle atteignit le «
tropique de l'EcreviiTe : elle fut vue enluite dans le parallèle «
du cœur du Lion. En vingt-quatre jours elle s'approcha de «
i'équateur de 27 degrés, & elle en parcourut 3 6 par un mou- «
vement rétrograde ». C'efl Santucci qui iious débite ces par-
ticularités, j'ai penfé dire, ce galimathias. i."^ 11 rapporte
l'apparition de la Comète à l'an 155)7; elle a certainement
paru en i 'y^6. 2." Sa plus grande déciinaifon eft tantôt de
52 degrés, tantôt de 4^ leulement. 3.° Santucci la fait
paroître dès le i 6 Juillet dans la grande Ourfe , & l'on fait
d'ailleurs que le 17 , elle n'étoit encore que dans le Cocher.
4.° Il eft faux qu'elle ait atîeiiit le tropique durant la nuit du
5 au 6 Août, il s en falloit d'environ 2 degrés. 5.° En vingt-
quatre jours , à compter du i 6 Juillet, elle a parcouru en lon-
gitude, non pas -^6 degrés, mais plus de 70. 6.° Puifque
de l'aveu de Santucci , la Comète reftoit tous \es jours eti
arrière vers l'orient, fon mouvement apparent étoit direél ,
6 non rétrograde.
Rothmann obferva peu cette Comète. Le 3 i Juillet ,
après 10 heures, il examina fa configuration avec i/ & ^ de
la grande Ourfe, & conjeélura que la Comète étoit en 28
degrés du Lion, avec une latitude de 27 degrés & demi
yers le nord. Le 4 Août j à la vue fimple , il jugea qu'elle
Tome L B b b b
€6i Histoire
avoit parcouru 4 degrés dans Ton orbite , un peu plus en
Smii. longitude, ■& près de 2 degrés en iatitude.
Meftiin prit le 22 Juillet, vers 10 heures, désaligné^
mens de la Comète : la vingt-unième Etoile {/j.) de la grande
Ourfe, la Comète, & la dix-huitième Étoile {c) de Ferfée,
étoient en ligne droite ; une autre ligne droite étoit formée
par la Comète , la onzième Étoile (ô) de la grande Ourfe ,
& la deuxième (y) de Céph^ée. Le 27 Juillet, la Com.ète,
la onzième Étoile (ô) de la grande Ourfe , & la dixième
( <r ) de Perfée , form oient une ligne droite, ainfi que la
Comète, la vingt-deuxième (4) & la vingt-fixième [Q de
la grande Ourfe. En rapportant ces alignemens fur un globe
de 4 pieds de diamètre ( de telles obfervations ne deman-
dent pas d'autres calculs,) je trouve que le 22 Juillet, la
Comète étoit en 3 degrés & demi du Lion , avec 3 i degrés
de latitude au nord. & le 27, en 20^^43' ^^^ Lion, avec
3 G degrés &: demi de latitude boréale.
C'ell probablement fur les oblervations précédentes, que
Halley a calculé l'orbite de cette Comète ; voici les élémens
qu'il a déterminés.
Lieu du nœud afcendant 10^ 12^ 12' 30*
InciJnaifon de l'orbite 55. 12.
Lieu du périhélie 7. 18. 16.
Logarithme de la diftance périhélie. . . . 9,710058.
Paflage au périhélie en Août 10' 20^ 4.'
Sens du mouvement Rétrograde.
Lorfqu'Hailey propofoit cette théorie , il n'avoit point de
connoiitance des obfervations fui vantes. Elles fontdeTycho;
le manufcrit, dont j'ai fouvent parlé, les contient dans le
plus grand détail ; j'en ai raffembié l'efTentiel dans le précis
qui fuit.
Tycho vit pour la première fois cette Comète à Copen-
hague, le 24 Juillet, entre 10 & i i heures, entre loueii
& le nord: quelques-uns afTuroient l'avoir vue trois jours
plus tôt. Sa tête égaloit les Étoiles de ia féconde grandeur.
DES Comètes. 563
telles que celles de ia grande Oiirfe ; la couleur en étoît cepen-
dant moins éclatante; la queue, rare & foible, pouvoit avoir
3 ou 4 palmes de longueur; elle éîoit dirigée vers y de la
grande Ourle , en déclinant cependant un peu vers (è, La
tête étoit près d^s deux Étoiles ( ^a & A ) de ia première
patte poilérieure de la même conftellalion , une fois & demie
aufli éloignée de A , que A Tefl de fx : une ligne droite tirée
de A par la Comète alloit joindre i des pattes antérieures.
Cette obfervation efl: aiïez bien repréfentée par la théorie
d'Halley, félon laquelle la Comète auroit été le 24 Juillet à
1 I heures du foir en 4.^ 1 1^ 4^', avec une latitude boréale
de 3 i*^ I 1'
Le 2 5 , vers i o heures , Tycho vit ia Comète , (ans en
prendre aucun alignement; il le contenta de repréfenter afîez
grofTièrement fa pofition à l'égard de quelques Etoiles deîa
grande Ourle.
Le 26, ia Comète égaloit les Étoiles de ia troiiièmc
grandeur.
Le 27, Tycho, de retour à Uranibourg, fit les obfer-
vations fui vantes. Les hauteurs & déclinaifons , marquées
doubles , ont été prifes avec deux inftrumens différens. Toutes
ies difîances font prifes à ia claire du collier de Chara. Les
azimuts font du lud à l'oued.
TEMPS
vrai
deTYCHO.
H.
2. I
2Ç)
371
44
47 î
tita&BSBEOGSC9
DISTANCE
de la
Comète
à Chara.
DECLIN.
boréale
de 11
Comète.
M.
l D.
L *
*
24,. 3 0
24.. 37
24. 3^1*
24- 37 î =
43-
43-
M.
43- o
42. 59
HAUTEUR
de la
C o M ETE.
D.
M.
12. 143-
10. 37
9- 5<îi
AZIMUT
de la
CO MÈTE.
D.
M.
NOMS
des
ÉTOILES.
I 57. 4.8 !« de l'Aigle.
T d'Ophiuch.
j o£ de l'Aigle .
'La même. . .
. . . o . . . I La même. . .
; La même. . .
B b b b ij
Leur
Azimut.
^^4 Histoire
Les azimuts de la dernière colonne ont été pris pour
corriger l'heure.
Comme la dernière diflance de ia Comète à Chara eft
marquée douteufe, & que d'ailleurs cette diflance diminuoit
de 4 à 5 minutes par heure , nous pouvons établir qu'à
il 3^ 8' cette diftance étoit de x^^ ^6' ^o" , & ia déclinaifon
de ia Comète de 43 "^ o^ Donc longitude de ia Comète en
4^ 20^ 57' 40" ; latitude boréale 30*^ 30' 20". Les éiémens
déterminés par Halley donneroient une longitude moins
avancée de 12 minutes, & une latitude moindre de 3 ^
minutes.
Le 3 I Juillet , on fit les obfervations fuivantes : on avertît
que lorfqu'il y a deux hauteurs marquées, la première ou la
Supérieure mérite plus de confiance. Les azimuts font tou-
jours comptés depuis le fud. Aux deux premières obferva-
tions , on a pris l'azimut d'Arélurus , aux autres celui d'cc
de l'Aigle.
|T E M P s
vrai
{de T Y CH O.
H.
I O.
M.
10. S5 ^
I r
I I
1 1
1 1
1 1
II
1 1
puMiinnwm iii.m
I J
9i
13
26
3ii
DISTANCE
de ia
Comète
M.
Arâunis . .
42. ^y^
42. 55
Chara, - . .
20. 1 1 f
20. 10 4
DÉCLIN,
boréale
de ia
Comète,
D.
M.
38. 14
38. 13
HAUTEUR
de la
Comète.
M.
16. 32f
16. 27 I
16. I O j
I ^. 8 '^
15, 36
14. 34
13- 23 r
12. 51 f
AZIMUT
de ia
Comète.
AZIMUT!
des
Étoiles.
r>. M.
134. 28 74. 55? O.
13^. 17
y6.
é^
5-
.47 E-
2.
30
0.
^5 ^
0.
II 0
I.
3^1
DES Comètes, 565
J'aî corrigé quelques fautes & fuppiéé quelques omiffions
du manufcrit, qu'on ne pouvoit manifellement attribuer qu'à
l'inattention du copifle.
• Selon \^s précédentes obfervations , à i i^ 14' , la Comète
étoit en 4^28^ 48'45", & fa latitude étoit de 28^28' 30".
Selon [es élcmens d'Hailey , la longitude auroit été de
4^27^ 54^, & la latitude de 27^^ 50^
- Le 3 Août , on fit les obfervations fuivantes , les azimuts
toujours pris du fud.
De plus , lorfque l'azimut d'ct de l'Aigle étoit de ^^ ^^
'du fud vers l'ouefl; , l'Étoile e de la grande Ourfe , ayant
37"^ 18' de hauteur, étoit dans le même vertical que la
Comète. La Comète étoit fort petite, égale tout au plus aux
Étoiles V & ^ de la grande Ourfe. Sa queue étoit dirigée
y ers la claire du collier de Chara,
^66 Histoire
En ruppofant à lo^ 45Ma diilance de la Comète à Arc-
tui'Lis de 3p^ 47^ & fa déclinaifon boréale de 3 5^ lo^, la
iongitude aura été de 5^2^ 52' 45" > ^ ^^ latitude de
26^48' 50" au nord. Les éiémens d'Halley donnent une
longitude plus occidentale d'un degré 3 c) minutes , & une
latitude moins boréale de 3 c) minutes.
Enfin , le 6 Août la Comète fut vue pour ia dernière fois;
elle étoit fi petite qu'on ne put employer les inflrumens.
A la vue fimple on jugea que peu avant le pafîage de la
claire de l'Aigle au méridien, c'efl- à-dire, vers 10 heures y,
la Comète étoit en ligne droite avec v Se A de la grande
Ourle, Si de plus, autant qu'il fut poffible de l'apprécier,
aufTi éloignée de v que v l'eft de ^. O 1 ne peut faire fond
fur une telle obfervation : elle donneroit ia longitude eu
5^2^3p', & la latitude feroit de 25^ 47' au nord. La
iongitude devoit être plus avancée au moins d'un degré 5c
demi , & la latitude moins boréale d'environ 40 minutes.
Il eft à préfumer que de toutes les obfervations de cette
Comète, celles de Tycho méritent le plus de confiance. II
eit probable qu'Halley n'en a pas eu connoiffance ; le réfultat
des .éiémens qu'il a propofés , s'écarte de près de 2 degrés
des obfervations faites le 3 Août par Tycho. Une telle erreur
n'efi: pas vraifemblable dans les obfervations d'un ^es plus
éclairés reftaurateurs de i'Aflronomie. J'ai cru devoir , en
conféquence , calculer de nouveau l'orbite de la Comète de
15^6, fur les obfervations de Tycho. Les éiémens, que
j'en ai conclus , fatisfont fufîifamment aux obfervations gi'of-
fières des autres Aftronomes de ce temps. J'en excepte
cependant celles de Santucci ; celles-ci ne s'accordent pas
mieux avec notre théorie qu'avec celle d'Halley.
Lieu du nœud afcendant lo*" 15'' 36' 50"
ïnclinaifon de l'orbite à i'édiptique . ... 52. 9. 45.
Lieu du périhélie 7. 28. 30. 50.
Logarithme de la diftance périhélie. ... 9,739908.
Pafîkge au périhélie en Aoiit 8' 15'' 43'
Sens du mouvement. . < Rétrograde.
DES Comètes, 567
Un Écrivain contemporain , mais d'une autorité d'ailleurs
fort furpede, dit qu'en i ^96 , on vit durant piufieurs jours
deux Comètes dans le figne de la Vierge, fous la grande suorrfglj'.Jl
Ourfe. Comiers le répète. Lx ,p, 6Si.
Je termine ce premier Volume avec le feizième fiècle;
la fin de l'Hifloire des Comètes commencera le volume
fui vaut.
SUPPLÉMENT
-\
A
l'histoire des COMETES.
L'impression de ce Volume étoit fort avancée, lorfque
j'eus le bonheur de iier une connoifTance plus particulière
avec M. de Guignes. Je favois, ainfi que tout le Public ,
que cet Académicien étoit parfaitement inilruit de tout ce
qui concerne la Littérature & les Antiquités Chinoifes ;
j'ignorois qu'il eût étendu (es recherches jufqu'à l'Aftronomie
& à l'Aftroiogie de cette Nation. Son fils , qui marche à
grands pas lur les traces de fon illuftre père , venoit de pré-
fenter à fAcadémie d^s Sciences, un Planilphère, fur lequel
les conftellations Chinoifes étoient tracées, & rapportées à
nos confteilations Européennes : ce Planifphère étoit accom-
pagné d'un catalogue, où les Etoiles de ces confteilations &
les confteilations mêmes, exprimées en noms Chinois, mais
en caradères Européens, étoient rangées par ordre alphabé-
tique , & déterminées par \gs différentes lettres grecques &
latines, qui diftinguent les Etoiles de nos confteilations, fui-
vaut la nomenclature de Bayer. L'ouvrage fut très-bien ac-
cueilli par fAcadémie ; elle décida qu'il feroit imprimé dans
le recueil des Mémoires qui lui font préfentés par dts Savans
étrangers. Cette circonftance me procura l'occaiion de voiy
^68 Histoire
M. de Guignes ; je rapportai de chez lui à^?> connoîiïances
de l'Aftronomie Chinoi(e , bien plus étendues que celles
que j'avois puifées dans les écrits du P. Gaubil. Peu après ,
Ion fils entreprit un ouvrage, qui pouvoit m'être d'un bien
plus grand fecours , le catalogue de toutes \qs Comètes
obiervées en Chine : Ma-tuon-iin , favant Chinois , s'étoit
attaché à les rafTembler toutes , dans le 286.^ livre de ^ow
Ouen-hïen-tong-kao ; M. de Guignes û\s, a traduit ce livre,
& le jugement de l'Académie fur cette traduélion a été con-
forme à celui qu'elle avoit précédemment porté fur le Pla-
nifphère & le catalogue à^s Etoiles. Ma-tuon-lin termine
fon catalogue des Comètes à l'an 1222 de l'ère Chrétienne.
II a fans doute omis quelques Comètes ; mais il en a rafTem-
h\é plufieurs qui n'ont été connues ni du P. Gaubij , ni
d'aucun autre écrivain Européen : il entre fouvent dans des
détails qu'on chercheroit vainement ailleurs : j'ai remarqué
quelques erreurs dans fa chronologie ; mais il redreiïë alTez
fouvent celle des PP. Gaubil & de Mailla, & d'ailleurs iG$
erreurs, fuivant M. de Guignes, juge plus compétent que
moi dans cette matière, peuvent n'èu'e que de fimples fautes
d'impreiïion. Afin donc que l'ouvrage que je .préfente au
Public, trompe le moins qu'il me fera poffible fon attente,
.& celle de l'Académie , je ne puis me difpenfer de joindre
ici, par forme de fupplément, ce que j'ai pu recueillir, 5c
des converfations de M. de Guignes le père , & des Mé-
moires de M. de Guicrnes le fils. Ma-tuon-lin vivoitau trei-
zième fiècle de notre ère vulgaire.
Ï3es cycles Page ip I. Il efl facile de s'apercevoir que les noms des
jours qui compofent le cycle Chinois, font formés par une
fuite de dix mots, Kïa , y , ping y &c , combinés avec une
autre fuite de douze mots, tfe ou tjii , ( car on prononce
indifféremment de l'une ou de l'autre manière) tchéou , yn ,
&c. Dans cette féconde fuite, le cinquième & le neuvième
terme, défignés pai' différens caraélères dans l'écriture Chi-
îioife, ont cependant la même prononciation chin , la diffé-
rence ne çoiiliilant que dans la quantité dç la fyiiabe, longue
dans
Chinois.
D t s C 0 M è T E s. f6^
'Jans run , brève dans l'autre. C'efl fans doute pour diflinguer
l'un & l'autre, que le P. Gaubii exprime l'un par tc/ii/i ,
l'autre par c/iin, M. de Guignes écrit par-tout c/ih , confor-
méinentà la véritable prononciation ; mais il joint à chaque
jour équivoque le rang que ce jour occupe dans le cycle;
ce qui coupe court à toute ambiguïté. De plus, par-tout où
ie P. Gaubii écrit ouey dans ce cycle fexagénaire, M. de
.Guignes, le P. Noël 8c d'autres écrivent ou/ ou ouL
Le cycle de foixante ans eft fort ancien ; il l'efl cependant
moins que celui de foixante jours, fur lequel il a été mo-
delé : les années de ce cycle portent les mêmes noms que
ies jours de l'autre cycle ; la première année du cycle fe
nomme Kia-tfe , h kconde y-tcAeou , Sec,
Les Chinois ont obfervé affez groffièrement le mouvement ï^^cs
'des Comètes; on ne peut cependant difconvenir qu'ils n'aient "^^J'^"''*'*
été à cet égard & plus attentifs , 8c plus exaéls que les anciens '" Comètesi
Européens: leur entêtement des rêveries de l'AflroIogie ju-
diciaire, & l'idée folle & fingulière qu'ils s'étoient formée
du Ciel , contribuèrent beaucoup à produire cet heureux
effet. Le Ciel étoit, fuivant eux , une valie république, un
grand empire , compofé de royaumes ou de provinces ; ces
provinces étoient les conftellations : là étoit fbuverainement
décidé tout ce qui devoit arriver de favorable ou de défa-
vorable au grand empire terreftre , à celui de la Chine. Les
Planètes étoient les adminiftratrices ou les furintendantes de
îa république célefte , les Etoiles étoient leurs miniflres , les
Comètes leurs courrières ou meflagères ; les Planètes en-
yoyoient celles-ci de temps à autre , pour vifiter les provin-
ces, & pour y remettre ou y entretenir l'ordre : mais tout
ce qui fe faifoit là-haut, étoit ou lacaufe, ou l'avant-coureur
'de ce qui devoit arriver ici bas. Qu'on juge donc d'après ce
beau fyflème , s'il n'étoit pas de la plus grande importance
d'examiner avec la plus grande attention le mouvement &
les diverfes phafès des Comètes.
On ne diftinguoit guère en Chine les Comètes que par
leur queue ; lorfqu elles n'en avoient pas , quel que fût leur
Tome L C c c c
t-yo Histoire
mouvement , on ne leur donnoît que ie nom d'Etoîîe , ou
d'Étoile nouvelle, ou même d'Etoile hôte ou hôtejfe , vili-
tant les provinces & logeant en divers lieux , comme en
autant d'hôtelleries. Elles le tenoient dans les veftibules des
palais célefles : là fous une forme invifible , elles attendoient
l'ordre de partir ; l'ordre expédié , elles devenoient vilibles
& fe mettoient en route. Si dans leur courie elles acqué-
roient une queue , on diioit que l'Etoile étoit devenue
Comète.
Sur les Les Chinois commencent bien certainement à compter les
conaeiiations Jegrés de leurs conftellations à l'Etoile qu'ils ont déterminée
Chinoifes, o nu* • 5x i •
¥' 'P3 à-juiv, pour première de chaque conlteliation , quoiqu a la ngueur
qWq: ne foit pas la plus occidentale de toutes.
M. de Guignes ne fuit pas tout-à-fait la même nomen-
clature que le P. Gaubil , quant à la dénominaiion de cha-
que confteliation : fuivant lui ^ la fixième conftellation a pour,
vrai nom , Ouey ; la dixième , Niu ; la douzième , Goey ;
la treizième, Ché ou Yng-ché ; la quatorzième, Pie oa
Toungpie ; la dix-feptième, Guey ; la dix-neuvième, Pie ;^
ÔL la vingt-fepiième, Ye,
Les Chinois divifent le Ciel en quatre parties ou contrées:,
la partie orientale comprend les fept premières conftellations^
Kio , Kaiig , Ty , Fang , Sin , Ouey & Ki ; la partie fepten-,
trionale renferme les fept fuivantes , Teou , Nieou , Niu,Hiu,
Goey > Ché d^ Pie; les fept qui fuivent, Kouey , Leou , Guey,
Mao , Pie , Tfoui & Tjan , appartiennent à la contrée occi^
dentdie ; enfin , la contrée méridionale contient \qs fept der-
nières, Tfing , Kouey, Lie ou , Sing , Tchang , Ye , Tchiri,
Lors donc que Ma-îuon-lin dit qu'une Comète a paru dans
une telle contrée célefte , M. de Guignes croit qu'on fa
obfervée dans une ou plufieurs des conflellations qui forment
cette contrée ; & ce fentiment paroîtroit en effet le plus na-
turel. Nous verrons cependant bien des exemples, où Ma-
tuon-lin dit qu'une Comète a paru dans une contrée, lor^
que toutes les conflellations qu'elle a traverfées , appartien-
nent à des contrées abfolument différentes : & cela arrive fk
DESCOÂIETES. 57!
ïbuvent , qu'il nous paroît difficile d'en rejeter la caufe fur
àes fautes d'imprelfion dans l'édition que poiïède M. de
Guignes. Chez le P. Gaubil la contrée occidentale eil; tou-
jours la partie du Ciel qui eft actuellement à l'occident ; iï
en eft de même refpeéiivement des autres parties ou contrées
céleftes. Nous penlons qu'on pourroit admettre ici une dil-
tinélion ; quand Ma-tuon-lin dit qu'une Comète a paru dans
ou parmi les Etoiles d'une telle contrée , le terme de contrée
ou de partie doit s'entendre dans le lens de M. de Guignes;
mais quand il dit fimplement que la Comète a été vue dans
la partie ou dans la contrée orientale , occidentale , &c. il nous
paroît que le fens doit être qu'on l'a obfervée du côté de
î'eH: , ou de i'oueft , &c. Au refle , nous rapporterons les
expreilions de Ma-tuon-lin; nousy joindrons nos réflexions,
s'il y a lieu, & nous foumettrons le tout au jugement du ledeur.
11 y a deux palais célefles , le Tfé- oiiey & le Tay- ouey : ^^^"^^^^
I I • • r I ^T^- 1 ' I I / /i n râlais celeltes^
CQs deux palais, anili que le iien-clie ou le marche celeite, ^. x$S.
ont des murailles; {i , comme il y a lieu de le croire, ils
font bornés à l'enceinte de ces murailles , ils n'ont pas à
beaucoup près toute l'étendue que j'avois cru , d'après les
manukrits du P. Gaubil, devoir leur affigner. Ainli toutes
les fois que j'ai dit , fur l'autorité du P. Gaubil ou du P. de
Mailla , qu'une Comète avoit paru dans le Tfé-ouey . le Tay-
ouey , ou le Tien-ché , il faut limiter cti expreffions aux elpaees
céleftes que nous allons déterminer.
Le palais Tfé-ouey ou TJu-kong a pour murailles , d'un côté
ïa conftellation Chinoife Chao-tching ^ de l'autre la conflel-
iation Yeou-tchu. La première contient dix Étoiles, /,ô,>ij,
Ç, e, ^ du Dragon , x-, 55,7 de Céphée , & une fous le
ventre de la Renne qui ne fe trouve point dans le cata-
logue Britannique. La conftellation Yeou-tchu comprend fept
Étoiles, a , îG , A du Dragon, la vingt-fepîième de la grande
Ourfe, & trois Etoiles de la Giraffe, qui font la trente-hui-
tième du catalogue Britannique , & deux autres du catalogue
dHévélius , que Doppeimayer a délignées par les lettres
c^ S.
Cccc ï]
jyz Histoire
Le Tay-ouey a pour murailles, à droite, ou à l'occident;
ia confteilation Yeou-chi-fa , J^, G, /, o- du Lion & (è de la
Vierge; à gauche, ou à l'orient, la confteilation Chang<^.
tfidfig , V) , y , J^, e de la Vierge, &: la quarante - deuxième
de la chevelure de Bérénice.
Les murailles du Tien-ché ow Tien-chï font, à l'oueft, la
confteilation Ho-chung , qui eft formée par onze Etoiles ,
Ç, e, J^ du Serpentaire; e, et, J^, ^, y du Serpent; x, y,^
<l'Hercule ; à l'eft , la confteilation Sitng , qui contient pa-
reillement onze Étoiles, <^, A, /x, o & la cent treizième
d'Hercule dans le catalogue Britannique , Ç de l'Aigle , ô vi
du Serpent, t du Serpentaire, v , ^ du Serpent , & vi du
Serpentaire.
Telles font fans doute les limites que les Aftronomes
Chinois afîignent aux palais Tfé-ouey (Se Tay-ouey , 8c au
marché célefte Tïen-ché ; je n'en répéterai pas les définitions
dans le détail <\ts Comètes de Ma-tuon-lin.
Des mefures Les Chinois mefurent la longueur de la queue àits Co-
moicj. Ys\t\.^s par tfun , ché 8l tchmig. Le tfun eft la dixième partie
du ché ; le r///eft le pied Chinois, il eft, je penfe, un peu
plus long que notre pied de roi ; le tchang contient dix che\
Dans l'Hiftoire générale à^s Comètes, nous avons fouvent
fuhftitué des degrés aux ché Chinois , &. nous l'avons fait à
l'exemple du P. Gaubil ; cette lubftitution n'eit peut - être
pas tout-à-fait exaéte. Ce n'étoit point par une meiure ac-
tuelle que les Chinois déterminoient le nombre de ché ou
de tchang que comprenoit la longueur ou la largeur de la
queue d'une Comète; c'étoit à la vue , par une fimple eftime^
qui ne pouvoit être que fort groffière. Ainh leurs oblerva-
tions à cet égard ne peuvent nous inftruire de la grandeur
abfolue de la queue des Comètes ; mais elles nous donnent
au moins la connoiiïànce de leur grandeur relative : une
Comète longue de pluiieurs tchang étoit fans doute beaucoup
plus longue que cçlle à laquelle on n accordoit que quelques
€hé de longueur.
DES Comètes, jy^
Venons maintenant aux Comètes du catalogue de Ma-
tuon-lin.
Pdge ^JJ, ligne 2 , ajoute^, il n'en eil fait aucune
mention, ni dans Ma-tuon-lin , ni dans aucun autre à^^
Hiftoriographes Chinois que j'ai confultés.
Page 2^^. La Comète de (5 12 a paru, fuivant Ma-tuon-
iin , à ia feptième Lune, en automne, & par confcquent au
mois d'Août , ou dans les premiers jours de Septembre. Le
fondateur de la Dynaftie Tchéou , qui occupoit alors le trône
Impérial, avoit bien ordonné qu'on commenceroJt l'année
par la Lune qui renfermoit le iolltice d'hiver, Se félon cette
difpofition , la leptième Lune auroit commencé vers le i i
Juin; mais eW^ ne leroit pas tombée en automne. Apparem-
ment que l'arrangement des Tcheou n'avoit pas été généra-
lement adopté, & que dans la principauté de Lou , dont
Confucius écrivoit l'Hiitoire, oji fuivoit l'ancien ufage, de
regarder comme première Lune de l'année & du printemps,
celle durant laquelle le Soleil entre au figne des Poiiïbns ;
ufage qui redevint général , deux fiècles ejiviron avant notre
ère vulgaire.
J'ai cité Confucius , parce que ce qui eft dit dans Ma-
tuon-lin des Comètes de 612, 531 & 481, efl extrait du
Tchun-tfieou de ce Philofophe.
Page 2.^^, ûjoutei:
En îa dixième année de Tchao-kong, Prince de Lou,
dans l'hiver, on vit une Comète dans Ta-chin (ou J/// ,
cinquième conllellation du zodiaque Chinois ). Cette
Comète pourroit ne pas différer de l'Étoile nouvelle ou
Comète , qui parut , félon le P. Gaubil , vers l'an "^t^^ ,
en hiver, dans la conllellation Nu ou Niu , dixième du
zodiaque.
Page J2j^ , ajoute^. La Comète de 48 i parut en hiver,
à la onzième Lune, dans la partie orientale, fuivant Ma-
tuon-ljn. La conllellation Sm , où le P. de Mailla la fait
jy^ H T S T 0 T R E
parojtre , appartient réellement à la contrée orientale. Maïs
d'un autre côté la Comète étant à ia onzième Lune dans ie
Scorpion , ne pou voit paroître que le matin du côté de l'eft.
Quant à la conftellation Ytig , que le P. de Mailla dit être
à deux degrés de Sin , je ne fais ce que c'efl. Ce Père ad-
met formellement une 1 année o entre l'an i avant & l'an r
après le commencement de notre ère vulgaire ; & cependant
je me fuis aiïiiré , tant par la confrontation de fa chronologie
avec celle d^s autres écrivains de l'Hiftoire de la Chine,
que par le calcul de quelques-unes des éclipfes mentionnées
dans fon Hifloire, qu'il antidate d'un an \qs faits qui précé-
dent la nailfance de Jéfus-Chrift; c'eft-à-d*fre , qu'il les date
comme fi l'an i avant l'ère Chrétienne eût précédé immé-
diatement l'an I de cette ère. J'avertis donc ici une fois
pour toutes qu'il faut diminuer d'une unité toutes les années
avant Jéfus-Chrifl , fur lefquelles le P. de Mailla marque
i'apparition d'une Comète.
A^éme page , ajoutei.
En la deuxième année du règne de Tching-tîng-ouang ,
Empereur des Tchéou , on vit une Comète ; elle ne diffé-
reroit pas de celle de 4(^5 , û celle-ci pou voit être anticipée
à l'an 466. D'ailleurs , û la Comète de 466 n'a paru qu'après
le milieu de la onzième Lune ou durant la douzième, elle
n'aura été obfervée qu'en Janvier ou en Février de fan
Page 2Lj8 , I. ^ par Je bas . mais la réalité, &c. jufqu'à
la fin de l'article, lifez. La réalité de l'apparition de cette
Comète eft conftaîée par le témoignage du P. Couplet, par
celui du P. de Mailla, & par l'autorité de Ma-tuon-lin, qui
date cette apparition de la huitième année du règne de
Kao-ouang.
Page 26^. Ma-tuon-lin fait mention des deux Comètes
de 304 & de 302 ; elles parurent en la dixième & en la
douzième année de Nan-ouang.
DES Comètes. 575
En la dix-neuvième année du même Prince , on vit encore
une Comète.
En cette année , feptième de Chi-hoang-ti , il ne parut ,
félon Ma-tLioivlin, qu'une feule Comète ; q\Ig fortit de la
contrée orientale , elle palfa dans la contrée feptentrionale ,
enfin à la cinquième Lune, ( au mois de Juin ou de Juillet)
on la vit dans la contrée occidentale pendant feize jours.
En la neuvième année de Chi - hoang - ti , il parut une
Étoile à l'horizon. A la quatrième Lune, ou en Mai,^n la
vit dans la contrée occidentale ; elle parut enfuite dans la
contrée feptentrionale : elle employa quatre-vingts jours à aller
depuis le Teou ( fans doute celui du Sagittaire , une des
vingt-huit conflellations ) jufqu'au midi.
En ia treizième année du même Prince , à la première
Lune, qui commença vers le ip Février, on obferva une
Comète dans la partie orientale.
213. En la trente-troifième année du même règne, une
Étoile fortit de la partie occidentale. Si cette expreffion
dénote un mouvement propre dans l'Etoile , comme je le
croirois affez volontiers , le P. de Mailla a eu raifon de
donner à cette Etoile le nom de Comète.
Ma-tuon-iin fait auifi mention de la Comète de l'an 203,
il date (on apparition de la troilième année du règne de Kao-
ti , à la feptième Lune, qui commença vers le i 3 Août:
elle parut dans Ta-kïo , c'eil Arâurus ; fa durée fut de dix
jours , après lefquels elle dilparut.
Page 2 6y. La Comète de l'an 156, félon Ma-tuon-Iin ,
fut vue dans la partie occidentale : ia bafe , c'eft-à-dire appa-
remment ia tête , éîoit aux conitellations Ouej^ & Ki ( fixième
^y6 HrSTÛfRE
&. fepîième des vingt-huit ) ; elle tendoit vers Hiu Se Goey
( onzième & douzième àti vingt-huit ) ; fà longueur étoit
de piufieurs tchang : eîie parvint au Tien-han , c'efl-à-dire à
ia voie ladée ; après feize jours on ne la vit pius. On peut
remarquer ici" que ia partie occidentale , au fens à^s Chinois ,
ne renferme ni Ouey , ni Ki , où étoit la tête de ia Comète,
ni Hiu Se Goey , vers lefquelles elle étendoit fa queue , ou
vers lefquelles elle Ce portoit. La leçon du P. Gaubil fait
difparoître la difficulté. La neuvième Lune commença cette
année dans les premiers jours d'0(5tobre ; fi la Comète étoit
dans Ouey & Ki , elle devoit paroître le foir vers l'ouefl,
comme le dit le P. Gaubil.
Des trois Comètes qui parurent, fuivant le P. de Mailîa,
en 155 & en 154, c'eft-à-dire en i 54 & i 53 , Ma-tuon-
iin ne parle que d'une feule, & cell probablement de ia
première : elle parut , dit-il , en la deuxième année du règne
de Hiao-king-ty ; elle fortoit du fud-ouell. Dans le texte
Chinois des grandes Annales, compuifées par M. de Guignes^
il eft dit, comme chez le P. de Mailla, quelle parut en hiver
à la douzième Lune : cette douzième Lune de la deuxième
année du règne de Hiao-king-ty commença vers le 16
Janvier 154.
Pcige 268. Ma-tuon-lin entre dans quelque détail fur ia
Comète de 148, ou plutôt de 147 : elle parut, dit-il, en
ia huitième année Tchong \ donc en 147, à ia troifième
Lune, ]o\xï Ting-yeou, au nord - oueft. Sa couleur étoit
blanche, fa longueur d'un tchang ; elle étoit dans la conftel-
iation Tfu-tchoui ou Tfoui , vingtième des vingt-huit : elle
s'éloigna un peu , & après quinze jours , elle ne parut pius.
Le P. de Mailla date l'apparition de la Comète de la qua-
trième Lune , & il a probablement raifon ; il n'y eut point
de jour Ting-yeou dans la troifième Lune, il y en eut un
dans la quatrième , ce fut le 1 8 Mai , la quatrième Lune
n'ayant fini que le 28. Dans le texte Chinois àts grandes
Annales , il eft dit que la Comète parut à la neuvième Lune;
alors le jour Ting-yeou feroit tombé au 1 4 Novembre. Mais
fuivant
D E s C 0 M E T E s. )j-J
fiùvaiit Ala-tuon-iin , la Comète avoit même a(cenflon droite
que la iête d'Orion , &: elle déclinoit de plufieurs degrés
vers le nord ; autrement on ii'aiiroit pu i'obierver au nord-
oueiL Or, dans cette pofiiion , la Comète, le 14 Novem-
bre , devoit paroître toute Li nuit, le foir au nord-eft, à
minuit vers le méridien, le matin feulement au nord-oueft:
pourquoi nous dit -on fiirplement qu'elle a paru au nord-
ouell: ? Auroit-on vu àç:ux Comètes à la Chine en l'an 147 l
cela ne feroit pas impollible. Aimera-t-on mieux dire que
dans les gjrandes Annales on a pu confondre la date de la
Comète avec celle d'une éclipfe de Soleil , qui eut réelle-
ment lieu à la neuvième Lune , c'efl-à-dire , le 20 Novembre,
trentième jour de la neuvième Lune! on voit par l'Hilloire
du P. de Mailla , que les Chinois rapportent aflez indiffé-
remment leurs éclipies de Soleil , ou à la Lune qui commence,
ou à celle qui liniî.
La Comète qne le P. de Mailla rapporte à l'an 147, n'a
paru qu'en 146: il eft donc probable qu'elle ne diffère pas
de celle qu'on vit en Europe en cette dernière année.
Page jzâp,
137, Trois Comètes.
Sous le règne d'Hiao-vou-ty , troifième année Kleu-yven ,
à la féconde Lune, commençant vers le 8 Mars , on vit une
Comète dans le fond de la contlellation Tchang, vingt-fixième
dQs vingt-huit. Elle traveria le palais Tay-ouey , vint au palais
Tfé-ouey , & parvint enfuiie au Tien-han , à la voie laclée.
En la même année, à la quatrième Lune, il parut une
Comète dans le Tien-ky , ( 9, w, u, g, Ç, &:c. d'Hercule) ,
elle parvint jufqu'à Tché-tûu (a., e, Ç de la Lyre),
La troifième Comète eft celle que le P. de Mailla dit
avoir paru durant l'automne de l'an 138.
Page 2yQ.
134.
Il parut, fui vaut Ma-tuonrlxn, deux Comètes en cette
Tome L D d d d
"^jS Histoire
année, fîxîème du règne d'Hiao-vou-ty , la première à îa
fixième Lune, dans la partie occidentale, ia leconde à ia
huitième Lune dans la partie orientale; la longueur de celle-ci
terminoit le ciel , au bout de trente jours elle difparut. La
fixième Lune en 134 renouvela vers le commencement de
Juillet , ia huitième vers la fin d'Août* Je perlîfte à recon-
noître ici la Comète de Juftin; mais je penfe que les deux
Comètes de Ma-tuon-lin n'en font qu'une feule, confor-
mément à ce que dit le P. de Mailla, d'après le Tong-tieu^
kang-mou. Elle aura commencé à paroître après la mi-Juillet,
du côté de l'occident ; avant la fin d'Août , elle aura été
cachée pour quelques jours dans les rayons -du Soleil , Sc
elle aura pu palfer alors par ion périhélie. Elle aura reparu
avec plus d'éclat durant la huitième Lune, ou au commen-
cement de Septembre , du côié de l'orient ; cette nouvelle
apparition aura duré trente jours , l'apparition totale foixante-
douze jours. Ainfi tout s'accordera, Mithriuate fera né l'an
134 avant Jéfus - Chrift , ielon notre manière de compter;
& il aura vécu foixante-douze ans, comme le dit Eutrope.
Pûge 2.JJ , après la quiii(jèwe ligne , ajoute?^ : Enfin ce
qui coupe court à. toutes les diilicultés , c'efl; que l'autorité
du P. Couplet eil ici fortitiée par celle de Ma-iuon-iin,
qui fait paroître la Comète en la quatrième année Yven-cheoUf
à la quatrième Lune , donc en Mai 118. 11 n'en dit d'ailleurs
autre chofe, finon qu'elle lortit du nord-ouelh
Même page , ligne vingtième, iio, deux Comètes, lifei',
I op. Deux Comètes.
Elles parurent , félon Ma-tuon-lin , en la première année
Yven-iiing-, à la cinquième Lune , qui commença cette année
vers le 27 Mai ; ce n'étoiî donc pas en automne ; l'une étoii
dans Tong-tftng , ou Tfing , vingt -deuxième des vingt - huit
conflellations ; l'autre parut dans San-tay , ou dans les trois
Tay , qui lont Chang-tay , i, il; Tchang-tay , A,/^/ & Hia-
Uiy , V , ^ de ia grande Ourle,
DES Comètes, 579
108.
En îa deuxième année Yven-fung, on vit une Comète
dans Ho- chu : ce nom eft commun aux deux Ho , Pé-ho ,
<L, /3, des Gémeaux, & Nan-lio, et , /3 de Procyon ; ou
plutôt ii défigne tout i'efpace compris entre ces deux Ho*
Avant l'an pp , ajoute^:
102 ou lOI.
Au milieu des années Tay-îfo , elles répondent aux années
103 , 102, 10 I &: 100 avant notre ère vulgaire, il parut
une Comète dans Tchao-yao , y du Bouvier.
Page 2.-/^ , après la quatrième ligne , a'jouîei : Ma-tuon-
iin fait auffi mention de cette Comète ; elle parut en la cin-
quième année TJo-yven , du règne de Siven-îy , donc en 43 ;
elle fortit vers le nord-oueft, elle étoit d'une couleur rouge,
tirant fur le jaune; fa longueur fut de huit che , après plu-
fieurs jours elle devint longue de plufieurs Tchang , elle fè
dirigeoit vers le nord-efl , &. elle étoit dans une portion de
la confleilation Tfan, la vingt-unième des vingt-huit. La queue
de la Comète étoit trop longue , pour que Dion l'ciit traitée
d'Étoile nouvelle. Il ne paroît pas non plus qii'on puifle la
confondre avec la Comète d'Augufte : la Comète Chinoife,
fuivant le témoignage des PP. Gaubil & de Mailla , a été
vue à la quatrième Lune, commençant le 17 Mai ; &: celle
d'Augufle à la fin de Septembre. Outre la date formelle,
donnée fans aucun concert par les deux Miffionnaires , on
peut remarquer que la Comète étant dans Tfan, elle a pu
paroître le 17 Mai & jours fui vans , au nord- oueil , avec
une queue dirigée vers le nord-eft , ce qui n'auroit pas été
pofTibie vers la fin de Septembre.
Comète de 3 I , ajoufei : Celte Comète fut vue en Chine,
en la première année Kicnchï du règne de Tching-ty, donc
en 3 I , à la première Lune, commençant le 5 Février,
dans la conlleiiation Yng-ché ou Ché ( treizième àes vingt-*
D d d d i;
j8o Histoire
huit) : fa couîeur cloit bleuâtre, Ta iongueur de Çix à fcpt
tchûiig , ià largeur de plufieurs ché.
Page 280 , Comète de l'an i i , ajoute^: Ma-tuon-liii
date l'apparition de cette Comète , ainfi que le P. Gaubil ,
de la première année Yven-yen; mais voici la route qu'il lui
fait fuivre. Le jour Sïn-oii delà feplième Lune, 25 Août,
on la vit dans le Tung-tfuig ou Tfmg oriental , vingt-deuxième
des vingt-huit conftellations. Elle traverfa les Ou-tchou-heou
(Ô, T, /, u, (p des Gémeaux) ; elle fortit de Ho-chu (voyez
plus haut ilir l'an 108 l'explication de ce mot) : elle dirigea
la courle au nord &: alla dans Hïen-yven ( 55, et,, vi, 7, iÇ, /^, g,5o
du Lion , F &: une autre petite du petit Lion , &: quatre
Étoiles de la queue du Lynx ) , & dans le palais Tay-ouey,
Cette route eft très-naturelle, il n'y ell pas fait mention du
nor«l de l'Aigle, ni mcme d'ArcT;urus , ni du Tien -ché, &
elle convient en tontes (es parties à la Comète de 1661 :
dans la ruppofilion que ce foit la mcme Comète, elle aura
pu paroîîre durant Ibixante-trois jours, comme le dit le P.
Gaubil ; elle aura mcme pu parvenir jiirqu'au Tien-ché. Mais
ce que Ma-tuon-lin ajoute donne lieu à ^qxxx diiTicuhc's.
Le jour fuivdiit , dit-il, la Comète ètoit avancée de fix degrés..
Ma-tuon-lin n'a nommé que le jour Stn-ouï , 25 Août : ce
jourfiiivdiit eft-il le 26 Août! Ma-tuon-lin revient donc fur
(qs pas; on bien il faut dire que la Comète avoit parcouru
en une feule nuit, ou mcme en peu d'heures la route que
Ma-tuon-lin venoit de décrire, ce qui n'efl guère vraifem-
blable. Or en ce cas, cette Comète ne pourroit être la mcme
que celle de 1661. Mais on peut penfèr auffi que cq jour
fuivûiit ell le lendemaîji du jour où la Comète cto.it entrée
dans le palais Tay-ouey, Alors pour fauver l'identité de cette
Comète avec celle de i6<5i , il faut dire que le premier
jour 011 on l'obferva dans Tay-ouey , on ne détermina point
préciiément à quelle dillance elle pouvoit être de l'enceinte
de ce palais , mais que le lendemain on obfèrva qu'elle étoit
avancée de fix degrcs dans (on intérieur : M. de Guignes,
fils , penfe que le texte Chinois peut comporter celte inter^
DBS Comètes. , j 8 l
prctatîon. La féconde difficultc ii'efl; pas iî facile à refoudre.
Suivant Ma-tuon-lin, la Comète le leva le matin dans la
partie orientale, & le treizième jour au loir elle parut dans
ia contrée occidentale. Ceci , en quelque lèns qu'on l'en-
tende, eil incompatible avec les cicmens de la Comète de
1661. Si l'on explique cQi> contrées dans le fèns de M. de
Guignes, il faudra dire que ia Comète aur^i parcouru en peu
de jours prefque tout le zodiaque. On la vit d'abord dans \es
Gémeaux, puis dans le Lion, elle a donc parcouru toute ia
contrée méridionale. De la contrée orientale elle fut en treize
jours à la contrée occidentale ; elle n'a pu le faire qu'eu
parcourant en entier les contrées orientale & iepientriojiale.
Sa courfe apparente anra donc excédé neuf lignes du zodia-
que, ce que je ne crois pas poiïible. D'ailleurs, ia Comète
de ï66i, ne pouvoit avoir au mois d'Août un mouvement
apparent aulfi précipité. Si par contrée orientale ou occiden-
tale , on entend la partie orientale ou occidentale du ciel ,
ia route de cette Comète n'en fera pas plus compatible avec,
celle de la Comète de 1661; cette dernière, aux mois
d'Août & de Septembre n'a pu paroître que le matin ,\ l'efl'.
D'un autre côté, pour que la Comète de l'an i i ait paru
au bout de treize jours le foir à fouefl', il faut qu'elle ait
paffé avec beaucoup de rapidité des conilellations nommées
par Ma - tuon - lin , dans des conilellations beaucoup plus
orientales: pourquoi ces conilellations ne (ont-elles nommées
ni par JVla-tuon-lin , ni par le P. Gaubil! Il a peut-être paru
deux Comètes en l'an i i , & Ma-tuon-lin aura pu confondre
ce qu'il en avoit trouvé d'écrit dans diftcrentes Annales,
Pûge 2 oj. Comète de l'an 2 2 de l'ère Chrétienne , ajoute^:
Elle parut, (uivant Ma-tuon-lin, en la iroiiîème année Ty-
hoûfig du règne de Ouang-mang, à la onzième Lune, com-
mençant vers le 12 Décembre, dans la condellaîion Tchdng ,
vingt-fixième àts vingt-huit; elle alla ver;? le fud-efl: après
cinq jours on Jie la vit plus.
Pdge 28^. Comète de fan 3^, ûjouîei : Elle parut,
félon Ma - tuoia - Ji|i ^ eu la quinzième année Kien-vou^^
^§2 Histoire
première Lune, jour Tifig-oui , 13 Mars, dans Mao: elfe
tourna peu-à-peu vers le norJ-oueO; ; eiie entra dans Yng-
ché ou ché ; eile s'approcha de Ly-kong. ( Il y a trois Ly-
kong , tous trois dans Pégafè, i.^ 11, 0; 2," A., ft; j.^t, i^ ).
A la troifième Lune, jour Y -oui, 30 Avril, la Comète
parvint dans Toung-pie , où elle périt, après quarante - neuf
jours de durée.
Page 28 y y Comète de 60» Ma-tuon-lin s'accorde en fout
avec ie P. Gaubil. Au jour Ting-mao, la Comète, longue
de deux che\ éîoit au nord de Tien- tchiien ( >i , y, et, J^, c,
/A, b de Perfée ) ; elie tourna lentement vers iejiord , &
parvint au midi de Katig : on la vit durant ceiit trente-cinq
jours.
Page 28 y, Comète de 65. En la huitième année Yung-
ping, dit Ma-tuon-lin, fixième Lune, une grande Etoile
fbrtit de la conflellation Lieou , vingt -quatrième àos vingt-
huit, & du trente-feptième degré de Tchang , qui en efl la
vingt-fixième; elle s'approcha de Hien-yven (f, c«., y, î, x,
&c. du Lion ) , traverfa le Tien-tchuen ( voyez quelques lignes
plus haut ) , & fut jufqu'au Tay-ouey. Cette vapeur parvint
jufqu'au Chang-tay , /, îc de la grande Ourfe, & dura en tout
cinquante-f]x jours. Il y a ici nécelTairement plufieurs fautes.
Cette grande Etoile eft bien décidément une Comète , fon
mouvement ne permet pas (^^w douter. Elle n'a pas pu lortir
du trente-feptième degré de Tchang, qui n'a que dix-fept,
ou tout au plus dix-huit degrés d'étendue : M. de Guignes
croit que c'eil une faute du copifle ou de l'imprimeur , qui
aura écrit trente-feptième pour dix-feptième. La Comète n'a
pu aller de Lieou Se Tchang , celi-à-dire, de la tête & du
corps de l'Hydre au Lion , &. revenir à Perfée , pour retourner
delà entre le Lion & la Vierge. La route devient encore
plus irrégulière, fi l'on fait aller la Comète du Tay-ouey à la
patte de la grande Ourle: mais Ma-tuon-lin n'a peut-être
voulu dire autre chofe, fmon que la vapeur ou la queue de
la Comète s'eft étendue jufqu'à / & k> de la grande Ourfe.
- Piige 2.8 g. La Comète àt j 'y parut en la dix -huitième
DES Comètes, 583
2nnée ' Yiing-ping. ; à la fixième Lune, au jour Ki-om, 14
Juillet, elle foriit dans la ccnileiiation Tchang ,Miwgi-i\\\tmQ
du zodiaque Chinois ; fa longueur étoit de trois ché : eiie
fut au midi de Lang-tjiang, ciievelure de Bérénice, & elle
entra dans le palais / ay-ouey.
Page 2p 0, Sur la Comète de y6 , aucune différence entre
îe P. Gaubii &. Ma-iuon-iin , finon que celui-ci ne donne
à la Comète que deux c/ié de longueur , & qu il ajoute qu'elle
maichoit lentement.
Même page , ligne 11 , efface^ ou y^, Ma-tuon-Ihi,
d'accord fur le reite avec le P. Gaubii , fait paroîîre ia Comète
a la douzième Lune , & il ajoute que peu-à peu la Comète
entra dans le palais Tfé-ouey. En 7 8 , le jour Vou ~yn , i 8
Janvier , appartenoit à la onzième Lune , la douzième n'ayant
commencé que le 20. H eft donc probable que la Comète
a paru en jj. Quant au P. de Mailla, fa Comète ayant été
vue au douzième mois dans Tfé-ouey , il y a tout lieu de
croire que fa Comète ne difière pas de celle de Ma-tuon-Iin.
Page ap I , ajoute^ :
I I 0,
En k troifième année Yung-fo du règne de Yao-ngan, a
la douzième Lune, qui commença le 8 ou p Janvier i 10 ,
îi s'éleva une Comète de Tien-yven ; elle aliolt vers le nord-
efl; , fa longueur étoit de ïix. à lept ché. îl y a trois Tien-yven
dans le ciel Chinois, le i/*" o, g, ?t,, (p, p^, «T, &c. del'Éridan;
le 2/cc, ^, Ô, < du Sagittaire; lej.^'^r delà Baleine, y, J^, «, Ç,
*i , T , &c. de i'Eridan : c'efi dans ce dernier que la Comète
a paru , le caraèlère du texte Chinois ne pouvant convenir
«|u'à ce dernier.
î 32. '
Sixième année Yung-kien de l'empereur Hiao-chun , une
Comèie fortit aans le Teou , huitième conflellation des vingt-,
lîuit , & le Nieoii t neuvième des mêmes; elle s'éteignit dans
Hiii & Coey , onzième &: douzième des vingt-huit. Il efl
4onc piobabie que l'Etoile d'Adrien étoit une YÙ}Xdbi&
jB^ Histoire
Comète , (Se qu'elle a paru dans la confteiïation d'Antinous ,-
dont l'afcenfion droite répond à celle de Teoii ; ce n'étoit
donc pas un retour de la Comète de 1(^52.
P^^-^ -2^^. Ma-tuon-lin date la Comète de lA.! ^ delà
même année que la précédente, c'eft-à-dire de i j 2 : il efl
contredit par le P. Gaubil, par le P. de Mailla, par \^s
grandes Annales de ia Chine , confultées par M. de Guignes.
\\ aura probablement iû dans i'annalifte qu'il .copioit , en la
même année , 6c il ne fe fera pas aperçu qu'il ne s'agifToit
plus de ia fixième année Yung - kien , mais de la fixième
Yung-ho. Quoi qu'il en foit , voici la route qu'il fait fuivre à
cette Comète.
A la féconde Lune, jour Ting-fe , 27 Mars 141 , il parut
une Comète dans la contrée orientale; le P. Gaubil traduit,
elle parut à l'efl, & je penlè qu'il a raifon. La Comète étoit
longue de fix à fèpt ché , elle indiquoit le fud-oueft de la
conftellation Yng-ché (c<, /3 de Pégafe). Je ne fais ce que
font ces indications qu'on rencontre fréquemment dans Ma-
tuon-lin ; il me paroît vraifemblabie que cela a trait à la
direction de ia queue. Or, ii la Com.ète paroilfoit le matin
du côté de i'orient , fa queue pou voit facilement être dirigée ,
fe terminer même vers le fud-oueft de Yng-ché ; & c'eli ce qui
n'étoit pas pofîibie, il ia Comète étoit dans une des conflel-
lations qui conflituent la conîréç orientale. Ma-tuon-lin
continue : Elle parvint à la conftellation Fuen-mu ( y, Ç, v),7r
du Verieau ). Au. ]Q\Jiï Ting-tchéou , 16 Avril, une Comète
( ou plutôt, la Comète, car c'étoit manifeflement la même ) ,
étoit au premier degré de Kouey ( fon afceniion droite
excédoit de peu céA^àt. Ç d'Andromède) ; elle étoit longue
de {vx ché. Au jour Kouey-oui , 22 Avril, tWe parut le foir ;
elle traverfa le fud-ouefl: des conlleilations Mao & Pie,
( Pléiades &. Hyades ). Au jour Kia-chin, 23 Avril, elle
ctoit dans ie Tung-tfing, { pieds &: cuifles des Gémeaux ).
Elle traverfa les confleiiations Lieou, Sing Se Tchang , vingt-
quatrième, vingt-cinquième & vingt-fixième des vingt-huit;
elle étoit très - enflammée. Elle parvint eafuite au San-tay ,
DES Comètes. 585
( /,%, X, (W, V, g de la grande Oiirfe ) , & s'avança au milieu
à'Hien-yven ( 5^ , ce , 7,6, x-, &c, du Lion ) , où elle périt.
Pour une parfaite exactitude, je dois remarquer ici qu'en
i'an 141, l'équinoxe efl arrivé le 23 Mars vers cinq heures
du foir, que la Lune qui a renouvelé la nuit du 25 au 26,
éîoit à la rigueur la troillème Lune , qu'alors la féconde Lune
n'auroit pas eu de jour Ting-fe , le 27 Mars appartenant à
la troifième. Mais il ell: fortpolTible que les Chinois fe foient
trompés d'un ou deux jours , foit dans la détermination de
l'équinoxe , foit dans celle de la nouvelle Lune. En i 3 2 >
ie jour Tinir-fe tomboit au i 5 Mars, bien en féconde Lune,
îe jour Ting-tchéou au 4 Avril, & les jours Koiiey-oui&L
Kia-chin aux i o & 11 du même mois : mais ces derniers
jours appartenoient à la troifieme Lune, qui avoit commencé
vers le 4 Avril, & quand il y a changement de Lune, Ma-
tuon-îin a coutume d'en avertir, ^w 141 , tous les jours
nommés par Ma-tuon-lin, appartenoient bien conftamment
à la même Lune.
Page 2^^. Ma-tuon-lin fait paroitre la Comète de 148
ou 14c) en la première année Kien-ho du règne de Hiao-
huon-ty, donc àhs l'an 147; il n'ajoute rien d'ailleurs au
récit du P. Gaubil, fmon que la couleur de la Comète étoit
d'un jaune pâle. En l'année de l'apparition de la Comète,
ie jour Y-tchéoii, félon Ma-tuon-lin & Gaubil, a dû être
dans la huitième Lune, & le jour Vou-chin , cinquième du
cycle, dans la neuvième: or, cela n'eft arrivé qu'en l'an
14^ , & d'ailleurs la date du P. de Mailla eft confirmée par
ies grandes Annales de la Chine, compulfëes par M. de
Guignes. C'eil donc en 14^ que la Comète a paru.
i^i. Deuxième Comète.
En la quatrième année Yen -y , cinquième Lune , Jour
'Sin-yeou, 14 Jum, il y eut une Étoile- hôte dans Yng-ché
(ce, /3 de Pégafe); elle tendoit vers l'occident; ks rayons
étoient longs de cinq ché : parvenue au premier degré de
ia confcellation Sin , qui commence à o- du Scorpion, elle
Tome L E e e e
586 Histoire
devint Comète, c'ell-à-dire , qu'elle commença à avoir une
queue.
Page 2.^^, La Comète de l'an 178, fut obfèrvée à fa
Chine , en la première année Kouang-ho du règne de Hïao-
litig ; elle fut vue à la huitième Lune, ou en Septembre,
au nord de Kang ( jc , A , ; , 0 de la Vierge ) ; elle entra au
milieu du Tien-ché : fa longueur fut d'abord de quelques ché ,
peu-à-peu elle s'étendit jufquà cinq ou {iy. îchang: fa couleur
étoit rouge ; elle traverfa dix confiellations , & après avoir
duré quatre-vingts jours, elle s'éteignit au milieu de Tïen-yven
( 'TT de la Baleine ,y,cr,€,Ç,vi,T, &c. de l'Eridan ) .
180. Deux Comjètes.
Troifième année Kouang~ho , dans l'hiver, une Comète
fortit à l'orient de Lang ( Sirius ) & de Hou , ou bien
Hou- ché ( x, e, J^, n du grand Chien, i ^ ^, o , k, ?it y du
Navire faj ) : elle parvint jufqu'à Tc/wng , vingt-fixième àes
vingt-huit, où elle dilparut. L'hiver en Chine comprend la
dixième , la onzième & la douzième Lune ; il n'y a donc
point de doute que cette Comète ne foit celle que le P. de
Mailla dit avoir été vue à la dixième Lune ; elle n'a donc
paru qu'après la fuivante.
A la feptième Lune, commençant le 9 Août, une Comète
fortit du bas de San-tay ( / , x- , A, /x, v , § de la grande Ourfe ^
ce font apparemment v & | qui en forment le bas ) : elle
alloit vers l'orient ; elle parvint au Tay -tfu 8^ Hïng ~ tch'm
( deux petites Étoiles en dedans du cercle formé par la queue
du Lion). Après vingt jours , elle s'éteignit.
182. Première Comète.
En la cinquième année Koiiang-ho , à la deuxième Lime j
une Comète fortit de Kouey , feizième ées vingt-huit conf-
iellations ; elle tendoit yeïs l'orient : elle entra dans le palais
(a) Ces Étoiles du Navire font cotées fur l'ancienne ncmcnclature t
fuivant la nomenclature de l'Abbé de la Caille , les Étoiles feront , je
pcuTe, -a-, ^, /• & k, G, f de la poupe du Navire.
DES Comètes, 587
Tfé-ouey , Se en fortit au bout de trois jours. Après foixante
jours, eile dirparut. En l'an 182, i'équinoxe efl: arrivé à
Pékin le 22 Mars, peu avant midi; la Lune qui renouvela
une ou deux heures après , dut être une Lune intercalaire ,
6c la Lune qui avoit commencé le 2 i Février a dû être
comptée pour féconde Lune. Mais qui nous aiTurera que l^s
Chinois ne fe feront point trompés de quelques heures dans
la détermination de I'équinoxe & de la nouvelle Lune! Quoi
qu'il en Ibit, cette Comète ne peut fe confondre avec celle
que le P. de Mailla dit avoir été obfervée à la feptième Lune :
cette Comète du P. de Mailla eil donc la féconde de l'an
ïSi.A la quatrième ligne de celle-ci^ au lieu de patte précé-
dente , lifei pattes. Quant au Tay-ouey , nous l'avons mieux
défini au commencement de ce fuppiénient.
Page 2pj, ajoutei'.
Troifième année Tfo-pîng du règne de Hien-ty, neuvième
Lune, commençant le 24 Septembre ou le 24 Oélobre ,
la nouvelle Lune ayant encore cette année concouru de fort
près avec I'équinoxe, l'étendard de Tchi-yeou (nom que les
Chinois donnent à une grande Comète) fortit du fiid de
Kio & de Kang, les deux premières conftellations à^s vingt-
huit ; fa longueur excédoit dix tchang; fa couleur étoit
blanche.
La Comète de 1^3 parut d'abord entre les deux Kio ,
( et & Ç de la Vierge ) , allant vers le nord-efl : après être
enti'ée au milieu du Tien-ché ^ eile difparut.
Page 2p 6, La Comète de l'an 200 parut en la cinquième
année Kien-ngan, à la dixième Lune, jour Sin - Imy , 6
Novembre, dans Ta-leang ou Leang ( J^ du Serpent).
204.
En la neuvième année Kien-ngan ; onzième Lune , félon
Ma-tuon-iin, dixième fuivant \qs grandes Annales, une
Comète parut dans le Tung-tfmg , & Yu-l\ouey, vingt-deuxième
E e e e i]
^588 Histoire
& vingt -troifième des vingt -huit conlleilatîons : eiîe entra
dans Hien -yven ( c- , y ,^ , &c. du Lion ) , & dans le palais
Tay-ouey.
\jSi Comète de %o6 parut en ia onzième année Kien-ngan ^
à la première Lune, qui, celte année, dut commencer le
27 Janvier: fa tête éioit au milieu du Fé-teoii ( les fept
Etoiles du grand Chariot); fa queue rempiilîoit le palais
Tfé-ouey (cela ne fe pouvoit pas) : elle parvint juiqu'à
Pé-tchin ou Pé-kie ( /3, y , <^, ^, c, de ia petite Ourle).
2,07.
Douzième ^wnéQ Kien-ngan , dixième Lune, ]our Sin-mao ,
ïo Novembre, il y eut une Comète dans Chun-ouey ( uii
à^s douze figiles du zodiaque Chinois, répondant au Lion),
Le P. de Mailla a tort de rapporter cette Comète à ia même
année que la précédente: en 206 il n'y a point eu de jour
Sin-mao dans la dixième Lune , & d'ailleurs le témoignage
de Ma-tuon-lin eft confirmé par celui du P. Couplet.
Ma-tuon-lin n'ajoute rien à ce que dit le P. Gaiibil, de fa
Comète de 2 I 3 : Ou-tchu-heou elt ô, /, r, f, cp des Gémeaux.
Page 2py , ligne y. Ce qu'on dit ici de la Comète de
218, eft extrait du P. de Mailla, tome IV, page yo. Ma-
tuon-lin entre dans un plus grand détail. En la vingt -troi-
lième année Kïen-ngan , à ia troifième Lune, on vit, dit-il,
ime Comète dans la contrée orientale ; le P. de Mailla dit ,
c l'efl , & je penfe qu'il a raifbn. Au bout de vingt jours,
au loir , elle fbrtit de la contrée occidentale ; elle pafla près
é^Ou- telle' ( jô du Taureau , et , ^ ,^^1 du Cocher ) , de Tung-
tfing (pieds & cuilFes àes Gémeaux) , de Ou-tchu-heou
(6, T, /, u, ^ àes Gémeaux), de Vcn-tchang (u, cp, t, ^,h,f, e de
Ja grande Ourfe, de Hien-yven, tête & corps du Lion,&c. )j
& par le palais Tay-ouey. La voilà donc revenue à la porte
de ia contrée orientale : avoit-elle parcouru tout le ciel!
il eii bien plus naturei de penler qu'on ia vit d'abord le
D JE s C C M è T E Ss '589
matin cfii côté de l'orient, & que vingt jours après elle fut
obfervée le foir du côté de l'occident , ce qui fe concilie
parfaitement bien avec la route que Ma-tuon-lin lui fait tenir.
Il ajoute que la Comète étoit enflammée, & qu'elle indiquoit
Ti-tfo [cl d'Hercule),
225,
Sixième année Hodng-tfou de l'empereur Ven-ty , dixième
Lune, jour Y-oui , p Décembre, on vit une Comète dans
Chao - ouy ( m du Lion , la quarante-unième & la cinquante-
deuxième du petit Lion , & une entre ces deux dernières ) ;
elle îra-Veï^n Hien-yvefi {cL,y,i, &c. du Lion ).
La Comète de 232 parut en la fixième année Tay-ho ,
jour Pïng-yn de la onzième Lune, dans Ye ( ia Coupe) ;
elle s'approcha du Tay-ouey & de Chang- tfiaiig ( cr du Lion).
23 e. Plufieurs Comètes.
Ma-tuon-lin marque (iir cette année l'apparition de trois
Comètes. La première parut le 30 Novembre dans Zic:?- f/z/«
{^(T ^<L^ r du Scorpion ) , &: le refte , comme dans le P.
Gaubil.
Au jour Y-yeou , i." Décembre, il y eut une Comète
dans la partie qi'ienîaie. C'éîoit probablement la même
Comète ; étant dans le Scorpion , elle précédoit le Soleil ,
qui étoit alors dans le Sagittaire; elle devoit donc paroîîre
le matin du côté de l'orient. D'ailleurs la conileilation S'm
ou Ta-chin appartient à ce que les Chinois nomment conîrég
orientale,
La troifîème Comète parut à la onzième Lune , au jour
Y-hay , félon Ma - tuon - lin. Le jour Y-hay tomboit au 2 î
Novembre ; mais la Lune qui avoit renouvelé cinq jours
auparavant, n'étoit que ia dixième Lune. Il faut donc lire
avec le P. Gaubil, au jour Ki-hay , i j Décembre, premier
jour de la onzième Lune, La Comète s'approcha de Hoan-
telle (ia foixanîième d'Hercule, e,f, &c. du Serpentaire ) ^
& de Tïcn-ky ( 0, e, Ç, &€. d'Hercule ).
jpo Histoire
La première Comète d^ z^^^ parut en la deuxième année
K'wg-tjo , à la huitième Lune, commençant vers le 27 Août,
dans la conflellation Tchang ; elle alioit vers l'orient; après
quarante-un jours elle di(|)arut.
Page 2p8. La Comète de 240 parut , fuivant Ma-
tuon-iin , au jour Y-yeou, 10 Novembre, dans la contrée
occidentale; elle ètoit dans Ouey , fixième à^s vingt -huit
conlleilations. On voit ici clairement l'expreffion de contrée
o^crdentale prife pour la partie occidentale du ciel; puifque
la conflellation Ouey , où étoit la Comète, eft fort éloignée
de ce que les Chinois nomment contrée occidentale. La
Comète avoit (ans doute quelque latitude boréale , autrement
elle n'auroit pu être de nuit fur l'horizon de la Chine : or ,
cette latitude fuppofée , la Comète étoit réellement vifible
le foir du côté de roccident. Elle continua d'être ainfi vifible
le foir; elle pafla par Nieou ( cr, /2, 5?, Ç du Capricorne ) ;
éX^ s'approcha de Tay-pe ( Vénus ) ; au jour lùa - //^ de la
onzième Lune , i p Décembre , elle étoit très-près d'Yu - lia
( p^ & les trois 4^ du Ver/eau ). Sa longueur fut de deux
îcliang , du moins vers le commencement de fon apparition.
La Comète de 245 étoit blanche, dit Ma-tuon-lin ; fur
tout le refte il eft d'accord avec le P. Gaubil.
A ce que dit le P. Gaubil de la Comète de 247, Ma-
tuon-lin ajoute que la longueur de la Comète étoit d'un ché,
& il ne lui donne que cinquante-fix jours de durée. Le Soleii
à Pékin entra au Verfeau le 20 Janvier, vers ilx heures &
demie du foir; la Lune qui renouvela le 24, dut donc être
première Lune. Ainfi le i 6 Janvier, premier jour de l'appa-
rition de la Comète, fuivant Ma-tuon-lin & Gaubil,
appartenoit , non à la onzième , mais à la douzième Lune.
Il peut y avoir eu quelques jours d'erreur dans le calendrier
Chinois.
:248. Première Comète.
Neuvième année Tching-tchï , à la troifième Lune , com^
mençant vers le 1 1 ou iz Avril , ou vit une Comète dans
DES Comètes. 591
MdO ( les Piéïades ) ; elle ctoit longue de fix ché , fa couleur
d'un violet pâle ; Tes rayons tendoîent vers le fud-ouefl.
Quant à la deuxième Comète , qui parut à la feptième
Lune, Ma-tuon-lin en dit tout autant que le P. Gaubil.
Ses expreffions permettroient de confondre [gs deux Comètes
en une feule; mais puifqu'il ne donne que quarante- deux
jours de durée à la Comète de la feptième Lune, il ne croyoit
pas qu'elle eût été vue àhs la iroifième Lune.
Page 2pp. La première Comète de 252, doit être datée
de 251. Ma-tuon-lin, d'accord fur le refte avec le P. Gaubil,
date la première apparition de la Comète , non du jour
Kouey-ouî , 10 Janvier 252, mais du jour Kouey-hay , 2.1
Décembre 251, & il a probablement raifon. Les deux
Cométographes conviennent que la Comète a commencé à
paroître à la onzième Lune : or , le 2 i Décembre apparte-
noit à la onzième Lune, & le 10 Janvier à la douzième,
qui avoit dû commencer dès le 3 o Décembre.
La Comète fuivante , celle de 252, parut fuivant Ma-
tuon-lin, dans la contrée occidentale, ce qui eft vrai, dans
quelque fens qu'on l'entende : la couleur étoit blanche , ïts,
rayons tendoient vers le midi , elle traverfa Tjan ( croix
d'Orion ).
Même page , ligne i j, La Comète précédente , &c.
Supprime:^ ceîte phrafe.
La Comète de 2 5 3 parut à îa onzième Lune dans Tchin,
dernière conflellation à^s vingt- huit , dans le palais Tay-ouey
& dans Tfo-chi-fa ( >i de la Vierge ) ; elle indiquoit le fud-
oueft : après cent quatre-vingt-dix jours ^Wç: difparut.
254. Première année Tchïng-yven du règne de Kao-
kouey - yang- kung , onzième Lune, commençant le 27
Novembre, une vapeur forîit à côté du Naii-teou (huitième
des vingt-huit conftellations ) ; elle étoit large de piufieurs
tchang , s'étendant à l'horizon : Ouang-fo dit que c'étoit
i'étendard de Tchï-yeou , c'eft-à-dire , une grande Comète.
Comme on ne nous dit rien de la durée de ce phénomène ^
^92 Histoire
nous ne pouvons décider fi c'étoit une Comète, ou un
météore.
255.
Deuxième année Tchîng - yven , première Lune , com-
mençant vers le 2 5 Janvier , une Comète parut au nord-
ouefl ; elie étoit à l'horizon.
257.
Deuxième année Kan-lou , onzième Lune , elle commença
vers le 24 Novembre ou le 23 Décembre, Comète de
couleur blanche dans Kio , première des vingt -huit coni^
teiiations.
La Comète de la troifième année lûiig-yven , ou de l'an
262, étoit blanche. Ma tuon-lin, d'accord fur tout le refte
avec le P. Gaubil, ne donne à la Comète que cinq tfun ou
cinq pouces de longueur: le P. Gaubil aura pu lire cinq
tchang pour cinq tfun.
Deuxième année Hien-y , cinquième Lune, ou au mois
de Juin , Comète dans Ouang - leang ( /2, A, cj,, >i, x- de
Cafliopée ) , longue d'nn tchang , de couleur blanche ; elle
tendoit vers le fud-eft : après douze jours elle diiparut.
Il ne parut cette année qu'une Comète. Au jour Ping-fa
de la première Lune, 18 Février, eïÏQ étoit dans Tch'in ;
fa couleur étoit d'un bleu pâle , elle ailolt vers le nord-ouefl;
enfuite qWq tourna vers i efl.
2(^p.
Cinquième année Tay-tchï , à la neuvième Lune, com-
mençant vers Is 1 3 Oélobre , Comète dans le Tfu-kong ou
Tfé-ouey, Le P. de Mailla la rapporte à la môme année;
c^fl par erreur qu'à la page 2pp ou l'a antidatée d'un an.
Page
DES Comètes, ^^i
Page jo 0, ajoute^:
275.
Dixième année Tay-tchi , douzième Lune , commençant
vers le 14- Janvier 275 , Comète dans Tchin (le Corbeau).
2j6, Trois Comètes,
Deuxième année Hien-fùng , fixième Lune, jour Kia-[u ,
{23 Juin, jour appartenant à la cinquième Lune, la fixième
n'ayant commencé que le 2f) Juin ) , on vit une Comète
dans Ty ( troifième à^s vingt-huit confteiiations ).
Septième Lune, commençant ie 28 Juiiiet , Comète
'à-àwsTa-klo ( Arélurus ).
Huitième Lune, commençant le 27 Août, Comète dans
le palais Tay-ouey ; elle parvint à la conftellation Ye ( pénul-
tième des vingt-huit), au Pé-îeou (grand Chariot) & au
San-tay ( /, x,, A, /^, j/, ^ de la grande Ourfe ).
277. Plufieurs Comètes.
En cette troifième année Hien - ning , il a paru cinq
Comètes, fuivant Ma-tuon-lin.
Première Lune, commençant la nuit du 2 i au 22 Janvier,
Comète dans la partie occidentale.
Troifième Lune, commençant le 20 Avril , Comète dans
Coey (la Mouche).
Quatrième Lune, commençant le 20 Mai, Comète dans
Yu-niu ( tt du Lion ).
Cinquième Lune, commençant le 18 Juin, Comète dans
la partie occidentale.
La cinquième Comète eft celle du P. de Mailla.
Ces cinq Comètes pourroient peut-être être réduites à un
moindre nombre. On voit que le commencement de la
plupart diQ% Lunes indiquées par Ma-tuon-lin, concourt de
très-près avec l'entrée du Soleil dans les fignes du zodiaque:
à^s erreurs , légères même , dans le Calendrier Chinois ,
pourroient en confequence déranger, de près d'un mois, les
dates que nous avons déterminées.
Tome L Ffff
jp^ Histoire
En la quatrième année Hien-ning , ou en 278 , à la qua-
trième Lune, l'étendard de Tchi-yeou ^ c'eft - à - dire , une
grande Comète, parut dans le Tung -tfing (vingt-deuxième
dQS vingt-huit con(leilations) : après l'année elle fut détruite.
Efl-ce qu'elle auroit duré huit mois \ Au refte cela ne feroit
pas impoffibie. La quatrième Lune avoit commencé vers ie
5? Mai,
27p. Deux Comètes*
En îa cinquième année, à la troifième Lune , commençant
je 30 Mars, Comète dans la conflellation Licou ^ vingt-
quatrième des vingt-huit.
A la quatrième Lune, commençant le 28 Avril, il parut
une autre Comète dans Yu-nîu ( tt du Lion ) : à la Teptième
Lune, commençant le 26 Juilleti, elle étoit dans le palais
Tfu-kong ou Tfé-oiiey.
281. Deux Comètes.
En îa deuxième année Tay-kang , huitième Lune, com-
prenant tout le mois de Septembre , on vit une Comèfe
dans la conflellation Tchang , vingt-fjxième des vingt-huit.
En la onzième Lune , comprenant prefque tout Décembre,,
Comète dans Hïen-yven (^, ce, y, Ç, s, &c. du Lion)..
283.
En la quatrième année , à la troifième Lune , commençant
îe 15 Avril, jour Vou-chin , 22 Avril, Comète dans ie
fud-ouefl.
A ce que dit le P. Gaubil, de ia Comète de 287 , Ma-
îuon-lin n'ajoute autre chofe , fmon que la longueur de la
Comète fut jugée de dix îchang.
2^0.
Première 2XiVié.QYung-y , à ia quatrième Lune , commençant
le zy Avril ^ il parut une Étoile -hôte dans le TJe-ouey.
DES Comètes, 595
Cinquième année Yven - kaiig du règne de Hoey~ty , à la
quatrième Lune, commençant le i.^*^ Mai, Comète dans
Kouey, quinzième des vingt-huit conflellations ; elle parvint
à Hïen-yvcn (f , et, y, g,^ &c. du Lion ) , &: au paiais
Tay-ouey : eile traverfa ies Etoiles San-tay (/,x,,A,|a,i/, ^
de la grande Ourfe ) , & Tay-ling ( ^ , ô , t , oc de Perfée &
la tête de Médufe ). Pour que (a route ait été régulière , ii
faut qu'elle ait été de Kouey à Tay-liiig , enfuite i San-tay ,
à Hien-yyen , enfin au Tay-ouey,
300 ou 301.
Première année Yung-kang , à la douzième Lune, com-
mençant ie 27 Décembre 300, une Comète fortit à l'ouefl;
de A^/>oz/, neuvième des vingt-huit conftellations, indiquant
ie Tien-ché, Pour peu que la douzième Lune fut avancée ,
ia queue de ia Comète devoit réellement fe porter vers le
Tien - ché.
301.
Deuxième année, quatrième Lune, commençant le 2 5
Avril, Comète dans ia contrée de Tfy. Il y a deux Tjy
dans le ciel à^s Chinois ; l'un efl <» du Capricorne , l'autre
eft dans le rameau d'Hercule , la cent - dixième Etoile , je
penfe , de cette confleiiation , dans le Catalogue Britannique»
302.
Première année Tay-gan , à la quatrième Lune , com-^
mençant vers ie 14 Mai, une Comète parut ie matin,
303.
Deuxième année, à ia troillème Lune, commençant ie
3 Avril , Comète dans la partie orientale , indiquant ie
San-tay (pattes de ia grande Ourfe). Le terme que M. de
Guignes traduit par indiquer , fignilie à la lettre , montrer au
doigt, Sïf comme je ie peafe, cette exprellion détermine la
Ffffij
59<^ Histoire
direclion Je la queue , il faut encore convenir ici que par
le terme de partie orientale , Ma- tuon-lin enîendoit la partie
du ciel qui eft. vers l'orient, & non les fept premières conl^
îelkîions Chinoifes»
305. Deux Comètes.
En îa deuxième année Yung-hïng , à la huitième Lune ^
commençant le 6 Septembre, on vit uwq Comète dans y^^a-
^ Pi (Pléiades & Hyades).
A la dixième Lune, jour Ting-îcheou, 22 Novembre,,
une Comète parut dans le Siuen-ki du Pé-teou (dans le
quarré de la grande Ourfe ).
Quant à la Comète que le P. de Mailla rapporte à cett^
année, elle e(t probablement la même que la première de
Ma-tuondin : une Comète peut être voifine du pôle, &
avoir même afcenfion droite que Mao & //, &: d'ailleurs
la Comète a pu s'élever de Mao & de Pi jufqa'au voifniage
du pôle*
En îa quatrième znwée Hien-ho , de l'empereur Tchin g- îj^
à la fepîième Lune, commençant le 7 Août, on vit une
Comète ciu nord -oued; dh s'approcha fort près de Teou.
( II y a trois Teou dans le ciel Chinois, celui du nord^
qu'ils ne nomment guère fans y ajouter le mot caraélérifiique
Pé, nord ; c'efl le grand chariot : le Teou du fud , ou le
Nan-teou eil la huitième Aqs vingt - huit conftellatioiis ; îa
Comète en Ton voifniage n'auroit pu paroîîre au nord-ouefl:
il eft donc probable qu'il s'agit ici du troiûème Teou , formé
pai- ûD, jf7, //, 0, «, de la maifue d'Hercule). Après vingt-
trois jours la Comète difparut.
Page jo I, Suivant Ma -tuon-lin, la Comète de ^^6,
parut en la deuxième année Hien-kang, deuxième Lune 5.
jour Sin-je , au foir , dans la contrée occidentale, dans Kouey.
Mais la deuxième Lune n'eut point de jour Sin-fe ; 1 faut
]kQ première Lune avec le P.Gaubil, le P. de Mailla &les.
DES Comètes.
grandes Annaies Je ia Chine. Celles - ci ajoutent que la
Comète fut aulTi obfervée dans Le ou.
La Comète de 340 , païut en ia fixième année Hien-kang,
jour Sïn-je de la deuxième Lune , dans le palais Tay ~ ouey.
Le P. de Mailla la fait paroitre à ia première Lune, mais
cette Lune en 340, n'eut pas de jour Siti-fe.
La Comète de 343 éîoit blanche; fur tout ie reûe, Ma^
tuon-iin s'accorde avec le P, Gaubil.
Page ^02.. Ma-tuon-lin eft pareillement d'accord avec ie
P. Gaubil , iur ia Comète de 350. On peut ou^ecler à l'un
& à l'autre que le jour Y-mao , 7 Janvier , appartenoit à ia
douzième Lune, commencée le 26 Décembre 342. La
chevelure de la Comète, dit Ma-tuon-lm > lerminoit i'ouefl ,
fa couleur étoit blanche.
350. Deuxième Comète»
Sixième année Yung-ho , première Lune, commençant ie
25 Janvier, on vit une Comète dans Kang , féconde à^s
vingt-huit conftellations. Ces deux Comètes de 350 pour-
rcient n'être qu'une feule ck même Comète,.
35S.
Deuxième année TJîng-pïng , cinquième Lune , jour 77/;^-
hay ( 12 Juillet; le loiilice éîoit arrivé le 22 Juin à cinq
ou fix heures du foir , méridien de Pélcin ; ia Lune qui
commença le 23 , n'étoit pas à la rigueur cinquième Lune^
mais une erreur de quelques heures aura fufîi, pour ia faire
regarder comme telle ) ; une Comète parut.
La Comète qu'on obferva en ia première année HïJig-îiïfig^
du règne de Ngay-îy ^ c'eli-à-dire en l'an 3^3, après avoir
paru dans Rio «Se Kang y les deux premières à^s vingt -huk
confleilations j entra dans le Tien-ché.
\ 373* Trois Comètes^
Première année Nirig-kang , de Hiao-vou-ty, première
Lune^ jour Ting-Jé, p Mars, Comète dans Mu; eik
jpS Histoire
traverfà 7/., Kang , Kio ^ Tchin , Ye , Tthang, Toutes ces
coiifteifations font du nombre à^s vingt-huit.
Deuxième Lune, jour Ping-fu, j Avril, Comète dans
Ty ({a Balance). Ne feroit-ce pas ia précédente, qui vers
ie même temps a été pareillement obfervée dans Ty !
Neuvième Lune, jour Ting-uheou, 24. Odobre, Comète
dans ie Tïen-ché»
Ma-tuon-lin ne parie pas de la Comète de 374»
Page jo fcluS. Comète de jpo fut obfervée à la Chine,
en ia quinzième année Tay~yven : au jour Gin - chin de la
jfeptième Lune, 22 Août, elle fut dans Pe-ho (ce, jS des
Gémeaux ) ; elle paiîà par ie palais Tay^ouey , par San - tay
(/, X, A, //,, V, J de ia grande Ourfe ) & Ven-tchang ,
( T, u, cp, ô , h , fy e de ia grande Ourfe ) , & entra dans
ie Pé-teou ( grand Chariot). Sa couleur étoit blanche, fa
longueur de dix tchang. A la huitième Lune, jour Vou-fu^
ly Septembre , elle entra dans ie palais Tfé-ouey ; enfuite
elle dilparut. Cette route feroit plus régulière , fi l'on en
reîranchoit ie paiîage par Tay-ouey ; ce palTage gâte tout.
Pages ^06 & 3^7' Ma-tuon-lin fait fuivre à la Comète
de 400, ia même route que le F. Gaubil ; il nomme feule-
-îjient San -tay (pattes de la grande Ourle) , au lieu de
Tny-yang-cheou , ce qui ne dérange pas la régularité de igi
fouîe. C'eft à la troifiènae Lune, commençant ie i i Avril,
que ia Comète fe dirigea vers ie Tay-ouey , Ti-tjo & Tuon-
nioen. Pour Ti-tfo, il faut néceiÏÏiircment lire Ou-tï-tfo
( /3 du Lion). Tuon-moen eil: l'efpace entre jÔ & >i de Ig,
Vierge. Quanta l'enceinte occidentale du palais Tfe-oiiey,
^lle ed formée par la conllellation Yeou-tchu; voyez -en
-l'explication aju commencement de ce fuppiément.
Page jop , ajoiiîeii ^ _ -
415 & 4 ï 6. Piufieurs Comètes,
En la onzième année Y-hy , cinquième Lune , jour Â/V/-
■çhin, 24 Juiii 415, iieux Comètes fortirent du Tien-che\
DES Comètes, 599
elles pafsèrent par 77 -tfo [cl d'Hercule ) , & s^arrêtèrent au
nord de Fang & de Si/i ( quatrième & cinquième des vingt-
huit confleiiaîions ). Cette route, dans ie texte Chinois,
pourroit n'appartenir qu'à une feule des deux Comètes.
En la première année Tay-tchang , fous le règne de Ming°
yven-ty à^s Heu-goey , à la cinquième Lune, ]ouï Kia-chin^
18 Juin 416, deux Comètes parurent.
Ces deux paires de Comètes , paroilTant en deux années
conlécutives , à la même Lune, au même jour, & extraites
de deux Annaliftes difFérens, pourroient être réduites aune
feule paire ; un des deux Hiitoriens ayant pu facilement
accélérer ou retarder d'un an l'apparition des à^ux Comètes»
418. Deux Comètes.
En la quatorzième année Y-hy , jour Keng-îfe de la ciiî^
qùième Lune , 24 Juin , on vit une Comète au milieu du
Kuey du Pé-teou ( carré de la- grande Ourfe) : celte Comète
diffère néceflairement de la luivante. C'efL peut-être la
perfuafion que ces deux Comètes n'en formoient qu'une Çqi\\q ,
qui a porté le com.te Marceiiin à donner iept mois de durée
à la Comète de 418.
La féconde Comète eft celle de Philoiiorge & du P. Je
Mailla. L'éciipfe du 1 9 Juillet n'ayant pas été vifible à ja
Chine, on n'y put découvrir la Comète durant i'obfcurité
totale; on ne la vit même qu'aifez long- temps après, peut-
être à caufe des nuages & du mauvais temps. Au jour Kouey-
hay de la ièpîième Lune, ou au i j Septembre, elle fortit
du palais Tay-ouey à i'ouefi:; elle fe leva au-delTus de l'étoile
Chûfig-fidug. ( Il y a deux Chang-fiang , ^ du Lion & y
de ia Vierge; je crois qu'il s'agit ici de ^ du Lion ). La
chevelure , petite d'abord , s'accrut jufqu'^à la longueur dé
dix tchang & plus. La Comète palTa par le Pé-teou, fe
Tfé-ouey & ie Tchung-tay (A, il de la grande Ourle). Cette
route ed plus régulière que celle que le P. de Mailla fait
tenir à la Comète : il faut cependant remarquer que la Comète
a dû paflei' au Tchung-tay ^ a^ant d'aïiiver au Pé-teou & aa
6oo Histoire
Tfé'Ouey; Ma-tuon-Iin nomme le Tchung-tay îe dernier;
mais il ne décide pas formellement que ce (oit la dernière
conftellation où'i'oa ait obièrvé la Comète.
Page j / / , ajouîei :
41^.
Première année Yven-y de l'empereur Kung-ty , première
Lune, jour Vou-fu , ly Février, on vit une Comète dans
le palais Tay-ouey , à l'oueft, c'efl-à-dire apparemment, près
de l'enceinte occidentale de ce palais; car la Comète étant
en oppofiiion avec le Soleil, elle devoit paroître toute la
nuit, le foir à l'eil;, à minuit au fud, le matin à i'ouefl.
La première Comète de la troifième aimée Yurig-tfo de
Sung-vou-ty ou de l'an 422, parut à la deuxième Lune,
au jour Ping -fil, zi Mars, dans Hiu & Goey.
Page ^ I- 2 , ajoute?^.
422. Deuxième Comète*
Onzième Lune, jour Vou-ou , 18 Décembre, Comète
dans Yng-ché (oc, ^ de Pégafe ),
En 423 , première année lùng- ping , de l'empereur
Chao-ty, on obferva au moins (Içiux Comètes à la Chine.
A la première Lune, jour Y-mao , 13 Février, on vit la
première dans Tung-me , quatorzième à^^ vingt -huit
condellations.
La deuxième fut vue à ia dixième Lune, au jour Ki-ouey,
14 Décembre, dans la conllellation Ty , troifième à^i
vingt -huit.
432.
Première année Yen-ho de Tay-vou-ty, empereur ou roi
àiis Yven-goey , on vit une Comète dans Plïen-yven (5^, et,
y, g, &c. du Lion) : elle entra dans Tay-ouey, Si. parvint
jufqu'à Ta-lùo ( Arclurus ) où elle périt.
La Comète de 442 fut obfervte à la Chine, en la dix-
neuvième année Yven-kia dg l'empereur Ouen-ty. A la
neuvième
DES Comètes. 6oi
neuvième Lune, jour Ping-chin , \^^ Novembre, on vit
une Etoile -hôte dans le Pé-teou ; elle devint Comète. Elle
entra dans Ven-tchaug ( u, (p, 6, &c. de la grande Ourfè ) ;
elle traverla Ou-tché (ce, /3, ô, /, &:c. du Cocher, /3 du
Taureau), Tien-tfie (5), tt, h, b, c, d, r du Taureau),
&: Tien-yven ( tt de la Baleine, y, J^, g, Ç, vi, r, Sec. de
l'Éridan ) : elle di(î:)arut en hiver. L'hiver commença en
Chine le i 8 Novembre.
Ma-tiion-lin, confultant fans doute d'autres fades que le
P. Gaubil , fait paroître la Comète de 4-45? en la vingt-
fixième année Yven-kia , au jour Kouey-mao de la dixième
Lune, dans le palais Tay-oiiey. Le jour ell le i i Novembre,
&: cette date eft plus exade que celle du P. Gaubil ; le
jour Sin-fe, 19 Décembre, n'étoit point de la dixième
Lune , la onzième étoit commencée depuis le premier du
mois.
Page ^ I ^ , ligne 1 0 , ajoutei. Ce qui la détermine encore
plus poiitivement, c'efl que cette même Comète fut obfervée
à la Chine, en la vingt-huitième année Yveihkia, donc en 4 5 i .
A la quatrième Lune, jour Y-maOy ly Mai, elle parut dans
[Mao ( les Pléiades ) ; à la fixième Lune, jour Gin-tfe,
(13 Juillet, elle étoit au milieu du Palais Tay - ouey , en
oppofition avec Ti-tfo ( tcte d'Hercule ). Je ne conçois pas
quelle pouvoit être cette oppofition ; elle a trait fuis doute
à quelque rêverie de l'aftrologie Chinoife. A la rigueur, la
douzième Lune n'auroit dû commencer que le 14 Juillet:
l'erreur d'un jour eft une erreur bien légère pour l'Aftro-
nomie de ce temps -là.
Page Ji^, ajoutei^:
50Î.
Troîfième année Yung-yven de Tung-hoen-heou , première
Lune, jour Y-tfe' , 13 Février, une grande Etoile parut à
l'horizon. A la deuxième Lune, au jour Gin-fu, 2 Mars,
on vit paroître l'étendard de Tchi-yeou. La deuxième Lune
ne commença que ie 5 Mars ; il peut y avoir une faute
Tome L Gggg
èoi Histoire
d'impreiïîon , deuxième Lune pour première Lune, ï & 2 ne
différant dans l'écriture Chinoile que par un feul petit trait.
Page ^ I S , a'jQuîei :
533. En la cinquième année Tchung-ta-tung Je Vou-ty,
première Lune, jour Ki-yeou, i.^*^ Mars, une grande
Étoile parut.
Même page , aux deux dernières lignes , par Hia-tay , tî
faut entendre v , ^ de la grande Ourfe.
Page j I ^. Ma-tuon-lin diffère du P. Gaubil en quelques
points eflèntieis, fur la Comète de 53^ 1 qu'il date de la
cinquième année Tchung~ta-tung ; cette année tH la même
que la première Hing-ho du P. Gaubil. Au jour Sin-tcheou
de la dixième Lune, la Comète iortit du Nan-teou: jufqu'icî
les deux Ecrivains font d'accord. La longueur de la Comète
étoit d'un ché ; peu -à- peu eiie s'étendit jufqu'à un tchang,
A la onzième Lune (elle avoit commencé vers le 26 No-
vembre) , au jour Y-mao , i.^*^ Décembre, la Comète parvint
à Leou (et, jS, y du Bélier) ; eniuite elle difparut. Je
(bupçonnerois volontiers qu'il eft échappé au P. Gaubil
d'écrire Ping-fu, i,^^ Janvier 540, au lieu de Ping -ou,
2. 2 Novembre 5 3 p , & voici mes raifons. i .° Le jour Ping-fu
n'appartenoit pas à la onzième Lune; la douzième avoit
renouvelé au plus tard le 26 Décembre : ainli, il y a au
moins une erreur dans la defcription que le P. Gaubil nous
donne de la route de cette Comète. 2.^ Le jour nommé par
ie P. Gaubil doit être entre le jour Sin-tcheou de la dixième
Lune , & un jour Y-mao , que Ma-tuon-lin dit bien exprelfé-
ment être de la onzième Lune ; or , entre le jour Sin-tcheou
de la dixième Lune & le jour Y-mao de la onzième , ii
îiy a point eu de jour Ping-fu. 3." En ce jour Ping-fu,
ï.^*^ Janvier, la Comète étoit, félon le P. Gaubil, à 3 degrés
de Vénus • or , j'ai calculé de nouveau fur les Tables \qs
plus récentes , le lieu de Vénus pour le i.^*^ Janvier au foir, &
î'ai trouvé cette Planète encore plus voifme du Soleil, que
je ne l'avois déterminé dans l'Hifloire générale , fon élon-
gation n'étant que de i^ z6' avec une latitude boréale de
DES Comètes. ëoj
5 ^ 3 S '; Jans cette pofition , Vénus n'étoit certaînement pas
vifible à la vue fimple. Au contraire, le 22 Novembre au
foir, Vénus étoit en 9^ 14^^ 26', avec une latitude auflrale
de 2^ 23^; Ton élongation étoit de 42^ 22'; non-feulement
elle étoit vifible & dans fon plus grand éclat, mais de plus
elle fe trouvoit fur la route que la Comète devoit tenir pour
aller de Leou à Mao. Il paroît donc que le texte même
du P. Gaubil exige la légère correction que nous propofons.
Il ne me fèmble pas auffi aifé de concilier Procope avec
les deux Cométographes Chinois ; mais il faut néceffairement
convenir que Procope s'eft trompé dans quelque partie de
ion récit. La Comète , dit - il , étoit dans le Sagittaire , &
fuîvoît le Soleil , qui étoit dans le Capricorne : mais le
Sagittaire précède le Capricorne , il fe lève avant lui , il
paffe au méridien avant lui , il ne le fuit en aucun fens. Ne
pourroit-on pas fuppofer que Procope ayant rafîemblé diffé-
rentes notices fur l'apparition de cette Comète , il aura joint
enfemble des circonltances qui appartenoient à différens jours!
Voici l'analyfe que je penfe qu'on pourroit faire du récit de
Procope. La Comète a paru quarante jours & plus ; fi oa
ne fa pas obfervée auffi long-temps à la Chine , les nuages
y auront fans doute mis obflacle. On la découvrit à Conf^
tantinople vers le 8 ou 10 Novembre ; alors ^^q précédoit
le Soleil , fa tête étoit vers l'orient , fa queue s'étendoit vers
l'occident. En conjonélion avec le Soleil, elle eut affez de
latitude pour être vifible , le matin avant le lever du Soleil ^
ie foir après le coucher de cet Aftre. Arrivée au Sagittaire ,
elle fuivit le Soleil, & continua de le fuivre jufqu'à l'entrée
du Soleil au Capricorne. Tout dans cette explication s'accorde
avec les obfèrvations Chinoifes; fi on ne veut pas l'admettre,
il faut dire qu'il a paru deux Comètes en 53 p.
Page ^22. Ma-tuon-lin confirme tout ce que dît le F»
Gaubil de la Comète de 560.
5^5. Deux Comètes.
En la quatrième année Ho-tfin^ de Vou-tching-ty, prince
Ggggi)
6o4 Histoire
de Pé-tfy , à la Iroifième Lune, commençant le i^ ou 17
Avril , une Comète parut.
Ma-tuon-iin rapporte ce qui regarde la féconde Comète
d'après les Annales de trois Dynaflies.
Sixième année Tien-kia de l'empereur Ouen-ty àQs Tchin,
à la fixième Lune, jour Sin-yeou , 23 Juillet , on vit une
Comète dans Chang- tay ( / , x de la grande Ourfe ).
Première année Tien-timg de Heou-ichu, autre prince
àts Tchin , même Lune, jour Giti-fu , 24 Juillet , la Comète
iortit de Ven-tchang , au nord-ett; elle étoit longue comme
la main; elle s'étendit enfuite julqu'à pkilieurs tchaug. Après
cent jours , elle diiparut.
Cinquième année Pao - tïng de Vou - ty , prince des
Tcheou , fixième Lune, jour Keng-chin, 22 Juillet, une
Comète fortit du Chang- tay , entra dans Ven-tchang , s'ap-
procha très-près de Tu-tftang , traverla les murailles occiden-
tales du palais Tfé - ouey ( la conftellation Yeou- tchu) , Se
entra dans Goey (douzième confteliation des vingt- huit).
M. de Guignes n'a trouvé Tu-îfiang dans aucun Dictionnaire»
La longueur de la Comète étoit d'un tchang , elle indiquoit
Ché & Pi (treizième &: quatorzième des vingt- huit cons-
tellations). Après cent jours & plus, (a longueur feréduifit
à deux ché cinq tfun, ou à deux pieds & demi. Elle périt
entre Hiu Se Goey (onzième & douzième des vingt -huit),
Ma-tuon-lin a pareillement raflembié ies Mémoires de
trois Annaliftes, fur la Comète de 568. L'un d'eux n'en dit
autre choie , fmon qu'en la deuxième année Kuang-ta de
Fy-ty , prince des Tchin , à ia fixième Lune , jour Ting-hay p
2. Août, on vit une Comète.
Cette Comète , fuivant un autre Annalifte , parut à îa
quatrième année Tien-tung , dans la confteilation Tfing ou
Tung-tftng,
Un troifième enjfîn , ia fait paroître en la îroifième année
Z/>/;-/^o de Vou-ty. A la fixième Lune, jour Kia-fu, 20
Juillet, elle étoit dans Tung-tfing ^ de couleur blanche par le
haut , par le bas couleur de chair ; elle brilloit allez & aiîoit
DES Comètes. '605
vers i'orîent. Lorfqii'eile eut fubfiilé jufqu'au jour Kouey-mao
de ia feptième Lune, 18 Août, elle^ s'arrêta à huit pouces
au nord de Kuey ( ô , vi , 7 , ^ de l'EcrevifTe ) : enfuite elle
fut détruite.
Page ^2^.
$74-
Troifième année Kien-te de Vou-ty , prince des Tcheou;
quatrième Lune , jour Y-mao , 3 i Mai , on obferva une
Comète dans le Tfe-ouey , hors Aqs murailles de ce palais :
g\[q étoit groffe comme le poing , de couleur rouge pâle ;
elle indiquoit Ou-îi-tfo ( /3 du Lion); elle alloit à petits
pas vers le fud-eft : fa longueur étoit d'un tchang cinq che\
Au jour Kia-îfe de la cinquième Lune, ^ Juin, elle s'arrêta
au nord de Chang~tay ( /, îc de la grande Ourfe ) , & elle
diiparut.
575-
Septième année Ta-kten , de l'empereur Siven-ty, qua-
trième Lune, jour Ping-fu , 27 Avril, Comète dans Ta-kïo
( Ardurus ) : c'eft celle que le P. Gaubil rapporte à l'an
574 , mais mai-à-propos. La feptième année Ta-kien concourt
bien certainement avec fan 575 ; Siven-ty, qui donna à
l'année le nom de Ta - kieti , ne monta fur le trône qu'en
568 ; la première année de fon règne concourut donc avec
i'an 56^; donc l'an 574 n'étant que la fixième année de
fon règne, ne put être que la fixième année Ta-kien,
Page ^2^,
581.
Douzième année Ta-kten , jour Shi-fe de îa douzième
Lune, 20 Janvier 581, on vit une Comète au fud-ouefl.
Page ^2^. Ma-tuon-lin confirme le récit du P. Gaubil,
fur its Comètes de 588 & de 595 ; il y ajoute feulement
que cette dernière fut aulfi obfervée dans Coey ( * du
Verfeau, e, ô de Pégafe),
6o6 H r s T 0 T R E
Page ^27.
607. Première Comète,
Troifième année Ta -nie de l'empereur Yang-ty, jour
Ki-tcheou de la deuxième Lune, 13 Mars, on vit une
Comète dans Tfing (vingt-deuxième des vingt-huit conflel-
lations ) & Ven~îchang ( u , cp , t , &c. de la grande Ourfe ) :
elle traverfa Tay ling ( % , t , 6 , x. de Perfée , i3 , 5) , &c. de
Médule ) , Ou-tché ( a , /3 , 0 , / du Cocher , jS du Taureau ) ,
Pé-ho ( et, /2 des Gémeaux) : elle entra dans le palais Tay-
ouey , paiîa par l'Étoile Ti-tfo [en d'Hercule ) , & après
cent jours elle s'arrêta. Vu la route que Ma-tuon-lin attribue
à cette Comète , elle a dû réellement pafler par Tfing , c'eft-
à-dire avoir même afcenfion droite que les pieds des Gémeaux;
mais ce n'a pu être qu'après avoir traverfé Tay - litig &
Ou-tché. Quant à Ven - tchang , je ne vois pas trop quand,
ni comment la Comète a pu y palTer. Y auroit-il ici deux
Comètes diffèrentes, dont Tune auroit été de TJtng à Ven-
tchang; l'autre, après quelques jours de mauvais tem^^s^
auroit été vue dans Tay-ling & prife pour celle qu'on avoit
laifTée dans Ven-tchang , auroit pafTé de Tay-ling à Ou-tché,
à Pé-ho, &c? Dans cette fuppofition, il auroit paru quatre
Comètes en 60 j ^ ce qui n'efl pas impoffible.
Les deux autres Comètes , celles dont le P. Gaubîl décrit
îa route , font réduites à une feule par Ma-tuon-lin ; en cela
nous ne pouvons être de fon avis. Le jour Sin-hay delà
troîfjème Lune, dit-il, une grande Étoile parut à l'horizon
dans la contrée occidentale , c'eft-à-dire à l'ouefl , comme le
P. Gaubil l'a traduit : elle traverla les conftellations Kouey ,
Leou , Kio , Kang , & di/parut. A la neuvième Lune , jour
Sin-oui , elle reparut dans la contrée méridionale ; elle vint
dans Kio & Kang , traverfa le palais Tay - ouey , & l'Étoile
Ti-tfo (et d'Hercule ) ; elle approcha très-près de plufieurs
confteilations ; elle ne parvint pas jufqu'à Tfan & Tfmg ;
elle pafla à côté de Suy , (Jupiter) & diiparut. Il efl d'abord
de doute que cette Comète qui reparoit , fuivant Ma<»
DES Comètes, 607
tiion-Iîn, à la neuvième Lune, eil différente Je celle qui
avoit difparu piufieurs mois auparavant. Quant à la route
que Ma-tuon-iin affigne à cette nouvelle Comète , elle mérite
quelque réforme. Si , ce qui me paroît ie plus probable , le
mouvement apparent de la Comète a été contre l'ordre des
fignes, la Comète n'a pu rencontrer Jupiter, qui étoit alors
au commencement du Sagittaire , &: elle n'aura point pafle
par Ti-tfo , mais par Ou-îi-tfo ( /S du Lion). Si la Comète
au contraire a fuivi l'ordre des fignes , puifqu'elle a traverfé
le Tay-oiiey , & que d'ailleurs elle s'elt arrêtée avant que
d'entrer dans Tfan & Tfing-, elle aura parcouru les trois quarts
du zodiaque; ce qui ne nous paroît poffible qu'autant que
la conjonélion de la Comète avec ie Soleil auroit précédé
ou fuivi de fort près fon paffage au périhélie ; que ce palfage
feroit arrivé vers le milieu de l'apparition de la Comète , &
qu'enfin la diflance périhélie feroit fort petite. Or, dans ces
fuppofitions, la Comète a dû difparoître durant piufieurs jours
vers le temps de fa conjonélion , & l'on ne nous dit rien
de cette circonftance. Bien plus , on nous dit que la Comète
a pafle par Ti-tfo [cl d'Hercule ) & près de Jupiter. La
Comète étant en Ti-tfo , étoit bien réellement en conjon61;ion
avec Jupiter , & voifme de la conjondion avec le Soleil :
mais fa latitude étoit trop grande , pour qu'on pût dire qu'elle
étoit près de Jupiter; elle en étoit au contraire très-éloignée;
& par la mcme railon elle ne pouvoit devenir invifible dans
(a conjondion avec le Soleil ; donc elle ne pouvoit, par ion
mouvement apparent , parcourir neuf fignes du zodiaque.
Quelque route qu'on affigne à la Comète, il ne paroît pas
poffible qu'elle ait rencontré Jupiter , d'autant plus que cette
Planète fut en conjojiélion avec le Soleil vers le i o Novem-
bre , un mois moins deux jours après la première apparition
de la Comète,
do8.
Quatrième année Ta- nie , une Comète fortît de Ou-tché
( et , ^ , 6 , / du Cocher , ^ du Taureau ) , traverfa Ven-chang,
go8 Histoire
(u, (^, 9, T, &c. de la grande Ourfe ) , & parvînt Jufqua
Fang ( quatrième des vingt - huit conflellations ) , où elle
diiparut.
Page ^28. Suivant Ma-tuon-iin, la Comète de 615
parut d'abord au fud-eft de Ven~tchang , iongue de cinq à
îix tfuriy de couleur noire , 8c pointée : elle étoit fort agitée
durant la nuit : elle tendit plufieurs jours vers le nord-ouell,
parvint à Ven - tchang , s'approcha de quatre à cinq tfun du
palais ( le texte ne détermine pas quel palais , c'ell proba-
blement celui de Tfé-ouey ) , fans y entrer : enfuite elle rétro-
grada & difparut.
Sur la Comète de 6ij , Ma - tuon - lin eft parfaitement
d'accord avec le P. Gaubil.
61 j. Deuxième Comète.
Même année, treizième Ta-nie ou Ta-ye, neuvième Lune,
commençant le 6 Octobre, il parut une Comète dans Yng-
ché (et, jS de Pégafe).
La Comète de 6z6 étoit le 31 Mars dans Kiven-chè
(i', e, g, Ç, o de Ferfée).
Page ^2.(). La Comète de (^34 parut en la huitième
année Tching-kuon , dans Hiu Sl Goey ( onzième & douzième
àQs vingt -huit conflellations); elle traverfa Hiven-hiao;
( c'effc le figne que le P, Gaubil dit répondre à notre Verfeau ).
Au jour Y-hay , elle ne parut plus.
La Comète de ^38 eft rapportée par Ma-tuon-lin , à la
treizième année Tching-kuon , donc à l'an ^39. Au jour
Y-tcheou de la troifième Lune, 30 Avril, elle étoit dans
A4ao ^ Pi, L'équinoxe arriva en 638 , le 17 Mars; la
Lune qui commença le 2 i au foir , étoit do]ic la troifième
Lune , & le 5 Mai ne pouvoit appartenir à cette Lune»
En 63^, la troifième Lune n'ayant comjrjencé que le ^'
Avril , renferma le jour Y-tcheou , 3 o Avril. La Comète a
donc paru en ^3p-
3ur la Comète de <>42, Ma-tuon-lin ziomme ie jour
Ki-ycoUf
DES Comètes. ^09
Kï-yeou, 22 Juillet, pour le jour Ki-ouey , i/*^ Août; ces
deux jours font i'un & l'autre de la iixième Lune,
Page jjo. Traifième année Lurig-fo de Kao-tfung, le
zj Septembre 66^ , la Comète parut dans Tfo-nie-ti ou
Tfo- telle -tï (0, 'TT, Ç du Bouvier), elle étoit longue de
deux ché : au jour 1^-/^, 2p Septembre, on ne la vit plus»
La Comète de (5 (57 étoit dans Ou-tché (et, /3, 6, / du
Cocher, ^ du Taureau ) , entre Mao (les Pléiades) & Pi
( les Hyades )» J'aimerois mieux la leçon du P. Gaubii. Au
jour Y-hay , 12 Juin, on ne la vit plus.
Page J^r. Ma-tuon-lin eil entièrement conforme au
P. Gaubii iur la première Comète de 6y6. La féconde,
fuïvant lui, étoit au jour Ting-hay ,^ Septembre, dans
Tung-tfing ( vingt- deuxième des vingt-huit confteilations ) ,
indiquant Pé~ho {cl, ^ des Gémeaux): fa longueur étoit
de trois tchang ( il faut fans doute lire , trois che\ avec le
Pi Gaubii ). La Comète alioit vers le nord-efl; fa chevelure
étoit brillante & ailoit en augmentant , fa longueur fut de
trois tchang. Elle indiquoit Tchung-tay (A, yu) & Ven-
tchang ( ô, u, cp , &:c. de la grande Ourfe ). Le i ^^ Novembre^
on ne la vit plus.
Page jjj> La Comète de 6% i alioit vers l'eft, & parvint
a Ho-ku (a., (è, y de l'Aigle ).
683.
Deuxième année Yung-tchung, jour Ping- ou de la troi-
fième Lune, 20 Avril, on vit une Comète dans le nord
de Ou-tché (et, /3, ô, / du Cocher, i8 du Taureau). A la
c[uatrième Lune, jour Sin-oui , 1 5 Mai, on ne la vit plus.
La première Comète de 6S^, fut vue, dit Ma-tuon-lin^
ie foir dans la contrée occidentale.
Avant 684. Deuxième Comète, ajoutei:
684. Première année Kuang-tfe du règne de Tchung-
tfung, au jour Ting-tcheou de la neuvième Lune, i i 0<flobre,
on vit dans la contrée occidentale une Etoile qui relîembloit
à une demi -lune. Cette Étoiif avoit-elle un mouvement!
Tome L H h h h
6io Histoire
Combien Jura-t-elle ? c efl ce qu'on ne nous dit pas , & c'efi:
cependant ce qu'il feroit nccefîaire de favoir, pour déter-
miner u cette Etoile ctoit une Comète.
Page jjf> ajoute^:
Première année King-lung, dixième Lune, jour Gin- ou ^
\i 6 Novembre , on vit une Comète dans la cojitrce occi-
dentale : au jour Kia-yn de la onzième Lune, i 8 Décembre j^
elle ne parut plus.
708. Deux Comètes.
Deuxième année King-lung, deuxième Lune, jour Ting-
yeou y 3 I Mars , une Comète parut entre Mao & Goey
(les Pléiades &: la Mouche). Le jour Tyng-yeou appar-
tenoit à la troifième Lune , qui avoit commencé au plus-
tard le 27 Mars.
Une féconde Comète parut dans Tfé-ouey , au jour Gin-
cliin de la huitième Lune, ou au 21 Septembre.
Pûge JJJ' Ma-tuon-lin diflingue la Comète qui parut
le 2p Août 730, dans Ou-tché [cl, ^, Ô, i du Cocher ^
jS du Taureau ) , de celle qu'on obferva le 7 Septembre dans
Pi &c Mûo : je penfè volontiers , avec le P. Gaubil , que
ce n'étoit qu'une même Comète.
La Comète de 738 étoit le i.^*^ Avril dans les murailles
'du Tférouey; elle traveria le Kouey du Pé-teou ou le carré
de la grande Ourfe : on la vit dix jours Se plus; les nuages
ne permirent pas de l'obferver ultérieurement.
Pages ^j6 & ^jy- La Comète de y 60 parut en fa
troifième année Kicn - yven ; elle étoit le 16 Mai dans la
contrée orientale entre Goey ( la Mouche ) &:. Leoii ( cornes
du Bélier). Mais Goey Si. Leoii appartiennent à ce que \es
Chinois appellent contrée occidentale ; au lieu que fi par
contrée orientale on entend la partie du ciel qui étoit alors
a l'orient, Ma-tuon-lin ne dit rien que de vrai: le \6 Mai,
la Comète étant entre Goey & Mao, devoit parollie ï^
D r s Comètes, 6\\
matin p Ju cote de l'orient. La couleur de la Comète ctoit
bianche , elie étoït longue de cinq cJic ; elle alloit avec
•vîteire vers ia contrée orientale. Comment y alloit -elle, fi
elle y étoit dcjài Dans la rcalitc , elle alloit de l'oued; à l'ell:,
félon Tordre des fignes; car elle traverla A4ao , Pi , Tjoui ,
JfdH , Tfitig , Koiicy , Licou, Hien-yven ( le Lion ) , &
parvint à l'oueft de Ycou-chi-fa. Apres cinquante jours , ou
ne ia vit plus,
y 60, Deuxième Comète.
Au jour Sin-ycoii , premier de la Lune intercalaire, 10
Mai , il parut une Comète dans la contrée occidentale ,
elle étoit longue de plulieurs rchang : à la cinquième Lune,
commençant le i 8 Juin, on ne la vit plus. Seroit - ce la
Comète précédente , qui après avoir paru quatre jour^ à
l'orient, auroit padé dès le cinquième jour à l'occident?
Cela n'efl: pas ablolument impollii^le : mais en Europe , où
cette Comète fut vue moins long-temps qu'à la Chine, elle
fat obfervée durant dix jours à l'orient. D'ailleurs il eft dit
que la Comète précédente parut durant cinquante jours , &:
l'on nous donne à entendre que l'apparition de celle-ci
n'excéda pas le 18 Juin.
y6y.
Première année Ta-lie , du règne de Tay-tfimg , douzième
Lune, jour Ki-hay, 22 Janvier j(>j y on obier va dans
Pay-kua ( n , G, (^ jc du Dauphin ) une Comète longue d'un
ché. Après vingt jours on ne la vit plus.
770. Deux Comètes.
Cinquième année , jour Ki-oui de ïa quatrième Lune ,
26 Mai, on vit une Comète Axws Ou tché ( a, /3, 0, / du
Cocher, /3 du Taureau); chevelure brillante, longue de
trois îchnng.
Au jour Ki-mao , de la cinquième Lune, i 5 Juin, une
Comète de couleur bianclie parut dans la contrée fepten-
Hhhh ij
6i2 Histoire
trionale. Au jour Kouey-oui , 19 Juin, eiie alla vers l'orient:
elle s'approcha enfuite du milieu de Pa-ko ( ^ , J^ du Cocher,
ia deuxième , la feptième de la Giraffe , & cinq autres entre
ÏQs pattes ). A la fixième Lune, jour Kouey-mao , p .Juillet,
eiie fut près de San - kung ( trois petites Etoiles dans les
Chiens de chade , fous vi & ^ de la grande Ourfe). Au jour
Ki-oui , 25 Juillet, on ne ia vit plus.
773. En la feptième année, douzième Lune, jour Pifig-
yn , 17 Janvier, on vit une grande Étoile au bas de Tjau
( croix d'Orion ).
Page ^jp, ajoutei:
815.
Dixième année Yven-îio de Hien-tfung , troifième Lune ,
commençant vers le i 3 Avril , une grande Etoile parut au
bas du palais Tay~ouey ; elle parvint jufqu'à Hien-yven (tête
& corps du Lion , &c. ).
La Comète de 8 17 fut vue à la Chine, en la douzième
année Yvcn - ho , au jour Vou -fe de la première Lune , 1 7
Février , dans Pi ( les Hyades ).
2 I.
Deux Comètes.
En ia première année Cliang-king de Mo-tfung, première
Lune, jour Ki-oui , 27 Février , Comète dans Ye ( ia Coupe,
&c). Au jour Ting-mao de la deuxième Lune, 7 Mars,
elle fuî à l'oueft de Tay-ouey dans Chang-îfang \(t au.
Lion ).
A la fixième Lune , commençant le 3 Juillet ^ Comète
dans Mao ( les Pléiades); elle éîoit longue d'un tchangi
après dix jours, on ne la vit plus,
828.
Deuxième année Tay-ho , de Ouen-tfung, feptième Lune,
jour Kia-c h in , quarante -unième du cycle, 3 Septembre,
on vit une Comète près de Yeou-îché-îi ( >i , r , u du Bouvier ) i
elle étoit longue de deux ché.
DÈS Comètes, 613
834.
Huitième année , neuvième Lune , jour Sin - hay , 9
Odobre , on vit une Comète dans le palais Tay-ouey , elle
étoit longue d'un tchang , elle alloit au nord : elle fut
au delà de Lang ~ goey ( chevelure de Bérénice). Au jour
Keng-chin, dix-fepîième du cycle, 7 Novembre, elle ne
parut plus.
Page ^^0, Le P. Gaubil ne dit rien de ia Comète de
^1>7 » ^'-'^ Ma-tuon-lin ne dife pareillement : voici quelques
légères circonftances que ce dernier ajoute aux détails du
P. Gaubil.
Le 22 Mars, ia Comète indiquoit i'ouefl de Nan-téoii
{^y T i a , Ç',A, ^, ^ du Sagittaire ).
Le 6 Avril , eiie indiquoit le midi , allant doucement
yers i'oueft.
Le y Avril , elle étoit large de trois ché.
Le I o Avril , un des deux rayons de ia queue indiquoit
Ty ( ia Balance ).
Le I I Avril, elle indiquoit îe nord, & elle étoit dans ie
feptième degré de ia conllt^llation Kang. La Comète a pu
cîre obfervée durant la même nuit d'abord au neuvième &
enfuite au feptième degré de cette confiellation ; mais dans
cette pofition , il n'eft guère poffible qu'elle ait étezidu une
belle queue vers le nord.
Le T 2 Avril , la Comète indiquoit l'orient.
Le 28 Avril, ia Comète étoit à la droite ( c'efl-à-dlre ^
je penfe, à i'oueft) de Hien-yven (p, a, vi, y, Ç, /a , g, x- du
Lion, deux Etoiles du petit Lion, & quatre du Lynx).
• Page ^^^ , ajouîei:
837. Deuxième Comète*
Il a réellement paru une feconde Comète en 837: au
jour Ting-yeou de la huitième Lune , 10 Septembre, elle
étoit dans Hiu & Goey ( onzième & douzième à^s vingt»
îiuit coriftellaîions ).
6i4 Histoire
SjS, Deux Comètes.
Troifième année Kay-ching, jour Y-fe Je la dixième Lune,
1 1 Novembre, on vit une Comète dans la principale Étoile
de Tchin ( le Corbeau ).
A la onzième Lune, jour Y-mao ( 2 i Novembre, c'étoît
réellement le premier jour de la onzième Lune), on vit
une Comète dans la contrée orientale ; elle étoit dans les
conflellations Ki & Ouey ( feptième & fixième des vingt-
huit ) ; elle s'étendoit dans le ciel e(l & oueft : au jour
Gin-chïn , vingt-neuvième du cycle, de la douzième Lune,
2.8 Décembre, on ne la vit plus.
Pû^e ^^6 , après la ligne 12 , ajoutei.
83 p. Deux Comètes.
Quatrième année Kay-ching ,]ouï Kouey-yeou de la première
Lune, y Février, on vit une Comète dans Yu-lin ( p^ Scies
trois 4* du Verfeau ).
Jour Ping-ou de la Lune intercalaire, 12 Mars, Comète
au nord de Kiven-ché ( i» , e , | , Ç , o de Perlée ) : au jour
Ki-mao delà féconde Lune, 14 Avril, elle ne parut plus.
Il ne paroît pas qu'aucune de c^s deux Comètes puiife être
celle qu'on vit en Europe au mois de Janvier. Quant à la
féconde de ces deux Comètes, on peut obierver qu'en 839
l'équinoxe eft arrivé en Chine le 17 Mars vers dix heures
du matin, & la Lune n'a renouvelé que le ip au matin :
ainfi la Lune qui couroit le 1 2 Mars , étoit à la rigueur
ieconde Lune, Scelle qui couroit le 14 Avril étoit troi-
fième Lune, ou tout au plus Lune intercalaire; mais le
comput Chinois pouvoit - il être fufceptlble d'une auffi
grande précifion î
840. Deux Comètes,
Cinquième année, deuxième Lune, jour Keng-chin , 10
Mars , Comète entre Yng-ché & Pi ( treizième & quator-
zième àes vingt -huit confleilaîions ) : après vingt jours,
elle dilparute
DES Comètes. 615
Onzième Lune , jour Vou -yn , 3 Décembre , Comète
dans la contrée orientale.
841. Première Comète.
Première année Hoey - tcliang de Vou - tfung , feptième
Lune, commençant le 21 ou 22 Juillet, on vit une
Comète dans Yu-lin [y^ &i \qs trois 4^ du Verfeau ) , entre
Yng-ché 8l Pi. Elle pouvoit avoir été vue -en Europe le 2 5
Juin dans le Sagittaire.
Sur la féconde Comète de 841, Ma-tuon-lin s'accorde
avec le P. Gaubil. La Comète étoit le 22 Décembre dans
Pe-lou-fé-moen , c'efi: Fomalhaut , &:c.
Page j^7, ajoutai:
852.
Sixième année Ta-tchung, de Sîven- tfung, troîfième
Lune, commençant le 24 Mars au foir, une Comète parut
dans Tfoui & T^an (Orion).
857.
Onzième année , au jour Y - ouï de la neuvième Lune ^
{22 Septembre, la Lune renouveloit le jour même, quoique
fort tard), une Comète longue de trois ché , parut dans
Fang ( quatrième à^% vingt-huit conftellations ) .
8^4.
En la cinquième année Hien-tung du règne de Hy-tfimg^
cinquième Lune , jour Ki-hay , 2 i Juin , pendant la nuit ^
le leou ( clepfydre ) n'avoit pas encore rempli un ké ( mefure
Chinoile, qui fe remplit cent fois en vingt-quatre heures) ;,
iorfque l'on vit fortir une Comète de la contrée orientale ; fa
couleur étoit d'un jaune pâle, fa longueur de trois f//// qWq
étoit dans Leou (ct,(è, y du Bélier )c Mais Leou , fuivant le
Diélionnaire à^s Chinois , appartient à la contrée occiden-
tale ; au lieu que {\ par contrée orientale on entend l'orient,
il fera vrai que la Comète étant dans Leou, le 2 ï Juin^,
elle aura pu paroiîre à l'orient^ avant minuit & un quart»
6i6 Histoire
Page ^^S. La Comète de 8 68, fut obfervéeà la Chine,
en ia neuvième année Hien - tung , à la première Lune,
commençant vers le 27 Janvier , dans Leou & Goey ( feizième
& dix-feptième àQs vingt-huit conilellations ).
8(^p.
Dixième année , huitième Lune , commençant le ^ ou
I 0 Septembre / on obferva une Comète dans Tay - ling
( ^ , X, ô , T de Perfée , i3, 5) de Médufe, &c. ) ; elle alloit
yers le nord-eft.
Page ^^0 , ligne 18 , ajoutei: Cette Comète fut vue à
la Chine, en la quatrième année Kien-fu de Hy-tfung , à la
cinquième Lune , qui avoit commencé vers le 1 4 Juin,
885.
Première année Kuang-kï, on vit une Comète entre
Tfte-choui ( a ou 'n ào, Perfée ) & Tfte-fm ( x, à^^ Gémeaux),
Deuxième année, cinquième Lune, jour Pïng-fu, 13
Juin , on vit une Comète dans Ouey & Kï ( lixième &
feptième A^$ vingt -huit conftellations ) : elle traverfa le
Pé-tcou ( le grand Chariot ) , & le N'ie-ty ( avant le Pé-teou
ians doute : il y a deux Nîe-ty ou Ché-ty , tous deux dans le
Bouvier; TJo-ché-ty 0, tt , (J. & Yeou-ché-ty >i , r, y).
Page ^^ï , ligne 12, ajoutez: Ma-tuon-lin fait p?.rojtre
cette Comète en la deuxième année Ta-chun de Tchao-tfung;
au jour Keng'chin de la quatrième Lune , 12 ?vîai ^ elle
étoît dans San- tay, elle alloit vers leil , elle entra dans
Tay ' ouey , elle traverfa 7^-A/o ( Arclurus ) & le Tien-ché ;
elle étoit longue de dix tchang. Au jour Kia-fu de ia cin-
quième Lune, 5 Juillet, on ne ia vit plus.
-. 8p2. Trois Comètes»
Première année King-fo , cinquième Lune , qui occupa
tout le mois de Juhi, l'étendard de Tchi-yeou parut; il avoit
en fortant
DES C 0 Ad E T E S. 6lJ
€11 (brtant ia figure d'une Comète blanche , femblabfe à une
cheveiure, fa longueur éîoit de deux ché.
A ia onzième Lune, commençanî: ver^ ie 2 j Novembre,
on vit une Comète dans Teou & N'ieou ( huitième & neu-
vième des vingt-huit conflellaîions ).
A la douzième Lune, jour Pîrig-tfe , 28 Décembre; une
Comète, appelée Tien -îf an, fortit du fud-ouefl. Au jour
Ki-mao, 31 Décembre, le ciel étant couvert, on ne la
vit plus.
La Comète de '^^'^ ^ oblervée à la Chine en la deuxième
année King-fo , eft précifément la même que celle qui eft
rapportée par le P. Gaubii , à la même deuxième année
King-fo ; mais à l'an 8^5. La première année King-fo
répond bien certainement à notre année 8^2. Le temps tut
couvert, dit Ma-tuon-lin , juiqua la quatrième Lune. Au
jour Y-yeou , 6 Mai, les nuages le diiïipèrent peu -à -peu;
on vit une Comète dans Chang-tay ( ^ , jc de la grande Ourfe ),
longue de dix tcliang ; elle alloit vers l'orient : elle entra
dans Tay-Quey ,q\\q traverfa Ta-kio ( Ardurus ) & le Ticn-ché:
fa durée fut de trente -fept jours; fa longueur fut, en aug-
mentant toujours , jufqu'à vingt tchang. ]^çs nuages l'ayant
cachée, on ne la vit plus» Nous avons remarqué qu'en 85)5
ie jour Y-yeoii , n'apparteooit pas à la quatrième Lune, mais
à la cinquième, qui étoit même fort près de fa fin , ce qui
confirme que notre date efl plus exaéle que celle du Ps
GaubiL
8p4. ■
Première année Kien-nïng, première Lune, commençant
ie p Février; il y eut une Comète dans Chun-cheoii ( un àes
douze fignes Chinois , répondant en grande partie à notre
eonflellation mobile àes Gémeaux ).
Page ^ ^j, ûjoutei, La Comète de 5)05 iut vue en Chine,
à ia deuxième année Tien-yeou. A la quatrième année , jour
Kia-chin, quarante -unième du cycle, 22 Mai , elle ctoit
Tome L II i i
6i8 Histoire
dans Pé-ho {cl, (è des Gémeaux) ; elle traverfa Ven-tchaiig
( G, y, (p, T, e, f, h de la grande Ourfe ) ; fa loiigueur
étoit de trois tchang. Elle fut au-delà de Tchuiig-tay (A, //,
de la grande Ourfe ) & de Hia-tay (i/, g de la même).
Au jour Y-tcheou de la cinquième Lune, i 2 Juin, elle fortit
de Hien -yveji (^, et, vi, y, Ç, /x, e, x, &c. du Lion ) &
de KîO de la gauche [0, r de la Vierge ) ; elle parvint
aux murailles occidentales du Tien-ché. Sa chevelure étoit
brillante, elle avoit, dit Ma-tuon-lin, l'air irrité, fa lon-
gueur s'étendoit dans le ciel. Au jour Ping-yn, 13 Juin,
des nuées obfcures la cachèrent. Au jour Sin-oui , 18 Juin,
les nuages étant diiîipés, on ne la vit pas.
cj 12.
Deuxième année Kïen-hoa du règne de Tay-tfu, qua-
trième Lune, jour Gïn-chin , 13 Mai, une Comète fortit de
Tchang ( vingt-fixième des vingt-huit confteiîations ).
Même Lune, jour Kia-ju, 15 Mai, une Comète fortit
de Ling-tay (^, c, d du Lion). Pour admettre ici deux
différentes Comètes , il nous faudroit des éclairciffemens
ultérieurs. L'une <Sc fautre paroiflbit le foir à l'occident ,
caraélère que les Européens donnent à leur Comète de cj 1 2.
Page ijf . ajoutei:
5)28.
Troifième année Tïen-tching de Ming-tfung , à la dixième
Lune, jour Keng-ou, 13 Décembre, une Comète, longue
d'un tchang, fortit du fud-ouefl ; eWe indiquoit le fud-efl:
elle étoit à 5 degrés de Nieou ( elle avoit 5 degrés d'afcen-
fion droite plus que 3 du Capricorne ). Parvenue à trois
foirées , on ne la vit plus.
Troifième année Tfing-tay de Lou-ouang, neuvième Lune,
jour Ki-tcheou, 21 Septembre, une Comète fortit de Hîii
& de Goey (onzième & douzième des vingt-huit conflella-
tions ) ; elle étoit longue d'un ché , de figure mince, dit
DES Comètes, 619
Ma~'tuon-Iin : elle traverfa Tien-louy -tdiing ( ^ cîu Verfeau ,
Cj A du Capricorne) & Âo (e du Verfeau, ^ du Capricorne).
Sixième année Tien-fo du règne de Kao-tfu des Tfiii
poftérieurs, neuvième Lune, jour Gïn-tfé ( 18 Septembre
ou 17 Novembre: la huitième Lune a fini le 23 Septembre,
la dixième a fini le 2 i Novembre au foir ; fi l'erreur vient
du comput Chinois , il n'ed pas facile de décider laquelle
de ces deux Lunes ils ont comptée pour neuvième ). Au
jour Gin-tfé , dis- je, une Comète fortit de la contrée occi-
dentale; elle balaya \es murailles du Tien-ché: fa longueur
étoit d'un tchang. ( Si la Comète parut à l'occident près du
Tien- elle, ce devoit être le 18 Septembre, plutôt que le
\iy Novembre ).
5?43-
Huitième année, dîxièmeLune, ]ouy Keng-fu , 5 Novembre,
on vit une Comète dans la contrée orientale; ^We indiquoit
fouefl;, le veflige de fa queue étoit long d'un ehé : elle étoit
dans p degrés de Kio ( Ton afcenfion droite excédoit de
p degrés celle de cl de la Vierge ).
Page jjé, ajouîei:
Troifième année Hien-té de Tchi-tfung, première Lune,
jour Gin-fu , 13 Mars, on vit la nuit une Comète chnsTJh/i
( croix d'Orion ) ; fa chevelure indiquoit le fud - oueff. La
Lune en c)j6 a renouvelé le i 5 Mars; i'équinoxe eft arrivé
îe même jour après fix heures du foir; ainfi cette Lune étoit
véritablement deuxième Lune. La Lune précédente , qui
couroit le 13 Mars, étoit à la rigueur Lune intercalaire;
on l'aura comptée pour première Lune ; l'erreur étoit peu
confidérable : elle le feroit davantage , fi l'on eût compté pour
féconde Lune, ou pour Lune intercalaire, celle qui finilToit
ie I 5 Mars ; alors le jour Gin-fu feroit le i 3 Janvier , & la
première Lune n'auroit dû commencer -que le 1 6. Cette
1 i i i ij
620 Histoire
dernière erreur dans le comput Chinois ne ferolt cependant
pas impoffible.
Page ^/7. Ma-tuon-iin eit d'accord avec le P. Gaiibiî^
fur la Comète de la huitième année Kay-pao de Tay-tfu-
hoang - ti , ou de l'an p/ 5 , excepté qu'au lieu de dire qu'on
la vit entre fept heures &' neuf heures du matin , il dit
fimplement qu'on la voyoit le matin dans la contrée orien-
tale, c'efl- à-dire à l'orient, & non dans ce que \qs Chinois
appellent contrée orientale , puirqu'aucune àçs onze conflel-
iations par iefqiTelles la Comète a palfé , fuivant Ma-tuon-lio
& Gaubif , n'appartient ri cette contrée.
Paot j j S, ligne 2^. Il en parut une en Chine, <Scc. Sup-
primei ^^'^'^ ^ ^^^ ^^ ^^ lignes Juivantej.
Page ^ jg. après la ligne 2. , ajoutei: Ma-tuon-îin entre
dans un plus grand détail. En la deuxième année 71/o/;-/^o//^
de Tay-fung , ou en ^ 89 à la fixième Lune (il faut lire
avec le P. de Alfi-illa , & d'après les grandes Annales de la
Chine , à la fepiième Lune , elle avoit commencé le 6 Août).;
au jour Vou-tfé , \ 3 Août, une Comète fortit de Tung-tfing
( vingt-deuxième conflellation ûqs vingt -huit ) : fa couleur
étoit d'un bleu pâle, fa chevelure brillante, s'alongeant peu-
à-peu, La Comète parut le matin au nord-efl; dix jours
après, on la vit au nord-ouefl: elle traverfi Yeou- ché -ty
(>i^ T, u du Bouvier). Après trente jours, elle vint à Kang
( deuxième à^s vingt-huit conftellations ) où elle périt.
Page ^6 G, Comète de ^^'è ,ajoutei.' Elle parut, fuivant
Ma-îuon-iin, en la première année i7/>/?-//>;^ de Tchin-fîng,
au jour Kia-chin de la première Lune, 23 Février : qWq fortit
du nord de Yng-ché ; fa chevelure étoit brillante , longue
d'un ché. Elle parvint au jour Ting-yeou , 8 Mars , fa durée
fut de quatorze jours. Il eft clair que c'eft cette même Comète
que le P. Gaubif rapporte à l'an 5)8^, d'autant plus que ce
Père date fa Comète, ainfique Ma-tuon-iin, de la première
année Hien-ping. Mais fur cette date de ^89, le P. Gaubii
eft contredit par le P. de Mailla , par le P. Couplet , par
l'Auteur de la Synopfe chronologique , imprimée dans le
T> E s C 0 M È T E s, 62 1
Recueil de Thévenot : il efl certain d'ailleurs que la première
année Hien-ping concourt avec i'an ^p8 ; Tchin - fung ou
Tchin-tfong , qui donna ce nom à l'année, ne régnoit pas
encore en 5^ 8 p. L'apparition de la Comète en p^S eft
encore confirmée par les grandes Annales de la Chine de
M. de Guignes.
Page ^62 , ligne 2^ , ajoutei! On la vit, fiiivant Ma-tuoiv
lin, en la fixième année Hien-ping. Au jour Kia-yn de la
onzième Lune, 23 Décembre, elle pai'ut dans Tjing &
Kouey ( vingt -deuxième & vingî-troifième àts vingt - huit
confiellations } ; éXe étoit grande comme un vafe y d'une
couleur de bleu pâle; fa chevelure étoit brillante, longue de
quatre ché. La Comète s'approcha très-près de Ou-îchou-heou
( ô, T, /, t;, (p àçis Gémeaux) ; elle palTa par Ou-tché ,
(ce, i3, 6, ; &c, du Cocher, /2 du Taureau ) ; elle entra dans
TJan ( croix d'Orion ) : après trente jours elle dilparut.
Page ^6j, ligne j , ûjoutei: Ma-îuon-lin la fait paroiîre
en la deuxième année Tïen-hi, donc en 10 iB. Au jour
Sin-hay de la fixième Lune, 4 Août, elle forîic au nord-efl
de la féconde Etoile du Kouey du Pé-teou ( du quarré de la
grande Ourle ) , elle étoit longue de trois ché , & elle alioit
vers le nord avec la première Etoile du Pé-teou, Qu'eil-ce
que cela peut lignifier! La première Étoile du Pé~teou a-t-
elle un mouvement l La Comète traverfa Tïen-lao ( ca de la
grande Ourie ) & Ven-tchang ( u , ^ , t, Ô, &c. de la grande
Ourfe ) ; fa longueur éioii de trois tchang : tW^ paffa par le
palais Tje-ouey , par San-îay { \^s trois Tay , i , ?c; A , //.; v, ^
de la grande Ourle ) , par Hien-yven ( ê, et, y &c. du Lion),,
Elle alla enfui te en s'éioignant vers l'occident jufqu'à Sing
( cœur de i'Hydre & Etoiles voiiines ). Après trente- fept jours
d'apparition elle iut détruite. îl y auroit fans doute à^s
réformes à faire dans cette route. Peut-être que Ma-tuon-îin
& \qs Chinois difent qu'une Comète pafîë par une conflel-
iaîion , lorfqu'elle couvre cette confleilation de fa queue.
Quoi qu'il en foit, la date que Ma-tuon-lin donne à notre
Comète aétueile eft confirmée, non-feuiement par le P. de
62 2 Histoire
Mailla, mais encore par le témoignage de tous les Écrivains
Européens : donc le P. Gaubil a eu tort de la rapporter à la
troifième année Tien-hi ou à l'an loip.
Tranfportez donc à i'an i o i 8 ce que le P. Gaubil dit
de la Comète de loi^ , changeant feulement la da.e du
3 o Juillet en celle du 4 Août. L'apparition d'une Comète
en loip deviendra alors au moins très-incertaine.
Page }yo, lime 26 , ûjoutei: Elle parut en la deuxième
année Adîng-tao de Gin-fung , au jour Voii-fu de la leconde
Lune, 5 JVlars , à i'efî: de la contrée feptentrionaîe , c'efl-à-
dire peut-être au nord-eil: , & non pas au nord-oued:, comme
dit Mailla : fa couleur étoit d'un blanc rouge , fa chevelure
brillante , fa longueur de deux ché.
Même page , ajoute^ :
103 5. Deux Comètes,
Deuxième année lùng-yeou , donc bien certainement en
1035, huitième Lune , jour Cin-fu , i 5 Septembre , on vit
une Comète dans Tcliang & Ye , longue de lept ché cinq
tfun : après douze jours elle difj^arut. Cette Comète eft rap-
portée par le P. de Mailla à l'an 1034; fi c'eft en 1035
qu'elle a paru , la colonne de feu , dont parlent Cédrène &
Glycas fur l'an 1034, pourroit n'être qu'un météore.
Au jour Ki-oin de la dixième Lune , i i Novembre , une
Étoile fortit pendant la nuit de Vay - ping (lien occidental
àQs Poiifons)[; fa chevelure étoit trcs-foible.
Page ^y2 , ligne y, ajoutei: J'en dis prefque autant de
la route que Ma-tuon-lin lui fait tenir. Il la faitfortir d'abord,
comme le P. Gaubil, le 10 Mars matin, de la conftellation
Htu , Se, dit-il, delà contrée orientale: mais Hiii eft bien
loin de la contrée orientale des Chinois , au lieu que la
Comète étant le i o Mars dans Hiu , elle devoit paroître le
matin du côté de l'orient. Elle indiquoit le fud - oueft , dit
Ma-tuon-lin, & cela devoit naturellement être» De Hiu la
Comète va gagner le Tfé-ouey & revient à Leou ; ceci n'efl
pas fi naturel. Eft -ce que le P. Gaubil du Tfé-ouey auroit
DES Comètes. 623
fait les Jeux conlleilations Tfé ou Tfoiii & Ouey , nom qu'il
donne à la Mouche l
Même page , ligne i6, ajoute^: Ma-tuon-lin la fait fortir
à la feptiènie Lune, non de la conftellation Tfoui ^ mais du
palais Tfé-ouey ; il ajoute que la couleur étoit blanche : fur
tout le refle il eft d'accord avec le P. Gaubil.
Page ^yy, ajoutei : Il n'eft pas facile de concevoir îe
détail où Ma-tuon-lin entre , par rapport aux mouvemens de
la Comète de 1066; le voici fidèlement traduit par M. de
Guignes. « Troilîème année Tchï-pïng de Hing-tiung , à la
troifième Lune, au jour 10- oui ( 2 Avril ) , une Comète «
fortit de'Yng-ché {cL,(è de Pégafe ) : eile parut le matin , «
dans la contrée orientale ( c'eft-à-dire , fans aucun doute, àcc
l'orient). Sa longueur éloit de fept c/ie; elle indiquoit le «
fud-oueft, étant entre Goey ( a du Verfeau, g, 6 de Pégafe), «
& Fuen-niu (y,Ç, Tijvrdu Verfeau). Peu-à-peu elle s'éloi- «
gna , en allant vers l'orient ; elle s'approcha du Soleil & elle «
fut cachée- Au jour Sin-fe , ( 24 Avril ) , elle parut le foir «
dans le nord-ouefl. 11 y eut une Étoile (on powroit ahfoJii- «
ment parlant traduire, c'étoit une Etoile) fans chevelure. Il y «
eut auiïi une vapeur blanche, longue de trois clié : elle tra- «
verfi le haut du palais Tfé-ouey , l'Etoile dans Fang ( frojit «
du Scorpion). Sa tête, fa queue entrèrent dans Pi ( les ce
Hyades ) , allant vers left ; elle traverfa Ven-îchang ( u, (p, t, 0 , «
&c. de la grande Ourfe ) & le Pé - îeoii (grand Chariot ) ; «
eile traverfa Ouey ( queue du Scorpion ). Parvenue au jour «
Gin-ou ( 2 5 Avril ) , l'Etoile eut de nouveau une chevelure; «
la Comète longue d'un tchang trois c/^/ indiquoit le nord-elt, «
& traverfa Ou-îché {cl, fé, 0, i, &c. du Cocher, (è du «
.Taureau ). La vapeur blanche étoit divifée & en travers du «
ciel : elle traverfa Pe-/io ( ci , ^ ûçs Gémeaux) , Ou-tchu-lieou «
( T, Ô , / , u , xp dQs Gémeaux ) , Hien-yven (a.,y,i, &c. du «
Lion, quatre Étoiles du Lynx, &c. ) , le palais Tay-ouey, «
Ou - îi - îfo ( ^ du Lion ) , Nuy-ou-tchou-heou ( cinq Etoiles à «
l'ouefl de 5^ & ^ de la Vierge) ; d\Q vint dans Kio, Kang , «
77 , Fang ( les quatre premières à^i vingt-huit conlleilations). «
624 Histoire
► Au jour Koiiey - oui ( ^6 Avril) , ia Comète étoit longue
. d'un tchûng cinq ché. li y eut une Comète comme un boii-
. feau , elle traverâ Yng-clié , & vintjufqu'au nord de Ttchang
( X, y, A, [Xf cp de l'Hydre ) ce qui fait auatorze confiella-
' îions. Au bout de foixante-fept jours, i'Êtoiie , la Vapeur,
ia Comète furent toutes détruites ». II règne Ici une confufioii
de Comète, d'Etoile, de Vapeur, qu'il n'ell: guère poffible
de diffiper, J'avois bien trouvé quelque choie de tout cela
dans le P. Gaubil ; mais ce Père avoit omis \ç:?> circonilances
les plus embarraiTantes , il avoit arrangé différemment les
autres : j'ai cru entrevoir de la clarté où Ma - îuon - Vin me
prouve qu'il n'y avoit que à^i ténèbres. Tout ce que je puis
conjeéturer , c'eft que le 24 & le 2 5 Avril , outre la Comète,
il a paru un ou plulieurs météores , & que A4a-tuon-lin ou
quelque Hiilorien qu'il aura copié , raffemblant tout ce qu'ii
avoit trouvé d'épars , tant iur les météores que fur la Comète,
a fait un feul tout , & en a conûruit ce labyrinthe , où il eft
difficile de ne fe pas égarer. Ce que je penfe qu'on peut en
extraire de plus probable , c'eft que la véritable Comète a
paru le 2 Avril au matin , dans le commencement de ia
conileliation 17^ o- - <:7/^', que fon cours apparent étoit direél ,
qu'elle fut en conjonélion avec le Soleil , que le 24 Avril
elle avoit pafle à l'orient du Soleil , & que ce même jour
on la vit le foir au nord-oueft ; qu'elle pouvoit éîre ce jour-
là dans Pi , c'eft-à-dire , avoir même afcenfion droite que
les Hyades, mais avec une latitude boréale; que le 25 Avril
elle put traverfer Ou-tché ; enfin qu'en foixante-fept jours
elle a parcouru en afcenfion droite quatorze confteliations
Ghinoilès, depuis O/ ou l//^- -<:/// jufqu'à TcJiang, fui vaut
l'ordre àes figues. Tout le refte doit être rapporté à quelques
météores , ou même en partie à une féconde Comète qui
aura été obfervée aux mêmes jours que la Comète principale»
Page S79> ^igi^^ ^f ajoute^: Elle parut comme une Etoile,
fuivant Ma-îuon-iin, en la huitième année Hy-fiing de Chin-
tfuncx, le 17 Novembre au fud-eft , au milieu de Tchin ;
die reffçm'bioit à i'Étpile de Saturne , fa couleur étoit d'un
bleu
ï> E s C 0 M È T n :t 61^
ïaleu pille. Le 18 N()ven»I)re, il lui jiacjiiil des cornes hril
Luîtes, longues tie trois (/it'; ( (a (jucue éloil divilte laii.-»
doute en deux rayons, ce <|iii n'cll pas iiilolite ) ; elle cloit
inclinciie Si indi(]iioii. /)/////, Au 1 (^ Novi initie le. lornes
étoieni brillantes 6l lon^ui's de eincj c/ic. I ,e 20 Novembre,
J.i Comète , longue de ièpt <//<', éloit incliiu'e & indi(|uoit
î'F-toile Tfo-y/i ( vi du Corbeau ). Parvenue au jour 'fi/if;' oui ,
2.Ç) Novembre, elle entra dans Tc/io (ou /'/, les I lyadi s) ,
tk ne parut plus.
Allante p<if,c , lip;nc /^, /ijouîci : Ma-tiion-lîn ciinx' dans
lui j)lu.s grauil <l('tail lur celle Cumclt*. A la troilitiiie aiuu'e
Yven - fitni.'- tle 'IVbin llunt- , nu en i(j8o , Icplicuic l.iuie,
jour Koiuy - OUI , 10 Aoiil, elle lorlil au nord-oueit (\qs
murailles de 'l'dy-oucy , au lud de l .tiiii'^oucy ( cbevelure de
Bércnice ) : c'étoil une vapeur blanelie, longue d'un ti/idiig;
elle etûit inclin(5e cx intli(|uoit le hul ell. Lu Comète (Jtoit
au milieu de Tchiii , c'e(t-à-dire , qu'elle avoît liuii ou luid
degrés d'afcenfion droile j)lus (|ue y du Corbeau. Au jour
^Ping-jn , 13 Août, elle tendoit au-devant de l'ouefl de la
contrée lej)lentri(jnale ( je ne (àis ce que ceci |)eul bgnider;
la Comète u'avoil aui une tendance vers ee <jue les CIlinoii»
appellent contn'c JepU'ntrion^ile ) ; elleétoit.au nn'lieu de Ye ,
ou, en termes Européens , elle avoit environ neul degrés
d'alcenlion droite [)lus (jue et de la Coupe. Au jour Ko////^,
115; Août, la longueur étoil de U-oi;. ///('.elle <-loil iuiliuée^
6l elle pénétra dans Lang-gocy ( cbevelure de Bérénice).
Au jour Koucy uKio , 30 Août, (il |)Ouiroit y avoir ici uwi.".
laule d'impretiiun , on aura mis Koucy m, to |)our Sïn nhio ,
(18 Août, ou pour Koucy-fc , 20 Aoul ) , la Comète j)a(la
très-près iX Hien-yvcn (et, y, e, cScc. du Li(jn ). Au j<jur
Tiiii'j-ycou , 24. Août, la Comète entra dans 'i'c/io ( ou 7^/,
k'S ilyatles) ik difparul. Au jour K'tn^-ifi:, 27 Août, elle
reparut dans 'fLliani^ (3''>'J» A, /x, (p de l'Hydre), jul(|u'au
jour Voit -on, 14. iieptembre ; on la vit en loui niiile Iik
jours & elle dilj)arut. il elt Irès-probabb.* (jue Ma tu(^n lin \\
conlondu ici Ai:\.\y. Comètes bien diUincles; celle (ju'on vit
7 me /, K k k k
626 Histoire
le 27 Août dans Tchang , ne pouvoit être celle qui avoît
dj/J:)aru le 24 dans Jcho» Le faut que l'on lait du i 5 au
30 Août, pour revenir eniuite au 24 & au 27 du même
mois, eft lé feul de cette elpèce que je trouve dans Ma-
îuon-lin ; c'eii ce qui me faii loupçonner qu'il s'eft gliiïe
en cette partie une faute d'imprelîion , ^ M. de Guignes
regarde cette faute comme très-poffible. En la corrigeant,
la route de la première Comète devient régulière, fi l'on en
excepte cependant la pénétration dans la chevelure de Bérénice.
Cette première Comète ne peut être celle d'Halley ; miiis
rien n'empêche d'en reconnoître un retour dans celle qui fut
oblervée depuis le 27 Août jufqu'au 14 Septembre.
Page ^82, ligne 2.^ , ûjoutei: Suivant Ma-tuon-lin , on
la -vit en Chine, à la quatrième année Tchao-tching de
Tché-tfung, au jour Kï-yeou de la huitième Lune, 6 Odobre;
elle fortit au milieu à^s degrés de Ty ( 8 degrés à l'eil de cl
de la Balance ) : elle étoit comme Saturne ; elle avoit une
chevelure , fa couleur étoit brillante , c'étoit une vapeur
blanche , longue de trois ché : elle étoit inclinée & regardoit
les murailles du Tïen-ché. A la neuvième Lune, jour Giii-tjé,
(9 0(5lobre, la Lune avoit en effet renouvelé le 8 ) , fa
chevelure étoit brillante & longue de cinq ché : la Comète
entra dans les murailles du Tien- ché. Au jour Ki-oui, 16
Oiflobre, elle s'approcha de très-près àuTien-ché (ou plutôt ^
fans doute, elle étoit très-près du Tïen-ché), Jour Keng-chin,
ij Oélobre, ellepaffa très- près de Ti-tfo (et d'Hercule ) &
àes murailles du Tïen-ché. Au jour Vou-chïn , cinquième du
cycle , 2 5 Odobre , on ne la vit plus. Il paroit que cette
Comète monta du huitième degré de 7/ à la tête d'Hercule,
en fjivant une à^s murailles du Tien -ché, & comme les
Étoiles qui forment ces murailles ne font pas placées en ligne
droite, la Comète étoit tantôt en-dedans, tantôt en- dehors
de ia muraille.
Page ^8y , après la ligne ^2, ajoutei : Ma-luon-h'ii
après avoir dit qu'en la cinquième- année Tfiing-ning de
Hoej-tfung, au jour V^ou-fu de la première Lune, cette
DES C 0 M È r E S, 627
C^omèîe fortît de la contrée occidentaie , ajoute qu'elle éîoit
fèmblable à la bouche d'un petit vafe , que fa chevelure
étoit brillante & éparfè, que ia longueur étoit de fix tchang
trois ché , & qu'au commencement elle indiquoit le nord-
efl. Sur la route de la Comète, Ma-tuon-liii efî; parfaiterneiit
d'accord avec le P. Gaubil.
Pa^e ^g 0 , fur la Comète de i i 00 , ajoutei : On l'ob-
ferva" en Chine, félon Ma-tuon-lin, en la quatrième année
Ta-kiion. Jour Ting-oid de la cinquième Lune, 2p Mai,
elle fortit de Kouey &: de Leou ; fa chevelure étoit brillante,
iongue de hx ché. La Comète ailoit vers le nord , elle entra
dans les murailles de Tfé-ouey. Parvenue au nord-ouell, ^\\q
entra dans Tdio ( ou Pi , les Hyades , c'eft - à - dire qu'elle
commença à avoir la même afcenfion droite que \^?, Hyades,
on ne pourroit l'entendre dans un autre fens , fans prêter
à la Comète une marche tout-à-fait irrégulière) ; & on ne
ia vit plus.
Page jp 2. La. première Comète de 1126 fut vue à la
Chine , en la première année Tfing-kuon de Kin-tfung. Au
jour Gin-fu de la fixième Lune, elle fortit des murailles du
Tfé-ouey,
A la onzième Lune intercalaire , commençant le i j ou
(16 Décembre, on vit une Comète à l'horizon.
I 13 I. Première année Chao-hwg de Kao-tfung, neuvième
Lune, commençant le 23 ou 24. Septembre, une grande
Etoile parut.
1132. Deux Comètes.
La même année, douzième Lune, jour Vou-yn , j Janvier
[i I 3 2 , on vit une Comète.
Deuxième année, huitième Lune, jour Kia-yn , 7 Oéîo-
bre , une Comète parut dans Goey , ( ia Mouche ) ; au jour
Kïa-fu de la neuvième Lune, 27 Oèlobre, elle difparut.
Page JP ^' La Comète de i 145 parut, fuivant Ma-tuon-
lin , en la quinzième année Ghao-hïng, Au jour Vou-yn de
k quatrième Lune, z6 Avril, éilo, fortit du milieu d.Qz
K k k k ij
6lS H I s T 0 T R É
conileliatîons Je ia contrée orientale : ici ces conftelîatîon?
font probablement les fept premières du zodiaque Chinois,
commençant à a de ia Vierge. Après cinquante jours elle
difparut. Au jour Ping-chin (ce feroit donc le 13 Juillet,
& non le 14 Mai) elle reparut dans Tfan (croix d'Orion) ;
après qu nze jours elle périt. Nous ne pouvons décider
entre Ma-tuon- lin &: Gaubil ; nous dirons feulement que
s'il faut s'en tenir à l'expofé de Ma-tuon -lin, la Comète
qui reparut le i 3 Juillet , pouvoit être différente de celle
qui avoit difparu le 15 Juin. Nous remarquerons de plus,
que fi la Comète eft fortic du milieu d^s conftellations de
ia contrée orientale, c'efl-à-dire , û elle a paru d'abord le
z6 Avril dans le Scorpion, il n'ed guère poffible qu'elle
foit parvenue le 14 Mai à la croix d'Orion, pour retourner
le p Juin à la conflellation Tchang , conformément à ce que
dit le P. Gaubil.
Ma-tuon-lin ajoute que la même anne'e, au jour Ting-fe
de la cinquième Lune , 4 Juin , & par conféquent lorfque
ia Comète précédente paroilToit encore , on vit une Comète;
c'étoit , dit-il , une Étoile - hôte , fa couleur étoit d'un bleu
pâle.
Page jp^, ajoute:^:
ii^y» Première Comète.
Seizième année Chao-hing , jour Vou-fu de la douzième
Lune, I I Janvier i 147, une Comète Ibrtit au fud-ouelt
de Goey ( et du Verfeau , g, Ô de Pégafe ).
La féconde Comète fbrtit, fuivant Ma-tuon-lin, l'année
fui vante , jour Y-hny de la première Lune, ij Février i 147,
à l'efl de la contrée feptentrionale dans Niou ( <j-, /2, 5), Ç du
Capricorne). Au fécond jour de la deuxième Lune, vers
le 5 Mars , elle périt.
Ma-tuon-lin date de la vingt-deuxième année Chao-hing,
ou de I I 52 , l'apparition de ia Comète qui efl rapportée à
ia vingt-fixième année, ou à l'an i 156, par le P. Gaubil,
par le P. de Mailla , & même par hs grandes Annales de la
DÈS Comètes. 629
Chine , confultces par M. de Guignes. A la feptîème Lune,
'dit-il, jour Pïng-oii ( celeroit alors le i 5 Août) une Comète
parut à i'ed de la contrée ieptentrionale , au milieu de
TJing ( cette Comète étant au milieu d^s Gémeaux , pou-
voit, devoit même paroître le matin du côté du nord-efl;
mais elle n'avoit aucun rapport à ce que \gs Chinois nom-
ment contrée feptentnonalc , elle lui étoit au contraire diamé-
tralement oppofée ). Au jour Tîiig-oiii , i 6 Août , la Comète
étoit femblable à Jupiter , fa chevelure avoit deux ché de
longueur. Au ]0\n' Koiicy-tchcou , 22 Août, pendant la nuit,
une Comète ( c'étoit probablement la même ) patîa très-près
de Ou-tchou-heou ( G, t, /, i», (p <\qs Gémeaux ).
Péige jp j. Sur ia Comète de 1162 , on peut remarquer
^que les Etoiles Yu-Iin font ^ Se les trois 4 du Verfeau.
1174. Deuxième année Chiing-hi de Hiao-tfung, Jour
^Sin-tcheou de la feptième Lune, i 5 Août, une petite Étoile
étoit au dehors des murailles du Tfé~oiiey , au-deffus des
étoiles Tfie-kiing (t, cp, ^, ^ d'Hercule, /x, ^ du Bou-
vier ) ; elle étoit petite comme Mars. On ne nous parle , ni
de la durée, ni du mouvement , ni de la queue de cette
Etoile; nous ne pouvons décider fi c'étoit une Comète.
Page ^00, ligne 2. , ûjoiitei : Ma-tuon -lin fait paroître
cette Comète en la quinzième année Â/<^-////^' de Ning-tfung,
ou en 1222. Au jour Kia-ou de la huitième Lune, 25
Septembre, elle fortit de Yeou-îché-ty ( >i, r, 1/ du Bouvier )«
Sa chevelure étoit brillant)?, & longue d'environ trois tchang:
ia Comète étoit petite comme Jcipiter; elle dura deux mois,
traverfa Ty , Fang & Sin ( troifième , quatrième 8c cinquième
^es vingt-huit conftellations ) , & enfin elle périt.
Cette Comète termine le Catalogue de Ma-tuon-lin.
On vient de pubher une Hifloire de Rullie, en cinq
volumes , par M. Levefque ; \qs fiiits hifloriques y font làns
doute fidèlement rapportés : je n'en puis dire autant de quel-
ques phénomènes célefles qui y font mentionnés. J'y ai
rencontré ï\y. éclipfes de Soleil & une lèule de Lune. De
ces fept éclipfes , deux feulement font exadement datées ^
Histoire, é^c.
celles de Soieîl du i i Août i 124 & du 25? Juillet 1375^
L eelipfe du 1 5) Mars i 1 1 3 . ed datée du i p Mai , & celle
du i/^ Mai 118 5 eft rapportée à l'année fuivanîe 118^.
Quant aux éclipfes de Soleii du 2 Mai lo^o, & du zr
Septembre 1385, elles font de pure imagination , ainfi que
celle de Lune du 5 Février 1102. On trouve dans cette
même Hiftoire l'apparition de quatre Comètes. On en vit
une à Kief en 1028. En 1064 , une Comète fut aperçue
pendant fept nuits. En i2(S8 , il en parut une autre; on la
voyoit au couchant, & fa queue étoit dirigée vers le midi:
elle fe montra pendant treize nuits. Enfin, en 1368 on vit
une Comète à queue. Celle-ci ne foufîre pas de difficulté ,■
fon apparition eft conflatée. Quant aux trois autres , qui nous
garantira que l'Auteur efl plus exacl; dans leur date que
dans celle des éclipfes!
Fin du Tome premier.
Fautes à corriger,
JL^igc ^y , ligne ^o , efacei &.
joo , ligne i^ , générale GafTendi ; ïa terralTa, U^ei générale^
GafTendi la terraffa.
/ S 2 , ligne 22. , c'eft ce qui efl facile , lij'ei c'eft ce qu'il efl facile,
1^0 , ligne 2^ , àt% Hin.. . . en i'an 245 , /z/^:^ des Tfin.. . .
en l'an 24.8.
jpi , ligne 2^ , Le 19 Janvier 1780, lifei Le 20 Janvier
1780.
2jS j fur TA CIT. Venetis , ///^:j; Venetiis.
24-0, ligne jo , occuîaire , lifei oculaire.
2S2 , ligne 6 , Comment une Étoile , lifei Comment une
telle Etoile,
^2p , vis -a-vis de la ligne 11 , Clemenc. Mettez cette citation
vis-à-vis de la ligne précédente.
^6 0 , ligne dernière , vers quatre heures, lijei vers une heure,
^j2 , ligne i6 , tn s'en écartant , lifei ôi s'en écartant.
^S j , ligne ^ , qni , life?^ qui.
■J-P4- > ligne 1^ 5^ 32'^i i^f^l S^ -2^'.
) 3 0 , ligne 6 , defigné , lifei défignée.
j^fo , ?wte (l) y ligne 2 , il avott , lifei il avoit; èr" ligne j',
après communiquées , ajoutei ; ou , plus
vraifemblablement , il s'efl glific quelques-
erreurs de Copifte dans notre manufcrit»
J^^ , ligne jj , dans même lieu, lifei dans le même iieu,
)p2 , ligne 20 , d'nn tchang , lifei d'un tchang.
Sp6 , ligne pénultième , \ faut, lifei il faut.
601 f ligne 26 , douzième Lune, lifei^ iîxième Lune.
Pour ce qui regarde les Comètes obfervées à la Chine , il faut faire
attention aux correélions que nous avons propofées dans le Supplément,.
j)age ^6y & Suivantes ; foit fur les limites Aes palais Tfé - oiici ôc
"Xay ~ ouei , & du marché célefte Tien- ché ; foit fur le mois, l'année
& le lieu de l'apparition de plufieurs Comètes , rapportées par ies
3PP. Gaubil & de Mailla.
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